Vous lisez quoi en ce moment (béta test) (#5)

Répondre
Partager Rechercher
Citation :
Publié par Ex-voto
Oui, je me suis dit pareil, je suis allé me cultiver sur la révolution culturelle pour comprendre comment l'auteur pouvait écrire ça sans souci avec la Chine d'aujourd'hui.
Tu utilises le concept de totalitarisme mais c'est pas l'impression que ça me donne car je ne vois pas une main mise de l'état dans cette période mais un laisser-aller, une tolérance envers des factions qui veulent toutes, excusez moi l'expression, être plus royalistes que le roi. Mais l'idéologie derrière paraît floue. Ça a l'air assez n'importe quoi. Ça ne paraît pas rationnel. Comme si plus qu'une révolution, c'était un grand exutoire. Incompréhensible. Pour moi derrière le totalitarisme, c'est l'ordre. Là c'est le désordre absolu.
Honnêtement, la lecture de wikipédia m'a bien retranscrit un passage des 3 premières pages où l'auteur dire que les factions se font et se défont en mode trotsko-maoistes : 2 personnes 1 parti, 3 personnes une scission.
Alors déjà 2 choses, le Maoïsme est une dictature mais pas un "Totalitarisme". Il s'en rapproche mais l'Etat n'est alors pas assez développé pour pouvoir être qualifié de tel. Et le manque de pouvoir de l'Etat est une donnée essentielle pour comprendre la Révolution Culturelle.

Ensuite la Révolution Culturelle elle s'explique par plusieurs facteurs. On a d'une part Mao qui veut éliminer ses ennemis politiques, et d'autres part une jeunesse qui n'a pas participé à la longue marche, et ne fait pas parti des "héros communistes" de l'origine. La situation sociale est alors très tendues. Le Maoisme promeut en effet la "révolution perpétuelle" (bref le Trostkisme).

Donc Mao (qui était ULTRA en retrait depuis le grand Bond et ne dirigeait plus vraiment) pousse les jeunes à rentrer "en révolution" pour destituer les aparatchiks.

In fine on est pas du tout face à ce qui est décris plus haut. C'est purement et simplement une "revitalisation" des idées maoiste/Trotkiste.
Le tour de passe étant qu'à la lettre Mao devrait disparaitre, mais il a su canaliser les forces à son profit, et savoir rester en retrait et devenir aggressif quand il fallait.
Il s'en parlait assez il y a 2-3 ans, sur les médias papiers ( et littéraires ). Liu Cixin, Ken Liu. Comme il y avait des sorties en poche de leurs premiers livres, ça aidait. Et d'autres auteurs SF asiatiques, une mode.
Un style particulier. Se lit. Plus littéraire que Dune.
Citation :
Publié par Borh
[...] J'ai envie de lire la suite, mais il me faut du courage.
J'ai trouvé les deux suivants beaucoup plus accessibles, sans doute en partie parce que les aspects scientifiques n'y prennent pas une place aussi centrale que dans le premier.
Citation :
Publié par peluchette
Il s'en parlait assez il y a 2-3 ans, sur les médias papiers ( et littéraires ). Liu Cixin, Ken Liu. Comme il y avait des sorties en poche de leurs premiers livres, ça aidait. Et d'autres auteurs SF asiatiques, une mode.
Un style particulier. Se lit. Plus littéraire que Dune.
Je trouve que c'est assez original et donc relativement différent de tout ce que j'ai pu lire en SF occidentale. Peut-être qu'en réfléchissant je peux y trouver des éléments de Philip K Dick, d'Arthur C Clarke, Robert Heinlein ou Isaac Asimov...
Mais alors Dune, je ne vois vraiment aucun point commun à part l'étiquette SF.
Citation :
Publié par Pallas
J'ai trouvé les deux suivants beaucoup plus accessibles, sans doute en partie parce que les aspects scientifiques n'y prennent pas une place aussi centrale que dans le premier.
Alors j’ai eu plus de mal pour le 3eme que pour le 1er pour la partie scientifique. Et le début du premier j’ai eu plus de mal avec la narration…

J’ai pas encore commandé « La rédemption du temps »(fan fiction bien réputée) par peur d’être déçu.


Sur un autre volet j’ai lu le fameux « L’année du Lion » de Deon Meyer (qui parle d’un coronavirus et d’une pandémie mondiale ) et j’ai dévoré la fin, bien que très téléphonée (une partie étant justement un élément narratif de l’histoire).
Je disais Dune, car, il sort en film et est à la mode. Vrai qu'elle sort des sentiers battus cette trilogie, tant en style que système de pensée. Et la partie "système de jeu", dont nous ne dirons pas plus, est très particulière.
Ceux qui avez une liseuse et pas assez de choses à mettre dessus,
vous pouvez piocher dans la sélection des 150 classiques recommandés par Le Ministère de l’Éducation Nationale, sur Gallica.
Téléchargeables gratuitement.
Citation :
Publié par Lagh
Alors déjà 2 choses, le Maoïsme est une dictature mais pas un "Totalitarisme". Il s'en rapproche mais l'Etat n'est alors pas assez développé pour pouvoir être qualifié de tel. Et le manque de pouvoir de l'Etat est une donnée essentielle pour comprendre la Révolution Culturelle.

Ensuite la Révolution Culturelle elle s'explique par plusieurs facteurs. On a d'une part Mao qui veut éliminer ses ennemis politiques, et d'autres part une jeunesse qui n'a pas participé à la longue marche, et ne fait pas parti des "héros communistes" de l'origine. La situation sociale est alors très tendues. Le Maoisme promeut en effet la "révolution perpétuelle" (bref le Trostkisme).

Donc Mao (qui était ULTRA en retrait depuis le grand Bond et ne dirigeait plus vraiment) pousse les jeunes à rentrer "en révolution" pour destituer les aparatchiks.

In fine on est pas du tout face à ce qui est décris plus haut. C'est purement et simplement une "revitalisation" des idées maoiste/Trotkiste.
Le tour de passe étant qu'à la lettre Mao devrait disparaitre, mais il a su canaliser les forces à son profit, et savoir rester en retrait et devenir aggressif quand il fallait.
Ce n'est donc pas à proprement parler le manque d'Etat le problème, mais bien les luttes de pouvoir à l'intérieur de l'appareil décisionnaire, et son instrumentalisation au service des luttes partisanes. Mao a renversé la table en introduisant une force nouvelle (la jeunesse) pour reprendre le contrôle d'un pouvoir dont on l'avait éloigné (mais sans pouvoir s'en débarrasser du fait de sa stature). S'ensuit une épuration sur fond de lutte entre les générations. Le manque d'Etat intervient plus dans les débordements plus ou moins encadrés / spontanés dans les phases d'élimination. C'est un peu le type de modèle qui est en cours en Histoire dans les recherches sur les phénomènes de terreur (on a Jean- Clément MARTIN qui est à la pointe sur le sujet à propos de la Révolution Française).
En revanche il n'y a pas de réel dissensus sur la nature de l'Etat, qui est alors un instrument de pouvoir en construction capable de mettre un terme à une séquence historique calamiteuse pour la Chine, faite de recul international, de faiblesse et d'interventions extérieures, de divisions et de guerres civiles intérieures. Le problème est donc : qui dirige et selon quels axes politiques cette nouvelle forme de gouvernement pour la Chine ? Une forme d'inspiration et de mise en oeuvre totalitaire, encore plus aujourd'hui qu'hier.

Citation :
Publié par Ex-voto
Oui, je me suis dit pareil, je suis allé me cultiver sur la révolution culturelle pour comprendre comment l'auteur pouvait écrire ça sans souci avec la Chine d'aujourd'hui.
Tu utilises le concept de totalitarisme mais c'est pas l'impression que ça me donne car je ne vois pas une main mise de l'état dans cette période mais un laisser-aller, une tolérance envers des factions qui veulent toutes, excusez moi l'expression, être plus royalistes que le roi. Mais l'idéologie derrière paraît floue. Ça a l'air assez n'importe quoi. Ça ne paraît pas rationnel. Comme si plus qu'une révolution, c'était un grand exutoire. Incompréhensible. Pour moi derrière le totalitarisme, c'est l'ordre. Là c'est le désordre absolu.
Honnêtement, la lecture de wikipédia m'a bien retranscrit un passage des 3 premières pages où l'auteur dire que les factions se font et se défont en mode trotsko-maoistes : 2 personnes 1 parti, 3 personnes une scission.
On sait depuis longtemps par Ian KERSHAW notamment que le totalitarisme nazi c'était globalement le gros bordel. Plusieurs historiens ont théorisé le bordel organisé, et les luttes de factions instrumentalisées par un Hitler qui se renforçait notamment à mesure que les autres se querellaient, ce qui le plaçait en arbitre du jeu.

Depuis la fin de l'URSS, on sait que sous Staline c'était vraiment l'autocratie à l'état pure et la terreur comme seule méthode de gouvernement (mais on ignorait en fait jusqu'à quel point ça allait vraiment : là, on le sait davantage, et ça rend encore plus dingue le stalinisme). Voir notamment Nicolas WERTH.

Dernière modification par toutouyoutou ; 02/01/2022 à 00h32.
Je viens de refermer Le dixième vaisseau de Bordage. Quelqu’un l’a lu ? Je suis curieux d’en discuter ici.

Cliquez ce bouton ou survolez le contenu pour afficher le spoiler
Je suis assez mitigé.
Étonnant que la série Bourbon kid n'est pas la côte chez les joliens, pourtant, les critiques du dernier volume " Santa Mondega "sont dithyrambiques. Et j'approuve.
On compare à Tarantino, c'est plutôt Robert Rodriguez, Siergio Léon, Preacher ou The Boys, imo.
Bref, je me lance dans la série en la prenant par le bon bout, et le premier volume est tout à fait jouissif.
Après, faut aimer la testostérone.
En ce moment je (re)lis Transmetropolitan qui a été réédité chez Urban Comics dans une édition low cost (7.90 € x 2 tomes). Toujours aussi bien que dans mes souvenirs et, avec l'âge, je comprends mieux le sous-texte (je les avais lu au lycée donc ça remonte). Warren Ellis est un transhumaniste donc, forcément, j'ai lu ça d'un oeil plus critique mais tout de même, ça reste une fantastique bande dessinée.

Sinon, je me suis récemment mis aux livres audio, je me suis fais les 7 premiers tomes de The Expanse en 4 mois et c'est génial. J'écoute ça dans la bagnole, pendant les tâches ménagères ou même en alt tab sur l'ordi, c'est top. J'ai commencé Dune également (très bien en audio) et le vieil homme et la guerre (ça c'est nul par contre, je déconseille).
J'ai lu une bonne part (mais pas tout) du Roi en Jaune de Robert W. Chambers (1895)
dont on dit qu'il a été l'inspirateur de Lovecraft.

Il se fonde sur une pièce de théâtre éponyme qu'il ne faut pas lire parce qu'elle rend fou. On en sait peu, mais le protagoniste de chaque nouvelle l'a lue, pour sa fin funeste.
Au début d'une des nouvelles, un court extrait du Roi en Jaune est cité, annoncé comme étant le début de la scène 2 de l'acte 1 :

Camilla : Vous devriez, monsieur, vous démasquer.
L’étranger : Vraiment ?
Cassilda : Vraiment, il est temps. Nous avons tous ôté nos déguisements, sauf vous.
L’étranger : Je ne porte pas de masque.
Camilla (terrifiée, à Cassilda) : Pas de masque ? Pas de masque !
Citation :
Publié par Caniveau Royal
J'ai lu une bonne part (mais pas tout) du Roi en Jaune de Robert W. Chambers (1895)
dont on dit qu'il a été l'inspirateur de Lovecraft.

Il se fonde sur une pièce de théâtre éponyme qu'il ne faut pas lire parce qu'elle rend fou. On en sait peu, mais le protagoniste de chaque nouvelle l'a lue, pour sa fin funeste.
Au début d'une des nouvelles, un court extrait du Roi en Jaune est cité, annoncé comme étant le début de la scène 2 de l'acte 1 :

Camilla : Vous devriez, monsieur, vous démasquer.
L’étranger : Vraiment ?
Cassilda : Vraiment, il est temps. Nous avons tous ôté nos déguisements, sauf vous.
L’étranger : Je ne porte pas de masque.
Camilla (terrifiée, à Cassilda) : Pas de masque ? Pas de masque !
Je l'ai lu aussi y a pas super longtemps. Très sympa. Carossa on le retrouve dans plusieurs média comme dan True Détective.

Lovecraft c'est inspiré de plusieurs choses, mais il a effectivement confié qu'il était très admiratif du style de Chambers.
J'ai repris ma lecture de l'Assassin Royal, avec l'intégrale 3.
Ce tome souffre du même syndrome que les précédents, à savoir ce phénomène de galvaudage où l'histoire est enrobée par des moments peu intéressants et qui semblent s'éterniser.
Autant j'aime l'aspect réaliste dans les échanges entre les personnages, auxquels l'on peu parfois s'identifier, autant la description du quotidien de Fitz devient très vite lourdingue.
Plus de 160 pages pour raconter qu'il vit dorénavant dans une cabane à l'écart de la civilisation. Plusieurs pages qui se succèdent pour raconter sensiblement la même chose.

En dehors de ces points qui me rebutent par moment, l'écriture est toujours aussi agréable, surtout pour de la fantasy.
Répondre

Connectés sur ce fil

 
1 connecté (0 membre et 1 invité) Afficher la liste détaillée des connectés