Il faut aussi comprendre que la littérature est un art qui ne peut s'apprécier sans expérience et sans culture.
Une personne qui n'a pas eu son palais, par exemple, habitué à boire du vin ne fera pas de différence entre du vin de repasse et du très bon vin. C'est pareil pour la littérature.
Si vous n'arrivez pas à apprécier la lecture des classiques c'est tout simplement parce que vous n'avez pas le niveau culturel pour l'apprécier. Attention, il ne s'agit pas de faire un jugement de valeur, juste d'énoncer des faits : notre niveau culturel diminue de générations en générations et un gamin de 15 ans n'a plus les clefs culturels pour apprécier les grandes œuvres classiques.
Tolkien ou Rowling, pour prendre des auteurs "à la mode" chez les jeunes plaisent par leurs romans car ils font appel à l'imaginaire, au fantastique, au roman épique. C'est donc très en phase avec la mentalité d'un jeune, en général. Mais d'un point de vue littéraire c'est faible. Faible parce que c'est l'étude de texte traduits : un vrai massacre littéraire.
Je suis un grand fan de Zola, parce que ces livres sont des témoins de son époque. C'est un livre "historique", témoin de notre société d'avant et de notre identité. Ces longues pages de description sont pour moi un délice : j'arrive à visualiser les objets et les scènes parfaitement. Les tournures de phrases où chaque mot compte, chaque mot à sa place, chaque mot est calculé, ce soucis de la perfection littéraire, c'est juste bluffant
Ces auteurs classiques que vous conspuez ont fait la France. La France est une patrie des plus grands auteurs, des plus grands spécialistes en sciences humaines (les 3 auteurs les plus cités dans le monde sont Foucault, Bourdieu et Derrida). Étudier ces auteurs, c'est étudier la France dans ce qu'elle a de plus divin, de plus rayonnant, de plus éternel. Ne pas comprendre ça, c'est ne pas comprendre ce qu'est être français. Ne pas comprendre le fossé de la qualité littéraire entre un Zola et un Tolkien, ce n'est pas maîtriser le français. C'est dans ce sens là que l'apprentissage des auteurs classiques n'est pas une lubie d'un autre temps mais une infime nécessité à la construction de l'individu de la société française. Apprendre le français, ce n'est pas savoir conjuguer correctement, c'est savoir appréhender le génie.
Vouloir détruire cela, c'est détruire la France.
Je n'ai donc jamais compris les gens (j'étais en S) qui critiquaient à tout bout de champ le français : j'ai toujours adoré ça, sauf peut-être le jour où on a étudié du Beigbeder...
Et souvent les gens qui critiquent le français sont des gens victimes de leurs propres tares : ils sont mauvais, donc ils le critiquent. L'argument qui consisterait à dire que "je sais écrire en français correctement, je n'ai donc pas besoin d'avoir des cours de français au lycée" n'ont pas compris que l'intérêt était d'aller plus loin que l'orthographe des mots. C'est triste.