De l'utilité du Français à partir du lycée

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Ça dépend des personnes, y'en a plein pendant une dissert ou un commentaire composé qui recrachent par coeur le truc qu'ils ont lu sur internet le jour d'avant.
Et y'en a plein qui comprennent comment une formule de maths / physique fonctionne et qui ne l'appliquent pas bêtement sans se poser de question.
Le lycée m'a fait lire le pire livre que j'ai jamais lu de ma vie: "Les mots" de Sartre.

Pour la comparaison avec les multiplications je sais pas si c'est pertinent. Au final ça sert à rien de connaître les tables par cœur si tu sais les retrouver. Pareil pour l'orthographe d'ailleurs, encore faut-il savoir les retrouver.
Il faut aussi comprendre que la littérature est un art qui ne peut s'apprécier sans expérience et sans culture.

Une personne qui n'a pas eu son palais, par exemple, habitué à boire du vin ne fera pas de différence entre du vin de repasse et du très bon vin. C'est pareil pour la littérature.

Si vous n'arrivez pas à apprécier la lecture des classiques c'est tout simplement parce que vous n'avez pas le niveau culturel pour l'apprécier. Attention, il ne s'agit pas de faire un jugement de valeur, juste d'énoncer des faits : notre niveau culturel diminue de générations en générations et un gamin de 15 ans n'a plus les clefs culturels pour apprécier les grandes œuvres classiques.

Tolkien ou Rowling, pour prendre des auteurs "à la mode" chez les jeunes plaisent par leurs romans car ils font appel à l'imaginaire, au fantastique, au roman épique. C'est donc très en phase avec la mentalité d'un jeune, en général. Mais d'un point de vue littéraire c'est faible. Faible parce que c'est l'étude de texte traduits : un vrai massacre littéraire.

Je suis un grand fan de Zola, parce que ces livres sont des témoins de son époque. C'est un livre "historique", témoin de notre société d'avant et de notre identité. Ces longues pages de description sont pour moi un délice : j'arrive à visualiser les objets et les scènes parfaitement. Les tournures de phrases où chaque mot compte, chaque mot à sa place, chaque mot est calculé, ce soucis de la perfection littéraire, c'est juste bluffant

Ces auteurs classiques que vous conspuez ont fait la France. La France est une patrie des plus grands auteurs, des plus grands spécialistes en sciences humaines (les 3 auteurs les plus cités dans le monde sont Foucault, Bourdieu et Derrida). Étudier ces auteurs, c'est étudier la France dans ce qu'elle a de plus divin, de plus rayonnant, de plus éternel. Ne pas comprendre ça, c'est ne pas comprendre ce qu'est être français. Ne pas comprendre le fossé de la qualité littéraire entre un Zola et un Tolkien, ce n'est pas maîtriser le français. C'est dans ce sens là que l'apprentissage des auteurs classiques n'est pas une lubie d'un autre temps mais une infime nécessité à la construction de l'individu de la société française. Apprendre le français, ce n'est pas savoir conjuguer correctement, c'est savoir appréhender le génie.

Vouloir détruire cela, c'est détruire la France.

Je n'ai donc jamais compris les gens (j'étais en S) qui critiquaient à tout bout de champ le français : j'ai toujours adoré ça, sauf peut-être le jour où on a étudié du Beigbeder...

Et souvent les gens qui critiquent le français sont des gens victimes de leurs propres tares : ils sont mauvais, donc ils le critiquent. L'argument qui consisterait à dire que "je sais écrire en français correctement, je n'ai donc pas besoin d'avoir des cours de français au lycée" n'ont pas compris que l'intérêt était d'aller plus loin que l'orthographe des mots. C'est triste.
J'ai toujours été nul en orthographe et grammaire malgré des heures et des heures passé chez l'orthophoniste étant jeune, j'ai fait un BAC littéraire et continué sur des études littéraire et artistique malgré tout car je n'avais aucun gout pour le reste et que je suis encore plus nul en math et manuel. Cela a toujours été un handicap, voir meme un complexe pour moi, mais j'ai fait avec ayant vite compris qu'il est moins pire de faire des fautes que de ne rien pouvoir dire d'un texte sans l'avoir au préalable appris par coeur dans ces filières là.

Meme sans prendre en compte mes études, ce que j'ai pu apprendre au lycée et plus tard me sert au quotidien que se soit dans mes lectures, quand je regarde un film ou meme un bete animé ou une bande dessinée. Parfois je me surprend meme à repérer des topos ou des figures de styles ( pas au point de les nommer ayant une mauvaise mémoire ) dans les discours et situations de tout les jours ...

J'aime beaucoup les classiques et les vieux textes, qui m'étonnent toujours par leur "modernité" ( me prouvant une fois de plus que l'on reste toujours pétri des aprioris de notre époque ), il y a pour moi une sorte de magie dans la tentative de retour aux sources d'une idée.

Enfin meme si je me suis toujours baladé en analyse littéraire et artistique, toutes les fois ou je me suis essayé à la philo et psychanalyse cela a toujours était le drame en terme de résultat.
La lecture est passée de loisirs à corvée. Avant c'était un des premiers loisirs, en même temps il y avait peu d'autres choses à faire. Maintenant si tu veux t'évader tu as les jeux vidéos pour ne citer qu'eux, tu veux connaitre une histoire tu vas au cinéma (le nombre de personnes qui adorent HP sans jamais avoir lu les livres qui sont dix fois meilleurs ! Et le pire c'était Eragon, la sortie du film était un massacre de l'œuvre). Et peut-être que c'est encore une fois les tendances actuelles mais moi à l'époque le français c'était le dernier de mes soucis, j'avais tellement de choses à faire. D'après les professeurs il faudrait passer une demi-heure par jour sur leur matière. Ouais, tu fais déjà 8-17h puis tu rentres à 17h30 chez toi et là faut que t'enchaîne sur encore deux heures de travail puis lire un foutu livre, entre temps tu dois manger et à la fin tu es tellement crevé que t'es couché à neuf heures.

À l'époque je pouvais clairement pas tenir la cadence, du coup certaines matières passaient à la trappe : français, espagnol (enfin là j'assurais un 16 de moyenne en connaissant juste le vocabulaire de quatrième / troisième, les trois années d'après je n'ai rien appris vu que la matière passait à la trappe), histoire-géographie (mais j'avais de la culture en histoire donc j'arrivais à m'en sortir).

On se plaint souvent que les demandes sont toujours moins exigeantes. Pourtant la cadence est compliquée à tenir pour certains, d'autres y arrivent mais mentalement ça ne suis plus, il y avait une fille qui faisait en gros du 15/jours. Alors ouais elle assurait un 18 de moyenne mais bordel, elle se détruisait petit à petit et ça se voyait, il faut mettre en garde quand ça ne travaille pas assez mais quand ça travaille trop il faut aussi.

Je peux comprendre que certains aiment ça mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Surtout depuis quelques années : quand tu as vécu avec les jeux-vidéos, la télévision etc. et que tu es obligé de lire un des classiques bah tu vas lire deux pages et après tu vas jouer avec tes amis sur un random jeu, c'est beaucoup plus amusant. Après rien n'oblige le programme à enlever complètement les classiques mais pourquoi ne pas les rendre "secondaires" ? On pourrait les utiliser pour décrire les influences sur le monde actuel comme déjà dit, on pourrait expliquer l'influence de Voltaire sur les livres fantasy / sf ; ce serait plus intéressant avec une comparaison dans le monde actuelle pluton que se borner au XVII siècle.
Citation :
( salut fleur du mal pendant les vacances ),
C'est vrai que Baudelaire c'est tellement chiant et long à lire, ce n'est pas comme si cette oeuvre était d'une modernité incroyable
Sincèrement parfois on a l'impression qu'à part la littérature du fin XX ème ou du XXI ème siècle, tout le reste est ringard et assommant pour certains.
Citation :
On est pas tous égaux devant la lecture, 10 pages sont un sacerdoce pour certaines, une ballade pour d'autre.
Comme on est pas tous égaux en maths et en physique, et pourtant il faut bien faire ses exercices à chaque fois. Pourquoi le français serait si différent et serait pratiqué avec une telle légèreté ?
Si les élèves ont des problèmes de lecture, ce n'est pas en lisant 3 pages par jour qu'ils s'amélioreront. A ce titre là, on arrête de faire lire, parce que bon, il ne faudrait pas les mettre face à leurs propres difficultés, et ce n'est pas comme si lire était essentiel de nos jours, c'est comme écrire, on peut s'en passer.

Citation :
par contre la Divine Comédie
Ce livre, j'ai mis un an pour trouver une édition reliée cuir, avec des reproductions d'illustrations du XVI ème à presque chaque page ; ça m'a coûté un bras mais j'étais le plus heureux des hommes . Cette œuvre est juste impressionnante.
Citation :
Publié par Mimu
Je pensais pareil.
Le personnage a un t-shirt blanc, c'est l'idée de liberté, l'auteur a voulu faire passer... Mais putain il a juste pris celui du haut de la pile.
Je crois qu'on est tous passé par là au lycée

Citation :
Publié par Sy-Philis
Le français au lycée c'est :
- comment dégoûter les jeunes de la lecture
.
Difficile de dégouter des gens d'une chose qu'ils ne connaissent pas. Je dirais que 80% des jeunes n'ont pas ouvert d'autres bouquins que des bd et les livres imposés.
L'excuse du "c'est imposé, donc c'est nul" n'aurait pas cours dans une éducation ou la lecture est un loisir de base.


Citation :
Publié par Carminae
Si vous n'arrivez pas à apprécier la lecture des classiques c'est tout simplement parce que vous n'avez pas le niveau culturel pour l'apprécier. Attention, il ne s'agit pas de faire un jugement de valeur, juste d'énoncer des faits : notre niveau culturel diminue de générations en générations et un gamin de 15 ans n'a plus les clefs culturels pour apprécier les grandes œuvres classiques.

Tolkien ou Rowling, pour prendre des auteurs "à la mode" chez les jeunes plaisent par leurs romans car ils font appel à l'imaginaire, au fantastique, au roman épique. C'est donc très en phase avec la mentalité d'un jeune, en général. Mais d'un point de vue littéraire c'est faible. Faible parce que c'est l'étude de texte traduits : un vrai massacre littéraire.
Bien résumé.
Lire "Legende" de Gemmel en étant emporté par l'histoire, les personnages, l'ambiance, c'est normal. Tu files le livre à un prof de français, il aura plus de mal à en tirer quelque chose. Très pauvre en procédé littéraires, vocabulaire réduit, style limité.
Une classe de lycée s'arracherait les cheveux à tenter une analyse littéraire de livres de fantasy ou de SF qui sont très pauvres.

Pour comparer, c'est un peu comme être capable de regarder une série policière en VO et penser qu'on comprend l'anglais.
Citation :
Publié par Carminae
C'est triste.
Tu donnes toi même la réponse.
Lire Zola au collège c'est tout simplement idiot. Pour pas dire lire Zola tout court c'est tout simplement idiot.
Citation :
Publié par Chemical Rabbit
L'utilité du Français au lycée ?

L'acquisition d'un sens critique et d'une réflexion étayée. Le fond avant la forme c'est mon dada !

J'ai comme souvenir de vieux boeufs dans les filières scientifiques qui ne savaient construire une argumentation, c'est bien beau de recracher des formules apprises par coeur. Mais ca ne fait pas tout
Y'a aucune critique possible en francais et philosophie au niveau lycée, tu dois redonner ce que le prof te donne rien de plus. La seule chose qui t'avantage, c'est les connaissances personnelles concernant les auteurs.

Critique et réflexion étayée, c'est la théorie, en pratique y a aucune place pour ça.

La lecture classique je la considère comme une lecture historique et si on est pas intéressé dedans, on peut pas aimer ...
Le pire dans Zola reste les thèmes, en surface c'est trop daté, on peut avoir du mal à comprendre les mineurs de Germinal quand son propre père finit à 17h tous les jours ^^

Mais on peut lire Dumas par exemple, ou Cyrano de Bergerac.
Citation :
Publié par Zackoo
au niveau lycée, tu dois redonner ce que le prof te donne rien de plus.
Pour le français en tout cas, pas forcément. Comment seraient possibles les commentaires de texte autrement? Et puis, en ne m'intéressant pas du tout à l'histoire, je lis les auteurs "classiques" avec plaisir (euphémisme, hin hin).

Sinon, j'ai l'impression que pas mal de posteurs ont en quelque sorte l'idée que la littérature a évolué, et que les anciens auteurs sont obsolètes et mauvais de nos jours. Je trouve ça choquant quand on parle d'art.
Je n'ai pas compris ta question HeathCliff, en cours de français on fait des commentaires de textes, et généralement on réutilise exactement les même plans pour l'oral et l'écrit.

Là où sa se démarque c'est au niveau de l'intro où les connaissances personnelles font la différence.
Citation :
Publié par Am'
C'est vrai que Baudelaire c'est tellement chiant et long à lire, ce n'est pas comme si cette oeuvre était d'une modernité incroyable
Sincèrement parfois on a l'impression qu'à part la littérature du fin XX ème ou du XXI ème siècle, tout le reste est ringard et assommant pour certains.
Il dit justement le contraire, vu que tu semble si fort essaie donc de lire les messages en entier au moins...

Les auteurs classiques oui il faut les lire, mais ça ne coûte rien de faire un liste de quelques dizaines de livres et de laisser l'élève choisir un livre. Il sera plus enclin à le lire car il l'aura choisi et pourra exposer son point de vue à toute sa classe.
Citation :
Publié par Squeez
Car oui, si c'est un cahier d'histoire il y a forcément quelque chose derrière : ce n'est pas du français, ce n'est pas des maths, c'est un cahier d'histoire. L'auteur a forcément voulu dire quelque chose, il a fait exprès de mettre un cahier d'histoire et pas un autre. Il y a un pauvre mot d'écrit et là-dessus on t'écris des pages et des pages d'analyse.

Putain, ça leur vient pas à l'esprit que l'auteur a utilisé un cahier d'histoire parce que c'est la première chose qui lui est passé par la tête / ce qui lui faisait envie ?
Citation :
Publié par Mimu
Je pensais pareil.
Le personnage a un t-shirt blanc, c'est l'idée de liberté, l'auteur a voulu faire passer... Mais putain il a juste pris celui du haut de la pile.
On s'en fiche que l'auteur emploie certains mots, procédés ou figures à dessein ou non. Il peut les employer tout à fait inconsciemment que ça n'enlève pas l'intérêt de l'analyse ou l'effet/but de chaque mot, procédé, etc.

Exemple basique : quand tu lis certains écrits de Hugo, tu peux noter que les morts des personnages sont souvent des noyades, ou que le thème (ou le champ lexical, ha, l'affreux terme !) de la noyade revient de manière obsessionnelle même pour décrire des trucs sans rapport. Hugo ne le fait certainement pas exprès ; ce phénomène survient simplement suite à la mort de sa fille par noyade (et ceci n'empêche pas l'analyse de celui-ci de demeurer intéressante).

Citation :
Publié par Carminae
notre niveau culturel diminue de générations en générations et un gamin de 15 ans n'a plus les clefs culturels pour apprécier les grandes œuvres classiques.
Juste pour préciser : le niveau culturel global augmente de générations en générations, contrairement à l'idée reçue. Par contre, si tu précises par rapport au niveau culturel littéraire, ou l'orthographe/grammaire/écriture, je te rejoins.
Citation :
Publié par Zackoo
Je n'ai pas compris ta question HeathCliff, en cours de français on fait des commentaires de textes, et généralement on réutilise exactement les même plans pour l'oral et l'écrit.

Là où sa se démarque c'est au niveau de l'intro où les connaissances personnelles font la différence.
Je conteste ton "généralement". Ce que tu décris ne ressemble absolument pas à ce que je faisais. Et par ailleurs, un plan de commentaire s'adapte au texte, tu ne peux pas imiter celui du prof sur un texte que vous n'avez pas traité en cours.

Tu ne peux pas penser sérieusement que d'un élève à l'autre, seule l'intro change dans un commentaire.
Citation :
Publié par Heathcliff
Sinon, j'ai l'impression que pas mal de posteurs ont en quelque sorte l'idée que la littérature a évolué, et que les anciens auteurs sont obsolètes et mauvais de nos jours. Je trouve ça choquant quand on parle d'art.
je pense qu'il y a beaucoup d'a priori. Pour la plupart des personnes, leur première expérience littéraire se fait en milieu scolaire, dans les pires conditions possible pour apprécier un roman.

Un Zola lu au collège ne s'apprécie pas comme un Zola lu à 40 ans. Encore pire pour Balzac, il faut un minimum de vécu pour l'apprécier à sa juste valeur.

Je pense qu'il faut redonner une chance à ces auteurs, se défaire de tous ses traumatismes scolaires et de l'image pseudo-élitiste que certains aiment à donner à la littérature classique.

Si les classiques sont des classiques, c'est pour de bonnes raisons. La plupart des romans sont aussi prenants que le dernier Thriller à la mode, sauf que c'est 1000 fois mieux écrit et beaucoup plus profond (pas de snobisme là-dedans, j'adore aussi les thriller).

Il y a forcément un auteur classique qui nous parle, il faut juste faire l'effort de chercher un peu, ou se faire conseiller par quelqu'un qui aime ça.
Citation :
Il dit justement le contraire, vu que tu semble si fort essaie donc de lire les messages en entier au moins...
Toi tu dois être devin, parce que quand je relis le post, j'ai du mal à voir en quoi il parle des Fleurs du Mal d'une façon méliorative. Après peut être que l'auteur me dira que j'ai interprété de la mauvaise façon, mais ton message est juste rempli de mauvaise foi ( je te remet le passage en question juste pour le plaisir ).

Citation :
Les lectures qu'on nous donne sont généralement barbantes ( salut fleur du mal pendant les vacances ), je pense qu'au moins 30% des gens de ma classe lisent les résumés sur le net au lieu de lire les ouvrages, même si ils achètent les livres...
Citation :
Y'a aucune critique possible en francais et philosophie au niveau lycée, tu dois redonner ce que le prof te donne rien de plus. La seule chose qui t'avantage, c'est les connaissances personnelles concernant les auteurs. Critique et réflexion étayée, c'est la théorie, en pratique y a aucune place pour ça.
Il y a de la place, après plus ou moins selon le prof et de la manière dont on procède.
Et dans la vie on ne fait pas toujours ce que l'on aime, dans les études supérieures tu dois parfois te taper 100 pages à apprendre d'une matière dont tu n'as strictement rien à taper ; et pourtant il faut le faire. Depuis qu'on est tout petit on nous oblige à faire des choses qui ne nous attirent pas ; obliger les gens à lire en fait partie. C'est le rôle de l'école parce qu'aujourd'hui, si ce n'est pas l'école qui oblige les nouvelles générations à acquérir un minimum de culture "classique", personne ne le fera.
Citation :
Je n'ai pas compris ta question HeathCliff, en cours de français on fait des commentaires de textes, et généralement on réutilise exactement les même plans pour l'oral et l'écrit.
Le problème est que personne n'est content : d'un côté on dit que le français c'est n'importe quoi, que l'on peut jamais savoir quelle note on va avoir, et de l'autre que c'est chiant parce qu'on utilise toujours les mêmes plans et qu'il suffit de calquer ce que le prof nous a enseigné : faudrait se mettre d'accord.
Les maths et physique au lycée pour moi ça a toujours été "T'apprends comment les règles fonctionnent, tu fais trois exercices, tu appliques au contrôle et paf t'as une super note". En soi ce n'est que de l'application bête et méchante, par contre pour le français, là ça pose problème ; pourquoi râlez s'il vous suffit de répéter pour avoir une bonne note vu que c'est ce qui a l'air essentiel pour certains ?
Citation :
Publié par Borh
Personnellement, il y a une chose que je trouve très importante mais qui était très sous évaluée à mon époque et qui il me semble, a carrément disparu du Bac : le résumé. Extraire d'un gros babla les thèmes et idées principaux, les organiser de façon claire et synthétique (et les rédiger sans faute de grammaire ou d'orthographe), ça me semble être quelque chose d'extrêmement utile dans un grand nombre de domaines professionnels, en tout cas, tous ceux qui exigent la rédaction de projets.

La dissertation, le commentaire de texte, c'est très intéressant pour ceux qui s'orientent vers des domaines littéraires, mais pour la majorité, ce n'est pas quelque chose de très utile.
C'est vrai. Par exemple pour passer les concours de journalisme c'est la première chose qu'ils te demandent. Résumé de court métrage, d'article de fond, synthèse de documents...Pour m'y être préparé j'ai dû réapprendre à faire ce genre d'exercice tant ça faisait longtemps que je n'en avais pas fait.

ça m'a d'ailleurs fait marrer mais l'une des épreuves des concours de journalisme consiste en une dictée, suivie d'une correction de texte comportant des fautes. Je pense que ce sont des exercices importants, j'ai toujours trouvé ça dommage qu'il n'y en ait pas pour le passage du bac.
Citation :
Publié par Crevard Ingenieux
Exemple basique : quand tu lis certains écrits de Hugo, tu peux noter que les morts des personnages sont souvent des noyades, ou que le thème (ou le champ lexical, ha, l'affreux terme !) de la noyade revient de manière obsessionnelle même pour décrire des trucs sans rapport. Hugo ne le fait certainement pas exprès ; ce phénomène survient simplement suite à la mort de sa fille par noyade (et ceci n'empêche pas l'analyse de celui-ci de demeurer intéressante).
Peut-être. Sauf qu'aucun de mes professeurs de français ne nous a fait approché un livre de cette manière, j'ai lu des hugo et jamais un professeur ne m'a parlé de ça, en connaissant ça je trouve plus intéressant de l'étudier mais ça ne rentre plus dans l'étude du livre mais plutôt dans l'étude de l'inconscient. La seule bonne prof que j'ai eu c'était en troisième, je me suis dis que finalement le français c'était pas si horrible (peut-être parce qu'on lisait pas des livres de Zola, hugo et compagnie). Puis est arrivée la seconde et la première, avec des choses tellement ennuyantes.
Citation :
Publié par Am'
Le problème est que personne n'est content : d'un côté on dit que le français c'est n'importe quoi, que l'on peut jamais savoir quelle note on va avoir, et de l'autre que c'est chiant parce qu'on utilise toujours les mêmes plans et qu'il suffit de calquer ce que le prof nous a enseigné : faudrait se mettre d'accord.
Je vois pas le problème, j'ai jamais dis que tous les profs avaient les même plans non ? D'ailleurs tous les profs n'enseignent pas les même textes tout court.

C'est parce que c'est trop vaste que même quelque chose qu'un prof fait, un autre prof pourra donner une note de merde ( testé et approuvé )
Citation :
Publié par Zackoo
C'est parce que c'est trop vaste que même quelque chose qu'un prof fait, un autre prof pourra donner une note de merde ( testé et approuvé )
C'est le cas pour les mathématiques aussi. Des expériences de corrections de copies de bac identiques par plusieurs centaines d'enseignants différents avaient montré qu'il y avait une hétérogénéité des notes, et des écarts types, énormes. Écarts certes plus marqués dans des matières comme le français ou la philosophie, mais au demeurant très élevés (et pas si éloignés) aussi pour des matières réputées "exactes" comme les mathématiques ou la physique.
Citation :
Publié par Heathcliff
Les techniques d'analyse, c'est tout bête et rapide à mettre en oeuvre une fois qu'on n'a plus à le détailler sur une page de texte:
on ressent une impression particulière en lisant un passage, on cherche l'effet qui produit cette impression, puis on le garde en mémoire pendant quelques lignes de plus pour voir s'il continue dans le genre. Quant à la raison du choix de l'auteur de créer cette impression, ça me semble naturel qu'il cherche à écrire le meilleur texte possible, non?

C'est juste une lecture attentive, en somme, où on met (parfois) un nom sur ce qu'on voit: si tel vers marque particulièrement l'esprit, c'est qu'il est écrit d'une traite alors que celui qui le précède comptait 4 pauses. Ou bien la métaphore placée là est mise en valeur par un chiasme.
Au final, à force de subtilités, on arrive à dégager plus d'un texte que ce qu'une lecture "brute" donnerait simplement, parce qu'on prend du temps à se demander d'où vient ce qui nous y plaît, et que le bagage technique du lycée permet d'y répondre sans être désorienté.

Puisqu'on parle d'Heroic Fantasy, quand j'en lis j'essaye toujours de m'attacher à ce à quoi l'auteur semble avoir passé du temps: d'où vient l'impression de puissance que dégage le héros? comment parvient-il à décrire une bataille de façon claire? Quel est l'intérêt pour lui de présenter tel personnage de façon antipathique? Et d'ailleurs, comment fait-il? Ce sont des exemples de questions que je me suis posé en lisant du Gemell, mais vous aurez les votres pour chaque auteur.
Ca m'a permis par exemple d'apprécier des années après la première lecture le personnage de Boromir, ou les derniers passages du périple de Sam et Frodon, pour prendre un classique. Parce qu'auparavant j'avais une mauvaise lecture des intentions de Tolkien, et une partie de l'oeuvre m'échappait, ce qui est dommage.

Même remarque pour ceux qui disent avoir du mal avec les classiques: les armes permettant de comprendre leur attrait, ce sont justement ces techniques d'analyse qui vous déplaisent. On peut soit croire que la technique littéraire évolue, et donc que ce qui s'écrit aujourd'hui est bien meilleur que ce qui s'écrivait auparavant, soit essayer de rentrer dans l'état d'esprit qui permet d'apprécier une oeuvre à sa valeur "d'époque", et reconnaître le génie des auteurs passés ; mais sans savoir par où commencer, ou sans prendre du temps pour comprendre un texte, c'est comme se lancer dans les théories mathématique de haute volée avec un bac S.
Dans mes lectures, si le texte a besoin d'une analyse poussée pour en comprendre le sens, j'estime que c'est soit un mauvais choix de l'auteur au mieux, et une erreur au pire (que son éditeur aura parfois fait corriger !). J'ai rien contre trouver des petites références cachées, mais si le changement de style produit un changement d'ambiance, je n'ai normalement pas besoin de voir les "fils et trucages" pour me rendre compte de l'ambiance sensée être donnée.


Autre truc que je déteste, c'est citer des auteurs :/. Donner ton propre exemple, ta propre argumentation, non non. Faut savoir qui l'a dit avant toi et pouf, utiliser l'argument d'autorité.

Citation :
Publié par Atergo
La plus belle lecture de ma vie, c'était au lycée :

Le Portrait de Dorian Gray.
Je l'ai lu pour le plaisir moi, sans que ça soit imposé par mon lycée ou autre, et c'est vrai que j'avais adoré. Par contre quand dans la même thématique j'ai lu "La peau de chagrin", je l'ai bien aimé aussi, mais je me souviens avant tout d'une description de salle de banquet qui prend 3-5 pages et qui m'avait bieeeen gavé. Alors quand mon prof me parlait du talent de Balzac pour décrire une scène, lol.
Citation :
Publié par Quild
.
Attention, je parle d'un bonus, pas d'une nécessité. Je ne parle pas de références "cachées", mais subtiles. On n'essaie pas de trouver le double fond, mais on explore les mécanismes.


Pour ta lecture de Balzac, c'était peut-être simplement trop tôt pour que tu le lises? La même chose m'est arrivé avec Flaubert, j'y comprenais rien à mes premières lectures, et il a fallu longtemps avant que je comprenne comment le lire. C'est comme les maths, en somme, si t'as pas le niveau (les références/l'intuition des désirs de l'auteur) tu comprends pas, sauf qu'en maths il est dans une certaine mesure facile de voir si on a le niveau, mais pas en français.
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