Mesdames, messieurs.
Le vilain mot "complotiste" ayant été lâché, on vire rapidement sur des délires tous azimuts.
Quelle est la question ?
Va- t- il y avoir une attaque sur l'Iran.
La réponse est : peut- être. Oui, il y a des éléments objectifs qui laissent penser que c'est tout à fait envisageable, même si ça serait plus que risqué pour ceux qui s'y livreraient. Les risques sont énormes, à différentes échelles.
L'autre question est de savoir comment se forger une opinion sur ce problème.
Il y a là différentes solutions.
1- La comparaison entre ce qui s'est passé et ce qui est en train de se passer (et je ne vois vraiment pas en quoi ce principe pose problème...). Comparaison n'est pas assimilation et simplification des problèmes.
2- La diversification des sources d'informations. Et là, oui, il y a de tout, notamment sur le net. C'est là que le méchant "complot" intervient (ouh le vilain). Mais, si on est un peu honnête, comment s'étonner qu'on recherche des informations en dehors des médias de masse, qui désinforment plus qu'ils n'informent, et qui produisent de la confusion plus que de la clarté ?
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Par exemple, Twan se fout gentiment de ma pogne, en me faisant passer (toujours gentiment) pour un timbré qui balance du discours complotiste pris ça et là sur le net. Je vais donc lui répondre point par point.
1- Qu'y a- t- il de délirant à réfléchir sur la géopolitique et la prospective ? Je ne me base pas sur rien. J'ai l'honnêteté de dire que j'ai vu des choses qui m'ont un peu fait rire et troublé, mais que j'ai l'impression de voir se réaliser. J'en fais part, c'est tout. Mais j'ai aussi énormément lu sur la géopolitique mondiale. Les gens que je lis, ce ne sont pas des fous, ce sont plutôt des références. Or, ils vont dans ce sens.
Et encore une fois, il n'y a rien de délirant à penser qu'une puissance impériale entende garder sa position dans un monde en mutation, et dans un siècle dont tout porte à croire qu'il sera aussi tragique que le siècle passé.
2- Qu'y a- t- il de délirant à constater des discordances effectives entre ce qui est dit, et ce qui est fait, entre ce qui est l'image présentée et le réel constaté ? Nous le faisons tous sur le mode ironique ou humoristiques dans la politique intérieure ou extérieure. En faisant cela, on ne fait qu'écouter les discours massivement relayés par les médias dominants, et les critiquer d'une manière rationnelle (on utilise tout simplement son esprit critique, et on met sa culture au service de sa capacité à critiquer une information brute). Là encore, de nombreux spécialistes (peu connus, plus confidentiels, mais accessibles pour peu qu'on vienne à les connaître, qu'on les recherche et qu'on fasse l'effort de tenter de comprendre ce qu'ils disent, et de comprendre pourquoi ce qu'ils disent est pertinent, du moins, légitime) le font au quotidien. Et ces gens n'ont rien de délirant.
3- Les questions sur Al- Qaida sont légitimes. Les questions sur les liens entre les Etats- Unis et les groupes terroristes (islamistes) jadis financés et organisés par eux sont légitimes. On rejoint ici le point 1. Je ne vois pas ce qu'il y a de délirant, c'est juste une interrogation sur les mécanismes du pouvoir. Eric Laurent a posé ces questions dans son ouvrage sur le 11 septembre, d'une manière simple et claire. Aymeric Chauprade est le premier à dire que le terrorisme est un fait étatique, ce que personne ne conteste sur le fond. Quel est le problème ? Qu'y a- t- il de complotiste là- dedans ?
4- C'est un fait que l'Irak n'a rien gagné avec l'invasion américaine. C'est un fait que la stratégie du chaos est l'une des plus efficaces au plan géopolitique, et une des plus ancienne : l'Afrique en témoigne depuis son "indépendance". Les Palestiniens aussi, avec Israël. Là encore... rien de délirant.
5- Aucun Etat totalitaire n'a développé une capacité de propagande aussi efficace que nos démocraties modernes, fondées sur l'opinion et les médias de masse. Les preuves sont quotidiennes que les médias sont des instruments de pouvoir et de contrôle, au service des intérêts politiques et économiques. Les critiques sont pourtant anciennes sur la questions, et elles précèdent le célèbre Debord. Là encore donc, rien de délirant. Il me semble que la Libye a récemment illustré cela : tout le monde s'en foutait de Kadhafi, et, rapidement, on s'est mis à se croire en guerre aux côtés des démocrates libyens... oubliant au passage les règles élémentaires de l'analyse et du droit. Prenez un peu de recul, ça vous paraîtra d'une évidence cristalline.
6- Internet est un espace de liberté comme il en existe encore peu. Mais comme tout espace de liberté, il est effectivement sous surveillance. L'anonymat n'y existe pas, n'importe qui peut dénoncer tout le monde, n'importe qui peut s'y faire violer dans sa vie privée, et le pire, c'est que les gens devancent cette situation (réseaux sociaux). Rien de délirant non plus (les conflits entre Google et la Chine, l'importance proclamée de Faceboog et Twitter dans le "printemps arabe" a pourtant été largement évoquée). Si on ajoute la surveillance possible de toute la population par les téléphones portables, les cartes bancaires, les GPS, etc. je ne vois pas où est le délire : je dis juste que c'est une possibilité technique, et qu'il n'y a pas de raison pour qu'un Etat, un jour, veuille s'en servir s'il en ressentait le besoin.
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