What the fac?

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Je suis étonné de pas avoir de fil à ce sujet, alors j'en lance un, étant donné que ça fait partie de l'actualité, et qu'en plus, je suppose que beaucoup d'entre vous sont concernés.

Depuis quelques mois, la ministre de L'enseignement supérieur et de la recherche, V. Pécresse, élabore un projet de décret modifiant le statut d'enseignants chercheurs. Voilà le texte.
En clair, il s'agit d'un décret d'application de la LRU, qui met en oeuvre l'autonomie des universités. Dans ce cadre, est prévue au moins tous les 4 ans, une évaluation des enseignants chercheurs, afin de déterminer quel sera le contenu de leur service. Dans le décret, il apparaît clairement que les évaluations, qui seront faites par des instances locales (le président), et non plus nationale (le CNU, conseil national des universités, composé de pairs élus), concerneront les travaux de recherche, et qu'en fonction de ça (selon quels critères?), un enseignant considéré comme "bon chercheur", pourrait ne faire que de la recherche, tandis que celui dont ses travaux seront considérés comme insuffisants ou insatisfaisants, verra son service se rabattre sur les enseignements.

L'enseignement est alors perçu comme une punition, ou une sanction, qui sera déterminé par les travaux de recherche. L'évaluation en elle même est contraire à plusieurs choses: d'abord le principe constitutionnel d'indépendance des enseignants chercheurs. Ceux ci ne dépendent d'aucune autorité hiérarchique, et leurs travaux, d'enseignement comme de recherche, doivent être libres, et en aucun cas guidés par qui que ce soit. Ensuite, le principe d'égalité: à statut égal, le service d'un EC à Lille ou à Montpellier pourra être totalement différent, untel pourra faire 100heures d'enseignement, l'autre 200.

Enfin, les primes qui pourront aller jusqu'à 15000 euros par an, seront là aussi déterminées par le président.

C'est pas tout, avec ce décret sur les EC, est prévu aussi un contrat doctoral, censé être un contrat unique de 3 ans. En réalité, il s'agit d'un CPE pour les doctorants, et d'un contrat d'un an, renouvelable 2 fois. Il y aura une période d'essai de 3 mois, voire 6, et en fin de chaque année, le doctorant devra rédiger un rapport d'activité, le directeur de thèse aussi, et au regard de ces rapports, l'école doctorale peut décider de résilier de plein droit le contrat, au bout d'un an ou deux ans, sans indemnité. La question des rémunérations est tout juste évoquée, mais comme pour les EC, il est prévu de dissocier totalement les activités de recherche, et d'enseignement.

Je passe rapidement sur ces questions mais je pourrai en donner davantage.

Toujours est il que la coordination nationale des universités a réuni le 22 janvier 2009 des délégués provenant de quarante six universitése et qu'elle a voté les motions suivantes :
Citation :
Motion n°1 :
La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.
Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :
1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré
l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.
Unanimité moins 3 voix contre

Motion n°2 :
La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.
A l'heure actuelle, de nombreuses facs ont voté en AG la grève illimitée à partir de lundi, conformément à la plateforme nationale de jeudi dernier. De nombreuses facs (dont la mienne), se contente d'une rétention des notes et des délibérations d'examen.

Je voulais d'abord informer de tout ça, puis recueillir vos avis, ce que vous en pensez, et ce qu'il en était par chez vous, dans la mesure où ça me semble très important ce qui est en train de se produire.
Et bien j'ai pas entendu parler de mouvement de grève dans ma fac, d'une part car je suis encore en vacances, et d'autre part fac de droit donc c'est pas le genre de la maison, même si effectivement là ça va concerner les prof donc ça sera peut être différent.

Pour le point que tu soulèves quant à la distinction enseignant-chercheur, ma foi je suis pas vraiment concerné mais je trouve pas ça très clair. Vouloir que les plus performants soient encouragés à privilégier la recherche peut se comprendre, par contre comme tu le soulignes mettre l'enseignement comme "une punition", c'est pas trop adapté.
J'ai pas lu le texte en soit sinon donc je me base que sur tes dires.

Par contre pour le coup de mettre une prime : je suis pour, ça permettra aux universités françaises d'attirer de grands professeurs, et de garder leurs meilleurs.

Oups j'oubliais de parler (peut être du plus important?) du point pour le recrutement. Peut être il y'a trop "d'option", et donc que les professeurs seront lésés. Mais ça permettra aussi peut être de plus facilement se mettre en valeur que de se soumettre à la cooptation irrémédiablement?
Bof, tant que les universitaire ne voudront pas changer leur mentalité, ce sera toujours la meme chose.
Toujours les memes UFR qui sont contre tout changement pendant que celle qui s'adaptent travaillent au lieu de faire grève.
Un professeur peut etre évalue au meme titre qu'un doctorant dans ses activités de recherches. Le problème c'est que les professeurs ont peur que leur absence de recherche soit decouverte et se retrouver a devoir donner cours a des étudiants (oh mon dieu c'est mal).
Message supprimé par son auteur.
Honnêtement, fac de droit ou pas, ça change rien. Je suis dans une fac de droit, pas réputée pour être de grands révolutionnaires (pléonasme?), et pourtant, on a eu une AG (oué youpi), et des grévistes lundi pour la journée prévue, et d'autres qui le seront encore demain. Beaucoup espèrent aussi le soutien des étudiants pour pouvoir monter un mouvement unitaire, et parler d'une seule voix.

Maintenant, je suis assez stupéfait des réactions consistant à dire que les étudiants sont pas concernés: la première chose c'est que je vois mal comment on peut dissocier, dans l'Université, Enseignants-chercheurs, doctorants, et étudiants. Si on touche à l'un, les autres sont nécessairement touchés aussi. Moins de docto, alors pas de TD, pas de TD pas de cours. Moins de docto, alors moins de thèses, alors moins de docteurs, alors moins de profs susceptibles de prendre la relève. Et je me demande bien quelle motivation pourra avoir un EC quand il fera cours quand il le ressentira comme une sanction? Quelle qualité d'enseignement pour les étudiants? L'idée est non seulement de créer une concurrence entre les facs, mais en plus entre doctorants et entre EC. Certains seront payés plus que d'autres, certains toucheront des primes, d'autres non, et tout ça en renforcçant le mandarinat, dans un milieu où il n'y en a déjà que trop. Les primes seront attribuées par le président. Si on est dans ses bonnes grâces, on peut espérer en avoir. Le pognon pour les centres et labo, pareil, la rémunération des docto, pareil.

Alors, les étudiants sont toujours pas concernés? Les projets de décret font du président un chef d'entreprise, un seigneur dans son maigre fief, qu'il devra faire vivre en allant se prostituer auprès des entreprises, qu'il devra gérer comme une entreprise, où les étudiants seront des clients qui devront rapporter du pognon (les frais d'inscription vous croyez vraiment qu'ils vont rester fixes?). Le président devient un organe tout puissant, qui décide de tout, des thèmes de recherche, du service de EC et des doctorants. Il me semble quand même qu'une Université doit être libre dans ses enseignements et dans sa recherche, et ne pas la faire que si elle est rentable. Or là c'est ce qui va se passer. Et les étudiants sont nécessairement concernés par ça.

Je suis assez étonné, parce que même dans ma fac, les étudiants ont très largement compris que ça les concernait, c'est même eux qui ont voulu insister dessus. Ils ont juste gueulé parce que l'an dernier, pendant la LRU, ils n'avaient pas eu le soutien des profs...
Citation :
Les projets de décret font du président un chef d'entreprise, un seigneur dans son maigre fief, qu'il devra faire vivre en allant se prostituer auprès des entreprises, qu'il devra gérer comme une entreprise, où les étudiants seront des clients qui devront rapporter du pognon (les frais d'inscription vous croyez vraiment qu'ils vont rester fixes?).
Tous les étudiants ne finiront pas fonctionnaires, profs ou autres.
La majorité aura a bosser dans le privé. Alors avoir des liens avec l'entreprise pour permettre leur insertion est nécessaire.
Mieux vaut cela que de finir caissier a mit temps a carrefour ou intérimaire après 3/5/8 ans d'études.
Ca m'étonnait aussi que vous ayez pas encore parlé de ça.

Les AG de nombreuses universités parmi les plus importantes qui votent à la quasi-unanimité, y compris chez les fédérations de droite, une grève nationale, et illimitée en plus (ou au moins reconductible), faut que ça ait vraiment frité dans les coulisses.

Le rapport entre la réforme du recrutement des enseignants et le travail des enseignants-chercheurs, c'est que dans de nombreux cas les masters recherche vont pâtir des nouvelles maquettes (sous réserve que les maquettes arrivent au ministère et qu'elles soient crédibles, et là c'est mal barré).

Quant à la question des liens avec l'entreprise après le bac elle mérite d'être posée en effet, mais pour éviter le manichéisme on pourra par exemple réaliser que la mastérisation du recrutement des enseignants du secondaire va permettre de systématiser la position de vacataire pour des bac+5...
Si l'état actuel est certes pas la panacée, ce qui est sûr c'est que la réforme proposée ne fera qu'accentuer le problème.
Le problème c'est que ce combat ne concerne trop peu de personnes. J'ai discuté avec pas mal d'amis qui sont à la faculté partout en France.
Principalement, si ce n'est pas pour dire uniquement, ce sont les fac de droit qui se rebellent. J'ai pas mal de connaissances qui n'ont jamais eu vent de cette histoire.

Pourquoi ? Un de profs a très bien cerné la situation, je pense. Les facultés (éco, sciences) sont déjà enterrées par les écoles de commerce et d'ingénieurs. Seules les fac de médecine et de droit conservent un monopole sur leurs enseignements. Mais la fac de médecine, ils s'en foutent du reste car ils finiront tous avec un job bien payé. La fac de droit vit ses dernières heures de toute façon car clairement les grandes écoles de droit à l'image des écoles de commerce vont pointer leur nez incessamment sous peu.

Non seulement les enseignants chercheurs sont seuls (cela explique grandement pourquoi cela passe inaperçu), mais ils ne sont pas soutenus par les étudiants. Même si une majorité compatit, elle ne sait pas quoi faire à part attendre que ça se passe. La seule solution serait un bon gros blocage avec grève illimitée à mon avis. Parce que le gouvernement compte grandement sur le fait que cette mini grève (c'est le cas actuellement) soit un coup d'épée dans l'eau. Le gouvernement attend que les profs se noient dans leurs revendications.

Pour finir, je vais donner mon point de vue d'étudiant : on vient de sortir des partiels, on est laminés. Plusieurs sont dans le rouge dont moi et très sincèrement et malheureusement, on a d'autres chats à fouetter. Je soutiens passivement le mouvement et donc ça change strictement rien pour ceux qui sont impliqués. La rétention des notes, je m'en fous car je sais pertinemment que tout rentrera dans l'ordre et que s'il y a un quelconque problème, des dispositifs seront mis en place. On a tous conscience que la fac doit changer, car nous sommes de la chair humaine pas chère pour le monde du travail. Les étudiants en ont conscience donc la plupart peuvent dire naïvement : lolz vivement que la fac pète car elle sert plus à rien. C'est pas totalement faux, mais disons qu'il faut que ça change autrement.
Ce que je veux dire surtout, c'est que les étudiants sont déjà tellement au fond du gouffre qu'ils se demandent si ça sert encore à quelque chose de se battre étant donné que le système est déjà pourri jusqu'à l'os(c'est mon sentiment et je suis loin d'être le seul). Maintenant, s'il faut sortir les crocs pour sauver quelques brebis (cf les profs), why not. Mais la solidarité à la fac n'a jamais réellement existé donc ce n'est qu'un rêve éveillé. Mais j'espère intimement qu'une grève illimitée sera voté le 2 février car si le gouvernement recul dans la semaine, ce ne sera que pour mieux sauter dans quelques mois. Donc autant que ça pète maintenant que ça pète à répétition et que les étudiants en aient marre.

Désolé de ne pas sortir mon Magnum Python pour défendre votre cause El Cle, mais tu sais que je t'aime quand même.
Diantre, les pauvres chercheurs vont-être évaluées, eux qui passent leur vie à ce faire pour leurs étudiants, mais aussi leurs collègues via les comités de lecture et autres conneries?

Mazette, cette évaluation ne sera plus confiée à des conseils et comités fantoches où règnent le copinage, le piston et le corporatisme, avec un recrutement totalement indépendant des réels critères de mérite mais au contraire politiques?

[Modéré par azed :troll ]
Citation :
Publié par rincewind
Diantre, les pauvres chercheurs vont-être évaluées, eux qui passent leur vie à ce faire pour leurs étudiants, mais aussi leurs collègues via les comités de lecture et autres conneries?

Mazette, cette évaluation ne sera plus confiée à des conseils et comités fantoches où règnent le copinage, le piston et le corporatisme, avec un recrutement totalement indépendant des réels critères de mérite mais au contraire politiques?

[Modéré par azed :devenu sans objet ].

Et le pire c'est que les meilleurs profs de fac que j'ai eu publient quasiment tous les mois, donnent des cours et Td et sont facilement accessible pour avoir un rendez vous ou une réponse par mail.
Alors pourquoi la majorite ne pourrait pas le faire?
En Droit à Paris XII on n'a pas vu ça depuis Mai 1968.
Les professeurs suivent la grève en faisant cours mais sans être rémunérés.
La RATP devrait en prendre de la graine.

Blague à part, le projet de décret est indigeste et affreusement rédigé. Il est volontairement incompréhensible.
Citation :
Publié par Eol Melwasul
Toujours les memes UFR qui sont contre tout changement pendant que celle qui s'adaptent travaillent au lieu de faire grève.
Et qui participent donc a ce qui fait fuir les chercheurs fraichement diplomes a l'etranger, notamment aux USA. Je suppose donc que tu preferes que les UFR ne fassent pas greve et que la France prenne du retard dans la course a l'innovation et aux hautes-technologies?
Citation :
[Modéré par azed : devenu sans objet ]
En meme temps, c'est un peu le pret-a-penser de certains posteurs ici, hein... greve=mal-asbolu, pas comme la "France qui bosse", tu vois? Tant pis si au final la France le paye cher au final, tant que leur dogme anti-greve est respecte.
Citation :
Publié par rincewind
Diantre, les pauvres chercheurs vont-être évaluées, eux qui passent leur vie à ce faire pour leurs étudiants, mais aussi leurs collègues via les comités de lecture et autres conneries?

Mazette, cette évaluation ne sera plus confiée à des conseils et comités fantoches où règnent le copinage, le piston et le corporatisme, avec un recrutement totalement indépendant des réels critères de mérite mais au contraire politiques?
Tout est dit.
Citation :
Publié par rincewind
Diantre, les pauvres chercheurs vont-être évaluées, eux qui passent leur vie à ce faire pour leurs étudiants, mais aussi leurs collègues via les comités de lecture et autres conneries?

Mazette, cette évaluation ne sera plus confiée à des conseils et comités fantoches où règnent le copinage, le piston et le corporatisme, avec un recrutement totalement indépendant des réels critères de mérite mais au contraire politiques?

[Modéré par azed :troll ]
Toi, tu ne sais pas comment ça fonctionne un labo de recherche. Si tu veux, tu pourras demander un jour à un chercheur lambda (pas un cas extrême, hein) de te sortir les rapports qu'il a fait :
- pour le CNRS
- pour l'université
- pour l'enseignement (maquettes de master, par exemple, relevés de notes, documents pédagogiques type poly de TP, etc. )
- pour l'ANR
- pour la Région
- pour l'Europe, pour les masochistes qui se plongent dans l'aventure (mais ça rapporte gros, coco)
- pour toutes les autres sources de financement
Surtout l'ANR en fait. Quand on sait comment ça fonctionne par derrière, ça en fait d'autant plus mal au coeur.
Tu ne veux pas ? Pas grave, je vais te donner une idée : les chefs d'équipe (pas les directeurs de labo, ni les sous-directeurs) se sont transformés en gratte-papier et consacrent maintenant entre le quart (quand ils commencent) et la moitié (quand ils sont lancés) de leurs rayonnages en rapports, dossiers et autres.
Donc le coup de "ils ne sont pas évalués", mis à part un jury populaire qui les mettrait au pilori, là je ne vois pas.

Rigolo ça : avant 2004, personne ne parlait de la recherche. Chaque fois qu'on interrogeait les "braves gens", on avait une image de savant Cosinus, la tête dans les nuages, sympathique et inoffensif.
Et puis, en 2004, les gens découvrent dans la rue avec stupeur qu'un chercheur ça a besoin de sous et que ça ose proférer des opinions. Depuis, j'ai constaté qu'on était passé de l'image cosinus à l'image "fonctionnaire feignant gréviste", avec tous les poncifs, dont je ne relèverai que les plus outrés
- "rholala ces feignants ils ont que 192 heures de cours/an, ça fait 4 heures / semaine, ils sont surpayés"
- "rholala ils sont surpayés"
- "rholala ces immobilistes qui refusent tout changement, la preuve ce pôv msieur Allègre, cet esprit libre, ce nouveau Galilée, qui s'est heurté contre la nomenklatura scientifique climatologique"

Et ce qui est encore plus rigolo, c'est que les braves gens ne se rendent pas compte que les "parasites" (car ils existent vraiment) ont des stratégies bien rôdées pour s'accrocher, et qu'ils ne sauteront pas par la magie d'un mouvement de menton et d'une mise au pilori de l'ensemble de la profession. Tout comme ils ne se rendent pas compte que leur hargne est instrumentalisée par les politiques pour leurs propres objectifs ...


/edit de l'edit : ouais, je vais montrer les crocs sur ce sujet. Marre de marre des commentaires de comptoir, la coupe est pleine.

/edit bis : je profite de ce thread pour parler d'un truc qui me pèse sur l'estomac : c'est le gros dégueulis le discours qu'a commis notre Président le 22 janvier face aux chercheurs. TOUS les poncifs y sont passés. TOUS. Le plus grand moment étant "je ne vous retiens pas, il y a de la lumière, il fait chaud hein".
Je rappelle le contexte : c'était pour lancer une agence d'évaluation (encore une ! Et l'AERES alors ?), devant un parterre de gratte-papiers de la science (comprenez : les carriéristes ou les samaritains qui ont de grosses responsabilités dans la gestion de la recherche en France ET en Europe)
Cet homme n'a AUCUN respect pour les scientifiques, AUCUN. Y compris pour les bonnes pâtes qui l'ont aidé à porter la LRU à bout de bras, ou qui l'ont sauvé pour "son" Grenelle de l'Environnement. Même pas la politesse de base, il arrive en sautillant avec un sourire supérieur, il vomit tranquillement sa bile, tout va bien objectif accompli.
... mais le pire, c'est que personne ne lui a lancé de chaussure à la tronche pour lui apprendre la politesse ...
Citation :
Publié par Eol Melwasul
Toujours les memes UFR qui sont contre tout changement pendant que celle qui s'adaptent travaillent au lieu de faire grève.
Concrètement, vu qu le mouvement touche aussi les facs de droit qui sont loin, mais alors très loin d'être des facs où d'ordinaire la grève est bien vue, ton argument bateau tombe à l'eau (mais il ne flotte pas)...
Citation :
Publié par Victhor
Concrètement, vu qu le mouvement touche aussi les facs de droit qui sont loin, mais alors très loin d'être des facs où d'ordinaire la grève est bien vue, ton argument bateau tombe à l'eau (mais il ne flotte pas)...
Non mais tu rigoles, les facs de droit sont des reperes de gauchistes pro révolutionnaires voir des terroristes en herbe. C'est connu.
Citation :
Publié par Colsk
Non mais tu rigoles, les facs de droit sont des reperes de gauchistes pro révolutionnaires voir des terroristes en herbe. C'est connu.
Bha tu vois, pour moi, c'est ça le plus incroyable : Pécresse réussit à se mettre à dos et surtout à unir des gens qui se détestent.
Attends, elle arrive à mettre des facs de droit et des profs de fac de droit en grève!!!
De mon coté fac d'économie/droit, on était au courant de rien. On a juste appris depuis hier que les notes sont bloqués... Ce qui ne plait pas à beaucoup d'étudiant avec tous les concours et dossiers à remplir (licence3).

Difficile d'apporter un soutien étudiant à des enseignants qui ne s'expliquent pas et se contentent de bloquer (pour ma part). Après c'est sur on fait pression sur ce qu'on peut, mais y a façon et façon c'est comme tout.
Citation :
Publié par rincewind
Diantre, les pauvres chercheurs vont-être évaluées, eux qui passent leur vie à ce faire pour leurs étudiants, mais aussi leurs collègues via les comités de lecture et autres conneries?

Mazette, cette évaluation ne sera plus confiée à des conseils et comités fantoches où règnent le copinage, le piston et le corporatisme, avec un recrutement totalement indépendant des réels critères de mérite mais au contraire politiques?

[Modéré par azed :troll ]
T'as raison, alors on va faire mieux, on va faire que les chercheurs vont passer plus de temps à écrire des rapports et faire de l'administratif. Comme ça ils vont pouvoir bien prendre du recul par rapport à leur recherche... Et publier des demi-articles et fabriquer des résultats.

Un enseignant-chercheur, ça a des cours à assurer, et une recherche à mener. On est déjà à une situation où les chefs de labo n'ont plus le temps de faire de la recherche.
Cette obsession de croire que c'est bien d'ajouter des dispositifs de contrôle là où y'en a déjà, de vouloir rajouter des notes alors qu'il y en a déjà. Une obsession du contrôle juste pour s'assurer que le voisin n'est pas en train de glandouiller pépère. Les mecs, pétez un coup, allez voir des professionnelles elle vont vous décharger le stress.
Au final, cette réforme va surtout payer des gens à noter les autres -notation qui n'aura d'ailleurs aucune valeur-, en terme de gain de productivité le néant voir un recul, à cause des effets pervers du flicage (notamment au niveau du bidonnage).

Mais bidochon sera rassuré, les branleurs ne l'emporteront pas au paradis. Bon les fonctionnaires, c'est faits. Les cheminots, c'est fait. Les chercheurs, c'est fait. C'est qui les prochains sur la liste ?

Whatever, si cela peut t'aider à dormir tranquille.
Prend garde à pas lever la main droite avant de claquer la porte.
Ya une reforme en fac de medecine aussi, on parle d'un tage pré-internat de plusieurs moi en 3 eme année, forcement il faudra alors recharger la deuxième année, puis donc sa va de sois encore recharger la premiere année.

A oui et ya la L1 santé aussi, rassembler L1 Pharma/Med.

Resultat il ya de plus en plus de redoublant P2/D1 dans de nombreuses fac (là sa devient inquiétant).

Mais il est vrai que la réforme n'a pas grand chose a voir avec ceux qui est subit dans les facs de droits.
Citation :
Publié par Colsk
Non mais tu rigoles, les facs de droit sont des reperes de gauchistes pro révolutionnaires voir des terroristes en herbe. C'est connu.
Les professeurs de droit pénal sont souvent bien ancrés à gauche.
C'est chiant cette image des étudiants de droit, tout ça parce qu'on fait des études pour avoir un boulot au lieu de jouer du tam tam les soirs


Citation :
Les projets de décret font du président un chef d'entreprise, un seigneur dans son maigre fief, qu'il devra faire vivre en allant se prostituer auprès des entreprises, qu'il devra gérer comme une entreprise, où les étudiants seront des clients qui devront rapporter du pognon (les frais d'inscription vous croyez vraiment qu'ils vont rester fixes?).
Vu la fac ou j'étais, j'ai toujours ressenti que le système travaillait contre les étudiants. Du pognon pour avoir une chaufferie qui fonctionne et qui ne souffle pas de l'air froid en hiver, des parkings plutot que de faire de l'herbe parce que la mairie paie et veut que les étudiants banquent pour des parkings payants privés, la capacité de dégager les mauvais profs (1 ou 2 ptet pour tout le droit mais déjà trop) ce serait déjà un grand pas dans le bon sens. Faut des sous pour pouvoir le faire.

Citation :
Quelle qualité d'enseignement pour les étudiants?
Posée dans le sens ou tu le fait, c'est sur que ca donne pas envie. Maintenant on peut imaginer une gestion dans l'autre sens des critères, ceux qui sont trop mauvais pour enseigner pourraient enfin être détectés et obligés de se concentrer sur la recherche.

Citation :
d'abord le principe constitutionnel d'indépendance des enseignants chercheurs.
Tu le tires d'ou ce principe ?


Enfin les enseignants-chercheurs en droit ca m'a toujours fait rigoler. des kilomètres de théories publiées qui sont balayées d'un revers de la main par la cour de cassation au détour d'une décision mineure qui leur permet de refaire des pages de contre analyse en sortant des grands principes qu'une autre chambre de la cass va remodifier.
Des enseignants-chercheurs dans le domaine commercial et fiscal qui n'ont jamais bossé en entreprise ou aux impots c'est sympa aussi.
Citation :
Publié par Lugi Sakabu
Au final, cette réforme va surtout payer des gens à noter les autres -notation qui n'aura d'ailleurs aucune valeur-, en terme de gain de productivité le néant voir un recul, à cause des effets pervers du flicage (notamment au niveau du bidonnage).
Surtout qu'évaluer une activité de recherche, c'est pas un truc totalement trivial - au delà du fait que les évaluations existent déjà. La production de connaissance, ça se chiffre pas en euros à l'année ou en gain de productivité.
Faisant parti d'un projet ANR, avec un cahier des charges assez précis et des tâches bien définies pour tous les acteurs du projet, on constate que trop d'évaluation et de dirigisme entraîne une dérive de l'activité de recherche vers de l'ingéniérie - forcément pour avoir des résultats vendeurs, faut mieux passer 6 mois à coder la démo spécifique du projet, que modéliser les phénomènes dont le projet n'est qu'un exemple isolé.
Je confirme les dires de Bratisla, les chefs de projet passent le plus clair de leur temps à chercher de l'argent et à justifier les résultats obtenus par leur équipe, qu'à faire une activité de recherche.

Enfin, l'évaluation par les pairs a évidemment des défauts mais contrairement au monde de l'entreprise, on n'a pas de client avec ses besoins à satisfaire - ou à créer à travers la pub, à part peut-être l'ANR qui a tendance à devenir un super-client qui lance ses appels d'offre. Reste que pour le côté recherche académique je vois mal qui pourrait mieux juger un travail que d'autres personnes qualifiées dans le domaine.

Dans tous les cas, cette chasse au fonctionnaire/prof/chercheur/glandeur est assez effrayante quand on sait à quoi ça ressemble dans le privé.
La situation dans ma faculté (Palais Universitaire Strasbourg, en gros la fac d'histoire + les théologies) est la suivante : grève illimité à partir du 2 février. Les cours ne sont plus assurés à partir de lundi. Pour les notes, nous les avons reçu au compte de goutte, mais il n'y aura pas délibération du jury, donc elles ne sont pas " officiellement " validées.

L'ironie de la chose, c'est qu'au premier semestre, j'étais en contrôle global, je n'ai assisté à aucun cours magistral, ni aucun TD et quand je décide de devenir sérieux, de venir en cours et de m'inscrire en TD... Ils font grève

J'aimerais juste revenir sur le déroulement de cette grève :

Je me permettrai pas de faire des jugements sur le bien fondé de celle-ci car je manque d'informations sur le sujet. Je compte participer à la réunion d'information qu'il se tient dans ma fac, aujourd'hui. La seule chose que je ne veux pas, c'est que cette grève se transforme en CPE bis.

Parce que lors des évènements de la grève du CPE, des élèves peu scrupuleux, ont tout fait pour empêcher les cours d'avoir lieu et frappant littéralement les élèves voulant aller en cours.

Pour les exams, ils ont eu lieu malgré l'absence total de cours et de TD, la faculté, ce n'est pas le lycée on ne te donne pas ton année. Je vous laisse imaginer le taux d'échec... Ma copine en a fait les frais. Et moi, j'ai une bourse à garder.

Les choses doivent être clairs : si des élèves veulent faire la grève, soit. Mais qu'ils restent chez eux. Si des professeurs ayant une conscience, veulent nous faire des cours, il est dans notre bon droit d'y assister, et ce, dans des conditions normales.

Bref. J'attends de voir comment les choses se passeront mais je crains le pire concernant ma faculté, je vous tiendrais au courant des évènements.
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