[Sécurité sociale] La santé : financement et choix politiques

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Publié par TabouJr
Si il existait des monopoles en pharma, les licences d'exploitation n'existeraient pas. Or elles sont la pierre angulaire du tissu industriel de la pharma.

Les grands groupes de la pharma qui innovent sont un mythe. Ils achètent (souvent à prix d'or) des découvertes faites dans des structures d'économie mixte ou publique. Ils n'investissent pas des millions dans la R&D, ils investissent des millions dans l'industrialisation.

Et c'est déjà bien et pourrait servir une argumentation pour le maintien des brevets ou des exclusivités de production et de distribution, mais vos argumentations basées sur l'assertion inexactes que les grands groupes de la pharma font de la RdD sont ineptes. L'exemple des vaccins contre le Covid19 le prouve, et si effectivement sans Pfizer pour industrialiser le vaccin de BioNTech, on aurait été dans une merde noire à l'échelle mondiale, Pfizer n'a pourtant investi que dalle dans la RdD; ils ont acheté un produit et l'ont industrialisé. C'est ça que font les grands groupes de la pharma.

Pour rappel, le vaccin de Moderna était sur étagère depuis l'alerte au risque de pandémie au MERS-CoV. Il n'a pas été industrialisé (par manque d'opportunité commerciale) et ça a été la merde à l'échelle mondiale en 2020. C'est ça que provoque l'exclusivité à la production et la distribution des médicaments. Ça ne sert pas l'innovation en pharma, ça l'entrave, parce que le marché de la pharma est imprévisible vu que les virus, les bactéries et les parasites sont insensibles aux campagnes publicitaires.
Et ils font ça depuis au moins les années 90, car je me rappelle que des articles de La Recherche voire de Médecine & Sciences parlaient déjà de cette propension de Big Pharma à peu innover et surtout à racheter les jeunes biotechs ayant des pipelines intéressants.
Citation :
Publié par Diesnieves
Et ils font ça depuis au moins les années 90, car je me rappelle que des articles de La Recherche voire de Médecine & Sciences parlaient déjà de cette propension de Big Pharma à peu innover et surtout à racheter les jeunes biotechs ayant des pipelines intéressants.
Ce n'est pas les mêmes budgets de soutenir ou d'investir que de fonctionner.
Cela évite d'avoir des immobilisations et des personnels chers qui sont des poids dans les bilans surtout si tu dois faire le ménage alors que retirer un soutien ou arrêter un investissement, c'est simple comme bonjour.

Sinon si vous souhaitez parler des prix, des coûts, des investissements pour Big Pharma, vous pouvez étudier (cela demande pas mal de lectures mais bon, ce n'est jamais perdu) le cas de l'Hépatite C, du cheminement du traitement, des autorisations médicamenteuses, de la négociation du prix (pour précision, en 2014 le coût en France du traitement a été fixé à 41 000 euros et cela a même engendré un dépassement historique de l'ONDAM cette année là). De mémoire, l'investissement pour aboutir au traitement a été estimé à pas loin de 50 milliards mais cela reste discutable puisque ce sont les données de Gilead qui permet d'obtenir ce montant.

Bon par contre, allez chercher les informations dans les études scientifiques confirmées et validées, pas les journaux de base.

Recherche : Hépatite C / VHC/ GILEAD / SOFOSBUVIR
Recherche associée : Inde (cela est particulièrement problématique dans ce pays justement).

Sinon si vous voulez lire un article sur le sujet avec un biais énorme sur la propriété intellectuelle et la santé :
https://www.wipo.int/wipo_magazine/f...icle_0001.html

L'OMPI est l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle donc forcément ils sont pour les brevets ;-) mais l'article reste intéressant en connaissant le biais.
Citation :
Publié par Colsk
De mémoire, l'investissement pour aboutir au traitement a été estimé à pas loin de 50 milliards mais cela reste discutable puisque ce sont les données de Gilead qui permet d'obtenir ce montant.

Bon par contre, allez chercher les informations dans les études scientifiques confirmées et validées, pas les journaux de base.
Mais même dans cet exemple, Gilead a racheté Pharmasset pour autour de $10MM pour acquérir le princeps, ils ne l'ont pas découvert.

Et pour rebondir sur ce que disait Desnieves, c'est désormais acté et j'ai du mal à voir comment on pourra revenir en arrière sans impact sur la santé publique mondiale, les laboratoires pharmaceutiques n'innovent plus, à la place ils rachètent des biotechs avec un catalogue commercialisable, ils ne testent plus, ils délèguent ça à des boîtes de service B2B comme la mienne, et ils produisent de moins en moins, puisqu'une fois les techniques de production éprouvées, ils les revendent à des CDMO à qui ils cèdent une licence pour pouvoir focus sur un autre principe.

Mais j'avoue que j'ai du mal à voir le lien des brevets avec les pénuries en officines, qui sont principalement dues à des défaut sur le marché des matières premières biochimiques qu'on a intégralement délocalisé et mondialement concentré dans des pays politiquement pas très stables parce que ça fait chier une zone Seveso au fond de son jardin et quand l'usine AZF a explosé, on a bien vu que c'était dangereux et autres variations sur le thème du vouloir le beurre et l'argent du beurre. Avec ou sans brevet, c'est pareil, si tu n'as pas de matière première, que ce soit en Inde ou en Europe, tu ne produis rien.
Citation :
Publié par TabouJr
Les laboratoires pharmaceutiques n'innovent plus
Pourtant, voici une liste quelques exemples récents de produits des big pharmas.

2020 Zeposia c'est Bristol-Myers Squibb : sclérose en plaques.
2023-2024 Tirzepatide c'est Eli Lilly : diabète de type 2 et obésité.
2022 Lecanemab c'est Eisai et Biogen : maladie d'Alzheimer.
2022 Etranacogene dezaparvovec c'est uniQure : hémophilie B.
2020 Rinvoq c'est AbbVie : polyarthrite rhumatoïde.
2020 Inebilizumab c'est Horizon Therapeutics : neuromyélite optique.
2019 Rinvoq c'est AbbVie : polyarthrite rhumatoïde.
2015 Entresto c'est Novartis : insuffisance cardiaque.
2017 Shingrix c'est GSK : zona.
2012 Bedaquiline c'est Johnson & Johnson : tuberculose.
2015 Ibrance c'est Pfizer : cancer.
2014 Keytruda c'est Merck : immunothérapie.
022 Pluvicto c'est Novartis : cancer de la prostate métastatique.
2022 Adakveo c'est Novartis : drépanocytose.
2022 Rybelsus c'est Novo Nordisk : diabète de type 2.
2020 Evrysdi c'est Roche : atrophie musculaire spinale.
2019 Reblozyl c'est Celgene (maintenant Bristol-Myers Squibb) : anémie.
2018 Aimovig c'est Amgen : migraine.
2018 Talzenna c'est Pfizer : cancer du sein.
2018 Lumoxiti c'est AstraZeneca : leucémie.
2023 Farxiga c'est AstraZeneca : insuffisance cardiaque.
2023 Inclisiran c'est Novartis : hypercholestérolémie.

Tout ça sort de biotech ?


J'ai vérifié ceux-ci, tous développés en interne ou partenariat big pharma uniquement, ni biotech, ni recherche publique ou autre :

2019 Rinvoq c'est AbbVie : polyarthrite rhumatoïde.
2023-2024 Tirzepatide c'est Eli Lilly : diabète de type 2 et obésité.
2022 Lecanemab c'est Eisai et Biogen : maladie d'Alzheimer.
2018 Aimovig c'est Amgen : migraine.
2018 Talzenna c'est Pfizer : cancer du sein.
2020 Evrysdi c'est Roche : atrophie musculaire spinale.
2023 Farxiga c'est AstraZeneca : insuffisance cardiaque.
2022 Rybelsus c'est Novo Nordisk : diabète de type 2.

Je pense que c'est la même chose pour la majeure partie de la première liste, et je dis prudemment pour ne pas dire toute la liste.



Dès lors dire que les big pharma n'innovent plus est faux.
Le Zeposia, c'est de l'ozanimod, découvert par le TSRI qui en cède la licence à la startup Receptod, acquise par Celgene en 2015, lui-même acquis par BMS en 2019.

Le Tirzepatide est un agoniste des récepteurs GLP-1 dont la découverte remonte à 1970 donc ce n'est pas une innovation de 2023.

Concernant le Lecanemab, Biogen est une biotech créée en 1990 et Eisa n'est pas un grand groupe de la pharma (10k employés, c'est tout petit) et si leurs traitements contre Alzheimer leur appartiennent encore, c'est parce que leur efficacité n'a pas été démontrée et que la FDA les a autorisés faute de mieux.

L'innovation ayant abouti au développement de l'étranacogène dézaparvovec, c'est de la thérapie génique et c'est très intéressant parce que les investisseurs de la pharma y ont effectivement contribué financièrement entre 1990 et 2000 avant de lâcher l'affaire devant l'absence de résultat, ce que n'ont pas fait des chercheurs de l'hôpital Necker qui ont eu un premier succès mitigé qui sera amélioré 20 ans plus tard par la découverte de CRISPR-Cas9 à l'université de Berkeley. À partir de cette innovation, les laboratoires ont industrialisés des traitements de génothérapies, mais ils n'ont rien découvert. Si il avait fallu compter sur le financement de l'innovation par les laboratoires, le traitement n'existerait pas parce que ce sont un hôpital et une université qui ont permis son existence.

Le Rinvoq, c'est de l'upadacitinib, un inhibiteur JAK, découvert en 1990. Je connais au moins 5 laboratoires qui commercialisent des inhibiteurs de Janus Kinase, c'est difficile d'en attribuer la paternité à Abbvie.

L'inebilizumab a été découvert par Cellective Therapeutics, une biotech acquise par MedImmune qui est une filiale d'AstraZeneca. Le produit a été développé par Vela Bio, une biotech allemande rachetée par Horizon Therapeutics il y a trois ans.

Entresto est une combinaison de deux molécules déjà existantes dont l'association a montré une meilleure efficacité que le standard de soin dans l'étude PARADIGM-HF. Il ne s'agit pas d'innovation, c'est de la pharmacovigilance.

Shingrix/Zostavax est un vaccin à virus atténué. Ça date du XIXème siècle.

J'arrête là parce que ça demande pas mal de recherche pour répondre à quelqu'un qui ne fait même pas l'effort de se relire et cite le même médicament deux fois.

Le rôle des grands groupes industriels, aka les labos, est crucial dans la chaîne de mise à disposition des traitements, je crois que personne ne le remet en cause. Mais dire qu'ils innovent en pharma en confondant une autorisation de mise sur le marché ou une extension d'indication avec la découverte d'un nouveau principe actif ou d'une nouvelle technique biochimique est faux. En conclure que toucher aux brevets qu'ils exploitent empêcherait l'innovation pharmaceutique est invalidé par une prémisse fausse.

Qui plus est, tu donnes toi-même des exemples du contraire avec le Rinvoq qui prouve que les labos sortent des médicaments même sans brevet pharmaceutiques tant qu'ils ont des brevets bio-technologiques (ici pour Abbvie et la synthèse de l'upadacitinib).
Les agonistes des récepteurs GLP-1 ont été étudiés depuis les années 1970, mais tirzepatide est une nouvelle entité moléculaire développée par Eli Lilly, c'est une avancée significative dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité. C'est clairement une innovation.

La thérapie génique a bénéficié des avancées comme CRISPR-Cas9, mais c'est uniQure qui a mené le développement industriel de cette thérapie pour l'hémophilie B. Leur travail a permis de traduire les découvertes fondamentales en une thérapie génétique prête à l'emploi pour les patients. C'est une innovation.

Entresto combine deux médicaments existants (sacubitril et valsartan) pour créer une thérapie plus efficace contre l'insuffisance cardiaque. C'est de l'optimisation des traitements existants, c'est une innovation importante de Novartis, en matière de pharmacovigilance autant que de gestion des maladies chroniques.

Shingrix utilise une technologie de sous-unité recombinante, c'est une avancée technologique par rapport aux anciens vaccins à virus atténué. C'est bel et bien une innovation de GSK ayant permis de développer un vaccin plus sûr et plus efficace contre le zona, ce qui démontre leur capacité à améliorer les technologies de vaccination, autrement dit à innover.

Donc tu n'as trouvé que quelques exemples à contredire, et dans ce que tu as contredit, il y a pourtant des innovations indéniables.

Pourquoi ?


Parce qu'entre dire "Les laboratoires pharmaceutiques n'innovent plus" et "je trouve que les labs big pharmas n'innovent plus assez, ils ont choisi la facilité en achetant des biotechs" y a un monde qui s'appelle la nuance.

Mais la nuance, ça n'a pas sa place dans le dogme manichéen où le big pharma est le méchant.
Je me demande où certains ont pu ressentir que des intervenants étaient sur une position big pharma c est des méchants.

C est très minoritaire dans les intervenants du fil de ce que j en lis comme position. Par contre, effectivement big pharma c est des gentils, c est très minoritaire également. Maintenant ça me semble logique vu qu ils ne sont ni l un ni l autre. Ils sont juste nécessaires mais il faut éviter que ce fait les transforme en nuisible ce qui est déjà, peut et pourrait arriver.
Citation :
Publié par Ron Jetevois
Donc tu n'as trouvé que quelques exemples à contredire, et dans ce que tu as contredit, il y a pourtant des innovations indéniables.

Pourquoi ?
Parce que je les ai pris dans l'ordre et que j'ai arrêté autour de 5h du matin.
Citation :
Publié par TabouJr
Parce que je les ai pris dans l'ordre et que j'ai arrêté autour de 5h du matin.
Je rajoute a ta liste un que j'avais regardé au pif dans la liste, probablement pendant que tu faisais la tienne, le Talzenna, qui est aussi issu de resultat de recherche de ... 1963. De ce que je comprend, ils prennent les methodes, les composants de la recette, leur recherche c'est de trouver les bons dosages et les process pour industrialiser tout ca. Mais avant qu'ils n'arrivent, on sait deja plus ou moins quoi et comment faire. Toute la recherche fondamentale a été faite par d'autres.
Citation :
Publié par -Interfector-
De ce que je comprend, ils prennent les methodes, les composants de la recette, leur recherche c'est de trouver les bons dosages et les process pour industrialiser tout ca. Mais avant qu'ils n'arrivent, on sait deja plus ou moins quoi et comment faire. Toute la recherche fondamentale a été faite par d'autres.
C'est l'idée globale mais c'est un peu plus compliqué que ça.

Une découverte biochimique ou pharmaceutique est faite, par une université (Berkley, Oxford, etc...), un hôpital ou une fondation associée à la structure hospitalière (e.g. Necker pour le premier cas, Saint-Joseph pour le second, pour les hôpitaux parisiens) ou un institut de recherche sur fonds publics (par exemple l'institut Butatan au Brésil qui étudie les venins des serpents et de quelques grenouilles et araignées toxiques pour identifier et isoler de nouvelles molécules pour enrichir les pharmacopées brésilienne et internationale, en plus de produire les anti-venins pour le marché national). Les laboratoires peuvent intervenir à ce niveau là en participant financièrement aux budgets des structures d'économie mixte, mais ça n'est pas significatif comparativement aux financements publics ou communautaires.

À partir de là, les biotech et les startups entrent en jeu. Ce sont de petites entreprises qui joue leur va-tout sur la possibilité de se faire racheter à prix d'or après une innovation bio-technologiques prometteuses, parce que rares sont celles qui réussissent à passer le virage de la transformation (Moderna est en train de réussir sa transformation, mais depuis 10 ans que je bosse en pharma, c'est la première fois que je vois ça, donc même si j'ai pu louper d'autres exemples, ils ne doivent pas être nombreux).

Rendu là, on a une innovation biochimique issue des universités, instituts et hôpitaux, et une innovation bio-technologique au niveau des biotech (d'où leur nom, d'ailleurs). C'est à ce moment là que les laboratoires entrent en jeu. Ils achètent soit la compagnie soit des licences, et ils industrialisent, c'est à dire qu'ils transforment un marché potentiel en marché réel. Sans Pfizer, BioNTech n'aurait jamais pu produire son vaccin Covid19 et encore moins le faire approuver ou le distribuer. Cette étape est cruciale pour faire d'un médicament un traitement.

À partir de ce moment, entrent en jeu les prestataires de service B2B de la pharma, à qui les laboratoires vont déléguer les études cliniques et l'obtention des autorisations de mise sur le marché. C'est là que ça devient compliqué, parce que ces prestataires peuvent être des compagnies qui ne font que ça ou d'autres laboratoires qui n'ont pas de nouveaux produits à établir (cf. l'exemple plus haut du Sativex, propriété de GWP, produit par Ipsen et distribué par Almirall, et les trois sont des labos).

Puis les laboratoires pharmaceutiques propriétaires reviennent dans le game. On a une innovation pharmaceutique, une innovation bio-technologique pour la produire, un produit pharmaceutique (un médicament ou un vaccin), des études cliniques (généralement, la prod part en fin de sécurité) et des approbations soit temporaires soit en cours de finalisation. Alors on commence à construire des chaînes, soit en réarmant des chaînes existantes, soit en créant de nouvelles usines ex-nihilo.

Un peu avant que le brevet bio-technologique ne tombe dans le domaine public, les laboratoires revendent les usines à des façonniers et leur cèdent une licence si le brevet pharmaceutique n'est pas encore tombé dans le domaine public (cas très rare vu la timeline) ou si ils ont obtenu une extension temporelle de leur droit de propriété. Après, le façonnier soit est racheté par une filiale d'un laboratoire spécialisé dans les génériques soit négocie des contrats avec des distributeurs (des laboratoires aussi) et le médicament devient une vache à lait jusqu'à ce qu'un nouveau standard de soin en fasse des poids morts qui seront abandonnés par toute la chaîne industrielle.

Si on trace une ligne du temps de cette vulgarisation outrancière du cycle de vie d'un médicament, on observe que les brevets bio-technologiques concernant l'industrialisation de la production sont déposés après les brevets pharmaceutiques, pour une durée de vie identique (20 ans). C'est pour ça qu'il existe des protections supplémentaires (le CCP dans l'UE par exemple) pour étendre dans le temps les droits de propriété sur une molécule. Initialement, c'était pour aligner sa date de fin sur celle des brevets bio-technologiques et compenser les délais d'approbation parce que sinon, toute la chaîne s'effondre (au risque de me répéter, le rôle des grands groupes industriels est crucial dans cette chaîne) mais ça a été détourné pour retarder la mise à disposition des générique et allonger le temps pendant lequel le produit est une vache à lait parce qu'il est beaucoup plus facile de renouveler un certificat complémentaire de protection qu'un brevet. Et c'est ça le problème, pas l'existence des brevets ni les convictions erronées qu'ils financeraient l'innovation et que sans eux point de salut.

Mais encore une fois, j'en parle parce que deux trolls racontent n'importe quoi et que le sujet a l'air d'en intéresser certains ici, mais je ne vois toujours pas le rapport entre les brevets et les pénuries en officine. La séquestre par la Chine des matières premières biochimiques dont elle a le monopole de production fout la merde à l'échelle mondiale et la Chine s'en fout parce que c'est la Chine; avec ou sans brevet, avec ou sans protection complémentaire, c'est pareil.

La solution contre les pénuries restent des génériques avec des approvisionnements décentralisés, comme le cas de l'amoxicylline produite par GSK le montre. Le monde entier était en pénurie, mais pas eux, parce que l'usine en Mayenne ne dépend pas d'approvisionnements de matières premières biochimiques en provenance exclusive de la Chine. Sans rien changer à part rapatrier l'industrie biochimique sur le territoire ou dans les territoires proches de pays avec lequel il est possible d'établir un partenariat sur le temps long, ça résorberait les pénuries à un niveau qu'on sait gérer. Mais risquer de manquer d'un médicament du standard de soin d'une épidémie saisonnière parce que le réchauffement climatique a provoqué un typhon sans précèdent en Asie et continuer à blâmer la pharma, c'est regarder le doigt de celui qui montre la Lune.
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