Ah ! Un point, nous sommes d'accord sur un point ! Jour à marquer d'une pierre blanche.
En effet, la fermeture hermétique des frontières, c'est de la merde. Je suis aussi d'accord pour dire qu'il faut réguler. Je suis aussi d'accord pour dire qu'il ne faut pas accepter n'importe quoi sous couvert de liberté ou de bonne volonté.
Je ne suis pas d'accord avec la méthode et ses résultats. Le chiffre pour le chiffre, c'est aussi de la merde.
On va prendre deux cas pratiques qui ont été médiatisés.
Premier cas : un délinquant multi-récidiviste de nationalité étrangère, père d'enfants nés sur le sol français et de mère française. La situation de merde. Le gars n'est pas reconduit à la frontière au bout de x délits (pas sûr pour un éventuel crime). C'est un gros récidiviste et un habitué de la taule mais on prend pour principe que les enfants ont besoin de leur père.
Au risque de passer pour un gros con, je dis que ce type mérite d'être foutu dehors à grands coups de latte dans le cul. Il fout la merde, et en plus il coûte cher au contribuable lorsqu'il est en taule (et ne parlons pas des interventions de police, des enquêtes et des procédures à répétition). En outre, je ne suis pas sûr que ses enfants profitent beaucoup de ses qualités paternelles...
Second cas : un lycéen d'origine sénégalaise en situation irrégulière qui se fait raccompagner hors de la frontière... gamin sans histoire, bon élève, qui veut se faire un avenir. Et pouf, dehors. Supayr !
Mais bordel, fallait lui accorder la nationalité sous condition d'obtenir un diplôme du secondaire à ce gosse !
C'est ça la France ? Un pays où un connard peut abuser du système parce qu'il a eu la bonne idée de faire des gosses et où un adolescent prêt à bosser pour s'intégrer se fait virer ? Mais où elle est passée l'intelligence sociale de notre élite ? Disparue avec l'éthique et les idéaux de la république, dans la fosse sceptique du libéralisme. Ça encombrait, on en a pas besoin pour faire péter des scores au CAC 40 madame Michu.
De nos jours, on va pourchasser des gens intégrés, qui payent des impôts, qui ne font pas de vague. On les parque dans des centres de rétention et on les dégage parce qu'ils n'ont pas l'heur de répondre aux critères économiques voulus tandis que des patrons de grosses chaînes et autres multinationales emploient des clandestins au vu et au su de tous sans qui que ce soit se retrouve devant un tribunal. Nom de dieu, c'est pour ce résultat que mes mères ont laissé 1/3 de leurs enfants mourir sur les gens de bataille de la planète entière ? Pour que des êtres humains ne soient plus traités par les puissants que comme des moyens de produire des richesses à leur profit ?
Et je vais passer sur les immolations en public, les tabassages et les bavures en tout genre. On peut être fiers de nos procédés et de notre façon de traiter des êtres humains.
On a fait venir les populations des campagnes pour alimenter la nouvelle économie, puis on a fait venir des populations immigrés en masse. Au lieu de répartir la population sur l'ensemble du territoire, de désenclaver le cœur de l'activité du pays en dehors de l'île de France, on a créé une espèce de mégapole dortoir sans réel soucis d'intégration, d'éducation ou même de développement personnel et on a laissé pourrir : ils payent des impôts, ils consomment, ils produisent. Besoin de rien de plus ? Sauf qu'on ne s'intègre pas dans ces conditions. Sauf que quand ton horizon à 4 ans c'est béton sur béton sur béton, que ton avenir c'est de demeurer dans le cul de bouteille du pays et que de toutes façons tes parents qui ont toujours été laissés en dehors du système sont strictement incapables de te donner les moyens de comprendre le monde qui t'entoure, tu n'as que des chances réduites d'arriver à faire quelque chose de bien de ta vie.
Après on est tout étonné parce que les tournantes sont aussi banales que les vols de scooter et que des types trouvent rigolo de tabasser quelqu'un à mort. C'est ce qui se passe quand on laisse un pan entier de la population en dehors du système ; ça s'appelle la dé-socialisation.
De mon point de vue, ce qui se passe pour l'immigration est la réplique parfaite de ce qui se passe pour la délinquance.
Immigration :
On a créé, suite à la décolonisation, deux mondes. Les anciens dominants qui retiennent l'économie et les avancées technologiques, les anciens dominés qui le restent, mais de façon insidieuse. L'emploi de dirigeants fantoches, touchants des bakchichs colossaux de la part de l'occident pour favoriser leurs propres buts (pognon, puissance, influence) au détriment des populations locales crée des conditions de misère que beaucoup essaient de fuir par l'immigration. Mais voilà, on en veut pas car ils parlent mal français, sont peu qualifiés et qu'on en a déjà trop. Et donc, dégage. Que tu sois prêt à faire des efforts, que tu puisses devenir un atout pour le pays un jour, que tes enfants puissent le devenir ? Rien à foutre. T'es pauvre, tu pues, dégage.
Délinquance :
Tu vis en banlieue ? Alors à quoi bon investir pour ton avenir mec ? T'es pauvre après tout, autant garder le fric pour construire des ministères top tendance, entretenir les privilèges de la classe politique (oui, partis d'extrême-gauche compris) et de l'élite française, arroser les dictateurs qu'on a mis en place et équiper la police nationale en moyens de répression et de contrôle de la population (vous avez une idée de ce que ça coûte l'équipement et l'entretien d'un flic à la robocop ? les chiffres m'intéressent).
dé-socialisation + échec scolaire + alcool en vente libre + retrait des structure d'encadrement des banlieues (pas que la police, tout le reste aussi) = violence. Et bien sûr, violence = répression. Toujours moins de social, toujours plus de répression. Mais le plus beau là-dedans, c'est que non content de se servir de ça pour justifier une politique de plus en plus sécuritaire (on reparle du dépistage des comportement antisociaux à l'école... en clair, on induit que si un gamin est violent à 3 ans il le sera toute sa vie... ou comment stigmatiser un individu pour le restant de ses jours...) en plus on ne donne pas les moyens à la justice de fonctionner ce qui donne une sensation d'impunité aux délinquants.
En clair, c'est le paradoxe que veut faire passer Sir Thomas More dans Utopia. L'état crée (dans les deux cas), par ses décisions, les conditions nécessaires à l'émergence de comportements qu'il va ensuite punir \o/.
Qu'on ne se méprenne pas. Je n'excuse rien. Pour moi un type qui en tue ou cogne un autre par jeu ou pour se défouler est responsable de ses actes. Mais on doit se poser la question de savoir si, dans une société ou il est courant, surtout chez les plus pauvres, de voir les deux parents travailler et donc ne pas s'occuper de l'éducation de leurs enfants, le délinquant ou le criminel qu'on présente au juge aurait commis les actes qui lui sont reprochés si l'état avait mis les moyens sur la table pour éduquer convenablement sa population et pour redresser le tir avec les cas inquiétants.
Ça demande du suivi, ça demande de la présence. Chose dont je sais qu'elles n'existent pas à l'heure actuelle. J'ai été aux premières loges de plusieurs violences dans un lycée, leurs auteurs n'ont jamais été punis. Ils n'ont jamais été suivis, ils n'ont jamais été entendus par un professionnel, leurs parents n'ont jamais été sanctionnés non plus. Et leurs victimes ont du les croiser tous les jours.
Alors ensuite quand je vois ces messieurs de la droite venir se vanter de leurs résultats, je me dis qu'il faut au moins être polytechnicien, de cette caste qui ne voient que les chiffres et pas la réalité, ou alors salement autiste pour réussir à gober des cagades pareilles.
La France a besoin d'une refonte des ses priorités, de son fonctionnement et de ses structures. C'est sans doute mon seul point d'accord avec le gouvernement actuel.
Je ne peux que constater que ses solutions n'en sont pas, qu'il n'a fait que passer à la vitesse supérieure et qu'un mur de béton armé de 15 mètres d'épaisseur, du genre à pouvoir encaisser le choc d'un avion de bonne taille sans broncher, nous attend au bout de la voie.
Je ne suis pas contre la répression. Je suis contre la seule répression, à outrance, sans intelligence, sans que les moyens suivent, sans discernement et pour faire du chiffre.
Je suis pour une répression ciblée, visant à rééduquer autant qu'à punir, dotée des moyens suffisants pour fonctionner et travaillant conjointement avec les acteurs sociaux sur le terrain (et donc pour leur retour) et la justice de façon à viser le maximum d'efficacité.
Et qu'on remette un tissu social dans les banlieues, qu'on fasse en sorte qu'un des deux parents puisse vraiment s'occuper de ses mômes ou, qu'à défaut, on donne aux associations de parents d'élèves les moyens de faire du soutien et de l'encadrement collectif après l'école. École qui, en aucun cas, ne devrait servir d'encadrement à des gamins instables (pas méchants en plus, c'est ça le drame, juste complètement paumés et déshumanisés) au détriment des autres élèves. Ça suppose une nouvelle structure éducative pour tenter de rattraper ce qui peut l'être.
On prend tout sauf la bonne direction. Il faut vraiment s'inquiéter du fait que les attaques contre les personnes soient en hausse. C'est un signe que les choses se dégradent.
Tu n'es pas un Rincewind. Je pense qu'il te faudra un temps pour recoller les morceaux mais tôt ou tard ça va te percuter comme seule une évidence lancée à toute berzingue peut le faire. Il y a quelque chose de pourri en France. Nous ne devons pas persévérer dans la voie que nous suivons.
Il est nécessaire que tu réalises que le mépris de l'immigrant n'est pas, de la part de notre gouvernement, un mépris de l'étranger. C'est un mépris du pauvre. Regarde toutes les décisions du gouvernement en employant ce filtre, et tu verras des schémas angoissants se matérialiser.
Tu n'as qu'à voir la situation des Roms en Europe. Ce ne sont pas des immigrés, ils ont le droit d'être en France et pourtant ils sont traités comme des immigrés. C'est ça qui m'a fait comprendre.
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