La reforme de l'Université

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Il reste l'autonomie, qui veut grosso modo dire que le financement n'est plus assure par l'etat. Bref ca promet des belles augmentations des frais d'inscription et des generations de thesards brillants qui vont aller travailler aux USA.

Certains ont dit que cette reforme s'inspire du systeme americain. Moi je suis dans une universite americaine et ca n'a rien avoir avec le plan de la reforme.
(ouné par Mothra)

Il reste aussi la concentration des pouvoirs dans les mains du président de fac, ce qui peut donner des choses intéressantes (au sens chinois du terme) avec notre mentalité.
Il reste enfin le possible reversement des chercheurs EPST à la fac, avec ce que ça implique en termes de non-embauche en 2008 et après.

Mothra, je suis un jeune docteur brillant (forcément) en analyse numérique et géophysique, et je suis super fort en taillage de pipe. Ca t'intéresse ?
J'avais pas pense a ca. El Cie, ce que tu racontes n'a rien a voir avec LMD. Premiere chose 25% d'echec c'est gras quand meme, on ne peut pas vraiment parler d'abscence de selection avec un tel niveau d'echec (eet 20% d'echec en licence c'est ENORME pour une annee ou les branlouses et autres rigolos ont deja ete elimines normalement). Bon, maintenant tu sembles t'alarmer d'avoir 70% de reussite en L1, et j'avoue que ca m'alarmerais aussi vu les guignols qu'il y a en L1.

Lorsque j'enseignais en france, en L1 nous avions 15~20% de reussite pour 70% en L2 et pas loin de 95% ensuite. J'avais note une augmentation du taux de reussite en L1 pour des causes mecaniques : il y a un trou demographique depuis 2004 et qui devrait durer jusqu'en 2009 ou 2010. Apres cela les effectifs remonteront automatiquement a ceux qui prevalaient avant 2002. Il n'y a pas de sens a demanteler les filieres pour un trou demographique aussi court. Le temps de reduire la capacite d'acceuil, il serait deja temps de planifier son augmentation pour le retour des classes d'age plus nombreuses. Les forts taux d'acceptation sont un bon pis aller pour ces classes d'age exeptionellement peu nombreuses.

Enfin la selection en debut de cursus ne sauve pas grand chose. J'ai aussi enseigne en IUT avec selection par dossier, et franchement les eleves etaient d'un niveau tres inferieur a ceux de la fac (en moyenne, ils etaient pour la plupart meilleurs que les gars qu'on voit que le jour des exams en fac, mais moins bon que les bosseurs de fac). Et pourtant, ils ont tous eu ou presque leur diplome, demographie et besoin de bons taux de reussite pour le prestige aidant.
Citation :
Publié par Mothra
Si on compare l'ascension sociale sur 3 generations c'est sans appel. Le systeme francais permet une elevation sociale bien plus facile que le systeme US. Si un fils d'ouvrier ne sera pas major de promo a l'X, il aura peut etre un master pro, et son fils fera une prepa. C'est a mon sens une consequence directe de la gratuite des universites.
Je ne conteste pas que la situation est pire aux US qu'en France mais je n'en considère pas moins que le principal échec du système éducatif française réside dans cette très grande difficulté de l'ascension sociale.

Le système ne permet pas aux meilleurs potentiels de s'épanouir mais réserve quasiment exclusivement les voies royales aux élèves issus des milieux favorisés. J'ai bien conscience de la grande difficulté à contre balancer les effets de l'environnement familial mais ça devrait constituer un objectif prioritaire selon moi, afin de ne plus la laisser la majorité des potentiels sur le carreaux, ce qui est une perte pour la collectivité au final.

J'ai aussi bien conscience qu'il n'est pas dans l'intérêt des classes dirigeantes de favoriser l'épanouissement des élèves des milieux modestes car ceux-ci viendraient concurrencer bien davantage les progénitures des classes supérieures sur les postes les plus intêressants.

Je souligne aussi que la situation en France est de plus en plus mauvaise à ce niveau, à savoir que l'accès aux études prestigieuses des classes inférieures est de plus en plus rare et une des raisons invoquées est la facilité toujours plus grande du BAC qui fait que les lycées bourgeois préparent leurs élèves à un niveau supérieur à celui du BAC, ce qui rend la concurrence des élèves des lycées populaires plus difficiles, puisqu'ils ne sont eux préparés qu'à passer le BAC.
A titre personnel je ne constate pas cet echec. Mes grands parents etaient tous pauvres (femme seule avec enfant, docker), mon pere a eu son Bac, j'ai une these de doctorat et je fais maintenant partie de la haute classe moyenne. Je ne constate pas de blocage, et a titre d'exemple je peux citer ma classe de terminale en Lycee qui a enfante pas mal d'ingenieurs, de docteurs etc, et qui etait en grande partie composee de fils et de filles de classe moyenne basse (fonction publique territoriale, profs, voyageurs de commerce etc), vu la localisation geographique de mon enfance. Ca pourrait etre mieux, mais je doute qu'un enfant puisse completement s'abstraire de son milieu, meme si il a genetiquement du potentiel. Je veux dire qu'au merite strict, les enfants de classes moyennes sont favorises, ils ont de meilleurs resultats grace a leur culture generale et leur environnement de travail plus avantageux, et sont forcement selectionnes par les concours equitables. On peut aussi citer l'autocensure de certains enfants de prolos, qui n'osent pas viser haut, parce que c'est pas dans la tradition familliale etc. La seule facon de faire mieux ca serait de payer l'internat aux enfants pauvres qui se distinguent en primaire, mais je ne suis pas certain que ca rendrait les parents et les enfants heureux pour autant...

En tout cas ca n'est pas un probleme de l'enseignement superieur, cette histoire d'acces aux filieres prestigieuses. Ca se joue bien avant, je dirais au college.
Du nouveau sur la réforme :

Citation :
Publié par LCI
Les représentants de la communauté universitaire se sont dits "rassurés" mercredi par la nouvelle version du projet de loi sur l'autonomie des universités présentée par Valérie Pécresse. La ministre de l'enseignement supérieur a reçu durant deux heures les syndicats des enseignants et des étudiants pour une concertation à partir d'un "nouveau texte" sur l'autonomie des universités. Sensiblement remanié, il intègre les trois revendications majeures de la communauté universitaire.

Ainsi, il prévoit des conseils d'administration (CA) de 20 à 30 membres (20 seulement dans l'ancienne version), avec des fourchettes pour chaque composantes: de 3 à 5 étudiants, de 7 à 8 personnalités extérieures, de 8 à 14 représentants des enseignants-chercheurs.

"Nous sauvons l'essentiel"

Dans la nouvelle version, dont l'AFP a eu connaissance, "tout candidat est libre de s'inscrire dans l'établissement de son choix", en première année, dans la mesure où il a son bac, mais l'alinéa sur la sélection en première année de master (bac+4) a disparu. Dernier motif de litige avec les organisations syndicales, et notamment les présidents d'universités: la prise d'autonomie ne se fera plus en fonction de la volonté et de la capacité des universités pour "toutes les universités dans un délai de cinq ans".

Le nouveau texte prévoit en outre l'élection d'un vice-président étudiant au conseil des études et de la vie universitaire (Cevu), l'obligation pour le président de l'université de faire approuver au CA un rapport d'activité chaque année, la certification annuelle des comptes par un commissaire aux comptes ou encore un comité de suivi pour une évaluation annuelle de l'application de la loi.

"Le texte était inacceptable il y a une semaine parce qu'il dénaturait le modèle universitaire français: aujourd'hui nous sauvons l'essentiel", a estimé Bruno Julliard, président de l'Unef. De son côté, le premier responsable de la conférence des présidents d'université (CPU), Jean-Pierre Finance, a relevé que "l'essentiel des remarques que (la CPU) avait faites ont été intégrées au nouveau texte", en citant la mention écrite noir sur blanc que les universités devront "toutes" avoir acquis leur autonomie "dans un délai de cinq ans". Le nouveau texte devrait être examiné le 4 juillet prochain en Conseil des ministres.
Ils sont revenus sur la sélection en 4 ème année, c'est pas grave elle se fera toujours en 5 ème
Mothra, ce que tu dis est de moins en moins vrai, le fossé entre les lycées "des classes moyennes" et les lycées plus huppés est en train de se creuser, c'est d'ailleurs un des arguments pour casser la crate scolaire. Pour donner une idée, dans le bassin du lycée ou j'enseigne, y a 2 lycées à 90% et + de moyenne de réussite au bac, et 6 ou 7 lycées qui stagnent à 70-75%. Les mentions sont à l'avenant, voire creusent encore plus le trait. Les meilleurs élèves de notre lycée n'accèdent pas aux prépas les plus préstigieuses.

Quand j'étais au lycée (il y a 10 15 ans), dans le même genre de situation, la comparaison se faisait entre 90% + pour les lycées d'élite du coin (lakanal et marie curie à sceaux) et 80% en gros pour mon lycée, les meilleurs élèves de mon lycée avaient accès au meilleures prépas parisienne.

Ces pseudos stats sont complètement corroborées par les enseignants que je côtoie chaque jour et qui ont plus de bouteille que moi, certains étant bien renseignés.
Citation :
Publié par Serafel
c'est d'ailleurs un des arguments pour casser la crate scolaire.
J'ai du mal à voir le rapport puisque à mon avis le fait de casser la carte scolaire va augmenter les inégalités entre les établissements. Les établissements prestigieux pouvant attirer librement les meilleurs élèves et choisir qui ils prendront, ce qui conduira à mon avis forcément interdire encore plus nettement toute mixité sociale et à créer des établissements d'élite et des établissement poubelle à coté.
Citation :
Publié par Torgan/Baeland
J'ai du mal à voir le rapport puisque à mon avis le fait de casser la carte scolaire va augmenter les inégalités entre les établissements. Les établissements prestigieux pouvant attirer librement les meilleurs élèves et choisir qui ils prendront, ce qui conduira à mon avis forcément interdire encore plus nettement toute mixité sociale et à créer des établissements d'élite et des établissement poubelle à coté.

Ca fait longtemps que les lycées prestigieux ont recours à d'autres méthodes (options spécifiques, dérogations, adresse bidon) pour éviter la carte scolaire. Supprimer la carte c'est arrêter l'hypocrisie.
Une autre méthode c'est de la faire respecter mais en mettant des moyens pour que les établissements défavorisés permettent aux élèves de travailler dans des conditions satisfaisantes (mieux filtrer avant le Lycee les éléments pertubateurs, rehausser le niveau d'exigeance du BAC par exemple) ce qui éviteraient l'exode de certains de leurs bons élèves potentiels (issus souvent des classes les moins défavorisées voir les plus favorisées du secteur) et l'enlisement des autres. Peut être que ça ne marcherait pas parfaitement mais il me semble totalement prioritaire d'essayer plutot que de reconnaitre que le systeme éducatif française n'a plus vocation à permettre à chacun de s'y exprimer comme il me semble que les projets de réformes font.
Inquietant ce que tu dis Serafel. La France change, et pas toujours dans le bon sens... Sinon je suis assez d'accord avec toi Baeland, et d'autant plus avec la contribution de Serafel. Le role de l'ecole c'est d'assurer la mixite sociale. Mais a l'universite c'est deja trop tard. Bien trop tard. Il y a un moment ou il faut sanctionner un niveau et plus ouvrir des portes. Le secondaire ca ouvre des portes, le diplome universitaire lui il sanctionne un niveau. Si on fait en sorte d'ouvrir a la mixite en cassant la selection au niveau on n'arrivera qu'a repousser d'un etage cette selection, qui s'operera toujours de toute facon a un moment ou a un autre parce qu'elle est necessaire.

De mon cote j'aime le principe de la premiere annee ouverte a tous. Elle permet a tous les etudiants de s'essayer a la matiere, de confronter leurs methodes de travail avec l'universite. Cette premiere annee elimine parfois des bons eleves du lycee qui sont alles dans une branche qui ne leur plais pas, ou qui ont des methodes de travail trop scolaires inadaptees a l'universite. A contrario, elle permet a des eleves mediocres au lycee de reussir tres largement (c'est le cas d'au moins 2 de mes collegues docteurs, tres mauvais au lycee a l'epoque et detenteurs d'un dea de maths puis doctorat d'informatique, et pas donne pour faire plaisir, c'est des pointures). Ce que j'aime dans ce systeme, c'est que c'est justement une pure selection au merite. Tous ont acces a la premiere annee sans criteres discriminants, ceux qui sont assez bons passent en deuxieme annee. Ca laisse sa chance a tous, une chance equitable que ne donne pas la selection sur dossier en debut de premiere annee (ni meme au concours, ou sur resultats au bac).

Ce qui serait embetant c'est que se perenise le passage en 2e, puis 3e annee d'etudiants mediocres ou inadaptes a l'universite. Ca ne ferait que baisser le niveau et leur faire perdre du temps. Autant echouer en premiere annee, mais avoir quand meme eu sa chance.
On attend la suite de la rupture donc.
Citation :
Publié par Vorfis
On attend la suite de la rupture donc.
"Réforme" consensuelle. En apparence, le gouvernement a (très) vite cédé devant les représentants du milieu universitaire français. A vouloir faire vite, on fait un petit peu beaucoup n'importe quoi je trouve, ou, en tout cas, pas ce qui serait nécessaire.

Manquent ici deux points essentiels; l'augmentation des frais de scolarité, et la sélection à l'entrée, ou à défaut, une orientation pré-enseignement supérieur réaliste et mieux intégrée au collège/lycée.
Citation :
Publié par Loky DeGlaston
Ca fait longtemps que les lycées prestigieux ont recours à d'autres méthodes (options spécifiques, dérogations, adresse bidon) pour éviter la carte scolaire. Supprimer la carte c'est arrêter l'hypocrisie.
Sauf que là on parle de triche ou de magouilles, donc cela a un impact moindre, si demain c'est "possible" pour monsieur tout le monde, juste en cochant une sur un document, ce genre de pratique augmentera et deviendra normal.

Aujourd'hui la majorité des élèves vont dans le lycée de leur secteur, certains détournent la carte scolaire oui (j'en ai fais partie :<), mais ce n'est pas a la porté de tous...

Citation :
autonomie ? Plus de moyens ?
Pour qui, et répartie de quel manière ? C'est surtout çà la question. 2 euros bien utilisés valent plus que 10 euros mal utilisés.

Citation :
Ce qui serait embetant c'est que se perenise le passage en 2e, puis 3e annee d'etudiants mediocres ou inadaptes a l'universite. Ca ne ferait que baisser le niveau et leur faire perdre du temps. Autant echouer en premiere annee, mais avoir quand meme eu sa chance.
Il faut voir la tête des programmes en 1ère années aussi :< Je prend ma filière, informatique, on partage 100% du programme avec les licences de mathématique (même programme sans doute par manque de moyen :<), et 80% du programme avec les autres filières de science (bio, SM, SI, etc...), on a de la physique et de la biologie dans nos matières...

Le simple fait d'avoir de bon résultats (genre 15) en physique et en "math", suffisent a valider l'année. Par contre, même avec 1/20 en informatique, 1/20 en anglais, 1/20 en français/technique d'expression, tu passes en 2ème année d'informatique... Ce qui est tout de même ridicule.

Je ne vais même pas parler du contrôle continue qui compte parfois jusqu'à 50% de la note finale. Avec 5 aux partiels, 15 au CC (avec certains profs c'est pas bien dur) hop tu valides...

Le filtrage commence vraiment a s'effectuer en 3ème année.

Citation :
Tous ont acces a la premiere annee sans criteres discriminants, ceux qui sont assez bons passent en deuxieme annee.
Je dirais plutôt au lieu d'assez "bon", ceux qui sont assez persévérants pour apprendre des choses qui ne leur plaisent pas vraiment, juste histoire de valider l'année. La 1ère année en science et technologie reste vraiment très très générale, presque autant qu'une terminale S, je ne sais pas pour les autres filières j'ai pas testé
ca me fait rire les mecs qui parlent d'égrénages plus sévères en 2eme ou 3eme année. Ca se trouve ils y auraient meme pas accès eux même, et ca serait les 1ers à gueuler.
Perso je me cache pas, que ca serait pas aussi bidon, j'aurais pas eu ma licence cette année je pense.
Mothra, ce que je raconte est directement en lien avec le LMD. Ce que je décris c'est exactement ce qui s'est passé à partir du moment où la réforme s'est appliquée. Et c'est pas que relatif à ma fac, on l'a constaté aussi ailleurs et notamment à Bordeaux III (lettres, langues etc...).
Et pourtant rien n'a changé dans la notation, dans les sujets, dans la sévérité ou quoi que ce soit. Le prof avec qui je bosse donne juste comme consigne qu'il espère au moins avoir 1/3 de ses étudiants qui ont la moyenne à son épreuve. C'est tout. Et il est réputé pour être un des profs les plus sévères de ma fac. Mais tout le monde déplore les résultats actuels, et non c'est pas normal d'avoir 75% ou 80% de réussite en L1 ou L3. Parce que non seulement les branleurs restent (et des exemples y'en a à la pelle), ils peuvent passer, on en voir plein et je l'ai dit, sans une unité, et en se payant des caisses dans les matières fondamentales!!!
Ca c'est dû à la réforme LMD!

Ensuite leurs diplômes n'ont strictement aucune, mais aucune valeur, surtout par rapport à celui d'une école de commerce, qui peut, entre autre, délivrer un diplôme de droit des pépettes.

Filtrer en L3? Mais c'est quoi l'intérêt? y'en a pas plus que le faire en M1 ou M2. On se fout d'eux là, on les fait miroiter. Pour quoi?

Et c'est pas avec ce qui est prévu que ça va changer quoi que ce soit. Alors non, je veux pas d'une nouvelle réforme qui consiste encore une fois à prendre tout le monde pour des cons, les étudiants avant tout.
Et bin les choses ont bien change... De mon temps (ouah le coup de vieux la ! ) les programmes de maths et d'info etaient bel et bien communs, mais avoir la moyenne en maths (65% de la note totale !) c'etait deja une belle performance reservee aux 10% les meilleurs, alors derriere si tu blindais pas le reste c'etait quequette pour la 2e annee. Il est enfin normal que le cursus de maths et d'info soit commun au debut. Il faut savoir qu'en 3e cycle il se rejoint a nouveau. Ca n'a pas de sens de faire de l'informatique sans savoir faire de calcul numerique, et hormis les statistiques et l'enseignement, il n'y a pas beaucoup d'autres debouches pour les mathematiciens


Bref de mon temps (re coup de vieux ! ) le passage en 2e c'etait pas une farce. Par contre, une fois ca passe le reste etait accessible au vulgus de l'amphi, sachant que des la 2e les branlouzes etaient eliminees...
Pour y être confronté actuellement il est clair que la réforme LMD aide les étudiants ..... Malheureusement uniquement dans une optique de court terme.

Cependant il faut tout de même prendre un peu de recul par rapport à la réforme LMD est ce qu'elle est mais son application est souvent non stricte (du moins c'est le cas dans ma fac), ou du moins nuancée par différents facteurs.

Nos profs de L1 ont été parfaitement clairs la dessus, deja si on veut espérer accéder au master 2 il nous faut absolument une mention sur une des 3 années de licence (c'est la politique de la fac, les mentions sont a 13-15-17 chez nous). La notation n'est pas moins stricte qu'avant non plus et les coeff entre les diverses unités sont très harmonisés. Dans ma fac on plafonne a 45-50% de réussite depuis la réforme LMD (dixit la réunion de rentrée) ce qui est certes plus qu'avant, mais on encore loin des 75 % annoncés ici par certains.
Citation :
Publié par Mothra
Et bin les choses ont bien change...
Oui, mais si on réfléchit bien, ça fait longtemps que ça a commencé.
Dans mes premières années de fac, pour passer en DEUG II, fallait avoir la moyenne au total et dans les UE fondamentales... Du coup, bon nombre d'étudiants n'arrivaient jamais en DEUG II.
Puis, on a autorisé certains étudiants à passer en DEUG II sans avoir obtenu la moyenne dans les fondamentales ; en leur disant qu'ils pouvaient repasser les UE manquantes de 1ère année en 2ème année.
Ensuite, on a proposé de faire la moyenne de toutes les UE fondamentales DEUG 1 + DEUG II, et si on avait 10, ça allait.
Et enfin, on a juste retenu la moyenne générale...
Et tout ça en très peu de temps...

La logique là-dedans, elle est simple, c'est la même que celle qui est appliquée de l'école élémentaire au lycée : c'est celle des cycles.
Dans la mesure où un cycle implique qu'on a plusieurs années pour acquérir un nombre donné de connaissances, peu importe qu'à la fin de la première année on ait pris de retard, tant qu'à la fin du cycle, on a tout rattrapé...
ça, c'est la théorie, parce qu'en fait, si on a du retard à la fin de la première année du cycle, on en aura encore plus à la fin du cycle...

Le LMD a accentué cette logique à la fac : la licence, c'est en 3 ans, du coup, c'est qu'au bout des 3 ans qu'on peut évaluer si l'étudiant a assimilé tout ce que le cycle impliquait... Mais voilà, comme entre temps, tout le monde est passé et a accumulé des lacunes, et bah on a presque autant d'étudiants en L3 que en L1 ; et au final, on fait des exams au rabais pour et presque tout le monde obtient son diplôme de licence...
Au final, la licence n'a plus aucune valeur, et les étudiants boulé à l'entrée de M1 sont paumés...
Citation :
Publié par Loky DeGlaston
autonomie ? Plus de moyens ?

Oué inutile...
Les moyens ne sont pour le moment qu'au stade des paroles, contrairement à l'autonomie (qui en est au stade du projet de loi) et au zéro recrutement 2008 en EPST (qui en est au stade de la décision prise). Et avec 15 milliards à trouver ...
Citation :
Publié par Torgan/Baeland
Si il s’agit d’offrir à chacun une chance égale de réussite alors les université américaines échouent aussi lamentablement que le système française et dans les deux cas les formations reconnues sont réservées aux milieux favorisés.
Faux, elles échouent pas aussi lamentablement que le système français.
Plus de 30% des américains ont un diplôme universitaire (bachelor ou mieux) et 18% chez les minorités ethniques pauvres, alors qu'en France seulement 12% des français ont un diplôme universitaire (et 50% des minorités ethniques n'ont pas de diplôme du tout).
Aussi paradoxal que ca en a l'air, pour faire des études supérieures il vaut mieux être un pauvre américain qu'un français moyen (et a fortiori un pauvre français).
T"es sur qu'elles datent pas un peu ces stats pour la France?

Et les 50% me paraissent louches.
Citation :
Publié par Vorfis
T"es sur qu'elles datent pas un peu ces stats pour la France?

Et les 50% me paraissent louches.
Elles datent de 2004 (pour les deux pays), mais je doute que ca ait changé des masses depuis
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