>>Donc, concernant ce "doute" sur la capacité des mmorpg à calmer de vraies angoisses... Les calmer, non clairement pas. Les résoudre encore moins. Par contre les "masquer" avec des mensonges qu'on se fait à soi-même, ça oui.
oui je pense qu'un mmo peut très bien combler un vide .. on peut s'y réfugier pour passer le temps, cela peut convenir dans une phase de convalescence, pour reprendre pied peu à peu dans une activité
d'ailleurs dans ces cas là je pense que c'est un moyen tout-à-fait adapté et qu'on pourrait meme y songer dans le cadre une démarche thérapeutique
cela ne fait pas de mal, cela occupe bien, il n'y a pas de facteurs de stress, ni de surprises et le fait qu'on y joue à la maison peut permettre de renouer avec des relations sociales avec une distance assurée
>>c'est à la personne qui déprime de se bouger les fesses, car même la suppression du MMO ne changera rien à son état, et risque de vouloir se réfugier autre part.
Khalimar tu racontes n'importe quoi mais personne ne t'en voudra
une dépression nerveuse (et la description qu'en fait Celivianna est tout-à-fait édifiante) provoque une explosion et par là un morcellement, une atomisation, de l'égo ..
pour illustrer cela disons que la tension nerveuse nécessaire pour donner à la personne l'illusion qu'elle s'appelle untel, qu'elle est ainsi et pas autrement, qu'elle se distingue du monde, s'effondre
du coup tous les repères, les bases sur lesquelles on se croit fondé disparaissent ce qui induit une profonde crise d'identité
cela provoque des effets majeurs dont les plus spectaculaires sont la disparition de la notion de soi et l'effacement de la frontière virtuelle mais au combien vitale qu'on établit consciemment entre soi et le reste du monde, limite subjective qui détermine à nos yeux ce que nous sommes et au-delà de laquelle nous visualisons ce que nous appelons le monde ..
c'est donc toute la perception que l'on a de soi, la description que l'on a du monde et celles de la place qu'on y occupe et du role qu'on y joue qui vole en éclat
mais tout cela n'est absolument pas une affaire de concept, de vision ou de modèle mais bel et bien de fonctionnement
en effet en l'absence des mécanismes de l'égo qui règlent d'habitude les modalités des échanges que nous entretenons avec le monde, qui déterminent ce que l'on a par le passé jugé comme bon ou mauvais pour nous, qui nous permettent inconsciemment de filtrer - en les acceptant ou en les refusant - tous les stimulis qui nous parviennent au travers de notre sensibilité, la personne se sent traversée continuellement par tout ce qui l'entoure, par tout ce qu'elle porte en elle également et est dans l'incapacité de prendre une quelconque distance vis-à-vis ce torrent de perceptions
cet état est totalement épuisant et c'est ce qui fait qu'une personne au coeur de la dépression NE PEUT RIEN FAIRE, vouloir ou meme avoir envie de quoi que ce soit
évidemment pour avoir envie de faire quelque chose, il faut savoir qui on est et être capable de distinguer une chose d'une autre ..
je passe sur la description des peurs ancestrales ou collectives avec lesquelles on peut être mis soudainement en contact, les sensations physiques diffuses mais omniprésentes, le carousel fou des idées qui viennent à l'esprit à un rythme kaleioscopique et le discours complètement décalé des proches ..
disons que ça fait partie du forfait
pour en finir avec une image simple que j'aime beaucoup, imagines un océan (le monde) et un bateau (la personne)
ce qui est très important est la coque du bateau, c'est elle qui lui permet de flotter, c'est elle qui établit la frontière entre ce qu'il y a dans le bateau et en dehors du bateau
évidement si cette coque explose et se retrouve pleine de trous le capitaine va croire qu'il a un problème
mais la vie est pleine de surprises parce qu'on se fait plein d'idées bizarres sur elle (c'est d'ailleurs à se demander d'où elles nous viennent des fois) ..
d'abord on a pas besoin de capitaine sur un bateau, ensuite on est meme pas obligé d'avoir tout le temps un bateau (manquerait plus que ça, on a deja la télé, mais ok, les bateaux c'est bien pour faire des régates avec les potes), on est meme pas obligé de se noyer parce qu'en vérité on est amphibies, vois-tu, ça doit nous venir de nos ancêtres les grenouilles (eh oui, l'homme ne descend pas du singe, mais de la grenouille) et en plus dans la vie ce qu'il y a de bien c'est qu'on ne peut pas se perdre parce qu'on ne peut que se retrouver (un peu différent à chaque fois, il est vrai)
enfin, tout ça pour dire que si les dépressifs pouvaient jouer aux mmos, il y aurait plein de salles équipées de PC connectés au net à haut débit dans les hopitaux psychiatriques et qu'on se marrerait sûrement plus sur les serveurs
>>je suis informaticien moi, pas psychologue
moi non plus, mais avec le temps disons que je suis devenu prudent