Datian, entre nous, je ne suis pas un monstre tu sais.
En revanche, je ne suis pas une mère ou un père, et encore moins mère Theresa. Dur ? Oui, sûrement. Elitiste ? Probablement. Mais je n'humilie pas mes élèves. Je ne suis pas là pour ça, et je ne me sens pas plus intelligent si je leur colle des sales notes... désolé, mais je ne fais pas partie des gens qui se sentent meilleurs s'ils humilient des personnes sans défense en face...
En revanche, je suis là pour dire quand ça ne va pas, et je ne me prive pas de le faire, et des fois d'une manière très directe, sans fioriture, bien que la plupart du temps, ça se fasse sous une forme humoristique (une bonne vanne dans la face, sourire aux lèvres, pour montrer que ça n'est pas méchant dans le fond : les élèves comprennent bien ça en général, et ils voient bien quand je suis cool ou quand je suis vraiment énervé). Ca tient aussi de ma personnalité. J'estime que c'est respecter l'élève que de lui dire qu'il a fait une co***** ou de la me****, et de lui dire aussi qu'il ne tient qu'à lui de se mettre au travail et de s'améliorer : rien ne peut se faire si l'élève ne se décide pas à travailler.
Quand des élèves font un gros paquet de m**** je leur dit que c'est de la m***** (recopiage intégral d'une page du manuel, à la va- vite, sans aucun travail, sans respect pour l'ensemble documentaire proposé ou ce genre de chose, et qu'ils font ça depuis le début de l'année, quand ils se donnent la peine de rendre un travail ou de simplement venir en classe, oui, je lance une bonne vanne pour les calmer net... A la limite, qu'ils le prennent bien ou mal, je m'en fous un peu tu vois : c'est juste pour dire aux autres qu'il serait préférable de ne pas suivre ce mauvais exemple... et oui, j'assume de dire que c'est un mauvais exemple).
Datian, je suis prof, pas assistante sociale, pas mère / père du substitution. Je suis là pour les juger (sur leur travail, parce que leur personnalité, ce n'est pas un élément de notation, et je n'ai pas à juger ce qu'ils sont : je ne m'en tiens qu'à leur travail), et je les juge. J'assume totalement ça, et je n'ai pas de problème moral avec ça (au début, oui). Mon problème n'est pas à la base qu'ils m'apprécient : mon problème est qu'ils acquièrent des savoirs et des méthodes de travail, et qu'ils progressent, tout en se posant de vraies questions sur leur orientation. En définitive, quand je les recroise hors école, ils sont plutôt contents de me voir et de me parler. J'ose penser qu'ils m'apprécient plutôt bien.
Au fait, je suis très respectueux de mes élèves. C'est parce que je suis convaincu qu'ils peuvent progresser grâce à leur travail que je m'autorise à les brusquer un peu (pardon, à leur dire parfois vertement qu'ils ne se sont pas foulés, et que la prochaine fois, à condition de se donner un peu plus de mal, ils réussiront mieux). Et je prend sacrément le temps de dire et de redire les choses. Après, la balle est dans leur camp, c'est à eux de voir si oui ou non ils veulent jouer selon les règles du jeu.