Erinye : J'ai pris mon exemple un peu au hasard en pensant que le nazisme était traité de la même façon partout en Europe, je n'ai pas vérifié la position des lettons sur ce point. Il semble que effectivement ils détestent plus la Russie que l'Allemagne nazi. Ce cimetière n'est pas vraiment une façon de louer le nazisme mais plutôt un cimetière louant ceux qui ont combattu la Russie durant l'occupation allemande. La différence n'est pas forcément évidente à saisir mais ce voit sans doute bien dans le "Une journaliste de la télévision russe a demandé à l'un d'entre eux si les légionnaires sont des fascistes. Il a répondu qu'ils n'avaient pas le choix, et qu'ils sont allés se battre pour la liberté.".
Ces légionnaires ont peut-être servi plus volontairement qu'ils ne veulent l'admettre au sein des SS. Cependant je doute fortement qu'ils étaient tous pro-nazi (il devait quand même y en avoir comme dans la majorité des pays) mais voyaient plutôt là une occasion d'attaquer et de se venger de l'ennemi de toujours qu'est pour eux la Russie. D'une certaine façon c'est un mémoriel des anciens combattants, mais à l'inverse de la France où nos soldats sont loués pour avoir combattu la méchante Allemagne nazi, eux ont combattu, du point de vue de sans doute beaucoup de citoyens européens, la gentille Russie (je dis "gentille" car elle a combattu l'Allemagne nazi, pas pour son régime qui n'était peut-être pas si "gentil" que ça) en intégrant l'armée de la méchante Allemagne nazi. Si on se place de leur point de vue, autant l'un que l'autre étaient les méchants. La seule différence c'est que l'un d'eux leur a fournit les moyens de taper sur l'autre. Entre deux maux ils ont rejoints celui qu'ils considéraient peut-être comme le moins pire, malheureusement c'est celui que les autres peuples européens considèreront sans doute comme le pire.
C'est pas très évident quand même d'arriver à comprendre ça pour nous autres français (ou belges, québécois, etc.) et je suis le premier a être indigné d'un cimetière et d'une commémoration de soldats SS. Mais à vrai dire je vois pas trop comment ils peuvent louer ces soldats là qui ont combattu la Russie sans en passer par là... Vraiment compliqué ça...
Nakat' : Où a t-il été dit qu'ils ont été "tabassés" ? La seule chose qui a été dite est que la police les a plaqué au sol ("the police threw us on the floor"). Comment interpelles-tu un individu un peu éméché (même avec peu d'alcool dans le sang tu peux en trouver qui sont pas très coopératif voire même qui sont violents) qui en plus ne comprends pas ce que tu lui racontes ?
Si je te dis en letton "A plat ventre et les mains sur la tête !" qu'est-ce que tu vas faire ? Je doute que tu obéisses (peut-être que tu comprends le letton et que je suis mal tombé en te posant cette question mais les 7 jeunes ne le comprenaient pas). En France ça donne quoi lorsqu'un policier dit quelque chose et que la personne en face n'obtempère pas ? Et bien il fait usage de la force pour se faire obéir. Peut-être que les policiers lettons font automatiquement usage de la force ou peut-être qu'ils n'en font usage que lorsqu'on leur obéit pas, ça je ne sais pas. Mais si on est dans le deuxième cas il ne faut pas mettre ça sur le compte des policiers eux-mêmes et dire qu'ils ne respectent pas les individus mais plutôt sur la barrière de la langue (ok, ils n'avaient qu'à donner des cours d'anglais aux policiers pour éviter de tels problèmes). Je ne cherche pas à prendre la défense des policiers qui sont peut-être fautifs mais je pense qu'ils ont eu le comportement le plus normal qui soit dans une telle situation (en tout cas je ne vois pas comment régler le problème rapidement avec un minimum de risque pour eux sans faire usage de la force). Au cas où, je préfère préciser que je ne cautionne pas l'usage de la force lorsque c'est inutile, je dis juste que parfois il n'y a pas forcément d'autres solutions.
Pour le pistolet je ne sais pas trop quoi en penser. Autant je trouve ça un peu exagéré, autant il est encore possible d'invoquer la barrière de la langue (s'ils avaient pu dire "D'accord monsieur l'agent, on se tient tranquille et on vous suit au poste" peut-être qu'ils auraient évité le pistolet) et le fait que les policiers ne peuvent pas savoir avec certitude s'ils sont en face d'individus qui auraient coopérés sans problème ou bien d'individus potentiellement dangereux contre qui l'usage de la force est nécessaire (certains vont trouver ce "potentiellement dangereux" ridicule, mais d'un autre côté même en France un groupe de 7 jeunes de 25 ans peut représenter un danger pour un policier dans certaines circonstances, notamment lorsqu'ils semblent éméchés et qu'il est difficile de prévoir le comportement qu'ils vont avoir).
Dans cette situation il est possible qu'il y ait eu une bavure mais il est tout aussi possible que le problème n'ait été qu'une incompréhension entre les deux groupes à cause de l'absence d'une langue commune.
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