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Publié par Transformateur EDF
Ursula Le Guin - Cycle d'Ekumen comprenant (entre autres) :

  • La main gauche de la nuit (Prix Nébula 1969, Prix Hugo 1970)
  • Le nom du monde est forêt (Prix Hugo 1973)
  • Les Dépossédés (Prix Nébula 1974, Prix Hugo 1975, Prix Locus 1975)
  • Le Dit d'Aka (Prix Locus 2001)

Approche anthropologique de la SF, style unique, du très bon. Le Guin c'est bien !
Je crois qu'au départ c'est le cylce de "La ligue de tous les mondes" ou quelque chose comme ça, mais qui n'a que peu d'importance.
J'avais lu Les dépossédés (qui en gros serait le premier dans la suite chronologique) et le nom du monde est forêt, c'est vraiment très attachant je trouve

Il me semblait qu'il y avait d'autres roman inscrits dans le même univers, comme le monde de Rocannon non ? (ça remonte à l'époque où j'avais lu une anthologie de ses nouvelles dans la mythique série du Temple d'or de la SF de presse pocket )
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Publié par kerloken
Je crois qu'au départ c'est le cylce de "La ligue de tous les mondes" ou quelque chose comme ça, mais qui n'a que peu d'importance.
J'avais lu Les dépossédés (qui en gros serait le premier dans la suite chronologique) et le nom du monde est forêt, c'est vraiment très attachant je trouve

Il me semblait qu'il y avait d'autres roman inscrits dans le même univers, comme le monde de Rocannon non ? (ça remonte à l'époque où j'avais lu une anthologie de ses nouvelles dans la mythique série du Temple d'or de la SF de presse pocket )
Le cycle est aussi connu sous le nom de Cycle de Hain - ou de « La Ligue de tous les mondes» - effectivement. source

Oui comme je l'ai dit le cycle d'Ekumen comporte d'autres ouvrages dont Le monde de rocannon, cycle complet ici.

Le guin est incontournable dans le monde de la SF.
Yendi de Steven Brust

Citation :
Publié par Présentation de l'éditeur
Vlad Taltos est assassin dans la cité d'Adrilankha où vivent différentes races organisées en Maisons. Vif d'esprit et agile à l'épée, il pratique occasionnellement la sorcellerie. Il est secondé dans ses missions par Loiosh, son familier, un jhereg fidèle et caustique. Un jour, un grand conseiller de la Maison du Jhereg demande à Vlad de tuer Lord Mellar. Mais ce dernier bénéficie de la protection secrète de la Maison du Dragon. Vlad se retrouve alors au centre d'un conflit qui le dépasse les Maisons du Jhereg et du Dragon sont des adversaires de toujours. Leurs rancœurs pourraient bien resurgir et se transformer en querelle meurtrière, entraînant la cité d'Adrilankha dans le chaos...
Deuxième livre de Steven Brust qui laisse la parole à Vlad Taltos.
Ce livre me laisse une mauvaise impression pour plusieurs raisons. Le style d'écriture n'est pas efficace et la mayonnaise ne prend pas. Par exemple il essait de faire des comparaisons pour mettre dans l'ambiance à travers des éléments de l'univers, mais cela ne fait même pas sourire. Les "figures de styles" utilisées sont classiques et fonctionnent bien, mais pas avec S. Brust. Notemment son histoire d'oignon pourri qui prend 3 pages au début et le livre qui se finit dessus.

Passons maintenant à l'histoire et sa construction. Brust ne s'est vraiment pas pris la tête, il a pris le même squelette que pour Jhereg ( le premier livre ) et à changer les noms. Pour donner une idée, Vlad se retrouve dans la panade, et en bave. Il va voir ses potes de la haute. Il se rend compte que c'est un truc qui le dépasse totalement. Il demande de l'aide partout, et fait une réunion dans le Chateau Noir avec les gars de la haute. Il explique sa théorie, qui est toujours proche de la vérité. Et ils vont tarter les méchants.

L'univers n'est pas totalement nul mais rien ne le rende vivant ou attirant. Il doit y avoir une bonne idée et un schéma clair dans la tête de Brust mais il n'arrive pas à le communiquer et par conséquent cela sonne creux dans le livre. Si on rajoute le travail de Mnemos, qui traduit le tome 2 près d'un an après le premier alors qu'ils ont été écrit en 83/84, cela rend les choses encore plus difficile.
Rajoutons le prix du livre : 18€ pour 250 pages. Je trouve que c'est franchement de l'abus, surtout qu'après lecture la qualité n'est pas au rendez-vous.

Si vous aviez envie de connaître la suite des aventures de Vlad, attendez le tome suivant et encore c'est pas sûr d'être intéressant.
Si vous vous dites j'aimerai bien connaître Vlad, le premier est bien mieux que celui-ci.
Si vous vous dites tiens un livre de fantasy, bougez votre bras sur la gauche ou la droite et saisissez le livre en dessous. Cela ne peut qu'être mieux.
A accompagner avec des pilules bleues :
Citation :
Daisuké Igarashi Hanashippanashi (Patati Patata)
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Onirique, cauchemardesque, enfantin, quelque fois cruel, et très troublant - car il remue des souvenirs de nos visions d'enfance. Mettre un pied hors des bandes blanches lorsqu'on traverse un passage piéton peut vous engloutir dans l'autre monde, si une main secourable ne connaît pas le truc pour vous faire remonter. Habiter dans un frigo, à deux ça peut passer, mais à trois ça devient intenable.
Les singes accrochés aux feuilles mortes n'étonnent personne, et tous les habitants de ce monde vivent en compagnie d'être magiques, qui peuvent nous déconcerter lorsqu'on ne connaît pas la culture japonaise, mais qu'on adapte rapidement à nos lutins et feu-follets communs - d'une manière naturelle. Le vent qui porte les histoires, les chats qui disparaissent selon l'angle où on les aperçoit et les enfants étoile... finalement, c'est universel non ?
Citation :
Daniel Clowes a écrit ce drôle de bouquin "Comme un gant de velours pris dans de la fonte". Le départ de l'histoire, c'est un homme perdu qui, par curiosité ou déshérence, entre dans un cinéma porno et découvre que son ex-femme a joué dans le film. Le reste a sûrement été imaginé en écoutant du Badalamenti avec un cocktail de café prozac. On lit du Lynch ou du Cronenberg ? Malsain et glauque. On songe aux illuminati, aux poupées vivantes d'Eraserhead, c'est de la sf expérimentale sur papier noir et blanc. Raser le chien sans orifices, tenter de s'imaginer embrasser la femme-patate, découvrir ce que représente ce bonhomme souriant tatoué sur le cou d'Hilter, deviner ce que dessine la petite fille qui fume la pipe, de l'autre côté de la rue...
Car c'est un polar, dont l'issue sera surprenante. Ou pas.
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Quelle est la fréquence Kenneth ?

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http://www.lacourdesmiracles.biz/salonlivrecaen/EMEM.h2.jpg
Idoles - Pour toi, public (série)
Mathieu Gabella au scénario, dessin Emem et couleurs Lou.
Les français ont élu un président d'extrême droite, et se délectent d'émission de télé-réalité sanglantes et spectaculaires - nettoyage des banlieues, avec pour "héros" des hommes génétiquement modifiés qui sont transformés en justiciers indestructibles. La science a ses ratés - le super-flic à la chance hors-norme et tranche ses victimes d'un coup de laser, est suicidaire. Dans le laboratoire où les savants tentent de retrouver leur âme (faire marche arrière ?), vivent les monstres : l'enfant transparent ne peut voir la lumière du jour sans se faire brûler les organes internes, le singe télépathe dépressif et cynique, et la femme-requin - bloquée dans son aspect polymorphe, qui voudrait redevenir simple humaine, l'homme-ombre qui s'efface petit à petit. C'est un volume sympathique, la couverture - ratée - ne devrait pas vous repousser, feuilletez les premières pages. Futurs plausibles, anticipation catastrophique.
Bon ça suffit pour aujourd'hui.
La naissance d'Ambre de John-Gregory Betancourt

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Publié par Présentation de l'éditeur
Un nouvel univers et ses reflets infinis, les Ombres, sont nés du Schéma dessiné par Dworkin avec son propre sang. Mais parce qu'il fait concurrence au Logrus et provoque dans le Chaos des tempêtes d'une force destructrice sans précédent, le nouveau Schéma et toute la lignée de Dworkin ont été déclarés hors la loi. Sous l'égide d'Oberon, les fils de Dworkin organisent la résistance, que ni les complots, ni les trahisons, ni les assassinats commandités par Uthor, le roi du Chaos, ne sauront réduire. Rien ne peut arrêter l'avènement du royaume d'Ambre. Troisième et dernier volume du Prélude aux Neuf Princes d'Ambre, La naissance d'Ambre poursuit l'exploration des origines d'Ambre et du roi Oberon, mystérieux géniteur du prince Corwin, héros de l'extraordinaire saga imaginée par Roger Zelazny.
Troisième et dernier tome du Prélude aux Neuf Princes d'Ambre.
Comme les deux précédents, il n'est pas au niveau des cinq premiers tomes des princes d'Ambre de Zelazny mais il vaut le coût et il se lit bien.
Le seul problème c'est qu'il répond à un certains nombre de question mais il en génère autant si ce n'est plus.
350 pages qui coulent comme de l'eau de source et rafraîchissent autant.

Il serait dommage de passer à côté si vous avez commencé cette série. Surtout ce qu'elle ne fait que trois tomes. Certes ce n'est pas inoubliable mais vous pouvez y aller sans trop de risque.
Le corps exquis de Poppy-Z Brite

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Publié par Présentation de l'éditeur
Perversion des âmes et poésie du macabre au service d'une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.
Andrew Compton est un serial killer et nécrophile anglais qui s'évade de prison en se faisant passer pour mort.
Jay Byrne est un serial killer et nécrophage de la Nouvelle Orléans.
Un autre point qui les rapproche est qu'ils sont gays.

Comme le laisse présenter la présentation c'est violent, c'est sale et ça colle à l'esprit.
En lisant ce livre on se dit que le monde est empli de gay séropositif et complètement dégénérés ( drogués, suicidaires, dépressifs,... ).
Pour résumer le livre, il s'agit d'un enchaînement de récits pornos gays, de scènes violentes et gores et de réflexions peu profondes. Et l'histoire n'est pas foncièrement intéressante.
Cela vient probablement de moi mais 5 pages d'ébats décrit en détails, cela ne m'intéresse pas vraiment.

Effectivement je ne m'en suis pas sorti indemne. Ce livre est dérangeant mais ne laissera pas une marque indélébile dans mon esprit. Je dirai même plus, une fois les scénes crues passées on l'oublie rapidement.
L'integral Batman Dark knight de Miller
Vous avez dit virtuel de Pat Cadigan

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Publié par Présentation de l'éditeur
Le " must " du divertissement est désormais l'espace virtuel. Casqués, sanglés dans des combinaisons truffées de technologies sensistives dernier cri, les hommes de demain se détendent après le bureau en se massacrant dans des décors de cauchemar. Mais depuis quelque temps, certains n'en reviennent pas - morts réelle et virtuelle se confondent. Dore Konstantin, chargée de l'enquête et novice en matière de réalité artificielle, va vite se retrouver propulsée dans un New York post-apocalyptique, peuplé de mutants, de barbares et de cyborgs, où l'on est prêt à tuer pour une entrée dans les clubs privés " on-line " les plus select et où tout n'est que faux-semblant...
Le monde réel n'est pas suffisamment décrit pour dire qu'il s'agit de cyberpunk mais cela pourrait coller. Il s'agit d'une aventure mêlant la progression de 2 personnes dans un univers virtuel. Pour accéder à cet univers ( comme à d'autres du même style ) il faut une combinaison intégrale et un casque qui permet une fois en marche d'avoir une immersion complète.

Un livre sympathique mais sans plus. Le style est fade mais se laisse lire. Ce qui intéressant c'est que les MMORPG pourraient devenir ce genre d'univers sans chercher trop loin.
Il y a un proverbe qui dit en substance "ce n'est pas où l'on va qui importe mais comment on y va". Il est particulièrement adapté à ce livre.
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La fin du livre est décevante comme un soufflé qui n'a pas pris. Peut-être qu'avec un peu plus de page, l'auteur aurait pu faire quelque chose de bien mieux.
Vérité et mensonges de nos emotions de serge Tisseron

Le seigneur des anneaux, le retour du roi de Tolkien

Forum Jeux Online

Anatomie médicale de moore
Je viens de finir L'Affaire Charles Dexter Ward de H.P. Lovecraft et j'avoue que j'ai bien aimé. J'ai surtout trouvé ça très moderne dans l'intrigue, très cinématographique, même. Et puis traiter de l'occulte comme dans un roman policier, c'est très bien vu.

Je n'avais jamais lu de Lovecraft, j'en lirai d'autres.
Théétète - Platon
Les Origines du totalitarisme - Hannah Arendt
Sparte - Edmond Lévy
L'Histoire de l'antisémitisme - Léon Poliakov
Le Château - Franz Kafka

Je dois bien avouer que ça fait beaucoup en même temps mais je m'y retrouve plus ou moins
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Publié par Dandal
Je viens de finir L'Affaire Charles Dexter Ward de H.P. Lovecraft et j'avoue que j'ai bien aimé. J'ai surtout trouvé ça très moderne dans l'intrigue, très cinématographique, même. Et puis traiter de l'occulte comme dans un roman policier, c'est très bien vu.

Je n'avais jamais lu de Lovecraft, j'en lirai d'autres.
Du même auteur, je te conseille : L'appel de Cthulhu, L'ombre venu de l'espace ... Bref toute la collection de Lovecraft.

D'ailleurs , en ce moment , je lis Dagon de Lovecraft qui est en quelque sorte un recueil de nouvelles qui n'ont pas forcément à voir avec le mythe de Chtulhu
Euh, il vous prend quoi tout d'un coup à faire des listes pour répondre? Ce thread n'existe que parce que les participations sont étayées, donc ne commencez pas à le faire dévier dans le sens inverse. Merci bien.
Citation :
Publié par Ambla
Euh, il vous prend quoi tout d'un coup à faire des listes pour répondre? Ce thread n'existe que parce que les participations sont étayées, donc ne commencez pas à le faire dévier dans le sens inverse. Merci bien.
Ah, les premiers posts sont des listes donc j ai cru perso que l objet du post etait une liste de ce que l'on lisait. Faut pas oublier de repréciser le sujet au départ d un (#2) alors
Citation :
Publié par Dandal
Je n'avais jamais lu de Lovecraft, j'en lirai d'autres.
Wé ... comme je l'ai déjà dit, perso, "l'affaire Charles ..." non content d'être le seul roman de HPL est également probablement ce qu'il a fait de mieux. Tout le reste de sa production ayant été destiné à être publié dans des journaux spécialisé de l'époque, l'animal a été obligé d'utiliser et réutiliser des schémas standards jusqu'à la corde. Rapidemment, on se trouve en lisant à décrypter ces schémas. C'est un peu chiant. Enfin ça m'a pas empéché d'avoir une collec de liv' de poche importante avant de me voir à la tête des 2 premiers tomes (sur 3 ? ou alors j'ai les trois je sais pu) de la collec' omnibus de ses écrits.

Compte tenu de cela, je ne saurais que te conseiller de lire Dagon qui est, comme il a été signalé, un recueil de nouvelles un peu en marge du mythe de la glue (Chtuluh) et qui contient également des poésies.

Sinon, Dantec, "Babylone babies", pour la nième fois, peut être que la deuxième finalement. REtour de Toorop de la sirène rouge, mercenaire professionnel, lecteur de Sun tzu, du Che, César (La guerre des gaules). Bosnie, anticipation de guerre aux frontières chinoise, anticipation tout court. J'aime bien.
Les Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley

Citation :
La légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde n'avait, depuis longtemps, inspiré un roman d'une telle envergure, d'un pareil souffle. Merlin l'Enchanteur, Arthur et son invincible épée, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents mais ce sont ici les femmes qui tiennent les premiers rôles : Viviane, la Dame du Lac, Ygerne, duchesse de Cornouailles et mère d'Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la fée, soeur et amante du grand roi... Cette épopée envoûtante relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables, celui des druides et des anciennes croyances défendant désespérément un paradis perdu et celui de la nouvelle religion chrétienne supplantant peu à peu rites et mystères enracinés au coeur de la Grande-Bretagne avant qu'elle ne devienne l'Angleterre.
Je viens de finir Les Dames du Lac, les Brumes d'Avalon et là j'en suis au Secret d'Avalon.

J'ai voulu me pencher un peu plus dans cet univers, je trouve ce roman très bien peut être un peu trop féminin, en effet les narrateurs sont exclusivement les personnes féminines de l'entourage d'Arthur, c'est fort bien narré, ça m'a plu. C'est fort bien détaillé sur les rituels, mais j'avoue que j'attendais plus de réponses sur certains chevaliers, vous ne verrez le nom de Bohort et Perceval seulement nommés dans une seule ligne. Et j'avoue que c'est ce Perceval qui m'intéressait. Je me demande si je ne vais pas me repêcher sur un autre livre pour avoir mes réponses.
Citation :
Publié par Kavru [ Standard ]
l'assassin royal , tome 3
Ambla a demandé trois posts plus haut d'éviter les contributions de ce genre, totalement dénuées d'intérêt.

Pour ma part je viens de terminer Plateforme, de Michel Houellebecq. Lassé de qu'on me rabâche son nom à toutes les sauces et d'entendre parler de la vif polémique que son oeuvre suscita, j'ai voulu me faire une idée du bonhomme. Voici le résumé de l'histoire, suite du roman Les particules élémentaires :

Citation :
Le narrateur, fonctionnaire, égoïste, solitaire, client de peep-shows, rencontre Valérie, cadre d'une entreprise touristique, gentille fille, inventive en amour lors d'un voyage en Thaïlande. C'est le grand amour et, comme le bonheur ne se raconte pas, il est surtout question de leurs copulations. [...] Ce livre est un constat sur les conséquences de l'économie de marché qui envahit la civilisation occidentale : la réussite à tout prix, le libéralisme écrasant les faibles... [...]
http://www.chapitre.com/frame_rec.as..._appel=MOTEUR2

C'est assez spécial comme genre, personnellement je ne suis pas friand, ni du style (avec des scènes de sexe "crues" toutes les trois pages), ni de la vision du monde du narrateur (de l'auteur ?).
http://www.bouddhisme-france.org/ressources/couvertures_livres/le_livre_tibetain_de_la_vie_et_de_la_mort.jpg
Citation :

La mort est un vaste mystère, mais nous pouvons en dire deux choses. Il est absolument certain que nous mourrons, mais quand et comment est, par contre, incertain. La seule assurance que nous ayons par conséquent est cette incertitude quant à l'heure de notre mort, dont nous nous servons comme d'un alibi pour retarder le moment de l'affronter. Nous sommes semblables à des enfants qui se couvrent les yeux dans une partie de cache-cache et s'imaginent ainsi que personne ne les voit.

C'est avant tout parce que nous n'avons pas réalisé la vérité de l'impermanence que nous éprouvons tant d'angoisse devant la mort et tant de difficulté à la regarder en face. Nous désirons si désespérément voir tout continuer comme à l'ordinaire, que nous nous persuadons que rien ne changera jamais. Mais c'est là une chimère. Et, comme nous le découvrons si souvent, ce que nous croyons n'a pas grand-chose à voir - sinon rien - avec la réalité. Pourtant c'est cette illusion, avec ce qu'elle comporte d'informations erronées, d'idées et de suppositions, qui constitue les fondations branlantes sur lesquelles nous bâtissons notre vie. Peu importe que la vérité vienne sans cesse nous contredire ; nous préférons continuer, dans un élan de courage désespéré, à entretenir notre fiction.

À nos yeux, les changements sont toujours synonymes de perte et de souffrance. Lorsqu'ils surviennent, nous essayons simplement de nous anesthésier, autant que faire se peut. Nous nous obstinons à croire aveuglément, et sans nous poser de questions, que c'est la permanence qui procure la sécurité - et non l'impermanence. Mais, en fait, l'impermanence ressemble à certains individus que nous rencontrons dans la vie : de prime abord peu commodes et dérangeants, ils s'avèrent, au fur et à mesure que nous les connaissons mieux, bien plus aimables et moins irritants que nous ne l'aurions imaginé.

Réfléchissez à ceci : la réalisation de l'impermanence est, paradoxalement, la seule chose à laquelle nous puissions nous raccrocher, peut-être notre seul bien durable. Elle est comme le ciel ou la terre. Tout peut changer ou s'écrouler autour de nous, le ciel et la terre demeurent. Supposons que nous traversions une crise émotionnelle déchirante? que notre vie entière semble se désintégrer? que notre mari ou notre femme nous quitte soudain, sans prévenir? La terre est toujours là. Le ciel est toujours là. Bien sûr, même la terre tremble de temps à autre pour nous rappeler que nous ne pouvons rien considérer comme acquis?

Les cellules de notre corps meurent, les neurones de notre cerveau se détériorent ; et même l'expression de notre visage se modifie sans cesse, au gré de nos humeurs. Ce que nous considérons comme notre caractère fondamental n'est rien de plus qu'un "courant de pensée". Aujourd'hui, la vie nous semble belle car tout va bien ; demain, ce sera le contraire. Où sera passé notre bel optimisme ? De nouvelles influences nous auront affectés, au gré des circonstances. Nous sommes impermanents. Les influences sont impermanentes. Et il n'existe rien que l'on puisse qualifier de stable ou de durable.

Qu'y a-t-il de plus imprévisible que nos pensées et nos émotions ? Avez-vous la moindre idée de ce que vous allez penser ou ressentir dans un instant ? Notre esprit, en réalité, est aussi vide, aussi impermanent et aussi transitoire qu'un rêve. Observez une pensée : elle vient, elle demeure et s'en va. Le passé est passé, le futur ne s'est pas encore manifesté et la pensée actuelle, au moment où nous en faisons l'expérience, se mue déjà en passé.

En réalité, seul l'instant présent, le "maintenant", nous appartient.

Posez-vous ces deux questions : est-ce que je me souviens, à chaque instant, que je suis en train de mourir ainsi que toute personne et toute chose, et est-ce que je traite en conséquence tous les êtres, à tout moment, avec compassion ? Ma compréhension de la mort et de l'impermanence est-elle devenue si vive et si aiguë que je consacre chaque seconde de mon existence à la poursuite de l'éveil ? Si vous pouvez répondre par l'affirmative à ces deux questions, alors oui, vous avez réellement compris l'impermanence."



L’établi - Robert Linhart

http://www.leseditionsdeminuit.fr/images/couvertures/etabli.gif
Citation :
C'est comme une anesthésie progressive : on pourrait se lover dans la torpeur du néant et voir passer les mois — les années peut-être, pourquoi pas ? Avec toujours les mêmes échanges de mots, les gestes habituels, l'attente du casse-croûte du matin, puis l'attente de la cantine, puis l'attente du casse-croûte de l'après-midi, puis l'attente de cinq heures du soir. De compte à rebours en compte à rebours, la Journée finit toujours par passer. Quand on a supporté le choc du début, le vrai péril est là. L'engourdissement. Oublier jusqu'aux raisons de sa propre présence ici. Se satisfaire de ce miracle : survivre. S'habituer. On s'habitue à tout, paraît-il. Se laisser couler dans la masse. Amortir les chocs. Eviter les à-coups, prendre garde à tout ce qui dérange. Négocier avec sa fatigue. Chercher refuge dans une sous-vie. La tentation...

On se concentre sur les petites choses. Un détail infime occupe une matinée. Y aura-t-il du poisson à la cantine ? Ou du poulet en sauce ? Jamais autant qu’à l'usine je n'avais perçu avec autant d'acuité le sens du mot “ économie ”. Economie de gestes ; Economie de paroles. Economie de désirs. Cette mesure intime de la quantité finie d'énergie que chacun porte en lui, et que l'usine pompe, et qu'il faut maintenant compter si l'on veut en retenir une minuscule fraction, ne pas être complètement vidé. Tiens, à la pause de trois heures, j'irai donner un journal à Sadok et discuter de ce qui se passe chez Gravier. Et puis, non. Aujourd'hui, je suis trop fatigué. L'escalier à descendre, un autre à monter, le retour en se pressant. Un autre jour. Ou à la sortie. Cet après-midi, je ne me sens pas capable de dilapider mes dix minutes de pause.

D'autres, assis autour de moi, le regard vide, font-ils le même calcul : aller au bout de l'atelier parler à Untel ou lui emprunter une cigarette ? aller chercher une limonade au distributeur automatique du deuxième étage ? On soupèse. Economie. Citroën mesure à la seconde près les gestes qu'il nous extorque. Nous mesurons au mouvement près notre fatigue.

Comment aurais-je pu imaginer que l'on pût me voler une minute, et que ce vol me blesserait aussi douloureusement que la plus sordide des escroqueries ? Lorsque la chaîne repart brutale, perfide, après neuf minutes de pause seulement, les hurlements jaillissent de tous les coins de l'atelier : “ Holà, c'est pas l'heure ! Encore une minute ! ... Salauds ! ” Des cris, des caoutchoucs qui volent en tous sens les conversations interrompues, les groupes qui s'égaillent en hâte. Mais la minute est volée, tout le monde reprend, personne ne veut couler, se trouver décalé, empoisonné pendant une demi-heure à retrouver sa place normale. Pourtant, elle nous manque, cette minute. Elle nous fait mal. Mal au mot interrompu. Mal au sandwich inachevé. Mal à la question restée sans réponse. Une minute. On nous a volé une minute. C’est celle-là précisément qui nous aurait reposés, et elle est perdue à jamais. Parfois, quand même, leur mauvais coup ne marche pas : trop de fatigue, trop d’humiliation. Cette minute-là, ils ne l’auront pas, nous ne nous la laisserons pas voler : au lieu de retomber, le vacarme de la colère s’enfle, tout l’atelier bourdonne. Ça hurle de plus en plus, et trois ou quatre audacieux finissent par courir au début de la chaîne, coupent le courant, font arrêter à nouveau. Les chefs accourent, s’agitent pour la forme, brandissent leur montre. Le temps de la discussion, la minute contestée s’est écoulée, en douce. Cette fois, c’est nous qui l’avons eu ! La chaîne repart sans contestation. Nous avons défendu notre temps de pause, nous nous sentons tellement mieux reposés ! Petite victoire. Il y a même des sourires sur la chaîne.
Désolée d'avoir listé.
C'est comme ça en ce moment.
Citation :
Publié par Nilrem
C'est assez spécial comme genre, personnellement je ne suis pas friand, ni du style (avec des scènes de sexe "crues" toutes les trois pages), ni de la vision du monde du narrateur (de l'auteur ?).
Tu en veux du cru ? Lis un peu quelques passages de Pogrom de Bénier- Bürckel (Chez Gallimard je crois), et tu en auras ... Je pense notamment à une scène de viol avec zoophilie, sur fond d'anisémitisme plus ou moins assumé ... bref Pour relier ce problème avec celui qui se pose sur la Taverne en ce moment à propos des caricatures de Mahomet, je me demande moi si la littérature autorise tout, et si on peut qualifier d'art des choses ordurières, plus ou moins bien écrites. Ce qui me gène au fond avec Houellbecq ou Bénier- Bürckel, c'est cet espèce de nombrillisme du cul, et celui que le cul est en lui- même une finalité artistique, que l'art (la littérature en tout cas), peut se résumer à des description de scènes toutes plus scabreuses les unes que les autres, et sans autre justification en définitive : le sexe et le violence pour eux- même, sans autre but.

Désolé, je m'égare.

Sinon, je me fais quelques livres d'histoire en ce moment (euh .. tout le temps en fait ), parmi lesquels un classique (Guillaume le Conquérant de Paul ZUMTHOR) et un ouvrage d'historiographie, qui vient de sortir (Raphaëlle BLANCHE, La Guerre d'Algérie : une histoire apaisée ?, Paris, Le Seuil, collection Point histoire - " l'Histoire en débats " , octobre 2005). Ca traite en gros de la manière dont se construit l'histoire de la guerre d'Algérie en fonction des sources disponibles, de la demande sociale, des intérêts historiques et de leur évolution, et ça replace la construction de l'histoire de la guerre d'Algérie dans la perspective plus vaste de la construction des histoires du temps présent. Bref, c'est un ouvrage plutôt pour les historiens ou les gens qui ont une curiosité particulière sur la période ou l'évènement.
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