Préparer à la fois le Capes et réaliser le mémoire

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Je vais dans quelques mois commencer avec plaisir l'année de M2 en fac d'Histoire. Mon directeur de thèse semble être satisfait de mon travail de M1 et m'a conseillé de préparer le concours du Capes durant la même année que la réalisation et la finalisation du M2. Je ne doute pas du bien fondé de cette idée seulement le projet m'affole quelque peu. J'apprécie de pouvoir faire de mon mieux pour mon travail mais l'idée de devoir peut-être consacrer davantage de temps au concours au détriment par exemple de la réalisation du mémoire me perturbe réellement.

La préparation du Capes (comme celle également conseillée par mon directeur de l'Agrégation pour l'année 2012) semble nécessiter un temps de travail déjà bien significatif pour pouvoir réaliser correctement le mémoire en parallèle. Est-ce véritablement réalisable ? Le risque n'est-il pas de finalement échouer, faute de temps, dans les deux domaines ? Quels conseils me donnez-vous (en attendant que j'en parle de nouveau avec mon directeur à la rentrée) ? Quelles sont vos expériences particulières en la matière ?

Merci pour votre participation. =)
Comme toujours, je présenterais le côté que je connais, c'est-à-dire la biologie.

De ce que j'ai vu des gens préparant le CAPES de Bio, impossible de faire autre chose en même temps.

Je veux pas te décourager, mais après tu es peut être un élève vraiment excellent (d'où les conseils) mais ça me paraît un projet difficile.

Le sujet de ton mémoire peut-il avoir un rapport avec ce que tu dois réviser pour le CAPES (tu sais le super poly du programme à connaître sur le bout des doigts)
Effectivement la préparation semble bien nécessiter la totalité du temps dont disposent les candidats. Un projet qui ne manque pas d'ambition mais qui questionne sur ses capacités ou non à y faire face. Le conseil qu'il me donne est de finir au plus vite le mémoire pour pouvoir préparer ensuite le concours pour septembre 2011. Le laps de temps me parait difficile à tenir sans bâcler pour autant le mémoire en question.

Mon sujet de master recherche n'a malheureusement pas de rapport avec le programme du Capes. Bien dommage !
Tu as présenté beaucoup de ton travail lors du PIR ? Cela peut jouer car ton directeur de mémoire peut demander 30 pages à 100 pages. Après tout dépends de ton travail que tu as déjà accompli lors de ton mémoire en M1...

Sinon, je ne dis pas de conneries, tu peux présenter et être titularisé du CAPES sans le master enseignement. Donc tu basculerais dans un double cursus : recherche/enseignement ?

(par curiosité, quel est ton sujet ? )
J'ai passé le capes et l'agrégation externe de mathématiques la même année. Allons y donc de mon expérience personnelle sur le CAPES:

Mon objectif était d'obtenir l'agrégation mais j'ai souhaité m'inscrire au capes également dans le but de m'entraîner. Néammoins j'ai vite constaté que ma préparation à l'agrégation devait exclusivement prendre tout mon temps (je tournais à environ 90 heures de travail par semaine) aussi n'ai je absolument pas le temps préparer le capes.

J'ai d'abord passé les écrits du capes avant ceux de l'agrégation et j'ai été surpris par la facilité des sujets (niveau maths spé). Bien que n'ayant jamais préparé un écrits du capes auparavant, j'en ressors plutôt satisfait mais je me dit que les oraux du capes auront raison de moi par la suite.

Je passe ensuite les écrits de l'agrégation et j'en bave pas mal malgré m'être pas mal entraîné sur des sessions antérieures lors de ma préparation. Je suis moyennement confiant à l'issue des épreuves écrites.

Plus tard, j'apprends que je suis admissible à la fois au CAPES et à l'agrégation et j'apprends que je suis d'abord convoqué pour les oraux du CAPES puis quelques jours pour ceux de l'agrégation.

J'hésite à démissionner pour le capes n'ayant strictement aucune préparation pour ce dernier et je me dit au dernier moment que cela me fera une expérience et que cela pourra être bénéfique pour les oraux d'agrégation à venir. Je vais donc aux oraux du CAPES en touriste, m'attendant à me faire descendre mais étant un drogué à l'adrénaline, j'ai hâte d'en découdre.

J'arrive dans la salle de préparation pour la première épreuve et je tire un sujet au hasard parmi les enveloppes proposées. Il faut savoir qu'aux oraux du capes, il y a un programme d'oral bien défini pour la première épreuve. N'ayant jamais regardé le programme en question, je ne sais absolument pas ce que peut contenir mon enveloppe. Au signal du surveillant, j'ouvre l'enveloppe en question et constate que j'ai le choix entre deux sujets à traiter au choix: "limite et continuité d'une fonction de la variable réelle" et un autre sujet portant sur la géométrie. Je me dit que les énoncés sont vraiment faciles et je me lance à préparer le premier sujet.

A vrai dire, je ne sais pas trop ce qu'il faut faire durant l'épreuve alors j'écris rapidement au brouillon quelques idées à développer. Evidemment au bout d'une demi-heure, j'ai fini. Je regarde donc la salle et mes camarades d'infortune en attendant et me disant qu'ils vont bien rigoler dans le jury. Arrive le moment où je suis conduis à la salle de mon jury et je constate qu'outre les 3 membres du jury, il y a six spectateurs. Qu'à cela ne tienne, je m'en tiens à mon objectif, passer un vrai oral pour m'imprégner des différentes sensations.

Je parle, j'explique, j'argumente, je démontre des propriétés en vrac mais construites dans un plan de mon invention et je présente la notion. J'expédie vite les cas triviaux et me voila lancé en topologie des espaces métriques et à la fin de mon intervention, je glisse quelques mots sur les topologies non métrisables. A ce moment là, je me retourne, pas mal transpirant car il faisait diablement chaud et je constate les regards ahuris non seulement de mon jury mais surtout les têtes de mes spectateurs dont les langues traînent par terre. Je me dit à ce moment là que je n'ai pas du faire ce qu'il fallait.

L'air de rien, la phase des questions commencent, et juste après ma remarque sur les topologie non métrisables, je tombe de haut face à la première question que l'on me pose: trouver la limite de lorsque tend vers . Je me dit qu'ils se foutent de ma gueule mais docile je répond à la question. S'ensuit plein de petites questions du même acabit et finalement c'est la fin.

J'en ressors, me disant qu'ils ont bien du me prendre pour un crétin et je retourne à l'hôtel. Le deuxième oral a lieu le lendemain et j'hésite à partir sur le champ. Je décide plutôt d'acheter un pack de bière et de continuer à travailler mes oraux pour l'agrégation.

Deuxième jour, épreuve dite de pédagogie. Evidemment là encore, je n'ai aucune idée de la nature de l'épreuve. Lors de la préparation, on nous dit que nous pouvons sortir nos calculatrices programmables et nos transparents pour présenter au jury. Ha bon? Il fallait emmener des transparents? Quand à la calculatrice, je n'en ai plus touché depuis la maths spé, et encore, en cours de sciences physiques.

Surprise également: pas d'enveloppe. Tout le monde a le même sujet. Je regarde la chose et je constate que cela parle d'arithmétique dans , un petit exercice sur les congruences niveau terminale S. Il est stipulé que l'on doit parler de cet exercice sans le résoudre. Croyant que la bière fait encore effet sur moi, je relis l'énoncé. Non, non pas d'erreur. J'attends donc tout le temps de ma préparation, ne voyant pas trop quoi faire.

A l'issue de ma préparation (enfin de ma sieste), je suis conduit auprès du jury. Cette fois-ci un spectateur. Je parle pour ne rien dire (en fait j'explique comment on devrait enseigner l'arithmétique de Z en terminale S spécialité maths, ce qui est particulièrement risible quand on sait que j'étais spécialité bio en terminale). Je raconte ma vie et je dois tenir dans les environs de 6 minutes. S'ensuit des questions loufoques de gestion de tableau et autres joyeusetés. On me demande aussi quelles applications j'entrevois à la calculatrice. personnellement, je ne pense pas qu'une machine soit nécessaire pour faire des mathématiques mais c'est un avis personnel hein. J'en ressors en me disant que c'était pire que la veille.

A la sortie, mon spectateur me dit que je me suis vraiment bien débrouillé, ce à quoi je rigole bien et lui souhaite bon vent. Au moment de récupérer mes affaires dans la salle de préparation, un surveillant vient me voir et me dit que le président du jury du capes souhaite me rencontrer. Là je me dit que mes exploits de la veille ont du être raconté et qu'il veut me rencontrer personnellement pour se moquer de moi. En fait, pas du tout, il me dit qu'il sait que je vais passer les oraux de l'agrégation et que si jamais je suis reçu aux deux concours, il serait gentil de démissionner du capes pour que je puisse laisse ma place à quelqu'un d'autre. Je me dis: "pas de risques..." Après être repassé une deuxième fois dans la salle de préparation ayant oublié encore ma carte d'identité, je sors donc de cette parabole humoristique.

Néammois je me dis que face au stress enduré, cela m'a bien préparé pour mes futurs oraux lors de l'agrégation. Je passe donc ces derniers jours à peaufiner ma préparation.

Arrive les oraux de l'agrégation et là l'ambiance est tout autre. Le jury est extrêmement pointilleux et pointu. Ici, je ne suis pas surpris par la tenue des oraux même si j'en bave énormément. J'enflamme la craie à de nombreuses reprises, je tente désespérément de démontrer ce que l'on me demande, je bute pas mal sur l'irréductibilité des polynômes (et non tout n'est pas si simple que dans ou !).

Finalement après trois jours intensifs, j'en ressors lessivé et peu confiant quand à mes chances de réussite.

Arrive finalement les vacances et le temps de l'attente. Les premiers résultats à sortir sont ceux de l'agrégation: refusé. Et merde...bon tant pis, je retente ma chance l'année prochaine. Pendant ce temps, je repense au capes et je me demande quel va être mon classement. Dernier, avant dernier, antépénultième? Si phi représente la courbe des rangs des refusés, phi présente t elle une discontinuité de deuxième espèce au voisinage de mon rang?

Et puis un jour, coup de téléphone d'un ami qui passait le capes de mathématiques et seulement le capes, qui me dit qu'il est refusé. J'essaye de le consoler comme je peux et il me dit:"tu peux parler, toi l'admis!". Passé l'instant de suffocation, je vais voir la liste des admis et là pas de doutes, je suis admis au capes! En plus mon classement est pas mal du tout.

Le comble est ma note à l'épreuve dite de pédagogie où je passe le 15. Incroyable, on peut avoir le capes de maths sans aucune préparation. Il suffit d'y aller. On peux même s'enfiler un pack de bière entre les deux jours de préparation, pas de problèmes!

J'ai donc effectué un report de stage et c'est donc en tant que certifié que j'ai retenté ma chance à l'agrégation externe. A la fin, j'étais devenu une sorte de zombi à force d'enchaîner les semaines à 90 heures. Là encore je suis admissible et obtient donc directement le statut de bi-admissible.

Arrive les oraux:

Algèbre:J'ai choisi nombres premiers.J'ai fait un plan de 3 pages et proposé 3 développements:
- Le théorème de Sophie Germain.
- Les théorèmes de Sylow.
- Une preuve du théorème de Bachet utilisant les réseaux.

ça s'est bien passé. Après au niveau questions ils m'ont proposé des exos et ils m'ont questionné autour de la conjecture de Riemann et plus particulièrement liens nombres premiers et fonction dzeta de Riemann.
Je le sentais bien cet oral. Verdict: 17.75.

Analyse:J'ai choisis utilisation de la dénombrabilité en analyse et en probabilité.La aussi 3 pages et 3 développements:

- Densité de l'espace des fonctions continues nulle part dérivable dans l'espace des fonctions continues.
- Le théorème de Banach Steinhaus et une application: existence de fonctions continues 2 pi périodique différentes de leur série de Fourier.
- Le théorème de Schur.

La aussi des exos en questions et pas mal de questions sur les cardinaux de tribus et sur les topologies non métrisables.

Je le sentais moyen.Verdict: 17.

Modélisation:Un texte sur les réseau de Bragg.Je le sentais très mal.J'ai réussi quelques questions (notamment sur Lyapounov).Verdict:04.

Finalement, j'ai été admis à l'agrégation externe de mathématiques. Alors que conclure de tout cela? Je crois qu'entre le capes et l'agrégation, il y a un gouffre monumental! Si on a un peu de bagout et qu'on a un niveau prépa, ça passe à l'aise pour le capes (il faudrait nuancer entre les matières mais de mon expérience, cela se ressemble beaucoup entre les différents capes).

L'agrégation externe est un concours de toute beauté mais il faut être conscient que pour la décrocher cela demande des efforts colossaux et que cela ne suffit pas. Il faut parvenir durant la préparation à évoluer, prendre de la distance face aux notions envisagées. Et puis, l'agrégation est un programme général titanesque. Même en deux ans, on ne peut pas en faire le tour, loin s'en faut.

Alors concernant le capes et le M2, je conseille sans hésiter de mener les deux de front! En tout cas, bon courage à toi!
Ce que j'ai présenté comprenait environ 80 pages mais la moitié était composée de travaux divers (historiographie, bibliographie, iconographie, etc). La rédaction des autres chapitres ne devrait pas poser problème dès que j'aurais classé, croisé et traité les sources obtenues aux archives.

Pour le double cursus je dois dire que je ne sais pas très précisément comment cela se passe. Le contexte actuel n'arrange pas les choses et tout ceci reste assez flou pour le moment (en tout cas pour moi ^^). Mais je devrais effectivement m'inscrire au Capes et continuer mon travail de recherche dans les vieux papiers.

(En gros : Le contrôle des esprits par l'administration préfectorale sous Napoléon Ier)

Merci en tout cas d'avoir partagé ton expérience Cercle.
Citation :
Publié par Cercle
Le comble est ma note à l'épreuve dite de pédagogie où je passe le 15. Incroyable, on peut avoir le capes de maths sans aucune préparation. Il suffit d'y aller. On peux même s'enfiler un pack de bière entre les deux jours de préparation, pas de problèmes!
Quand on passe l'agreg, c'est que l'on maîtrise quasi totalement le programme du CAPES, en particulier en Maths. Histoire ca peut être bien différent.

Il n'y a pas "aucune préparation", il y a 90h/par semaine sur un programme de math plus complexe et plus riche.

Ok, tu n'avais peut être pas les plans en têtes pour faire un exposé, ok tu avais peut être quelques trous sur certains sujets, mais tu avais tout les outils pour le faire.
Citation :
Publié par Gotran Wilson
Ce que j'ai présenté comprenait environ 80 pages mais la moitié était composée de travaux divers (historiographie, bibliographie, iconographie, etc). La rédaction des autres chapitres ne devrait pas poser problème dès que j'aurais classé, croisé et traité les sources obtenues aux archives.
Si ton PIR s'est bien passé et que ton directeur de mémoire semble satisfait, tu as déjà fais une grosse partie du travail, c'est déjà ca.

Sinon, je ne dis toujours pas de conneries, tu ne t'inscris pas au CAPES. Tu t'inscris au master enseignement qui te donne le droit de t'inscrire au CAPES, même si par exemple, tu as déjà un M2 en Histoire (j'ai un ami dans le cas, qui a un master en Histoire Contempo et qui se retape 2 années de mater enseignement).

Donc mon conseil, avant de prendre une décision, c'est d'interroger ton UFR (enfin, maintenant faut de nouveau dire " faculté" ) et voir les modalités. Et surtout voir la plaquette de cours de ton master enseignement.

Tu es à quelle faculté ?
Citation :
Publié par Carminae
Si ton PIR s'est bien passé et que ton directeur de mémoire semble satisfait, tu as déjà fais une grosse partie du travail, c'est déjà ca.

Sinon, je ne dis toujours pas de conneries, tu ne t'inscris pas au CAPES. Tu t'inscris au master enseignement qui te donne le droit de t'inscrire au CAPES, même si par exemple, tu as déjà un M2 en Histoire (j'ai un ami dans le cas, qui a un master en Histoire Contempo et qui se retape 2 années de mater enseignement).

Donc mon conseil, avant de prendre une décision, c'est d'interroger ton UFR (enfin, maintenant faut de nouveau dire " faculté" ) et voir les modalités. Et surtout voir la plaquette de cours de ton master enseignement.

Tu es à quelle faculté ?
Effectivement tu dois avoir raison concernant l'inscription au master enseignement. Je me renseignerais sur ce point de toute façon.
Sinon je suis à la fac de Rouen et toi ?
Citation :
Publié par Vanite
Quand on passe l'agreg, c'est que l'on maîtrise quasi totalement le programme du CAPES, en particulier en Maths.
Je ne pense pas, l'agrégation ne constitue pas un CAPES amélioré. En mathématiques (après avoir consulté les programme du capes, il y a peu...) les programmes du capes et de l'agrégation sont bien distincts et particulièrement aux oraux où les attentes sont radicalement différentes. Au capes, j'ai eu la sensation que l'on évaluait les compétences pédagogiques au détriment du contenu. A l'agrégation, c'était tout l'inverse, il fallait être une brute en enchaînant les tableaux à la craie à la force du poignet. Par contre, je t'accorde le fait que de préparer les écrits de l'agrégation m'a permis de bien me débrouiller pour les écrits du capes.

Je reste néanmoins sur une vision mitigée du capes. Je ne pensais pas du tout que dans ma condition il eut été possible de le décrocher. Je l'aurais passé dans les même conditions en sortant de spé, je pense que je l'aurais eu. C'est pourquoi je pense réellement que l'on peut passer le M2 en même temps que le capes et obtenir les deux. Par contre, pour l'agrégation, à moins d'être un ovni, cela me parait totalement insensé de tenter les deux à la fois.

Sinon, oui, pour les inscriptions à ces concours, les conditions d'inscriptions ont changé. Il vaut mieux se renseigner avant.
Citation :
Publié par Gotran Wilson
Effectivement tu dois avoir raison concernant l'inscription au master enseignement. Je me renseignerais sur ce point de toute façon.
Sinon je suis à la fac de Rouen et toi ?
Non, de Strasbourg. Et la plaquette du master Enseignement est vraiment dévastatrice, elle n'est pas encore publiée, mais je l'avais en avance, vu que je suis au conseil d'UFR, on a celle la plus " proche " que celle voulue par le gouvernement, c'est à dire la pire... Avec des sciences connexes, comme la paléographie, par exemple.

Dans le nouveau master enseignement, du moins à Strasbourg, tu as plus de modules de master recherche que de préparation au CAPES. Tu ne devrais donc pas être trop déboussolé, vu que (du moins à Strasbourg, une fois encore) les séminaires sont communs au master enseignement/recherche.
Citation :
Publié par Gotran Wilson
Je vais dans quelques mois commencer avec plaisir l'année de M2 en fac d'Histoire. Mon directeur de thèse semble être satisfait de mon travail de M1 et m'a conseillé de préparer le concours du Capes durant la même année que la réalisation et la finalisation du M2. Je ne doute pas du bien fondé de cette idée seulement le projet m'affole quelque peu. J'apprécie de pouvoir faire de mon mieux pour mon travail mais l'idée de devoir peut-être consacrer davantage de temps au concours au détriment par exemple de la réalisation du mémoire me perturbe réellement.
Je suis le seul à pas comprendre ? Tu as un directeur de thèse alors que tu es en M1 ?

Quant aux conseils de Cercle, tous ceux qui ont échoué à plusieurs reprises au*CAPES apprécieront sa description du « le CAPES, même en y allant en branleur, c'est les doigts dans le nez ». Oui oui, vas y, prépare ton mémoire et le CAPES, puis pourquoi pas l'agreg, ta thèse en dans la foulée (si tu torches bien ton mémoire, en 6 mois la thèse est pliée) et pourquoi pas un autre M2 dans un autre domaine complètement différent. La vie est trop courte pour faire qu'un seul truc à la fois.
Citation :
Publié par Pitit Flo -TMP
Je suis le seul à pas comprendre ? Tu as un directeur de thèse alors que tu es en M1 ?
En histoire, c'est très courant de commencer ses travaux de recherche dès le début de la maîtrise : mémoire master 1, mémoire master 2 qui creuse le 1, thèse dans la foulée.

Accessoirement, j'aimerais signaler aux participants de ce fil que les différents capes et agrégations demandent des efforts de nature très différente selon la matière choisie : par exemple, on peut cumuler sans (trop) de soucis agrégation, capes et certains masters de maths puisque les préparations sont assez similaires (en mettant de côté l'aspect pédagogie, qui de toute manière n'est enseignée nulle part, donc bon) ; en physique, il est impossible de cumuler agrégation et master puisque le temps de préparation des montages est trop grand (compter un tiers de la journée facilement).
Donc, pour l'histoire, le mieux est de faire un /tell Toutouyoutou ou Aloisius (ou Miajong ?) pour leur demander directement. My 2 cents.
Citation :
Publié par Bratisla
en physique, il est impossible de cumuler agrégation et master puisque le temps de préparation des montages est trop grand (compter un tiers de la journée facilement).
C'est ce qui est pourtant courrement fait par les élèves normaliens, ils me semblent.
Citation :
Publié par harermuir
C'est ce qui est pourtant courrement fait par les élèves normaliens, ils me semblent.
En physique ? Le temps de mettre au point un montage qui fonctionne, avec tout ce que ça implique en terme de pannes de matériel, de protocole à corriger, d'entraînement, est trop important pour permettre de suivre un master à côté, sauf monstre. C'est une bête question qu'il n'y a que 24 heures dans une journée, et qu'il faut bien en bouffer 5 à 6 pour s'entraîner sur le matériel, génie ou pas (par exemple, manipuler l'oscilloscope qui fait spectre, apprendre à ne pas se faire avoir avec les différences d'impédance et rajouter un AO suiveur si besoin, apprendre où faire les mesures sur le banc moteur ...)
En tout cas je n'ai pas connu de normalien en physique cumulant agreg et master, ce n'est donc pas si courant que ça :]
par contre j'en ai connu un qui a fait du 80h/semaine pour tout boucler à la Noël et pouvoir faire la fête après :ahem:

/edit par contre, en mathématiques, c'est "courant" vu qu'ils se reposent entièrement sur leur intellect affûté et non pas ce [censuré] de matériel de [censuré] qui tombe en panne ou est squatté par ces autres [censuré] d'agrégatifs qui en ont besoin. Il fut même un temps où la hiérarchie obligeait les mathématiciens à faire master+agreg.
Ça tombe bien, les normaliens n'ont pas à posé ce genre de question à la Taverne, vu que le principe de l'ENS, c'est quand même d'être lourdement chouchouté pour tout réussir.

L'an passé, je t'aurais dit "ça peut gérer", mais à présent que la réforme est arrivée, je ne te le conseille pas trop. Théoriquement (je soupçonne les profs de lire leurs plaquettes dans le marc de café tellement rien n'est clair dans cette réforme), tu auras une espèce de mini mémoire de recherche à traiter au sein de ton master enseignement. C'est ce qui se raconte dans ma fac, mais je ne jure pas que c'est fiable.

Si ça se trouve, t'as même pas le droit -dans ta fac- de faire un master recherche et un master enseignement. Renseigne-toi auprès de tes profs, la rentrée n'est plus très loin, ils doivent donc avoir une vague idée de la politique de leur établissement vis-à-vis de cette question.

Ensuite, réfléchis à ce que tu veux faire. Si t'as aucun souci de pression familiale ou de tune, lance-toi d'abord dans la recherche, c'est quelque chose de dur, mais de très enrichissant. Sachant que si tu veux poursuivre en thèse, il te faudra l'agreg (et un bon réseau) à un moment ou à un autre pour pouvoir en faire quelque chose (ex : un poste d'enseignant-chercheur). Si t'as pas trop de tunes, tente le master enseignement et obtient ton capes. Une fois que tu seras payé, tu pourras te lancer dans la recherche sans craindre les vaches maigres.

Pour poursuivre le hs capes/agreg en même temps, jusqu'à cette année, c'était possible en Histoire, parce que les deux programmes étaient identiques ou presque (on rajoute vingt ans ou une ère géographique pour l'agreg à la rigueur). Maintenant, les deux programmes seront différents, autant dire que c'est plus possible à moins d'être un caïd de l'Histoire, et malgré ma grosse xp dans ce milieu là, je peux vous dire que c'est ultra rare, et beaucoup trop de boulot. Ne serait-ce parce qu'en Histoire, t'as trois théories pour le même événement et dix auteurs à connaître pour chacune de ces théories. Ca devient vite exponentiel. (si tu passes le capes, suis mon conseil : blinde ta copie de références "trucmuche remarque dans La guerre des bidules que ..." J'ai optimisé tous mes résultats de concours avec ça)
A titre personnel, en maths, j'ai passé le CAPES et la Maîtrise (ce qui est devenu M1) en même temps, j'ai été admissible au CAPES sans le préparer (j'avais vu le programme les années d'avant), mais je ne suis pas allé à l'oral. Autant à l'écrit ça peut largement passer si tu as déjà les connaissances, autant l'oral nécessite un bon vieux bachotage des familles, apprendre les plans des différents sujets d'oraux, maîtriser les programmes d'enseignement du secondaire, connaître les bouquins autorisés par coeur, etc. Le jury attend des choses très spécifiques, des points précis qui ne s'improvisent pas.

Je pense qu'on peut faire les deux en même temps, mais si tu veux vraiment le CAPES, apprête-toi à vraiment t'y consacrer entièrement à partir de mars, je dirais, tout en finissant correctement ton mémoire de M2. C'est beaucoup de boulot et de motivation que de courir deux lièvres à la fois, mais ça me semble faisable.
Citation :
Publié par Pitit Flo -TMP
Je suis le seul à pas comprendre ? Tu as un directeur de thèse alors que tu es en M1 ?
Lapsus révélateur sachant que j'aimerai bien poursuivre après !

Citation :
Ca devient vite exponentiel. (si tu passes le capes, suis mon conseil : blinde ta copie de références "trucmuche remarque dans La guerre des bidules que ..." J'ai optimisé tous mes résultats de concours avec ça)
C'est bien ce qu'il ma semblé dans plusieurs lectures concernant la préparation au Capes. Quel ouvrage conseillerais-tu ?

Faut dire que mon directeur nous pousse à préparer au plus vite les concours avant probablement de nouvelles ''restructurations'' du gouvernement en la matière. Il semble bien difficile de savoir jusqu'à quel point les mesures vont modifier ce qui existait depuis un bon moment.
Puis effectivement la préparation du Capes, comme de l'agrégation, semble bien différente selon la matière. 6% de recus pour l'agrégation, en compétition directe avec les Normaliens, ca révèle bien la nécessité d'une préparation optimale.

Qui ne tente rien...
C'est un gouffre de différence ! Pour les intéressés :

Capes
Citation :
Histoire
Rome et l’Occident, de 197 avant Jésus-Christ à 192 après Jésus-Christ (Gaules, Germanies, Bretagne, Sicile, Corse, Sardaigne, provinces alpestres, Rhétie, péninsule ibérique).
Le Prince et les Arts, du XIVe au XVIIIe siècle en France et en Italie (nouvelle question).
Le monde britannique de 1815 à 1914.

Géographie
La France en villes (nouvelle question).
L’Europe.
Nourrir les hommes.
Agreg
Citation :
Questions nouvelles
Histoire médiévale
Structures et dynamiques religieuses dans les sociétés de l’Occident latin, du troisième concile de Latran (1179) à la fin du concile de Bâle (1449).
Histoire moderne
Les circulations internationales en Europe de 1680 à 1780.
Géographie
La France urbaine.

Questions maintenues
Histoire ancienne
Rome et l’Occident, de 197 avant J.-C. à 192 après J.-C. (Îles de la Méditerranée occidentale (Sicile, Sardaigne, Corse), Péninsule ibérique, Gaule (Cisalpine exclue), Germanie, Alpes (provinces alpestres et Rhétie), Bretagne.
Histoire contemporaine
Le monde britannique de 1815 à 1931.
Géographie
L’Europe
L'Antique et la Contempo demeurent similaires de même que la géo, mais pour la combo Médié-Moderne (je suis toujours aussi sciée qu'ils osent un truc pareil) et ce qu'il y a en face à l'agreg (les deux questions sont un très beau fourre-tout), y'a pas photo, faut être un pgm ou un normalien (admissibles gratos au Capes)

Par contre pour te refiler des références, je suis pas une experte et je m'auto-saborde depuis un certain nombre d'années (olol l'historienne qui n'a jamais suivi un cours d'Antique ou de Médiévale), mais pour "Le Prince et les Arts", lis La Cour de Solnon. C'est pas mauvais et c'est clair, et ça te permettra d'avoir un premier aperçu de l'appareil qui fait fonctionner le mécenat en France (ma connaissance du mécénat italien remonte à mon bac autant dire que c'est vraiment loin, donc je ne tenterais rien. Juste ce lien (sauf pour les mineurs et les personnes sensibles) pour détendre l'atmosphère. Observez bien l'action du tableau à gauche d'Hercule (au dessus de la fenêtre) ou comment le glaive de Vulcain se dirige adroitement vers le postérieur de Mars tout à gauche (bon ça se voit mieux IRL) Tout le Palazzo Te, commande du Prince de Mantoue, est du même acabit). En plus, je pense que tes profs en débattront, mais "Prince", ça peut être le Roi ou n'importe quel Grand local, selon la manière dont tu axes ou sera axée la problématique. Surtout qu'en France, si le Roi joue vraiment le jeu, toute la noblesse a un rôle de tremplin des artistes vers le roi (comme maintenant : tu fais ton cd dans une major rikikite avant de looter un contrat chez Universal). Dans mes souvenirs Solnon en parle, même s'il reste dans une dynamique très Eliasenne. (du nom de l'auteur de La société des moeurs, Norbert Elias)

Perso j'ai tenté Chartes et pas le Capes, mais vu que le niveau est le même (avec les mêmes correcteurs) je pense que ça doit marcher aussi. J'avais honteusement pompé toutes les références que j'avais pas le temps de lire dans les critiques de livres qu'on trouve à la fin des revues historiennes. Ici L'Histoire, c'est parfait : longue critique, mise en avant de la thèse de l'auteur, reste plus qu'à retenir le nom et la référence. Hésite pas à piocher dans les livres d'Histoire de l'Art : y'a de belles images, des titres d'oeuvres commandés par les Princes et ça fait de la connaissance "exotique", d'autant que les livres d'histoire du mécénat italien du Quattrocento sont surtout écrit en italien. Y'a pas mal de choses aussi dans un manuel que t'as du lire les deux Cornette L'Affirmation de l'État absolu, 1498-1652, et Absolutisme et Lumières, 1652-1787. Y'a plein d'encarts marrants avec des explications dedans (et des références). J'ai failli bosser sur l'Art des jardins au XVIe siècle à cause de ces livres.

La solution sinon, c'est d'écouter son prof et de noter tous les bouquins qu'il cite ainsi que les idées principales des auteurs et courants qu'il évoque. Ca peut suffire. (en plus d'un travail acharné )

Edit : Ah, je sais pas ce que ça vaut, mais je viens de le croiser sur le net : Le Prince et la musique, Jean Duron, Béatrix Saule, il vaut peut-être le coup d'oeil.

Edith de l'Eddy : j'en écris vraiment des masses pour rien
Lut,

J'ai préparé CAPES/AGREG histoire et si tu veux avoir une chance avec l'un ou l'autre, je te déconseille de faire un M2 en même tps.

Le programme est conséquent et tu te dois de faire un max d'entraînements pour chopper la "méthode concours".

Bref, je te déconseille, surtout si tu compte tenter l'AGREG la même année. De plus, si tu regardes les postes à pourvoir, ça descend, donc le concours est de plus en plus sélectif.

Poursuivre en thèse ? Réfléchis bien. Si tu as un bon piston (les M de Conf sont cooptés par leurs collègues :"On aime travailler avec des gens qu'on connaît" qu'ils disent...) et l'AGREG en poche, tu as des chances de passer Maître de conférence à la fac, après quelques années ds le secondaire.

Sans L'AGREG et le piston, c'est peine perdue. Donc ton joli Doctorat, en France, ne te servira pas à grand chose. Hormis une satisfaction personnelle.
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