[Nouvelle bâclée] Un bocal.

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C'est un personnage qu'on retrouvera dans la nouvelle que je compte écrire un jour (souvenez-vous du projet d'écriture collective...) quand j'en aurai le temps. Je vous le présente ici.

Citation :
Tout en relisant le formulaire des douanes, Dimitri se grattait l’aisselle sans conviction : les cloques qui lui couvraient la moitié du corps n’allaient pas le laisser en paix pour si peu. Ses médicaments resteraient bloqués pendant un temps indéterminé à la frontière chinoise. Ce que le formulaire n’expliquait pas, c’était à qui verser le bakchich salvateur.

« Je t’ai pas raconté comment j’ai perdu mon dernier corps ? » La voix de crooner qui grésillait dans le haut parleur avait quelque chose de ridicule.
« Non, et je m’en fous, Bob. Cherche-moi plutôt l’organigramme des douanes de l’Amour, au lieu de radoter ».
« Je m’appelle pas Bob. Côté chinois ou côté Russe ? »
« Kotchlev, ça sonne pas mandarin, que je sache ? Je veux savoir quels sont les supérieurs de ce salaud qui a signé ce truc. Et ses subordonnés aussi, y’en aura bien un dans le lot qui pourra me laisser passer mon colis pour moins cher ! Je vais quand même pas pourrir sur place pour pas pouvoir payer trois doses et deux putes à ce minable ! »
« Oh, on s’y fait… Moi, la dernière fois, c’était après avoir été mal recousu. Faut dire que c’était de la récup, l’abdomen venait de Magnitogorsk, et les muscles avaient sans doute pris trop de radiation de toute manière. Je te dis pas la gueule des clients du manège quand ils ont reçu mes tripes sur la gueule ! Heureusement, il y avait un extracteur derlin dans la pharmacie du parc… »
« Ta gueule j’ai dit, bosse ! »

Dimitri contempla les tubes de fréon qui refroidissaient le bocal de « Bob ». Comme souvent depuis qu’il avait acheté la cervelle de ce décorporé, il songea à couper l’alimentation.
« C’est simple, Bob, tu la boucle et tu fais ce que je te dis. Ou alors tu vas rejoindre la décharge la plus proche. »
Les leds du modem-radio s’affolèrent.
« Là, comme ça, en silence. Et ne t’avise pas d’appeler je ne sais qui comme la dernière fois. Le contrat est passé depuis 3 jours, tu n’es plus qu’un bout de truc spongieux dans un bocal. Donc si tu veux pas aller flotter dans de la vrai merde, tu te dépêche de m’en sortir. Je reviens dans 20 minutes »
Boitant jusqu’à la porte, Dimitri quitta la pièce surchauffé et les mouches qui y bourdonnaient pour aller se réfugier sous la douche. Il n’entendit pas le haut-parleur grésiller doucement :
« Enfoiré ! »

Trouver les noms ne lui demanda pas grand effort : les systèmes de l’administration de l’U.E.A. étaient une passoire, et pratiquement tous les gardions étaient corrompus jusqu’à leur moelle de silicium. Il trouva aussi vite les dossiers de chacun des fonctionnaires de la douane concernée.

Le chien de garde logiciel l’empêchant de penser de telles choses par lui-même, Andrei chercha sur le réseau un extrait « d’American psycho », remplaçant ensuite les noms, propres ou communs, désignant la victime par « Dimitri », avant de lire et de relire en boucle le résultat de l’opération. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour passer sa frustration. Dimitri avait placé les ressources de l’ordinateur sous une surveillance logicielle farouche, et il ne lui en restait pas assez pour se créer une arène de combat.

Le plus difficile était de ne pas sombrer dans la folie, de garder son calme : il serait jeté aux chiottes publiques dans l’heure s’il pétait un câble. Et Andrei voulait vivre. Re-vivre, encore une fois. Il fallait supporter la tyrannie de petites merdes comme Dimitri, supporter d’être traité comme un esclave, une machine, par des gens n’ayant pas vécu plus d’une fraction de sa vie à lui. Etouffer son orgueil, et s’appuyer dessus. Ses comptes en banques croissaient régulièrement. Il était déjà cinq fois plus riche que Dimitri, grâce aux sommes pourtant mineures qu’il lui avait volé. Dans deux ans, il serait assez riche pour s’offrir une cure neurale. Dans trois ans, il pourrait s’offrir un synthé-corps, solide celui-là. Dans cinq ans, ou peut-être plus tôt, il pourra contracter l’élimination de Dimitri, et son transfert dans son nouveau corps. Patience, patience, il sera libre et riche pour fêter dignement ses 300 ans.

En attendant, il devait continuer à servir ce semi-mafieux de troisième zone, et espérer que la maladie qui rongeait son maître ne progresserait pas trop vite.
« Tu as les infos que je t’ai demandé ? »
« Oui. Et un peu plus : le sous-lieutenant Kassinsky a une enquête administrative sur le dos. Il serait certainement ravi de savoir lequel de ses collègues s’est chargé de le balancer, et qui s’occupe de l’enquête. Tu devrais avoir ton colis sans frais supplémentaires, si tu te débrouille bien. »
« Merci tas de ferraille. Tu vois quand tu veux… Je te laisse le contacter, Bob, tu fais ça très bien, je sais. »
« A vos ordre, chef »
Si une cervelle dans un bocal pouvais sourire… Les instructions de Dimitri étaient complètement floues, le chien de garde ne lui poserait aucune difficulté pour passer un deal suivant ses propres termes. Dans quelques heures, il serait un peu plus proche de la liberté.
Citation :
Provient du message de Lancy :/
Je ne t'ai pas lu. Mais j'ignore pourquoi.

flooooooodddddd !!!!! ch'lai vu chui l'preums smoi !!!!!!



hum ... broum broum <toussote>

sinon ouai spa trop mal .
Message supprimé par son auteur.
Re: [Nouvelle bâclée] Un bocal.
Citation :
Provient du message de Aloïsius
C'est un personnage qu'on retrouvera dans la nouvelle que je compte écrire un jour (souvenez-vous du projet d'écriture collective...) quand j'en aurai le temps. Je vous le présente ici.
Ah oui tiens au fait ?
Re: Re: [Nouvelle bâclée] Un bocal.
Citation :
Provient du message de Ernarandua
Ah oui tiens au fait ?
C'est pas mort... Mais ça ne bougera sans doute pas avant juillet, de mon côté.
Je trouve les mots trop sales. C'est sans doute plus facile d'écrire comme ça pour poser l'ambiance, mais ce n'est ni nécessaire, ni original, je pense. Dommage.
Angry
Les sots sont mâles
les mots ne seront jamais sales lors d'un processus de création madame, ou monsieur Ensahmet - et ce n'est pas "la facilité" connaissant monsieur Aloïsius personnellement. Il arrive tout aussi bien à créer des ambiances en utilisant un vocabulaire plus commun...


Continuez monsieur Aloïsius !
Citation :
Provient du message de Rakay
Plaisant à lire, j'aime la façon dont du poses ton décor.


Citation :
La suite avant juillet stp
Ah, oui, mais nan, en fait .

@pooka : merci pour les encouragements et de prendre ma défense . Je pense comprendre ce que Ensahmet veut dire, on peut faire glauque et déglingué sans utiliser de grossièretés, sans doute, mais ça demande beaucoup plus de temps, et ça pose le problème du réalisme, diantre ! Quand à inventer des gros mots qui n'existe pas, autre possibilité, c'est rigolo mais ça demande du temps aussi et c'est pas plus "propre" au bout du compte.
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