Publié par Malgaweth
Si le débat n'est pas le même (mariage homo et mariage bigame/polygame) c'est techniquement qu'il diffère et pas sur le fond des idées.
C'est quand même hallucinant de voir où on peut s'enfoncer en niant des évidences.
Le truc, c'est que tu prends le problème par le mauvais bout en voyant dans la revendication tendant au mariage homosexuel une revendication qui touche l'institution du mariage et non pas une revendication qui vient dans l'évolution naturelle de la société. Or, je ne pense pas qu'on puisse raisonner seulement vis-à-vis du mariage.
Notre culture tend à l'effacement de la différence entre les sexes, aboutissement du processus d'évolution du rôle de la femme dans la société (émancipation, travail, rôle social égal). A partir du moment où on reconnaît l'égalité totale entre l'homme et la femme, le couple n'est plus un ensemble qui trouve son équilibre dans sa dissymétrie, c'est la rencontre de deux "parties" égales qui s'accordent. Dès lors, que ces deux parties soient des hommes ou des femmes, on n'en a plus rien à faire, ce n'est pas ça qui va porter atteinte à la cellule familiale telle qu'on l'entend, fondée sur un couple. Le seul obstacle est la reconnaissance de l'égalité entre attirance entre personnes de sexe opposé et attirance entre personnes du même sexe, et il est déjà franchi.
Dans cette vision des choses, si le Code civil a un train de retard, ce n'est pas dans sa définition du mariage, c'est dans la prise en compte du sexe des individus, qui n'est plus fondée (considérations reproductives mises à part, mais là encore, exit).
La polygamie, en revanche, est totalement hors de notre culture, et j'ajouterais même qu'elle est le propre de cultures dans lesquelles l'homme exerce une domination sur la femme. Je parle bien sûr des cas majoritaires, et pas de ces hypothétiques ménages à trois dont on n'a aucun exemple. Accepter la polygamie, c'est accepter de facto de telles situations dans notre cadre légal, et c'est une toute autre histoire, parce que ça ne correspond pas à notre société, à ses principes fondateurs. Quoiqu'on en dise, notre société est encore attachée au couple comme fondement familial, et si l'adultère ne choque plus, c'est en tant que pratique sexuelle, et pas en tant que mode de vie devant être reconnu par la société sous peine d'injustice. Je ne dis pas que le détachement ne pourra pas se faire, mais ce sera cette fois bien une remise en question totale du couple et de notre vision culturelle de la famille, qui n'est pas du tout à l'ordre du jour : on portera bel et bien atteinte au mariage même tel qu'on l'entend.
A noter que le débat n'est d'ailleurs pas du tout le même sur le plan de l'injustice concernant les enfants, puisque, dans le cas des relations multiples, il a été réglé il y a bien longtemps par la reconnaissance de la filiation adultérine et naturelle au même niveau que les autres.