Destinée.

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Destinée.



Présentation.

Bonjour à vous curieux étrangers. Mon nom est Lindaron Ecthuviel, barde elfe sylvain et occasionellement écrivain. Je vais bientôt avoir 228 ans, aussi, peu de choses m'étonnent encore de nos jours, si ce n'est la folie de la guerre. Depuis deux siècles, je parcours les contrées de Ganareth, glanant toutes sortes d'histoires, de légendes, de contes, de mythes, que j'apprends afin de pouvoir les raconter à mon tour. La plupart du temps, j'écris ces histoires afin qu'il en reste une trace écrite et que ce savoir souvent considéré comme incertain puisse perdurer à travers les âges. Après les avoir soigneusement rédigés et classés, je dépose mes ouvrages dans la bibliothèque de mon village natal ou je reviens régulièrement voir mes frêres.
Enfin, ce n'est pas pour parler de cela que je suis en ces lieux.

Il y a environ deux semaines, alors que je marchais près d'un étang non loin de Al-Drifa, je tombai brutalement nez-à-nez avec un viellard. Je ne sais par quel sortilège cet individus s'est ainsi retrouvé devant moi, mais ce dont je suis sur, c'est qu'il n'y était pas une seconde plus tôt. Bref, je tombai donc face à cet étrange personnage qui s'approcha lentement de mon visage. L'homme (car, c'était bien un homme.) semblait, pour un humain, très agés. Son visage était marqué de nombreuses rides et il se tenait tristement vouté. Cependant, une étrange lueur brillait dans ses yeux. Une sorte d'intincelle de jeunesse, aucunement altérée par le poids des ans, un pétillement de sagesse et d'intelligence se lisait dans ce scintillement. Ses yeux se plongèrent dans les miens. Il me regarda intensément. Il sonda mon âme. Je sais, cela peut paraître enfantin, mais je ne puis exprimer cet étrange sensation que par cela. Il me sonda.

Cela ne dura que quelques secondes, des secondes qui ma parurent durer une éternité ; ce fut une vie entière qui défila sous mes yeux. Je me revis enfant, jouant avec mes congénères, adolescent, parcourant ma foret, je revis toutes ces années passées à errer à travers le monde en quête de conaissances...tout cela en une poignée de secondes.
Le vieillard cessa soudainement de me fixer et son visage changea. Visiblement, il semblait agacé par quelque chose.

-Vous le faîtes exprès? me dit-il en fronçant les sourcils.
Je le regardai sans comprendre.
Son visgae s'empourpra légèrement.
-Vous ne voyez pas que vous êtes sur mon chemin!

Je ne pus même pas répondre, le ton étrangement impérieux me laissa sans voix.
Je le laissai passer et le regardai partir sur la route. Au bout de quelques mètres, il se retourna et me regarda, visiblement encore plus courroucé.

-Et bien, vous venez? cria-t-il, je ne vais pas y passer la nuit enfin!

Hébété, je le suivai sans rien comprendre.
Il m'entraina rapidement hors du sentier et nous nous enfonçâmes dans les bois. Alors, pour la première fois depuis qu'il m'était apparu, j'observai cet étrange humain. Il était vêtu d'une ample robe de velours gris et un chapeau haut et pointu était fièrement posé sur son crâne qui d'ailleurs, était étonnament fourni en cheveux. Ces derniers étaient bouclés et blancs et retombaient en désordre sur ses épaules affaissées. Une barbe relativement longue lui donnait parfois l'air d'un nain (bien que moins laid je vous l'accorde...).

Je ne sais combien de temps nous vagabondâmes ainsi dans l'épaisse forêt, mais, le mage (car il m'apparait évident qu'il en était un) tint toujours un rythme soutenu et ne faiblit jamais. Si je n'avais été accoutumé à parcourir de longues distances, j'eus été honteusement distancé...
Enfin, nous arrivâmes là ou le thaumaturge semblait finalement vouloir nous mené..
-Nous y voilà, s'exclama-t-il bruyament.
Il accourut devant un immense arbre, certainement centenaire à en juger par l'épaisseur de son tronc et la hauteur insondable de sa cime.
-Quel est cet étrange arbre? lui-demandai je, Je connais tous les arbres vivant sur Ganareth et celui-ci m'est totalement inconnu. Pourtant, je suis certain de le connaître, c'est forcément un arbre que je connais, il est impos...
-Vous ne connaissez surement pas cet arbre Lindaron, me coupa-t-il séchement tout en se raprochant de moi. Comment je connais votre nom? Boaf, vous avez du me le dire.
Il se campa devant moi et me regarda gravement.
-La crédulité est un signe d'ignorance, mais l'incrédulité peut être signe de présomption... Vous ne connaissez pas cet arbre tout simplement car il n'appartient pas vraiment à ce monde.
Le vieux bonhomme regarda l'arbre par dessus mon épaule.
-Vous devriez vous activer, me dit-il en souriant étrangement, vous avez une âme à sauver.
Il se détourna et alla paisiblement s'installer contre une souche couverte de mousse. Abaissant son chapeau, il se coucha confortablement.
Deux secondes plus tard, d'assourdissants ronflements vinrent perturber le calme de la foret endormie.

Je ne comprenais rien. Qui était ce vieillard? Qu'avait-il voulu dire? Pourquoi l'avais je suivi jusqu'ici sans même poser de questions? Je ne pouvais répondre alors à ces questions qui pourtant m'importaient plus que tout.

Je me décidai finalement à observé cet arbre qui "n'était pas de ce monde". Son tronc était extrêmement noueux, un peu comme un vieux saule, mais bien plus épais. D'énormes branches en sortaient à intervalles réguliers. Je grimpai lestement sur la moins haute d'entre elles, qui devait déjà être à deux mètres du sol! Puis je grimpai à une autre, puis une autre, et encore une autre, et ainsi de suite jusqu'à ce que j'arrive à une sorte de plate-forme. C'était le fin du tronc principal. En son centre était un orifice assez large. Rongé par une incompréhensible curiosité, je plongeai ma main à l'intérieur. Fouillant avidement, je sentis une matière qui malgré sa froideur, était agréable au toucher. Je sortis un épais grimoire bleu nuit, aux reliures argentées. Il avait été, je ne sais pas quel prodige, protégé des intempéries.
Je parcourus les pages afin de voir quels secrets étaient renfermés dans cet ouvrage. Rien. Les pages étaient totalement vierges. Ma déception fut profonde et mon incompréhension augmenta.
Alors que je m'apprêtais à redescendre de l'impressionant végétal, une soudaine rafale de vent d'une puissance impressionante me destabilisa. Inexorablement, je fus projeté dans le vide. La chute fut longue et mon visage violemment fouetté par les fines jeunes branches. Evidemment, aucune branche épaisse ne vint ralentir ma chutte...
Après plusieurs mètres de "souffrances", je tombai lourdement sur le sol couvert de feuillage et perdai conscience.

A mon réveil, la nuit était tombée. Le vent soufflait à présent fortement dans la foret et les arbres chantaient dans les ténèbres.
Je me remis debout diffcilement; mes jambes refusaient encore de m'obéir et je dus m'appuyer à un arbre proche.
Un bruit (ressemblant d'ailleurs à un troll éructant après avoir festoyer autour d'un dodo farçis...) attira mon attention.
Ce n'était que le vieillard qui continuait à ronfler paisiblement.

Il se réveilla et s'étira ( non sans moults jurons...) .
M'apercevant, il se releva dans un ultime effort et m'apostropha.
-Sale temps hein!
Les mains sur sa robuste cane, il avança a nouveau vers moi.
-Vous êtes ? me demanda le mage en m'observant suspectement.
-Mais enfin, vous vous moquez de moi, je viens de traverser ce bois avec vous!
-Ah oui, Lindor c'est ca?
-Lindaron! Lindaron Ecthuviel!
-Oh c'est bon c'est bon pas la peine de crier hein: Vous verrez quand vous aurez mon âge!
A ce moment précis, une terrible envie d'aracher la barbe à ce vieux gateux me passa par la tête...
-Sachez que j'ai 227 ans vieill homme, aussi je puis me permettre de vous dire que je suis cetainement plus vieux que vous.
L'étrange étincelle réapparut dans ses yeux.Son allure et son ton changèrent, il me parut alors plus grand.
-Je ne fais pas mon âge mon jeune ami, dit-il d'un ton apparement amusé.
Il me sourit..ou alors souriait-il pour lui même... je ne saurais le dire.

Une rafale vint balayer les feuilles jonchant le sol et un petit tourbillon se frorma autour du vieille homme, le faisant (magiquement je pense) léviter dans les airs. Là, j'en étais sur, il était bien mage!
-Attendez, vous de ne m'avez pas dit votre nom! criai-je.
Le vieillard disparut dans le vent, mais une sorte de murmure me parvint aux oreilles et un mot se forma a mon esprit.
Mais je pense que j'ai mal entendu. Oui c'est ça, j'ai du mal entendre. A dire vrai, c'en est même ridicule. Le nom que j'ai entendu était tout simplement un nom divin.
Dans le vent sifflant, une voix prononça le nom de Gothar....

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Arrivé dans une auberge a peu près convenable, je m'asseyai au bureau de ma chambre et méditai sur les évènement qui venaient de se dérouler.
Je me souvint du grimoire et je le sortis de mon sac. Malgré son épaisseur, le livre ne pesait rien. Magique sans aucun doute.
Je l'observai. Sa couleur bleu nuit était magnifique. Les reliures argentées contrastaient énormément avec celle ci, mais cela rendait ce livre encore plus beau.
Je l'ouvris avec maintes précautions.
Je regardai à nouveau les nombreuses pages du grimoire. Toujours vierges bien sur.
J'arrivai finalement sur la première.
Alors, un miracle se produit. Sous mes yeux ébahis, la première page vierge ne le fut plus. Des lettres se formèrent.
Je ne compris pas alors ce que signifiait ce qui venait d'apparaître, car sous mes yeux stupéfaits, voilà ce qui apparu:

Sarnack

Les jours qui suivirent, je commençai à mieux saisir ce que représentait ce bouquin.




à suivre...

Continuation



Evidemment, je ne savais pas ce que signifiait ce mot, Sarnack, mais je pouvais néanmoins supposer qu'il s'agissait d'un nom, d'une personne.
Le lendemain de ma singulière découverte, je me préparai à rejoindre mon village natal afin d'interroger les érudits qui coupissent dans la bibliothèque; quand me vint à l'esprit l'idée d'observer à nouveau ma trouvaille. J'aime l'idée que ce n'est pas un hasard, qu'il est venu à moi, que je dois accomplir quelque chose d'important... Enfin, je m'éparpille.
Ainsi, je retombai sur la première page où était à présent inscrit en noir ce fameux nom. Je tournai la page. La suivante n'était plus vierge.
A dire vrai, je ne fus qu'infimement surpris par ce fait qui m'apparu alors comme un évènement incompréhensible de plus à ma liste qui s'enrichissait décidément rapidement ces derniers jours...
Cette fois-ci, ce ne fut pas qu'un seul mot qui apparut ; la page était entièrement occupé par un texte rédigé en langue commune.
Avant de vous laisser découvrir ce texte, je vais vous expliquer ce qu'est ce livre, ou du moins, ce que j'en sais.
A travers ce grimoire est peinte une âme. Vous l'aures compris, il s'agit de l'âme de Sarnack, demi-elfe nécromancien, qui est précisément sondée et exposée à nue.
Dans cet ouvrage, de nombreux textes m'ont permis d'apprendre à connaître cet étrange individus qu'est ce thaumaturge. Certains furent écrits de sa propre main, comme le premier qui m'est apparu, d'autres sont de personnes connaissant le jeune mage, parfois même proches de lui, et d'autres encore sont d'auteurs inconnus...ceux là sont peut être (avec ceux écrit par Sarnack) les plus intéressants, car le narrateur semble être étrangement omniprésent et omniscient, sans pour autant être dans l'action même.
Encore une fois, je ne puis expliquer ce fait...peut être que le narrateur est télépathe? Peut être peut il se rendre invisible? Peut être même est il un être sepctral?
Ne pouvant rien certifier, je me contente de lire et d'apprendre.




Ah oui, j'oubliais, je ferai de temps en temps des remarques se rapportant aux écrits que vous allez voir.


Ah! Dernière chose, je ne vous montrerai pas tous les écrits car ils sont bien trop Nombreux.
Certains étant d'importance moindre (bien que je sois conscient que tous les textes sont importants pour comprendre qui est réellement cette âme torturée...) je les tairai, ainsi vous ne verrez que les plus cruciaux.


Bonne lecture.








Année inconnue. Tirée d'une oeuvre de Sarnack. Par Sarnack.




Je suis né en l'an 9964. Dix ans après la dévouverte de Helyazard l'Explorateur ; découverte qui allait bouleverser le monde.
Ma naissance est un accident. Je suis né d'un viol brutal. Ma mère, Morkith, était une redoutable manipulatrice des arcanes. Moins d'un an avant ma naissance, le village, ou plutôt la ville où elle vivait fut attaqué par des barbares venus du Nord. Cette ville se nommait Nerhkara, elle était située dans l'extrême Nord du Royaume. Elle n'existe plus aujourd'hui. Elle a été détruite peu de temps après la mort de ma mère, mais cela est une autre histoire.
Je ne sais pas vraiment pourquoi ces barbares attaquèrent la ville endormie. Depuis des siècles, tous vivaient en paix. Enfin, personellement, je pense que la découverte de Helyazard y est pour beaucoup.
Enfin, je ne parlerai pas de cela non plus dans ces lignes.
Quoi qu'il en soit, les habitants furent pris par surprise et beaucoup ne purent se défendre. La panique gagna rapidement la ville peu habituée aux conflits armés.
Les seuls étant véritablement capables de se défendre étaient ma mère et un illusioniste nommé Fistanlucius. C'était un des notanles de la ville, réputé pour son amabilité, sa courtoisie, mais aussi pour ses formidables illusions. Comme ma mère, il était de la race des elfes noirs.
Je ne décrirai pas le débat dans ces lignes car je n'y trouve aucun intêret. Ma mère fut gravement blessée à la tête. Incapable de se défendre, elle resta clouée au sol, toujours consciente. Un jeune barbare profita alors de la faiblesse de Morkith pour la violer.


Des mois plus tard, je naissais. Ma mère faillit me tuer, car elle me considérait comme un accident. Mais je naquis malade et faible.
Ma mère ne put mettre fin à mes jours et elle m'éleva, tel un fils elfe noir.
Grâce à ses talents magiques, elle me sauva d'une mort certainne. Mais jamais je ne fus débarassé de cette maladie qui encore aujourd'hui m'affaiblit constament.



Sarnack
allez pour t'encourager
Je trouve tes textes bien mais j'avoue que je tendance à les trouver longs

Cela dis je les lis et ils figurent en bibliothèque.

Ce matin, encore, mon maître Circéliande me disait justement de toi:

- Il semble d'une évidence même que ce jeune auteur a du talent. Comment se nomme t'il déjà?
- Ben Hur, maître.
- Ben Hur...hum. C'est cela même je m'en souvient maintenant. Alors tu diras à ce jeune homme que lorsqu'il passera devant chez moi, je voudrai qu'il y entre afin que je puisse discuter avec lui et lui montrer les autres trésors que contient ma précieuse bibliothèque.
- Je n'y manquerai pas , maître
- Bien. Alors maintenant va me balayer le seuil de la porte Esmeagol! Tu ne voudrais tout de même pas que je puisse accueillir mes potentiels visiteurs avec une entrée aussi sale!
- j'y cours maître!
Merco, ô Grand Esmeagol^^

Je connais déja bien la bibliothèque, j'y vais assez souvent

Mes textes étaient longs pour le moment car c'était pour introduire mon histoire. Maintenant, cela ne sera que des témoignages et des écrits assez courts

Merci encore
Merci à vous^^



An 9964 . Extrait du journal de Morkith. Par Morkith.





Ca y est, il est né. Cet odieux avorton, cette erreur, cet accident; il est à présent au monde.
Il est mon fils.
Je ne puis le tuer comme j'en avais fait le serment. L'enfant est malade, très malade. Je ne sais pas ce qui le rend si faible. Il est extrêmement pâle.
Je pense qu'il passera la nuit, mais dès demain, je devrai réclamer l'aide de Malecta et user de ma magie pour le sauver.
Je ne sais même pas pourquyoi je désire le sauver. C'est une sensation très étrange, indescriptible, inexplicable ; il m'est impossible de mettre fin à ses jours.
Il est mon fils et il recevra éducation et instruction. Néanmoins, il devra être conscient qu'il me doit la vie, qu'il a une dette envers moi. Oui, c'est cela, il sera mon fils mais il me devra une éternelle reconaissance.
Je lui transmettrai tout mon savoir, ainsi, si il survit, peut-être pourra-t-il ,palier à sa faiblesse physique; car il m'apparait comme évident que même si je le sauve, ce demi-elfe ne sera jamai totalement guéri.
Malecta, j'ai l'impression que tu y est pour quelque chose...
Si l'enfant vit, il recevra mon apprentissage.
Je quitterai ma demeure, chaude et luxueuse, et m'en irai vivre dans mon ancienne habitation où la vie est bien plus rude. Ainsi il apprendra à supporter le froid et les intempéries et ne sera accoutumé au luxe et au confort.
Enfin, je brûle les étapes ; l'enfant vient juste de naître et il n'est même pas certain qu'il survive. J'ai le temps pour songer à la façon dont je vais façonner ce demi-elfe maudit par les Dieux...



Morkith.





Voilà, voici la naissance de Sarnack le demi-elfe. Comme vous avez pu le constater, sa mère était quelque peu...particulière...
Je vous laisse continuer.


La suite arrive ^^




Celui-ci est tiré d'un livre écrit par Fistanlucius, (vous vous souvenez, l'illusionniste) dans lequel il parle de sa vie et de ses pensées. Une sorte d'autobiographie basée sur son esprit plutôt que sur son âme.
D'après ce que j'ai compris, ces lignes furent écrites lorsque cet elfe noir apprit la naissance de Sarnack.
Je n'ai aucun jugement à porter sur qui que ce soit, néanmoins vous remarquerez assez vite que cet individus est un manipulateur doué et qu'il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. D'ailleurs, lors de la rédaction de ce texte, quasiment une année après l'attaque de la ville, il était devenu le maire de celle-ci.

Enfin, voyez vous-même.





An 9964. Tiré de "Ce que je fais, ce que je pense.Par Fistanlucius.





J'ai échoué. Je dois bien le reconnaître, j'ai échoué ; bien que je pense tout de même que mon action n'aura pas été totalement inutile. mais dans l'immédiat, je n'ai pas réalisé mon objectif premier, aussi peut-on considérer que j'ai échoué.
Mon plan était pourtant bon (bien qu'assez simple), j'en suis sur, mais j'ai sous-estimé les pouvoirs de Morkith et probablement sur estimé ces barbares ignares.
Les chefs de tribus m'avaient assuré la mort de toutes les femmes elfes noires de la ville. Eux, je pense ne pouvoir les blâmer. Les fautifs sont leurs guerriers. La sorcière a été violée, mais celui qui lui a fait cela l'a laissé en vie ou alors n'a-t-il pas été assez prudent et elle a réussi à le tuer, mais cela m'étonnerait car vu l'état dans lequel on l'a retrouvé, le lancement d'un sort l'aurait certainement tué. Cela en est rageant, j'étais si pret du but. Enfin, j'ai quand même réussi à me faire élire maire. Je n'avais d'ailleurs pas prévu cela, je pensais qu'il me fallait à tout prix éliminer Morkith, mais j'ai été tout de même élu.
Mais cela ne change rien. J'écraserai cette nécromancienne. J'ai le temps. Son fils pourra d'ailleurs peut-être m'être utile, une fois qu'il aura grandi. J'ai le temps.

Néanmoins, je suis déçu. J'étais sur de ma réussite. Moi qui pensait être enfin débarassé de cette infâme dame, voilà qu'elle a un descendant! Je trouve que cela en est presque comique!
Mais à présent, je vais vraiment prendre tout mon temps. Il me faut faire croire à Morkith que je désire l'aider, pour son fils. Je pense pouvoir arriver à avoir l'autorisation de lui enseigner mon art...j'en profiterai pour lui enseigner certaines autres choses qui pourront m'aider dans la réalisation de mon projet. A présent j'ai le temps.
Je vais tisser mes plans et mes illusions durant des années et cette-fois ci, je n'échouerai pas. J'ai tout mon temps.







C'est fini. A présent voyez ce texte. Il fait partie de la catégorie de ceux écrits par un auteur inconnu et omniprésent. Tres étrange et tres instructif. Voyez donc.







An 9964. Auteur inconnu.


Fistanlucius relisait sans cesse la lettre qu'on venait de lui apporter. Aucun cachet, aucune signature, aucun signes distinctifs, rien qui ne permettait de savoir de qui venait cette lettre qui d'ailleurs était incompréhensible...sauf pour l'illusioniste. La lettre venait de ses dirigeants. Elle était codé, en quelque sorte, de manière à ce que personne ne puisse savoir de qui elle provenait et de quoi elle parlait.
Lorsque son serviteur lui apporta la missive, le vieil elfe noir la lut et la relut plusieurs fois. A chaque lecture, son visage palissait un peu plus. Finalement, il la posa sur son bureau de chêne et s'affala dans un fauteil luxueux près de la cheminée.
Apparement, ses supérieurs étaient mécontents.

Fistanlucius sombra dans ses noires pensées, repensant aux évènements qui venaient de se produire. Rien n'était aller comme il l'avait souhaité. Morkith n'était pas morte, et pire encore, elle avait eu un enfant.
Ses supérieurs avaient de quoi être mécontents, et lui avait de quoi craindre pour sa vie...


Voilà les premiers textes qui me sont apparus. Ces derniers temps, c’est la quasi-totalité de la vie du demi- elfe que j’ai eu l’opportunité de découvrir.
Je vous tairai les textes relatant les toutes premières années de son enfance. Les évènements marquants de sa vie viennent plus tard.
Sachez seulement que Morkith, sa mère, l’éleva durement, dans des conditions de vie difficile, à cause du froid qui sévissait dans cette région et de la santé déplorable de l’enfant qui jamais ne s’arrangea.
Bien que son éducation fût assez atypique, Sarnack était heureux ainsi. Privé de père, l’enfant reporta tout son amour sur Morkith. Celle-ci, malgré ses dires et son attitude austère, lui donna l’amour et l’affection nécessaires à son épanouissement.
Ainsi, la mère ne respecta pas totalement ce qu’elle s’était dite, à savoir qu’elle ferait comprendre à son fils qu’il lui devait la vie.
Cependant, Sarnack n’avait pas besoin qu’elle le lui dise ou qu’on le lui fasse comprendre, car, très tôt, elle lui expliqua pourquoi il n’avait pas de père et les circonstances de sa venue au monde ; le demi-elfe alors très jeune fut profondément marqué par cette révélation et considéra dès lors qu’il devait tout à sa mère et que dorénavant, elle passerait avant sa propre existence.

Quoi qu’il en soit, un jour arriva l’heure ou il du aller à l’école.



Raconté par Morkith. Tiré d’une œuvre inconnue. Année inconnue, probablement aux alentours de l’année 1980.


Mon fils a eu seize ans récemment. Demain, il ira pour la première fois à l’école. Je suis inquiète. Il n’a encore jamais été confronté véritablement au monde qui l’entoure. Il eut été un enfant normal, aucun soucis je ne me saurais fait. Mais cet enfant est différent. Il a d’énormes aptitudes pour tout ce qui touche aux études, mais il est souffrant et faible. Je connais mon peuple, et j’ai appris à connaître les hommes. Il aura, je pense, du mal à s’intégrer. Tous les autres enfants de son âge sont scolarisés depuis plus d’un an au moins. Tous se connaissent. Lui ne connaît personne si ce n’est son cousin Alasen, le fils à ma sœur. Mon neveu est fondamentalement différent de mon fils. Il est fort, grand, agile, et excelle dans les exercices physiques, déjà à son âge.
Peut être pourra-t-il contribuer à l’intégration de Sarnack.


Auteur inconnu. Œuvre inconnue.

Le jeune demi-elfe était euphorique. Il rentrait à l’école pour la première fois. Combien de fois s’était-il imaginé ce moment là.
A présent, c’était vrai, il allait à l’école. Il était un peu âgé pour une première fois, mais sa mère avait insisté pour qu’il ne rentre pas dès son plus jeune âge comme tout le monde. Il avait seize ans, mais, étant d’origine elfique, n’en paraissait qu’environ cinq aux yeux d’un humain.
Le bambin avait revêtu un pantalon chaud, ainsi qu’une légère paire de bottes. Il portait une chemise grise qui se fondait avec son teint blafard. Une sombre veste de cuir pendait autour de sa taille, il faisait chaud pour la saison.
L’école n’étant pas loin, le demi-elfe insista pour y aller seul : il désirait faire bonne impression. Il arriva donc dans la cour de récréation qui, comme à chaque rentrée, était agitée par des pleurs, des rires et des cris.
Une fois que chaque enfant eut fait ses douloureux adieux à ses parents, il se dirigeait vers le directeur de l’école, l’elfe noir Ssinjin, qui veut dire en elfe noir « Plaisant ». En réalité, le vieux professeur n’avait rien de véritablement plaisant, il était grand, rachitique, muni d’un impressionnant front et d’une petite paire de lunettes rectangles pendant au bout de son long nez, le tout agrémenté par une petite couette de cheveux grisâtre et hirsute...
Il entama un discours de bienvenue que le demi-elfe ne prit pas la peine d’écouter tant il était fasciné par les autres enfants.
Juste à côté de lui se tenait Gruntak, un des rares demi-orcs du village. Sarnack était heureux et rassuré de voir que les élèves n’étaient pas exclusivement des elfes noirs ou des humains.
Une clochette retentit, c’était le signal annonçant le début de la classe. Le demi-elfe fut doucement dirigé vers la classe qu’il devait intégrer. Alors qu’il allait rejoindre ses camarades, une violente frappe l’envoya au sol.
-Ha ! Salut cousin ! Je ne savais pas que tu étais ici toi aussi ! Ce que je suis content de te voir !
Le demi-elfe regarda ses mains légèrement écorchées avant de se relever pour faire face à son cousin, l’elfe noir Alasen.
Les enfants, qui n’avaient pas manqué un instant de leurs retrouvailles, riaient avec force, en pointant des doigts moqueurs sur le demi-elfe qui s’empourprait à vue d’œil.
-Pauvre crétin !vociféra celui-ci à l’encontre de son cousin dont le visage devint rouge de honte.
Sarnack se retourna vers les autres enfants qui ne cessaient de rire de lui.
-Arrêtez ! hurla-t-il, Arrêtez je vous dis ! Arrêtez !
Les enfants riaient de plus belle.
Alors, pour la première fois de sa vie, le demi-elfe connut le désir de tuer, le désir d’ôter la vie à des être vivants, le désir de sentir sous ses doigts le froid qui caractérise un corps mort.
Il se rua sur l’enfant le plus proche, un elfe noir nommé.
Le saisissant au cou, il lui coupa le souffle, ce qui eut l’effet de stopper net le rire de l’enfant...
Celui-ci était cependant plus fort et plus grand que le demi-elfe. Il lui prit les poignets et les tordit vivement, forçant le misérable enfant à se mettre à genoux. Le demi-elfe hurla de rage, mais, bien trop faible, il ne put que pleurer en se couchant, face contre terre.
Alors intervint Ssinjin qui saisit l’elfe noir par l’oreille en le secouant violemment.
-Non mais ça ne va pas ! Qu’est ce qui vous prend ?
-C’est pas moi m’sieur, c’est lui, il a essayé de m’étranglé !
-Est-ce vrai ? demanda le vieil elfe noir en aidant Sarnack à se relever.
-Oui, mais il se moquait de moi alors...
-Il suffit ! On n’étrangle pas un camarade parce qu’il rit de vous ! Vous êtes le jeune Sarnack, le fils de Morkith, je me trompe ?
-Non monsieur, répondit le faible demi-elfe en essuyant ses larmes.
-C’est bien ce que je pensais.
Le directeur se releva en saisissant Sarnack par son oreille gauche. Il tenait toujours l’autre enfant, qui s’appelait Xha’Tis, par l’oreille droite.
-Voyez comment sont punis ceux qui se battent ou créent des troubles au sein de mon établissement.
L’instituteur tira les deux « belligérants » derrière lui et les mena au centre de la cour sur un banc de granit. Il les fit se mettre à genoux sur celui-ci. La surface étant rugueuse et irrégulière, la position n’était pas des plus confortable...
-Vous resterez ainsi un heure, et que je ne vois pas l’un de vous bouger !
Alasen rentra honteusement en classe. Il savait qu’il ne valait mieux pas braver l’autorité du vieil elfe noir.
Les autres enfants pouffèrent de rire. Xha’Tis riait discrètement avec eux alors que l’instituteur regagnait la classe, tout en jetant des regard haineux vers le demi-elfe agenouillé en face de lui.
Sarnack avait la tête baissée.
Personne ne connaissait ses problèmes physiques. Personne ne le connaissait tout court, pourtant, tous riaient de lui à cet instant...
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