Destin...

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Malgré le bruit de la pluie battante sur le vitrail de son appartement, le petit dragon s'est endormi à même le sol. La pièce est sombre et le chandelier l'éclaire à peine.
Elle est trempée et l'eau ruisselle le long de ses cheveux noirs. Elle ôte sa robe pour la faire sécher et revêt une tunique de toile. En la posant, elle effleure le tissu comme pour le contempler, heureuse d'avoir enfin une tenue convenable et plus digne d'elle que celle qui lui avait été donnée en récompense sur l'île des réfugiés. La toile était grossière et loin d'être agréable à porter pour une peau délicate... Et sa couleur... Elle n'allait pas du tout avec son teint bleuté...

Elle décide d'allumer une bougie et prend un livre. Elle le tient comme un trésor précieux et tourne les pages avec un soin tout particulier. Alors qu'elle le lit lentement, comme si chaque mot était savouré, ses yeux s'illuminent et elle semble transporter dans un autre monde... un monde qui pourtant a existé.

Pour elle, le temps s'est arrêté mais au dehors, la pluie a cessée depuis déjà une bonne heure. Elle referme le livre et le pose sur le sol, à côté d'elle. Elle fouille alors un de ses sacs et en ressort du papier, une plume et de l'encre. Comme support pour écrire, elle utilise le livre qui lui a été remis lorsqu'elle est devenue citoyenne de Freeport. Se meubler ne semble pas être une de ses priorités, pourtant, elle esquisse une grimace du à l'inconfort d'écrire dans de telles conditions et à celui d'être assise par terre depuis si longtemps.


Je m'appelle Mylea, je porte le nom de ma mère. Rien au monde n'a plus de valeur que ce nom et je m'engage à lui faire honneur.

Avant de me laisser pour aller à "la rencontre de son destin", selon ses propres mots, elle m'a légué son journal.
Elle y a raconté ses peurs, ses joies, ses peines, ses périples et surtout, elle y a décrit le monde tel qu'il était lorsqu'elle arpentait les terres de Norrath. Elle a même foulé de ses pieds le sol de Luclin...

Et Neriak... La belle et grande Neriak. Sans l'avoir jamais vu, je l'imagine comme si j'y avais vécu et je ne me lasse pas de relire les passages où ma mère la décrit. La verrai-je un jour ? Serait il possible que grâce aux efforts de notre race, nous lui rendions sa beauté et son prestige d'antan ?

Quoi qu'il advienne, je m'y emploierais.

Je ne veux pas aller à la rencontre de mon destin et ne plus jamais revenir comme l'a fait ma mère, je veux l'écrire moi-même.

Au fur et à mesure de ses mots, une colère bouillonnante était montée en elle, l'empêchant d'être suffisamment rationnelle pour écrire d'avantage.

Elle repose les feuilles de papier, range sa plume et son encre dans son sac, et met le journal de sa mère à l'abri, derrière une planche mal fixée au pied d'un mur de la pièce.
La bougie s'est consumée depuis bien longtemps. Elle change sa tenue, la robe ayant séchée.

Elle laisse à manger pour le dragon qui dort encore d'un profond sommeil et sort de l'appartement pour écrire son destin autrement que sur du papier.
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