Allanon, notre chef, ordonna une halte alors que nous arrivions à la hauteur du col qui nous permettrait de rejoindre les Rivages d'Aegir.
Bartok me racontait par le menu comment il avait réussi à nous concocter de puissantes potions de soins, et Milo, l'air absent, fermait la marche.
Allanon, la main droite toujours levée, semblait écouter quelque chose en direction du col.
Puis, se retournant brutalement vers nous, nous imposa le silence d'un regard que même le plus téméraire des imbéciles n'aurait osé soutenir.
Nous comprîmes qu'il se passait quelque chose d'anormal...
On ne devient pas un vétéran de la trempe d'Allanon en évaluant mal les hypothèses :
« Rhyl, Bartok, avec moi ! Milo à couvert ! »
Toujours inconscient du danger qui nous menaçait, nous nous déployâmes Bartok et moi-même aux côtés de notre chef, tandis que Milo se mettait à l'abri au milieu d'un petit bouquet d'arbres, prêt à faire usage de sa science si la situation l'exigeait.
Et soudain, ils apparurent. Cinq Jagares Morvalts de très haut niveau et à l'allure terrifiante, se jetèrent sur nous, ne nous laissant aucune chance de repli. Nous avions visiblement été trahi.
Alors, Allanon, les yeux révulsés tournés vers le ciel, fit pleuvoir les premiers éclairs, et nous allions combattre pour nos vies.
Je ne pu m'empêcher de penser, que cette fois-ci, nous n'aurions peut-être pas le dernier mot...
Notes de voyages de Rhylsadar, Thane de Vasudheim.
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