Neuromarketing

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Idée :
Citation :
neuromarketing (noo.roh.MAR.kuh.ting) n. The neurological study of a person's mental state and reactions while being exposed to marketing messages.
En substance, s'appuyer sur des méthodes scientifiques médicales pour optimiser le message marketing.
On en cause :
Libé
Le monde
Une origine (?) :
Citation :
Publié par Edward Bernays
The conscious and intelligent manipulation of the organized habits and opinions of the masses is an important element in democratic society. Those who manipulate this unseen mechanism of society constitute an invisible government which is the true ruling power of our country. ... We are governed, our minds are molded, our tastes formed, our ideas suggested, largely by men we have never heard of. This is a logical result of the way in which our democratic society is organized. Vast numbers of human beings must cooperate in this manner if they are to live together as a smoothly functioning society. ... In almost every act of our daily lives, whether in the sphere of politics or business, in our social conduct or our ethical thinking, we are dominated by the relatively small number of persons ... who understand the mental processes and social patterns of the masses. It is they who pull the wires which control the public mind.
(Wikipédia)
"[...] nos esprits sont moulés, nos goûts formés, nos idées suggérées [...] ".
Citation :
Arrêtons un court instant la pendule du temps et regardons-nous vivre. Regardons-nous, par exemple, errant parmi tarit d'autres semblables dans des centres commerciaux, surgis de nulle part à la périphérie des villes. Regardons-nous, un portable d'une main, poussant de l'autre un Caddie, le remplissant dans un état d'absence à nous-mêmes, convoitant des produits dont la possession ne nous apaisera pas. Regardons—nous avancer en troupeau tandis qu'une musique d'ascenseur nous murmure à l'oreille qu'il ne se passe rien, qu'il ne s'est jamais rien passé et qu'il ne se passera jamais rien. Comme si notre temps propre, notre mémoire ou notre sensibilité n'avaient plus lieu d'être. C'est la fabrique de la folie.
( Comment la dictature de la consommation désespère le citoyen)
Consommez en paix brave gens, tout est calme.

on consultera avec profit :
Mécréance et discrédit 1. La décadence des démocraties industrielles
De la croyance en politique
Marronnier
Haha, tu n'as pas résisté à l'envie de faire profiter tout le monde de Stielger ?

Il reste pour moi l'archétype du fumiste philosophique contemporain, noyant son petit poisson sous une langue épaisse et laborieuse, dont le seul but est de servir d'écran de fumée. J'ai bien peur que, derrière, on ne trouve que l'habituelle mauvaise humeur de nos "grands penseurs" (comprenez Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault , Lacan et Cie) pour une modernité qu'ils ont décidément en grippe. Le problème est qu'eux, à la différence du Stielger, n'étaient pas sans un certain brio argumentatif ou même littéraire.
Citation :
"Mais le livre est très difficilement lisible par quelqu'un n'étant pas habitué au jargon truffé de néologismes et de grec ancien pratiqué par beaucoup d'intellectuels français, philosophes professionnels ou non."
C'est à se demander ce que les philosophes ont fichu depuis Platon, pour lequel, au moins, clarté et complexité ne s'excluaient pas mutuellement.

Cela dit, si l'on décape au Karcher, on doit pouvoir trouver, au milieu des débris, des propos peut-être (sans doute) pertinents... Il doit y avoir quelques anglo-saxons sensés pour nous avoir pondu une version... expurgée.
Citation :
"Mais le livre est très difficilement lisible par quelqu'un n'étant pas habitué au jargon truffé de néologismes et de grec ancien pratiqué par beaucoup d'intellectuels français, philosophes professionnels ou non."
J'ai rarement vu des bouquins plus clair et facile a lire que certaines oeuvres de Montesquieu (Les lettres persannes) ou de Voltaire (Candide). Ce ne devait pas etre de veritables intellectuels, ni des philosophes...

Il est facile de sembler intelligent en utilisant volontairement un vocabulaire special et rebutant, mais faire passer des idées elaborées avec un vocabulaire accessible a tous, c'est prouver son intelligence
Citation :
Publié par Patatoïde Funèbre
Haha, tu n'as pas résisté à l'envie de faire profiter tout le monde de Stielger ?
je suis multirécidiviste du fait, je peux te remettre une couche de Bernard Marris si tu veux, aussi, dans le même genre de recursivité rétorse.

Stiegler cite volontiers Deleuze et on le place dans la famille de Derrida. J'ai déjà évoqué l'imbitabilité pathologique de Stiegler dans ses livres, je leur préfères les articles évoqués et évocateurs. Bien que connexe, Stiegler et sa prose ne sont pas le sujet.

Cependant, par curiosité, la question me vient là d'un coup, tu mets qui en face de Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault , Lacan ? JF Revel ? Question sincère, j'aurais la curiosité d'au moins aller voir ...

Par ailleurs la citation que tu fais n'a pas pour objet de monter au pinacle la prose de Stiegler sur sa forme, le vulgarisateur précisant :
Citation :
(1) Avouons que les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la lecture d'écrivains philosophes pourtant réputés, y compris outre atlantique, comme Jacques Derrida, Jean-François Lyotard, Jean Baudrillard et, avant eux, Gilles Deleuze, m'a toujours rebuté. J'y ai sans doute perdu, encore que…Finalement je me suis plus instruit, autant que je sache, à la lecture de véritables scientifiques, faisant un effort de la vulgarisation, qu'à celle de philosophes s'enfermant dans leurs jargons.
Ce avec quoi je suis parfaitement d'accord.
Citation :
Cependant, par curiosité, la question me vient là d'un coup, tu mets qui en face de Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault , Lacan ?
Je mentirai en prétendant maîtriser tous ces grands bonshommes. J'ai cependant bien approfondi quelques uns d'entre eux, et ai une idée pas trop naïve de ce qu'on pu faire les autres. Je ne dis pas qu'ils disent la même chose, loin de là. Mais s'il y a bien une constante, un fil pour toutes les perles du collier, c'est bien cette rage contre un monde moderne réputé crasseux et vil.

Finalement, la rancoeur prodigieuse qui sous-tendait la dichotomie fondatrice de la philosophie entre monde sensible et monde intelligible ne s'est pas fanée avec le temps.

(Cela dit, je vais retourner cultiver mes patates de lettreux, et surtout lire quelques lignes de Stielger avant de lui jeter des tomates )

Absolument d'accord aussi.
Et bon après tout, comme avec le temps je me spécialise dans l'indifférence dans les post mort nés, merde ...

Qui aujourd'hui peut prétendre comprendre un article de maths. Hum ? Un livre de Stiegler c'est pas Science et vie quoi .

pouf pouf ... La voie de publication du scientifique heu classique, math biolo géo socio quantitative reste l'article. Je ne sais pas s'il existe des revues de philo remplissant la même fonction. Si c'est le cas alors, comment faire connaître son travail autrement qu'en publiant un livre. Mais là où la revue scientifique (e.g. The lancet) à une diffusion confidentielle sur abonnement dans les bibliothèques de recherche, un livre fait l'objet en général d'une diffusion plus publique. Mais le contenu ne l'est pas nécessairement. Or donc, comme déjà évoqué, le travail spécifique du philosophe nécessite des outils qui sont les mots, d'où néologismes et fatras étymologique gréco latin, et par ailleurs la diffusion particulière des travaux met à la portée du public des ouvrages qui ne lui sont pas nécessairement destinés.

EDIT : Parfaitement d'accord et cependant ... Cependant si Hubert Reevez peu s'avérer passionnant poétique, gnagnagna avec sa bonne geule de chercheur fou et son accent blablabla, il n'en reste pas moi que certains pourront peut être remettre en cause ses qualités de scientifique. Peut on être un bon scientifique ET un bon vulgarisateur ?
Allons, allons, on peut mettre en valeur l'indigence d'un post sans écrabouiller son auteur sous un lourd mépris... Sans quoi il n'y a plus débat, ni échange, mais tyrannie de ceux qui savent (ou d'imposteurs prétendant savoir, genre moi ) face à ceux qui ne savent soit-disant rien...

Ou plutôt, si mépris il doit y avoir (dans le cas d'énormités aux proportions vraiment cosmiques, alors que là, somme toute, il n'y avait qu'un banal lieu commun), inutile d'en rajouter, la froide démolition des bêtises avancées doivent suffire à dissoudre le génie à l'oeuvre...
Message supprimé par son auteur.
Quoiqu'il en soit, je suis assez d'accord avec notre camarade qui se plaignait que le texte est abscons. Le second l'est sans aucun doutes, plein de références savantes, de jargon et de néologismes, il est difficile a décrypter sans avoir fait une licence de philosophie. Cela dit, la faute n'en revient pas forcement à l'auteur, mais à notre ami mobidique qui nous inflige cette lecture sans même un avertissement de rigueur : attention texte méchant.

Pour te répondre Canivo, je ne crois pas que ce soit le sens du texte de soutenir que la publicité est un moyen de rendre les gens malheureux (bon d'accord c'est le sens des citations de mobidique, mais qu'importe). J'ai plutôt eu l'impression (entre deux néologismes et trois mots de grec, ça vaut donc ce que ça vaut) que l'auteur dénonce la publicité comme le nouveau ciment social d'une société profondément injuste, qui ne peut fonctionner que si la majorité s'appauvris (au sens propre comme intellectuellement) ou reste confinée dans sa pauvreté actuelle. J'ai parfois aussi eu cette impression que le capitalisme ne peut fonctionner que s'il existe des pauvres pour produire en masse de quoi alimenter une forme de classe moyenne consomante, dans le but d'enrichir une classe possédante d'investisseurs faisant l'intermédiaire entre les deux. Pendant si longtemps nous avons tenu le role de la classe moyenne que nous n'avons pas vu le piège de la mondialisation se refermer : nous sommes en train de perdre le statuts privilégié pour resombrer collectivement parmi les producteurs pauvres de richesses pour les plus riches, tandis que ces plus riches se répartissent désormais tout autour du globe. Globalement (au sens propre) la taille de la classe moyenne n'augmente pas, tandis que dans nos verte contrées elle s'étiole et se désagrège sous la pression de plus pauvres que nous. Si la société n'explose pas c'est parce que la compulsion télévisuelle nous pousse a espérer que nous pourrons encore jouir, même si nous ne sommes plus les riches de ce monde, a défaut de jouir d'un téléviseur extra plat grand écran, jouir d'un paquet de barilla.
Message supprimé par son auteur.
Citation :
Publié par mobidique
Cependant, par curiosité, la question me vient là d'un coup, tu mets qui en face de Sartre, Derrida, Deleuze, Foucault , Lacan ? JF Revel ? Question sincère, j'aurais la curiosité d'au moins aller voir ...
Et toi, par curiosité, pourquoi te semble-t-il si incongru qu'on puisse critiquer ces penseurs que tu n'as toi-même, de ton propre aveu, pas réussi à lire?

Si tu recherches vraiment une alternative dans la pensée contemporaine française, je te conseille la lecture de Jacques Bouveresse, un philosophe qui ne s'est jamais départi de la modestie et de l'honnêteté intellectuelle nécessaires à son métier.

Pour revenir au sujet : je n'y ai vu que la bouillabaisse idéologique habituelle dans ce genre de problématiques.
Citation :
Publié par Mothra
Pour te répondre Canivo, je ne crois pas que ce soit le sens du texte de soutenir que la publicité est un moyen de rendre les gens malheureux (bon d'accord c'est le sens des citations de mobidique, mais qu'importe).
Marrant, ce n'est pas ce que j'en ai retenu.
Moi dans le message de Mobidique, je vois plutôt une dénonciation des techniques utilisées en mercatique pour manipuler le consommateur.
En revanche, en lisant les textes de Stiegler, j'ai l'impression de lire un drame bien ficelé, c'est amusant pour qui aime le style, mais il me semble que ça ne va pas beaucoup plus loin (pour les textes présentés en tout cas).

Quant à la dénonciation des techniques, pas grand chose de neuf sous le soleil en fait.
Je regardais l'autre jour un vieil épisode de Columbo (chacun ses défauts hein), qui date de 1973, et intitulé Subconscient, où est mis en scène un chercheur, qui étudie entre autres choses passionnantes l'influence des images subliminales dans un film sur les spectateurs et le comportement des consommateurs dans une grande surface.
Je ne connais pas les intentions du scénariste, et on peut voir ce téléfilm de différentes façons, comme une dénonciation ou comme un engouement immodéré pour les progrès de la technique, quelles que soient leurs implications, mais dans tous les cas, ça présente un aspect intéressant que je ne trouve pas dans les articles ci-dessus (mais ils présentent d'autres avantages), c'est de mettre en images la manipulation, de nous faire passer de l'autre côté de la barrière mercatique, de nous mettre à la place du manipulateur et de nous faire voir en détails le comportement docile du consommateur (ce consommateur qui aurait pu être soi-même) ; excellent moyen à mon sens pour remettre en question, ne serait-ce qu'un tout petit peu, son propre comportement de consommateur.

Les réflexions philosophiques des auteurs présentés sont probablement intéressantes, mais pour ma part j'aurais préféré des informations concrètes sur qui manipule qui, et surtout comment ; on peut toujours rêver.
Par contre, ce n'est pas demain la veille qu'on aura des informations sur les applications concrètes du neuromarketing, j'ai l'impression, me plantè-je ?
Merde merde et merde.

Frappé par la malédiction de la merdouille qui te fait perdre ta super réponse que ça fait une demi heure que tu es dessus ....

RE ...

Boy>De mon expérience personnelle et professionnelle, on peut lire des trucs et quand même en retirer quelque chose même en n'ayant pas tout compris. A plus d'une occasion j'ai été amené à devoir me familiariser avec des domaines tels que la biologie, la médecine, la socio, l'informatique bancaire sans en posséder les bas initialement. Il ne s'agit pas nécessairement de tout comprendre dans le détails, il s'agit de comprendre le truc dans ses grandes lignes. J'ai l'avantage d'avoir pu entendre Stiegler à la radio à 2 ou 3 occasions, et là évidemment il laisse en grande partie son vocabulaire à la porte, il fait de la vulgarisation. Les textes que j'ai mis me semble quand même abordables, mais 2 ans de socio en Sorbonne me donne peut être un avantage.
Je ne trouve pas du tout incongru que l'on critique ces penseurs précisément parce que je ne suis pas dans l'affirmation de croyance mais dans le partage d'info. C'est pourquoi non seulement je suis toujours trés content des échanges avec Mr pomme de terre, mais en plus j'en suis demandeur. La bouillabaisse, comme tu dis, me fait de la peine parce que mon intuition reste que Stiegler dit quelque chose d'important et bon ... si on pouvait avoir une forme plus compréhensible ça me ferait plaisir quand même. Sinon, pour l'anecdote, j'ai lu 2 bouquins de Stiegler, enfin pour l'un des deux, lire c'est beaucoup dire quand même

Mr Patate> Dans le même temps l'existence même d'un néologisme comme neuromarketing et a fortiori l'existence d'une discipline conceptualisée derrière, j'arrive pas à trouver ça réjouissant. Je veux bien que Derrida, Stiegler et Deleuze soient en lutte "contre un monde moderne réputé crasseux et vil", mais j'arrive pas à me détendre complétement quand on essaie de mettre mon temps de cerveau à disposition. Autrement dit, c'est peut être un peu rapidement jeter le bébé avec l'eau du bain que de les stigmatiser comme des auteurs "contre". Au demeurant, Stiegler l'exprime quelque part et il a fait un site internet avec d'autre gens, dont l'objet et de trouver une solution, enfin c'est prétentieux comme je le dis ... disons sortir d'une logique absurde sans sortir du capitalisme.

Mothra> A mon avis t'es à coté de la plaque. Mes citations ne visent pas à ... Heu ... par citations tu entends les textes mis en liens ? Ou les quotes ? Le neuromarketing ne vise pas à rendre les gens malheureux, bien au contraire, dans l'euphorie publicitaire et la croyance en son message, il apporte la paix et le bonheur évidemment. Enfin il fournit surtout aux industriels un moyen de vendre sa lessive, d'abord et avant tout.
Pour ce qui est des textes ... il y la pub bien sûr, le marketing, la production de masse et la standardisation des objets. Stiegler ne dit pas que les gens sont malheureux. Il parle d'extraction de désir (le désir est la colonne vertébrale de l'être humain, sans désir on est mort ... d'abord on est déprimé, en dépression), il parle donc des temps de cerveau disponibles et c'est le point de jonction avec le neuromarketing, puisque l'objet en est l'optimisation du message pour la création idéale du désir d'achat, ni plus ni moins, il parle de déstructuration des individus qui en résulte et de la coupure qui se créer dans la société entre les individus selon qu'ils sont plus ou moins soumis à ce type de messages selon qu'ils ont plus ou moins l'opportunité d'échapper à ce type de message.
Pour ce qui est des casseurs de pub, je suis content qu'il existe et je me sens parfois vengé. Ceci dit, c'est Nietzche (mais qu'il est chiant celui là avec son nom) qui disait en gros dans "Le gai savoir" : "Tout ce qui est excessif est vide de sens". Ce n'est pas l'action des casseurs de pub qui changera le truc. C'est une prise de conscience collective, un truc de fond. Mais ils y contribuent.

Jactari> t'es plus au coeur du sujet, j'ai pas pu m'empécher de linker Stiegler mais le coeur du sujet c'est bien "une dénonciation des techniques utilisées en mercatique pour manipuler le consommateur", bien que dénonciation reste fort.

Je post ça avant de merdouiller ... et je reviens.
Ptin ... 04H42 faut dormir la nuit les mecs ...

Un peu fort donc ... Je suis pas militant. J'observe le truc avec étonnement. Comme un entomologiste. En même temps, comme je fais une allergie à la manipulation en générale, Ca me sort un peu par les yeux.
"C'est pas nouveau" ... Tu parle de Colombo en 1973. Edward Bernays (petit neveu de Freud, père du marketing) que j'ai cité, a commencé à bosser pendant la seconde guerre mondiale à la préparation "mentale" des américains à l'entrée en guerre, à la propagande donc. Mais ... La réclame n'est pas la pub, la pub n'est pas le marketing et le marketing n'est pas le neuromarketing. Dire "ce n'est pas nouveau", c'est prétendre que la réclame "balzac 0 0 0 1" de Jean Mineur c'est la même chose qu'un message dont on a étalloné l'efficacité avec une IRM. C'est faire l'amalgame entre une volonté de porter à la connaissance du public l'existence d'un produit et faire l'usage de méthodes de manipulation mentale en s'appuyant sur des méthodes scientifiques, bien qu'évidemment, le premier portait le second en germe.

Qui et comment ? Mais on s'en fout en fait. "Qui" c'est par exemple Mr Cocu Colu, dont un cadre dirigeant déclarait il y a quelques années dans un reportage que leur objectif était que demain les gens boivent plus et toujours plus de Cocu colu. Que l'europe les emmerdait et la France en particulier parce que l'on y boit beaucoup d'eau (et de vin ). Qu'à un endroit où aujourd'hui on boit 1L de Cocu par jour, demain il faudra qu'ils en boivent 2L. Certains ne voient dans ce message que la saine expression d'une concurrence commerciale et guerrière, qui présente quelques exagérations pour faire peur aux concurrents, c'est de bonne guerre. C'est une erreur. Si Cocu peut tuer Evian il le fera, s'il peut tuer Perrier il le fera. Et l'enjeu de la guerre, c'est nous. C'est pourquoi il faut nous manipuler.
Comment ? Comment quoi ? Comment on est manipulé ? C'est une blague non ? La pub est omni présente. Dans les journaux, à la télé dans notre environnement. Ex-Parisien, la stimulation perpétuelle à laquelle on est soumis, métro RER bus panneau finissait par me fatiguer, limite du vomissement. L'écoeurement. Tu parlais des images subliminales. Creuse la question du fonctionnement et tu auras un début de réponse. Tu as le mot neuromarketing, google est ton ami. Je viens d'y trouver l'évocation d'un test pepsi contre coca en aveugle et en ouvert. En aveugle, Pespi stimule plus, en ouvert c'est coca. Des chiens de Pavlov. Une partie du pb est là aussi. Une question d'éthique, de morale. Accepte t-on d'être des chiens de Pavlov ?
Si "qui" et "comment" sont mis de coté, on pourrait se demander "pourquoi ?". Mais en fait non, on sait pourquoi : c'est la guerre. On sait tout donc.

So what ? Première chose : et alors ? Ben oui parce que bon aprés tout si ça fait pas de mal, on s'en fout. C'est là que Stiegler entre en scène. Il regarde la société, il met en relation les choses. Marketing, production standardisé, Locke "je suis singulier à travers la singularité des objets avec lesquels je suis en relation. Je suis le rapport à mes objets en tant qu'il est singulier", extraction de désir et il propose une analyse.
Et ensuite ? Ensuite, il le dit quelque part mais je ne retrouve plus la citation, il ne s'agit pas de tout balancer par la fenêtre. Mais sans doute de lever le pied, d'observer et d'essayer de faire autrement (oui je sais c'est facile comme ça, mais là je suis en limite de discours).
Enfin on peut ... Collationner des faits, des impressions, s'étonner, douter.

Mon beau père, qui n'est pas un con, à qui j'ai fait lire Stiegler (dans la douleur) me disait l'autre jour "C'est marrant vous les jeunes, que vous accumuliez les objets comme ça". J'ai 300 CDs une centaine de DvDs, des bouquins partout, dans des caisses. Quand il disait "les jeunes" il pensait à moi et mon beauf, qui lui aussi accumule livres CDs et DvDs. De son coté mon beau père, en dépit d'une chaîne Hi-Fi DLMQT et d'une pièce spéciale qu'il a aménagé avec amour et ses mains, posséde une trentaine de CDs. Je lui ai acheté un lecteur DvD, mais je ne le crois pas motivé pour s'acheter des DvDs. Il en a quelques uns que je lui ai acheté, il se procurait à une époque "Le monde" avec un DvD "offert" ... Il a des livres certes, mais pas cette avalanche de livre de poches.

Alors bon, certes, différence de génération, cultures différentes, sans aucun doute mais quand même ... qui dit possession d'objet dit relation à l'objet, et là on peut se rebrancher sur Locke. La singularité, c'est la personalité, c'est l'individualité, c'est ce qui nous fait, ce qui fait que l'on est soit et pas le voisin. Je suis un gars avec 300 CDs, ce n'est pas tant le fait de les posséder qui compte, mais le fait que je connais mes CDs et que je peux vous en causer un moment (et je peux le prouver). C'est un besoin essentiel de pouvoir se singulariser, on se définit. On se rebranche sur le beau pére (plop). Lui n'accumule pas des choses comme moi ou son fils. Mais est-il pour autant représentatif de sa génération ? Moi et son fils sommes nous représentatif de notre génération ?

J'aime bien le passage que j'ai cité de Stiegler extrait de "Comment la société de consommation desespère le citoyen". Je l'aime bien parce que ... Des fois vous lisez un roman et vous vous dites "Si j'avais du l'exprimer c'est exactement comme ça que j'aurais voulu le dire", on a un sentiment de vérité. C'est un peu ça en ce qui me concerne. Parisien, il m'est arrivé d'aller à la FNAC, d'acheter pour 1000FFR de livre CD DVD BD et cependant de sortir insatisfait. Pourquoi ? C'est quand même emmerdant ... Je consomme donc je suis ? Je suis pas assez ? Tout cela est confus.
désolé du multipostage, c'est pas du flood, mais ça correspond à des blocs d'idées ... En même temps c'est par sécurité ...

Lors de son dernier passage en radio, Stiegler évoquait le passage d'une société de l'actif à une société du passif. Avant on faisait de la musique, maintenant on l'écoute. S'agit pas de dire c'était mieux avant. C'est généralement idiot comme réflexion. S'agit de constater que le disque, l'enregistrement nous place dans une situation passive, alors que l'on pourrait faire de la musique. S'agit pas que tout le monde fasse de la musique. Mais celui qui est touché par la musique pourrait en faire plutôt qu'en écouter. Plutôt que seulement en écouter. Stiegler rebondissait là dessus, pour dire que l'objet n'était pas de rejeter le disque. Il donnait l'exemple de Charlie Parker qui n'avait pas appris la musique, pas le solfège, mais qui en revanche avait beaucoup écouté Lester Young, passé les disque au ralenti, pour comprendre ce qui était fait. C'est un exemple.
Pour ce qui est du caractère "nouveau" de l'affaire
Citation :
Advertising veteran Allan Middleton teaches marketing at York University. He says neuromarketing is in its early stages — and he's mostly skeptical about what it can do.

"Theoretically, if you could possibly not only understand how people respond in a laboratory situation to a buying stimulus, then it will certainly help marketers forecast behavior. Well, if it works — which by the way I don't think it will — I mean, you get to 1984, and more importantly, Aldous Huxley's Brave New World."
Une source comme une autre
Citation :
The CCLE has been watching the "neuromarketing" field develop over the past several years. An article in today's New York Times adds fuel to our concerns about neuromarketing being used for political purposes. The race seems to be on between using sophisticated brain imaging to guard against manipulative political advertising, versus using it to produce such advertising.
Ho ho ... (une autre source )

Et oui en fait c'était ce que je voulais linker également, les spin doctors ! Les pro du marketing qui se mettent au service des politiciens pour leur faire engranger des voix, Bush à le sien, une loi votée par Rocard et limitant le plafond des dépenses des campagnes électorales ne fait pas de terres française un lieu de prédiléction de ces docteur tournoyants.
Citation :
Publié par mobidique
bien que dénonciation reste fort.
Présentation alors ? Révélation ? Exposition du phénomène ?

Citation :
Publié par mobidique
Ptin ... 04H42 faut dormir la nuit les mecs ...
Certaines fois, il fait trop chaud pour travailler, et d'autres fois, il fait trop chaud pour dormir.
Et là, si la manipulation fonctionne bien, vous devez penser à un grand verre de boisson fraiche, mais pas n'importe quelle boisson.
Pourquoi on pense à un produit quand on lit ou entend une phrase en particulier ? Ça, c'est intéressant à comprendre.

Je n'ai pas dit que c'était pas nouveau, hein, j'ai dit qu'il n'y avait pas grand chose de neuf sous le soleil si l'on se contente de dire que la manipulation existe, et là, effectivement, on pourrait trouver des tas de références montrant que le phénomène est connu depuis longtemps, sans forcément aller pomper dans les feuillecons des années 70.

Pour la nouveauté apportée par l'IRM, je ne vois comme nouveauté que l'appel aux neurosciences.
Mais est-ce que les neurosciences sont les seules à pouvoir être qualifiées de méthodes scientifiques ?
Est-ce qu'on ne peut pas dire que les recherches qui ont précédé et qui conditionnent notre comportement d'achat d'aujourd'hui étaient scientifiques elles-aussi, avec des périodes d'observation, des protocoles d'expérimentations, des études, des conclusions rigoureuses, des applications à la clé ?
Je doute qu'on puisse qualifier de scientifique la démarche qui a conduit à écrire « Balzac 0001 », mais je doute également qu'on puisse balayer le sérieux et la rigueur de bien d'autres démarches publicitaires en affirmant qu'à partir d'aujourd'hui seulement la publicité commence à vouloir se reposer sur une démarche scientifique. (Ou alors on n'utilise pas le terme dans le même sens, ce qui est fort possible.)
Je vois plus ça comme une évolution, et en fait je crois qu'on est d'accord, si j'ai bien compris ton histoire de germe.

Pour le qui, ça semble effectivement évident, bien qu'on ne connaisse pas forcément tous ceux qui sont appelés à utiliser peu ou prou des techniques de manipulation (d'ailleurs tu parles plus loin d'utilisation dans le domaine politique, mais ça n'est pas forcément le seul concerné).

Pour le comment, on ne doit pas parler au même niveau.
Bien sûr qu'on est manipulés à la télévision, à la radio, dans le métro, dans le bus, dans les magasins, sur internet. Mais ça ne répond pas à la question du comment. Ce qui est intéressant, ce sont les détails.
Exemple tout con et très connu qui illustre bien ce que je qualifie de « comment » : dans une grande surface, lorsque le dirigeant estime que ses clients devraient se dépêcher de sortir du magasin (au pif, parce qu'on approche de l'heure de fermeture), il passe une musique rythmée et plus violente que d'habitude, et lorsque le temps n'est pas compté et qu'il est plus intéressant de garder longtemps l'acheteur pour qu'il ait le temps de visiter tous les rayons et d'acheter un maximum, on passe une musique plus cool.
C'est ce genre de détail qui est intéressant, et qui ramène un peu de libre arbitre, à partir du moment où tu identifies la manipulation, tu as plus ou moins le choix de t'y soumettre ou non, si tu ne l'identifies pas, tu n'as pas le choix, et tu suis connement le rythme de la musique, la plupart du temps.

Quant à la conclusion sur le fait de ne pas tout balancer par la fenêtre et essayer de faire autrement, ça rejoint bien mon avis sur la question, le phénomène est intéressant, très intéressant, et l'influence (pour ne pas parler systématiquement de manipulation, qui a un petit côté mélodramatique) de la publicité n'est pas toujours négative en elle-même, mais la façon dont le sujet est abordé par les pros de la mercatique est gênante et remet en question tout un tas de choses que l'on n'est pas habitués à remettre en question.

(Je n'ai pas lu tes derniers liens ni fait de recherche sur le neuromarketing, mais ça va venir. )
ptin 15H44 c'est à c't'heure là que tu te lèves

Présentation fait didactique.
Révélation, Pierre Bellemare
Exposition, fait exhaustif.

Information, c'est bien. "Ho regardez le neuromarketing" et l'imbécile regarde le doigt .

Rien de neuf sous le soleil, mais oui. "La guerre des Gaules" du grand Jules est, paraît-il, plus un objet de propagande destiné à présenter le gars sous son meilleur jour qu'un compte rendu historique objectif. C'est pas une raison pour rester bloquer sur Platon et prétendre que tout y était déjà, parce que l'essentiel était sans doute là, mais pas le cinéma par exemple, pas la musique enregistrée, et Deleuze et Stiegler ont travaillé sur le cinéma et la musique, et ce travail les a nourris et leur manière d'aborder des sujets identiques à un Platon sera différente, plus intuitive peut être pour nous (EDIT : heu ceci dit, l'intuition en lisant Stiegler l'en faut un paquet quand même ). Platon n'a pas connu le neuromarketing .
Mais effectivement, ce n'est qu'une évolution. Ce n'est qu'un cran de plus. Mais de cran en cran on passe d'un truc anodin à un truc inquiétant. De fait, "Pas nouveau" et "rien de neuf sous le soleil", occultent cet aspect en partie, "Si c'est pas nouveau alors pourquoi attirer l'attention là dessus, c'était déjà là avant et que je vivais déjà bien avec, ça devrais pourvoir continuer." Même en dictature on peut vivre. C'est la raison dont auquel je m'agace

Le comment m'intéresse peu, un peu comme le fonctionnement délicat du moteur à explosion en fait. Ca marche ou pas. Le moteur à explosion marche ça me suffit. On m'explique le principe "oui oui" ça me rentre par une oreille ça ressort par l'autre. Le marketing marche ou pas ? Y a du flanc, y a du pipeau, y a des dépenses inconsidérées pour des résultats médiocres. Mais également des dépenses ridicules pour des résultats incroyables. Mon fils (4.5 ans) ne mange pas des petits suisses, mais "des petits pots Gervais" de fait ça marche.

Les derniers liens ne sont qu'à titre informatif.
Non, je ne me lève pas, 15h44, c'est l'heure où je me souviens brusquement que j'ai posté un truc sur le Cercle.

Va pour l'information, je prend.
En revanche, « Si c'est pas nouveau alors pourquoi attirer l'attention là dessus, c'était déjà là avant et que je vivais déjà bien avec, ça devrais pourvoir continuer. » n'est pas du tout mon propos, bien au contraire.
(En fait, je ne pense pas qu'on passe de quelque chose d'anodin à quelque chose d'inquiétant, je pense qu'on passe de quelque chose d'inquiétant à quelque chose de très inquiétant.)

Je pensais juste que l'aspect informatif sur la manipulation était aussi important dans ton sujet que la présentation du neuromarketing lui-même, et j'ai répondu sur le premier point (je regarde le doigt du sage qui nous montre un truc), de toutes façons je n'ai pas grand chose à répondre sur le deuxième point, je ne connais pas le neuromarketing.
Je pourrais m'écrier « Bon sang ! Mais jusqu'où iront-ils ? », ce qui refléterait pas mal mon appréciation de la chose, mais je crois que ça ne ferait pas avancer le sujet.

À part ça, on a clairement pas le même avis sur l'intérêt du « comment ».
Entre le « ça marche » et le « ça ne marche pas », on trouve le « ça pourrait marcher si je revissais un peu la bougie, ici » (quand la voiture se met à déconner au démarrage) et le « ça pourrait être intéressant et avantageux pour moi si je faisais abstraction complète de tel message ou de telle mise en condition, maintenant que je sais que c'est plus manipulatoire qu'informatif ».
Pour les petits pots Gervais, on a l'impression que ça te dérange que ça marche (je me plante peut-être), mais est-ce que ça marcherait aussi bien si ta femme et toi preniez le temps de peser le pour et le contre et, le cas échéant, décidiez de boycotter la pub télévisuelle vis-à-vis de fiston et de n'acheter que des petits suisses sans marque (ou de marque qui ne soit pas largement médiatisée) ? Ce qui permettrait à priori au fiston en question de ne pas associer directement une marque à un produit et le mettrait en meilleure condition pour prendre du recul par rapport à la publicité.

(Désolé d'éloigner du neuromarketing, je posterai quand je me serai renseigné dessus, désormais. )
"You're not your job. You're not how much money you have in the bank. You're not the car you drive. You're not the contents of your wallet. You're not your fucking khakis. You're the all-singing, all-dancing crap of the world"

Tyler Durden
Sympa de balancer une citation comme ça, mais c'est un peu court jeune homme.
http://www.imdb.com/title/tt0137523/
Sauf que bon
http://www.allocine.fr/film/revuedep...ilm=21189.html
bien que
http://www.allocine.fr/film/revuedep...89&page=2.html
Citation :
Fight Club se contente de délayer une mélasse sub-nietzschéenne épicée de violence gratuite.
Citation :
au-delà des malaises qu'elle provoque (analogues à ceux causés jadis par « Orange mécanique »), c'est une oeuvre impressionnante et dont on sent qu'elle annonce peut-être une réalité qui, déjà, frappe à nos portes.
J'l'ai pas vu perso. Je comprend le lien fait entre l'idée de Fight club et Stiegler, cependant
Citation :
David Fincher ne possède pas les moyens de son ambition. Son film est un objet étrange et assez antipathique, très proche de Tueurs Nés d'Oliver Stone, qui lui aussi ressemblait à ce qu'il voulait dénoncer.
c'est pas tout d'avoir une idée et surtout c'est pas forcément suffisant pour faire un film.
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