Histoire de Branwyn

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Prologue : à la rencontre de Natmagus, l’elfe de bois

Il fallait que je sache, même si je devais le regretter. Il fallait que je tente tout pour découvrir la vérité.
Abandonnant mes compagnons les Seigneurs Dark quelques temps, je partis vers le sud, dans la Forêts des Ombres où se cachent les elfes des bois et plus particulièrement Natmagus, le vieil érudit, tellement vieux qu’il a dû connaître Shakaar lui-même.

Comme d’habitude, alors que j’avançais, de plus en plus sûr d’avoir échappé au guetteurs des bois, je sentis la pointe d’une flèche sur ma nuque… “ Alors, Sadra Ame Sombre, à nouveau parmi nous ? Tu n’as pas supporté les températures du nord ? ”, et mes trois gardiens surgi des arbres de s’esclaffer. “ Sais-tu, cher Aydin, que tes oreilles tomberaient, brisées en milles morceaux, avant même que je ne sache qu’il fait froid ? ” maugréais-je. “ Déjà qu’elles touchent presque le sol ” se moqua Baflet, le deuxième des trois compagnons. Quelques embrassades plus tard nous partîmes vers leur camp, qui avait à nouveau changé d’emplacement.
- Est-ce votre manque de confiance en vos visiteurs qui vous poussent à changer d’endroits tous les trois mois? questionnais-je.
- Il est venu à nous un elfe noir peu recommandable, partit depuis peu à la rencontre de sa horde, alors nous nous protégeons… plaisanta Aydin.
- Des trolls se baladent dans la région et d’aill… commença Bandegan, celui qui n’avait encore pas dit un mot. Alors une volée de flèches s’abattit sur quatre trolls qui justement couraient sus à nous. J’accueillit le cinquième d’un aller-retour de ma lame gauche sur son cou.
- D’ailleurs, nous changerions quand même tous les trois ans d’endroit afin que les saisons puis les années recouvrent les blessures que nous infligeons à notre mère la terre, termina Bandegan alors que je tournais la tête à gauche et à droite à le recherche d’autres trolls.
- Ne t’inquiète pas, il n’étaient que cinq. C’est toi qu’ils suivaient depuis ton entrée dans nos bois. Sachant que nous arrivions, ils ont attaqué coûte que coûte…il ont faim, me dit encore Aydin.
D’un geste, Baflet écarta des branchages de son bras, et la cité provisoire des elfes des bois m’apparût. “ Tellement semblable et pourtant si différente de la dernière cité ” m’exclamais-je, “ magnifique… ”.
Seul ceux ayant vu une cité des bois peuvent comprendre ce que j’ai ressenti à ce moment là et bénissent Neutra de sa grâce.

Descendant un escalier avec la grâce d’un félin, la beauté faite elfes apparût devant moi en la personne d’Aglamant, la plus belle des elfes, si chère à mon coeur.
“ De retour parmi nous ou simplement de passage, Sadra Ame Sombre ? ” me demanda la belle Reine de la Forêt des Ombres.
- Bonjour, ma belle Reine, cela sera malheureusement un peu plus compliqué… Il faut que je rencontre Natmagus l’Ancien, j’ai certaines questions à lui poser.
- Natmagus ? mais tu sais comme moi qu’il peut disparaître des lunes entières sans donner signe de vie ! Autant combattre un dragon ! me dit-elle en haussant ses jolies épaules.
- C’est que cela concerne peut-être ma mère, c’est important pour moi…
- Ma Reine ! Je sais où il se cache ! cria un enfant elfe, j’apprit plus tard qu’il s’appelait Dodiwain, accourant vers nous.
C’était la première fois que je voyais un enfant elfe et penser que son enfance ne durerait même pas le centième de sa vie, par rapport au sixième de la vie d’un homme me laissa perplexe un instant…
- …cavernes des Pierres Vertes, termina le petit elfe.
- Très bien… Sadra ? Sadra ! murmura Aglamant à mon oreille, voilà où il faut te rendre.
Quelle émotion de sentir Aglamant si près de moi, et je pense que cela se ressentit, car il y eût comme un malaise parmi les personnes présentes. Mais la Reine s’en tira comme d’habitude d’une pirouette dont elle a le secret et dit : “ Aydin, Bandegan et Dodiwain, accompagnez-le là-bas, et par la même occasion, dites à Natmagus de revenir parmi nous, il faut que je lui parle. Et soyez prudents…” ne put-elle s’empêcher de préciser avant de disparaître derrière un voile cachant ses appartements.

C’est ainsi que nous partîmes, Aydin longues oreilles et Bandegan, les fiers Gardiens de la Forêts des Ombres, Dodiwain le jeune apprenti Rôdeur et moi, Ame Sombre comme ils m’appelaient là-bas, pour les cavernes des Pierres Vertes, lieu inconnu de ma personne jusque là, et que j’aurais souhaité ne jamais connaître, même pour ce que j’y ai appris.
Je compris en route que m’accompagner n’était pas la seule motivation de mes compagnons et quelques dizaines de trolls en firent de même. Que leurs camps sont faciles à trouver, qu’ils sont bêtes et méchants. Mais j’ai pitié d’eux, de leur vie de charognard et de la faiblesse de leur Ame fasse au néant qui les a emprisonnés…
Le voyage dura deux semaines. Mis à part les ronces, les chemins effacés à redécouvrir et les trolls, il n’arriva pas grand chose. Il ne nous restait qu’à mettre un pied devant l’autre et avancer.
Les cavernes des Pierres Vertes se trouvent dans les Monts du Dragon Figé, un des pics les plus élevé, ayant la forme d’un dragon prêt à s’envoler. Il est difficiles de les trouver car tous les petits vaux se ressemblent et le seul moyen, selon Aydin, de les trouver est de garder le Dragon figé toujours à sa gauche et, lorsque le soleil se couche, d’avoir la lune sombre devant soi. Ce fût Bandegan qui les trouva, bien cachées. Il ne restait plus qu’à trouver la bonne entrée parmi ces dédales de couloirs obscures et verdâtres. Nous décidâmes de camper là avant de nous aventurer dans ces labyrinthes, heureusement que nous avions emportés quantité de cordes elfique. Fines et solides, légères et longues, discrètes mais toujours visibles aux yeux d’un elfe, les meilleures cordes de Ganareth.

La nuit se passa tranquillement et quelle ne fût pas notre surprise, au matin, de découvrir un feu bien garni et du thé bouillant nous attendant. Nous nous regardâmes sans comprendre lorsque surgit de derrière un rocher un vieillard décrépi qui nous lança : “ pour des elfes, vous avez le sommeil bien lourd, gamins ! ”.
- Natmagus, crièrent en chœur mes compagnons en courant vers lui.
- Mais que faites-vous là ? Aglamant s’inquiète-t-elle du sort d’un vieux fou tel que moi ?
- Elle requiert votre présence auprès d’elle, en effet, mais nous ne savons pas pourquoi, répondit Aydin, par contre Ame Sombre souhaite s’entretenir avec vous de sujets qui le préoccupe.
- Tu n’es que de passage, cette fois-ci, et tu cherches des réponses, Sadra ? Je craignais de voir arriver ce jour, car ce n’est pas seulement ton destin que tu vas influencer, mais aussi celui de beaucoup d'autres personnes…
- Serait-il possible que vous deviniez l’avenir Sage Natmagus ? rétorquais-je, je suis à présent membre d’une guilde et ai des devoirs envers elle.
- Je connais Torwen, ton Seigneur, c’est un sage parmi les elfes noir, mais je doute qu’il vous conduise à la paix, surtout toi, Sadra. Ton cœur est amère et ta soif de vengeance au dessus de ta volonté.
- Par Neutra, je sais me maîtriser !, et c’est en finissant ma phrase que je compris… Natmagus n’eût pas besoin de répondre, le sang me montait d’autant plus qu’il avait raison.
- Sadra, reprit-il doucement, ne jure pas par Neutra lorsque tu prends position, c’est ridicule. Neutra est la déesse qui porte le mieux son nom, ne l’oublies jamais. Il va falloir que tu viennes avec moi, seul. Les autres, gardez l’entrée de cette caverne. Allons, suis-moi.
- Mais tu ne sais même pas ce que je veux te demander !
- Je le sais depuis que je t’ai vu la première fois que je t’ai rencontré, Ame Sombre.
Perplexe, je m’enfonçai dans la montagne à sa suite.


La douleur de la vérité

Sais-tu pourquoi l’on appelle ces grottes les cavernes des Pierres Vertes, demanda l’elfe des bois à l’elfe noir.
- Des pierres vertes s’y trouvent, incrustés dans la roche…, répondit l’elfe noir en ricanant. Mais l’autre leva la main et continua : “ elles possèdent une particularité intéressante, celle de faire resurgir des choses oubliées de la mémoire, mais pas n’importe quelle mémoire. Je m’explique. Si tu me raconte une histoire ici, je l’oublierai avec le temps. Mais si je reviens dans 200 ans dans un certain état d’esprit, une sorte de transe que je provoquerai, alors cette histoire ressortira mot pour mot de mes lèvres comme jadis des tiennes, comprends-tu bien cela ? Ce n’est pas moi qui vais te raconter une histoire, mais bien la personne qui me l’a racontée autrefois qui la racontera à nouveau par ma bouche.
Mais avant cela il convient de mettre certaine chose au point.
- Tu veux être payé ! s’écria l’elfe noir, scandalisé.
- Ne sois pas idiot, je veux juste t’expliquer certaines choses avant de commencer. Comme par exemple comment se fait-il que je sois au courant de ta venue ici même, aujourd’hui et quelles questions tu veux me poser.
- J’aime mieux ça, répondit l’autre en s’asseyant. Je t’écoute.

Je suppose que tu as consulté certaines archives du Seigneur Torwen, que tu y a vu le nom de Brawyn et de Cymogorn et que tu sais que certains des tiens sont partis de leur côté à la sortie des grottes ?
Souviens-toi d’abord que, si tu te souviens bien, tu n’est pas allé au nord par hasard lors de ton départ de la Forêt des Ombres, mais que c’était sur mon conseil.
Sache ensuite que lorsque je t’ai vu pour la première fois, je t’ai reconnu tout de suite, la ressemblance étant trop frappante, comme le fils de Branwyn, mais cela tu t’en doute depuis longtemps.
Sache pour finir que je sais tout de tes méfaits dans la maison de ton père, et que si tu est venu parmi nous c’est grâce à la berceuse que te chantais ta mère lorsque tu étais bébé, juste avant qu’elle ne meure…

Loin bébé, loin vers le nord,
Loin bébé, au pays des sorts

Dort bébé, dort dans les bois
Dort bébé, les elfes veillent sur toi

Etc…


L’elfe noir réprima un tremblement. Son regard se fit vide, les souvenirs affluaient en lui et il murmura : “tant de choses oubliées, jusqu’au visage de ma propre mère… ” et il se prit la tête entre les mains.
Natmagus laissa passer un moment puis continua : “ tout était fait pour que tu reviennes vers moi, pour qu’un jour tu sache l’histoire de ta mère et de sa quête, elle qui m’apprit des choses que j’ignorais moi-même. Je vais maintenant te conter l’aventure de Branwyn, l’elfe noire qui voulût tout voir et qui mourût pour son amour…”

L’elfe des bois s’agenouilla et joignit ses mains. Il commença à murmurer des mots d’une langue inconnue. La douce lumière des Pierres Vertes sembla alors attirée par le vieil elfe, convergeant vers lui et l’entourant d’un halo vert pâle. Une voix qui n’était pas la sienne sortit de sa gorge, mélange de sa propre voix et de la voix d’une personne à présent morte, celle de la mère de l’elfe noir, resurgie de la mémoire de sa petite enfance…
Le journal de Branwyn

Je me nomme Branwyn, fille de Cymogorn et de Branheris. Mes parents sont issus de l’Age Sombre des elfes noirs, nés au fin fond des cavernes Maudites. Ils ont grandi dans la seule idée qu’il fallait maintenant sortir de là, car tous sentaient alors en eux le puissant appel de Ganareth et de sa lune sombre… Mon enfance fût malgré tout heureuse, et je n’avais alors qu’un seul objectif en tête, rejoindre les rangs du Seigneur Torwen, celui qui nous sortirait de là, qui nous conduirait à la lumière. Je m’entraînai à l’arc, à la magie et révisai l’Histoire de Ganareth. C’est grâce au vieux Cadlon, chroniqueur de notre clan que je me pris de passion pour ces vielles histoires, et c’est aussi à cause de lui qu’un jour une partie d’entre nous partîmes vers l’ouest tandis que la majorité de nos autres compagnons suivirent Torwen vers le sud.

Lorsque nous sortîmes de grottes, ce fût comme une deuxième naissance, l’air frais sur le corps, la dureté du soleil sur nos yeux habitué à l’obscurité… D’ailleurs, tous nous préférâmes vivre la nuit que le jour par la suite. Longtemps nous profitâmes de ce nouvel état des choses. Mais un jour, la soif de découverte nous pris et des débats éclatèrent au sein du clan. Mon père, membre du conseil, voulait rester proche des grottes et y fonder une ville fortifiée, afin de nous défendre des haut-elfes. Torwen voulait aller vers le sud, reconquérir nos terres et surtout venger notre peuple des cruautés dont nous avions été les victimes, je l’aurais suivi si Cadlon ne m’avait éveillé l’esprit à des mystères et des légendes que je ne pouvais refuser de rechercher. Car le vieux chroniqueur, quelques chercheurs, des colons artisans et agriculteurs ainsi qu’un groupe de rôdeurs désiraient partir à l’ouest. Ils prétendaient que seule la découverte de la cité Pyros, ville de Calder et ancienne capitale des Dragoons pourraient nous donner les moyens de nous défendre et de nous venger.

Malgré les disputes et les débats houleux, les choses se passèrent mieux que pour nos ancêtres elfes lors de la Séparation. En effet, chacun fût libre de son choix, et c’est ainsi qu’une grande partie des notre restèrent dans cet endroit, proche de l’entrée des grottes maudites, pour y construire une ville dont je ne saurai jamais le nom. D’autres partirent à la suite de Torwen et s’appelèrent les Seigneurs Dark. D’eux j’entendis beaucoup parler, leurs exploits téméraires firent regretter à quelques uns des rôdeurs nous accompagnant leur choix d’aller vers l’ouest au lieu du sud.

Mon départ fût quelque peu chaotique, mes parents refusant de me laisser partir. Je me glissai donc hors de notre demeure au jour partant et filai dans la direction prise par les Migrants, car c’est ainsi qu’on appela ceux qui partirent à l’ouest. Je les suivis quelque jours sans me faire repérer des rôdeurs, ce dont je suis encore assez fière, car Cadlon m’aurait renvoyé chez mes parents s’il m’avait découverte.

C’est alors, par une lune blanche couchante, que je découvris par moi-même la nature des hauts-elfes et leur façon de traiter leurs “ problèmes ”. Alors que j’allai m’endormir, perchée sur un arbre, je vis passer une colonne de guerriers et de mages blancs en dessous de moi. Je pensai à une délégation venue accueillir mes compagnons, sotte que j’étais ! Je me mis à les suivre et alors, plus j’avançai, plus un grondement se faisait entendre. Lorsque je compris que c’était le bruit d’une bataille et que les miens se faisaient assaillir, je me sentis dans un état second. Je grimpai sur un arbre et me mis à la recherche du plus beau et du plus grand des hauts-elfes. L’ayant trouvé, je trempai calmement la pointe de ma flèche dans un poison volé à ma mère et visai. Ma respiration se calma malgré les cris de peur et de souffrance de mes compagnons. Ma flèche fila et se planta en plein cœur du haut-elfe, qui mourût sur le coup. Je changeai d’arbres, et chaque fois j’abattis un haut gradé ennemi. Les miens purent se regrouper et s’organiser, sous la conduite des rôdeur, et l’avantage changea de camp. Nous massacrâmes le reste de la troupe des ces perfides hauts-elfes.

Je découvris ce jour-là deux choses : qu’il est impossible que les hauts-elfes et les elfes-noirs puissent cohabiter, ces années de séparation nous ont trop changés, et que le goût de la victoire est amer, nos larmes se mélangeant au sang de nos amis morts à cause de la haine et de la peur de l’autre et qui jamais ne reviendrons.

Cadlon n’eût d’autre choix que de m’accepter parmi eux. Ce fût peu après que notre troupe se sépara à nouveau, les colons voulant s’établir au long d’une rivière coulant dans une vallée belle et fertile. Nous les aidâmes quelques temps, puis reprîmes la route vers l’ouest.
Nous rencontrâmes alors les elfes des bois, qui nous accueillirent chaleureusement. Cadlon et leur sage Natmagus discutèrent des heures, des nuits, des lunes entières d’antiquité, d’histoire, de géographie… Je profitai de ce temps libre pour apprendre des techniques de furtivité que je ne connaissais pas, me perfectionnai à l’arc, me mis au dressage et au tatouage. Ce fût là aussi que je me pris d’affection pour les loups ; animaux effrayants lorsqu’on ne les connaît pas, ils peuvent devenir vos alliés les plus précieux si vous prenez le temps de les comprendre…

Nous savions à peu près où se trouvait Pyros, mais jamais les elfes de bois ne s’aventuraient jamais sur le Huitième Royaume, celui de Calder, notre dieu, notre guide. La route fût longue, pénible mais nous surmontâmes nos découragements et nos douleurs, nous continuâmes en nous entre-aidant et, après des plaines de cendre froide et de volcans éteints, nous atteignîmes le cœur du Royaume de Calder, près du volcan géant. Nous nous retrouvâmes devant les sept portes de la cité de Pyros. Je ne puis dire la solution, mais sachez qu’il faut toujours suivre son instinct d’abord, puis ses connaissances. Dans ce cas là en tous cas.

L’intérieur de la cité était comme si ses occupants l’avaient quittés la veille. Cadlon était comme un gamin excité par un trop gros cadeau, il courait dans tous les sens. Nous passâmes des années magnifiques à Pyros, mais ma jeunesse me rejoua un des ses tours et l’envie me pris de continuer à voyager, de voir le monde, de contempler Al-Drifa, la cité marchande… Je partis donc contre les avis négatif de Cadlon, qui me voyait comme une disciple plus que comme une jeune elfe-noire avide de découvrir le vaste monde.

Ce fût après quelques temps passé à voyager de par le monde que je le rencontrai, celui qui vola mon coeur. Ce beau et noble chevalier qui me prit pour une elfe des bois, ce que je ne démentis jamais d’ailleurs, son clan étant light… Il m’apporta tout le bonheur que je pus supporter, mais aussi toutes les peines que je ne pus affronter. Il m’emmena avec lui dans le comté de son père, et nous nous aimâmes avec la force de la jeunesse. Les conseillés du père de mon beau et noble soupirant avaient tout de suite reconnu en moi une elfe-noire et le comte demanda à son fils de se débarrasser de moi. Malheureusement il se trouve que je portai un enfant. Mon Amour ne voulait pas me laisser partir, ou alors il quitterais son père et ses terres avec moi. Le comte décida de laisser reconnaître l’enfant par son père, mais ne pourrais laisser son fils épouser une elfe-noire. L’enfant, que nous appelâmes Sadra, naquit et ce fût le plus beau moment de ma vie. Il avait tout les traits qui font qu’un elfe-noir est ce qu’il est, et aucun trait typique des humains. Mon Amour était si fier de son fils…

Je ne peut m’empêcher de chanter la berceuse que je lui chantonnais :

Loin bébé, loin vers le nord,
Loin bébé, au pays des sorts,

Dort bébé, dort dans les bois,
Dort bébé, les elfes veillent sur toi,

Loin bébé, loin vers la mer,
Loin bébé, vers le grand Calder,

Viens bébé, viens à Pyros
Viens bébé, dans la belle cité…

Ce fût une époque heureuse. Mais le bonheur d’un elfe-noir fait le malheur des hauts-elfes. Ils montèrent un plan afin que je quitte le comté.
Dévoilant ma race d’origine à tout le peuple de mon Amour, il voulût d’abord tout quitter pour partir avec moi. Le pauvre. Il pensait à bien, mais n’aurait pu supporter de vivre loin de ses terres, je le sais. C’est pourquoi, une nuit, je tentai de fuir avec Sadra afin de retourner à Pyros. Malheureusement je fus surprise par ces maudits hauts-elfes. Il me dirent de quitter ces régions au plus vite, mais ils garderaient l’enfant avec eux comme garantie de mon non retour. Ils ne comprenaient pas qu’une mère ferait tout pour retrouver son enfant, même affronter la mort elle-même.
Je partis et vins reprendre des forces auprès des mes amis les elfes des bois. Je méditai sur la façon de procéder lorsque Natmagus vint me parler. Je devais lui laisser un témoignage de mon existence, ce qui me fis ressentir un mauvais pressentiment me concernant. Il voulait connaître mon parcours, et surtout que j’explique où se trouve Pyros, afin qu’il puisse aider plus tard d’autres voyageurs de ma race. Je ne sais pourquoi, mais j’acceptai.

- Et c’est ainsi que je me retrouve devant toi Natmagus, à conter une histoire à un vieil elfe des bois en transe… Il ne me reste plus qu’à expliquer où se trouve Pyros. Ensuite je m’en irai récupérer mon fils et retrouver les miens.

- La cité Pyros, capitale du huitième Royaume se trouve……………………
La douleur de la connaissance

Alors que Natmagus, toujours en transe, allait révéler l’endroit où se trouve la cité de Pyros, une flèche lui traversa la gorge. Sadra, tout de suite sur le qui-vive, se retourna pour voir Aydin, Bandegan et Dodiwain encocher leur flèches et le viser. En voyant leurs yeux, Sadra comprit tout de suite qu’ils étaient possédés. Tenter de les raisonner ne servirait à rien. Dégainant ses deux lames en se retournant, il les lança en direction de Aydin et Bandegan tout en tentant d’éviter les flèches qui lui arrivaient dessus. Deux têtes tombèrent au sol et une flèche se ficha dans son épaule gauche. Il chancela et mis un genou à terre. Sa tête lui tournait. Dodiwain vint vers lui, sa dague à la main, pour lui trancher la gorge. Le jeune elfe possédé dit : “ pauvre fou ! croyais-tu que nous laisserions votre peuple de dégénérés retrouver un pouvoir qu’il ne mérite et ne maîtrise pas ? Croyais-tu que Hel laisserait Calder prendre ne serait-ce que le plus petit avantage sur lui ? Pauvre fou… ”
Sadra, à moitié inconscient, sentit alors monter en lui une étrange chaleur, et une voix intérieur lui souffla les mots qu’il cria à Dodiwain : “ que la chaleur t’embrume et que le feu te consume ! ”. Le jeune elfe des bois s’arrêta net et pâlit, il brassa frénétiquement l’air de ses mains et tout à coup une flamme sembla exploser de l’intérieur de son corps.
Ne perdant pas de temps, Sadra se força à oublier sa douleur et alla récupérer ses lames afin de sortir et trouver l’âme maudite qui avait pris possession des ses amis. Il passa devant le corps carbonisé de Dodiwain et des corps sans têtes des Aydin et Bandegan. “ Mon dieu, quel massacre ! Qu’ai-je fait ? ” pensa-t-il, rempli de désespoir… “J’ai tué deux amis et un enfant elfe ”.
Lorsqu’il sortit de la caverne il distingua, juste avant qu’elles ne disparaissent par magie, trois formes de haute taille, mais fine comme les elfes. L’une d’elles eût le temps de lui crier : “ Tu mourras pour ce que tu sais elfe noir ! “ Des hauts elfes ”, Sadra le sût tout de suite. Ainsi leur perfidie continuait à travers le temps, s’acharnant avec toute leur haine sur son peuple.
N’en pouvant plus, il s’écroula et tout se mit à tourner autour de lui. Une tempête des récits de sa mère et de ce qu’il venait de vivre l’emporta loin de son corps blessé, puis il sombra tout à coup dans le néant, ne sentant plus ni la douleur, ni la peine, ni le temps qui passe.
Il fût réveillé par Ryss, le loup blanc qui suivait jadis Sadra, lorsqu’il vivait dans la forêt des Ombres.
Ryss avait une particularité, sa salive ne faisait pas que désinfecté, mais elle avait un fort pouvoir curatif et Sadra retrouva donc toute la vivacité de son bras gauche très rapidement. Commença alors la pénible tâche de l’ensevelissement des ses compagnons, tués de sa main, et de Natmagus, tué à cause de lui.
Lorsque sa triste besogne fût terminée, il commença à adresser une prière à Neutra, mais il s’interrompit aussitôt. Il ne pouvait désormais plus prier Neutra, car il avait perdu toute neutralité dans ses actes. Il n’était maintenant mût que par la volonté de découvrir Pyros, cité des Morgans et le désir de vengeance, de massacre des hauts-elfes.
Une voix ferme et forte s’éleva dans les Monts du Dragon figé :

Calder,

Je te les confie, mes amis, mes compagnons,
Que ta chaleur les réconfortes et les protèges,
Que ton intelligence leur enseignes le pardon,
Que leur assassinat de mon cœur tu allèges.
-----
Puissant Seigneur de mon peuple et de ses racines,
Acceptes-tu la venue de cette âme en peine,
Sur ces terres secrètes que ta grande sagesse domine,
Et que ton peuple enfin soit libre et brise ses chaînes.
-----
Accordes-moi le feu sacré de ta puissance,
Montres-moi le chemin de ton intelligence,
Donnes-moi la volonté de vaincre mon impatience,
Et en ton nom j’accomplirai notre vengeance.



Epilogue : Le prix à payer

Je faisais à nouveau route vers la Forêt des Ombres, seul. Non, pas vraiment seul, Ryss courait à mes côté et je savais dorénavant que Calder gardait un œil sur moi, car c’était bien lui qui m’avait donné le pouvoir d’arrêter ce pauvre Dodiwain. Quelle puissance, quelle force ! Et quelle tristesse que cette aventure.
Retrouver Pyros, la cité des Morgans et faire payer leurs méfaits aux hauts-elfes, telle sont mes buts.

Mon arrivée dans la cité elfique fût des plus triste, quatre étaient partis, cinq devaient revenir et un seul fût de retour. De plus, la mort d’un enfant elfe est toujours un moment de tragédie affreuse, ouvrant des blessures qui jamais ne se referment.
Tous m’entourèrent, et la si belle et si douce Reine Aglamant me fit face. Je gardai les poings serrés lorsqu’elle me demanda où étaient mes compagnons. Je ne pût que répondre : “ tous morts ”.
- Oh Sadra ! je t’en prie, dis nous ce qu’il s’est passé ! me supplia-t-elle. Voyant que je ne pouvais répondre, elle usa de quelques pouvoir et soudain me dit : “ Sadra ! nomme-moi tes compagnons ! ”. Je ne pouvais parler, paralysé. Elle ordonna : “ nomme-les moi ! ”. Deux larmes se mirent à couler le long de mes joues, les seules dont j’ai le souvenir, et murmurai : “ je ne le puis, oh Reine ”. Le visage d’Aglamant se décomposa et tous comprirent alors l’affreuse vérité ; Sadra avait tué ses compagnons elfes, puisqu’un meurtrier ne peut citer le nom de ses victimes…

Je n’étais pas prisonnier, je n’allais pas être jugé comme l’entendent les humains, néanmoins, je passai la nuit dans une chambre d’où je ne pouvais m’enfuir et je serais sommé de m’expliquer devant le conseil des Sages, là où même la Reine ne pourrait rien faire pour moi.
Toute la nuit, des chants elfiques résonnèrent dans la forêt, devenue lieu de deuil, de tristesse et de douleur. Ces chants sont si mélancoliques, la peine en est exacerbé.
Je dormis très mal et ne cessai de revivre ces scènes de malheurs dans mon esprit en cherchant ce que j’aurais pût faire d’autre, à part mourir moi-même. Je ne trouvai rien. On peut mourir au combat, on peut tué des adversaires, mais contre la magie, les deux meilleurs amis peuvent s’affronter tel des bêtes enragées, sans sentiments…

Je parût devant le conseil des Sages, sept des elfes des bois les plus âgés et les plus respectés. Il me laissèrent raconter mon histoire, sans m’interrompre, jusqu’à son terme. Il se mirent ensuite en cercle autour de moi et tendirent les mains vers moi. Nous restâmes figés ainsi longtemps. Lorsqu’ils se rassirent, l’un d’eux me dit : “ Sadra, nous comprenons ce qui s’est passé, nous te pardonnons, même. Nul ne peut être puni pour avoir sauvé sa vie. Mais nous ne pouvons à présent contempler ton visage sans repenser à nos chers enfants disparus. Tu devras donc nous quitter et ne jamais revenir. Nous sommes désolés que tout se termine ainsi ”.
Aglamant apparût devant moi, son masque de tristesse flétrissait sa beauté, mais elle restait la plus belle. “ Oh pourquoi toi ! par quel sordide destin es-tu poursuivi ? une fois déjà tu es parti, et maintenant ton départ définitif. N’aurais-tu pu vivre parmi nous, comme nous, avec moi ? ” et elle se mit à sangloter. Mon cœur était prêt d’éclater, ma douce Aglamant venait de me livrer ses sentiment, mais j’eus préféré qu’elle me haïsse, cela aurait été plus facile pour moi. Je voulût tendre la main vers elle, lui prendre sa main, mais je ne le pût. Je restai figé, sombre statue de regrets, de remords et de solitude.
- Sadra Ame Sombre n’est plus, dit-elle soudain, il est parti pour toujours avec ses compagnons des cavernes des Pierres Vertes. Sadra Ame Noire est arrivé, et déjà il doit partir, portant des cicatrices qu’il ne pourra guérir, qui resteront vives et douloureuse pour toujours. Rejoins Torwen et les siens et accomplis ta destinée de souffrance…
Et elle s’enfuit, me laissant là, immobile et seul. Je ne la reverrai jamais et cela mon cœur ne pouvait l’accepter.
Ryss m’accompagna jusqu’à la sortie de la Forêt des Ombres. Je le caressai une dernière fois en lui demandant de veiller sur Aglamant et partit sans jeter un regard en arrière.

Désormais, Sadra Ame Noire chevauchera seul.
Je réfléchissais aux choses que je devait accomplir et aux moyens à ma dispositions. Je m’arrêtai et grimpai sur une montagne. Assis là-haut, tout au sommet, je méditai, longtemps, répétant sans cesse :

Accordes-moi le feu sacré de ta puissance,
Montres-moi le chemin de ton intelligence,
Donnes-moi la volonté de vaincre mon impatience,
Et en ton nom j’accomplirai notre vengeance.


Alors je sentis le vent m’apporter des réponses. Je redescendis et continuai ma route. Plus j’avançais, plus la rumeur enflait, et plus je sus ce que je devais faire.
Les Seigneurs Dark commençaient l’offensive, et j’étais lié à eux, mon clan plus que ma guilde, mon arme pour vaincre ces satanés hauts-elfes. Mais avant il me fallait me défouler, vider la froide haine pour ne garder que la sourde colère en mon sein.
C’est alors que je vis ce petit village… J’y commis mon forfait et repartis vers le nord, vers les Seigneurs Dark, vers les miens.

Sadra Ame Noire
Gazette de Himgand, le 02 – 05 - 9978

Tragédie à Himgand

C’est la nuit passé que l’impensable c’est produit dans notre petit village d’Himgand. Une tragédie jamais vécue auparavant. En effet, la nuit tombée, une bande d’assassins Dark sont entrés dans le village, sans être vus, à leur manière discrète et sombre. Profitant du sommeil de nos paisibles habitants, ils se sont faufilés dans les maisons de nos notables hauts-elfs et les ont tous assassinés, femmes et enfants compris. Il ne reste aucun survivant haut-elfe dans notre village d’Himgand, qu’ils avaient grandement contribué à construire.

La rédaction et tous le personnel du journal sont bouleversés par cette tragédie et prie les familles des défunts d’accepter toutes nos condoléances.

Nous relevons que malgré les condoléances du Baron local, le Seigneur Mabonastan, qui s’est rendu sur place, la question de la sécurité n’était pas au menu des débats de l’assemblée de la baronnie.

Une veillé aura lieux ce soir dans une chapelle qui se construit en ce moment au frais de notre Baron que nous remercions. L’office sera célébré par un prêtre de Hel.

Plus de détail en page 3.

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Gazette de Himgand, le 03 – 05 - 9978

Le Baron assassiné ! La chapelle ardente profanée !

Mais quel monstre a pris possessions de notre bourgade, quel esprit malveillant nous en veux à ce point ! Hier soir, alors que les familles venaient de rentrer de la veillée, une explosion se fit entendre à la chapelle ardente, érigée pour les victimes du massacre de la veille. Alors que les premiers secours arrivaient sur place, certains ont pu voir, debout sur un rempart, une forme noire, bras levés.
Une seconde explosions eut lieu au milieu des flammes de la chapelle, totalement détruite, recouvrant les corps des défunts haut-elfes.
Ce n’était malheureusement pas tout, car à ce moment là, le prêtre de Hel, prit de panique tenta de s’enfuir. Arriva alors sur lui une lame tournoyante qui lui trancha la tête. Le corps du prêtre courut encore vingt mètres avant de s’effondrer. La forme disparût soudainement et personne ne la vît plus.

Alors que la situation semblait se calmer dans le village et que l’incendie était maîtrisé, le messager arriva et nous apprît alors l’embuscade dont a été victime le Baron Mabonastan qui, pour rappel, était aussi haut-elfe.
Cette embuscade lui a coûté la vie, à lui et à son escorte.

Les obsèques auront lieu en présence du duc le 06 – 05 – 9978 au château de notre regretté Baron Mabonastan. Nous prions sa famille d’accepter nos condoléances les plus sincères.

Le sherif, responsable des enquêtes de ces crimes n’exclut pas la possibilité que tous aient été commis par le même groupe de brigands.
C'est assez long mais j'ai trouvé l'histoire vraiment intéressante, j'apprécie également les articles de journaux mais peut être aurais-tu pu les mettre avant !
Long à lire, mais pas difficile vu que je n'ai pas eu envie de m'arrêter, amusant pour les journaux mais peut-être éviter le :
Citation :
Nous relevons que malgré les condoléances du Baron local, le Seigneur Mabonastan, qui s’est rendu sur place, la question de la sécurité n’était pas au menu des débats de l’assemblée de la baronnie.
Ca fait très journal de 20h actuel, moi ça m'a fait rire en tout cas, enfin c'était peut-être le but.
Encore bravo !

Edit pour Sadra : En fait j'avais essayé mais le lien était down, et depuis j'avais un peu laissé de côté, je vais rectifier ça de ce pas.
__________________
Eilanelena.
Citation :
Provient du message de Sadra
Merci à vous !

Et un petit bonjour à la douce Eilanelena, qui ne vient toujours pas me rendre visite chez les Les Seigneurs Dark
Douce Eilanelena <amusé> ce qu'il ne faut pas entendre... Fais attention quand même car dans son ombre son mari ne sera pas aussi doux...
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Vhaeraun Prince des Elfes noirs (adaptation AD&D)
Avatar de Sven Bybee
Lol, Bonjour Vhaeraun Isilme. Ne vous inquiétez pas... Je crois Eilanelena sait très bien se défendre, et je ne comptais pas attaquer... Mais il est vrai que j'avais apprécié son aide lors de ma visite chez vous, d'où cette reconnaissance et ce sentiment d'amitié à son égard.
Et vous, Vhaeraun Isilme, êtes-vous disposé à ouvrir un jour des discussions avec les Seigneurs Dark ? Nous sommes du même côté, même si nos alignements diffèrent...
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