Une histoire et deux vies

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" Vous trouvez un petit livre dans un coin de l'Académie de Silmaris "







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Illustration se trouvant sur la couverture






Je me nomme Taliesin et si aujourd'hui je prends la plume c'est dans le but de libérer mon coeur et d'apaiser mon esprit. Je vais sur ces pages conter l'histoire de deux êtres très différents dont les vies furent unies dans d'atroces circonstances. Ce récit n'est pas l'entier reflet de la vérité, mais si je devais me contenter d'elle je n'aurais pas la force d'écrire,

sachez juste que les faits se sont produits, le reste n'est qu'artifices.



Cette histoire se déroule dans les contrées de Taïsidiaan.

Taïsidiaan est une terre puante, pleine de mort. Son paysage n'est fait que de longues plaines sur lesquelles poussent d'immenses forets de pins grisâtres, ce qui pourrait ressembler à de l'herbe dégage une très forte odeur d'humus, comme si la chose se décomposait vivante. Une chose bien plus horrible accompagne ces terres, la brume d'Orzimor, épaisse comme la nuit, bleuâtre, elle se lève du puits d'Orzimor et vient combler l'étendue vide des plaines. Elle dévore toute trace de vie sur son passage, des êtres vivants à la moindre parcelle de lumière... Nombreux sont les ignorants, les distraits ou même les fous à avoir été engloutis, et nombreux ils seront encore... à ne jamais revenir...

Faut-il donc toujours courir sur Taïsidian pour survivre ? Non, il existe plusieurs lieux sanctuaires où la brume ne paraît pas, la plupart des forêts, les mondes souterrains et la seule citée encore debout, Pourpredeuil.
Pourpredeuil est le seul lieu de paix au milieu de cette terre morte, jamais un crime ne foula son sol tandis que par-dessus les remparts d'innombrables factions se menaient bataille. Pourpredeuil en raison de son immunité face à la brume était une citée fort peuplée, les rues étaient minces laissant la place aux larges et hauts bâtiments, certains atteignaient même les sept étages. Dans tout ceci grouille une multitude de factions et de races.

C'est dans cette citée que j'ai passé mon enfance, j'étudiais le passé à la tour des mages, et aux tavernes le présent. Je suis née dans une forêt non loin de cette cité, peu après ma naissance on m'apporta à la tour des mages afin de m'enseigner les bases de l'illusionisme, à partir de ce moment là ma vie fut liée à l'apprentissage et la passation de connaissance... J'ai beaucoup appris dans cette cité mais la vie m'y semblait vide. J'étais dans une prison, les murs n'étaient pas ceux de la ville mais la brume ... Mon enfance fut d'une banalité déconcertante, vous vous attendiez sûrement à autre chose venant de la part d'une personne se devoilant . Néanmoins cette vie, statique, bascula le jour où je l'ai rencontrée...De qui s'agit-il ? Vous la découvrirez bien assez tôt...

J'étais à la Taverne de Faneuil lorsque j'entendis un garde parler de la faction des Isiant'aïs, l'une des plus puissante de Taïsidian, composée d'elfes noirs elle était réputée pour sa cruauté et sa fourberie. D'après lui la maîtresse des Isiant'aïs devait venir ici, à Pourpredeuil pour signer un traité de paix entre la plupart des factions, je n'en revenais pas... un traité de paix, il n'y en avait pas eu depuis l'apparition de la brume. Je sortis de la taverne en courant pour me diriger vers les portes de la cité, apparemment je n'étais pas la seule à être informée de l'heureuse venu. Il devait y avoir là près d'un quart de Pourpredeuil, les rues fourmillaient sur plusieurs centaines de mètres. Mes ailes me permirent de m'approcher. J'étais donc là, face aux portes attendant avec toute cette foule une personne dont nul ne connaissait le moment exact de sa venue.
Lorsque le soleil commença à perdre de son éclat et que la brume pointa son nez au dessus des remparts, l'espoir quitta les visages et tous repartirent vaquer à leurs occupations. Malgrès tout je restai, j'attendis une, deux, trois heures... j'allais enfin me résoudre à partir quand un cor retentit derrière les portes, les gardes ouvrirent et les badauts présents ne virent que la brume bloquée par les défenses magiques.

Les gardes allaient refermer les portes quand ces êtres s'extirpèrent des griffes du nuage bleuâtre, ils avancèrent d'un pas calme. Ils devaient être une dizaine, tous vétus de cuir noir, des foulards masquant leur visage ne devoilaient que de petits yeux rouges. Un être se distinguait du groupe, de petite taille la chose était entièrement recouverte de draps noirs et reposée sur une sorte de chariot.
Comment ont-ils pu survivre dans la brume ? C'étaient là les paroles qui résonnaient dans la foule grandissante. Quelques curieux s'approchèrent du cortège mais furent très vite arrêtés par le claquement d'un fouet, je la vis alors pour la première fois... Haar'az. Elle sortit du groupe et prit la parole :

-La dame Isiant'aïs entre dans Pourpredeuil !

Un badaut se mit à jurer, un autre garde noir s'approcha de la foule, empoigna l'individu et s'apprêta à lui pourfendre la gorge quand à nouveau Haar'az intervint

Arrêtes ! Lui cria-t-elle, Veux-tu t'attirer les foudres de Gothar ?

La foule s'agita à l'écoute de ces mots, une vieille légende de Pourpredeuil veut que celui qui donne la mort dans cette cité sera aussitôt foudroyé par Gothar en personne.

-Mais ce ver insulte notre reine, répondit-il vivement.

Il payera, mais pas dans cette cité, accroches-le derrière le chariot et laisse-le trainer sur le sol, je suis certain qu'il aimera lécher le dallage de cette cité.

Toi, me dit-elle en me pointant du doigt. Conduis-nous dans une auberge, le traité attendra demain.

Je m'executai et pris la tête du cortège au côté de l'elfe noir, à notre passage dans les rues toutes les maisons ouvrirent leurs fenêtres et la foule suivant nos pas se faisait toujours plus grande, c'était pour eux un spectacle, pour moi un supplice. Je ne me sentais pas à l'aise au milieu de ces longues et fines silhouettes et les constants gémissements me rappellaient que le badaut trainait toujours derrière nous. Après quelques heures de marche nous arrivâmes enfin devant l'enseigne de Faneuil, ce dernier suite au chahut de la foule sortit aussitot puis s'arreta net à la vue de l'escorte, sa voix d'habitude grave, laissa sortir un doux :

-Qu'est-c'que j'peux faire pour vous ?

A ces mots l'être qui se trouvait sur le chariot répondit d'une voix calme et douce :

-Vieil homme, nous allons passer la nuit dans votre établissement.

-Scusez-moi m'dame mais vous êtes bin trop nombreux, on est presque plein, repondit-il inquiet.

-Vvous allez faire sortir tout vos hôtes, insista-t-elle.

-Je... je ne peux pas m'dame.

A ce moment là la créature sortit de sous ses draps un coffret qu'elle présenta et ouvrit devant les yeux exhorbités du tavernier :

-Sacrebleu ! Y a là d'quoi finir d'beaux jours ! Pour sûr qu'dans moins dix minutes vous aurez toute la taverne pour vous !

Pendant que les hôtes quittaient l'auberge en vociférant, les gardes Isiant'aïs dissipaient la foule à grands coups de fouet.
Une fois l'auberge et la rue vidées, les silhouettes noirs entrèrent une à une dans l'établissement de Faneuil. Je m'apprêtait à partir quand Haar'az se tourna vers moi :

-Nous pourrons encore avoir besoin de toi demain, tu passeras la nuit dans l'auberge et si tu nous mènes encore là où il faut, tu pourras repartir les poches pleines.

Je la suivis à l'intérieur sans dire mot. En franchissant la porte je vis que les gardes étaient déja en train d'organiser les lieux, on se serait cru dans les grandes forteresses royales que l'on peut rencontrer dans les vieux livres, la chambre de la reine était au dernier étage, chaque garde avait un couloir, un escalier ou une porte à surveiller. Toutes les dix minutes les places s'échangeaient de manière à être sûr que tous étaient en fonction. Je me demandais à quoi pouvait bien rimer une telle mise en scène, il n'y a rien à craindre dans Poupredeuil.
Je passai la fin de la journée à parler avec Faneuil qui racontait en boucle ce qu'il allait faire de son or, quand la nuit tomba Haar'az m'emmena dans la chambres reliée à celle de la reine, elle me demanda d'y dormir pendant qu'elle surveillerait la porte.
Je m'allongea sur le sol et suite aux nombreux évènements de la journée, je m'endormis aussitot.


Explosions, planches grincantes, hurlement, lames qui s'entrechoquent et ultime hurlement. Voila ce qui fit en moins de deux minutes mon reveil. Je gisais sur le sol, encore toute hébétée, quand j'aperçus au travers de la porte qui reliait ma chambre à celle de la reine, plusieurs elfes noirs se pourfendre le ventre. je n'y comprenais rien, il y avait encore quelques minutes je dormais paisiblement et toute l'escorte devait patrouiller dans un calme profond. Je me mis sur pied et voletai vers cette chambre mortuaire. A la plus farouche tempête succéda un silence glacial, je ne sais comment décrire le ressentit de mon esprit. Le mur donnant sur l'exérieur était béant, probable conséquence de l'explosion, non loin gisait le cadavre d'un elfe, sa lame fermement serrée dans son poing, probable conséquence des lames qui s'entrechoquaient et... et puis les draps, les draps noirs qui sous l'afflux du sang prirent une couleur pourpre, sur ces draps je vis la silhouette d'Haar'az, le visage emplit d'une haine comme je n'en ai jamais vue et comme la terre n'en a sûrement jamais receuillie, j'étais tétanisée, entourrée de tous ces cadavres et face à la rage personnifiée. Après plusieurs minutes je vis le visage d'Haar'az s'articuler " Morte, elle est morte, ma reine, ma déesse, mon coeur, mon âme... " elle se retourna brusquement vers moi, les dents serrées, ses yeux rougeoyants et ses mains crispées sur les draps " Nous avons failli, nous avons trahi sa confiance ! Nous devons mourir, tous ! " . J'avais déja entendu parer du fanatisme des elfes noirs, je m'en moquais comme beaucoup s'en moquent encore aujourd'hui, mais jamais je n'ai vu une servitude aussi noble...
Subitement je me mis à penser au reste de l'escorte que j'avais vu par l'entrebaillement de la porte en train de se pourfendre, puis je fixai plaintivement Haraz, mon visage devait trahir ma pensée car elle me répondit sans que je n'eusse dit mot " Mon heure n'est pas encore venue, je suis souillée, mon âme brûlera, mais je dois encore sauver celle de ma reine " Sur ses mots elle souleva les draps pourpres, je vis alors la plus belle créature que le monde eût mis au monde. Je ne placerai aucun mots pour la décrire car il n'en existe aucun d'approprié. Je ne sais vraiment ce qu'il ou elle était, mais je pense qu'il s'agit de l'hybride le plus curieux de notre temps, mi elfes noir, mi haut elfe, vous pouvez ne pas me croire, lecteur, mais moi, je sais ce que j'ai vu.
Haar'az empoigna sa dague et perfora la poitrine de la créature, elle en extirpa son coeur et le plaça dans une étrange boite en métal noir. Un visage d'un autre monde articula lentement ces quelques mots "Ils vont mourir", sur cette dernière phrase qui me glaça le sang, elle quitta la pièce...


C'est alors que je pris la décision dont dépendra toute ma vie, sans savoir pourquoi, je decidai de la suivre...





"Le petit livre comprend encore de nombreuses pages vierges, vous trouvez entre deux pages une petite feuille de papier"

Je comblerai ces pages blanches, soyez-en certain.
Trés bien écrit, si c'est vraiment Haraznag de Caern-Sidhe, je peux seulement dire que tu as fait de grands progrès.
Par contre, quelles sont tes sources de "comportement" pour les elfes noirs s'il te plaît ?
__________________
Eilanelena.
Citation :
Trés bien écrit, si c'est vraiment Haraznag de Caern-Sidhe, je peux seulement dire que tu as fait de grands progrès.


Oui c'est moi , Eowyn, druidesse de Caern Sidhe .
Heu pour le comportement des elfes noir... je n'ai pas vraiment de sources :-/ ... c'est juste que je les vois plutôt fanatiques et complètement axés sur ce qu'ils font ( au détriment de leur vie ) .
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