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Toutes les larmes de l'Enfer, ou la fin du dernier âge de l'humanité

 
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Bon on m'a lâchement rappelé que je n'avais toujours pas fait de post de fin de serveur, et on me persécute en mail, mp et icq pour que je le fasse. Voilà la première moitié du dit post, la suite dès que j'ai le courage.
Hop deux paragraphes de plus... c'est pas mal les romans photos finalement, pas trop fatiguant *sifflote* Tu vois BB, tu l'as eu ta suite... comment çà c'est pas fini ? Rhalalala


L'homme marchait, déphasé par rapport à Althéa et donc invisible, sur ces terres putréfiées... ses légions avaient bien travaillé, il ne restait plus que quelques décombres fumants sur les terres salées et ravagées. La plupart des habitants de ces derniers îlots survivants d'Althéa étaient morts... le triptyque de Gardiens avait bien travaillé lors de la destruction du Miroir, et même lui n'avait pas réussi à trouver une faille dans les pierres de destinée des survivants... mais il ne s'en faisait pas, le Maître ne se laisserait pas arrêter pour si peu.

Quelques uns avaient tenté de résister bien sur, la folie du passé se retrouvait toujours chez les jeunes... il se souvenait encore des récits grandiloquents du Traitre quand le Mysthe diluait sa souffrance sur les océans des limbes, lui s'amusait à réveiller ses frères et proies mortes et enterrées depuis des âges derrière les colossales portes d'adamandites des nains et à écouter leurs cris de surprises qui se transformaient bien vite en râle d'agonie lorsque leurs entrailles allaient repeindre l'intérieur de leurs imprenables *léger sourire en coin* forteresses, tandis que la Tisseuse donnait des ordres tous plus incohérents les uns que les autres à leurs rois et que la Bête s'amusait comme un enfant à lancer les plus démesurés de ses démoniaques légionnaires contre leurs portes...

Cette fois-ci les sept autres idiots étaient occupés sur leur propre miroir, et le Mysthe oeuvrait seul à sa créativité... il s'était quelque peu amusé à tenter de rendre une apparence de justice, improvisant des châtiments à la hauteur de leurs crimes... telle cette Moonrock, qui avait insinué en lui un instant de doute quand elle avait tenté de sacrifier sa vie pour en appeler au jugement d'Artherk et de L'invoquer... pour sa tentative elle était encore en vie aujourd'hui, et nulle magie mortelle ne pourrait changer cela... elle décorait joliment son petit temple de province, en se balançant doucement sous ses poutres, attachée par ses entrailles qui la faisait ressembler aux poids accrochés au bout des ressorts des pendules...

L'homme jeta à un oeil à son journal, l'encre était un peu passée -la peau humaine ne faisait décidément pas un bon support- mais c'était plus par habitude qu'autre chose, il le connaissait par coeur. Il était dans les temps, peut-être même légèrement en avance sur les sept autres... tant mieux, le Maître n'avait aucune patience, et chaque seconde de ce dernier âge avait été une tourmente, Il était impatient, Il le faisait savoir, et Il avait la voix qui porte...

Il s'arrêta un instant, jeta un oeil au rassemblement d'impurs au fond d'une grotte... certains pleuraient, d'autres maîtrisaient difficilement leur envie de tout casser sauf que cette fois, ses légions étaient bien installées.. d'autres encore priaient... le Mysthe éclata d'un rire sans joie... les fous, ils y croyaient encore. Il avait eu quelques doutes sur le plus jeune des infants, Bréhan... après tout il ne s'était pas amouraché des elfes et des nains, il n'avait suivi que distraitement leur fin, et cette fois-ci il aurait pu intervenir en personne... c'eût été délicat, le Mysthe aurait du faire appel au Maître pour s'en sortir, et le Maître n'aimait pas être dérangé pour si peu... Il l'aurait peut-être même laissé se faire démembrer par l'autre fou *réprimant un frisson*... mais au final, le passé avait parlé... son frère et ses soeurs étaient venu lui expliquer deux trois réalités de la vie, apeurés par les menaces proférées deux éons auparavant, quand la Muse de sa petite voix fluette -et parfaitement insupportable- leur avait froidement annoncé que si ils intervenaient contre le Juge, ils seraient jugés eux aussi, toute progéniture de l'autre concupiscent qu'ils soient. La menace -vrai ou fausse, au fond il n'en savait rien- avait marché deux fois déjà, et cette fois encore il avait été en paix. Du moins à peu près, leurs envoyés avaient bien tenté une percée contre lui, mais dans leur désespoir ils étaient venu en son domaine *jetant un coup d'oeil instinctif derrière son épaule et rectifiant rapidement*, en Son domaine, ils n'étaient plus rien, et ils avaient définitivement péri...

Il jeta un oeil sur les étoiles... bientôt se dit-il, très bientôt maintenant... il passa à travers le corps hurlant d'une femme crucifiée sur le cadavre d'un Ent, les cadavres de ses enfants pendant mollement autour d'elle accrochés sur les branches mortes; sans y jeter un regard... il se demandait si il était suffisamment en avance sur les autres... bon le Révolté, il s'en faisait assez peu, stupide et instinctif, c'était surtout le dernier d'entre eux... d'autres étaient en retard il le savait, ses matelots lui avaient rapporté il y a quelques heures à peine des nouvelles fraiches des miroirs... mais ceux envoyés accoster sur les terres de la Tisseuse et du Père des Liches n'étaient pas revenu... ils devaient cacher quelque chose... et bien sur rien ne transpirait du domaine de la Muse, cette... catin boursouflée pervertie opportuniste et *respire puis expire à fond pour retrouver son calme* qui se gardait pour elle les restes d'Iniel... *s'interrompant pour essayer de reprendre son souffle à travers les hoquets de larmes et de douleur, il sentit le souffle froid du Maître sur sa nuque, comme chaque fois depuis neuf lunaisons, Il l'obligeait à continuer sa Tache quel qu'en soit le Prix*.

Bientôt donc, dit-il à voix basse mais ferme, un minuscule point d'une douleur sans mesure hurlant au fin fond de lui-même. Bon par où continuer ? C'était bien joli les bûchers, les crucifixions, les empalements, mais à la longue on y retrouvait une monotonie peu engageante... il avait bien remplie sa Tâche, il avait réussi à supprimer toute joie, tout espoir... il avait employé tous ses artifices, tout son Art pour que les fleuves des larmes des impurs égalent les fleuves de sang; mais il manquait quelque chose... la cerise sur le gâteau... peut-être que si il battait l'un des sept autres prétentieux à son propre jeu... il passa le tout en revue... trahison -déjà fait-, destruction -déjà fait-, colère aveugle -déjà fait-, mensonges -déjà fait-, terreur -déjà fait-, prêche -déjà fait-, maladie -déj... maladie ? Voilà qui était intéressant... d'un geste sec et d'une voix qu'une gorge humaine n'aurait pas du pouvoir former il prononça un mot, un seul, et disparut d'Althéa tandis que l'herbe tout autour se flétrissait des relents de cet unique mot sans son...

Six heures passèrent, et les hommes et femmes d'Althéa continuaient à grossir les fleuves de sang et de larmes, quand un murmure discret pénétra sur les terres, comme le relent d'une mature fatiguée, tandis que les gorges des premières victimes se serraient, que leur peau se flétrissait doucement, que d'énormes bubons immondes apparaissaient... cinq, puis vingt, puis cinquante, puis cent, et d'autres... énormément d'autre... Althéa était devenu un charnier agonisant lentement... et l'homme, ruisselant de sueurs glacées en sortant du pentacle qu'il avait du utiliser pour effectuer l'un des pires rituels draconiques, murmura avec un air satisfait... un à zéro mon cher Démios... je reprend l'avantage...

Les hommes et les femmes n'eurent pratiquement pas le temps de paniquer sous ce nouvel assaut inattendu, que leurs liens entre eux furent brutalement coupés, un vent morne se lève, serrant chacun à la gorge, tandis qu'une grande ombre s'élève au loin, pour s'étendre sur Althéa et sur le coeur de chacun, et qu'une voix, une Voix comme jamais personne n'en avait entendue qu'une fois le moment passé chacun identifiera comme étant celle de l'être aimé, mais pourtant très légèrement différente se fit entendre de tout un chacun, sur Althéa mais aussi dans les abysses, les limbes, les enfers, les plans lointains comme proches, toutes les terres où des hommes et des femmes avaient tenté de prendre refuge...

Ainsi vous avez ignoré mes avertissements
Ainsi vous avez levé la main sur ceux qui prétendent parler en mon nom
Ainsi vous avez retourné vos coeurs en vous même, ignorant le destin,
Plongeant votre race dans le néant par vos propres actions
Humains, vous avez été jugés et condamnés à l'oubli et au néant
Vous n'avez pas écouté le mage qui prétendait parler en mon nom,
Vous avez ignoré les avertissements de vos dieux,
De vos nouveaux nés, de vos coeurs
Tous vous sombrerez dans l'oubli, néant putréfié, bientôt oubliés,
Bientôt légende qui deviendra mythe qui sera encore oubliée.
Nul ne sera épargné, d'Althéa et d'ailleurs,
Le néant est sur vous humains...

Pendant quelques secondes un immense silence se fit, puis des voix jaillirent pour exprimer le tréfond de leur âme..: la colère, l'incompréhension, l'acceptation, le désespoir, le soulagement, le plaisir, la douleur, toutes ricochants les unes contre les autres dans un brouhara immense, mais désormais inutile. Les heures passèrent, s'égrenant plus lentement que jamais, tandis que les hommes et femmes d'Althéa faisaient leurs adieux aux êtres aimés, aux lieux de leur enfance, aux souvenirs qui disparaitront avec eux...
 

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