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Des cris au Val de Jaspe.
Le cri d’alarme
Le Val de Jaspe est une paisible contrée du royaume d’Hibernia. Il fut longtemps en dehors des conflits car les ennemis du royaume ignorait son existence. Lorsqu’elle fut découverte, l’assemblée des cinq et demi décida la construction de la puissante forteresse du Dun Killaloe afin d’en contrôler l’accès. Mais le seigneur Elfe envoyé là bas pour diriger la garnison de défenseurs eu un des règnes les plus bref qui soient : le lendemain, l’étendard albionnais flottait sur les remparts.
La chute du fort fut signalée aux autorités de Tir Na Nog par un jeune sentinelle, nommé Owein, qui effectuait sa première ronde d’inspection. Il avait croisé un thane midgardien dans le Val de Jaspe. Ce dernier avait fait tomber la foudre sur le jeune hibernien qui n’avait du sa survie qu’à la bénédiction de la nature, sa connaissance de la médecine et surtout la vitesse de ses jambes. Il ne savait pas alors que nos ennemis maîtrisent de puissants sortilèges. Se repliant sur le fort pour signaler l’intrus, quelle ne fut pas sa stupeur de voir qu’il était au mains de l’ennemi. Poursuivit par les gardes albionnais dont il n’égalait pas encore la maîtrise des armes, il rentra à Tir Na Nog.
Cependant, le val de Jaspe n’avait aucune importance stratégique. Il ne fut donc pas décidé d’envoyer une armée de reconquête. Owein décida donc de prendre les choses en main, c’était la première d’une longue série d’initiatives de reconquête. Il recruta un jeune champion nommé Shaybia, tout aussi inexpérimenté que lui dans la guerre contre les autres royaumes.
Owein investit ses maigres économies dans de l’équipement de siège bien décidé à entamer un travail de sape. C’était compter sans la fourberie des chasseurs midgardiens. L’un d’entre eux profita allègrement de la naïveté de deux apprentis assiégeants. Comme ils n’avaient eu ni les moyens ni l’idée d’assurer leurs arrières, il les surprit alors qu’ils affrontaient une patrouille des gardes du fort. Ce fut une déroute totale pour les forces d’Hibernia. Après avoir pansé leurs blessures, nos deux « apprentis conquérants » retournèrent prudemment sur les lieux du siège. Mais ils étaient loin d’imaginer toutes les ruses que peuvent mettre en œuvre les chasseurs de Midgard !
Leur adversaire les attaqua de nouveau lorsqu’ils étaient confrontés aux gardes du fort. Le jeune sentinelle était resté en retrait pour couvrir leurs arrières, mais le chasseur lâcha un loup dressé sur lui et fut de nouveau vainqueur.
Mais il en fallait plus pour décourager Shaybia et Owein. Alors que le premier attaquait la garde tandis que le second couvrait ses arrières, le chasseur et son loup lancèrent un nouvel assaut. Mais l’effet de surprise n’était plus là. Shaybia se sacrifia et tomba sous les flèches mais Owein réussit pour la première fois à arriver à portée d’épée du Frostalf. Ivre de vengeance, le sentinelle lui fit goûter au fer hibernien. Après quoi il se rua au chevet de son compagnon agonisant. Son initiation aux arts druidiques lui permis de ranimer son compagnon et de l’emmener en lieu sur pour qu’il soit soigné.
Les cris de dépits
Après quelques jours de repos bien mérités, ils repartirent à l’assaut avec un nouveau compagnon, Nhyll le champion. Nulle embuscade midgardienne n’ayant entravé leur progression ils réussirent à défaire la garde et à enfoncer les portes. Mais ils étaient inexpérimentés, mal équipés et peu nombreux, aussi furent-ils arrêtés par la puissante guerrière albionnaise qui commandait le fort. Le siège de la haute salle du donjon s’éternisait, les assauts hiberniens étaient tous repoussés, mais aucune poursuite n’étant lancée, les talents de soigneurs d’Owein permettaient à la petite troupe du vert royaume de se remettre pour repartir à l’assaut. Cela se répéta plusieurs fois, jusqu’à l’arrivé de la relève de la patrouille albionnaise extérieure. Submergés par le nombre, les guerriers hiberniens furent fait prisonniers.
Quelque temps plus tard, après un échange de prisonniers, Owein se retrouvait de nouveau à recruter une troupe de volontaires, son maigre pécule ne lui permettant pas d’engager des mercenaires. L’assaut précédent avait échoué si près du but que les autorités de Tir Na Nog autorisèrent une escouade complète à retenter l’expérience. Owein avait perdu ses deux compagnons, partis sur un autre front, mais il dirigeait 7 autres combattants et mages.
La prise des remparts ne fut qu’une formalité. Mais une fois de plus, la puissante commandante de la garde albionnaise défit la bande de néophytes hiberniens. Owein sauva plusieurs fois ses compagnons de la mort, mais comme il était le seul infirmier, il était submergé par la tache. Epuisée, la troupe qui était partie si confiante du rentrer penaude, clamant bien haut son dépit.
Le cri de victoire
Désespéré, Owein rentra chez lui et poursuivit son apprentissage, se disant qu’il n’était peut être pas encore assez fort. Mais il savait aussi qu’une fois sa formation achevée il serait envoyé au front pour défendre des lieux bien plus important que le val de Jaspe. Ce lieu de ses premières batailles l’avait séduit par son calme et ses paysages. Il ne voulait donc pas encore renoncer. Avant de repartir pour un assaut de la dernière chance, il consulta les Anciens, et plus particulièrement un sage sentinelle quinquagénaire. Celui-ci lui expliqua que la maîtrise des soins druidiques des sentinelles n’était pas suffisante pour soutenir ses compagnons, que mieux valait donc invoquer l’aide de la plus puissante des alliés d’Hibernia : la nature.
Fort de ces conseils Owein recruta de nouveau compagnons : son ami, le puissant eldritch Bhirgu, le ranger Belagdagorl, Terack le champion, Macarel le finelame au chapeau pointu et un anismiste du nom de Cohacan. Certains prétendent que c’est la présence de ce dernier qui conditionna la victoire hibernienne. Certes, sa présence donna de l’aisance dans la gestion des troupes de renforts albionnaises, mais sa magie et ses spores furent sans effets sur la robuste santé de la puissante commandante de la garde. Une fois les murailles extérieures franchies, les six hiberniens firent face à celle qui avait usurpé le nom de Dame Killaloe. Pendant que ses cinq compagnons partaient à l’assaut, Owein s’agenouilla et invoqua la nature protectrice afin qu’elle protège ses compagnons par une muraille imperméable aux coups d’épée. Et cela fonctionna ! La Dame Killaloe faiblissait sous les coups mais n’arrivait plus à toucher ses adversaires. Cependant, avant qu’elle ne succombe, l’effort de concentration épuisa la force mentale du jeune sentinelle. Il commença à observer incrédule ses compagnons tomber un à un. Ils étaient si près de la victoire ! Sentant la rage sourdre en lui il saisit sa masse, en pensant qu’à l’avenir mieux vaudrait user d’une épée, et il se rua à l’assaut. Ses forces physiques étaient intactes, il fut un soutien précieux pour ses quelques compagnons encore debout. Finalement les coups de bâton, de masse et d’épée eurent raison de l’invincible guerrière albionnaise.
C’est alors que retenti un immense cri de victoire qui se répercuta dans tout le val de Jaspe.

Pour les sceptiques, qui croirait que tout ceci n’est que pure légende, voici un rapport remis au chef de la troupe chargé de la protection du Val de Jaspe.

Après, avoir mené cette glorieuse expédition, le chef de la troupe pris le nom d’Owein Killaloe. Depuis lors, nul ne lui a contesté le titre de seigneur du val de Jaspe.
Un cabaliste et un paladin se hasardèrent bien à tenter de bafouer l’autorité hibernienne dans le val de Jaspe, mais le sentinelle veillait. Il avait désormais de l’expérience, aussi ne lui fut il pas difficile de mettre en déroute ces deux néophytes sans avoir à faire de nouveau appel à des renforts de Tir Na Nog.
Mais l’armée ne pouvait laisser un combattant en permanence pour patrouiller et arrêter des ennemis aussi rares. C’est donc à regret qu’Owein parti rejoindre des fronts autrement plus actifs.
Il demanda tout de même à une ombre d’au-delà du voile, un Elfe nommé Owb, de passer de temps en temps vérifier que tout allait bien.
Cri d’impuissance et cri de joie
Pendant plusieurs années, Owein ne reçut que des bonnes nouvelles en provenance du val de Jaspe, mais un jour Owb lui signala que les forces d’Albion avaient de nouveau pris le Dun Killaloe entre deux de ses inspections. A l’audition de cette nouvelle Owein poussa un puissant cri d’impuissance, car il était prisonnier de ses obligations militaires sur d’autres fronts. Heureusement pour lui, quelques mois après, une petite troupe constitué par une jeune sentinelle nommée Armonnia et quatre séides de Leanansidhe, Afardowen, Coubo, Koneko et Vampireto, reprit le Dun Killaloe. Apprenant la nouvelle par les hérauts d’Hibernia Owein poussa un immense cri de joie et envoya de chaudes félicitations aux cinq conquérants.
Mais il s’organisa aussi de façon à pouvoir intervenir par lui-même lors des prochaines menaces sur son fief.
Cri de défi
Peut après l’intervention des Kan Laresh dans la guerre, des combats importants se déroulèrent au val de Jaspe. Du fait de la tranquillité habituelle, les patrouilles du seigneur du val de Jaspe s’étaient espacées. Quel ne fut pas son dépit de voir l’étendard midgardien flotter sur les remparts ! Il voulut sur le champs intervenir, mais le fort était gardé par un puissant mage Kobold qui se retranchait derrières les murailles et la patrouilles des gardes.
Owein cria alors son défi à tous ceux qui oseraient attaquer le Dun Killaloe !
L’armée d’Hibernia n’avait pas de temps à perdre avec ce fort ? Que lui importait ce détail, puisqu’il était près à entreprendre seul cette reconquête au moment où l’ennemi relâcherait sa vigilance.
Il se retira donc la rage au ventre, médita déjà sur la façon de réaliser ce qu’il avait annoncé, comme le commande l’honneur à tout chevalier.
Il revint quelques temps plus tard avec un lourd équipement de siège et une coûteuse armure, probablement la plus sophistiqué qui ait jamais été vue au val de Jaspe. L’étendard avait encore changé, il était de nouveau aux couleurs d’Albion, mais cela ne modifia en rien la résolution du sentinelle. Après avoir fait poser le matériel par l’ingénieur du val de Jaspe il se lança seul à l’assaut.



Au terme d’un combat titanesque, le seigneur Killaloe, Owein le véritable, terrassa l’usurpateur albionnais.



Il hurla sa glorieuse victoire à la face du monde, défiant quiconque de venir lui prendre son fief.

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