Histoire ordinaire d’un homme banal.

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En ouverture, notons que l'originalité de cette histoire n'est pas de commencer par un quelconque mot déjà utilisé une pléthore de fois en littérature, non, cette histoire commence par un chiffre, le 3496.


3496 Cette histoire nous entraîne loin des sentiers battus, enfin, pas tant que ça en fait, car elle commence à une croisée des chemins alors qu’un moustique pique un désormais ex-vaillant guerrier. Celui-ci, bien décontenancé par l’appétit et le tempérament sanguin de l’animal l’écarta d’un geste brusque, et le pauvre moustique que nous appellerons Gob par commodité dû se trouver une autre personne pour se restaurer. Passons sur le vol désordonné de Gob afin de reprendre l’équilibre, pour nous attarder un peu plus sur ses proies. Bob repère ses proies à l’odeur, c’est pour cela qu’il s’intéresse plus particulièrement aux guerriers, ceux-ci ne faisant généralement qu’un avec l’armure de fer qui leur sert de seconde peau, et ces armures de fer ne font généralement qu’un avec les douze années de crasse dormant sur la peau de leurs hôtes. Aujourd’hui Gob a eu de la chance, c’est un rassemblement de mercenaires de la pire espèce qui s’agite sous ses multiples yeux. Guerriers puants, mages aliénés, moines fanatiques et autres rôdeurs en habits moulants formaient cette joyeuse coterie. Fasciné par cet énorme tas de nourriture mobile, et le gargantuesque choix qui lui était offert, Gob décida d’adopter ces gens comme matière première pour sa survie (et l’on sait que la politesse de demander asile n’est pas la spécialité des moustiques).

Les semaines passèrent rapidement et Gob continuait de régulièrement goûter à tout ce qui lui était offert (tout ce qui est gratuit est bon à prendre, n’est-ce pas ?). Le lecteur pénible remarquera qu’un moustique ne peut vivre aussi longtemps, mais en cette partie d’Ascalon les moustiques peuvent vivre très longtemps (et puis c’est de la fantaisie-héroïque, merde). Les mercenaires tuèrent plusieurs créatures, tuèrent aussi plusieurs centaines de monstres, et encore plusieurs milliers de choses auparavant vivantes. Je laisse au lecteur le choix de s’imaginer les combats comme il l’entend, de toute façon si des monstres sont décapités, le lecteur trouvera que tout cela manque de tripes, si des créatures sont dépecées, il trouvera que finalement, tout cela est bien dépourvu d’embrochages en règle, et ainsi de suite.

Je propose néanmoins quelques pistes pour la résolution plus ou moins pacifique de ces conflits, à cause du nombre sans cesse croissant des lecteurs fainéants :

- 1) CHABAM ! , KABOUM ! , KAPO ! , comme dans Batman les coups et les corps pleuvent.
- 2) Gob, étant porteur d’un super virus crée par la corporation Umbrella, a piqué tout le monde, et tout le monde il est mort. Enfin c’est ce que l’auteur veut faire croire…
- 3) En fait les mercenaires trouvent toujours un accord avec leurs victimes, celles-ci se couchent en hurlant : « ARGL », et se baignent dans du jus de tomate pour faire croire que c’est du sang. Tout ceci n’est qu’une vaste supercherie et puis d’abord la vérité est ailleurs.
- 4) Bombe nucléaire, BOUM, y’a plus de méchants et l’auteur économie son énergie (personnellement j’ai un faible pour celle-ci).

Suite à ce carnage sans commune mesure, rien ne se passe, en fait c’était juste un artifice pour donner plus d’importance à ces mercenaires qui n’ont après tout, que peu d’importance dans la vie de notre personnage. En fait, Crépuscule Ahasver n’a vraiment rien d’un personnage de roman, il est mal coiffé, porte de la fourrure et il est le fruit malheureux d’un dérapage sexuel, comme ça arrive souvent dans les mondes médiévaux. Son père, c’est le fameux guerrier, du début, celui qui tue des Charrs par centaine qui fuit devant un moustique du nom de Gob, sa mère, c’est… c’est… c’est qui déjà ? Même son père ne s’en souvient pas, il a sûrement dû se passer quelque chose de libidineux lors d’une soirée bien arrosée avec une modeste paysanne de passage qui venait récolter le raisin, et qui a finalement récolté un gamin. Bref, notre personnage est élevé dans cet ambiance, au milieu de plein de mercenaires et d’un moustique agressif. Alors que les autres enfants se battaient déjà à l’épée de bois, Crépuscule préférait parler aux moustiques, et puis il était trop frêle, trop pâle, rien qui aurait pu faire la fierté de son père. Son père voulait en faire un guerrier, sa soeur voulait en faire un nécromancien (il y a un ENORME moustique qui décimait la population locale peu à peu, avec un ami nécromancien qui vous veut du bien, la mort aurait été plus facile) et Gob voulait en faire son garde-manger. Ne pouvant soulever l’épée, on trouva bien vite un rôle à Crépuscule, il allait soulever les seaux d’eau et frotter le parquet, ramasser le vomi de sa « famille mercenaire », et s’occuper de tout le matériel. Sur un terrain de sport Crépuscule aurait été garçon d’eau, sur un champ de bataille il était garçon à tout faire, et surtout les plus salissantes besognes. Quand même, de temps en temps on le faisait porter une épée, c’était drôle, le pauvre Crépuscule tombait avec l’arme à chaque fois. Finalement on l’a mis à s’entraîner avec « les femelles » à l’arc. Il n’était presque plus considéré comme un homme, et puis avec le peu de nourriture qu’on lui donnait, il avait déjà du mal à tendre la corde d’un arc. Le peu de temps qu’il avait, il le passait en forêt, peu à peu il apprit à aimer la nature et ses animaux (surtout ceux qu’ils logeait confortablement en son estomac).Vers l’âge de plusieurs années après la naissance d’un bâtard comme lui, il se trouva un compagnon loup, loup qu’il appela Arntor. C’est environ à cette période qu’il décida de faire loger ses amis moustiques dans le pelage de son copain loup. Arntor n’aimait pas trop mais bon, lui et Crépuscule étaient de vieux amis maintenant, et Arntor aussi était plus ou moins bâtard aussi. En fait sa mère louve l’a mis au monde lors d’une soirée un peu trop arrosée elle aussi, il avait donc beaucoup de points communs avec Crépuscule Ahasver. Les jours et les mois passèrent où Crépuscule faisait le ménage un peu partout, il servait un peu à tout, n’importe où et avec n’importe qui (l’auteur tient à préciser qu’il n’y avait rien de sexuel là dedans). Malheureusement lors d’une soirée bien sombre (vous pouvez me rétorquer que c’est chose normale quand le soleil est couché), Arntor fut découvert par le père de Crépuscule (ce père qui n’avait même pas de nom) et à coups de pied dans le postérieur, il le renvoya dans la forêt. Prit dans un cruel dilemme entre suivre son loup, où dire au revoir à tous ces gens qui ont fait sa vie et rejoindre son loup, Crépuscule choisit la première solution et c’est ainsi que désormais il se promène où les pas d’Arntor le porte en Ascalon.

Bref, après ça Crépuscule a donné quelques coups de main à droite et à gauche dans Ascalon, pendant que des héros passaient le mur pour espionner les Charrs. Ils auraient mieux fait de s’abstenir ceux-là, depuis il y a plus une ville qui ressemble à quelque chose et tout est complètement bousillé. En plus l’insécurité règne. Bref ça n’allait pas super bien pour notre déjanté personnage, jusqu’à ce qu’il eut à s’occuper des moines trappistes. En fait, la rencontre se passa autour d’une Sainte Chopine, que pour la première fois de sa vie, Crépuscule ne se contenta pas de servir, non, cette fois là, il fut même invité à en boire ! Bon la suite, il ne s’en souvient plus très bien, en tout cas, comme les moines trappistes l’ont fort gentiment sortit de sa sobriété (aussi bien celle de sa vie, que l’autre) il compte bien rendre la monnaie aux habitants perdus de cette contrée désertée et désertique. La guilde des moines trappistes accueilla chaleureusement notre bon héros, alors bien perdu. Cette confrérie proposait l'entraide pour toutes les âmes charitables et les moins charitables aussi, mais toujours dans la mesure du possible. Et le possible se matérialise surtout dans une auberge, ou dans un coin sordide quelconque, tant qu'il y a beaucoup à boire, et à manger.

Comme le crie souvent Crépuscule en guise de cri de guerre : "à tableeeeeeeeeee" !
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