[Background] Un crâ au futur flou...

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Un jour comme un autre sur Amakna. A cette époque, les nouveaux-nés naissaient isolés, le plus souvent dans les chaumières de leurs parents, ou en des endroits éloignés des villes, où les démons rodaient trop pour pouvoir imaginer avoir descendance. Amakna était encore un contrée jeune, de taille moyenne, peuplée de peu de races. Bien entendu, certaines personnes d'influence avaient déjà contrôle sur de nombreuses institutions, et régissaient cette petite contrée, mais l'on pouvait vivre dans l'ignorance de la majorité des faits sans risquer pour sa propre vie.

Ainsi donc, La région qu'est Amakna était encore une région agréable à vivre.

Dans une petite forêt commune, proche d'un atelier très ancien où l'on trouvait parfois des cordonniers encore affairés à travailler cuirs et autres, une femme seule gît. Elle est adossée contre un arbre, le visage doux et souriant, portant une robe champêtre des plus classiques. Sur sa droite se trouve un arc de fabrication ordinaire, usé par le temps, mais bien entretenu, et recouvert de cuir de boufton blanc et noir, afin d'en garantir l'étanchéité.

De loin, on ne distingue rien. Ni mouvement, ni bruit, ni même vent. La forêt semble dormir. Tout est calme, presque trop calme, lorsque un petit cri aigu et perçant se fait entendre. Alors, sous un drap aux côtés de la jeune femme, l'on peut distinguer du mouvement.


A quelques lieues de là, un Osa entraîne ses animaux, dont son bouftou dernièrement acquis. Cela fait plusieurs jours qu'il est isolé dans cette forêt, afin de parfaire ses compétences, et celles de ses petites créatures. Après avoir essayé une nouvelle fois de renforcer son bouftou, il semble décider qu'il est temps de marquer une pause. Ainsi, la petite troupe s'en retourne dans la forêt, à l'ombre du soleil du Zénith, et près de la petite source que l'on peut y trouver.
Une fois sur place, et alors que l'osa s'installe doucement, son tofu parait excité. Sans raison apparente, il tournoie, court, saute, et pousse de petits piaillements. Après plusieurs minutes, l'osa semble se décider à aller voir son animal, intrigué par ce comportement des plus troublants. C'est alors que le tofu s'élance dans les bois, pour s'arrêter quelques dizaines de mètres plus loin...


Là, tous deux découvrent la jeune femme. Se rapprochant lentement, le jeune osa observe celle-ci, avant de constater ce qui changerait la vie d'un petit être : la femme ici étendue avait perdu toute vie, mais avec espoir et joie, d'après les traits de son visage. En regardant mieux, l'on pouvait distinguer de petites lésions de part et d'autre de son corps. Visiblement, la jeune femme avait du lutter, et mourir de ses blessures... L'agresseur était sûrement déjà loin mais, en revanche, il y avait autre chose...

Le tofu bondissait devant un petit tas de linge rosé, semblant appeler son maître à relever le drap. Lentement, l'osa tira sur les draps, précautionneusement, ne sachant ce qu'il y trouverait. Or, à sa grande surprise, il y vit une petite boule gesticulante, émettant tant bien que mal de petits cris étouffés. Il comprit de suite ce qu'il était advenu à la jeune femme. Agréssée par un des nombreux roublards qui traînaient sur Amakna, elle s'était battu de toutes ses forces pour protéger son enfant, au péril de sa vie. Visiblement, l'agresseur s'était enfui, probablement dérouté par tant de résistance. Cependant, son oeuvre avait en parti abouti, la jeune femme ayant succombé à l'affrontement. Mais le plus important pour elle, le but de son combat, et la cause de sa mort, était sauf : son enfant.


Enroulant l'enfant dans son drap taché, l'osa récupera l'arc posé à terre et le posa aux côtés du petit paquet, sur le dos du bouftou. Laissant le corps inerte en place, ne pouvant rien faire de plus, la petite troupe agrandie se dirigea lentement vers la ville...



[hrp :la suite au prochain post^^/hrp]
Les jours passèrent, le petit crâ évoluant dans un monde inconnu, entouré, protégé par l’osa et les siens. Ce dernier avait été rejoint par un sram, tout de rouge et blanc vêtu, qui semblait fort différent de ce que sa race dégageait comme impression générale. Avenant, il était toujours prêt à aider, défendre et protéger ceux qu’il côtoyait. Aucune once de fourberie n’émanait de lui, seule la volonté d’aller de l’avant semblait dominer ses pensées.



Pendant les toutes premières années de sa vie, le jeune crâ appris les bases de la vie en Amakna. Déplacements discrets, lieux surs, et nourritures essentielles. Ainsi, la majeure partie de ses journées était faite d’entraînement, de parcours, et de récolte et chasse. Parfois, ses deux adoptants l’emmenait ailleurs, dans des contrées un peu plus sauvages, où il n’aurait jamais pu survivre seul. Il découvrit ainsi lentement l’étendue d’Amakna et ses contrées, les dangers existant partout, ainsi que les endroits rassurants, comme le Kanojedo, où il pouvait rencontrer d’autres personnes comme lui, perdues dans un monde vaste et impersonnel.



Arrivé à son adolescence, il passait de plus en plus de temps à s’entrainer seul, s’essayant aux diverses techniques crâ qu’il avait pu apprendre, et poussant toujours plus loin ses expéditions journalières. De leur côté, ceux qui l’avaient éduqué étaient devenus des amis, mais avec des liens aussi forts que ceux présents au sein d’une famille. Misugi, car c’était là le nom de l’osa, avait peu évolué dans sa maîtrise du combat, ayant privilégié les connaissances et son métier de mineur, qui lui prenait de plus en plus de temps. Il s’adonnait également à un jeu de séduction avec une dénommée Amara, osa également, qu’il finirait par épouser. Pour sa part, le sram qu’était Le-Guitou restait assez solitaire, vaquant à ses occupations discrètement, toujours caché par une légère ombre, ou un voile.



Echtelion était le nom que portait le jeune crâ. Il avait été baptisé ainsi suite à la découverte d’une inscription gravée sur l’arc qui avait été laissé à l’époque, visiblement pour lui, pour son futur. Influencé par ses mentors, il était lui aussi devenu solitaire, mais ressentait de plus en plus le besoin de rencontrer des gens, de visiter le monde et, comme ses acolytes, de pouvoir se défendre face aux dangereuses créatures peuplant les terres d’Amakna mais, surtout, de la vilité humaine.



De plus en plus, le Mal semblait se rependre sur les provinces avoisinantes, les agressions devenant fréquentes, et la peur étant le sentiment majoritairement présent dans tous les corps. Les gens fuyaient les lieux peuplés, craignant pour leur vie, sachant trop bien que si il devait leur arriver quoi que ce soit, personne ne leur viendrait en aide… Impuissant face à ceci, Echtelion restait tapis dans l’ombre, comme tout le monde, nourrissant l’espoir qu’un jour, l’engeance démoniaque serait chatiée de ces terres.



Ainsi, la vie en Amakma avait un léger goût de monotone, même si bon nombre de personnes était encore bien plus malheureux, et dans le besoin.



Peu à peu, Echtelion évoluait, prenant conscience de ses capacités, et de ce que pouvaient lui offrir la magie, les éléments, l’intelligence qu’il avait hérités de ses ancêtres crâs. Lentement, il progressait, se rapprochant d’un idéal qui était le sien, mais qu’il ne connaissait pas encore… Pour le moment, seule comptait l’expérience du combat, unique élément permettant de sortir de la masse, et offrant la possibilité à tout un chacun d’atteindre un jour ses rêves…
Le jour se lève sur Amakna. Tout dort encore dans les forêts, alors que les dernières créatures de la nuit et quelques roublards terminent leurs derniers méfaits. Dans les bois, aucun bruit ne se fait entendre, en dehors d’un sifflement doux, régulier. A chaque sifflement est associé une légère détonation peu de temps après, puis un autre sifflement, et ainsi de suite. Si ce n’était pour la régularité de ces sons, l’on pourrait croire qu’il s’agit d’un animal chassant, creusant son nid, ou encore d’une branche s’agitant légèrement sous l’effet d’un quelconque évènement.



Non, ces sons sont trop réguliers pour être naturels. La cadence, la fréquence et la continuité de ceux-ci ne peuvent en faire que des sons de provenance humaine. Effectivement, un peu plus au cœur de la forêt, Echtelion perfectionne ses talents d’archers. Cela fait maintenant plusieurs semaines qu’il vit seul en ces bois, isolé, et ayant pour unique occupation son entraînement, et la confection de bottes. A force d’entraînement, il a réussi à atteindre une maîtrise de ses aptitudes plus qu’agréable, lui permettant de se sentir enfin un peu plus confiant. Aujourd’hui est son dernier jour en ces lieux. Dans la journée, il partira découvrir le monde, voir s’il a beaucoup changé, et si les mentalités sont toujours les mêmes.



Au cours de son isolement, il avait rencontré bon nombre de créatures plus étonnantes les unes que les autres. Des abraknydes, arbres vivants et hébergeant des Araknes en leur corps ; des scarafeuilles, sortes de gros cafards des champs, ayant la capacité de se séparer de certaines cellules se développant de manière autonome, et provoquant une explosion à l’approche d’un intrus ; des craqueleurs, gros golems de pierre à fortes résistances, et donc la force n’a d’égal que la corpulence. Echtelion rencontra bien d’autres entités, comme ce Iop déjanté, chevauchant un Karn, au fond du labyrinthe, mais ceux-ci étaient les plus marquants…



Cependant, l’isolement avait trop duré. Il était temps pour le crâ maintenant adulte de vivre sa vie, de découvrir, rencontrer d’autres personnes, d’autres lieux et, peut-être, rencontrer son âme sœur.



Rangeant ses derniers effets, Echtelion quitta le lieu qui lui avait servi de demeure ces dernières semaines : un vieil arbre déraciné, recouvert de débris en toutes sortes, sur lesquelles il avait déposé feuilles et autres cuirs. Il laisserait tout ceci ici, pour une personne future qui pourrait en avoir besoin à son tour.



Sa première destination était la montagne, là où certains évènements récents avaient attiré son attention. De nouveaux passages avaient été découverts, révélant des régions jusqu’à lors inconnues. Des rumeurs circulaient comme quoi des créatures de ces zones étaient éducables, et d’autres très utiles à la fabrication d’équipements importants. Ainsi, Echtelion prit la route peu après huit heures, visant d’atteindre les montagnes en milieu de matinée, s’il maintenait un rythme assez rapide. Sur le chemin, il s’arrêta à la banque, déposer ce qu’il avait récolté depuis son isolement, et vérifier que son coffre était toujours à disposition. Récupérant un bâton et un chapeau, il sortit du bâtiment, décidément de plus en plus peuplé de marchands en tous genres, et prit la direction du col du Cochon.



Une heure plus tard, il passait le col, croisant par moment d’autres aventuriers venus ici pour les mêmes raisons que lui. Tombant face à un groupe de combattants faisant face à un rapace visiblement très agressif, il se joint à eux, espérant les aider autant qu’il le pourrait, et tester de même ses aptitudes nouvellement développées. Le combat dura peu de temps, et tous purent comprendre la raison de l’agressivité de l’animal : un nid, contenant son unique œuf. Après l’avoir longtemps observé, un des aventuriers attrape ce dernier, qui éclo dans ses mains… Malgré sa petite taille, il semblait déjà aussi belliqueux que sa mère, et attaquait tous ceux qui l’approchaient. Alors, un sacrieur s’approcha de l’animal, et aussi rapidement que l’on sait les sacrieurs capables d’agir, il mit fin au comportement du volatile, sans une once de regret. Difficilement, l’oiseau repris conscience, et se dirigea alors aux côtés de son agresseur, qu’il ne quitta plus… Visiblement, seul un rapport de force pouvait établir une quelconque amitié avec ces animaux…



Surpris, et légèrement troublé, Echtelion continua son périple, réfléchissant à cet évènement, et à comment élever un tel animal. Ecoutant les conversations de part et d’autres, et se livrant à certains essais sur ceux de personnes acceptant l’aide, il pu découvrir la majorité des besoins de ces animaux. En même temps, il avait fait la connaissance d’un groupe de guerriers téméraires, chassant tout ce qu’ils croisaient, tentant d’en récupérer un maximum de ressources, tout en évoluant. C’est ainsi qu’il entra chez les Warriors Of Ankama.



Cette guilde l’accueilli à bras ouverts, et il y rencontra certaines personnes des plus agréables, tout comme certaines un peu plus….étranges. Ce fut ainsi son premier pas réel vers les gens, vers des comportements qu’il n’avait que très peu connus jusqu’à maintenant, en dehors des liens existant entre Misugi, Guitou et lui… Pour la première fois, il avait des gens autour de lui, pour le soutenir, pour l’aider, et à aider. En même temps qu’il découvrait les plaisirs d’être au sein d’un groupe, son besoin d’aventure se faisait de plus en plus intense. Il ressentait la nécessité d’aller toujours plus loin, de repousser ses propres limites, et s’affirmer enfin.



Cependant, ce sursaut d’indépendance allait le mener droit à la plus grande dépendance qui soit, et la plus belle…
Cela fait une semaine qu’Echtelion ère dans la forêt. Sa solitude habituelle n’a pas changé. Jour après jour, du matin au soir, il parcourt la forêt d’est en ouest, arpentant les moindres grottes à la recherche d’une quelconque créature lui permettant d’affiner ses aptitudes au combat, ou de récolter des matières premières afin de pourvoir à ses besoins. Cependant, la forêt regorge de mystères et de créatures dangereuses, tout comme de guerriers valeureux, et autres fous. Plusieurs fois le matin, le crâ a rencontré d’étranges bêtes, sortes de loups démesurés, souvent accompagnés d’un petit groupe de loups plus petits. Les locaux les surnomment mulous et milimulous, et semblent les apprécier pour leur fourrure, et certaines autres parties de leur anatomie. Ainsi, parfois, Echtelion rejoint-il les groupes formés le plus souvent sur le tas, dans des combats féroces contre ces … animaux.



D’autre fois, lorsqu’il est seul, souvent des arbres mouvants, chose étrange qu’il n’avait plus vu depuis sa forêt d’adolescence, l’attaquent. Ils ne sont pas comme ceux qu’il avait connu, non. Plus grand, plus fort, plus féroce, et souvent en groupe organisé, l’Abraknyde de cette forêt est bien plus redoutable que celui qu’il avait connu de par le passé. Heureusement pour lui, Echtelion a également évolué, et maîtrise maintenant sans difficulté le feu, sous toutes ses formes. Et pourtant…



Son assurance et son courage, qui lui paraissaient sans faille, ne l’avaient jamais préparé à ce qui l’attendait…



Un jour, en plein après-midi, alors qu’il venait de longtemps combattre des groupes de milimulous et d’abraknydes, Echtelion s’arrêta près d’une grotte, à l’ombre d’un arbre, afin de se préparer un petit mélange dont il avait le secret : un thé aux diverses herbes qu’il pouvait se procurer dans cette même forêt, mélangées à d’autres ressources qu’il avait toujours dans sa besace. Ici donc, tranquillement installé sur un petit bout d’herbe fraîche, il profitait d’un moment de détente, en attendant l’arrivée de créatures diverses… Or, peu de temps après, un groupe d’aventuriers arriva. Certes, cela n’était pas ce qu’il attendait, mais ne posait pas de problème pour autant.



Proposant de partager sa mixture aux nouveaux venus, il fut surpris de l’enthousiasme de ceux-ci, qui acceptèrent volontiers de s joindre à lui. Et là… parmi le groupe, il fit la plus belle, et la plus bouleversante rencontre de sa vie : Ludina. Il ne connaissait alors pas son nom, mais son seul visage le marquerait pour l’éternité. Elle était parfaite : des traits doux, une ligne plus qu’idéale, un visage lumineux, des yeux pétillants, des joues légèrement rosées par le froid ambiant, et un ensemble fushia et jaune des plus jolis. Et comme toutes celles de sa race, et même plus, elle avait le charme et la délicatesse qui étaient propres aux fécates.



Ainsi donc, tous s’installèrent à même le sol, dans la petite clairière, autour d’un petit feu allumé à la flamiche, sur lequel chauffait un récipient plein d’eau. Tranquillement posés, tous parlaient, de tout et de rien comme toujours dans ces cas là, et Echtelion observait la fécate. Bien sur, il parlait aussi, mais ses paroles étaient soit vides de sens, soit à double sens, légèrement chargées de clins d’oeils imperceptibles. Et pour cause : la crainte d’être démasqué, et de souffrir venait de naître en lui. La seule peur qu’il avait connu jusque là était celle de ne pouvoir faire face à son ennemi, et encore… Mais là, sa force ne lui serait d’aucun recours. Seules son âme et sa conscience pourraient l’aider, or il avait longtemps négligé ces aspects de l’être humain.



Après quelques instants, qui semblèrent une éternité pour le crâ, comme toujours dans ces cas là, le groupe se décida à retourner à la chasse au mulou, et invita Echtelion à y prendre part. Habituellement solitaire, et ne rejoignant de tels groupes que très ponctuellement, et pour un bref instant, il hésita. Mais la curiosité qu'éveillait en lui la jeune fécate, l'attrait qu'elle exerçait sur lui, le poussèrent à accepter. Il se retrouva donc parmi ces gens qu'il ne connaissait que depuis peu, participant à leurs jeux divers, et les aidant dans leur quête.



Toujours souriante, la fécate était silencieuse hors des moments de pause, et se mettait souvent à l'écart, semblant avoir une préférence pour la solitude…comme lui. De temps à autres, il lui sembla qu'elle le regardait, l'observait, lui souriait. Cela était certainement un contrecoup de trop d'isolation, mais le pauvre crâ était bouleversé, perdu dans ses pensées, ne sachant que faire, comment se comporter…



La journée s'achevait, la chasse avait été plutôt bonne, et tous semblaient satisfaits. Alors qu'ils s'apprêtaient à se rendre chez eux, pour la plupart à Amakna, ou dans les contrées voisines, Echtelion tournait en rond. En effet, contrairement aux autres, il était chez lui. Cette forêt était son jardin, les arbres sa maison, et la nuit venue, l'endroit été comme endormi, englobé dans une vague apaisante, le silence uniquement percé par le hurlement soudain d'un mulou en chasse. Mais là, ce soir, quelque chose manquait. Il avait envie de se laisser entrainer par le flot de personnes rentrantes, d'aller, comme eux, à la ville, d'être comme tout le monde. Pour la première fois depuis plusieurs années, sa différence, sa distance par rapport au monde extérieur le dérangeait.



Mais il n'était pas prêt, pas encore. Tout ceci l'attirait, or il savait très bien qu'il ne supporterait pas toute cette agitation, tous ces gens autour de lui, toute cette indifférence ambiante. Ainsi, il se résigna, et retourna lentement vers sa demeure, regardant la douce fécate s'éloigner, lentement, insouciante… Jusqu'à leur prochaine rencontre, qu'il attendrait avec impatience, il essaierait de mieux la connaître au travers des gens, d'en découvrir plus sur elle, la guilde à laquelle elle semblait appartenir, et ferait de son mieux pour être prêt à la suivre, ce jour là…
Trois semaines…



Voilà trois semaines qu’il ne l’a plus vue… Tous les jours, il a surveillé les allés et venus de chaque personne pénétrant la forêt, mais rien… A part des mulous, des abraknydes, quelques roublards rendus fous par l’appât du gain, rien n’était venu par ici. L’ennui commençait à se faire lourdement sentir, tant Echtelion connaissait si bien ces lieux et les habitants… Il était peut-être temps pour lui de… non impossible… Si ? Il était perdu. Tout son être lui disait de rester ici, dans ces bois qu’il connaissait, qui était sa demeure, son unique demeure, mais quelque chose, quelque part, l’appelait… Il n’arrivait pas, encore, à déceler ce qu’était cette envie, cette impulsion, qui lui disait d’aller vers l’orée du bois, et de se diriger vers la lumière de la vallée. Il ne pouvait le comprendre, lui crâ solitaire, élevé par un osa vivant avec ses animaux et un sram toujours occupé à on ne sait quelle fourberie. Non décidément, il ne comprenait pas…



Mais cette lumière… la sortie… le monde… qu’y avait-il de si…attirant là-bas ? Tant d’agitation et d’actes incompréhensibles, tout ce qu’il avait détesté jusqu’à maintenant… et il voulait en savoir plus ? Vraiment étrange… Mais il ne pouvait refreiner cette envie… Plus il luttait, plus elle s’intensifiait… Il lui fallait agir, combler ce manque, afin de récupérer ses esprits, et pouvoir continuer son évolution sur les traces de Crâ. Demain, aux premières lueurs, quand tous viendraient en ces lieux, il partirait chez eux … il éviterait peut-être ainsi de rencontrer trop de monde…



Le lendemain matin.



Adossé à un arbre, il observe les premiers arrivants. Il va se mêler dans la foule, et passer La lumière… Un espace, une ouverture ; il bondit, saisissant son arc au vol.



*ZAAP*



De l’herbe. Il a atterri dans de l’herbe. Chose rassurante, il ne sera pas totalement perdu, si verdure il y a. Essayant d’y voir un peu plus clair après ce …passage… il commença à distinguer ce qui devait devenir plus tard son territoire d’apprentissage, d’épanouissement. Des arbres, beaucoup d’arbres, comme dans sa forêt, et des champs aussi et… une flaque ? Une grande flaque ? Il avait du beaucoup pleuvoir ici… Finalement, et contrairement à ce qu’il imaginait, cet endroit n’était pas si désagréable à voir. Plus de soleil, mais des bois pour s’isoler, et toute cette eau pour se rafraîchir à tout moment.



Encore troublé par ce changement soudain, mais pas si désagréable, de décor, le jeune crâ se dirigea vers ce qui semblait une petite prairie, où il discernait plusieurs silhouettes, et quelques énormes rochers de diverses couleurs… Approchant lentement, surveillant les alentours, et tout bruit suspect, il appréhendait plus que tout de rencontrer ces personnes qu’il ne connaissait pas, qu’il n’avait jamais vues auparavant, et qui pourraient tout aussi bien le rejeter que l’accueillir…
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