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Dark Age of Camelot
Le miroir des âmes
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Toglog revint à lui dans un cachot et sa première réaction fut la surprise d’être encore vivant. Manifestement, il avait découvert quelque chose de particulièrement grave et y avait survécu, ce qui n’était pas logique. Encore désorienté, l’Elfe regarda autour de lui : la pièce baignait dans l’obscurité, mais, automatiquement, l’esprit aiguisé de l’Ombre notèrent une pléthore de détails qui lui firent comprendre dans quel pétrin il se trouvait. Tout d’abord, les pierres des murs ne venait pas d’Hibernia, il en reconnaissait la texture, c’était des pierres du pays d’Albion. Derrière la porte du cachot, il entendait le claquement des articulations de l’armure des gardes, de la plate. Il se trouvait donc sûrement dans un fort albionais, ce qui apportait une preuve de plus quant à ce qu’il avait vu à Tir Na Nog.
Soudain, un bruit de frottement, infime, lui glaça le sang. Il n’était pas tout seul dans le cachot et…
Le coup arriva si vite qu’il eut à peine le temps d’esquiver, son oreille sifflant alors que le poing muni d’ongles ressemblant à des griffes passa à moins d’un centimètre. Avec sa rapidité légendaire, Toglog riposta, bloqua le bras de son assaillant tout en se plaçant pour atteindre sa gorge, mais c’est à sa grande stupeur que son adversaire se dégagea et lui envoya un coup de pied expert qui le projeta contre le mur derrière lui.
Sonné, Toglog se remit en garde, profitant d’un léger rayon de lumière passant sous la porte pour s’orienter, mais il fut pris de cours quand, l’espace d’un instant, le visage de son agresseur fut rendu visible, c’était une viking !
L’attaque fut rapide, brillante, mais cette fois, l’Ombre était prête, il bloqua souplement le bras de la femme dans une clé parfaite, pivota sur lui même en profitant de son élan pour la mettre au sol, puis il la suivit dans le mouvement, gardant toujours son bras de telle façon qu’elle ne pouvait se débattre sans risquer de le casser.
C’est ainsi que les gardes albionais les trouvèrent tous les deux quand ils ouvrirent la porte, attirés par le bruit de la lutte. Toglog plissa les yeux quand la lumière le frappa, et avant que le Highlander en armure ne le jette au sol comme un vulgaire paquet, l’elfe regarda attentivement la femme qui l’avait attaqué et l’a reconnu :
Affaiblie et amaigrie par sûrement plusieurs mois de privations et mauvais traitements mais néanmoins toujours aussi hargneuse et combattante se tenait devant lui une Assassin qu’il avait bien connu par le passé. L’Ordre de Loki était sa guilde, Toglog s’en souvenait plus que bien.
Devant lui se tenait Zytha.
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Les quatre amis s’étaient séparés, chacun aillant convenu d’une tâche à accomplir. Lews et Aleiwena avaient repris le chemin des Portes d’Odin pour alerter certains membres de la Garde Noire, Silace s’en était allé chercher les autres Assassins de Loki, et Nosroth était reparti dans la direction de Jordheim, lieu où se trouvaient la plupart des conspirateurs. Et l’un d’eux devait savoir où se trouvait Zytha.
Depuis qu’il avait appris de la bouche d’Agorne en quoi consistait une partie de la conspiration, Nosroth sentait une rage froide et sourde monter en lui. Lui ainsi que tous les autres se battaient depuis tellement d’années dans une guerre qui n’avait finalement aucun sens, sinon d’enrichir certains individus, ou bien de permettre certaines magouilles politiques. Le récit de Lews et Aleiwena à propos de l’elfe validait les dires du Gothi et confirmait ses pires soupçons.
Il en était quasiment certain, l’Ordre de Loki avait été trahis parce qu’ils s’étaient trop approchés de certains secrets, ne restait plus qu’à trouver ceux qui pourraient tout lui avouer.
Mais, avant tout, il voulait retrouver la femme avec laquelle il avait partagé le plus de souffrances, d’efforts, et de joies. Il la retrouverait, et ensembles, ils allaient changer les règles du jeu, faire la différence encore une fois, une dernière fois sans doute.
Nosroth retrouva le contrôle de ses émotions, si bien que, quand les tours de gardes de Jordheim apparurent au loin, derrière Mularn, son visage était redevenu impassible, marqué d’une froide résolution.
Mais il comprit que sa quête allait se corser de beaucoup quand il vit le nombre accru de patrouilles de gardes à l’extérieur de Mularn. Ils avaient renforcé la sécurité, bien évidemment, tout comme le meurtre du Gothi Agorne devait faire grand bruit en ville.
Nosroth se fondit dans les ombres, invisible aux yeux de tous, et s’avança prudemment vers les portes de Jordheim.

Toglog n’en revenait pas, trouver une des Assassins les plus craintes de tout Midgard avec lui dans ce cachot lugubre d’un Caer quelconque après avoir découvert une sorte de conspiration au sein de son propre royaume commençait à faire beaucoup pour un seul elfe.
Mais, après réflexion, il apparaissait logique que, tout comme lui, certains Midgardiens ou Albionais aient été les témoins de cette affaire qui avait tout l’air de s’étendre aux trois royaumes. Et bien évidemment, si quelqu’un avait toutes les chances de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, ça ne pouvait être qu’un furtif…
Immobile comme une pierre, Toglog observait la viking avec attention, tout en réfléchissant à la situation et à ses possibles développements. De l’autre côté de la pièce, Zytha, assise contre le mur, faisait de même. Mais l’elfe savait qu’elle se préparait aussi à se défendre contre lui, il pouvait voir ses muscles tendus, bandés, son regard fauve et alerte. Toujours prête. Il n’en attendait pas moins d’elle.
Doucement, il leva la main et lui fit signe, tentant d’engager la communication. Elle le fixa intensément et hocha la tête. Un bon début. Ensuite, il montra la porte du cachot, puis la désigna, ainsi que lui même. « Sortons d’ici ! »
Pour la première fois depuis leur rencontre, il la vit esquisser un sourire, mais ne put s’empêcher de frémir tant ce sourire avait quelque chose de… carnassier… Il ne savait toujours pas s’il devait la trouver belle à en mourir, ou s’enfuir en hurlant devant tant de froideur et de détermination… Une race terrifiante ces hommes du Nord…
A son tour, elle lui fit signe et désigna la porte. Manifestement, elle aussi avait dans l’idée de sortir d’ici.
Soudain, Toglog entendit des bruits de pas dans le couloir du Caer, bruits de pas qui se rapprochaient du cachot ? Automatiquement, il fit signe à Zytha qui commençait déjà à se mettre en position, prête pour le moment où la porte s’ouvrirait.
Chacun de leur côté de la porte, les deux furtifs se regardèrent alors que le bruit d’une clé glissant dans une serrure se faisait entendre et que la lumière vive du jour commençait à envahir la pièce. Les deux gardes s’avancèrent, l’arme à la main, comme l’espérait Toglog qui donna le signal à la viking, et tout d’un coup, le calme du cachot fut brisé par une suite de mouvements, de chocs et de cris l’espace de quelques secondes.
Le commandant des chevaliers ne vit que trop tard l’elfe sur sa gauche quand celui-ci l’agrippa au poignet droit et tira tout en pivotant sur lui-même, brisant le membre non protégé par l’articulation de l’armure en plate. Lâchant son arme avec un cri de douleur, le commandant se retrouva à genoux quand Toglog augmenta encore la pression de sa prise et tout devint ténèbres quand l’elfe lui plaça un coup de pied ravageur en pleine tête, l’envoyant s’écraser contre le mur du cachot.
Tout ceci ne prit pas plus de cinq secondes.
A peine l’autre garde avait-il eu le temps de comprendre ce qui arrivait à son collègue que Zytha attaqua à son tour avec la même précision, si bien que le deuxième chevalier se retrouva à terre lui aussi.
Toglog et Zytha étaient maintenant armés et, sans attendre, ils sortirent de la pièce à la recherche de leur équipement. D’un commun accord, ils montèrent les escaliers pour rejoindre la salle de gardes se trouvant en dessous de celle du Seigneur du Caer, endroit le plus probable pour stocker des armes et armures.
Sans un bruit, ils pénétrèrent dans la salle et virent un chevalier attablé et dormant bruyamment après un copieux repas dont les restes avaient été jetés nonchalamment à terre. Zytha s’approcha du chevalier alors que Toglog refermait la porte doucement, se plaça derrière lui et, d’un geste vif, prit sa tête entre ses doigts et lui brisa la nuque, le tuant sur le coup.
Les deux alliés de circonstance se mirent alors à la recherche de leurs armures et armes, sans résultat. Il allait falloir explorer tout le Caer…
Soudain, derrière eux, le bruit mat du cuir tombant au sol. Toglog se retourna instinctivement et grogna. Ce bruit avait été causé par leurs armures, armures lâchées au sol par les deux sicaires que l’elfe avait eu le temps de voir avant qu’ils ne disparaissent, tous deux les armes à la main et un sourire suffisant aux lèvres.
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Toglog se savait mal parti sur ce coup. Sans armure, avec une épée bâtarde comme seule arme, contre deux sicaires, la combat allait être sportif, sachant que son épaule le faisait encore souffrir. Maudit lurikeen de Proctor, il allait déguster quand Toglog reviendrait.
S’il revenait un jour…
Dos à dos avec la viking, l’elfe ferma les yeux, se concentrant sur les déplacement d’air.
« Calme toi, ils sont tout près, ressens les, attends, ils y sont presque… Sur la droite… Encore un mètre… Maintenant ! »
Toglog ouvrit les yeux en criant, projetant une décharge d’énergie pure sur le sicaire qui allait attaquer et qui fut projeté au sol, stupéfait. L’elfe Ombre passa à l’attaque, rapide, puissant, sachant pertinemment que le second sicaire allait se trouver sur sa route, son arme d’estoc prête à lui perforer la gorge, mais il n’était pas seul et faisait confiance à Zytha. Alors qu’il s’approchait du sicaire encore à terre, une épée bâtarde le dépassa, frôlant son oreille d’à peine deux centimètres et se ficha dans un corps invisible, à 1 mètre devant lui. Le second sicaire s’effondra, avec sur son visage une expression de surprise : il n’arrivait pas à croire qu’il venait de mourir.
D’un geste souple, l’autre sicaire se releva juste à temps pour contre attaquer Toglog qui n’eut pas le temps d’esquiver le coup, trop emporté par son propre élan et le poids de l’épée bâtarde. Sentant la brûlure du poison sur ses côtes, ainsi que sa chaire se déchirant, il se décala sur le côté pour minimiser les dégâts et tenta de décapiter le sicaire qui esquiva adroitement, lui plaça un coup de pied dans le ventre, le pliant en deux. La respiration coupée, Toglog vit le sicaire sauter par la fenêtre. Il avait vu que Zytha avait récupéré ses armes et avait jugé la situation peu à son avantage, seul contre deux.
Le problème était qu’il allait donner l’alerte.
Zytha lui lança son armure qu’il enfila tant bien que mal, ses côtes le faisant souffrir alors que le poison faisait encore effet, l’affaiblissant considérablement. Il savait combien de temps l’effet du poison allait se faire sentir, et il dut se rendre à l’évidence, il ne pourrait pas combattre pendant quelques minutes.
Alors qu’ils finissaient tous deux de s’équiper, ils entendirent des cris dans la cour intérieure du Caer alors que les gardes, alertés par le sicaire, montaient les escaliers en courant. Les deux furtifs se regardèrent, sachant qu’ils n’avaient qu’une seule alternative : la fenêtre donnant non pas sur la cours, mais à l’extérieur du Caer, fenêtre qui se trouvait à plus de vingt mètres de hauteur…
Pris au piège, ils n’avaient plus le choix, ils sautèrent dans le vide.
Quand les chevaliers défoncèrent la porte et pénétrèrent dans la salle, ils ne trouvèrent que le cadavre du sicaire dont le sang se répandait lentement sur le sol, les prisonniers avaient disparu.

Nosroth sut que quelque chose n’allait pas quand il approcha des portes des Jordheim. Il était attendu par des Assassins. Deux d’entre eux n’étaient pas dissimulés, mais il savait que les autres attendaient qu’il se manifeste pour l’intercepter. Il allait pourtant devoir courir le risque, car il connaissait l’Assassin qui attendait patiemment :
_Bonjour Oftorn.
Aussitôt, celui-ci fit signe à son épique de ne pas attaquer :
_Laissez moi lui parler ! Salut Nos, heureux de te voir de retour mon ami. Enfin… « voir » est un bien grand mot en ce moment…
_Disons que, vu ton comité d’accueil, je me demande s’il est bien sage d’apparaître, mon « ami ».
Clairement, Oftorn était mal à l’aise :
_Nos, écoute moi, j’ai reçu l’ordre du Gothi Alen lui-même de t’arrêter quand tu tenterais de revenir en ville, ou de te tuer si tu résistais…
_Oftorn, celui qui t’a donné cet ordre est un traître. Il veut me voir mort car j’en sais trop.
_Oui Nos, ta fameuse conspiration, il m’a raconté ce que tu lui as dit quand tu l’as menacé avant de tuer le Gothi Agorne… Tu as bien changé Nos, je regrette celui qui nous a si souvent mené au combat.
Nosroth comprit qu’il ne passerait pas, Alen avait finement joué son coup, il ne pourrait pas convaincre Oftorn de le laisser passer. Il n’avait plus qu’une seule possibilité, et l’autre le savait.
La tension commença à se faire palpable alors que les Assassins se préparaient au combat.
_Oftorn, dis à tes hommes de me laisser passer je t’en pris. Je ne veux pas vous blesser, mais je dois voir Alen, la vie de Zytha.
_Nos… Tu sais que je ne peux pas faire cela. Malgré notre amitié, tu sais que je ne peux pas.
_Alors tu ne me laisses pas le choix, Oftorn.
_Nos ! Ca n’est pas obligé de finir comme ça ! Nous sommes cinq contre toi ! Ne cours pas à une mort stupide !
_Mais qui a dit que j’allais mourir ?
Alors qu’il finissait sa phrase, l’un des Assassins qui était resté invisible mais s’était un peu trop approché de la position de Nosroth tomba, une dague en travers de la gorge, et c’est au moment ou l’ex Assassin de Loki apparut qu’Oftorn comprit que le combat ne serait pas gagné d’avance. Il avait tellement changé… Ses yeux…
« Nos, mais que t’est il arrivé ? »
Il était tout simplement trop rapide, esquivant les lames des trois Assassins, bloquant les coups, ripostant dans la seconde même, mais Oftorn se rendit compte qu’il aurait pu tous les tuer et ne le faisait pas.
Les lames sifflaient dans l’air, passant à quelques centimètres à peine de sa gorge, mais il esquivait encore, jusqu’à ce qu’il bloque les bras armés de deux des Assassins et ne sectionne les tendons des deux membres d’un coup vif et précis tout en frappant le troisième à la poitrine, l’assommant momentanément.
Pour faire bonne mesure, il tourna sur lui même tout en se baissant pour éviter les dernières attaques de main gauche et planta ses lames dans leurs cuisses. Alors que le troisième se relevait, il lui décocha une dague dans l’épaule, si bien que les trois Assassins tombèrent au sol en même temps, hors de combat, mais vivants.
Oftorn se mit en garde alors que Nosroth se retournait pour lui faire face, le regard triste, fatigué :
_Je ne suis pas venu me battre contre toi, arrêtons là, je t’en pris.
Oftorn se lança à l’attaque.
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Jordheim, alors que la nuit commence doucement à tomber. Devant l’entrée Nord de la capitale, avec le village de Mularn lui faisant face, deux Assassins se battent. A leurs pieds, quatre Assassins sont étendus, un mort pour trois hors d’état de nuire. Le silence du crépuscule n’est brisé que par le tintement des lames qui s’entrechoquent alors que les deux furtifs enchaînent les coups, feintant, esquivant, bloquant l’autre, le tout dans une frénésie de mouvements aussi gracieux que meurtriers et silencieux.
L’un des deux hommes aborde une expression de concentration intense, calculant chaque coup, anticipant le mouvement de l’autre, esquivant à la seconde près, mais en son fort intérieur, le doute le tenaille : Et si ce que lui avait dit son adversaire était vrai ? Ses actions sont-elles honorables ?
L’autre viking, bien que concentré lui aussi sur le combat, laisse surtout transparaître une grande tristesse, une fatalité qu’il semble seul à porter. Il ne veut pas de ce combat, n’est pas venu pour cela, et bien qu’il comprenne pleinement la position de son adversaire, il n’a aucune intention de le tuer, car ils se connaissent tous deux depuis de longues années.
Les deux adversaires sont amis.
Les quatre lames s’entrechoquèrent quand les deux Assassins neutralisèrent en même temps l’attaque de l’autre, si bien qu’il ne leur restait plus que l’épreuve de force et de volonté, à savoir de qui des deux allait céder en premier. Mais leurs yeux ne se quittèrent jamais, et chacun put lire sa propre réflexion dans le regard de l’autre, et à ce moment, Oftorn sut que Nosroth lui disait la vérité. Ce qu’il lut dans le regard de son vieil ami était ce qu’il y avait toujours lu : l’ex Loki n’avait pas changé, leur combat n’avait plus de sens.
Doucement, prudemment, les deux adversaires abaissèrent leurs armes et finirent par s’éloigner l’un de l’autre doucement. Finalement, ce fut Oftorn qui rompit le silence :
_Nos… Ma raison me dit que j’ai tord de te laisser vivre, malgré les ordres du Gothi Alen, mais mon instinct me dit que je peux te faire confiance, comme je l’ai fait jadis, quand nous avons combattu côte à côte pendant tellement d’années. Mais je voudrais comprendre pourquoi tu as tué ces gens en ville, un Gothi en plus ! Ces prêtres sont nos liens avec nos dieux Nos ! Pourquoi ? Je sais que tu ne fais jamais rien sans raison, alors explique moi, je t’en pris !
Nosroth soupira, à la fois soulagé que le combat soit fini mais aussi meurtri par l’idée d’impliquer encore un ami de plus dans cette histoire qui risquait de leur coûter la vie à tous :
_Très bien Oftorn, mon vieil ami, je vais même faire mieux que de t’expliquer, tu pourras voir par toi même. Mais souviens toi bien, ce que tu vas sûrement apprendre changera ta vie, et tu seras en danger, autant que moi, autant que tous ceux de l’Ordre de Loki, autant que ceux qui ont jadis cru en un idéal pour ce royaume… Oftorn, tu veux connaître la vérité ? Très bien…
La flèche rata Nosroth de très peu, et il eut juste le temps de plonger à terre alors qu’une dizaine de projectiles se fichaient dans la palissade de la porte Nord. Il eut le temps de voir Oftorn se jeter de côté aussi, et alors que la garde personnelle du Gothi Alen l’encerclait, il vit son ami disparaître aux yeux de tous, sain et sauf.
Le Jarl viking se pencha sur lui, l’air mauvais :
_Nosroth Delving, le Gothi Alen vous attendait.
Et tout ne fut plus que ténèbres quand le Jarl abattit son épée sur la nuque de l’Assassin.
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Toglog et Zytha fuyaient pour leur vie. Derrière eux, les patrouilles de Caer Hurbury s’étaient lancées à leur recherche et l’elfe pouvait les entendre crier les ordres alors que la battue se mettait en place.
En temps normal, il ne leur aurait pas été difficile de semer leurs poursuivants, mais, diminué par les combats et les blessures, Toglog s’était mal réceptionné et souffrait d’une douleur lancinante à la jambe gauche, le ralentissant considérablement. Zytha, quant à elle, peinait à cause des privations et des sévices qu’elle avait enduré durant tous ces mois dans ce cachot infâme.
Quitter Snowdonia pour rejoindre les Monts de Pennine leur prit de longues heures de stress et de fatigue mais il parvinrent finalement à atteindre le Mur d’Hadrien, avec la quasi certitude d’avoir enfin semé leurs poursuivants. Ils décidèrent de se reposer une dernière fois à la maison romaine, près de l’aqueduc en ruine, avant de rejoindre leur fort respectif et ainsi retourner dans leur propre royaume.
Seulement Toglog n’était pas vraiment sûr de retourner chez lui maintenant fut une si bonne idée…
Il ressassait ces pensées depuis déjà plusieurs heures et profita de la pause pour faire le point sur sa position. Il en arriva à la conclusion qu’elle n’était vraiment pas brillante.
Il sursauta légèrement quand la viking lui tapa sur l’épaule d’un geste urgent, et comprit en tendant l’oreille que les patrouilles Albionaises approchaient. Ils n’avaient pas abandonné la poursuite et avaient bien évidemment extrapolé la course des deux fugitifs jusqu’au Mur d’Hadrien, où ils espéraient sûrement pouvoir leur barrer la route. Toglog comprenait tout à fait que lui et Zytha ne devaient en aucun cas quitter la zone frontalière Albionaise et se réjouit à l’avance des quelques têtes qui allaient tomber à Camelot quand les chevaliers rentreraient bredouilles.
Il se renfrogna tout de même un peu quand il se rendit compte que les chevaliers commençaient à encercler la maison, les prenant au piège. Manifestement, les forts d’entrée Midgardiens et Hiberniens étaient surveillés, chose à laquelle Toglog s’était attendu même s’il avait espéré pouvoir passer avant que le gros des troupes ne retrouvent leur trace.
Sur sa gauche, un archer sarrasin l’ayant repéré aux taches de sang qu’il laissait derrière lui banda son arc et Toglog lança une dague par réflexe dans sa direction, dague qui se planta dans son bras. L’archer laissa tomber son arme en criant alors que Toglog redevenait visible et, en quelques secondes, la maison romaine fut envahie de chevaliers qui encerclèrent l’elfe. Dans son dos, Toglog sentit Zytha, toujours invisible, sortir ses armes, prête à combattre, et il fit de même, apparemment seul contre tous.
Sur son visage se lisait une certaine ironie, comme s’il les défiait de venir tous ensemble contre lui. En fait, il avait envie de partir d’un rire cynique en pensant qu’il allait sûrement mourir à moins de trois cent mètres de sa porte de salut…
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Les chevaliers se préparaient à passer à l’attaque. Toglog les regarda tous l’un après l’autre, tentant de réfléchir, jusqu’à la dernière minute, à un moyen de s’enfuir, mais n’en trouva pas. Ne lui restait plus que la bravade, si bien qu’il se mit à crier le maximum d’injures elfiques qui lui vinrent à l’esprit, défiant les Albionais ouvertement.
L’espace d’un instant, les chevaliers reculèrent, impressionnés, puis, d’un commun accord, tous baissèrent leurs armes et se mirent au garde à vous, signe de respect pour la bravoure de leur ennemi qui allait périr sous leurs lames.
Mais ce à quoi personne ne s’attendait fut que les cris de haine de Toglog reçurent une réponse !
Sur la colline, à cent mètres à peine de la maison romaine, se tenaient Daarkyel et son groupe de Cavaliers d’Emeraudes. Toglog les reconnu tous, Aragnis, Uhma, Faoir, Ikkyu, Liiawe Usuldearrakis et Tomyx, des guerriers qui faisaient la fierté d’Hibernia, et dont la renommée avait franchi les frontières. Il suffisait d’ailleurs de voir l’hésitation des chevaliers, pourtant quatre fois plus nombreux, et leur panique quand Daarkyel et son groupe foncèrent sur eux comme un seul homme.
Toglog savait ce qui allait se passer et pensa à Zytha qu’il entraîna alors le plus vite possible dans la direction du groupe avant qu’Uhma ne se déchaîne, ce qui se produisit d’ailleurs quand l’elfe empathe déchira l’air de ses incantations et que, tout d’un coup, la masse des chevaliers prirent leur tête entre leurs mains, torturés par une souffrance sans pareil.
Derrière lui, Zytha lâcha sa main, elle aussi touchée, bien que moins gravement, et réapparut sous le nez de Daarkyel qui mit quelques secondes à comprendre. Voyant la réaction de l’elfe, Toglog se hâta de s’expliquer :
_Daarkyel, retiens ton groupe ! Cette viking est avec moi !
Prenant sa décision en à peine une seconde, l’elfe entraîna son groupe au beau milieu des Albionais meurtris par la magie d’Uhma, et, regardant Aragnis qui souriait déjà, les deux Eldrichts se concentrèrent.
Le Commandant des Chevaliers vit les deux elfes magiciens se placer au milieu de ses troupes et comprit qu’il était trop tard. Alors que les deux êtres immortels commençaient à incanter leur sphère d’énergie, le Commandant songea tristement à sa fin toute proche, qui arriva sous la forme d’une formidable explosion d’énergie pure qui détruisit absolument tout sur son passage, projetant au loin les corps déchiquetés des Albionais, vaporisant ceux qui se trouvaient trop près de l’épicentre de la déflagration.
En moins de vingt secondes, il ne resta plus rien des patrouilles ayant poursuivi Toglog et la viking.
Aragnis tapota doucement l’épaule de Daarkyel :
_Ne restons pas là dessous…
Et il avait raison, car à peine son groupe sortit de la maison romaine que les murs et les colonnes commencèrent à se fissurer, pour finalement s’écrouler dans un fracas de marbre et de poussière.
Entre temps, Toglog avait fait comprendre à Zytha qu’elle devait partir, car il ne savait pas s’il pourrait expliquer à temps à ses congénères ce qui s’était passé. Comprenant que le moment de se séparer était arrivé, la fière viking le salua à la manière des hommes du Nord, la tête haute, la poing sur la poitrine, et il lui rendit tant bien que mal son salut.
Sur quoi elle disparut.
Quand Daarkyel approcha de nouveau, Toglog leur expliqua du mieux qu’il put ce qui lui était arrivé, tout en craignant qu’ils ne le prennent pour un fou. Vu sa chance du moment, cela ne lui paraissait pas tout à fait inconcevable…
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Le texte qui suit est une retranscription d’une histoire qui allait être contée par un jeune Skald dans l’auberge principale de Jordheim quelque jours après les événements de la maison romaine, sur le Mur d’Hadrien :

Une silhouette sort de la brume, les quelques vikings perdus dans la plaine la regarde s'avancer péniblement , ils croient reconnaître une valkyn à la démarche si primitive, sortie des entrailles de la terre.
Arrivée à mi distance ils réalisent que dans les veines de cette femme coule le même sang qu'eux , les adorateurs de Thor , ceux qui vénèrent Aégir et Odin , les grands peuples du nord tellement craints pour leur violence et les récits de terreur qu'ont fait régner leurs ancêtres. C’ est une Viking !!!
La femme est lasse, à bout de force , épuisée par une quête inconnue elle ne semble même pas nous remarquer , elle se traîne le long de la clairière du sang collé sur les bottes et les gants , son armure de cuir entaillée, lacérée , sa cape n est plus qu’un haillon , les guerriers n'osent l'interpeller , En jeune skald et cherchant à ses coté une histoire à raconter lors des interminables trajets menant les troupes au combat je me lance à sa poursuite .A peine arrivé à 3 pas de la femme quelle se fond dans l’ombre comme par enchantement . La brume gagne la clairière jusque l orée des bois , le pénombre s'installe sereinement sur la prairie. Inquiet je m’apprête à retourner auprès de mes compagnons d'arme lorsque qu'une main me tire la tête en arrière découvrant ma gorge, avant de pouvoir bouger je sent une lame me glisser le long du coup , la femme est derrière moi , au moindre geste elle pourrait m’arracher la vie , je suis terrorisé lorsqu'elle me murmure à l'oreille

« aides moi à regagner mon royaume jeune skald, ma route à été longue, Midgard m'attend, nous n avons plus un instant à perdre ».

En jeune skald avide d’aventure et fraîchement promu au sein de notre armée je m’exécute, j’entonne un chant destiné à oublier la fatigue du chemin qui nous reste à parcourir, la femme marche derrière moi , d'un pas pressé. Je me souviendrai longtemps de ce voyage tout comme de ces elfes en embuscade qui m’hypnotisèrent au moment même ou j’allais fuir dans la vallée du Mur d'Hadrien ...
La femme s’était tapis dans l’ombre j’étais seul, abandonné à ses créatures abjectes aux oreilles pointues me fixant du regard.
2 elfes côtes à côtes se lancèrent dans des incantations machiavéliques , la bave aux lèvres à l idée de me voir en aussi mauvaise posture quand soudain jaillit devant eux la disciple de Loki , le premier prit les deux haches au niveau du coup , se tordant de douleur il lui fut impossible de bouger.
Les yeux exorbités, à l agonie ,le sang jailli de sa gorge tandis que le poison en soubresauts régulier lui arrache les derniers soupçons de vie jusqu’à le voir s’écrouler, la face contre le sol le bâton à la main.
Son compère surpris par l’apparition, dans un mouvement de recul et de panique abandonne son incantation , à peine tente t il de se retourner pour fuir qu'il reçoit lui aussi les haches mortelles de l’assassin dans les côtes.
Le laissant ainsi agoniser elle sauta sur le guerrier à leur coté , armé d'une masse énorme le celte dans sa cuirasse goûta lui aussi aux haches et aux poisons de la femme de l’ombre, elle enchaîne les esquives, ses haches tournoyaient en l'air dans une chorégraphie millimétrée , poussée par des forces invisibles , calme et sans précipitation elle enchaîne les roulades, passe derrière sa cible , attentive et gracieuse elle devine chaque coup avant même qu'il ne fut porté , le celte excédé poussa un hurlement qui retenti dans toute la vallée, entra en transe les yeux injectés de sang , dans une force surhumaine excédé par la maîtrise avec laquelle l assassin en guenille se jouait de lui , il brandit sa masse au dessus de la tête prêt à l'écraser d'un seul coup quand celle ci dans un éclair lui plante une dague au travers de la gorge avec une vivacité inouïe. Il tituba un instant, recula de deux pas, et tomba à la renverse entraîné par le poids de sa masse.
Sans même me faire un signe, la femme, le regard vide pensa ses plaies. Méticuleusement elle appliqua de nouveaux poisons sur chaque Haches utilisées, l'hypnotisme de l’elfe avait fini par s’estomper mais je restais pétrifié à la vue de tant de sang froid , je reconnu sur le pommeau de la dague une insigne qui me glaça jusqu’au plus profond de mon être , l’œil de Loki ...
Etait-ce possible ?
J’en avais bien entendu quelques rumeurs que je croyais sans fondements, pourtant cette femme, sa grâce, tant de dextérité, elle me jeta un regard sombre qui semblait lire dans mes pensées et m’interdisait de poser toutes questions.
La tête encore abasourdie nous reprîmes la route vers les monts enneigés de la porte d’Odin.

Quelques jours plus tard, arrivés à proximité du géant des glaces dans les terres enneigées de la porte d'Odin, après avoir marché de longues journées la femme avait disparue comme au 1er jour de notre rencontre, je découvris plus tard dans ma besace une pleine bourse d’or , je ne savait rien d'elle, pas même son nom.
J’étais hanté par son visage , mon esprit ne pensait plus qu’à elle , j’avais déjà rencontré des chefs de guerres , des nains ivres craints de tous , des trolls à la force exceptionnelle , des vikings râleurs capable d’enrôler 200 Midgardiens à la conquête d’une relique, des kobolds à la magie destructrice , des valkyns sortis tout droit des entrailles de la terre avec leur regards inquiétant et leur démarche primitive, mais aucun ne véhiculait avec eux tant de mystère. Passé les affres de la guerres ils étaient tous des hommes, charriants les jolie vikings , se saoulant à la taverne, leur foi et leur courage en avait fait des grand de ce royaume mais elle était différente, noire et envoûtante, seule face à ses démons , ceux qui chaque nuit la torturait , dans un sommeil agité , elle parlait de guerre des mondes , de chaire éventrée , de corps putrides piétinés, de membres arrachés, de face écrasée avec des expressions horribles tout en s’agitant, torturée dans les bras de Morphée…
Les fragments des lignes essentielles de son destin devaient être maudits par les dieux eux même pour laisser dans le cœur d’une viking autant d’horreur de répulsion à vivre dans ce monde , je maudis les dieux moi aussi , et repris ma route vers la capitale de notre royaume , Jordheim …

_________________
(/HRP : Je remercie de tout cœur mon amie Zytha, auteur du texte que vous venez de lire et qui a ainsi apporté sa pierre à l’édifice, merci à toi, ton souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire, amie de toujours.)
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Le vent soufflait avec la rage d’un dieu blessé sur le reliquaire de Dun Dagda quand un éclair déchira le ciel d’un noir d’encre, révélant la masse lugubre de l’édifice séculaire. L’orage qui secouait le Mont Collory semblait ne pas vouloir s’adoucir, les arbres pliaient dangereusement contre les rafales d’air chaud et l’électricité semblait planer dans l’air lourd et gonflé de pluie.
Il connaissait bien cet endroit, se revit attendre pendant des heures interminables, attendant l’attaque de ses compatriotes, il se revit, plus tard, foncer au milieu de la masse Albionaise, puis dans la pièce où les reliques étaient entreposées, sachant que la moindre erreur lui serait fatale, à lui comme à son royaume. Il revit les reliques, immuables, alors que le tumulte en bas se faisait de plus en plus pressant, de plus en plus fort. Jamais il ne s’était senti aussi seul, ou du moins il n’avait pas souvenir d’avoir ressenti telle solitude. Il se souvint des mouvements discrets et précautionneux des furtifs Albionais alors qu’il hésitait à s’emparer de la Corne du Valhala. Il revit les visages des sicaires et éclaireurs, mais, soudain, la scène changea.
Leurs visages devinrent blanc tel du marbre, leurs yeux commencèrent à briller d’une lueur rougeâtre, et autour de lui, les angles de la pièces devinrent anormaux. Telles des gargouilles, les Albionais le regardaient de leurs yeux démoniaques alors que la pièce semblait se refermer sur lui, il avait de plus en plus de mal à respirer, la panique commençait à le gagner.
La scène changea encore.
Les remparts du reliquaires, sous une pluie battante. La tempête faisait rage. Devant lui, une silhouette se tenait, une arme à la main. Impossible de la voir avec plus de détails, la tempête rendait la scène complètement floue, mais il sut instinctivement qu’il haïssait celui qu’il avait en face de lui.
Trempé, il sortit ses armes, se mit en garde, et se rendit compte qu’il était épuisé comme jamais il ne l’avait été. Mais quelle était donc la signification de tout cela ?
Il déduisit que son adversaire lui souriait quand il aperçut l’éclat de ses dents blanches alors qu’un éclair fulgurant déchirait le ciel pour s’abattre tout près d’eux, embrasant l’abris en bois du rempart.
Alors l’inconnu dit quelque chose et c’est à ce moment là que Nosroth Delving se réveilla en sursaut, couvert de sueur, sa nuque le faisant atrocement souffrir, dans une pièce annexe du Temple des Jotuns à Jordheim.
Déjà son rêve devenait flou, vague, mais il se souvint de la voix de l’inconnu sur le rempart de Dagda qui lui disait :
« Le passé nous rattrape toujours, Nosroth… »

L’Assassin tenta de se calmer, son cœur battait beaucoup trop vite, sa respiration se faisait trop haletante. Recouvrant peu à peu ses esprits, il passa la main sur sa nuque, stupéfait d’être encore vivant, jusqu’à ce qu’il comprenne que le garde l’avait frappé avec le plat de la lame. La douleur qu’il ressentit au niveau du coup lui indiqua que le Jarl n’y était néanmoins pas allé de main morte…
Encore faible, il se leva avec difficulté, activant la circulation du sang dans ses muscles endoloris, alors que, petit à petit, ses sens et sa raison lui revenaient, chassant les réminiscences de son rêve. Il analysa rapidement sa situation qui lui apparut de suite mauvaise bien que prévisible :
Il était en vie, mais prisonnier du Gothi Alen.
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Lews et Aleiwena atteignirent les Portes d’Odin sans encombre. Suivant la route qui les menait à Bledmeer Faste, les deux amis n’avaient pas placé un mot depuis déjà plusieurs heures, chacun accaparé par ses propres pensées. Arrivés à environ cent mètres du fort, ils retrouvèrent néanmoins le sourire en entendant les rires gras des officiers de la Garde Noire, ainsi que des autres membres. Tout ce beau monde devait encore être complètement saoul. Et en effet, quand ils franchirent les portes du fort, ils furent immédiatement assaillis par l’odeur de la bière brassée par le regretté Goldim ainsi que par les jurons tonitruants de Doywan. Même ivre mort, il trouvait encore le moyen de râler. Quand il rentra dans la pièce, Lews put voir une grande partie de la guilde, Khor, Alterac, Angus, le vieux Thane Mayhem, son fils Phades, un assassin prometteur, ainsi que tous ceux qui formaient l’esprit de la Garde Noire. Manquaient Nosroth et Filide, dont plus personne n’avait entendu parler depuis longtemps…
Puis Lews vit une grosse masse immobile au fond de la pièce, un invité de marque qu’il appréciait tout particulièrement. Avec un petit cri de joie, le kobold sauta prestement sur l’épaule du grand troll chaman :
_CopainBimde !
Le troll se réveilla en sursaut, vit qui venait de lui sauter dessus, et lui offrit ce qui se rapprochait le plus d’un sourire :
_Urk ! Lews, toi réveiller Bimde, par Ymir, urk ! Bienvenue Lews !
A l’autre bout de la pièce, Angus, skald respecté par les siens, chef de guerre reconnu par les combattants de Midgard, se roula par terre en observant la scène, tordu de rire… Evidemment, quand Doywan vit le skald dans cette posture, il éclata de rire lui aussi et manqua tomber de sa chaise, bientôt suivi du reste du groupe.
Aleiwena resta sur le seuil de la pièce, souriant doucement. Elle appréciait ses nouveaux amis, sa guilde, bien qu’elle ne se sente pas d’humeur à prendre par à leurs… moments de détente.
Soudain, un léger courant d’air la fit frissonner et elle ressentit un contact très léger dans le dos, si bien qu’elle se retourna, intriguée. Devant elle, le couloir du Faste était vide, mais elle crut discerner une ombre, un mouvement, quelques mètres plus loin. Le murmure des morts se fit plus intense dans son esprit alors qu’elle s’approchait lentement, il y avait quelqu’un, quelque chose, devant elle.
_CopineAleiwena ?
Derrière elle, Lews avait quitté Bimde, ne la voyant plus, et se tenait à l’entrée de la pièce. Tout d’un coup, il se figea, tous ses sens en alerte, quelque chose n’allait pas.
L’odeur du sang.
Aleiwena et Lews le sentirent en même temps. Sur le sol, de petites taches de sang allaient vers le bout du couloir. La valkyn montra les crocs et avança prudemment. Derrière elle, Lews avait disparu, mais elle savait qu’il n’était pas loin, prêt à frapper.
Tout se passa très vite.
Devant elle, Lews apparut quand il passa à l’attaque, un éclair de lumière jaillit quand son arme en rencontra une autre, et il poussa un cri de douleur quand un coup de pied le cueillit au ventre, le projetant contre le mur. Il se retrouva sonné, avec la lame d’une hache sous la gorge, et ses yeux s’agrandirent quand il reconnut le visage de l’adversaire qui l’avait si facilement battu.
_Lews, tu ne reconnais donc pas une vieille amie ?
Blessée, épuisée au delà des mots mais toujours aussi dangereuse, Zytha sourit faiblement au kobold stupéfait.

Nosroth sut qu’il allait passer des moments difficiles quand il vit le Gothi Alen arriver accompagné de deux autres vikings portant ce qui ne pouvait être que des instruments de torture.
Alen n’avait de viking que le visage, avec une mâchoire solide, des yeux clairs, une barbe fournie, des sourcils épais et de long cheveux blonds cachés par sa grande pèlerine. Le reste de son corps ne suivait pourtant pas l’archétype du viking bien bâti. Sa taille plus grande que la moyenne était accentuée par son extrême maigreur à peine occultée par sa grande robe de Gothi.
Alen regarda longuement Nosroth avec un petit sourire en coin avant de prendre la parole :
_Nosroth Delving, l’homme revenu d’entre les morts pour nous causer tant de soucis…
L’Assassin soutint son regard sans broncher et attendit la suite. Voyant qu’il n’allait pas engager facilement la conversation, le Gothi continua :
_Bien, manifestement, tu es au courant de notre petite affaire, bien que je reste persuadé que tu en ignores autant que ce que tu as pu apprendre. Sinon tu ne serais pas revenu te jeter dans la gueule du loup ici même. Seulement vois-tu, certains de mes amis sont devenus nerveux par ta faute, et je me vois donc dans l’obligation de leur assurer que tu n’en sais pas plus que prévu, et surtout que tu n’as pas communiquer l’information autour de toi.
Alen se tourna vers les deux vikings :
_Attachez le.
Les deux gardes saisirent Nosroth et le suspendirent à un crochet au plafond. L’Assassin ayant été dépouillé de son armure, Alen put se rendre compte du nombre de cicatrices recouvrant son torse, son dos, ses bras, et comprit que cet homme serait difficile à briser :
_Très bien, nous allons commencer, tu as le choix, tu peux souffrir ou parler. Que sais-tu exactement et à qui en as-tu parlé ?
Derrière le Gothi, les gardes avaient fini de préparer leur matériel et allèrent allumer une petite forge au fond de la pièce. Une fois celle-ci allumée, ils posèrent une lame au milieu des braises, et cela sous le regard de l’Assassin qui avait compris que oui, il allait vraiment passer un moment difficile…
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Dans l’ensemble, Proctor avait passé une bonne journée. La chasse avait été bonne, tant dans les Portes d’Odin que sur le Mur d’Hadrien. Le plaisir de la chasse ne s’était pas éteint malgré les années, si bien que c’est avec un petit sourire suffisant et cruel que le lurikeen quitta la stèle de Druim Ligen, après que Glasny l’ait ramené sain et sauf en Hibernia, comme tous les jours depuis bien longtemps. L’heure se faisait tardive, le lurikeen ranger avait passé plus de temps que d’habitude à chasser sur Hadrien, les troupes Albionaises ayant l’air passablement excitées ces derniers temps. Proctor aurait d’ailleurs pu jurer qu’ils cherchaient quelque chose, ou plutôt quelqu’un… Une chose était sûre, ils lui avaient fournis les cibles qu’il attendait et appréciait tant, et c’était cela qui lui importait finalement le plus.
Il ne fut pas surpris de ne voir aucun de ses compatriotes dans le fort. Ceux qui ne faisaient pas leurs rondes de nuit en groupe devaient dormir paisiblement chez eux, et il allait d’ailleurs faire de même dès son retour chez lui.
Le lurikeen était loin de se douter que son retour chez lui allait justement être retardé.
Depuis les remparts de Druim Ligen, dissimulé dans l’obscurité des boiseries, une Ombre le regarda quitter la pierre, satisfait.
Il n’y aurait pas de témoin.

Nosroth hurla quand le fer chauffé à blanc fit grésiller la chair de son dos. Une fumée âcre s’éleva, mélangée à une odeur de chair brûlée alors que l’Assassin, les yeux brillant de haine, tentait en vain de sublimer la douleur, de l’oublier.
Cela faisait plus de deux heures qu’il endurait pareille souffrance et il sentait ses forces l’abandonner doucement, consumées par la douleur, mais sa rage le maintenait en vie, cette rage sourde qui l’avait toujours animé durant toutes ces années. Il toisa le Gothi Alen entre deux spasmes, prenant la parole pour la première fois depuis le début de l’interrogatoire, et ce furent les mots de Deusirae, son amie de l’Ordre de Loki qui sortirent de sa bouche :
_Alen… Comment as-tu pu imaginer nous contrôler sachant d’où nous venions ?
Le Gothi leva un sourcil :
_Si tu veux parler de l’Ordre de Loki, il est vrai que vous deveniez gênant, vous vous étiez trop approché de nous il y a quelques années, et nous avons du y remédier. Malheureusement, votre réputation vous a sauvé, nous n’avons pas osé vous tuer tous, chose que je regrette à présent…
Malgré la douleur, Nosroth sourit, et Alen comprit en cet instant qu’il n’avait jamais rencontré d’hommes comme cet Assassin. Il n’avait jamais compris ce que signifiait vraiment cette classe, ces hommes et ces femmes étaient à part, et l’espace d’un moment, le Gothi Alen connut le doute et la panique : de quoi cet Assassin était-il capable ? Qu’avait-il fait avant de revenir ?
_Très bien Nosroth, maintenant tu vas parler, ou crois-moi, tu connaîtras les affres de l’agonie la plus noire !
L’Assassin le regarda droit dans les yeux, et Alen lut sa propre mort dans ce regard noire, implacable, avant que Nosroth ne lui réponde, le sourire mauvais :
_Tu as raison de t’inquiéter, tu n’aurais pas dû nous trahir Alen !
Fou de rage, le Gothi s’empara de la barre de fer et la plaça sur le torse de l’Assassin qui hurla de nouveau alors que le métal chauffé à blanc carbonisait sa chair, et il hurla encore quand Alen fit glisser la barre le long de son ventre en hurlant :
_Parles !
Le regard vitreux, Nosroth venait de perdre connaissance. C’était la troisième fois depuis le début, si bien que le Gothi ordonna aux deux viking de le ranimer encore, ce qu’ils s’employèrent à faire. Mais rapidement, Alen se rendit compte que quelque chose n’allait pas :
_Eh bien ? Qu’attendez-vous ? Ranimez le ! Je n’en ai pas encore fini avec lui !
Au bout de quelques instants, le viking guérisseur se tourna vers lui, l’air sombre :
_Gothi, son cœur s’est arrêté de battre, il est mort…
La tête de l’Assassin pendait mollement entre ses épaules, toute tension disparue dans le corps sans vie. Alen n’avait pas le choix :
_Vous savez aussi bien que moi ce qu’il en est alors ! Ramenez-le à la vie !
Le viking disciple de Eir s’exécuta, invoquant le Retour du Valhala. Le corps de l’Assassin fut tout d’un coup entouré d’une lumière vive, et, rejetant brutalement la tête en arrière, il hurla l’agonie de son retour à la vie.
Alen était satisfait :
_Tu vois, même la mort ne te libéreras pas !
Nosroth le regarda avec des yeux encore aveugles, syndrome de la résurrection
Derrière Alen, un garde ouvrit la porte du cachot, l’air hagard. Les deux viking se postèrent devant lui, les armes à la main :
_Que se passe t il ?
Le garde les regarda avec des yeux vides, puis s’écroula, 4 dagues plantées dans le dos. Alen comprit, trop tard, et allait crier ses ordres quand il fut éclabousser d’une gerbe de sang et qu’à sa droite, le viking guérisseur tomba comme une masse, la gorge tranchée. Mais à peine son corps avait-il touché le sol que l’autre viking émit un gargouillis inarticulé, deux haches en arcanium l’ayant quasiment décapité. Tout était allé si vite, et ce fut seulement à ce moment qu’Alen reconnu l’intrus. Derrière lui, Nosroth sourit faiblement alors qu’il reconnaissait la voix de l’Assassin :
_Gothi Alen, vous avez quelques explications à me fournir, dit Oftorn.
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Doywan n’avait pas mis longtemps à cuver sa bière, et c’est le visage sombre et animé d’une sourde colère qu’il écouta le récit de Zytha, avec Lews et Aleiwena à ses côtés. Il apprit comment, trois mois après les événements de Dun Dagda, Zytha était tombée dans un piège et avait été capturée. A cette époque, elle avait été loin de se douter que son propre royaume pouvait conspirer contre ses guerriers, si bien que quand le Gothi Alen l’avait fait demander, elle était allée se fourrer dans la gueule du loup.
La suite avait été une série d’interrogatoires, sur l’ex Ordre de Loki, sur la Garde Noire, mais surtout sur Nosroth, qui était avec elle à Dun Dagda. Oh ils l’avaient torturé pendant longtemps, mais voyant qu’ils n’arriveraient pas à tirer quoi que ce soit d’elle, ils l’avaient enfermée dans un cachot de Caer Hurbury, sûrement en tant que monnaie d’échange.
Doywan ne put s’empêcher de secouer la tête, accablé par l’énormité des implications de ce récit. Comment ? Une conspiration unissant les plus grandes instances des trois royaumes ?
Mais qui pouvait bien être à l’origine de cela ? Zytha secoua la tête, elle n’en savait rien.
Mais elle comptait bien le découvrir.
Le Thane se leva solennellement et parla d’une voix forte :
_Zytha, si ce que tu me dis est vrai, alors nous avons tous été trahis depuis bien longtemps, beaucoup de nos guerriers sont morts en vain dans des attaques prévues par nos ennemis ! Par Thor, je jure que je connaîtrai le fin mot de l’histoire !
Depuis la salle principale de Bledmeer Faste retentit la voix incertaine d’Angus :
_Pas si fort ! Y’en a qui ont mal au crâne !

Après avoir détaché Nosroth et placé le Gothi Alen à sa place, Oftorn alla fermer la porte du cachot. Le Gothi, voyant le regard des deux assassins, comprit qu’il allait souffrir grandement à moins de leur dire ce qu’ils voulaient entendre. Son plus gros problème était qu’il ne pouvait pas lui répondre. Il avait appris cinq heures auparavant l’évasion de la femme Assassin, ainsi que de l’elfe Ombre…
Oftorn avait trouvé l’armure de son ami et il s’occupa d’Alen pendant qu’il s’habillait :
_J’attend des explications, Gothi.
_Je n’ai pas à te donner d’explication, Assassin ! Juste des ordres ! Tu viens de trahir Midgard !
Oftorn regarda Nosroth qui sourit :
_Alen, la comédie a assez duré, c’est à ton tour de parler, mais dis moi, arriveras-tu à soutenir la douleur comme je l’ai fait ?
Alen le regarda droit dans les yeux :
_Mais es-tu prêt à entendre ce que j’ai à te dire ? Mon pauvre ami, tu ne sais toujours pas dans quoi tu t’es engagé !
_Eh bien je ne doute pas une seconde que tu vas me l’apprendre. Où est Zytha ?
Tout en posant sa question, Nosroth avait approché le fer chauffé à blanc du visage du Gothi qui commença à transpirer à grosse goutte :
_Si…si tu me tues, tu ne sauras jamais où elle se trouve !
Avec un sourire inhumain, Nosroth lui murmura à l’oreille :
_Mais qui a dit que j’allais te tuer ?
Et se faisant, il plaça le fer incandescent au niveau des yeux d’Alen qui hurla sa souffrance alors que sa vue le quitta à jamais.
Quand ses cris s’atténuèrent et devinrent des sanglots étouffés, Nosroth reposa sa question :
_Où est Zytha, Alen ?
_Je…je ne sais pas ! Elle était détenue à Caer Hurbury comme monnaie d’échange contre toi, mais elle s’est échappée !
_Contre moi ?
_Tout le monde n’était pas convaincu de ta mort, moi le premier…
Nosroth poussa un soupire de soulagement, Zytha était vivante. Il pouvait passer à autre chose :
_Bien, je te crois Alen, tu n’as rien à y gagner en me mentant. Maintenant, tu vas me dire en quoi consiste votre organisation, jusqu’où cela remonte, tu vas tout me dire.
Se sachant perdu, le Gothi Alen ricana :
_Je ne vois pas pourquoi je te rendrais la chose plus facile Assassin !
A ce moment, les deux Assassins entendirent des bruits de pas derrière la porte du cachot, puis des voix. On cherchait le Gothi Alen. Bientôt, des coups retentirent à la porte, les Jarls avaient donné l’alerte.
_J’ai du assommer deux gardes pour passer, ils les ont trouvé, dit Oftorn.
Nosroth regarda le Gothi Alen :
_Nous nous retrouverons, Alen.
Le Gothi éclata d’un rire quasi dément :
_Tu n’auras pas toujours cette chance mon ami, crois moi ! Et quand tu sauras, tu prieras pour être resté en dehors de tout cela ! Maudit sois-tu, toi et tous les furtifs ! Vous êtes tellement incontrôlables !
_Je me ferai une joie de te décevoir encore plus, Alen.
Oftorn lui montra une porte, à l’arrière du cachot, et ils s’y dirigèrent, laissant le Gothi qui continuait à rire, mais alors qu’ils passaient la porte, la dernière phrase d’Alen glaça le sang de l’ex Assassin de Loki :
_Nosroth ! Tu as toutes les raisons de nous haïr ! Tu as toujours été une plaie pour nous, depuis le départ ! Quand tu mourras, passe le bonjour de ma part à Zekintha !

Les rues de Jordheim connaissaient une animation inhabituelle, des Jarls et gardes nains patrouillaient, les portes donnant sur Vasudheim et Mularn étaient momentanément bloquée. Déjà des rumeurs courraient, des Assassins ayant joué un rôle dans le meurtre des Gothis, quelque jours auparavant, seraient pris au piège dans la capitale ! Mais comment capturer ce que l’on ne peut voir ?
Invisibles, les deux Assassins observaient les allers et venues des Jarls depuis l’ombre du temple des Jotuns. Mais Oftorn se faisait de plus en plus de soucis pour son ami dont les blessures dues à la torture allaient mettre du temps à guérir. Mais plus encore, il n’aimait pas du tout le regard vide que Nosroth portait sur toute chose depuis la dernière phrase du Gothi Alen, si bien que, n’y tenant plus, il demanda :
_Nos, qu’est-ce qu’Alen a voulu dire ? Qui est Zekintha ?
Nosroth le regarda alors, et il vit des larmes couler le long de ses joues :
_Avant de rentrer dans l’Ordre de Loki… j’étais marié, Zekintha était ma femme.
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Toglog en salivait presque. Voir ce lurikeen de malheur se dandiner tranquillement jusqu’au palefrenier, inconscient du danger, le faisait jubiler. Prenant toutes les précautions pour ne pas se faire repérer, Toglog suivit le ranger jusqu’à la sortie de Druim Ligen, et c’est quand celui-ci allait s’approcher du palefrenier celte que l’elfe Ombre passa à l’action.
Proctor se figea quand la lame glacée glissa sur sa gorge et qu’il entendit ses quelques mots susurrés avec cynisme et malice :
_Proctor mon ami, comme je suis heureux de te revoir ! Nous avons plein de choses à nous dire…
Le lurikeen commença à suer, croyant à peine ce qui lui arrivait :
_Toglog ?
_Qui d’autre ? Oh, je ne suis pas aussi mort ou disparu que ça, malheureusement pour toi… Maintenant tu vas venir avec moi.
Ils marchèrent pendant trente bonne minutes, et quand ils atteignirent un endroit suffisamment reculé, Toglog désarma le ranger avant de l’attacher à un arbre. Quand il eut fini, l’elfe parut satisfait, et la l’interrogatoire commença :
_Mon cher Proctor, racontes moi tout, je t’écoute.
_Beh moi je sais rien du tout Toglog ! Rien du tout rien du tout !
L’Ombre sourit, mais ce sourire n’avait rien de chaleureux :
_Au fait, j’avais presque oublié dis donc, je te dois un petit quelque chose depuis notre dernière rencontre, tu dois t’en souvenir non ?
Et, à peine sa phrase achevée, Toglog enfonça son poignard dans l’épaule du lurikeen qui couina de douleur. Tout d’un coup, le lurikeen devint plus enclin à parler :
_Tout ce que je sais, c’est que c’est une histoire de reliques ! Et c’est tout bonus pour Hibernia !
_Qui est impliqué ?
_Plusieurs généraux, et des conseillés de Dame Brigitte, aie aie aie !
_Brigitte n’est pas au courant ?
_Mais t’es bête ou quoi l’elfe ? Bien sûr qu’elle est pas au courant ! Tu crois qu’elle accepterait de marchander avec l’ennemi ? Pfff, elle est trop brave et trop fière pour ça !
_Ce qui n’est pas ton cas. Je vois. Donne moi les noms des généraux impliqués maintenant.
C’est à ce moment que le lurikeen se mit à ricaner malgré la douleur, et Toglog comprit pourquoi quand il sentit la présence d’autres Ombres derrière lui. Ils les avaient suivi depuis Druim Ligen sans qu’il s’en rende compte.
Il s’était fait avoir. En tout cas c’est qu’il avait voulu faire croire au ranger.
_Hin hin hin, crétin d’elfe, t’es bon pour retourner dans un trou hin hin hin !
Toglog lâcha ses armes en maugréant, mais il créa la surprise en parlant à voix haute :
_Tu as entendu ça Daarkyel ?
Et une voix surgit de l’obscurité des arbres :
_J’ai entendu. Ainsi tu ne nous avais pas menti.
Et le groupe de Daarkyel sortit de la pénombre, alors que les furtifs se mettaient en garde, prêt à attaquer.
L’elfe les regarda, terrible :
_Vous n’allez tout de même pas oser tenter de porter la main sur nous n’est-ce pas ? Vous n’êtes pas suicidaires à ce point ?
Les Ombres se regardèrent l’espace d’un instant, puis disparurent, laissant Proctor seul, attaché à son arbre. Toglog constata avec satisfaction que le lurikeen ne faisait plus du tout le malin :
_Très bien, où en étions nous ? Ah oui ! Qui d’autre est impliqué dans cette histoire ?
_J’ai pas tous les détails, mais la dernière consigne était de trouver un Assassin de Midgard et de le capturer mort ou vif à tout prix !
Tout d’un coup, une intuition germa en l’elfe, il avait vu Zytha sur Albion, il savait avec qui elle avait l’habitude d’opérer. Néanmoins, il voulait l’entendre de la bouche de Proctor :
_Son nom !
Le lurikeen grommela, puis répondit :
_Son nom est Nosroth Delving !

L’étau se resserrait sur eux, les gardes avaient reçu pour ordre de ne laisser passer personne, des Assassins pouvant profiter de n’importe quel passage pour se faufiler, invisibles, et Alen n’allait pas prendre ce risque. De plus, Nosroth souffrait toujours grandement, là où le fer chauffé à blanc l’avait cruellement marqué.
Ils allaient devoir passer la nuit à Jordheim.
Soudain Oftorn eut une idée. Il y avait au moins une personne dans Jordheim qui accepterait d’aider des Assassins, et cette personne était un nain forgeron du nom de Morliin !
Ils se dirigèrent donc vers la forge du nain qui ne fut guère surpris quand ils apparurent dans son dos :
_Eh bien, je m’étonne qu’il vous ait fallu si longtemps pour venir me voir !
_Morliin, cela fait bien longtemps, depuis nos aventures avec vous, heureux de voir que nous pouvons compter sur vous.
_Bien entendu, après ce que nous avons vécu, je sais que vous êtes dignes de confiance, malgré tout ce qui se dit sur votre classe. De quoi avez vous besoin ? Tout de même pas d’une nouvelle armure épique ?
_Refuge pour la nuit, et un moyen de sortir d’ici, en priorité.
_Alen veut votre peau n’est-ce pas ?
Les deux Assassins se regardèrent, interloqués :
_Morliin, comment savez vous cela ?
Le vieux nain haussa les épaules et partit d’un rire gras :
_Vous avez donc oublié que je suis nain qui se tient au courant de ce qui se passe autour de lui ? Bien sûr, je sais pourquoi Nosroth a tué ces Gothis, tout comme j’ai appris une partie de l’histoire ! Nosroth ! Laisse moi te dire une chose : retourne à Dun Dagda, la bas tu trouveras les réponses à tes dernières questions, j’en suis persuadé !
Nosroth réfléchit quelques secondes :
_C’est Hibernia qui se trouve derrière tout cela n’est-ce pas ?
_Pas tout à fait, mais il se trouve qu’Hibernia est le royaume qui profite le plus de ce bazar. Il suffit de voir ce qui se passe : depuis ton exploit il y a plusieurs années, les trois reliques mana sont revenues à Dagda et n’ont plus jamais bougé !
_Morliin, savez vous qui tire les ficelles ?
_Non, mais je sais qu’Alen n’est pas cet homme. Toutefois, j’ai entendu parler d’un certain Arloch, mais je ne sais pas qui c’est. Au fait, comment va Zytha ? Elle qui venait souvent me voir, cela fait bien longtemps que je n’ai plus de nouvelles.
Le regard de Nosroth se mit à briller :
_Ils l’ont prise, mais je viens d’apprendre qu’elle leur a échappé, bientôt nous serons de nouveau ensemble, bientôt.
Le nain sourit chaudement :
_Dans ce cas, mon ami Nosroth, je ne vois pas ce qui pourrait vous arrêter !
Dehors, des bruits de pas se firent entendre alors que les Jarls fouillaient l’auberge jouxtant la forge de Morliin. Ils cherchaient les deux Assassins dans les moindres recoins.
Voyant ceci, Morliin se retourna vers eux :
_Je suis désolé, mais je n’ai pas les moyens de vous cacher, vous devez sortir de la ville, trouvez un moyen et vite !
Nosroth et Oftorn se levèrent et embrassèrent leur vieil ami :
_Morliin, nous étions venu vers vous pour un moment de calme, nous en repartons avec une mine d’information, merci pour tout, que Loki vous garde !
Le vieux nain renifla bruyamment :
_Bah ! Un dieu bien terrifiant que le votre mes amis ! Maintenant allez vous en, restez en vie !
Sur quoi les deux Assassins disparurent dans la nuit de Jordheim.

Revenus devant la porte Nord, Oftorn reconnu cette lueur dans les yeux de son ami :
_Un plan peut-être ?
Le sourire qu’il reçut en réponse était froid, calculateur. C’était celui d’un Assassin prêt à passer à l’action :
_Suis moi Oftorn.
Silencieux comme la nuit elle-même, les deux Assassins s’élancèrent vers la porte Nord.
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Aleiwena rêva de Dun Dagda. Elle n’était encore jamais allée aussi loin dans les territoires Hiberniens, et pourtant elle savait que le sinistre reliquaire de ce rêve ne pouvait être que celui abritant les puissantes reliques mana.
L’immense bâtiment baignait dans une tempête terrifiante, des torrents de pluie se déversaient depuis un ciel d’un noir d’encre zébré à intervalles irréguliers par des éclairs gigantesques. Des vents d’une vélocité incroyable faisaient plier les grands arbres du Mont Collory, en arrachant certains. Le sol, gorgé d’eau, ne ressemblait plus qu’à un torrent de boue dans lequel se débattaient des…des hommes ?
Des hommes se battaient au beau milieu du déluge ! Des hommes… et des morts ! Elle pouvait sentir leur odeur de corps décomposé, odeur qui lui était tellement familière.
Reportant son attention sur le reliquaire, la valkyn vit deux silhouettes sur les remparts. Le déluge masquait les détails, mais elle sentit qu’ils étaient ennemis, elle pouvait ressentir leur haine.
Jamais Aleiwena n’avait connu pareille haine entre deux êtres humains.
Mais quand, l’espace de quelques secondes, la tempête se calma un peu, elle reconnut l’un des deux adversaires et, dans son sommeil, la valkyn commença à pleurer doucement.
Soudain, un bruit déchirant emplit le reliquaire ainsi que toute la vallée alors que les murs de Dagda…
Aleiwena poussa un petit cri en se réveillant, trempée de sueur. Abasourdis eux aussi par ce rêve, les morts gardaient un silence lourd de signification, laissant la Prêtresse de Bogdar seule avec ce qu’elle avait vu, et ce dont elle ne se souvenait que trop bien ! Cela ne pouvait être qu’un rêve, elle en était certaine.
Elle se leva, encore tremblante, cherchant Lews et Zytha du regard, avant de se souvenir qu’ils étaient partis pour Vindsaul Faste, lieu de rendez vous que leur avait donné Silace.
Voyant que les autres membres de la Garde Noire dormaient encore, certains ronflant bruyamment, elle décida de rester sur sa paillasse, sachant qu’elle ne pourrait retrouver le sommeil après ce qu’elle avait vu.
Elle devait se rendre à Dun Dagda, car c’était Nosroth qu’elle avait reconnu sur le rempart avant la tragédie qui avait mis fin à son rêve.

Les deux derniers Jarls s’effondrèrent en même temps alors que Nosroth et Oftorn s’élançaient en courant hors de Jordheim, en direction du pont menant à Vasudheim. Tout en courant, Oftorn ne put s’empêcher de lancer une remarque :
_Quand tu m’as dit que tu avais un plan, je ne pensais pas que cela signifiait se débarrasser de tous les gardes de la porte après avoir mis le feu à deux maisons de la ville ! Tu m’as eu habitué à plus de finesse par le passé !
Nosroth ne cilla pas :
_Je regrette mes actes, mais cette affaire vient de devenir beaucoup trop personnelle pour que quiconque m’arrête. Celui qui se dressera sur mon chemin mourra sur le champs, ainsi soit-il !
Trouver des chevaux à Vasudheim ne fut pas difficile, le palefrenier ayant été particulièrement réceptif aux dagues glacées sous sa gorge, et, quelques heures plus tard, Vindsaul Faste se dessina au milieu de la végétation luxuriante du Svealand Occidental.
L’architecture du fort était la même que celle de Svasud Faste, les deux bâtiments ayant la même fonction primordiale : assurer la sécurité du royaume contre une invasion ennemie. En cela, Vindsaul était une véritable forteresse.
Les deux assassins s’engouffrèrent dans le fort, invisibles, quand des gardes en sortirent. Mieux valait ne prendre aucun risque.
Dans les hauteurs du fort, méconnue de beaucoup, se trouvait une pièce cachée sous le toit, et c’est dans cette pièce que les deux Assassins se rendirent. Arrivés devant un mur au bout du chemin de garde, ils s’arrêtèrent et attendirent. Soudain, la voix de Silace leur parvint :
_Nos, tu es en retard, tout le monde est là.
_Ne perdons donc pas de temps, laisse nous rentrer, Oftorn est avec moi.
Alors la porte habilement dissimulée dans le mur s’ouvrit sur une salle lugubre, éclairée par seulement quatre torches maladives, et au milieu de cette salle, une dizaine de silhouettes noires de toutes tailles, immobiles. Quand il eut refermé la porte, Silace regarda l’assemblée et déclara :
_Eh bien mes amis, il semblerait que nous soyons réellement au complet maintenant.
Et sous les yeux émerveillés d’Oftorn, les Assassins rabattirent leurs pèlerines, dévoilant leur visage. Et quand il jeta un œil dans la direction de Nosroth, il vit que l’ex Loki avait du mal à contenir son émotion.
Mcelroy, Deusirae, Theorl, Souleater, Nelli, Molagh, Bostik, autant de visages graves et fiers que Nosroth n’avait pas revu depuis bien longtemps et autant de souvenirs toujours vivaces accompagnant chacun de ces visages.
Mais il reçut le coup de grâce quand il vit Lews approcher, et derrière lui, rejetant elle aussi sa pèlerine, dévoilant son visage magnifique et sombre, celle qu’il avait tant cherché, Zytha.
Ils se regardèrent tous deux l’espace de plusieurs secondes, puis tombèrent dans les bras l’un de l’autre, dans une étreinte peut-être plus que fraternelle.
Pas besoin de mots, ils se connaissaient depuis trop longtemps, avaient vécu trop de choses tous les deux pour encore avoir besoin de parler, tout se disait dans leur regard.
Finalement, ils se séparèrent et quand Nosroth regarda de nouveau ses amis, il reçut la confirmation de ce qu’il s’était juré.
Maintenant qu’ils étaient de nouveau ensemble, rien ne pourrait les arrêter.
Avec un sourire aux lèvres, Mcelroy proclama d’une voix forte :
_ACeJour, NousCaDire : L’OrdreDeLokiVientDeRenaître !

________
(/HRP : Spéciale dédicace à Mcelroy, l’un des piliers de l’Ordre de Loki, qui arrête le jeu et, de ce fait, laisse un vide dans le cœur de tous ceux qui l’ont connu. Vaya con dios mon ami, tu nous manqueras à tous.)
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Daarkyel regarda Toglog se préparer. Méticuleusement, l’Ombre préparait ses armes, affûtées à la perfection, ses poisons, ses objets magiques. Avec un soin maniaque, il les rangeait dans son sac, sachant que sa survie allait autant dépendre de son équipement que de son talent.
Appuyée doucement contre l’épaule de l’elfe Eldricht, Uhma demanda d’une voix douce :
_Toglog, es-tu sur de toi ? Tu vas risquer ta vie pour un ennemi qui nous a fait tant de mal par le passé, j’avoue avoir du mal à saisir ce concept. Vous autres furtifs n’avez pas l’air d’évoluer dans le même monde que nous…
l’Ombre la regarda en souriant chaleureusement :
_Tu as tout à fait raison ma chère Uhma, et je vais te dire pourquoi j’aiderai Nos. D’abord, parce qu’il est un ennemi respectable, acharné, et j’avoue bien aimer cette lueur de folie contrôlée dans ses yeux. Ensuite, l’aider me permettra de mettre la main sur d’autres conspirateurs, pour pouvoir présenter des preuves concrètes à Dame Brigitte le moment venu.
_Toglog, tu te rends compte que nous ne pourrons pas t’aider, que tu seras seul sur ce coup ?
_Tu viens de me donner l’histoire de ma vie Uhma, l’histoire de ma vie…
Il était prêt.
_Merci encore pour votre aide, maintenant je pars seul.
_Tu sais où l’Assassin va se rendre ?
_Là où tout a commencé j’imagine, à Dun Dagda… Là où tout finira…
Sur quoi Toglog s’éloigna en direction de la vallée de Bri Leith, laissant Daarkyel et Uhma perdus dans leurs pensées.
Rejoindre Druim Cain lui prit plusieurs heures de cheval, mais, pris d’une intuition soudaine, Toglog sauta de cheval bien avant sa destination. Finissant le chemin à pieds, il eut la triste confirmation de ses craintes alors que des patrouilles supplémentaires évoluaient dans un style de… battue ? Ils ne faisaient pas de rondes, ils cherchaient quelqu’un ! Manifestement, il avait été précédé, et il en fut certain quand il reconnut la voix d’un des généraux qu’il avait vu l’autre jour dans la pièce du temple :
_Trouvez moi cet elfe de malheur ! Dame Brigitte ne saurait le voir en vie !
« Espèce de chien de Celte, si Brigitte savait à quoi tu joues, tu serais celui qu’elle ferait pendre ! »
Invisible, Toglog attendit le moment opportun pour passer, et il eut la satisfaction de savoir que, cette fois-ci, Proctor ne serait pas là pour lui coller une flèche.

Le soleil allait bientôt se lever sur Jordheim. Quelques nappes de brouillard s’attardaient encore dans les rues de la capitale endormie alors que les premiers rayons du soleil commençaient à se répandre timidement entre les pics montagneux et les remparts.
Dans le Temple de Hel, un homme ne connaissait plus que souffrance et haine alors que ses yeux continuaient à le torturer, et ce malgré les soins des meilleurs guérisseurs de Midgard.
Le Gothi Alen ne pensait plus qu’à une seule chose : retrouver ces Assassins et les tuer tous.
Arloch était venu le voir quelques heures auparavant pour le questionner et Alen se souvenait encore de ses dernières paroles :
_Je m’en vais rejoindre les autres à Dagda. Qu’il vienne ! Je l’ai déjà arrêté il y a quinze ans, je le tuerai cette fois-ci.
Alen fut soudain interrompu dans ses pensées quand il entendit un ricanement de kobold quelque part sur sa droite. Immédiatement terrifié, il appela ses gardes, mais n’obtint aucune réponse, sauf un autre ricanement venant cette fois-ci de sa gauche. Alors le Gothi céda pour de bon à la panique :
_Qui êtes vous ? Qui est là ?
Ce fut un murmure qui lui répondit, si prêt qu’il en bondit sur sa chaise :
_Nous sommes les fantômes vengeurs du passé, Alen, nous sommes ceux que toi et les tiens avez trahis. Le passé nous rattrape tous Alen, tu ne fais point exception. Qui je suis ? Je me nomme Silace, et j’ai amené avec moi l’Ordre de Loki, à qui tu as des comptes à rendre.
La terreur qui se lit alors sur le visage aveugle d’Alen dépassa l’imaginable et, se sachant seul face à ces êtres qui ne pouvaient appartenir à la race humaine de par leur froideur, les nerfs du Gothi finirent par lâcher et c’est en criant qu’il se livra finalement:
_Que veux-tu savoir monstre ? Je te dirai ce que tu veux savoir mais ne revenez jamais après !
_Où se trouvent les têtes pensantes de cette conspiration Alen ? Comment y mettre fin une bonne fois pour toute ?
_Les responsables sont au reliquaire de Dagda ! Allez-y et courrez à votre mort ! Mettre fin à quoi Assassin ? Moi même, je ne suis pas sûr de savoir exactement dans quoi je trempe ! Tant que nous gagnions de l’argent sur le dos de nos chers soldats, je m’en moquais bien !
La voix de Silace se fit encore plus lugubre :
_Une dernière question Alen, est-il vrai que tu as une responsabilité dans la mort de la femme de Nosroth ?
_Non ! Tu me tueras si je te réponds !
_Je vais te tuer de toute façon Alen. Libre à toi de partir dignement, proprement, ou dans des souffrances telles que même les dieux auront pitié de toi.
_Il…il s’était trop approché de nous, il y a quinze ans, nous n’étions pas encore au pouvoir, loin de là même ! Nous avons du prendre des mesures, mais nos informateurs se sont trompés ! Ils auraient du être deux dans cette maison, et elle était seule ! Tout aurait pu finir il y a quinze ans…
_Au lieu de cela, tout a commencé Alen… Tout a commencé ce soir là. Vois-tu, Zekintha était mon amie, et c’est en pensant à elle que je vais débarrasser ce monde d’une pourriture comme toi. Souviens-toi, dans l’autre monde, Alen, que les victimes sont réelles.
Et la mort prit la forme d’un poignard enfoncé avec précision dans la nuque, tranchant la moelle épinière du Gothi, le tuant instantanément.
Avec dégoût, Silace regarda son corps glisser lentement le long de la chaise en pensant que cette mort avait été bien trop noble…
Derrière lui, les Assassins de l’Ordre de Loki, disposés en cercle autour de lui et du cadavre d’Alen le regardèrent gravement en silence, jusqu’à ce que Mcelroy ne donne l’ordre qu’ils attendaient tous :
_NousCaTousAllerRejoindreNosrothATerrierDagda !
Sans un bruit, les Assassins disparurent en même temps et le Temple de Hel retrouva son calme et son silence de mort.
Quand le corps du Gothi Alen toucha le sol, la manche de sa tunique fut retroussée par le frottement contre le bois de la chaise, mais aucun des Assassins présents ne fut témoin de cette ultime vérité.
N’importe quel Midgardien aurait pu reconnaître le symbole de ce clan tant haï, symbole qui était tatoué sur le bras d’Alen…

Nosroth avait insisté pour partir seul. Il avait besoin du trajet jusqu’à Dun Dagda pour réfléchir, raviver sa haine, sublimer sa grande fatigue, sa douleur et sa peine. Il avait besoin de rester lui-même encore quelques temps, froid. Et après, quand tout serait finit, il pourrait enfin trouver la paix. A peine croyable que cette histoire l’ait emmené si loin dans le futur, mais aussi dans son passé le plus profond et le plus secret. Alors qu’il passait loin de la zone du moulin et de ses combats incessants dans Emain Macha, Nosroth repensa à Zekintha, sa femme aimée.
Femme qui lui avait été enlevée et qu’il allait venger, ce soir.
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Toute histoire possède un début et une fin.
Et alors que Nosroth Delving, Assassin de la Garde Noire de Midgard, Ex-membre d’une mystérieuse ancienne guilde d’Assassins, l’Ordre de Loki, allait au devant de la fin de son histoire, il repensa à ce qui en fut véritablement le début, un début qui datait de plus de quinze ans.
Nosroth venait de se marier avec la fille qu’il aimait depuis l’enfance. Tous deux se connaissaient depuis des années, en tant que voisins, et avaient passé ensemble le temps innocent que l’on a encore avant de partir en guerre.
Nosroth et Zekintha habitaient tous deux Hugginfell, une ville marchande idéalement placée car sur le chemin menant du Nord au Sud du royaume. Issus de familles aisées, les deux enfants n’avaient pas eu à se soucier de grand chose, à part leur relation qui mûrit, au fil des années, en quelque chose qu’ils appelleraient par la suite amour.
La seule ombre à ce tableau était la proximité d’Hugginfell avec le village du clan Blodfellag, clan haï pour sa traîtrise légendaire et ses méfaits passés mais, à part les tournées du vieil Olag et de son chien tant redouté des enfants, les Blodfellag avaient petit à petit sombré dans la légende en ce qui concernait la nouvelle génération.
La vie s’écoula, relativement paisible dans un royaume perpétuellement en guerre, jusqu’au jour tant attendu du mariage des deux jeunes gens qui fut le jour le plus heureux dans la vie de Nosroth.
Leur nuit de noce fut la seule qu’ils allaient passer ensemble en tant que mari et femme, mais ceci, aucun des deux ne le savait encore.
Au matin, un homme vint frapper à la porte de la maison familiale de Zekintha, quémandant audience avec son nouveau mari. Il faisait partie du vieux clan Grenlock et demanda que Nosroth se rende à Jordheim pour accepter une tâche qui lui serait confiée par les anciens du clan. La récompense serait de taille à les faire vivre lui et sa femme pendant des années, si bien qu’il accepta.
Et c’est en quittant Hugginfell ce jour là qu’il vit pour la dernière fois Zekintha en vie.
Le voyage jusqu’à la capitale du royaume se fit sans incident, jusqu’à sa rencontre avec l’Ancien du clan Grenlock.
L’Ancien avait cru comprendre qu’il possédait certaines qualités ? En effet, il s’entraînait à devenir Assassin, comme son père l’avait été avant lui, avant de mourir dans une embuscade quelque part dans la région des Portes d’Odin. C’est ainsi que Nosroth avait reçu son premier engagement, ce qui avait scellé son voyage sur la voie de Loki.
La vermine Blodfellag tentait depuis quelques temps d’infiltrer les corridors du pouvoir de Jordheim, pouvoir détenu par l’Ancien Grenlock, dont le clan maudit avait bâti la capitale bien des années auparavant. Cet état de fait ne pouvait être toléré, si bien que l’Ancien avait dépêché des Assassins pour éliminer les têtes pensantes du clan impie, et Nosroth allait être celui qui ferait tomber la tête du fils de leur chef, Arloch Blodfellag.
Mais ce que l’Ancien ne pouvait pas savoir, c’est que les Blodfellag avaient déjà infiltré Jordheim, usant de toute leur perfidie, achetant leurs espions par l’argent ou le chantage, si bien que Nosroth tomba ni plus ni moins dans un piège.
Rué de coups, quasiment laissé pour mort sur le chemin de l’entrée de Hugginfell, Nosroth arriva juste à temps chez lui pour voir sa maison brûler. Mais ce qui changea à jamais sa vie fut de voir sa femme crucifiée, nue, mutilée, ravagée, au milieu des flemmes. Alors que le futur Assassin se laissait aller dans les abîmes de la folie, l’image du clan Blodfellag se superposa petit à petit à celui de sa Zekintha, et il comprit qu’il n’aurait jamais la paix tant que ces chiens seraient toujours de ce monde.
Nosroth allait prendre sa revanche.
Il retourna au camps muni de torches, bien décider à ne laisser que des cendres derrière lui, mais il se rendit compte que quelqu’un l’avait précédé dans cette tâche. Quand il arriva sur les lieux là où le clan avait élu domicile, il ne vit que flammes et dévastation. On lui avait dérobé sa vengeance, et pendant toutes les années qui suivirent, jamais Nosroth ne put apprendre ce qui c’était réellement passé ce soir.
La seule vérité était qu’il avait perdu celle qu’il aimait par dessus tout dans un conflit qui le dépassait.
Mais ce soir, quinze ans après la mort atroce de Zekintha, il allait pouvoir la venger, car le fameux Arloch dont lui avait parlé le Gothi Alen, celui qu’il allait retrouver à Dun Dagda n’était autre qu’Arloch Blodfellag, celui qu’il aurait du tuer en cette nuit où sa vie avait basculer…

Le vent soufflait avec la rage d’un dieu blessé au milieu d’une tempête sans nom quand l’Assassin arriva en vue du reliquaire Hibernien de Dun Dagda. Le sol argileux et parsemé d’herbe du Mont Collory ne parvenait plus à ingurgiter les torrents de pluie déversés par un ciel d’un noir d’encre, si bien que, petit à petit, la boue commençait à envahir la nature autour du reliquaire, recouvrant le vert par un gris maladif et sombre.
Nosroth se revit, deux années auparavant, quasiment au même endroit, espionner l’armée Albionaise enfoncer les portes du reliquaire sous le feu des Maîtres Eldrichts, il se revit encore une fois se faufiler, invisible, dans la masse des soldats, alors que la dernière porte, celle du donjon, allait tomber. Il se revit courir pour arriver le premier dans la salle des reliques, avec Zytha sur ses talons…
Jamais il ne s’était senti aussi vivant que ce soir la.
La tempête redoubla d’intensité et l’éclair gigantesque qui zébra le ciel ramena l’Assassin au présent. Trempé de la tête aux pieds, il poursuivit sa route jusqu’au mur d’enceinte du reliquaire, suivant le même chemin que la dernière fois, empruntant le même mur pour grimper, jusqu’à ce qu’il se retrouve sur les remparts et qu’il comprenne que quelque chose n’allait pas.
Il n’y avait aucun garde de visible à l’extérieur, ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose : C’était un piège !
L’attaque vint de la droite, quand l’Ombre, d’un geste souple et mortel, alla pour lui trancher la gorge. Nosroth esquiva à la dernière seconde en se jetant à terre et riposta au même instant, enfonçant sa lame dans la jambe du lurikeen qui couina de douleur avant de faire un bon en arrière.
Mais, à travers le rideau de pluie, l’Assassin discerna les mouvements d’autres furtifs convergeant sur sa position et il sut qu’il était dépassé par leur nombre. Il se mit en garde, prêt à en envoyer le maximum dans la mort avec lui. C’est à ce moment, alors qu’il reculait, que son dos rencontra un obstacle solide qui lui murmura à l’oreille :
_Tu es en retard vieux frère, cela fait plusieurs heures que je t’attendais…
Hyado ! Ainsi il était venu aussi ! Mais il n’était pas venu seul, et Nosroth se fendit d’un sourire quand il entendit Zytha prononcer ces quelques mots :
_Comme au bon vieux temps mes amis…
_NousCaD’Accord ! , s’exclama Lews derrière eux.
Les larmes aux yeux, Nosroth lança une dernière phrase avant de se jeter dans la bataille :
_J’ai toujours su que je mourrais seul, mes amis, jamais je ne saurai assez vous remercier.
Sur quoi les Ombres attaquèrent et eurent la surprise de combattre non pas un Assassin, mais quatre. Sept d’entre eux tombèrent avant de se remettre de leur surprise. Les quelques survivants de cette nuit se souviendraient à jamais du combat des Assassins contre ces Ombres sur les remparts du reliquaire. La fluidité des mouvements, leur implacable précision, le bruit sinistre de craquement des os quand les haches trouvèrent leur cible, tout cela et tellement plus encore. Les quatre Assassins qui se battaient, tels des lions, n’avaient pas besoin de mots, ni de regarder ce que l’autre faisait, ils se connaissaient tous depuis trop longtemps pour cela, ensemble, ils étaient invincibles, et les Ombres l’avaient compris alors que leurs rangs diminuaient.
Un long sifflement aigu retentit alors au milieu du vacarme de la tempête, un signal aux gardes du reliquaires qui sortirent des tours, les armes à la main. Rapidement, les gardes prirent position sur les remparts et dans la cours, encerclant les quatre Assassins pris au piège.
Alors seulement une voix s’éleva au milieu de l’orage, une voix que Nosroth n’avait pas entendu en quinze ans. Arloch Blodfellag sortit du donjon du reliquaire, son marteau de Thane à la main, en armure épique noire comme la nuit :
_Nosroth… A quoi penses-tu ? Tu comptes donc prendre Dun Dagda à quatre malheureux furtifs ? Allons…
_Toi…
Toute la haine d’un homme contenue dans un seul mot.
_Nous avons tous deux fait du chemin en quinze ans n’est-ce pas ? Pendant que mon père et moi mettions au point notre petite affaire dans Jordheim, tu devenais cette machine à tuer… Pourquoi tout ce sang versé, hein Nosroth ? Pour oublier Zekintha ? Ahhhhhh, crois moi, je m’en souviens de ta jeune femme ! Je m’en souviens même dans les moindres détails, si tu vois ce que je veux dire ! Après tout, c’est bien pour cela que tu es ici non ? A cause d’elle ? Cela tombe bien vois-tu, car tu vas bientôt la rejoindre !
Arloch partit d’un rire lugubre mais s’arrêta bien vite, Nosroth n’avait pas l’air fou de rage, mais…souriait, tel un fauve ayant finalement acculé sa proie :
_Arloch, si je suis là ce soir, ce n’est pas seulement à propos de Zekintha. Fais moi confiance, tu paieras pour ce que tu lui as fait. Allons Arloch, tu ne penses tout de même pas que je suis venu me jeter dans la gueule du loup tout seul n’est-ce pas ? Je ne suis pas le seul à qui tu dois des comptes ce soir…
Et à peine Nosroth eut-il finit de parler que des ricanements de kobold se firent entendre de part et d’autre, et quand un éclair illumina la scène, Arloch eut le temps d’apercevoir plusieurs gardes tomber sans un bruit, des dagues plantées dans le dos, ainsi que d’une multitude de silhouettes rendues floues, tant par la pluie battante que par la rapidité de leurs mouvements.
En cet instant Arloch comprit que l’Ordre de Loki se trouvait dans l’enceinte de Dun Dagda et, comme tout le monde, il leva la tête en entendant ces paroles :
_Comment ? Un Blodfellag qui respire encore ? Plus pour longtemps mon cher, plus pour longtemps !
Silace retrouva son invisibilité après ces paroles et fondit sur l’un des gardes hébété, lui tranchant la tête d’un coup de claymore des nains dévastateur.
Profitant du tumulte, les quatre Assassins, tel un seul homme, repartirent au combat, apportant le chaos et la mort dans les rangs ennemis soudain dépassés, jusqu’à ce qu’une détonation étouffe tout autre bruit, faisant tourner toutes les têtes dans la direction des remparts : les Maîtres Eldrichts faisaient feu à l’intérieur du reliquaire avec une puissance dévastatrice.
Nosroth s’élança dans leur direction et, avant que le magicien elfe ne décoche sa boule de feu, il lança une série de dague, certaines arrêtée par la bulle protectrice, d’autres trouvant leur cible. Mais la boule de feu partit tout de même, droit sur Nosroth qui se releva rapidement et courra pour échapper à la mort.
Arrivé à l’angle du donjon, dans la cours, il sauta de côté, sachant que la boule de feu, dirigée par magie, le suivrait. Avec un grand fracas, elle s’écrasa contre le mur du reliquaire, y creusant un trou béant et faisant trembler l’édifice. Mais telle était la puissance de la magie de l’Eldricht que des débris furent propulsés dans toutes les direction, ainsi qu’une vague de chaleur insoutenable, et Nosroth, trop près de la zone d’impact, sentit son côté droit se calciner dans une douleur atroce.
L’odeur de chair brûlée se répandit sur le champs de bataille
Mais, graduellement, un autre bruit ainsi qu’une autre odeur autrement plus forte et terrifiante s’éleva de l’extérieur. Arloch se hâta de monter les escalier pour rejoindre les Maîtres Eldrichts terrifiés qui ne pouvaient croire ce qu’ils contemplaient.
Recouvrant la vallée du Mont Colloris, marchant, titubant, rampant, les morts, tant elfes que vikings que bretons s’approchaient en hurlant du reliquaire dans un cortège infâme.
Et au milieu de la masse grouillante et pourrissante, une valkyn, épuisée par l’effort colossale de rappeler tant de morts à la vie, avait posé un genou à terre. Derrière elle, Doywan contemplait ce spectacle macabre et incroyable sans arriver à articuler le moindre mot. Quelques minutes auparavant, il lui avait demandé avec sarcasme si elle satisfaite, car la Garde Noire l’avait emmenée là où elle le désirait.
Manifestement, Aleiwena, Prêtresse de Bogdar, était satisfaite.
Frénétiquement, les Maîtres Eldrichts firent feu sur le cortège des morts, mais comment tuer ce qui ne vit pas ? Et c’est avec une horreur sans nom que les elfes virent les…les morceaux des corps qu’ils venaient de détruire continuer à avancer. Et les murs de Dun Dagda commencèrent à trembler légèrement quand la masse des morts se jeta contre les portes, contre l’enceinte si bien que, pour les défenseurs, ces murs qui tremblaient n’étaient plus que l’ultime fossé les séparants des noirs abîmes d’une folie sans fond.
Toujours sur le rempart, médusé, Arloch se retourna quand un hurlement de haine et de rage recouvrit le reste :
_ARLOCH BLODFELLAG !
Derrière lui, à une dizaine de mètres, les corps d’un garde et de deux Ombres fumant encore à ses pieds, se tenait Nosroth Delving. Blessé, brûlé, le bras gauche pendant mollement le long de son corps, un œil à moitié fermé par la douleur, l’Assassin tenait toujours son épée courte des nains en arcanium et le rictus de haine qui se lisait sur son visage fit douter le Blodfellag l’espace d’un instant.
Et alors qu’Arloch se mettait en garde, son marteau à deux mains, gigantesque, devant lui, il lança ces paroles :
_Ainsi nous en arrivons au match final. Comme te l’a dit mon père il y a quinze ans, le passé nous rattrape toujours, et c’est le cas en cet instant. Mais cette fois, je finirai le travail de mon père, prépare toi à mourir Assassin !
Et avec un hurlement, Arloch se lança à l’assaut.

Toglog venait d’arriver en enfer. Il en était d’autant plus surpris qu’il n’avait pas eu la sensation de mourir… Pourtant, ce qu’il avait sous les yeux quand il arriva enfin à Dun Dagda ne pouvait être autre chose qu’une vision de ce que l’enfer pouvait offrir ! Tous ces morts allant à l’assaut du reliquaire, les différents incendies illuminant les remparts et enfin ce hurlement qui déchira la nuit et la tempête :
_ARLOCH BLODFELLAG !
C’est alors qu’il aperçut deux silhouettes sur le rempart en feu et c’est dans cette direction qu’il se dirigea, évitant le plus possible la masse putride des morts qui ricanaient et hurlaient tout en démontant méthodiquement le reliquaire, pierre après pierre. Arrivé en haut du rempart, l’Ombre reconnut l’un des deux silhouettes, c’était Nosroth, bien mal en point mais qui esquivait les coups dévastateurs de l’autre viking, ripostant comme l’éclair, mais tout de même diminué par ses nombreuses blessures.
Autour d’eux, tout n’était que folie, partout, des Assassins qu’il savait appartenir à l’Ordre de Loki, se battaient avec les gardes au milieu des morts, du feu et des débris de pierre qui commençaient à tomber de la structure principale du donjon.
Reportant son attention sur le combat, il vit Nosroth projeté à terre quand l’énorme marteau du Thane le toucha enfin. Sonné, l’Assassin avait du mal à se relever, tellement sa souffrance était grande, mais Toglog reconnu ce qu’il lut dans les yeux de son alter ego : la haine et la volonté de continuer le combat, malgré son corps brisé et son épuisement.
Alors Toglog prit sa décision, par instinct.
Invisible, il s’approcha du Thane qui, debout devant Nosroth le regardait en souriant de manière suffisante et, d’un geste vif et précis, lui entailla la jambe droite ainsi que les côtes avant de plonger un de ses poignards dans son bras gauche.
Avec un hurlement, Arloch se dégagea et riposta bien plus vite que Toglog ait pu l’imaginer. Le marteau atteignit l’elfe en pleine poitrine, brisant des côtes, lui coupant le souffle. En seul coup, le viking l’avait quasiment broyé.
Mais ces quelques secondes avaient suffit à Nosroth pour se redresser et lui fournir une ouverture, si bien que quand Arloch reporta de nouveau son attention sur lui, l’Assassin lui trancha la gorge avant de l’éventrer d’un geste tournoyant et souple.
Le marteau tomba au sol alors que le Thane tentait vainement à la fois de couvrir sa gorge et de rattraper ses entrailles chaudes qui s’échappaient de son ventre.
Au dessus de lui, Nosroth le regarda froidement et ses paroles furent les dernières qu’il entendit dans ce monde :
_Tu vois Arloch, ton passé t’a finalement rattrapé…

Un grand bruit se fit entendre quand les murs du donjon se fissurèrent sous la pression et Mcelroy, comprenant ce qui allait arriver, rappela ses troupes :
_ToutLeMondeDehorsDuTerrier !ViteViteVite !
Comme un seul hommes, les Assassins de Loki se jetèrent par dessus les remparts, laissant ce qui restait des gardes aux prise avec les flammes et les chutes de pierre.
De leur côté, Zytha, Hyado et Lews cherchaient Nosroth au milieu des décombres quand un craquement encore plus forts que les autres ne se fasse entendre et ce fut Hyado qui prit Zytha par le bras et commença à la traîner hors du reliquaire :
_Il faut partir !
_Pas sans lui Hyado ! Pas sans Nosroth !
_Il s’en sortira, tu le connais ! Mais nous devons sauver nos vies !
Et alors qu’ils allaient sauter, Lews vit, de l’autre côté du reliquaire, un elfe aider Nosroth à se relever avant que le mur ne s’effondre sous leurs pieds, les projetant dans l’ombre du donjon.
_COPAIN NOS ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Nosroth et Toglog furent projeté à terre avec la masse du mur d’enceinte. Sonnés, il leur fallu quelques secondes pour retrouver leurs esprits. Autour d’eux, les pierres tombaient, la tempête faisait rage, les morts gisaient par dizaine, d’autre morts dehors ne se tenant pas aussi tranquilles. Avec désespoir, ils virent que tout ce qui avait été en bois dans le reliquaire, y compris les escaliers, avait brûlé.
Ils étaient coincé dans la cours, et le donjon menaçait de s’écrouler à tout instant.
C’est alors qu’ils eurent tous les deux la même idée au même moment. Ils se regardèrent et, voyant que l’autre avait déjà compris, ils se ruèrent dans le donjon alors que celui-ci cédait finalement sous son propre poids et que plusieurs centaines de tonnes de pierres ensevelirent toute chose, vivante comme morte dans un grondement incroyable qui fut entendu dans tout Mont Collory.

Depuis l’extérieur, la spectacle avait été terrible, voir la masse du reliquaire s’effondrer avait empli les cœurs d’effroi, et c’est la mine lugubre que Doywan vit Lews, Zytha et le reste de l’Ordre de Loki approcher au milieu des morts.
Nosroth n’était pas avec eux. Et c’est la voix étranglée qu’il demanda :
_Où est-il ?
Le regard rempli de larmes de Lews lui confirma ce qu’il redoutait : Nosroth était encore dans le reliquaire quand il s’était effondré. L’assemblée resta silencieuse, chacun ayant du mal à retenir sa peine à l’idée d’avoir perdu leur ami.

Aleiwena congédia les morts qui retournèrent dans leurs tombes, heureux d’avoir pu aider la Prêtresse et ainsi d’avoir pu retrouver vie l’espace de quelques instants. Elle avait entendu ce que Lews avait annoncé, et c’est avec les yeux débordant de larmes qu’elle le chercha parmi la Grande Majorité.
Quelques minutes plus tard, Doywan s’approcha d’elle et lui posa la main sur l’épaule :
_Nous devons partir, l’armée Hibernienne va bientôt arriver.
_Oui. Partons d’ici.
_Ca ira tu crois ?
Doywan ne comprit pas le regard qu’elle lui lança, ni son petit sourire timide :
_Oui, je pense que ça ira…
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