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La fin de l'Innocence : Cendre et Sang

Par Elend le 21/5/2002 à 12:30:46 (#1499629)

Quel était donc ce feu farouche qui brûlait désormais constamment au très fond de ses prunelles ?
L’Elfe s’effleurait le visage en s’examinant dans le minuscule miroir de l’enchanteur Siabra. Ses longs doigts s’attardèrent sur sa nuque, ses joues, son front, son cou, où son aimée avait déposé ses trop rares, mais encore si présents baisers. Il espéra secrètement que Selicia sente leur contact sur ses lèvres. Les ténèbres éclairées de lueurs fantomatiques n’aidaient pas à la contemplation, mais ce visage, il le connaissait bien. Elend avait beau être jeune sur un standard purement elfique, cela faisait tout de même quelques vies celtes qu’il arpentait les forêts d’Hibernia.
Cependant, ses traits semblaient dorénavant plus durs, emprunt d’une sagesse mais aussi d’une rage sourde qui ne demandait qu’à affleurer au grand jour --comme aujourd'hui.

Elend se releva, la chaleur était inconfortable, et il ne devait plus tarder désormais, car il savait que s’il restait encore trop longtemps, son forfait serait découvert et durement châtié. Un sourire presque sardonique s’imprima sur ses lèvres lorsqu’il se retourna pour s’éloigner de la désolation qu’il avait créée. D’un geste nonchalant et presque dédaigneux, il jeta le miroir dans l’eau, créant des vaguelettes qui reflétèrent les lueurs menaçantes du gigantesque incendie qui ravageait le petit village gurite.
Ce feu au fond de ses yeux était-il un reflet, lui aussi ? L’empathe n’essayait même plus de s’en convaincre. Les évènements récents l’avaient changé de manière drastique et définitive. Et l’influence de Selicia jouait un rôle de catalyseur on ne peut plus efficace.

Selicia…

Il avait choisi le village consciencieusement. C’était un endroit à l’écart de tout, et peuplé uniquement d’hommes valides, essentiellement des travailleurs et des soldats. Une concession située près d’une mine réputée pour son rendement exceptionnel. Un présent attribué à ces représentants de la faction Gurite des Siabras pour qui il ourdissait une haine récente, sans limite et inexplicable pour ses amis. Car c’était un village qu’ils n’auraient jamais dû posséder, n’eussent-ils participé activement de la déposition du père de Selicia, et provoqué ainsi la chute de sa famille, et son exil.
Bien sûr, en y réfléchissant bien, Elend avait jaugé le fait qu’il aurait dû être plutôt reconnaissant à ces Gurites. Après tout, sans eux et leur sens de l’opportunisme, il n’aurait jamais pu la rencontrer ailleurs que sur un champ de batailles. Mais cela était ainsi, et l’avenir était ce qu’il en ferait.

Le mentaliste entama la longue marche qui devait le ramener à Tir na nOg. Non, il n’irait pas au relais pour louer le cheval qui le ramènerait pourtant en un instant à la perle d’Hibernia. Il devait marcher, et tranquillement démonter les mécanismes qui l’avaient amené à réduire le village et tous ses habitants en cendre. Cela faisait des jours qu’il n’avait pu réfléchir posément aux transformations que sa psyché endurait. Ce long retour, quasiment un pèlerinage, lui en fournissait l’occasion.

Rendu au bas d’une colline, les feux de l’incendie cessèrent de projeter des ombres dansantes devant lui, le jour naissant commençait à barbouiller la toile de l'horizon de sang, et il se rappela…



--HRP--
Première partie d'une looooonngue histoire. Le problème étant pour moi qu'elle s'imbrique avec celles d'autres personnes (;) Selicia) ! J'ai déjà la suite mais il faut que je me mette d'accord avec tous ces gens.

Par Selicia le 23/6/2002 à 21:27:18 (#1700746)

Ecrit par Elend, je me contente de le poster ici


--HRP--
Cette histoire est complètement décalée par rapport aux autres, qui se suivent autant que faire se peut dans le temps, et sont en accord avec les "happenings" roleplay qu'on arrive à faire.
Celle-ci relate les raisons du changement de comportement d'Elend, ou du moins, les débuts du changement.
Elle a lieu un peu après la première fois qu'on s'est fait reprendre les reliques et détruire les portes... je sais ça date.

--RP--
Les souvenirs l'assaillaient alors qu'il marchait d'un pas sûr mais lent, comme autant de douleurs lancinantes. Les détails des quelques jours qui l'avaient à jamais transformé, affluaient et refluaient sur les rives de sa conscience.

***

C'était une nuit tragique pour le Royaume d'Hibernia. Après des jours d'une attaque constante des ennemis coalisés Midgardiens et Albionais, la Lance de Lug avait été enlevée de son fort protecteur de Dun Lamfhota. Puis cela avait été le tour du Bâton de Merlin, de réintégrer le fort Albionais dont il avait été pris lors de cette fameuse poussée Hibernienne en Albion. Cela semblait des siècles maintenant. Même la Corne des Valkyries avait été enlevée de son socle par ses anciens propriétaires, emmenée hors de Dagda, mais heureusement récupérée in extremis par un détachement de farouches Hiberniens, qui n'avait plus rien à perdre. Puis était venue l'attente. Une attente funeste, les portes de Dun Dagda étaient offertes en sacrifice aux pillards, et la dernière ligne de défense Hibernienne était exsangue, et bigarrée. Autour de lui, autant de vieux et fiers amis abattus et prêt à se jeter dans une dernière bataille, que de tous jeunes aventuriers se battant pour un rêve, une idée... une utopie. Et dans la salle où trônaient désormais les deux derniers objets de pouvoir Hiberniens, le fil et l'enclume, sa guilde, en force, repoussant les assauts des furtifs Albionais, et tentant tant bien que mal de maintenir sa traditionnelle réunion de guilde, garant de son union et de sa dignité.

Elend n'avait aucun souvenir de cette réunion. Le poids de l'échec de l'Assemblée, dont il faisait partie, à défendre les terres Hiberniennes, leurs terres, l'acharnement de leurs ennemis, les nuits passées à veiller, dormant par quarts qui étaient en fait des moitiés. Ses responsabilités pesaient sur ses frêles épaules comme un joug trop lourd. Etait-ce par cynisme, ou par jeu ? Elend à ce jour ne le savait pas, mais c'était ce moment qu'avait choisi Selicia pour lui susurrer des paroles tentatrices, et ronronner autour de lui comme une chatte. C'en était trop. Ils étaient tout deux dans la cour de leur dernier fort, lui-même assiégé, et celle à qui il aurait donné sa vie s'amusait alors qu'à quelques mètres, des preux mourraient sous l'assaut redoublé des armées ennemies. Il avait alors eu à l'encontre de l'Ombre des paroles dures et amères. Comme tout le monde, il fréquentait les auberges et les tavernes, et nombre de contes étaient colportés sur Selicia ; il en avait entendu, avant même qu'il ne la connaisse. Et les paroles des jouisseurs et des jaloux qui construisaient des mythes sur la succube Elfe, qui ne rechignait pas à profiter de la faiblesse d'esprit des albionais afin de satisfaire ses appétits sexuels, pervers, lui était revenues d'un coup. Il s'en était servi comme d'un argument pour justifier la pureté de ses sentiments à son endroit. Le coup avait porté, mais certes pas comme Elend l'aurait voulu. Il aurait juré qu'à ce moment là, il allait mourir. Le regard de Selicia était devenu reptilien, puis elle avait disparu dans les ombres, non sans lui siffler à l'oreille :
Bonne chance à vous, jeune mage, que les ombres vous gardent.
Et plus tard, alors qu'il se confondait en excuses et en tentatives oiseuses d'explications :
On ne me traîte pas de catin impunément, sans avoir à en assumer les conséquences.

Ce vouvoiement lui avait fait l'effet d'un coup puissant dans le coeur. L'avait-il perdue ?
Le reste de la nuit avait été atroce ; dans une trance destructrice constante, Elend avait défait Albionais, Midgardiens, s'était lui-même fait blesser à plusieurs reprises ; mais peu lui importait la douleur de son corps lorsqu'une portion de son coeur et de son âme lui avait été arrachée, semblait-il à jamais.

***

Elend s'arrêta un instant, la douleur de ce moment lui rompant encore la poitrine, lui tirant des larmes, même des semaines plus tard. Il se dit que s'il continuait à ressasser ses souvenirs comme cela, son retour sur Tir na nOg risquait de prendre plus de temps que prévu.

Par Selicia le 23/6/2002 à 21:28:13 (#1700750)

et ma réponse


Elle était là, il en aurait juré, une forme fugace rouge et noire qui le tourmentait comme une de ces guèpes des marais. Le troll faisait de grands moulinets de sa hache, espérant toucher son agresseur invisible. Voilà bien une heure que cette peste le torturait, lui tendant des pièges, le blessant, l'énervant, l'exaspérant.

Son esprit tout entier tourné vers la dévastation n'en pouvait plus. Ses yeux captaient un éclair, une douleur se faisait sentir dans son corps et avant qu'il n'ai pu écraser l'importune, elle avait déjà disparue. Ses frères étaient déjà partis en avant ... alors qu'il cherchait à se débarasser de son agresseur mystérieux.

Un mouvement attira son attention et il lança sa hache dans cette direction, clouant un lugradan à un arbre. La petite créature avait été proprement tranchée en deux, constata-t-il avec une certaine fierté. Si la forme rouge se montrait encore, il lui ferait subir le même sort.

Il entendit un sifflement alors qu'il se dirigeait vers l'arbre pour reprendre sa lourde arme. Une douleur intense irradia l'ensemble de son corps et il mit un genou un terre, involontairement. Hurlant, il tenta de se relever, mais sans succès. La jambe gauche refusait de lui obéir et pour cause, une arme en avait entaillé les tendons.

Prenant appui sur ses mains, il effectua une nouvelle tentative et le même sifflement se reproduisit avant qu'il ne chute lourdement au sol. La même blessure ornait son autre jambe ... une simple entaille, une arme fine, une arme d'assassin. S'asseyant avec difficulté, il tendit la main vers sa hache et l'arracha de l'arbre. Il s'y cramponna comme un naufragé à une planche.

Soudain, il vit son bourreau ... elle se tenait à quelques dizaines de mètres de lui, les bras croisées, lames tirées. Une elfe, il était réduit à l'impuissance par une elfe qui pesait à peine plus lourd que sa hache. Il rugit sa rage et insulta l'elfe, espérant qu'elle s'approcherait à portée de lui. Mais rien n'y faisait, elle restait à bonne distance, tournant autour de lui.

Elle rabattit sa capuche pour révèler son pâle visage. Une cascade de cheveux noirs se déroula derrière, à l'exception d'une petite mèche blanche. Elle lui adressa un sourire qui lui fit l'effet d'un vent glacial d'hiver. Ce n'était pas le petit sourire complice ou de compassion ... c'était celui du prédateur qui a acculé sa proie et qui savoure l'instant ... un sourire de mort.

Elle fit quelques pas vers lui et il saisit l'occasion. Rassemblant ses forces, il projeta sa monstrueuse arme à travers les airs et ... elle esquiva d'un bond. La hache fit exploser un arbre alors que pour la première fois de son existence, le troll sentait la peur s'insinuer en lui.

L'elfe jeta un regard en arrière vers l'arme puis se tourna, à nouveau, vers lui. Elle marchait de cette façon irréelle qu'avait les elfes de se déplacer. On avait l'impression qu'elle ne touchait pas le sol, qu'elle flottait comme une fée ... ou comme la banshee des légendes.

Il tendit la main dans une tentative illusoire de l'aggriper, mais la longue lame de l'assassin lui entailla profondemment le poignet. Grimaçant de douleur, il étreignit son bras et vit l'elfe le saluer de son arme.


Le troll avait été un adversaire amusant, lourdaud, prévisible, mais amusant. Il lui avait permit de ne pas penser aux paroles d'Elend ... elle ne l'avait pas giflé, comme elle l'avait déjà fait. Les propos du mage l'avaient touchée plus qu'elle ne l'aurait voulu et la colère avait vite laissé la place au chagrin. Elle se moquait des persiflages des autres races à son sujet, elle s'amusait des histoires que l'on racontait sur elle, et le mystère qui l'entourait n'était pas pour lui déplaire ... mais Elend.

Elle avait espéré qu'il avait vu au-delà des apparences, qu'il avait passé outre les ragots colportés, qu'elle n'était pour lui que Selicia et non "la trainée siabra" comme certaines elfes l'appelaient.

Ravalant ses larmes, elle ouvrit la gorge du troll d'un geste précis et le regarda glisser dans l'inconscience avant de mourir. Le spectacle de la mort avait toujours était reposant pour elle, sans qu'elle sache vraiment pourquoi ... pourquoi ... pourquoi avait-il fallu qu'il prononce ces mots ...

JOL Archives 1.0.1
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