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Naissance d'un Conteur

Par Kannan le 2/1/2002 à 22:44:11 (#652724)

Assis près de l'âtre à même le sol, le vieux kobold observait son jeune auditoire d'un oeil pétillant, que ne pouvait masquer l'épais sourcille blanc qui le surmontait. Un seul oeil seulement : un bandeau noire cachait bien mal la terrible absence de son homologue dans l'autre orbite.

Le petit être rabougri arborait un sourire bienveillant malgré la cicatrice qui lui barrait la joue, donnant à l'ensemble de son visage, un air toujours grimaçant. La Chose qui avait fait cette balafre avait nourri depuis longtemps les vers grouillants dans le corps du Géant. Mais son souvenir était toujours vivace, brûlant. Il alimentait encore de son feu une des nombreuses histoires que le vieux borgne aimait à raconter.

Car tous ces beaux et jeunes visages bleus, attentifs aux moindres de ses mouvements, étaient bien là pour une chose : écouter ses histoires ! Comme ils étaient pures, ces jeunes enfants en quête de connaissances, de contes épiques, d'aventures rapportés d'un autre âge. Eux qui avaient grandi dans un monde calme et prospère, comment pouvaient ils seulement imaginer la fureur qui régnait dans le monde dans lequel lui, avait ouvert les yeux pour la première fois ? C'était il y a si longtemps...

Son premier souvenir était un éclat rouge, celui d’une lame magique illuminée dans une nuit sans lune : des flammes semblaient danser sur elle comme elles dansaient sur les toits des chaumières alentour. Le village dans lequel il était né brûlait et il allait mourir dans son berceau.

La créature leva son bras disproportionné pour porter son coup fatal. Son visage rouge, miroir mate de son épée, était déformé par le mépris et le dégoût. Même ses oreilles pointus semblaient être aiguisées pour tuer. Ce visage de haine s’imprégna à jamais sur la rétine de l’enfant kobold qu’il était. La créature abaissa son bras et tout devint noir et sourd.

Son deuxième souvenir était une voix. rocailleuse et bourrue, elle ne manquait pourtant pas de tendresse quand elle s’adressait à lui. « Eh Zyon, mon garçon, viens prêt de grand-père et racontes lui ce que tu vois ! » lui dit-il, comme il le dirait souvent plus tard. Car son aïeul avait perdu la vue dans la bataille désespérée de son premier souvenir.

Les odieux noreillepointus étaient venus détruire son village natale. Ils s'étaient déplacés en masse et malgré leur nombre avaient presque immédiatement usés de vils stratagèmes pour vaincre, tels des sorts d’aveuglement. Le shaman ne put rien contre cette magie non-naturelle et nombres de valeureux défenseurs kobold perdirent la vue et la vie dans cette attaque sournoise. Mais même aveugle, son grand-père Astyr qu’on avait surnommé le Robuste à juste titre, tua plusieurs de ses ennemis avant de plier à son tour sous les coups et d’être finalement planté sur une pique. Laissé pour mort, il survécut pourtant au massacre.

« J’arrive grand-pa » avait-il répondu de sa petite voix flûtée et joyeuse, d’un ton qu’il utiliserait toujours par la suite pour répondre à son grand-père. Jusqu’à la mort du vieux kobold, Zyon serait le bras et les yeux du valeureux guerrier aveugle. Et jusqu’à la mort de celui qui le découvrit dans son berceau, sous le corps transpercé de sa mère, Zyon lui conterait le monde.

Excellent

Par Gozmoth MdA le 3/1/2002 à 11:11:02 (#654617)

*pof*

(hop, en haut toi :) )

Par Tymidh le 3/1/2002 à 13:56:17 (#655506)

(coucou Kannan au passage, ca faisait longtemps :) )

La Forge

Par Zyon le 4/1/2002 à 18:48:33 (#661686)

Zyon se demandait encore ce qu’il faisait là ! Tout ce rouge orange vif autour de lui, à tel point que sa peau en devenait violet, tout ce flamboiement l’exaspérait. Mais était ce vraiment cela qui agissait sur ces nerfs ? Certes, il n’avait jamais aimé le rouge, et encore moins son dérivé pastel, le rose ; mais ici point de pastel, loin de là.

Peut-être était ce la chaleur qui régnait en ce lieu ? Le mot « infernal » y prenait sublimement tout son sens. Zyon n’appréciait guère la chaleur. Il était né dans un monde froid et la neige et la glace était et resterait ses amis pour toujours. Mais il lui était souvent arrivé d’admirer des heures durant la danse du feu, belle et hypnotique. Et le feu dansait pour lui de manière omniprésente ici.

Etait-ce le bruit assourdissant du métal contre le métal, frappé inlassablement ? Un bruit de tonnerre, comme si Thor lui-même chantait à chaque coup porté. Le rythme en était devenu entêtant et le cœur du jeune Kobold battait en cadence avec les coups du marteau.

A moins que ce ne fût l’odeur de cette fumée noire qui emplissait l’endroit, résidu gazeux du charbons de bois chauffés à blanc ? Une senteur où se mélangeait aussi la vapeur du fer, étouffante et qui donnait un goût de métal dans la bouche, un goût de sang.

Non tout cela n’était rien. Le problème était Omir.

Le jeune Kobold avait finalement appris à aimer la forge, le travail harassant qu’elle exigeait, la juste récompense qu’elle rétribuait. Son grand-père, Astyr, ne s’était pas trompé : fabriquer soi-même ses armures était une grande source de satisfaction. Lorsque Zyon serait en âge d’accompagner les combattants sur le champ de bataille, lui avait-il dit, il serait heureux et fier de porter une armure sur mesure, faites par un Kobold pour un Kobold. Zyon avait foi en ce que lui disait son grand-père, notamment dans le domaine de la guerre.

Mais Astyr n’avait pas que des qualités. Et l’un de ses défauts majeures était de connaître Omir le Nain Forgeron. Il avait rencontré ce misérable Facedepoil, bien longtemps auparavant, alors que toutes les forces de Midgard s’étaient unies pour reprendre Frostbarn Faste aux mains des Albionais. Comme chacun savait, il n’y eut pas de bataille car Albion fut lâche, comme à l’accoutumé. L’épopée s’était finalement terminée par la Malédiction des Dieux s’abattant sur le Fort et ses occupants illégitimes. Mais ce qu’on savait moins, principalement à cause de la malhonnêteté de nombreux Skalds non Kobold, était que l’armée de Midgard comptait de nombreux Kobolds en son sein et qu’Astyr le Robuste était le plus valeureux d’entre eux. Il fallut donc que durant le chemin du retour, une partie des troupes fussent attaqués par une meute de loups géants : l’hiver avait été rude dans les montagnes et la faim les avaient rendus peu regardant sur la viande. Omir, bien jeune et peu expérimenté guérisseur, aurait dû mourir en ce jour, égorgé par deux immenses loups. Heureusement pour lui, malheureusement pour Zyon, les Dieux voulurent qu’Astyr soit auprès de lui et qu’il lui sauvasse la vie.

On pouvait dire ce que l’on voulait sur les Facedepoils, et les frères Kobold ne manquaient pas de mots pour les qualifier, mais ils avaient le mérite de savoir qu’une dette devait toujours être remboursée. Zyon apprit de son grand-père qu’Omir avait toujours méprisé les Kobolds et son sauvetage par l’un d’entre eux ne fit qu’attiser encore plus sa haine. Néanmoins, le Facedepoil avait une dette et il était décidé à la rembourser un jour.

Avec le temps, Omir devint l’un des meilleurs Forgerons de Jorheim et malgré sa haine des Kobolds, il était également devenu le meilleur fabricant d’armures pour Kobold. En fait, Omir s’était spécialisé dans ce secteur car contrairement à ses pairs, il ne pouvait refuser d’en fabriquer une pièce lorsqu’un Kobold se présentait à lui, recommandé par Astyr. Zyon ne se faisait toutefois pas d’illusions : le Nain savait bien se faire payer pour ces services et l’exploitation de cette niche arrangeait bien ses affaires financières.

Quand finalement, Zyon fut en âge de pouvoir manier le marteau avec suffisamment de vigueur, Astyr exigea le remboursement de l’ancienne dette à Omir : le Nain devait enseigner tout son savoir à son petit-fils et le former à l’Art de la Forge et des Armures. Car Astyr n’était plus surnommé le Robuste depuis longtemps, mais plutôt le Kobold Aveugle. Il était devenu vieux et faible et ne subsistait qu’en faisant du commerce ambulant à travers les terres de Midgard, accompagné d’un enfant en bas age. Maintes fois, il fut trompé et volé. Les économies des temps glorieux que le vieux guerrier avait amassées permirent à Zyon de grandir dans la dignité, même si parfois, les temps avaient été difficiles. Mais cet argent s’était tarit au bout de quelques années et bientôt il fallut que Zyon soulageasse un peu le fardeau de son grand-père en travaillant à son tour.

Ce fut ainsi que Zyon se retrouva dans cette position peu reluisante : esclave d’un Facedepoil stupide, haïssant cordialement les gens qui avaient une peau naturellement bleue.

« Eh sale crotte bleue, arrête de bailler aux corneilles ! ». Ces mots retentirent plus durement aux oreilles de Zyon que tous les coups de Tonnerre qu’aurait pu faire usage le Dieu de la Foudre. Les poings campés sur ses hanches, Omir toisait Zyon de tout sa naine hauteur. Evidement cela lui était facile puisque le jeune Kobold était accroupi par terre à ramasser des copeaux de métal à recycler.

« Keki a commandé un gant en Stelskodd ! Bouge toi sale morveux bleuâtre et met toi au travail ! » beugla-t-il avant de se retourner et de quitter la Forge.

Zyon se leva plein de lassitude et se demanda encore une fois ce qu’il faisait là !

[HRP]
Coucou à Gozmoth et Tymidh :)

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