La culture de la génération "années 80" est universelle... vraiment ?

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Yo.

Né en 1978, j'ai été biberonné musicalement à tout ce qui était pop et rock anglaise ou américaine, un peu de française, et niveau cinéma je connais par coeur tout ce qu'ont fait De Niro, Pacino, Aykroyd, Schwarzy, Stallone, Willis, Foster, Gibson, Ford, Lee Jones, Davies, Sarandon, Curry, Cruise, Nicholson, Damon, Carrey, Hackman, Williams, Connery, Wayne, Day-Lewis, etc, etc, etc etc etc².

Ca fait des années que j'entends, notamment à la radio, que les années 80-2000 sont figées dans le temps et continuent à être portées de génération en génération. La radio justement, à moins d'écouter évidemment les ondes de jeunes, c'est toujours les U2, Genesis, Tyler, Bowie etc etc etc. Réaliser d'ailleurs que tous ces artistes passent maintenant sur Nostalgie, quand on a connu l'époque où c'était les Wampas, The Animals, Boney M, The Temptations etc etc fait méchamment mal au cul sur la transition vers la vieillesse.

MAIS ! où veux-je donc en venir ? Que notre génération, celle des quadra-quinquas a connu l'apex, le sommet de la création artistique, qu'on a eu le meilleur de la musique (la fin du disco et ses meilleurs titres, le rock progressif, l'arrivée du métal et ses déclinaisons, la pop et le rock britanniques...), le meilleur du cinéma (tous ces héros américains virils et stylisés qui ont pourtant connu de nombreuses mutations, notamment à l'arrivée de Bruce Willis) ? Que désormais, tout autour de nous, le monde entier est figé dans ces 20 années 1980-2000 où il pleuvait des scénarios, des chef-d'oeuvres, des grands acteurs et des chanteurs-interprètes exceptionnels ? Qu'on pensait ne pas pouvoir faire mieux que les années 60-80, que les 80-2000 ont tout surpassé et que désormais on y reste figés, d'où le fait que le cinéma américain ne survive qu'à coups de remakes et autres reboots depuis 20 ans quand ça n'est pas du superslip à la con ?

Et bien, j'avoue que c'est vaguement l'impression que j'avais. Toute ma filmographie à la maison tourne autour de ces 20 années avec quelques infidélités pré/post 80-2000, le peu que j'écoute la radio c'est les 80-2000, la majorité des acteurs qui ont marqué le genre ou ont du poids encore aujourd'hui et dont tout le monde redoute la disparition ont explosé dans les 80-2000...

JUSQU'A CE QUE !

Etant paramédical intérimaire, je voyage beaucoup, j'interviens dans tous hôpitaux ou structures médicales et je vois énormément, énormément, énormément ! énormément de monde, des 10aines, des 100aines de personnes différentes chaque semaine, 1h, 1 journée, 1 semaine. Et quand on ne parle pas médical, on parle de tout et de rien, bon dans ce milieu l'achat d'un bien, la rénovation d'un bien et la revente d'un bien occupent 80% des conversations mais il reste du temps pour parler culture générale, littérature, cinéma, musique.

Et ça fait des mois que je vais d'étonnement en consternation, de sidération en incompréhension, du doute au déni.

Parce que ça fait des mois, non ça fait même des années que la majorité, que dis-je, l'écrasante majorité des gens avec qui je travaille, surtout entre 18 et 40 ans, un peu plus rarement au-delà... n'a jamais entendu parler des années 80-2000.

Jamais.

Ils ne savent pas qui est Arnold Schwarzenegger.

Ils n'ont jamais entendu parler de Terminator, ni Predator, ni même Un Flic à la Maternelle.
Ils ne savent pas qui sont Robert de Niro et Al Pacino. Heat ? Le Parrain ? L'associé du Diable ? Taxi Driver ? Raging Bull ? Scarface ? Jamais entendu parler.
Y en a même qui ne connaissent pas Star Wars. Sans déconner ! Ils connaissent de nom, mais beaucoup n'en ont jamais vu un seul, alors même que beaucoup ont Disney+ !
Die Hard ? West Side Story ? Il était une fois dans l'Ouest ? E.T. ? Jaws ? Retour vers le Futur ? La chevauchée fantastique ? Le Bon, la Brute et le Truand ? Impitoyable ? 2001 ? The Shining ? Evil Dead ? A la poursuite d'Octobre Rouge ? Highlander ? Truman Show ? Les Evadés ? Demolition Man ? Escape from New York ? Halloween ? Le Cercle des poètes disparus ? Queudalle ! J'ai eu un peu plus de succès sur Jumanji et Maman j'ai raté l'avion, mais sans plus.

J'ai même prêté mon Heat à un gars "qui aime les films d'action", il a dû le regarder en 3 fois parce qu'il "s'endormait devant"... mais il a au moins fait le lien avec la scène de braquage et tout ce qu'elle a inspiré et généré dans la pop culture, notamment sur GTA V, c'est déjà ça me suis-je dit, dépité.

J'insiste : on pourrait croire que je suis tombé dans un microcosme, des gens peu éduqués, issus de milieux défavorisés donc peu d'accès à la télé/ciné/musique... mais nan, je parle vraiment et littéralement de 100aines de personnes dans tout le Grand Est français, des tas de villes, toutes les régions, tous les âges, majoritairement des femmes, essentiellement des pas beaucoup plus jeunes que moi, qui devraient donc au minimum avoir infusé dans la culture de leurs parents, si ce n'est de leur grand frère ou sœur.

Et donc le choc. La pop-culture telle que nous la connaissons, telle que nous la voyons partout, tout le temps, sur les réseaux, dans les films, les jeux vidéos, la littérature même, n'est pas ce pilier flamboyant solidement implanté dans le sol infertile de l'Humanité mais un simple plot sur l'autoroute des flux. Une dichotomie déjà bien troublante.

Et vous ? Constatez-vous aussi que cette culture 80-2000 n'est finalement elle aussi qu'un des nombreux jalons culturels de l'Histoire et que certains comme moi vivent sans s'en apercevoir sous l'influence d'un microcosme qu'ils trimballent avec eux, quand tout autour vit la culture 2020- et ses nouveaux dieux comme Nakamura, Gims, Léna Situations et Squeezie ? ()
Je constate pareil à quelques exceptions. Et les quelques exceptions qui s'intéressent aux années 80, je crois que c'est Stranger Things qui leur a donné envie de creuser.

Je ne veux pas leur trouver d'excuse mais excepté la musique, j'ai l'impression qu'avec Netflix, Disney +, Amazon, etc. il y a pas mal de nouvelles productions de bonne qualité, certainement plus qu'il est possible de regarder. Donc je peux comprendre que ça les intéresse moins d'aller chercher ce qui pouvait se faire y 30-40 ans.
Ils ont aussi pas mal de mangas, plus que ce qu'on avait nous dans les années 80-90.

D'ailleurs un truc, mais pour les rares collègues de la 20aine qui s'intéressent aux années 80, ils m'ont dit que j'avais eu trop de chance de les vivre en direct. J'ai dû leur expliquer qu'à l'époque, le contenu était en réalité beaucoup moins accessible qu'aujourd'hui. Les Star Wars, ça passait peu souvent à la télé, on avait des VHS qu'on se passait et qu'on recopiait et l'image était violette et déformée. Et c'était qu'en VF. Il y a plein de trucs cultes des années 80 que je n'ai découvert que dans les années 90-2000.

Dernière modification par Borh ; 02/09/2025 à 18h09.
Je côtoie certainement pas autant de monde que toi THX, et ceux que je vois et avec qui j'échange le plus sont dans la même tranche d'âge que moi, à savoir 40-50 ans (ou plus). Bref, dans mon microcosme je ne constate pas du tout la même chose que toi. Les années 80-90 restent de toute évidence un pilier de la pop culture.

C'est sans doute différent pour les moins de 30 ans, et encore plus significatif pour les moins de 20 ans j'imagine. Après, l'explication me semble assez évidente : les méthodes de consommation ont radicalement changées depuis l'avènement du streaming.

Le cinéma se casse la gueule au profit de Netflix and co. Tu regardes un programme, et si t'accroches pas dans les 5 minutes tu peux zapper sans aucune conséquence, pour regarder autre chose. Je vais fatalement faire mon vieux con en disant ça, mais fatalement ça abruti les masses.

K-Pop Demon Hunter a battu le record de visionnage sur Netflix... Mec, KPOP DEMON HUNTER !! Tu imagines ? Bon en vrai, j'ai regardé de courts passages quand mes gosses l'ont visionné, et ce n'est pas si horrible que ça. C'est juste générique à souhait, comme toute la merde ultra commerciale d'aujourd'hui. Bon par contre, les chansons du film sont justes insupportables avec leur AUTOTUNE de mes couilles.

On en est là.

Néanmoins, j'ai peine à croire que les films de ces années héroïques laissent tout le monde indifférent. C'est impossible

Après t'es con, Heat est merveilleux oui, mais surtout quand t'as grandit avec De Niro et Pacino... La rencontre de ces 2 monstres était magique. Mais si tu les connais seulement de nom, je peux entendre que le film ne fait pas l'unanimité. Il est assez lent.
Mes gosses aussi ont adoré K-Pop Demon Hunter (enfin surtout ma fille, mon fils un peu moins).
Ça m'a pas paru si générique que ça. Déjà la différence de fréquence d'animation entre les persos, on aime ou pas, mais on peut pas nier qu'il y a un parti pris. Et l'histoire est simple mais plutôt originale.

J'ai regardé en pointillé en y jetant un oeil et une oreille de temps en temps mais ça m'a pas paru pire que Miraculous ou Spidey et ses amis.

Citation :
Publié par B£iss
Néanmoins, j'ai peine à croire que les films de ces années héroïques laissent tout le monde indifférent. C'est impossible
C'est pas le problème d'être indifférent. C'est qu'il y a tellement de contenu récent par ailleurs que le contenu ancien est peu visible.
Et forcément les trucs dont ils vont discuter avec les copains, c'est ce qui passe en ce moment. On peut critiquer, mais même pour les gamers de 40 balais, y en a encore beaucoup qui veulent absolument acheter leurs jeux day one, et comme ça ils en discutent avec les autres qui le prennent aussi day one. Alors qu'il y a plein de jeux plus anciens qui sont supers et auxquels ils n'ont pas forcément joué.
Même les gros jeux, 3 mois plus tard, le fil devient beaucoup moins actif pour ne pas dire mort.

Dernière modification par Borh ; 02/09/2025 à 19h25. Motif: Auto-fusion
Borh a raison de pointer le fait qu'accéder à la culture non mainstream était beaucoup plus difficile. C'est quand que vous avez entendu Slayer à la radio ? Voila.
Pour les anime, c'était les émissions jeunesse, puis quelques releases en VOSTA, les conventions pour y voir ce qui ne passait jamais à la télé, publiés en Laserdiscs à prix prohibitifs en Europe.
Les mangas traduits, y'en avait quasiment pas. Et en VO il y avait quelques librairies à Paris, fin de la récré.
Les jeux vidéo ? Le hardware coutait une fortune.
La littérature en VO ? Introuvable avant l'ouverture de la FNAC International à Odéon ou l'on pouvait enfin trouver un choix conséquent de SF/HF en anglais.
La lecture ? Il fallait avoir la place de stocker.
La BD ? La production n'avait pas encore connu le boom de la génération Lanfeust.
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