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[Coronavirus] Les pistes de traitement

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Citation :
Publié par TabouJr
Vous savez ce que sont des pré-prints ?
un truc plus crédible que bfmtv/ministre de la santé/cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine réunis ?

on évolue dans un monde d'incertitude, pourquoi en serait il autrement avec les études ?
ce qui compte dans une info c'est la confiance dans ceux qui la délivre.
donc oui, quand t'as de multiples préprint (sans conflits d'intéret manifeste) qui convergent vers la même conclusion, perso je trouve ça significatif et aide à me forger une opinion.

Dernière modification par Folkensedai ; 06/05/2020 à 10h00.
Citation :
Publié par Folkensedai
on évolue dans un monde d'incertitude, pourquoi en serait il autrement avec les études ?
Parce que si on ne fait que prendre des décisions ou des arbitrages dans l'incertitude, on reste dans l'incertitude.

Et personne n'a dit de ne rien faire en attendant un consensus scientifique.
Citation :
Publié par Soumettateur
Non mais on marche sur la tête là. Certaines personnes ont complètement perverti le principe de précaution en une espèce de "en l'absence de certitude scientifique, on ne fait rien".
Je n'ai pas cette impression là. J'ai surtout le sentiment que certains voudrait faire avaler n'importe quoi pourvu que l'on ait une chance que ça fonctionne tout en se foutant des effets indésirables de ces mêmes produit.

Si une médicament n'a que peu d'effets mais qu'en plus il peut avoir des conséquences significatives sur la santé des patients, il y a des moments où il vaut mieux s'abstenir non ?
C'est toujours la balance bénéfice/risque qui prime.
Citation :
Publié par Soumettateur
...
Citation :
Publié par Folkensedai
...
Entièrement d'accord avec vous deux.

@TabouJr, sisi, plein de gens disent "on ne fait rien en l'absence de consensus scientifique" y compris ici, on vient de te donner un exemple juste au dessus.

Heureusement, il y a des médecins de plus en plus nombreux à travers le monde qui savent lire les pre prints et décident de donner le traitement sans rencontrer de complications. Donc les pre print sont intéressants aussi.

Tiens hasard du calendrier : Raoult vient de publier son article (peer reviewed)

Bon pour une petite analyse rapide des pre-prints puisque certaines personnes ici tiennent ça comme une vérité absolue (alors que non, à vrai dire la différence entre un article BFM TV et un pre-print elle est nulle).
J'ai commencé par l'étude la mieux foutu des deux: Huang et al.
Outre la structure de la publication qui n’est pas conventionnelle (càd Intro/Methodo/Résultat/Discussion/Conclusion ici on a Intro/Résultat/Discussion/Méthodo) qui est plus perturbante qu’autre chose. On apprend d’ailleurs que cette étude n’est pas « récente » dans le sens où elle a eu lieu entre le 7 février et le 8 mars.
Notons également que le traitement utilisé est la chloroquine, pas l’hydroxychloroquine, ce choix mériterait d’être justifié. Notamment parce que la CQ présente une toxicité plus importante que l’HCQ.

Concernant les résultats, plusieurs remarques et interrogations:
1- Le groupe contrôle est un « historical control » ce qui déjà est problématique, d’autant plus que ces patients ont reçu d’autres traitements (Arbidol, Lopinavir/ritonavir(= Kaletra), interferon, médecine chinoise traditionnelle (Huh ?)). Ce n’est pas absurde, rappelons que nous sommes alors en février 2020, les protocoles à l’étude étaient différents. Toutefois ça en fait un très mauvais groupe contrôle.

2- Le groupe chloroquine n’est pas un groupe choloroquine pur, à vrai dire en regardant le registre chinois des essai cliniques ( http://www.chictr.org.cn/showprojen.aspx?proj=49145 , lien issu de la publi donc c’est bien cette étude là ) il y a 73 patients qui n’ont reçu que de la CQ, 73 qui ont reçu que du Kaletra, et 59 les deux. Or dans l’étude, le groupe contrôle est 176 et le groupe CQ à 197 (après les exclusions), ça ne colle pas. Et bizarrement pas de tableau similaire au tableau 6 pour les patients du groupe CQ.

3- « No patient died or admitted to ICU either in the chloroquine group or in the non chloroquine group », si j’étais un peu taquin, je pourrais dire que le traitement n’a permis de sauver aucune vie . Mais « ce traitement sauve des vies » n’est pas la conclusion, donc restons en là.

4- La conclusion justement : « In conclusion, our preliminary evidence showed that chloroquine has the potential to shorten the time to SARS-CoV-2 viral suppression and duration offever, even with reduced dose. » C’est amusant, parce qu’à côté de ça, ils admettent bien volontiers que la durée de l’hospitalisation est similaire dans les deux groupes : « We observed no difference in the length of hospital stay ». C’est très étrange d’avoir un traitement qui permet de réduire la fièvre ( une demi-journée environ …) et la charge virale (de plusieurs jours) mais pas la durée d’hospitalisation.

5- Et la charge virale, justement parlons en, petit problème : Le traitement CQ est initié 7 jours après les symptômes à Guangdong et 19 jours à Hubei, vs. 4 et 11 jours respectivement pour le groupe contrôle. Soit 3 jours de différence entre les deux groupes à Guangdong et 8 jours à Hubei.
Or selon les données de l’étude les patients du groupe CQ sont indétectables 4,5 jours après le début du traitement vs. 8 jours pour le groupe contrôle et 3 vs.8 respectivement à Hubei. On a donc des patients du groupe contrôle qui deviennent indétectables 12 jours après l’apparition des symptômes à Guangdong et 19 jours à Hubei, vs. 11,5 jours et 22 jours respectivement pour le groupe CQ. La différence est tout de suite moins flagrante, présenté ainsi on en conclu assez facilement que les patients deviennent indétectables naturellement au bout de 12 jours à Guangdong, et d’une 20ène de jours à Hubei.

Pas ouf du tout ces conclusions.

Citation :
Publié par DaalZ
Entièrement d'accord avec vous deux.

@TabouJr, sisi, plein de gens disent "on ne fait rien en l'absence de consensus scientifique" y compris ici, gratiano vient de te donner un exemple.

Heureusement, il y a des médecins de plus en plus nombreux à travers le monde qui savent lire les pre prints et décident de donner le traitement sans rencontrer de complications. Donc les pre print sont intéressants aussi.

Tiens hasard du calendrier : Raoult vient de publier son article (peer reviewed)

Non, ce peer reviewing ne vaut rien
même raison que la dernière fois :

raoult.png
Le principe du peer-reviewing c'est de faire évaluer ses travaux pas ses pairs, pas par ses collaborateurs ou ses subordonnés.

Dernière modification par Shad' ; 06/05/2020 à 12h12.
Citation :
Publié par Quild
Ben du coup asymptomatique est pas un bon terme.
T'as juste pas les symptômes "visibles".
Mais c'est exactement ce que ça veut dire "asymptomatique", mdr.

Ca me fait penser à cet échange initié par Neil deGrasse Tyson sur Twitter :
- Neil dGT : "The Leap Day is misnamed. We're not leaping anywhere. The calendar is simply, and abruptly, catching up with earth's orbit."
- La réponse : "If only there was a name for such a sudden and abrupt lurch forward".


Citation :
Publié par DaalZ
@TabouJr, sisi, plein de gens disent "on ne fait rien en l'absence de consensus scientifique" y compris ici, on vient de te donner un exemple juste au dessus.
Non, on évite juste de claironner sur tous les toits. C'est pas si compliqué.
Citation :
Publié par DaalZ
@TabouJr, sisi, plein de gens disent "on ne fait rien en l'absence de consensus scientifique" y compris ici, on vient de te donner un exemple juste au dessus.
Ben non, tenir compte de la balance bénéfice/risque, ce n'est pas ne rien faire. C'est "juste" (sic) de la médecine opérationnelle. Si un médecin, en son âme et conscience, estime que le bénéfice à prescrire un traitement dont on ne sait pas si il est efficace ou non vaut les risques anticipables, c'est son problème, qu'il soit médecin généraliste en campagne profonde ou grand ponte en position d'autorité réglementaire.

Mais la décision de ce médecin ou de cette autorité n'est pas pour autant une preuve d'efficacité du traitement.

Les gens qui savent étudient dans certains cas la possibilité de soigner avec des traitements dont on sait qu'ils n'ont aucun effet (autre que l'effet placebo) : la prescription par des autorités reconnues compétentes dans le domaine de la thérapeutique ne vaut pas preuve d'efficacité du traitement.

Donc un médecin prescrit ce qu'il veut en son âme et conscience et conformément à son serment, ça ne change pas l'état des connaissances.
Citation :
Publié par TIME NO HEROES
J'aime même pas spécialement Raoult et je pense qu'il a tort mais ses contradicteurs sont totalement bidons, tu te retrouves avec des études contradictoires avec des échantillons bidons genre 35 patients, ou testés sur des patients à l'article de la mort (a priori), des excuses à la mord moi le nœud ("le temps de la science n'est pas celui des médias"), des expériences qui n'ont pas démarré (Discovery), des papiers pas revus qu'on met en avant (ce que fait Raoult).
Juste un truc, tout ce que tu reproches aux détracteurs de Raoult... s'applique parfaitement à Raoult:
- échantillons bidons: Raoult voulait nous convaincre avec une étude sur 28 cas et des résultats sur 20 après avoir enlevé les cas qui l'arrangeait pas
- testés sur des patients à l'article de la mort? Bah Raoult aussi teste sur des populations non représentatives, juste que lui il teste que sur des personnes pas à risque
- les excuses à la mord moi le noeud... là j'ai même pas besoin de développer, si?
- des expériences qui n'ont pas démarré: là pour moi c'est le point où il est le plus coupable. Il sait parfaitement ce qu'il fallait faire pour établir une fois pour toute l'efficacité de son traitement. Il a sciemment choisi de ne pas le faire, de ne pas démarrer les expériences. Et l'IHU de Marseille est une des structures françaises qui auraient eu le plus de moyens pour le faire.
- des papiers pas revus: toutes les études de Raoult sur ce sujet sont bidonnés d'une manière ou d'une autre.

Perso je ne sais pas si Raoult a tort ou raison concernant l'efficacité du traitement. Par contre je constate que lui, au mieux, a préféré se faire de la pub (pour gratter plus de moyens? Pour devenir invirable? Juste pour flatter son ego? Je ne sais pas) plutôt que de faire le nécessaire pour que le traitement soit généralisé.
Citation :
Publié par Shad' (#30874226)

...

Belle mise en boite, j'aime
qu'on critique les études/préprints me semble tout à fait sain
qu'on dise qu'il ne faut pas en parler puisque c'est pas prouvé, j'suis pas d'accord avec ça.
Citation :
Publié par Shad'
Non, ce peer reviewing ne vaut rien
Le principe du peer-reviewing c'est de faire évaluer ses travaux pas ses pairs, pas par ses collaborateurs ou ses subordonnés.
Mais bien sûr : il y a un soixantaine d'autres noms juste en dessous sur l'editorial board provenant de médecins du monde entier.

Ces vilains charlatans collaborateurs de Raoult.



@TabouJr tu sembles toujours faire l'impasse sur le fait qu'il existe en réalité plusieurs niveaux de preuves, on n'est pas dans un système binaire prouvé/pas prouvé, c'est bien plus complexe que ça...
Citation :
Publié par Doudou Piwi
Bein actuellement, il peut pas trop, si j'ai bien suivi, non ?
Ben ça dépend où dans le monde, ça dépend des stocks nationaux, ça dépend quoi.

En France, c'est encadré mais toujours autorisé pour les soins du Covid19, cf. le décret, les recommandations de l'ANSM aux pharmaciens et puis aussi l'avis du HCSP qui est, je crois, à l'origine des deux autres.

Si j'ai bien compris, en France, on peut pas bouffer du Plaquenil comme on bouffe un tube de Pez (c'était déjà le cas avant), mais le médecin qui suit un patient atteint du Covid19 peut lui en prescrire (mais ça ne sera délivré qu'en structure hospitalière il me semble, cela dit c'est plus simple s'il faut des ECG réguliers).

Pour les autres pays, je sais pas trop par contre.

Citation :
Publié par DaalZ
@TabouJr tu sembles toujours faire l'impasse sur le fait qu'il existe en réalité plusieurs niveaux de preuves, on n'est pas dans un système binaire prouvé/pas prouvé, c'est bien plus complexe que ça...
Non, je ne fais l'impasse sur rien du tout. Il n'y a pas de niveau de preuve quand il n'y a pas de preuve. Pour évaluer un niveau de preuve, il faut un proof-review et ça se fait après le peer-review et avant la publication. Donc ça ne plaide pas du tout en la faveur des pré-print, au contraire même.

Caramba, encore raté !
Citation :
Publié par DaalZ
Mais bien sûr : il y a un soixantaine d'autres noms juste en dessous sur l'editorial board provenant de médecins du monde entier.

Ces vilains charlatans collaborateurs de Raoult.
Il y a des bonnes pratiques à respecter quand on fait publier son article, ne t’en déplaise, et publier son article dans une revue dans laquelle on est éditeur c'est clairement pas acceptable. Par ailleurs, la seule raison qui justifie une publication dans ce journal et pas dans un plus prestigieux avec un meilleur impact factor, c’est que dans celui-ci il ne risquait pas de se faire jeter ou qu’on lui demande de revoir sa copie.

Outre que le délai de relecture est improbable (même pas 10 jours, dans cette période qui plus est ) A quel moment on laisse une coquille dans le titre (« Full-length title ») ? A quel moment on se contente de laisser en "Author note’s" le fait qu’il y ait 2 morts de plus entre le moment où il a envoyé son papier et le jour de la publication, sans lui imposer de revoir ses stats et de corriger en conséquence ? Quel genre de comité de lecture laisse une conclusion aussi tranchée dans l’abstract alors qu’à aucun moment cette conclusion ne se retrouve dans l’article (la conclusion de l’article est beaucoup plus prudente et moins tranchée) ?

Abstract :
Citation :
Administration of the HCQ+AZ combination before COVID-19 complications occur is safe and associated with very low fatality rate in patients.
Article :

Citation :
As a conclusion, based on our experience, we consider reasonable to follow the recommendations made in Asian countries for the control of COVID-19, notably in Korea and China that consist in early testing as many patients as possible and treating them with available drugs where this strategy has produced much better results than in countries where no active policy has been implemented outside containment. In China, drugs that were recommended were primarily HCQ but also α-interferon, lopinavir, ritonavir and umifenovir [27], in Korea, recommended drugs were lopinavir/ritonavir and chloroquine [28]. In the context of a pandemic with a lethal respiratory virus, we believe that early detection of positive cases and carefully controlled treatment with safe and well-tolerated drugs should be generalized in outpatient medicine, i.e. in individuals with mild symptoms before signs of severity appear. Strict attention should be paid to contraindications and possible interactions with concomitant medication. Finally, there is a need to repurpose existing drugs and evaluate these in controlled trials where possible in the constraints of a pandemic.
​
Non mais franchement, un article qui ne correspond pas à l'abstract, c'est n'importe quoi.

Safe ? Non il faut faire attention aux contre-indications et aux interactions médicamenteuses (ce que tout le monde dit depuis le début)
Associé à une faible mortalité ? Non il faut évaluer les médicaments existants et faire des essais randomisés contrôlés.
Et c'est pas moi qui le dit, c'est lui ...

Bref qu’il se foute de la gueule du monde ok, mais s’il pouvait le faire avec un peu plus de subtilité.

Compte tenu de l'exposition du bonhomme ces derniers temps, il ne faudra pas plus de 24h pour que son article soit étudié sous toutes les coutures, donc je vais laisser des gens bien plus compétents que moi le soin de le faire et de critiquer la qualité de son étude. Mais je persiste très clairement sur ma position, ce peer reviewing ne vaut rien.
Citation :
Publié par TabouJr
Pour évaluer un niveau de preuve, il faut un proof-review et ça se fait après le peer-review et avant la publication. Donc ça ne plaide pas du tout en la faveur des pré-print, au contraire même.
Caramba encore raté...
Beaucoup trop réducteur...

D'après toi, pour évaluer un niveau de preuve, il faut un proof/peer review ... du coup ceux qui font les reviews, ils se basent sur quoi pour évaluer la preuve ? D'autres peer review ? Y'en a pas... Il faut bien des critères d'évaluation : lis l'article que j'ai linké, à aucun moment ils ne parlent de review pour évaluer le niveau d'une preuve. On juge la méthodologie : on peut très bien le faire à partir des pre-prints... encore une fois c'est beaucoup plus complexe que ça....


Edit pour en dessous : ouais lol, on est déjà la risée du monde entier pour plein d'autres raisons, une de plus ou de moins...

Dernière modification par DaalZ ; 06/05/2020 à 14h18.
Le fameux communiqué de presse de l'AP-HP sur l'efficacité du tocilizumab


Il y a ça et le fameux premier patient de Bobigny en décembre dont le préprint a fait le tour du monde, et qui finalement est probablement un faux positif...

En fait L'AP-HP se comporte pas mieux que Raoult, c'est un peu la honte.
Citation :
Publié par Sayn
Citation :
Publié par Quild
Ben du coup asymptomatique est pas un bon terme.

T'as juste pas les symptômes "visibles".
Bah du coup si, c'est le bon terme mdr.

En médecine, un symptôme (du grec συμπίπτω, « rencontrer ») ou signe fonctionnel est un signe qui représente une manifestation d'une maladie, tel qu'exprimé et ressenti par un patient.
Citation :
Publié par Quint`
Mais c'est exactement ce que ça veut dire "asymptomatique", mdr.
Ah ben j'ai appris un truc.

Sayn aurait mieux fait de quote ceci en fait :
Les symptômes sont donc à différencier :

Citation :
Publié par Shad'
Bon pour une petite analyse rapide des pre-prints puisque certaines personnes ici tiennent ça comme une vérité absolue (alors que non, à vrai dire la différence entre un article BFM TV et un pre-print elle est nulle).
J'ai commencé par l'étude la mieux foutu des deux: Huang et al.
Outre la structure de la publication qui n’est pas conventionnelle (càd Intro/Methodo/Résultat/Discussion/Conclusion ici on a Intro/Résultat/Discussion/Méthodo) qui est plus perturbante qu’autre chose. On apprend d’ailleurs que cette étude n’est pas « récente » dans le sens où elle a eu lieu entre le 7 février et le 8 mars.
Notons également que le traitement utilisé est la chloroquine, pas l’hydroxychloroquine, ce choix mériterait d’être justifié. Notamment parce que la CQ présente une toxicité plus importante que l’HCQ.

Concernant les résultats, plusieurs remarques et interrogations:
1- Le groupe contrôle est un « historical control » ce qui déjà est problématique, d’autant plus que ces patients ont reçu d’autres traitements (Arbidol, Lopinavir/ritonavir(= Kaletra), interferon, médecine chinoise traditionnelle (Huh ?)). Ce n’est pas absurde, rappelons que nous sommes alors en février 2020, les protocoles à l’étude étaient différents. Toutefois ça en fait un très mauvais groupe contrôle.

2- Le groupe chloroquine n’est pas un groupe choloroquine pur, à vrai dire en regardant le registre chinois des essai cliniques ( http://www.chictr.org.cn/showprojen.aspx?proj=49145 , lien issu de la publi donc c’est bien cette étude là ) il y a 73 patients qui n’ont reçu que de la CQ, 73 qui ont reçu que du Kaletra, et 59 les deux. Or dans l’étude, le groupe contrôle est 176 et le groupe CQ à 197 (après les exclusions), ça ne colle pas. Et bizarrement pas de tableau similaire au tableau 6 pour les patients du groupe CQ.

3- « No patient died or admitted to ICU either in the chloroquine group or in the non chloroquine group », si j’étais un peu taquin, je pourrais dire que le traitement n’a permis de sauver aucune vie . Mais « ce traitement sauve des vies » n’est pas la conclusion, donc restons en là.

4- La conclusion justement : « In conclusion, our preliminary evidence showed that chloroquine has the potential to shorten the time to SARS-CoV-2 viral suppression and duration offever, even with reduced dose. » C’est amusant, parce qu’à côté de ça, ils admettent bien volontiers que la durée de l’hospitalisation est similaire dans les deux groupes : « We observed no difference in the length of hospital stay ». C’est très étrange d’avoir un traitement qui permet de réduire la fièvre ( une demi-journée environ …) et la charge virale (de plusieurs jours) mais pas la durée d’hospitalisation.

5- Et la charge virale, justement parlons en, petit problème : Le traitement CQ est initié 7 jours après les symptômes à Guangdong et 19 jours à Hubei, vs. 4 et 11 jours respectivement pour le groupe contrôle. Soit 3 jours de différence entre les deux groupes à Guangdong et 8 jours à Hubei.
Or selon les données de l’étude les patients du groupe CQ sont indétectables 4,5 jours après le début du traitement vs. 8 jours pour le groupe contrôle et 3 vs.8 respectivement à Hubei. On a donc des patients du groupe contrôle qui deviennent indétectables 12 jours après l’apparition des symptômes à Guangdong et 19 jours à Hubei, vs. 11,5 jours et 22 jours respectivement pour le groupe CQ. La différence est tout de suite moins flagrante, présenté ainsi on en conclu assez facilement que les patients deviennent indétectables naturellement au bout de 12 jours à Guangdong, et d’une 20ène de jours à Hubei.

Pas ouf du tout ces conclusions.


Non, ce peer reviewing ne vaut rien
même raison que la dernière fois :

raoult.png
Le principe du peer-reviewing c'est de faire évaluer ses travaux pas ses pairs, pas par ses collaborateurs ou ses subordonnés.
Bravo d'avoir le courage de faire de la lecture critique d'article sur Jol lol. Prépare toi à ce que tous tes points soient balayés d'un revers de main par certains posteurs.

Pour l'article de Raoult, je ne savais même pas qu'il était réellement possible d'etre auteur d'une étude et éditeur du journal qui la publie, ça va quand meme à l'encontre de nos principes de recherche les plus basiques.
La crise sanitaire actuelle met en exergue beaucoup de failles du monde de la recherche en France...
Ce n'est pas très gentil, Gautret n'est qu'éditeur associé au même titre que 7 autres de ses confrères, coiffés par deux chefs d'édition et 57 autres membres du comité éditorial, soit un mec sur 67 :
Citation :
The official journal of the Royal College of Physicians and Surgeons of Glasgow and the Latin American Society for Travel Medicine. Affiliated with the German Society for Tropical Medicine and International Health (DTG)

Capture d’écran 2020-05-06 à 15.41.39.png
Disons que ça pause la question pourquoi ils ont pas essayé un autre journal avec un meilleur IF si l'étude est si bonne que ça. Parce que bon 3.4 voilà quoi.

Citation :
Beaucoup trop réducteur...

D'après toi, pour évaluer un niveau de preuve, il faut un proof/peer review ... du coup ceux qui font les reviews, ils se basent sur quoi pour évaluer la preuve ? D'autres peer review ? Y'en a pas... Il faut bien des critères d'évaluation : lis l'article que j'ai linké, à aucun moment ils ne parlent de review pour évaluer le niveau d'une preuve. On juge la méthodologie : on peut très bien le faire à partir des pre-prints... encore une fois c'est beaucoup plus complexe que ça....

Arrête d'inventer des complexité quand il y'en a pas. Le peer review est ce qu'il est : t'es jugé par des pairs, parfois meilleur ou moins bon que toi. Mais généralement il y'en a 3 ou 4 minimum pour une publication. Le but n'est pas d'atteindre la perfection ou une prétendu vérité absolue mais d'y approcher le plus possible. Chacun des reviewers a ses propre critères, c'est pourquoi on en prend plusieurs du domaine. Je me suis vu refusé des publications pour la simple raison que "il y'a mélange de l'anglais et de l'américain" alors bon.
Aussi on ne juge pas que la méthodologie. Fondamentalement la méthodologie c'est ce qu'il y'a de moins difficile dans la recherche scientifique.
Encore, tu remplis les blancs ou tu les soulignes pour en déduire que je me trompe :
"Aussi on ne juge pas que la méthodologie. Fondamentalement la méthodologie c'est ce qu'il y'a de moins difficile dans la recherche scientifique."
Pas dit le contraire : on juge la méthodologie (entre autres) : oui, quand je fais des phrases, j'essaye d'être concis, d'aller à l'essentiel... mea culpa.

Mais de toutes façons, je "n'invente pas de la complexité là où il n'y en a pas", je disais juste que la notion du niveau de preuve (et de la méthologie) est "plus complexe" qu'un concept binaire Preuve/pas-preuve review/pas-review.... rien de faux là dedans.

Citation :
Publié par Meine
Ce n'est pas très gentil, Gautret n'est qu'éditeur associé au même titre que 7 autres de ses confrères, coiffés par deux chefs d'édition et 57 autres membres du comité éditorial, soit un mec sur 67
En fait, pour reprendre ses propres termes , je crois qu'il "balaye d'un revers de main" les résultats de Raoult.

Dernière modification par DaalZ ; 06/05/2020 à 17h03.
La Méthode scientifique
Les animaux et le Covid

durée : 00:05:24 - Radiographies du coronavirus, la chronique - par : Nicolas Martin - Chaque jour, Nicolas Martin, producteur de La Méthode scientifique, fait un point sur l'avancée de la recherche sur le coronavirus. Il revient aujourd'hui sur les liens entre le Covid-19 et les animaux, et notamment les animaux domestiques. - invités : Nicolas Martin Producteur de l'émission "La Méthode scientifique" et des "Idées claires" sur France Culture


https://pca.st/x1o2fxd9


c'est rassurant finalement. A part pour les primates...
Citation :
Publié par DaalZ
Mais de toutes façons, je "n'invente pas de la complexité là où il n'y en a pas", je disais juste que la notion du niveau de preuve (et de la méthologie) est "plus complexe" qu'un concept binaire Preuve/pas-preuve review/pas-review.... rien de faux là dedans.
Ah si, tu mets de la complexité là où il n'y en a pas. Quand il n'y a pas de preuve, on ne peut pas mesurer leur niveau de confiance.

C'est pour ça que les pré-prints, c'est pas fait pour être lus par nous. Laisser s'exprimer les gens qui savent, ça marche pas que quand t'es en rade d'argument.

C'est aussi pour ça que les publications de complaisance, ça laisse un niveau de preuve très faible (tableau 1 dans ton doc que tu n'as pas pris le temps de bien lire) dans la mesure où la méthodologie laisse à désirer (cf. les deux décès non pris en compte) et que les critiques n'ont pas été prises en compte (à part le risque de poursuites judiciaires et de radiation de l'ordre) et que le type d'étude qui convient bien, ben c'en serait une contrôlée randomisée, comme conseillé par la HAS (annexe 3 page 64), hors ce n'est pas le cas ici.

Personne ne balaie d'une revers de main les résultats de l'IHU. On les prend pour ce qu'ils sont, des études mal branlées dont les résultats sont sujets à caution, d'après ta propre source.

Et ce n'est pas si compliqué que ça les niveaux de preuve. J'en discute souvent avec mes collègues à la pause midi et c'est comme une recette de cuisine. Tu appliques les consignes et à la fin, si c'est dégueulasse quand tu goûtes, ben tu dis que c'est dégueulasse, tu fais pas genre comme quand tu veux pas te fâcher avec le cuisiner. Mais c'est pas pour autant que tu vas faire cuire ton baba au rhum aussi longtemps que tu fais mijoter ta daube, y'a plein de recettes, ça fait des documents un peu long mais ce n'est pas complexe.

Essaie de lire les sources que tu nous balances et tu verras.
Sur la contamination par covid :
https://www.lemonde.fr/sciences/arti...9_1650684.html

Citation :
Dans un article récemment publié par la revue Nature Medicine, une équipe internationale de chercheurs d’institutions britannique, française et néerlandaise met en évidence le fait que certaines cellules du nez expriment en quantité importante la molécule avec laquelle le SARS-CoV-2 interagit avant de pénétrer dans les cellules et s’y multiplier.
Personnellement, jamais personne ne m'a postillonné dans le nez. C'est impossible que ça arrive dans la vie courante.
Sur le nez, peut-être, mais dans la cavité nasale, impossible.

Alors, cela ne prouve-t-il pas que la contamination ne se fait pas par des postillons, mais plutôt par des micro postillons, assez léger pour flotter dans l'air et remonter dans la cavité nasale lors de l'inspiration ?
Ce que dit donc l'article :
Citation :
La découverte du rôle de ces cellules de l’épithélium nasal comme des cibles précoces de l’infection par le SARS-CoV-2 et de réservoir potentiel pour le virus permet sans doute d’expliquer le caractère facilement transmissible de ce virus respiratoire par le biais des aérosols projetés lors des éternuements ou de la toux, en raison de leur localisation proche de l’orifice des narines.
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