L'Agora

Nouvelles formes de censure au sein de la culture contemporaine

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@Borh

Concernant ton anecdote avec ta fille, c’est un témoignage intéressant. Globalement, les bibliothèques sont au cœur des mécanismes de « censure ».

Par contre, il y a bien le plus souvent une classification par âge dans un secteur jeunesse (et/ou par thème, par support). Une première lecture ne se retrouve pas mélangée dans un bac fourre-tout, en théorie. Le problème étant que tu ne peux conserver un secteur jeunesse en ordre : c’est le bordel par essence. Les enfants dérangent, les adultes également, les profs aussi (surtout) et c’est le secteur le plus fréquenté d’une médiathèque de taille moyenne. Le bouquin qui t’a choqué n’était peut-être pas rangé au bon endroit, tout simplement.

Après, tu étais peut-être aussi dans une « mauvaise » bibliothèque, une bibliothèque associative ou entièrement tenue par des bénévoles (plus de bénévoles que de professionnels en France dans les espaces de lecture, et on basculera d'ici quelques années, faute de budget, sur le système du Royaume-Uni avec ses bibliothèques gérées uniquement par des petites vieilles et des punks à chien).

Idem un secteur jeunesse n’est pas une crèche : les enfants sont sous la responsabilité des parents, pas des bibliothécaires.

Je rappelle également qu’il y a un cadre légal concernant les publications jeunesse : la loi du 16 juillet 1949. Et il y a bien, encore aujourd’hui, une « commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence ».

Et la littérature jeunesse, grosso merdo, tu peux la diviser de deux manières :

— L’ouvrage « médicament » : « mon gamin a peur du noir, vous avez une histoire sur ça ? », « son papi a un cancer, vous avez quelque chose ? ». Le livre répond aux angoisses des parents et ces ouvrages n’existent que pour cela. Ces bouquins n'ont, de fait, aucun intérêt culturel. C'est de l'utilitaire.

— L’ouvrage qui ne se soucie pas tellement de répondre à une commande, à des angoisses, et qui a un intérêt culturel avéré : Tana Hoban, Christian Voltz, Claude Ponti, Tomi Ungerer, Émilie Vast, et j'en passe (pour rester uniquement sur des têtes connues).

Les deux ont une utilité et n’ont pas à disparaître des médiathèques.

Ce n’est pas « politiser un enfant » que de proposer des ouvrages d’un fonds jeunesse qui heurtent les convictions des adultes. Et ce n’est pas le mettre en danger que de foutre ses fesses sur un pouf et de lui lire une histoire, même si le bouquin ne vous plaît pas. Les seuls bouquins « dangereux » qu’on peut encore trouver dans une bibliothèque sont ceux qui ne déclarent pas leurs réelles intentions. Le plus souvent quelques machins débiles d’éditeurs religieux qui visent surtout les adolescents. Enfin, un établissement n’est pas à l’abri d’une erreur quand il doit traiter des milliers de documents par an.

C’est rarement le bibliothécaire qui politise la bibliothèque. C’est avant tout sa tutelle qui peut l’utiliser comme un outil de campagne (de moins en moins le cas). Les collègues qui travaillent dans des municipalités FN sont très souvent en détresse. Puis les usagers, et leurs convictions. J’ai travaillé pendant plusieurs années avec toute une belle palette de censeurs : de l’école coranique clandestine aux mormons, en passant par les grenouilles de bénitier qui venaient avec des listes d’ouvrages à expurger. Idem pour les adeptes de l’appropriation culturelle et de la réécriture de contes qui, il est vrai, sont à la mode. La seule réponse à adopter face à ces injonctions : non. La bibliothèque n’est pas politisée par la racine, elle passe surtout son temps à résister face aux censeurs de droite et de gauche. Je me souviens encore de la tutelle qui souhaitait que l’on colle des pastilles sur les ouvrages qui abordaient, de près ou de loin, l’homosexualité. Comment voulez-vous répondre à ça ?

Pensez – y avant d’aller enquiquiner la dame du CDI ou la bibliothécaire à chignon. Et repensez également à Copé. Vous ne voulez pas lui ressembler, non ?

Six ans plus tard, en 2020, ce n'est plus seulement le droitard ou le religieux qui me demande de retirer des bouquins de la bibliothèque. Et franchement, ça m'emmerde.
Citation :
Publié par Zangdar MortPartout
On vit quand même des époques assez incroyables. Il y a 40 ans un homme pouvait se vanter de sa consommation de jeunes prostitués mineurs sans que personne ne bronche, et aujourd'hui un simple écrit peut vous envoyer en taule pour 14 ans. C'est comme si entre les deux on avait oublié de s'acheter une raison.
Si on est un peu cynique, le premier cas ne concernait qu'une partie de la société intellectuelle et quelques victimes dans un contexte historique qui a quand même vu Sartre, de Beauvoir, Deleuze, ou Aragon s'y associer, le second fait que ces derniers si ils étaient en vie ne pourraient peut-être plus publier.
Citation :
Publié par Mr-CDL
@Borh
.. .
Pour te répondre la dessus, c'est une bibliothèque municipale parisienne.

J'ai retrouvé le nom d'un des livres, "Akim court"
Je vois que sur cultura.com, ils l'ont classé dans les 4-7 ans. Franchement je ne sais pas où je le classerais. Je trouve que le thème est extrêmement violent et triste pour des 4-7 ans. Mais dans la forme, dessins double page avec peu de texte écrit gros dans un style très simple, ça fait livre pour petit.

Quand je pense que j'ai appris à lire avec la bibliothèque rose, là c'est autre chose. Ceux qui affirment qu'on surprotège trop les enfants sont visiblement pas au courant de tout.
Akim court, c'est L'École des loisirs. L'éditeur le classe dans sa collection « Pastel » : il est pensé pour les 8 à 11 ans, ce qui semble correspondre à ta description (tu peux oublier Cultura pour le classement...). Je doute du fait que l'on puisse le mettre volontairement dans un bac pour les « tout-petits », dans une bibliothèque.

Et l'école des loisirs n'est pas une obscure maison subversive, il y a une longue tradition éditoriale et ils peinent à se détacher d'un certain classicisme. La collection Pastel existe depuis plus de 30 ans...

Et je peux te garantir qu'un ouvrage de cette collection, en 2020, n'est pas si différent de celui qu'on pouvait avoir dans les années 90.

Par contre, oui, et c'est l'objet de ce sujet, le regard que l'on porte sur l'enfance, la culture, la littérature, n'est plus le même. Même chose, donc, pour la « censure ».
Zineb Sedira artiste Franco-Algérienne, a été désignée par la France pour représenter notre pays lors de la très prestigieuse Biennale de Venise (le plus grand événement artistique au monde, ou chaque pays envoient un(e) artiste pour le représenter), sauf que très vite elle a été la cible d’attaques venant de l’extrême-droite sioniste (Causeur, BHL, le CRIF, Jacqueline Frydman, etc.) et accusée de soutien au BDS, et donc, classiquement, d’antisémitisme, car elle avait retiré une de ses œuvres qui devait être montrée dans cette même Biennale en Israël en 2017, tout comme Walid Raad et au moins quatre autres artistes : Jordi Colomer, Akram Zaatari, Yto Barrada et Bouchra Khalili (une comparaison de la liste initiale avec la liste finale des artistes exposés montre aussi le retrait de Pierre Huyghe et de Pipilotti Rist, peut-être pour d’autres raisons.)
Suite à ça, un appel au retrait de sa candidature à la Biennale a été partagé.
Citation :
Confrontée à ces attaques, Zineb Sedira a envoyé le 29 janvier un communiqué à l’AFP, dont je n’ai pas trouvé le texte complet, mais dont i24news a repris la teneur : « son retrait a été instrumentalisé par le BDS », dire qu’elle s’est retirée pour soutenir le BDS constitue « des accusations infondées et calomnieuses », et « quand elle s’est retirée d’une exposition au sein de la Biennale de la Méditerranée en juin 2017, ses raisons « n’avaient absolument rien à voir avec ce mouvement dit BDS » mais étaient « purement artistiques », en raison des mauvaises conditions d’installation d’une de ses vidéos. » BHL, dans La Règle du Jeu et sur Twitter, s’en est aussitôt félicité, remplaçant dans son tweet « raisons purement artistiques » par « considérations morales » (un lapsus intéressant ?) et ajoutant (est-ce dans le communiqué AFP ?) « la page Facebook en ligne depuis lors qui l’associait au BDS a été publiée sans son consentement ».
Citation :
"Le retrait de mon œuvre a été instrumentalisé par le BDS (…). C’est la raison pour laquelle non seulement aucun boycott d’Israël ne saurait m’être reproché, mais en plus j’ai eu le plaisir d’y exposer mes œuvres au musée d'Herzliya (...) et plus anciennement à Jérusalem et à Nazareth"
https://www.lemonde.fr/blog/lunettesrouges/2020/02/01/a-propos-de-zineb-sedira-representant-la-france-a-la-biennale-de-venise-et-du-bds/
https://www.i24news.tv/fr/actu/franc...ycott-d-israel
Walid Raad a lui subit les foudres du gouvernement Israélien et de l'extrême droite Israélienne, concernant un prix Aachen que devait lui remettre la Fondation Ludwig à Aix la Chapelle, même le maire de la ville a cédé aux pressions, et a accusé l'artiste de boycotté les produits Israéliens. Walid s'est vu retiré son prix, puis remis après examen, suite à une concertation du conseil d'administration.
Citation :
Il y a quelques mois, l’artiste libano-américain Walid Raad a reçu le prix Aachen décerné par la Fondation Ludwig. Mais le maire de la ville a accusé Walid Raad de supporter le boycott d’Israël; la seule accusation à ce sujet, pour citer le Jerusalem Post, était : « In 2017, Raad removed his work from The Mediterranean Biennale due to BDS ». Confronté à ces accusations, Walid Raad a refusé de se justifier, il a été, toujours d’après le Jerusalem Post, « mocking and snug ». Le maire d’Aix a donc refusé que le Prix lui soit décerné. Le Conseil d’Administration de la Fondation Ludwig a tenu bon, et Walid Raad, resté digne et ne s’étant pas renié, a reçu le Prix. J’ai donné plus de détails dans ce billet.

Après l’annonce de Walid Raad comme lauréat de ce prix prestigieux, un certain nombre de groupes de pression ont protesté, avec l’habituelle tentative d’assimiler la critique d’Israel à de l’antisémitisme. Le maire d’Aix-la-Chapelle (la ville étant partie prenante du Prix), Marcel Philipp (CDU) a cédé à ses pressions et a annoncé lundi dernier qu’il refusait que Walid Raad soit lauréat du prix. Il a dit avoir demandé à Walid Raad des explications sur son implication dans le boycott culturel d’Israel, et, (ce que j’imagine bien, connaissant un peu Walid) celui-ci a répondu avec moquerie (comme dit le Jerusalem Post, « mocking and smug »). N’ayant pas obtenu que Walid Raad condamne le BDS, le maire a décidé de lui dénier le Prix, en s’appuyant sur une motion du Bundestag assimilant antisonisme (BDS) et antisémitisme (motion qui fut d’ailleurs dénoncée par 60 intellectuels juifs, israéliens ou non)

https://www.lemonde.fr/blog/lunettes...ns-politiques/
Il est assez effrayant que déjà d'une part, que l'on cède aux pressions d'un gouvernement étranger, et qu'ensuite celui-ci s'ingère dans la gestion artistique du pays et dans la vie des artistes y résidant, pour mener une campagne de censure culturelle visant à les faire taire, en propageant des rumeurs calomnieuses et en les insultant d'antisémitisme.

C'est bien la première fois que je vois ça, et voir un élu courber l'échine ainsi, c'est assez désespérant. Heureusement, Zineb représentera la France à la Biennale, et Walid a eu sa récompense, mais va falloir rester alerte, parce que le gouvernement Israélien et l'extrême droite Israélienne, ont l'air de veiller au grain, en l'espace de quelques mois, ils invitent à la censure de nombreux artistes, veulent régenter l'art et ses représentants dans notre pays!
Étayez vos propos le topic est fait pour ça! Une censure n'est pas mieux qu'une autre, on est pas là pour faire des comparatifs, mais pour dénoncer, parlons en!
Citation :
Publié par gnark
Je n'ai pas le temps de faire une post construit ce soir mais tu as tout le volet culturel de BDS
https://www.bdsfrance.org/category/b...cott-culturel/
Il n'y a pas de "censure" sur 8 pages survolées (comment en auraient ils le pouvoir d'ailleurs ?), ils ne font qu'envoyer des lettres à des artistes (non israéliens) pour leur demander d'annuler des trucs en Israël, ou font des appels au boycott de festivals ayant lieu en Israël. Il n'y a même pas d'appels au boycott des artistes continuant à se produire en Israël après leurs lettres.
Citation :
Publié par Borh
L'espace public est un espace partagé par tout le monde, donc clairement il faut y respecter un minimum les sensibilités des uns et des autres. Si on ne les respecte pas, il n'y a pas de respect en retour je pense que c'est pas difficile à comprendre.
Chacun a le droit d'avoir ses opinions mais pas de les imposer aux autres.

En ce sens je distingue une œuvre dans un musée que chacun est libre d'aller voir où non et un plug anal géant imposé à tous sur une grande place parisienne.
+1.

J'arrive après la bataille mais perso je ne suis pas contre l'art "subversif" comme celui de Mccarthy. Certes, sur un plan purement personnel, je le trouve assez consternant et j'ai tendance à trouver que ce type d'art frôle très, très souvent le foutage de gueule cynique de nos jours, mais ça fait partie de la liberté artistique et de la liberté d'expression.

En revanche, quand ce même art est imposé à tous dans un espace public, là oui il est entièrement normal de faire plus attention à ce qu'on y met. Et ça n'a rien à voir avec de la censure , de l'autocensure ou que sais-je encore; C'est du simple bon sens.
D'une part parce que c'est un espace partagé. D'autre part parce que ça vient de l'argent du contribuable.

Un plug anal vert géant c'est, objectivement, laid mais surtout ça dit aux gens : "voilà à quoi votre argent a contribué. Vous êtres content? " De là à trouver l'oeuvre insultante comme un bon doigt d'honneur, il n'y a qu'un pas.
Au début je croyais qu'il parlait de la censure du gouvernement Israélien envers des artistes Israéliens.

A ce sujet;
Le centre communautaire laïc juif a dénoncé la censure dans le cinéma Israélien par le gouvernement, en réponse la gouvernement veut réduire les financements des centres d'art et ne plus soutenir les artistes qu'ils estiment de gauche, ou qui manqueraient de loyauté envers l'état.

Donc, les cinéastes viennent demander des financements en France comme pour le film Synonyme de Nadav Lapid, qui est pourtant très bon, que je ne trouve d'ailleurs, pas extrêmement critique envers le gouvernement. Il en parle très bien.
Citation :
"Je traite ma propre expérience comme une matière pour parler du monde tel qu'il est aujourd'hui", a ajouté le cinéaste, qui avait choisi à l'époque la France "à cause de son admiration pour Napoléon, sa passion pour Zidane, et à cause d'un ou deux films de Godard".
- "toujours en colère" -

Pour le cinéaste, qui est ensuite retourné vivre dans son pays, "Israël est un pays qui exige de vous un amour absolu, total, sans concession".
"Une fois que l'on refuse cet amour, on se retrouve de l'autre côté, dans la haine totale", poursuit Nadav Lapid, pour qui ce problème concerne "une minorité importante" de jeunes Israéliens aujourd'hui.
Dans son film, le metteur en scène n'hésite pas à critiquer un pays dans lequel dit-il, "l'extrémisme est le +mainstream+", où le service militaire "est quelque chose qui commence quand vous avez quatre ans, et qui d'une certaine manière ne se termine jamais".

"C'est un état d'esprit sécuritaire qui favorise des qualités comme être dur, courir vite et tirer bien", poursuit-il.
En recevant son prix à la Berlinale en février, Nadav Lapid avait estimé que son long métrage "pourrait être considéré comme un scandale en Israël".
"Le film aborde le problème de l'âme collective israélienne" contemporaine qui "est incarnée par un mélange d'hommes forts, violents et fidèles à leur pays, sans ressentir de doutes, sans réserve", avait-il encore dit, dans une allusion à la montée en puissance du sentiment nationaliste.
Mais, avait-il tempéré, "j'espère que les gens pourront comprendre que la fureur, la rage, l'hostilité, la haine et le mépris arrivent seulement entre frères et soeurs".
Aujourd'hui, plus de 15 ans après l'épisode de sa vie parisienne, Nadav Lapid se dit "toujours en colère" contre son pays.

"Mais je suis un peu plus âgé, donc peut-être que je n'ai plus le courage d'exprimer cette colère, ou alors par des films, qui est un peu le moyen des lâches", ajoute-t-il. "Ne pas le vivre mais le filmer, c'est plus sûr...".
Après il y a en beaucoup d'autres, qui serait trop long d'exposer ici, allant d'une pièce de théâtre et son acteur "beaucoup trop de gauche" ou l'artiste qui a défendu une détenue Palestienne. Ou quand une ambassadrice voulait censurer un reportage Français. Ou la censure d'un roman illustrant une histoire d'amour entre une juive et un palestinien.

C'est le fait d'un gouvernement d'extrême droite et autoritaire, rien de nouveau sous le soleil. Il faudrait dédier un topic entier à cette question.

Citation :
D'autre part parce que ça vient de l'argent du contribuable.
Un plug anal vert géant c'est, objectivement, laid mais surtout ça dit aux gens : "voilà à quoi votre argent a contribué. Vous êtres content? " De là à trouver l'oeuvre insultante comme un bon doigt d'honneur, il n'y a qu'un pas.
Le plug de McCarthy n'a pas été financé par le contribuable. Hormis si vous avez une source.
https://www.nbcnews.com/think/opinio...se-ncna1134031

Un article assez intéressant dans NBC. Parce qu'il est devenu totalement révélateur d'une tendance lourde, au moins dans le monde anglo-saxon : les seuls critères d'évaluation d'un film sont désormais :
a) la composition ethnique de ceux qui l'ont produit, tourné, joué.
b) la conformité de son histoire avec le politiquement correct.
Le reste, le jeu d'acteur, le scénario, le film, n'a strictement aucune importance. La seule chose qui compte pour les critiques "libéraux", c'est qu'il n'y ait pas trop de blancs impliqués dans sa réalisation, surtout si ce sont des hommes. Et c'est pareil dans le camps d'en face, inversé.
Citation :
Publié par Aloïsius
https://www.nbcnews.com/think/opinio...se-ncna1134031

Un article assez intéressant dans NBC. Parce qu'il est devenu totalement révélateur d'une tendance lourde, au moins dans le monde anglo-saxon : les seuls critères d'évaluation d'un film sont désormais :
a) la composition ethnique de ceux qui l'ont produit, tourné, joué.
b) la conformité de son histoire avec le politiquement correct.
Le reste, le jeu d'acteur, le scénario, le film, n'a strictement aucune importance. La seule chose qui compte pour les critiques "libéraux", c'est qu'il n'y ait pas trop de blancs impliqués dans sa réalisation, surtout si ce sont des hommes. Et c'est pareil dans le camps d'en face, inversé.
C'est fou comme les inconnus avaient d'une certain manière déjà vu tout ça dans les années 80


Alors évidemment on pensera ici au personnage joué par Campan, mais ce qui est surtout rigolo ici, c'est qu'effectivement personne ne parle en fait de cinéma (mais on sent en revanche que les auteurs eux aiment leur sujet vu comment ils parodient si bien les genres cités)
Citation :
Publié par Aloïsius
https://www.nbcnews.com/think/opinio...se-ncna1134031

Un article assez intéressant dans NBC. Parce qu'il est devenu totalement révélateur d'une tendance lourde, au moins dans le monde anglo-saxon : les seuls critères d'évaluation d'un film sont désormais :
a) la composition ethnique de ceux qui l'ont produit, tourné, joué.
b) la conformité de son histoire avec le politiquement correct.
Le reste, le jeu d'acteur, le scénario, le film, n'a strictement aucune importance. La seule chose qui compte pour les critiques "libéraux", c'est qu'il n'y ait pas trop de blancs impliqués dans sa réalisation, surtout si ce sont des hommes. Et c'est pareil dans le camps d'en face, inversé.
Vivement qu'ils sombrent dans leur multiculturalisme et leur politiquement correct!
Citation :
Publié par Ombre Vengeresse
Vivement qu'ils sombrent dans leur multiculturalisme et leur politiquement correct!
Ils ?

Nous sommes en plein dedans, va publier une photo du staff de ton entreprise sans que la masse immonde des indignés de réseaux sociaux ne vienne chercher à commenter le manque de diversité. Il manque toujours un truc et on n'a même pas droit aux couteaux suisses (femme issue des minorités visibles, handicapée, lesbienne, moins de 50 ans et vegan).

Pour le cinéma, laissons les historiens tout réécrire pour que les cinéastes n'aient plus à se prendre la tête avec un nuancier, après un chevalier de la table ronde bantou, on aura Nelson Mandela joué par jean Dujardin et Hitler par Spike Lee ou Morgan Freeman.

Nous verrons dans quelques années mais je reste convaincue que tout ceci va être le ferment de racismes de plus en violents de tous bords et que nous en finirons par revenir à la case départ ou du moins à une case territoriale spécifique à chaque minorité. Si le critère ethnique doit être mis en avant là ou il n'a rien à faire alors la discrimination deviendra la règle.
Citation :
Pour le cinéma, laissons les historiens tout réécrire pour que les cinéastes n'aient plus à se prendre la tête avec un nuancier, après un chevalier de la table ronde bantou, on aura Nelson Mandela joué par jean Dujardin et Hitler par Spike Lee ou Morgan Freeman.
Le réalisateur est libre de choisir ses acteurs et l'orientation de son film (hormis cinéma de commande), il a une liberté de création totale qui doit bien entendu le rester, même si beaucoup aujourd’hui désire régenter & moraliser l'art pour le faire correspondre à un idéal, ce qui est un danger.

Je fais confiance aux artistes pour tenir tête aux nouveaux censeurs, qu'il y ait un Hitler joué par Spike Lee, que Jeanne D'arc soit noire ou que Mandela soit jaune, cela n'entre pas dans mes critères appréciation d'une oeuvre d'art cinématographique et dans le cas contraire, je trouve ça foncièrement ridicule et anti-créatif, c'est de l'esbroufe, dans l'art il n'y a pas de commandements à respecter, juger d'une oeuvre à l'aune d'une couleur de peau ou de sa fidélité à une histoire fictive ou réelle, très peu pour moi.

Ces dérives idéologiques relatif à l'art, touche aussi bien la gauche que la droite, la culture est prise en étau entre ces deux entités radicales qui veulent un art idéologique, à leur image. Le seul credo que l'on devrait promouvoir en art: c'est la liberté.
Hitler sera forcément toujours joué par un homme blanc. C'est un méchant.

Mandela sera forcément jouer par un noir. Sinon c'est du blackwashing.

Donc ce que vous dites est impossible.
Après les oscars n'ont jamais représenté LE meilleur film. Le simple fait que c'est la première fois qu'un film non anglophone gagne le prouve. C'est assez pipeau, et surtout cette année je trouve où quasiment tous les films nominés n'ont rien de spécial.

Je suis d'accord avec toi .K., mais je pense que tu réponds volontairement à côté. Où sont les artistes en Corée du Nord ou en Chine? Ils existent sûrement, soit ils suivent les règles, soit ils arrivent à ne pas se faire choper (mais du coup leur art est invisible ou presque), soit ils meurent / se font censurer / n'existe pas au final. Je pense que c'est ça la "peur". Tu fais confiance aux artistes mais ça n'a jamais été eux le problème.

Personnellement je pense que c'est surtout la sur médiatisation de tout ça qui est horrible. 99% des pensées de ces gens on s'en fiche, qu'ils soient raciste ou pas ça change pas grand chose au final, si on parlait un peu d'art ça serait bien. Je pense ça même quand ça ne concerne que des choses bien, par exemple quelqu'un va faire un documentaire qui sera jugé comme important pour une raison X ou Y, Ava DuVernay par exemple, de quoi on parle? On parle d'à quel point Ava DuVernay est géniale, quelle audace, quel blabla mais ce qui est montré dans le documentaire c'est passé au second plan au mieux, absent des discussions au pire. Comment en est-on arriver là? C'est bien triste.
Citation :
Publié par .K.
Le réalisateur est libre de choisir ses acteurs et l'orientation de son film (hormis cinéma de commande), il a une liberté de création totale qui doit bien entendu le rester, même si beaucoup aujourd’hui désire régenter & moraliser l'art pour le faire correspondre à un idéal, ce qui est un danger.

Je fais confiance aux artistes pour tenir tête aux nouveaux censeurs, qu'il y ait un Hitler joué par Spike Lee, que Jeanne D'arc soit noire ou que Mandela soit jaune, cela n'entre pas dans mes critères appréciation d'une oeuvre d'art cinématographique et dans le cas contraire, je trouve ça foncièrement ridicule et anti-créatif, c'est de l'esbroufe, dans l'art il n'y a pas de commandements à respecter, juger d'une oeuvre à l'aune d'une couleur de peau ou de sa fidélité à une histoire fictive ou réelle, très peu pour moi.

Ces dérives idéologiques relatif à l'art, touche aussi bien la gauche que la droite, la culture est prise en étau entre ces deux entités radicales qui veulent un art idéologique, à leur image. Le seul credo que l'on devrait promouvoir en art: c'est la liberté.
"de la contrainte naît la créativité"
Non ?
Il me semble qu'avant le XIXème siècle, beaucoup de très grands artistes ont passé toute leur carrière à ne faire que de la commande.
Citation :
Publié par Twan
Euh tu n'as pas vu Jojo Rabbit, toi.
Inutile de donner des exemples, quand on présuppose que les créateurs sont inféodés à une idéologie, c'est que l'on manque de culture, à partir de là, la discussion sera nulle.

@Mimu
Les Oscars j'ai jamais compris la hype autour, c'est l'équivalent de nos Césars et tout le monde s'en fout, à juste titre. Le cinéma international se retrouve à Cannes, Berlin ou Venise, dans les grands festivals dédiés au cinéma.

Concernant la Chine c'est un mauvais exemple, il y a beaucoup d'artistes Chinois, même si le gouvernement est autoritaire & surveille de près les artistes & la création, on est plus au temps de la révolution culturelle. Les artistes Chinois en Chine existent et leur travail avec, il est clair que c'est moins confortable qu'en occident, vu les contraintes & pressions exercées par le parti, mais ils sont présents.

Depuis l'ouverture du pays, l'art contemporain Chinois a explosé, je peux te citer Zeng Fanzhi, Zhang Xiaogang, Yue Minjun, Zhou Chunya ou Fang Lijun qui sont de très bons peintre, maintenant reconnus à l'international, en artiste conceptuel Ai Weiwei, Zhang Huan ou Huang Yong Ping. L'art Chinois contemporain existe et il est de qualité, même si la cohabitation avec le gouvernement est difficile & ambiguë, celui-ci a bien compris que la culture représente un soft-power important et en ce sens, il porte, tout en surveillant, ces artistes, une relation tout compte fait assez schizophrène.
Citation :
L’art chinois a connu une nouvelle ère avec l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir, et l’ouverture nouvelle du pays à partir de 1989. Elle se caractérise alors par une liberté d’expression et une explosion créative. De nouveaux mouvements artistiques naissent, comme le « xiamen dada » et le « political pop art ».

political_pop_art1.jpg
« Great criticism » de Wang Guagyi

Les événements de Tiananmen ont été vécus comme un véritable drame pour les artistes, qui se sont par la suite exilés à l’étranger. C’est alors la naissance d’un art hybride, mêlant orient et occident.

L’explosion de l’art chinois

C’est dans les années 2000 que le marché de l’art chinois explose, avec l’apparition de plus en plus fréquente d’œuvres à message. Le contenu se fait de plus en plus contextuel avec un message en filigrane. De 2004 à 2006, les ventes d’art contemporain asiatiques de Sotheby’s et Christie’s explosent, dont une majorité est chinoise. Ces ventes passent de 22 à 190 millions de dollars ! En 2007, la moitié des artistes les plus populaires est chinoise.

Aujourd’hui, ces artistes sont devenus multimillionnaires. On retrouve ainsi Wang Guagyi, qui possède une jaguar ainsi qu’une villa de 10 000 m² à Pékin, sans compter des galeries qui se créent un peu partout dans le monde, telles que le quartier 798 à Pékin, faites d’anciennes usines d’armement reconverties.
Parmi les grands artistes chinois que l’on trouve aujourd’hui, il y a notamment les frères Gao. Ces anciens activistes de Tiananmen, parfois censurés, qui disposent aujourd’hui de plus de 798 galeries et possèdent une renommée internationale. Ils sont l’auteur de performances remarquées, comme celle où ils détruisent une statue de Mao avec des seins de femme.

Il y a également Yue Minjun, un « réaliste cynique » très apprécié des mécènes chinois. Ses œuvres sont notamment disponibles à la fondation Cartier à Paris.
Liu Bolin est aussi un artiste chinois reconnu dans le milieu de l’art. Après la fermeture de son atelier de Pékin et l’interdiction de ses expositions, il a imaginé une « révolution silencieuse ». Il s’est alors fondu dans le décor urbain comme manière de protester contre les autorités du pays.

Liu-Bolin.jpg

https://culture-communication.fr/fr/...rain-en-chine/
L'état Chinois investi dans la culture et fait sortir de terre des musées dédiés à l'art contemporain, tout en rénovant ces structures culturelles passées.
Citation :
Dans le même temps de très nombreux musées d'art ancien ont été rénovés (en particulier le Musée national de Chine en 2003), participant à cet effort de pédagogie à grande échelle, et suscitant un réel intérêt dans la population pour la culture artistique et historique nationale et internationale, bien que la nouvelle vision de l'histoire (surtout celle du xxe siècle) construite par les historiens officiels en Chine reste à bien des égards problématiques aux yeux des autres historiens.

Le musée de Shenzhen a conçu un espace expérimental exclusivement réservé à l'art contemporain. Et il a été imité dans le Beijing Today Art Museum (2002) dans le district de Chaoyang. Puis ce fut la Square Gallery of Contemporary Art, à Nanjing en 2005, et en 2007, toujours à Pékin, Ullens Center for Contemporary Art et le Three Shadows Photo Art Center. Le lieu branché qui regroupe des ateliers d'artistes et les plus grandes galeries internationales et chinoises à Pékin se trouve dans « l'Espace 798 (district de Chaoyang), un vaste complexe d'usines de production d'armement dans les années 1950 réhabilité dans les années 2000.

Dans un tel contexte il semble évident que l'art contemporain chinois a été intégré aux courants culturels dominants. Ce qui permet aussi aux artistes de réaliser régulièrement des actes artistiques qui engagent la réflexion autant que la sensibilité ou d'utiliser leur notoriété pour s'exprimer sur des questions de société, comme le font leurs homologues ailleurs dans le monde, pour faire avancer la société chinoise actuelle, et faire éventuellement réagir le pouvoir. L'exemple de Ai Weiwei était d'actualité en 2011.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_chinois_contemporain#L'entr%C3%A9e_dans_le_nouveau_mill%C3%A9naire_(2000-2013)
Concernant le cinéma, tu es quelqu'un avec de la culture, tu dois connaitre Wang Bing réalisateur de documentaires maintes fois primés, Jia Zhangke qui dépeint les travers de la société Chinoise, Diao Yi'nan qui a fait dernièrement Le lac aux oies sauvages ou feu Hu Bo (An elephant sitting still) qui s'est malheureusement suicidé suite à des déboires lors de la réalisation du film.
Citation :
La post-production avait été houleuse : Hu Bo était entré en conflit violent avec ses producteurs, le cinéaste Wang Xiaoshuai (So Long, My Son) et son épouse, Li Xuan, ardents soutiens du film à l’origine. Ils voulaient un montage plus court – An Elephant Sitting Still dure trois heures et cinquante minutes –, Hu Bo avait défendu sa version jusqu’au bout, réclamant le contrôle absolu sur sa création, comme l’indiquent les messages sur son compte Weibo (le Twitter chinois). Wang Xiaoshuai et Li Xuan ne sont aujourd’hui plus crédités au générique, et les droits du films sont devenus la propriété des seuls parents du cinéaste.

https://www.telerama.fr/cinema/qui-e...l,n6580084.php
Tout ça pour dire que je ne comprends ton avis sur la question, pourquoi tu me l'exposes en exemple et ce que tu veux signifier en l'utilisant.

Concernant la Corée du Nord, le pays est cadenassé, ils en sont encore au réalisme socialiste. Autant dire que ça ne vole pas haut, des effigies à la gloire du dictateur, du père de la patrie etc.

Citation :
Personnellement je pense que c'est surtout la sur médiatisation de tout ça qui est horrible. 99% des pensées de ces gens on s'en fiche, qu'ils soient raciste ou pas ça change pas grand chose au final, si on parlait un peu d'art ça serait bien. Je pense ça même quand ça ne concerne que des choses bien, par exemple quelqu'un va faire un documentaire qui sera jugé comme important pour une raison X ou Y, Ava DuVernay par exemple, de quoi on parle? On parle d'à quel point Ava DuVernay est géniale, quelle audace, quel blabla mais ce qui est montré dans le documentaire c'est passé au second plan au mieux, absent des discussions au pire. Comment en est-on arriver là? C'est bien triste.
Y'a une sur-médiatisation évidente, surtout des débiles a qui on donne une tribune.

Après il est clair que sur JOL, il est difficile de parler d'art cinématographique ou autre, qui plus est, les thread à ce sujet sont prit à parties par des revendicateurs culturels, ce n'est clairement pas ici que tu pourras avoir une discussion intéressante & stimulante. Il y a d'autres endroits pour ça, Senscritique est un très bon réseau social ou les passionnés de culture peuvent échanger & discuter, des forums comme DVDClassik aussi, j'y ai découvert beaucoup et l'on peut parler posément de cinéma avec des gens qui s'y connaissent un minimum, animés par la curiosité & la passion.

Il est clair que l'expertise n'est pas la même quand tu lis une critique ciné sortant de chez Mademoizelle que dans les Cahiers du cinéma. Tout est question de là ou on pose notre regard, si tu contentes de plateforme comme celle ou nous sommes, tu seras frustré.

Qui a envie de passer son temps à rectifier les conneries des nouveaux censeurs culturels de gauche ou de droite? Personne, c'est un exercice d'une vacuité mortelle, surtout pour un passionné qui ne désire qu'une chose discuter, partager, découvrir et ne pas perdre son temps avec le néant.

J'ai participé à des forums spécialisés, lié au ciné ou à la littérature, jamais je n'ai vu ça et personne ne se perd dans ce type de conneries, sur les forums de JV adepte de la culture pop, c'est autre chose. Mais bon ils ne sont pas représentatifs, c'est une masse bruyante à surveiller.

@Bohr
Citation :
"de la contrainte naît la créativité"
Non ?
Je ne comprends pas les phrases cryptiques de ce type, je l'ai déjà dis à d'autres, faites l'effort d'exposer clairement votre pensée, histoire d'avoir une base pour entamer une discussion.

Il y a des contraintes d'ordre technique ou peut naître la créativité, par exemple, celle d'utiliser qu'un seul plan séquence pour tourner un long métrage, c'est une contrainte technique qui apporte un plus, d’instantanéité et d'action, comme chez le récent 1917 ou plus ancien, le film Victoria. Il y a aussi des contraintes technologiques ou la créativité soumises aux limites de la technique trouve à s'exprimer autrement, par exemple les films muet, notamment ceux de Carl Theodor Dreyer, les acteurs devaient exprimer une palette d'émotions plus large par le visage, puisque le spectateur ne l'entend pas.

Et si vous désirez aller plus loin dans la philosophie artistique, on peut aussi dire que la destruction est une forme de création. Prenons l'exemple d'une sculpture de Michel-Ange son magnifique David, avant d'être une sculpture c'était un bloc de marbre, création de la nature d'une beauté différente mais beauté tout de même, et bien Michel-Ange pour créer sa sculpture a du détruire le bloc. Destruction > création. Le Centre Pompidou avait fait un mooc sur le sujet, très intéressant, la destruction fait partie de l'art, encore aujourd'hui dans ses formes contemporaines.

JeremyPerrodeau-Mooc-Detruire-512x724.jpg

Par contre si vous parlez des contraintes artistiques lié à un état, un gouvernement, un parti, un groupe idéologique ou populaire, là on parle d'autre chose de plus inquiétant. Voir révolution culturelle Chinoise ou le mouvement artistique réalisme socialiste.

L'exemple des commandes d'avant le 19ième est mauvais, vous occultez le contexte, celui qui fait que les artistes ne sont pas libres d'exprimer leur vision personnelle du monde, il y a une très forte pression de l'état & de l'église , il y a des dogmes sociétaux mais aussi artistiques, comme avec l'Académie et émergence de la peinture moderne impressionniste, concernant le 19 ième.

Bien avant au 17 ième, il y a quand même des nuances au sein de la commande, par exemple on a commandé au Caravage un tableau pour décorer une chapelle, résultat il a respecté le thème mais d'un point de vue formelle, il a peint un cheval réaliste croupe en avant, ce qui lui a valu un scandale, idem il avait tendance à ne pas idéaliser ses peintures, ses paysans avaient les pieds sales, pareil ça a gêné. Bref, tout oeuvre est à remettre dans un contexte et en son sein, il existe d'infinies nuances.
Citation :
Dans son second tableau, Caravage se rapproche de la lettre du texte évangélique puisqu'il se limite à montrer Paul surpris par la seule voix de Dieu (pas d'apparition physique du Christ dans ce tableau), cloué même à terre sous le regard du rude palefrenier, et dominé par un imposant cheval pie. Malgré tout, il enfreint l'une des règles édictées par le mouvement de la Réforme catholique en matière de peinture, règle qui recommande d'éviter trop de réalisme dans la représentation des chevaux, ainsi que de montrer leur croupe.

358px-Caravaggio_-_La_conversione_di_San_Paolo.jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Con...Second_tableau
Aujourd'hui c'est différent, le monde occidentale a changé, notre société aussi, les artistes sont libres et ne sont plus soumis à un tiers, état, individu ou religion. La liberté artistique, ils ont du l'arracher, le pouvoir ne l'a pas laisser partir comme ça, surtout connaissant son utilité.

Après et je pense que vous faisiez référence à ça, pour vivre en société il faut des libertés et des contraintes, sans contraintes point de libertés, sinon ton voisin peut venir chez toi te tuer tranquillement, ce sont les contraintes qui permettent aussi de se balader librement et en toute sécurité.

Par contre en art qui est un domaine relatif aux idées, tout est possible et encore il y a des contraintes relatifs à autrui (appel à la haine, à la violence etc), mais n'importe quelles idées peut être émises et débattues, il y en a des + ou - moins dangereuses, mais en l'état, pour ce qui nous concerne, le débat sur la couleur de peau & la fidélité à l'histoire, franchement ça ne vole pas haut.
Citation :
Personnellement je pense que c'est surtout la sur médiatisation de tout ça qui est horrible. 99% des pensées de ces gens on s'en fiche, qu'ils soient raciste ou pas ça change pas grand chose au final, si on parlait un peu d'art ça serait bien.
Certains artistes prennent le parti de faire des oeuvres destinées à choquer le public, afin de faire parler d'eux sur cet aspect et non sur la validité de l'oeuvre, tout simplement parce que ca rapporte plus d'argent.
En règle générale, de ce que je peux constater, c'est que les groupes/associations/individus qui jouent les provocateurs perpétuels (que ce soit dans l'art, la politique, la presse, et ca vaut aussi pour les offensés permanents)... en tirent revenu (appel aux dons, vidéos monétisées, patreons, kickstarters, voire subventions publiques). Du coup, la sincérité de la démarche m'apparait douteuse.
Citation :
Publié par La Pelle du 18 Juin
Certains artistes prennent le parti de faire des oeuvres destinées à choquer le public, afin de faire parler d'eux sur cet aspect et non sur la validité de l'oeuvre, tout simplement parce que ca rapporte plus d'argent.
En règle générale, de ce que je peux constater, c'est que les groupes/associations/individus qui jouent les provocateurs perpétuels (que ce soit dans l'art, la politique, la presse, et ca vaut aussi pour les offensés permanents)... en tirent revenu (appel aux dons, vidéos monétisées, patreons, kickstarters, voire subventions publiques). Du coup, la sincérité de la démarche m'apparait douteuse.
Hum, c'est beaucoup plus compliqué que ça, des œuvres qui dérangent l'ordre moral ça existe depuis des siècles, l'exemple du Caravage en est un, l'avènement des impressionnistes/fauvistes/cubistes etc aussi a été un choc pour le milieux culturel de cette époque, pourquoi douter de leur sincérité? Parce qu'elles ne correspondent pas à votre/leur moral? Ca ne suffit pas. Moraliser l'art et la culture, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. C'est encore vouloir un monde à l'image de ses convictions.
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