Mode (La Taverne)

[Tatouage] Besoin d'avis, conseils (#4)

Répondre
Partager Rechercher
J'ai bien aimé dans la description sur FB:


Citation :
Afin de répondre aux nombreux projets actuellement en cours le studio suspend la réalisation de certains tatouages tels que:

-Les 1/2 bras

-Les bras entiers

-Dos entiers

-Les covers


Sinon clairement rien qui me fasse sauter de ma chaise dans ce que je vois de posté sur leur page
Bien noté, merci pour les avis, j'ai aucune connaissance technique
Je vais chercher du côté de Nantes ou d'Angers plutôt, pour du style old school (crabe avec couleurs pastel)

D'ailleurs des tatoués ici touchés par le psoriasis ?
Hey boys & girls !

Vous m'avez manqué alors je viens donner qques news, d'autant que ça va être les dernières avant un moment. Cliquer sur la photo pour un gros plan, et allez voir sur l'instagram de Markus pour une version en mouvement

IMG-20191031-143906-243.jpg

Hier était la dernière séance de ma jambe, commencée avec Markus Lenhard (luxaltera) de Berlin il y a presque 2 ans. Projet un peu fou de tatouage qui était né d'une interview que j'avais faite avec lui et d'un projet de long-métrage documentaire sur le tatouage que nous avions à l'étude (abandonné car Nikko Hurtado avait un projet similaire mieux avancé...dommage car il s''est avéré au final être une boue mais c'est le destin, nous n'étions pas mûrs). A l'époque j'avais booké une jambe chez Dimitri HK qui habite à qques kilomètres de chez moi. Mais plus le temps passait, plus la palette de couleur de luxaltera ainsi que la personnalité multi-facettes de Markus m'obsédaient. A côté de ça, en dépit de la grande sympathie que j'ai pour le crew de Dimitri HK et du savoir-faire évident du punk de St Germain En Laye, j'étais de moins en moins convaincu que c'était le style qui me fallait, avec des incertitudes au niveau de la composition mais surtout des couleurs new-school souvent criardes. Dimitri m'aurait fait un biomech mécanique de qualité mais je le voyais mal se détacher de la douzaine de tatoueurs biomechs qui savent taper des engrenages correctement. De l'autre côté, le style de lave liquide de Markus, ses compositions organiques hallucinatoires, son amour du chaos, et sa quête des turbulences qui va bien au delà de ce qu'on peut voir sur son book (qui n'est qu'une infime partie du reste de ses tattoos, le bonhomme n'ayant aucun intérêt pour se vendre ni récupérer des prix), bref son style reconnaissable entre mille...s'il me fallait terminer par un seul artiste je voulais que ce soit lui. Ni une ni deux, j'annule Dimitri qui très compréhensif m'a rendu l'avance (booké qu'il est à 2 ans je suis sûr qu'il s'en remettra ) et alors que nous nous apprêtons à lancer la campagne kickstarter de la chaine youtube Color My Skin -on est début 2017- je réserve Markus avec la bénédiction de ma femme qui va devoir se taper un certain nombre de GDI (Garde d'enfant à Durée Indéterminée) ainsi qu'une hémorragie financière car, comme à mon habitude, j'ai dit à Markus que le budget était illimité sans trop me préoccuper de ce que ça signifiait

20191031-104023-020-saved.jpg
Séance de photos avec mon fils en face de chez Markus

Pourquoi je parle de tout ça ? Parce qu'en 2 ans et demi énormément de choses ont changé. Il m'a fallu plus de temps pour faire cette jambe que pour faire mes 2 bras + dos/fesse + pied/aine réunis, et entre le temps qui fait son ouvrage et des ravages et les 6 A/R à Berlin, l'impression d'avoir accompli une sorte de voyage spirituel est bcp plus présente qu'avant. Le tatouage que j'ai commencé sur le tard (à 36 ans...j'en ai 41) a agi comme une sorte de révélateur sur ma carrière, sur mon couple, sur ma perception de la vie et sur la perception que les autres avaient de moi. Les turbulences de ma jambe sont une allégorie de celles qui ont rythmé ma vie...et celle de Markus, qui a 40 ans se pose également pas mal de questions. Comme déjà évoqué dans un papier que j'ai écris il y a longtemps, Markus a un processus de tatouage particulier et locke des journées entières pendant lesquelles il se met entièrement à notre service : il fait la cuisine, on va se balader en forêt avec son père, on va faire les courses ou on va au resto, on écoute des podcasts en buvant un café et en discutant comme deux grand-mères et on partage nos angoisses et nos passions du moment. Plus que nul autre tatoueur il crée une expérience existentielle. Un tatouage avec Markus c'est un bout de chemin partagé.

received-540737596470670.jpg

En deux ans j'ai changé radicalement de carrière, monté une startup autour du jeu vidéo, frôlé le divorce, mes enfants ont commencé à quitter le domicile, ma femme a repris des études mettant fin à des années d'école à la maison, un de mes fils est resté cloitré dans sa chambre pendant 2 ans, j'ai perdu mon grand-père et un de mes meilleurs amis, et nous hébergeons des migrants à la maison. Il y a 2 ans, personne ne connaissait Greta Thunberg ou Alexandria Ocasio Cortez et la plupart des occidentaux ignoraient des températures de 45° l'été, pensant que la terre ne nous rendrait jamais le mal qu'on lui fait. Pour Markus c'était aussi une période de grands changements professionnels et familiaux après 15 ans de relative accalmie. Pour lui comme pour moi si la décennie qui avait précédé avait été aussi mouvementée je ne suis pas sûr qu'on aurait survécu o_Ô. Peut-être aussi, tout simplement, nous avons fait en même temps l'expérience de la crise de la quarantaine et c'est à ces nouvelles cicatrices que nous avons trinqué hier après que le dernier bandage a été posé. Probablement que beaucoup de gens qui ont des gros projets de tattoo à l'étranger, qui nécessitent un sacré engagement sur la durée, ont des histoires similaires à raconter...mais en l'évoquant au coin du feu ça nous a vraiment fait bizarre.

Screenshot-20191102-131152-Photos.jpg
Au coin du feu

Côté tattoo, Markus a toujours été d'un très grand respect pour sa matière première et la gestion de la douleur et le processus de cicatrisation ont été exceptionnels à chacunes des 6 séances, en dépit de mon appréhension quand on devait passer 2 jours consécutifs sur les zones notablemment difficiles que sont le genou et l'arrière du genou. Au fur et à mesure que j'apprivoisais Berlin et l'usine à gaz de ses transports en commun, j'ai fini par emmener l'un après l'autre mes 2 aînés, calant ça et là une journée de tourisme avec eux avant qu'ils ne quittent le domicile, comme un mini-pélerinage avec des enfants dont je ne me suis jamais bcp occupé. Le tattoo est bien évidemment magnifique et regarder Markus mélanger les couleurs sous la peau est hypnotique....mais ce n'est que quand les couleurs se posent des mois après que son savoir-faire apparait au grand jour, révélant textures et ondulations synchronisées avec l'anatomie. Il est possible, voire fortement probable, que je subtilise le rasoir de ma femme pour me raser la jambe régulièrement, histoire de mettre en valeur l'armure extra-terrestre qu'il m'a gravée sous la peau.

received-414833706121507.jpg

Maintenant la suite c'est quoi ? Après avoir été passionné de tattoo pendant 5 ans, j'avoue avoir été pas mal dégouté du milieu par la mainmise des barons du SNAT sur le tattoo français, qui a notamment mené à l'implosion du projet Color My Skin. La plupart des gens qui se feront tatouer n'auront jamais idée des jeux d'influence derrière le décor et c'est tant mieux, mais si je suis devenu végétarien après avoir vu des documentaires sur un abattoir, ce n'est pas pour aller me faire tatouer chez un membre du SNAT maintenant, aussi talentueux qu'il soit. Par ailleurs, l'engagement financier, familial (+ de 30j passés hors de chez moi) et corporel (pourquoi s'infliger ça ) d'un gros projet de tattoo me semble hors de portée aujourd'hui. Après avoir encaissé près de 230h d'aiguille, je vois le bout du chemin se profiler. Pour l'instant, la jambe droite et le torse resteront vierge. Probablement un petit tatouage pop chez Freeman dans les années à venir, et ensuite le prochain projet tattoo va nécessiter de sacrées réflexions de mon côté puisque j'aimerais me faire les mains, toujours chez Markus. Il est contre, je ne suis pas pour, mais je sais que mon envie d'encre reprendra un jour le dessus et quoi de plus symbolique pour couper les ponts avec une "carrière d'avant" que de s'engager sur les mains, ultime déclaration d'amour pour le tattoo. Bref, en trinquant hier on s'est donné RDV dans 10-15 ans...à l'orée du 3ème âge, qui sait ce que nous auront à nous raconter ?

20191102-090916.jpg
Au revoir Berlin !
Répondre

Connectés sur ce fil

 
1 connecté (0 membre et 1 invité) Afficher la liste détaillée des connectés