L'Agora

[La France Insoumise] La vie du parti

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Publié par gnark
Il va falloir à un moment donné que vous compreniez aussi que la presse va dans le sens de ses lecteurs, si les électeurs n'aiment pas Corbyn la presse ne l'aimera pas non plus.

Plutôt que de toujours y voir un complot mondial des médias ...
Et pourtant les stats de l'élection disent une autre histoire ainsi que le comportement de la presse. Quand on regarde des les détails, il n'y a eu "que" 3 millions de votes de différence (13M vs 10M), les Conservateurs ont gagnés 1,2% de voix et le Labour 7,2% par rapport aux dernières élections. Comment tu peux expliquer une couverture médiatique négative de 70% quand une part significative des électeurs (bien plus que ce que pourrait justifier 70% de couverture négative, surtout vu les thèmes abordés) semble préférer voter pour eux que les Tories.

Et comme je le disais, il y a comportement de la presse à regarder, bizarrement maintenant que Corbyn a annoncé qu'il n'allait pas se présenter aux prochaines élections du parti, les media qu'ils l'ont défoncés font maintenant des reportages disant qu'il était un homme plutôt décent avec un parcours exemplaires, il y a quand même pas mal du foutage de gueule (maintenant qu'il n'est plus une menace politique, ils s'en foutent). Il ne faut quand même pas abuser à un moment.

Dernière modification par Anthodev ; 16/12/2019 à 09h04.
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Publié par gnark
Il va falloir à un moment donné que vous compreniez aussi que la presse va dans le sens de ses lecteurs, si les électeurs n'aiment pas Corbyn la presse ne l'aimera pas non plus.

Plutôt que de toujours y voir un complot mondial des médias ...
Oui, oui les médias n'ont aucune influence sur la fabrique de l'opinion, c'est bien connu. C'est d'ailleurs pour ça que des oligarques investissent à perte dans ce type d'entreprise très peu rentable.
Citation :
Publié par gnark
Il va falloir à un moment donné que vous compreniez aussi que la presse va dans le sens de ses lecteurs, si les électeurs n'aiment pas Corbyn la presse ne l'aimera pas non plus.

Plutôt que de toujours y voir un complot mondial des médias ...
Dans un monde où la presse est financée par les lecteurs, peut-être qu'en effet la main invisible va équilibrer les désirs avec l'offre du marché, tous les acteurs étant rationnels et omniscients.
Dans un monde où la presse est financée par Murdoch et les annonceurs, et où les lecteurs sont racolés à coup de nichons et de titres putaclics, j'ai un plus gros doute.
Citation :
Publié par Aloïsius
Marrant, pour moi il baisse encore. Accuser les Juifs d'être responsables de la défaite de Corbyn, je crois que c'est un nouveau point bas de Mélenchon.
Heureusement pour lui qu'il se prénomme Jean-Luc et non Jean-Marie parce qu'est ce qu'on entendrait pas!!!

D'ailleurs hier à ce sujet dans l'émission les informés de France-info j'ai entendu une des intervenants dire à peu près ceci "allez on est en période de trêve on va être indulgent (avec Mélenchon) "

Ceci dit le parcours de Mélenchon me fait penser à celui de Bayrou
Ce dernier fait un très beau score aux présidentielles de 2007 : 18,57%
En a t'il tiré bénéfice pour la suite?
Non il n'a fait que détricoter ce socle qu'il avait acquis.

Pareil pour Mélenchon. Depuis ses 19,58 % de 2017 ça ne fait que partir en capilotade
Citation :
Publié par hoochie
Non il n'a fait que détricoter ce socle qu'il avait acquis.
Ce socle a souvent été surestimé. Et ce n'est sûrmement pas 19.5 % mais autour de 10 % (voire moins si on prend le résultats aux européennes) : le contexte des présidentielles était très particulier et l'effet vote utile a joué à fond pour JLM dans les dernières semaines de la campagne quand il a dépassé Hamon. Mais cela n'avait rien d'un véritable socle d'électeurs convaincus et fidèles. Beaucoup d'insoumis, comme de commentateurs, ont fait cette erreur et se sont vus plus beau qu'ils n'étaient rejetant toute stratégie d'union avec les autres forces de gauche. La chute est d'autant plus douloureuse.
Citation :
Publié par Xh0
Ce socle a souvent été surestimé. Et ce n'est sûrmement pas 19.5 % mais autour de 10 % (voire moins si on prend le résultats aux européennes) : le contexte des présidentielles était très particulier et l'effet vote utile a joué à fond pour JLM dans les dernières semaines de la campagne quand il a dépassé Hamon. Mais cela n'avait rien d'un véritable socle d'électeurs convaincus et fidèles. Beaucoup d'insoumis, comme de commentateurs, ont fait cette erreur et se sont vus plus beau qu'ils n'étaient rejetant toute stratégie d'union avec les autres forces de gauche. La chute est d'autant plus douloureuse.
C'était la même chose pour Bayrou, il avait étonné tout le monde en 2002 parce qu'il avait foutu une beigne à un ptit gamin qu'essayait de lui faire les poches peu de temps avant le vote, c'était resté dans les esprits, pas mal de gens avaient kiffé mdr.
Citation :
Publié par Xh0
Oui, oui les médias n'ont aucune influence sur la fabrique de l'opinion, c'est bien connu. C'est d'ailleurs pour ça que des oligarques investissent à perte dans ce type d'entreprise très peu rentable.
La presse ne fait pas l'opinion, elle renvoie une image de l'opinion et la propage, elle la potentialise. C'est là que les mecs font une erreur en achetant les journaux : le Parisien et les Echos sont à fond sur le renouveau de la popularité de Macron depuis des semaines. Bon ben force est de croire que c'est pas très efficace.
C'est lui prêter un pouvoir et une malice qu'elle n'a je pense, pas.
Après, si on parle des médias au sens général, je saurais pas dire leur influence réelle, par exemple
celle de youtube&co qui, je crois, ne répondent pas de la même logique.

Dernière modification par Meine ; 16/12/2019 à 19h52.
Citation :
Publié par Meine
La presse ne fait pas l'opinion, elle renvoie une image de l'opinion et la propage, elle la potentialise.
Noam Chomsky, Serge Halimi, et surtout Edward Bernays semblent pourtant avoir démontré l'inverse. L'empressement unanime des milliardaires à acquérir les organes de presse de plus grande audience semble également affaiblir une telle affirmation.

Citation :
C'est lui prêter un pouvoir et une malice qu'elle n'a je pense, pas.
Ce n'est pas parce que la presse ne réussit pas 100% du temps à fabriquer l'opinion qu'elle n'en a pas le pouvoir, il suffit qu'elle y parvienne la majeure partie du temps. C'est comme le marketing ou la publicité : ce n'est pas parce que certains campagnes de marketing se cassent la gueule et font des flops que ce domaine n'a aucune efficacité pour créer du besoin et faire vendre.
Citation :
Publié par Meine
La presse ne fait pas l'opinion, elle renvoie une image de l'opinion et la propage, elle la potentialise.
Je dirais qu'elle peut influencer l'opinion, mais pas la faire. La même opinion diffusée sous plusieurs forme et martelée fini par être intégrée, pour peu qu'elle ne soit pas intégralement (et systématiquement) rejeté. Il faut une certaine forme de pugnacité pour ne pas finir par accepter au moins en partie ce qui est ressorti à toutes les sauces sur divers canaux.

Mais cela requiert de la paraphrase, de la persévérance et du temps. J'ai plus de doute sur les éléments de langage à la petite semaine. Si ils marchent, c'est dans le temps long.
Citation :
Publié par Lugi Sakabu
Je dirais qu'elle peut influencer l'opinion, mais pas la faire. La même opinion diffusée sous plusieurs forme et martelée fini par être intégrée, pour peu qu'elle ne soit pas intégralement (et systématiquement) rejeté. Il faut une certaine forme de pugnacité pour ne pas finir par accepter au moins en partie ce qui est ressorti à toutes les sauces sur divers canaux.

Mais cela requiert de la paraphrase, de la persévérance et du temps. J'ai plus de doute sur les éléments de langage à la petite semaine. Si ils marchent, c'est dans le temps long.
On va pas pinailler alors on va dire que je suis partiellement d'accord : dans sa capacité à avoir un effet, pas forcément dans l'orientation de l'opinion. A partir du moment où on te rapporte des faits, tu es en capacité de te forger une opinion indépendante de celle d'un autre, quand bien bien les faits sont rapportés par ce dernier. Tu peux choisir de le croire ou choisir de le rejeter, et ça se fera sous la lumière de tes propres expériences souvent, tes fréquentations et ton milieu social. Confère l'échec retentissant du référendum de 2005, presqu'un cas d'école.

En revanche je suis moins clément que toi sur la question des éléments de langage qui me semblent très pernicieux. Ils sont pratiques parce qu'ils évitent de penser par soi-même, ils sont aussi confortables puisque relayant la parole officielle à laquelle on accorde (pour une raison qui m'échappera toujours) bien plus de crédit. Mais ils déforment la réalité et ça c'est grave : Platon ne disait-il il pas que la perversion de la cité commence par la fraude des mots ?

Dernière modification par Meine ; 17/12/2019 à 12h46.
Pour faire clair : je n'ai pas de doute sur la malignité des intentions derrière les éléments de langage. J'ai des doutes sur l'efficacité dans le sens où je constate que les personnes soumises aux éléments de langage ne les répètent que quand ils étaient déjà d'accord, les autres ayant une réactions plutôt épidermique. En revanche j'ai déjà vu des personnes ayant réagit négativement à des éléments de langage pour en adopter la position longtemps après y avoir été soumis (je tiens à préciser que cette observation concerne des agoriens). Mais je ne sais pas si je peux attribuer ce changement d'opinion aux éléments de langages concernés plutôt qu'au bourrage de mou qui les accompagne.
D'où le doute. Doute n'étant pas ici un euphémisme pour dire que je ne suis pas d'accord, juste pour dire que je ne sais pas.
Je vois ce que tu veux dire, mais il est impossible de savoir si ce revirement est exclusivement d'origine sémantique et extérieur ou intime. Le plus gênant avec les éléments de langage c'est le principe d’uniformisation de la pensé. Je veux dire, réduire son vocabulaire ça rend con.
Parfois c'est tout simplement une question de gens qui... changent d'avis, et dès lors ne considèrent plus ce qui leur apparaissait comme "élément de langage" comme tel. Le truc avec les éléments de langage c'est qu'ils n'en sont que pour ceux qui n'adhèrent pas au message qu'ils véhiculent.

Pour prendre un exemple, je ne sais pas, certaines personnes voyaient au départ comme un élément de langage d'une gauche anti-autoritaire de parler de violences policières systématiques destinées à intimider les manifestants à propos des audacieuses tactiques défensives préventives déployées contre divers protestataires pour sauver leurs vies et la République, mais à un certain stade, à force d'en voir tous les week-end ils finirent par inverser ce qu'ils considèrent comme éléments de langage et ce qu'ils considèrent comme une simple description du réel.

Ou pour en prendre un autre, il y a 5 ou 6 ans quand le terme est apparu, j'aurais considéré "social justice warrior" comme un élément de langage de la droite anglophone visant à décrire péjorativement des personnes se battant réellement pour la justice sociale en les accusant de tendances ne correspondant à rien de réel. Mais aujourd'hui j'ai tendance à employer sans hésitation ce terme et trouver valide le discours analytique qui l'accompagne, sur le virtue signaling, etc... après avoir été témoin des attitudes de ce groupe sur les réseaux (même si j'irais toujours considérer comme élément de langage son emploi pour qualifier des gens que je ne considère pas correspondre à ces tendances).
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