Sauf qu'on ne prend personne pour des cons, bien au contraire.
Ce sont les gens qui exigent de mélenchon une consigne de vote qui prennent ses électeurs pour des cons.
In fine, seuls 7% des électeurs de mélenchon ont voté le pen au 2nd tour contre 20% des électeurs de fillon qui, lui, a donné une consigne de vote claire.
Eh bien, c'est heureux. Encore que 7% c'est déjà trop mais moins effectivement que ce qui était annoncé dans les sondages. Je pense que le débat Macron/Le Pen + l'argument du portefeuille a pas mal joué aussi à droite car franchement, vu qu'ils sont contaminés sur les thèmes identitaires, on aurait pu penser qu'ils votent davantage pour le FN.
Melenchon, ce n'est pas qu'un vote de jeunes ou d'ouvriers mais aussi un vote des grandes villes, de classes moyennes, de fonctionnaires, d'intellectuels, je n'ose pas dire de bobos.
L'avenir proche dira si la stratégie de Melenchon était la bonne mais je ne suis pas le seul ici à sentir qu'il va perdre des voix aux législatives. Ce n'est pas faire de "la psychologie de comptoir" que d'être attentif à des signes. C'est peut-être con ou pas très noble, mais la politique, c'est du sensible. Faut pas croire que les gens votent Melenchon en connaissant le point 374 et 748 de son programme. Les électeurs, c'est pas des militants. Avant le premier tour, il avait réussi à prendre une posture de vieux sage ("j'ai 65 ans maintenant..." répété souvent) avec un peu d'humour, je l'ai trouvé mauvais dans tous les sens du terme après. Et objectivement, je trouve que Corbière et Garrido ont été désagréables comme tout lors de leurs passages dans les médias. Je ne sais pas si c'est de la stratégie mais c'est pas très efficace chez moi, en tout cas. Ça me fait chier les gens qui gueulent ou qui font la gueule, désolé, ce n'est pas pour moi une preuve d'intelligence ou de sincérité. C'est peut-être parce que j'ai plus de 25 ans et que je ne suis pas ouvrier.
Après, oui, les gens préfèrent peut-être le côté dur de Melenchon alors que les "gentils" style Hamon se font bouffer...Si Macron avait été le représentant FI, aurait-il eu plus de chances que Melenchon? Je ne crois pas. La dureté du libéralisme qu'il incarne a racheté le côté tendre de sa jeunesse. C'est pas de la psychologie, non, c'est la politique.
Moi j'ai pourtant envie de croire en ce mec. Le problème c'est pas le fond ou la forme qu'il propose, c'est juste le plafond de verre que je vois apparaître de + en + clairement au dessus de lui.
On a tous besoin d'un peu d'idéalisme.

Mais voilà, à gauche on a besoin d'une posture un peu morale pour que ça marche.
Le plafond de verre, c'est aussi le système (la mondialisation).
Je constate que je ne me sens pas représenté à gauche alors que y a plein de tendances en ce moment . Il n'y a rien qui ne me fasse espérer ni personne qui me rende le monde un peu plus intelligible. Pourtant, je me sens hyper ouvert à toute personnalité qui me donnerait à croire.
Je constate juste que la gauche ne peut gagner qu'un peu unie aux élections: le Front populaire, Mitterrand, Jospin et même Hollande...
Je constate que la gauche, en tant qu'idée du monde, n'existe plus. Je ne crois pas que la gauche, ça puisse être réductible à un plan A ou B face à Merkel. Ce qu'il y a de terrible dans le libéralisme, c'est que ce n'est pas qu'une logique économique. C'est que cela gagne notre façon d'être au monde. Il n'y a pas que le problème de l'uberisation de la société. Il y a surtout l'uberisation de notre cerveau. Faudrait qu'un leader de gauche, quel qu'il soit, commence par penser ça.