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le Théâtre des Illusions
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Partie 12 :

-La merveilleuse vérité (où rien ne se passe)-

Krina :



Rainn . Khirâ . Et vous autres , que j'aime comme mes frères , écoutez moi . Vous voilà disseminés à travers ce monde hostile pour vos esprits fragiles . La force est à l'intérieur et la beauté alentoure . Ecoutez ceci .


Me voilà sur les quais d’Orin qui ont déjà vu naître tant et tant d’aventures , puis ses mêmes aventures courir comme des rumeurs de guerre sur les quais , jadis vivants , aujourd’hui délaissés , qui voyaient ensuite revenir ceux qui avaient « vaincu » la mer , les bras pleins de découvertes qui allaient émerveiller notre continent pour les siècles à venir et les lèvres , les lèvres chargées d’histoires . Seuls , en leur cœur , ils gardaient leurs secrets qu’ils ne diraient qu’à demi-mot . Je viens ici tous les matins , lorsque je me réveille .

Ce n’est pas très compliqué , il me suffit de traverser le boulevard , souvent désert à 8 heures , de couper par les petites rues (d’ailleurs , ce sont souvent celles-là les plus belles , au 6 rue de l’Orient , une vieille dame solitaire fait pousser dans des pots de terre des fleurs introuvables ailleurs , elles sont jaunes et bleues , et ces deux couleurs semblent s’embrasser et afficher leur amour en une grande frise multicolore qui se poursuit de pétale en pétale. Elle s’en occupe tous les matins , amoureusement) , de s’arrêter un instant , devant les devantures de magasins d’une époque elle aussi révolue , pour rêver de ce que l’on pouvait y trouver quelques décennies plus tôt . Des jouets en bois , pour la plupart , ou des poupées en porcelaine , celles qui portaient de grandes robes de satin toutes brodées de dentelles rouges et blanches , souvent portant des ombrelles et figées dans des sourires éternels , les joues rosies , semblant regarder la rue agité avec le même émerveillement que celui qui allumait les visages des enfants qui s’abritaient sous la tonnelle du magasin , sous le tambour battant de la pluie , pour admirer ces somptueuses fabrications artisanales .

On les aurait cru vivantes .

Aujourd’hui le magasin est vide et l’enseigne presque effacé , mais on m’avait beaucoup parlé de ces ambiances particulières. J’ai d’ailleurs noté qu’un vieux monsieur au visage exsangue mais aux yeux très vifs , noirs , profonds et pétillants comme un ciel de 14 juillet venait souvent regarder cette ancienne devanture , appuyé sur sa canne noueuse , un chapeau de feutre noir vissé sur la tête . Et cet anachronique visage s’éclairait d’un sourire qu’on n’aurait pas pensé pouvoir appartenir à un si vieux monsieur . Je crois , mais c’est simplement une supposition , que c’est l’ancien propriétaire de ce magasin qui vient s’y recueillir . Quand il me voit , il doit penser aux jeunes enfants pour qui il confectionnait jadis ces adorables bibelots . Alors je me sens rougir et je m’en vais .

Quelques mètres plus loin , l’odeur d’iode s’insinue dans vos narines et vous fait tout de suite penser aux navires venus d’ailleurs qui viennent , présentant haut leurs pavillons colorés , décharger quelques marchandises et reprendre le large , lorsque le soir tombe et que toute la mer s’embrase . Sur les bords de la plage , je cours souvent le plus vite possible , et les oiseaux marins tentent de me suivre , malgré leurs airs gauches , et je cours avec eux aussi longtemps que mon souffle nous porte . Puis je m’arrête net et je les sens alors , tout autour de moi , s’envoler et leurs ailes battantes me décoiffent. Au milieu de leurs cris affolés , on n’entend pas mon rire qui s’élève . Les quais ont vieilli . Même le pavé se racornit et devient triste . Les petits canaux qui le bordent sont remplis de végétations dont personne ne veut s’occuper , mais que personne non plus n’a le courage de couper . Alors toutes les mauvaises herbes du pays viennent ici et croissent en paix , au milieu des joncs qui semblent se trouver là pour rappeler la vieille splendeur de l’endroit .

Parfois , un cri , un murmure , dans l’eau où sur les rives . Le cœur bat toujours , puis hop , le silence . Un Rien qui fait prendre peur et reculer d’un ou deux pas devant le silence mystérieux de cet endroit où il pleut toujours . Je m’assois au bord du quai de pierres et là , je réfléchis à ce que je vais faire de la journée .

Certainement j’irai , dès que le soleil se sera imposé , faire un tour en ville , au marché d’Orin , voir ces visages que je connais par cœur mais qui m’étonnent encore , car ils changent chaque matin , et c’est un plaisir de noter le petit détail qui fait que le bonhomme en face de moi n’est plus tout à fait le même .

Un petit hématome sur le coin de la tête de Mr Bransard qui était instituteur au Collège d’Orin , et qui coule une retraite paisible et silencieuse au milieu de ses onze chats . Ce petit hématome qui signifie qu’il a du se cogner contre la porte de sa salle de bain , comme tous les lundis . Il s’en plaint sans discontinuer , à chaque fois qu’on lui demande d’où vient cette petite bosse qui , par la force du temps , à fini par bosseler son visage jadis si creux . Cette petite bosse le fait vivre en société .

Ca lui donne du relief , oserais-je dire , si je ne craignais pas de faire de mauvais jeux de mots .

Cet homme m’est très sympathique , car j’ai remarqué que , lorsque aucun des dignitaires de la ville ne le regarde , il aime accélérer son pas et sauter de manière à peine perceptible dans les flaques d’eau . Je crois qu’ainsi , il se rappelle son enfance et il oublie qu’il s’ennuie tant .

Il y a aussi un petit homme , rond comme une bille et au crâne dégarni qui s’installe souvent , lorsque la bruine le dérange , au bar des Horizons , qui borde la place du marché . Il ne dit jamais rien et commande un cappuccino , enfouit ses coudes dans la table et son menton entre ses deux paumes rejointes , puis il regarde la place où les gens affluent , au fur et à mesure .

Un jour , j’étais allée commander un café , et , à la vue de mes vêtements colorés , il m’a arrêté , et m’a demandé si je ne trouvais pas que le marché , comme ça ,un samedi matin , avec toutes ces étoffes bariolées , ces tringles suspendues , ces rondes infinies , je ne trouvais pas que ça ressemblait à un immense manège pour grande enfants . J’ai ri , alors il a semblé vexé . Il m’a dit qu’il était journaliste , et comme ça ne m’intéressait pas , il m’a proposé de m’asseoir . Il m’a raconté sa vie , son divorce , la monotonie des jours qui passent , le tout entrecoupé parfois de larmes . J’ai essayé d’en retenir le maximum et parfois il fallait que je l’arrête pour avoir le temps d’assimiler ses phrases . Il m’a tout raconté , en long et en large ,et à la fin ,j’ai été émue .

Depuis , j’essaye de le rendre plus présentable et plus élégant , de lui faire perdre ses vieillies manies défensives et arrogantes . S’il pouvait tomber amoureux je crois que ma vie entière changerait . D’ailleurs , il est bientôt midi et il doit m’attendre , la petite serveuse rousse des Horizons vient d’arriver il y a quelques minutes et quand il la regarde , il y a une sorte de feu qui se met à brusquer tous ses gestes , et les mots se bousculent dans sa bouche . C’est touchant .

Ensuite , vers deux heures , j’irai me réfugier au jardin d’Orin , cueillir quelques fleurs et m’asseoir dans l’herbe , écouter les musiciens qui font vibrer leurs cordes et les amants qui font vibrer mon cœur . J’emprunte leurs amours et , le soir , je me les raconte . C’est un peu indiscret , mais ils ne le savent pas , et j’écris de longues histoires , tous les soirs , sur ces petits bout de rien du tout qui s’embrassent et qui se promettent l’infini alors qu’ils ont déjà du mal de trouver le bout de leurs nez . Ensuite , j’irai travailler en jetant un dernier coup d’œil aux machines à barbe à papa , aux enfants qui crapahutent de découvertes incroyables en batailles épiques au milieu de tous les adultes de la ville . Sur eux , Mme Oliviera , qui tient la seule confiserie de la place , déclare qu’ils sont notre avenir , et que c’est un bon signe si notre avenir peut encore s’émerveiller devant une poignée de bombons , ces petits plaisirs de la vie, même si les prix ont augmentés de trois centimes , ce qui , elle insiste , n’est pas de sa faute .

En rentrant ce soir , j'allumerai quelques bougies dans ma chambre . Voir ces deux flamèches me rendra heureuse . On ne sait jamais , ces deux bougies peuvent être des feux-follets , ou bien , mieux encore ! C'est peut-être la flamme de l'amour de deux des amants des Jardins . Et je les regarde brûler en imaginant ce qui travers leurs yeux à cet instant précis . Mais .. peut-être qu'il n'y aura plus de bougies , alors je fermerai les yeux et j'imaginerai encore quelque chose . Ca sera une chimère , un rêve , une utopie , mais elle me consolera . Surtout , ne pas être malheureux si quelque chose que l'on attend ne se produit pas .

Aujourd’hui , en arrivant au marché , vers 11h , j’ai entendu que Mr Bransard avait perdu l’un de ses chats , celui qu’il préférait par dessus tout et qu’il était très attristé . Ducome , l’épicier , était bien embêté de voir cet homme déjà vieux à la soixantaine affublé d’une si mauvaise mine , alors il lui a offert ses commissions du jour , et , après avoir chassé les deux enfants qui rôdaient un peu trop près de ses marchandises , avec des sourires entendus , il promit aux quelques clients qui allaient passer après Bransard qu’il allait essayer de le sortir de son appartement solitaire . Je crois qu’il a raison . Pour ma part , je vais cueillir quelques fleurs , les plus belles que je trouverai , et que j’irai les lui apporter , au quatrième étage de son immeuble immobile , ou rien ne bouge et rien ne respire . J’ai encore la mer dans les yeux , et tout me donne envie de chanter .
Les nuages , eux aussi , prennent leurs quartiers au dessus de notre ville , et déjà les pavés claquent sous mes pas , il y a une odeur de sucre dans l’air , et je ne sais pas pourquoi je souris .

Si vous ne comprenez pas comment tout ça peut me rendre heureuse . Alors , vous n’aurez rien compris .

Ce ne sont pas les grandes théories qui fond l’histoires , ce sont des hommes comme Monsieur Bransard . Encore faut-il les aimer .
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Partie 13

-Mise en place-


Le Narrateur

Taro avait retrouvé la trace de Rainn , qui poursuivait jusqu’alors son funeste destin . Je le sais car j’ai trouvé , en Ercoz où les choses se concentrent , une feuille papier roulée en boule , issue du journal de bord du jeune garçon . Il l’avait arrachée car une tâche , sûrement de l’eau , rendait une partie du texte illisible . Posant mon sac et mes affaires , j’entrepris de la lire , assis sur un rocher , sous le soleil déclinant .

«Sixième jour : Dans les villages nichés en Ercoz , il se produit de nombreux événements étranges .
Il faut que j’aille voir de quoi il s’agit .
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Je suis à Gireno , et l’on parle ici d’un homme vêtu de haillons qui se traînant dans les rues , le poing au ciel , en jurant dans une langue incompréhensible , agressant ceux qui lui tendaient la main et craignant , pleurs et gémissements à l’appuie , les coups des miliciens qui voulaient le sortir du village . Il s’est échappé et s’est terré dans une ruelle . S’engouffrant à travers les ombres , munis de torches, les guerriers n’ont trouvé qu’une tâche de sang et une prodigieuse trace de fumée qui noircissait les murs . J’ai ma petite idée ..

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Septième jour : Ma sœur me manque . Je me demande où elle est à cette heure-ci .
Et les habitants de Tolstran . Mr Fernand danse-t-il toujours aussi mal ? La fleuriste a-t-elle toujours de si jolis yeux ? Qu’est-ce qui aura changé ? Et mon père … N’en parlons pas .

Huitième jour : J’ai cru le reconnaître , mais ce n’était qu’un marchant ambulant qui traversait Ercoz . Je l’ai escorté jusqu’à la sortie des gorges et il m’a remercié . Un honnête homme , en somme . Je dois traquer mon étrange diable .

Huitième jour : Je marchais sur les rives du lac Melchior , dans la soirée . J’ai senti quelque chose d’étrange , comme un coup de vent qui passait dans mon coup quand une main a agrippé mon épaule . Rien que d’y penser , j’ai encore froid . Derrière moi , je sentais une présence insupportable . La colère faite homme . Et « homme » c’est beaucoup dire . Je voulais me retourner , mais ses phalanges broyaient un peu plus mon épaule à chaque tentative de mouvement . J’ai crié pour lui demander de me lâcher . Puis je suis tombé et il m’a suivi au sol , se plaçant derrière ma tête pour que je ne puisse pas voir son visage . C’était très étrange . Il tremblait . D’un geste il aurait sans doute pu me tuer , mais il semblait avoir peur de moi . A chaque fois que je m’apprêtais à parler , son étreinte se faisait plus évasive et je pouvais sentir ses traits se tendre , derrière ma nuque . J’ai réussi à lui demander qui il était (alors que je savais parfaitement à qui j’avais à faire), et , pendant un moment , j’ai cru que cette question l’avait rendu tellement furieux qu’en la prononcé , j’avais fait retentir ma voix pour la dernière fois dans ce monde . Il ne m’a pas répondu , mais m’a demande si j’avais une seule raison valable pour qu’il me laisse en vie . Je me rappelle avoir réfléchi quelques instants puis avoir dit que s’il me tuait , il allait le regretter toute sa vie . Son rire s’est élevé dans le ciel bas et la pluie s’est mise à tomber , comme si sa colère était retombée sur terre . Il m’a dit que j’allais mourir , et , sans prendre le temps d’évaluer la situation , j’ai senti sa frénésie tellement forte qu’il ne contrôlait plus ses gestes . Alors j’ai attrapé sa main , j’ai essaye de la tordre , de la griffer , de faire cesser son étreinte , mais lorsqu’il reprit le contrôle de lui-même , j’avais simplement réussi à me retourner , me retrouvant ainsi face à face avec lui avec une belle éraflure qui courait sur mon cou. Comme quoi … je ne suis pas né héros . Il avait enfoui sa tête dans le creux de son second bras , pour que je ne puisse pas voir son visage . Avec peine , je lui ai dit que Khirâ n’était pas morte , et que même si ça avait été le cas , il ne pouvait pas se laisser aller ainsi à la mort , car il détruisait ce qu’ils avaient bâti ensemble . Sa seule réponse fut de resserrer sa main autour de mon coup , m’autorisant à peine la parole , et , alors que mes yeux étaient rivés sur lui , il cessa de cacher sa figure et avec horreur , je m’aperçus qu’il semblait à deux doigts de quitter ce monde . Un sang mêlé de boue souillait son visage cerné par des cheveux qu’il avait longs et crasseux . Ses traits étaient ceux d’un fantôme . Il parlait avec précipitation et je ne pus saisir un de ces mots . Puis il fit un bond de côté , me libérant ainsi et m’incita à le suivre d’un geste de la main . Me menant dans les recoins d’une des caves d’Ercoz , il me mon… (ici , les inscriptions deviennent illisibles car l’encre a été diluée par l’eau , elles reprennent plus loin)

…ème jour : Ca y est , nous sommes enfin arrivés au pic de Tera . Je sens que nous aurons enfin nos réponses . Il semble reprendre un peu goût à la vie , car il mange avec appétit et sourit parfois lorsque j’essaye de le tirer de son marasme . Bien entendu , ce ne sont pas mes plaisanteries de mauvais goût , alliés à une cuisine médiocre , qui reverdissent ce pauvre Rainn , mais plutôt la vie retrouvée de Khirâ . Je me demande comment se seraient passé les choses si elle n’avait pas recouvré la vie …

---

On m’a dit qu’elle était tombée dans une de ces crevasses . Nous allons préparer une expédition , mais avant … quelque chose m’occupe l’esprit .. Il faut que je me renseigne … »

Je me rends dès à présent au pic de Tera . Le soleil est omniprésent et tout semble reprendre vie après un sommeil profond comme l’oubli . Il y a du dénouement dans l’air et , inquiet jusqu’à dans mes chairs , j’espère que mes jeunes amis trouveront la meilleure clé pour ouvrir la porte qui leur tend les planches . Après tout , rien n’est encore décidé , et ça , je crois qu’il l’ont bien compris .

Il faut que je me hâte .
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