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Grenouillebleue
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Question

Le succès des filières universitaires sans débouchés

Je me pose cette question suite à la galère d'un ami qui cherche du travail, une maîtrise de socio en poche, et ne trouve absolument rien.

Ils sont des centaines, voire des milliers, comme lui, à avoir suivi des études raisonnablement longues, voire longues, voire thésardes, dans des domaines où ils savent pertinamment que les places disponibles ne sont qu'une goutte dans l'océan des candidats. Je pense en particulier - mais je peux me tromper, et dans ce cas n'hésitez pas à me corriger - aux études de sociologie, de philosophie, d'histoire, d'histoire de l'art... qui ne donnent accès qu'à quelques rares postes d'enseignant ou de chercheur, et qui sinon sont à peu près aussi utiles que le BEPC.

On nous parle souvent du "chômage des gens qualifiés" en mettant en avant des Tanguys de 30 ans avec bac +5 ou bac +7 et ne parvenant pas à trouver d'emploi. Mais n'est-ce pas normal, lorsque l'étudiant sait dès le début qu'il se trouve dans un domaine bouché ?

Lorsqu'on décide de vivre sa passion et de choisir des matières qui nous intéressent et augmentent notre culture générale, plutôt que des matières qui nous rendraient désirables pour le métier du travail, est-on en droit de se poser en victimes lorsqu'on ne trouve pas de job ?

Pour le prix d'avoir suivi des études qui les intéressaient, beaucoup de ces jeunes vont devoir finalement prendre des travaux alimentaires qui ne les intéresseront certainement pas. Est-ce que le jeu en vaut réellement la chandelle ?

Si certains parmi vous sont actuellement en train de suivre des études qu'ils savent particulièrement peu porteuses en termes d'embauche, j'aimerais vraiment avoir leur sentiment sur ce qu'ils espèrent faire plus tard.
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Cyphen
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J'ai deux amis dans ce cas là et ils continueront quand même dans cette filière. C'est une decision à prendre... Je ne crois pas que faire des etudes simplement pour en faire et sans les aimer soit moins stupide... Le mieux étant bien sur de faire des études valables et d'aimer ca...

Ce n'est pas à eux de se blamer d'être dans des filières sans aucun avenir mais bien au système d'éducation qui offre des formations entièrement obsolètes alors qu'elles pourraient être mixées avec des formations plus générales ou valables...
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darhn
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tu parles de socio, de philo, d'eco et des metiers liés plus ou moins au domaine du litteraire mais bon c'est a peu pres pour tous le monde la meme daube (entendu les scientifiques/techniques).

J'ai fais 2 ans dans le mutimedia et je continue sur une licence, je pense pas que le debouché soit forcement meilleur dans mon domaine mais bon forcement ca me plait alors je continue.

Pourquoi je continue? bah honnetement etre plombier ca me disait pas forcement (attention le premier qui dit que je denigre les plombiers, je lui en retourne une ) et les metiers qui roulent en ce moment c'est plus vers ce milieu.

En fait ce qui me choque c'est ta phrase :

"Pour le prix d'avoir suivi des études qui les intéressaient, beaucoup de ces jeunes vont devoir finalement prendre des travaux alimentaires qui ne les intéresseront certainement pas. Est-ce que le jeu en vaut réellement la chandelle ?"

l'inverse ca donnerait plus ou mois:

"pour le prix d'avoir un boulot qui les interesse pas, beaucoup de jeunes vont devoir faire des etudes qui les emmerdent"

Entre galerer pour chopper un taf et faire des etudes qui me plaisent, et, galerer dans des etudes pour chopper un taf galere, j'ai choisi .

Et si je dois faire de l'alimentaire, j'aurai au moins eu le privilege de m'eclater pendant mes etudes.

Franchement on te file le choix entre :

"tu va te faire chier toute ta vie professionnelle, etudes comprises"

et

"tu va surement te faire chier toute ta vie professionnelle mais y a qd meme une once de chance que tu trouve un truc dans ton domaine"

tu choisis quoi?
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Avatar de Serafel
Serafel [CdA]
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la reponse que je peux te donner, c'est que deja avant le dea y a quasi pas d'ecremage ... Personne te dis "tu n'es pas assez bon, reve pas tu pourras pas faire de recherche" donc comme c'est un metier qui fait un peu rever, tu continues.

Arrive en dea, il y a un autre phenomene. Les directeurs de dea pensent (en physique en tout cas) qu'il faut avoir plein de thesards pour 2 choses :

-officiellement la these es une fromation pour et par la recherche, son but n'est pas forcement la recherche (vachement vrai quand on parle de these de physique fonda mais passons)
-officieusement ca permet le rayonnment de chaque ecole doctorale dans les labos (et oui 50% de la recherche en france = les theses)

Voila un peu la situation (en physique en tout cas)
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Toto le maudit
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La personne qui choisit une mauvaise filière n'est pas forcément en cause, il y a d'autres cas :

- Les filières qui deviennent bouchées quelques années plus tard. Exemple actuel : certaines spécialisations de l'informatique, 400 candidats pour un poste de développeur C++ (je cherche depuis 1 an dans ce domaine) etc... J'envie le secteur médical avec ses "quotas" bien gérés qui empêchent qu'il y ait trop de medecins. En informatique, les promotions des écoles/facs ont été multipliées par deux à la fin des années 90 pour répondre à de prétendus besoins, on voit le résultat aujourd'hui.

- Les filières pour lesquelles "on" entretient des mensonges quant à leur débouchés potentiels. J'ai pas encore bien compris qui y trouve son intéret. Exemples actuels : l'enseignement, la recherche publique. Dans les 2 cas, ça fait 5 ou 10 ans qu'on nous annonce qu'on va manquer de profs et de chercheurs, qu'il y a une crise des vocations (cf. articles parus dernièrement dans de nombreux journaux), que plein de gens vont prendre leur retraite et vont devoir être remplacés, etc... Dans les faits : c'est toujours aussi difficile et on attend toujours que des postes se libèrent. Exemples : concours pour entrer à l'INRIA comme ingénieur de recherche en informatique = 100 candidats pour un poste. CAPES de mathématiques = 10 candidats pour un poste (un peu mieux mais on perd une année à préparer le concours avec 1 chance sur 10 d'etre pris...)
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darhn
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Entre nous, je ne vois pas dans quel domaine post-bac c'est fastoche de chopper un taf.
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Avatar de bowakawa
bowakawa
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Re: Le succès des filières universitaires sans débouchés
Citation:
Provient du message de Grenouillebleue
Je pense en particulier - mais je peux me tromper, et dans ce cas n'hésitez pas à me corriger - aux études de sociologie, de philosophie, d'histoire, d'histoire de l'art... qui ne donnent accès qu'à quelques rares postes d'enseignant ou de chercheur,
Je me permet de te corriger sur les postes d'enseignants d'histoire et d'histoire de l'art au niveau universitaire.
Les enseignants commencent à manquer et ce déficit va aller en s'aggravant car l'âge moyen des MC et PR est très élevé et d'ici 5-10 ans plus de la moitié d'entre eux sera à la retraite.
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Simkim
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Citation:
Franchement on te file le choix entre :

"tu va te faire chier toute ta vie professionnelle, etudes comprises"

et

"tu va surement te faire chier toute ta vie professionnelle mais y a qd meme une once de chance que tu trouve un truc dans ton domaine"

tu choisis quoi?
Moi j'ai eu le choix entre :

"Tu es prit dans l'école où tu veux aller pour suivre les études que tu as toujours rêvé de faire, mais tu peux pas parce que c'est trop cher."

"Tu te rends compte maintenant que tu aurais pu suivre une certaine branche qui te plairait, mais il faudra que tu reprennes tes études à zéro."

"Les seules études disponibles ne te plaisent pas, le métier ne te plaira pas, mais si tu veux un diplome, tu n'as pas le choix."

Vraiment cool...
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Toto le maudit
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Citation:
Provient du message de darhn
Entre nous, je ne vois pas dans quel domaine post-bac c'est fastoche de chopper un taf.
c'est simple : le travail dont personne ne veut (parfois y a quand même des diplomes bac+2 ou bac+4, par exemple pour un poste de responsable), à cause des horaires, des contraintes, de la pénibilité ou des risques

- domaine medical (aide-soignant(e), infirmier(e), etc...)
- travaux publics
- restauration, hotellerie
- artisanat (boulangerie, boucherie, plomberie, etc...)
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darhn
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j'ai dit post bac

boulangerie, hotellerie, plomberie, btp, etc. c'est des filieres BEP en general

Domaine medical, c'est vrai que ca manque... bon elle est ou ma seringue d'hero, je vais m'entrainer
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Toto le maudit
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Re: Re: Le succès des filières universitaires sans débouchés
Citation:
Provient du message de bowakawa
Je me permet de te corriger sur les postes d'enseignants d'histoire et d'histoire de l'art au niveau universitaire.
Les enseignants commencent à manquer et ce déficit va aller en s'aggravant car l'âge moyen des MC et PR est très élevé et d'ici 5-10 ans plus de la moitié d'entre eux sera à la retraite.
oui mais beaucoup ne seront pas remplacés (volonté de réduire le nombre de fonctionnaires, de faire des économies, ...)
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darhn
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Citation:
Provient du message de simkim

"Tu es prit dans l'école où tu veux aller pour suivre les études que tu as toujours rêvé de faire, mais tu peux pas parce que c'est trop cher."
supinfocom?
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Avatar de Zoun
Zoun
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Citation:
Provient du message de Toto le maudit
CAPES de mathématiques = 10 candidats pour un poste (un peu mieux mais on perd une année à préparer le concours avec 1 chance sur 10 d'etre pris...)
Euh, c'est pas de la chance hein. Le meilleur sera prit, et pas au hasard.

Donc le débouché est là, pour le meilleur
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Avatar de Le Nain Disco
Le Nain Disco
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Besoin d'un peu d'argent en attendant de décrocher THE job ?

Faites strip-teaseurs

Aucun niveau d'étude requis
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Avatar de Eltsyr
JOL Eltsyr
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Tout ça me rappelle une fable de la fontaine...vous chantiez ? et bien ...dansez maintenant

Plus sérieusement, étant entouré d'amis étudiants éternels approchant la trentaine, disposant d'une pompe à fric parentale et titulaires d'au moins 2 licences et 3 DEA (un scientifique pour assurer les arrières, un littéraire pour rattraper le temps perdu et un de philo pour faire le flambi sur les forums) je suis assez d'accord avec toi GB.

Petite nuance tout de même: je ne connais pas de d'environnement d'études supérieures qui prépare correctement ses étudiants aux réalités de la vie en entreprise, sauf médecine peut être mais les études sont inextricablement liées à la vie professionnelle par l'internat. Quelque soit leur domaine, les études ont toute en commun la culture d'un certain idéal de curiosité intellectuelle, de travail "pour soi" et d'enrichissement personnel. Je pense qu'au long de tes études de commerce, aussi pénible que tu aies pu trouver ces foutus modules de stat-éco, tu as tout de même pu élargir ta culture en droit, tout comme au long d'un cursus d'ingénieur tu peux t'investir à fond dans la construction d'un robot ou d'une fusée (c'est un exemple, je ne veux pas caricaturer)

Pendant les études on apprend. Et malgré les stages parfois obligatoires on ne prend pas forcément conscience de ce qui vient après. pendant 40 ans.

Parce le monde du travail c'est la production d'argent. C'est même la définition de l'entreprise. Si on t'apprend des trucs c'est pour produire plus efficacement. Si on te masse au boulot et qu'on envoie du parfum à ta femme c'est pour que tu te sentes bien avec ta boite pour produire plus. Si on te propose de travailler à domicile c'est pour travailler plus. Et ça, ça passe devant tout le reste. Une courbe d'apprentissage ne peut plus durer 5 ou 10 ans comme des études. Qques semaines tout au plus et basta. Et la production amène la répétitivité, la contrainte, et pour qui a une vie privée, l'ennui aussi.

Pour moi c'est cette différence de fond qui fait que le passage des études au monde professionnel est violent. Au sens métaphysique du terme. On ne parle plus de 5 ans de vie dorée d'étudiant à faire des projets sans lendemain. On parle de 40 ans minimum à assumer un choix de vie qui se profile dès la 2nde et qu'on ne maitrise pas forcément. Quand on rentre dans le tunnel, on n'en voit pas le bout mais on sait qu'à la sortie on aura perdu cette richesse qui file inéluctablement: la jeunesse.

Que des secteurs se bouchent subitement, soit. Mais il est notoire que de longues études en socio ou en philo mènent à 2 choses en plus du chômage: l'enseignement, ou la noble profession de femme au foyer. Le premier nécessite de petites exigences pour un métier qui peut être un calvaire s'il n'était pas une vocation, le 2eme nécessite un conjoint ou des parents aisés. Dans un cas comme dans l'autre, je pense que le choix s'effectue en toute connaissance de cause dès la fin du lycée, et qu'il est fortement lié à un appui financier des parents. Pour simplifier le fils de paysan brillant il va directement choisir des études qui rapportent (Bourdieu, les héritiers)

Et tout ça rejoint un peu ce que Caepolla disait sur le fil de philo: de tout temps les philosophes ont été ceux qui étaient dégagé des contraintes bassement matérielles de ce monde. Et personnellement ça se vérifie systématiquement autour de moi. Tant que les parents ne coupent pas le robinet pas question de ne pas en profiter. Des films comme Tanguy sont le reflet d'une angoisse adolescente déchirée entre envie de quitter le cocon et refusant de sauter le pas dans la vie professionnelle. Il ne manque plus que Fautvoir pour nous donner les us & coutumes du siècle dernier

Les plaindre ? nope. D'une part parce que mes camarades savent bien qu'ils vont en baver à l'insertion dans la vie active et se dirigent effectivement vers des boulots de profs, et d'autre part parce que je sais que quelque soit leur branche ils seront rattrapés tot ou tard par...la productivité. Qu'ils rêvent encore un peu...

Khro
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