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Dark Age of Camelot
Le miroir des âmes
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La nuit avait été courte, avant que les allées et venues incessante des trolls ne les réveillent. Ce couloir était plus fréquenté qu’une rue de Camelot ! Leur seul exercice fut quelques mètres de marche, pour aller se soulager. Ils étaient encore un peu ankylosés, et même s’ils se sentaient reposés, leurs jambes et leurs bras étaient encore douloureux. Ils n’eurent pas droit à un petit déjeuner.

Yafon parlait beaucoup, même si Macsteel répondait peu. Ils étaient tous les deux anxieux ; Macsteel avait l’impression que Yafon parlait plus pour garder son self-control que pour dialoguer.

« Ce shaman, qui nous accuse d’être responsables de la situation ! Je vois comment il raisonne ! Il isole une cause, celle qui l’arrange, et il dit Cette cause produit cet effet ! Mais on peut sélectionner n’importe quelle cause, et oublier les autres, cela ne prouve rien, en fait ! » Macsteel ne répondit pas, à moitié perdu dans ses pensées. Ce fut le shaman qui parla, arrivé avec un groupe de trolls dans le couloir.

Il avait l’air de très bonne humeur, et ce fut d’un ton presque badin qu’il intervint : « Yafon, tu as l’esprit tellement déformé par tes croyances que tu es incapable de penser correctement. » Yafon répondit sèchement : « Pas besoin de penser pour percevoir votre barbarie, vous qui tuez femmes et enfants ! » Macsteel était inquiet de voir le shaman si heureux, il avait l’intuition que cela n’annonçait rien de bien. Un petit sourire aux lèvres, le vieux shaman haussa les épaules et répondit : « Les Colons auraient du renoncer à ce rêve passé, au lieu de venir nous faire la guerre. Maintenant, ils vont tous périr. »

Le ventre de Macsteel se glaça, le visage de Yafon devint aussi froid que sa voix : « Que veux-tu dire, vieux fou ! » Le shaman dit lentement, regardant Yafon avec délectation, « J’ai trouvé le moyen de désactiver votre grotte d’un coup. Tous les Colons vont mourir, à part, peut-être, une poignée à l’entrée de la vallée. » La haine fit disparaître toute bonne humeur de son visage. « Le problème des Colons sera enfin éliminé, avec l’élimination des Colons ! L’Harmonie Sacrée sera enfin rétablie dans la vallée !»

Il se tourna vers Macsteel. « Je ferai cela en te sacrifiant, ici, la nuit la plus courte de l’été. » Puis, regardant Yafon de nouveau : « Toi, je te garderai vivante un peu plus longtemps. Que je puisse voir le désespoir sur ton visage ! »

Macsteel, furieux que le shaman lui vole sa mort, s’écria : « Monstre ! Yafon a raison, tu es un fou, un fanatique sanguinaire ! »

Le shaman éclata de son rire grinçant. « Ah, Macsteel, est-ce toi, qui parles, ou bien ton ancienne personnalité ? » Macsteel se figea. « Que sais-tu de mon ancienne personnalité ? »

« Pour pouvoir tuer mon vieil ennemi, le saint, j’avais besoin d’un homme plutôt pur, un paladin dont je puisse effacer la mémoire, et en qui je puisse implanter le sortilège de meurtre. Mes agents m’ont ramené plusieurs paladins. Mais cela n’a pas marché, j’arrivais bien à effacer leurs souvenirs, mais leur magie de paladin les protégeait contre l’ordre hypnotique de tuer.

Toi… Tu es allé volontairement droit à la mort, dans Keltoi. À cause de cela, tu as déchu. Mais je sais tout de toi, Mac, et je sais pourquoi tu as choisi cette mort au combat. Le suicide est une trahison de votre Lumière, mais d’une certaine manière tu es resté pur. La combinaison idéale pour moi, j’ai pu effacer ta mémoire et implanter le sortilège de meurtre. Tu n’es qu’un outil, Macsteel, tu n’as que l’existence que je t’ai donnée, et ta véritable personnalité n’aura plus l’occasion de revenir. » Macsteel se sentit accablé, comme mort une fois de plus.

Yafon demanda : « Qui t’a appris à parler notre langue ? »

Le shaman, calme et détendu à nouveau, répondit : « Il y a 1100 ans, les trolls apprirent la langue des Colons. A l’époque nous commercions. Et quand les humains quittèrent la vallée, il fut décidé que toujours le chef spirituel ou le chef de guerre, ou les deux, apprendrait la langue de Colons, de génération en génération. Ainsi, quand les Colons reviendraient, il y aurait un troll pour les accueillir comme ils nous ont accueillis. »

Yafon éclata : « C’est comme cela que vous nous avez accueillis ? Pourquoi aucun troll n’est venu parler avec nous ? Pourquoi s’être opposés à notre retour ? Traîtres ! » Elle était furieuse.

Le shaman sembla plongé dans ses souvenirs, ses petits yeux perdus dans le temps, sa peau parcheminée au repos. « Je suis plus vieux que j’en ai l’air, et j’ai l’air très vieux. J’étais jeune lors de l’arrivée des Colons dans la vallée. À l’époque moi seul savait parler votre langue.

Quand le messager est venu m’annoncer que de nombreux humains avaient pénétré dans la vallée, j’ai tout de suite compris que les Colons étaient de retour. Une grande peur m’a saisi. Puis je me suis reprit. Je suis allé le plus vite possible vers Grundzuin, le premier bourg que croiseraient les Colons, pour les accueillir. J’étais plein d’espoirs, d’appréhension, je sentais combien de choses dépendaient de ce moment historique, j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Mais j’étais déterminé à faire de mon mieux.

Quand je suis arrivé près du village, j’ai croisé des rescapés, des trolls qui avaient fui le carnage. Et alors que du haut d’une colline je voyais Grundzuin en feu, j’ai appris que vous étiez venu pour conquérir et tuer. »

Yafon, comme en écho aux souvenirs du shaman, reprit la parole. « J’ai appris l’histoire de mon peuple. Les premiers colons à revenir se sont dirigés vers l’ancien village de Grande-Lumière. Ils avaient espoir de trouver les ruines de ce qui fut notre plus grand temple dans la Vallée Sacrée, notre lieu saint le plus important après la Grotte de la Lumière.

Quelle ne fut pas leur surprise, le village était encore debout et habité par les trolls ! Dans Albion il y avait déjà longtemps que trolls et humains ne s’aimaient guère, mais les Colons s’approchèrent pacifiquement. Les trolls répondirent de même. Personne ne se comprenait mais la méfiance réciproque commençait à faiblir.

Les Colons furent heureux de retrouver le temple debout. Ils voulurent y entrer et y faire une cérémonie, prier, mais il était habité par toute une famille de trolls qui s’est opposée à l’entrée des Colons. Sordic, le paladin Commandeur, a essayé de faire comprendre aux trolls qu’il était impossible aux Colons de renoncer à prier dans ce temple. Il a échoué, un troll l’a défié en combat, Sordic a tué le troll, cela a dégénéré en bataille rangée. Déjà les trolls étaient sauvages, car tous et toutes, males et femelles, se mirent à se battre. Il fallut se défendre et les tuer. »

Le shaman l’avait écoutée sans l’interrompre. Il reprit : « Presque tous les trolls sont morts, hommes, femmes, enfants. Le village brûlait, détruit. J’ai décidé de ne pas approcher les Colons, ils m’auraient tué moi aussi. De toute façon, à leurs actions, il était clair qu’ils n’étaient pas venus en paix, mais en conquérants. J’ai fais demi-tour, pour aller préparer mon peuple à la guerre. »

Le shaman hocha la tête et s’éloigna, les autres trolls le suivant. Puis il s’arrêta, revint un instant, le temps d’ajouter : « Dans la grande maison que vous appelez temple, personne n’a survécu. Ni ma mère, ni mon père, ni mes frères et s½urs, ni mes cousins, personne… Quand je suis reparti sur la route, mon c½ur saignait. Je les ai pleurés. Et depuis chaque jour je pense à eux, je garde leur souvenir vivant, pour trouver la force de lutter contre les Colons. »


Yafon se laissa glisser au sol. Des fissures commençaient à apparaître dans son univers. Elle était fille de Colons, petite-fille des Colons, elle ne s’était jamais préoccupée de savoir si ces brutes de trolls avaient les mêmes souffrances que les humains. Elle vit que Macsteel, lui aussi, avait été affecté par les révélations du shaman.

D’une voix inhabituellement douce, elle dit : « Macsteel, tu es très sensible, pour un maître d’armes. Le shaman souffre, d’accord, mais cela s’est passé il y a cent ans. Il aurait pu oublier, pardonner, aller vers la paix. Au lieu de cela il a cultivé la haine. Je crois qu’il est fou, tu sais. Maintenant il veut tuer tous les Colons. »
D’une voix plus déterminée, elle ajouta : « Je ne peux accepter cela ! »

Macsteel resta songeur. Lui non plus ne pouvait accepter cela. Autant il avait l’impression que le destin le forçait à se sacrifier, autant il refusait qu’on le sacrifie pour réaliser un meurtre de masse ! Mais il fit remarquer à Yafon qu’elle n’était pas gênée par sa sensibilité, quand il s’était attaché aux Colons et qu’il avait été affecté par l’attaque des trolls. Il pensait si souvent à son sacrifice, s’il sortait vivant d’ici, qu’il était un peu irrité par les tentatives, directes ou indirectes, de Yafon pour lui rappeler que les trolls étaient les ennemis, les Colons le bon camp, et qu’il devait faire le bon choix.

« Sois honnête envers toi, Yafon. Tu dois admettre que je puisse faire preuve de compassion envers quelqu’un qui souffre, même si c’est un troll et un ennemi. Après tout, les trolls vivent, aiment et souffrent comme vous, les Colons ! »

Yafon ne pouvait entendre cela. Au fond d’elle, elle percevait Macsteel comme profondément juste, capable de se sacrifier pour la juste cause. Mais elle avait peur. Peur que Macsteel ne pèse le pour et le contre, se laisse aveugler par sa sentimentalité et hésite à se sacrifier, en prenant les trolls pour des humains. C’en était trop pour elle. Elle était le Commandeur des Colons, elle se devait à son peuple. Elle explosa de colère.

« Rappelle-toi des crimes des trolls, plutôt que de leurs sentiments ! Ce sont leurs actions qui comptent et ces actions sont mauvaises ! D’ailleurs rappelle-toi ton propre crime, car il n’y a que toi qui puisses le réparer ! Je te tuerai plutôt que de laisser le shaman se servir de toi, et je te tuerai si tu ne te sacrifies pas !»

Macsteel se tourna, peiné, et appuya son front contre la grille. Le froid du métal lui faisait du bien. Et il avait besoin qu’on lui fasse du bien. Tant de monde semblait avoir de si bonnes raisons de souhaiter sa mort. C’était vrai, lui seul pouvait réparer, et il le ferait. C’était vrai aussi qu’il commençait à se sentir mal à l’aise vis-à-vis des trolls. Les choses n’étaient sans doute pas aussi simples que la vision des Colons ne le laissait supposer. Peut-être était-ce une bonne idée que Yafon le tue. Il ne pourrait plus servir au shaman, ce fou fanatique, et il n’aurait pas à se forcer à se sacrifier.

Il soupira et fit face à Yafon. « Restons pratiques. Nos chances sont quasiment nulles, nous sommes prisonniers, le shaman va nous tuer. Perdus pour perdus, autant tenter le tout pour le tout. La prochaine fois que les deux gardiens nous emmènent aux toilettes, nous les attaquons. Et nous nous en remettons à la grâce de la Lumière. »

Yafon hocha la tête. « Oui, de toute façon, il vaut mieux choisir une mort au combat que d’attendre celle promise par le shaman ! »

Le temps de l’attente passa, celui de l’action vint. Les gardiens, convaincus que serait folie pour les prisonniers de tenter quelque chose, étaient détendus et plaisantaient entre eux, quand ils pénétrèrent dans la petite pièce où se trouvait la porte des toilettes. Cela faisait l’affaire des prisonniers. Par contre Mac fit la grimace en voyant qu’un troll était déjà dans cette pièce. Il était armé, mais assoupi. Mac décida de tenter le tout pour le tout, jeta un coup d’½il à Yafon pour lui donner le signal de l’attaque. À ce moment là deux trolls entrèrent dans la pièce. Un des arrivants sortit son arme et la mit sous le cou d’un des gardiens, tandis que celui qui avait l’air assoupi se relevait d’un bon et neutralisait le second gardien.

Le troisième troll avait aussi sorti son arme. Il la pointa vers Macsteel et Yafon et ordonna : « Suivez-moi ! »
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Yafon et Macsteel, sous le coup de la surprise, restèrent immobiles. Yafon dit à Macsteel : « C’est le chef de guerre des trolls. »

Celui-ci, une montagne de cuir, de muscles à l’air cruel, sauvage, répondit : « Pas le temps de faire les présentations ! Suivez-moi ! » Ses deux compères, ayant neutralisés les gardiens, menacèrent également les deux humains de leurs armes.

Macsteel et Yafon se décidèrent, accompagnant leurs nouveaux gardiens. Ils passèrent dans une cour puis dans quelques petites salles du temple. Si leur groupe fut l’objet de regards curieux, ils purent néanmoins sortir de l’édifice sans être inquiétés.

Ils marchèrent à travers la population des trolls qui vaquaient à leurs affaires. Le temple était l’immeuble le plus important. Il y avait quelques échoppes et maisons, mais beaucoup d’habitations étaient troglodytes. Macsteel fut frappé par la propreté de ce village de montagne, il ne savait pas pourquoi s’être imaginé les trolls sales. Les trolls étaient pauvres, aussi, il remarquait cela à la rareté des équipements, aux vêtements de mauvaise qualité. Yafon, elle, regardait attentivement les rues, les dispositions, et où ils allaient. Il sembla à Macsteel qu’elle eut un petit sourire quand ils comprirent qu’ils allaient dans la caserne creusée dans la montagne.

Ils passèrent un imposant poste de gardes, et s’installèrent dans une vaste pièce où un garde était posté à chaque entrée. Le troll eut l’air de se détendre et dit quelque chose dans une langue inconnue à une troll, qui avait l’air de les attendre là. Elle était petite, d’une laideur repoussante, au moins pour des humains, avec quelque chose de primitif. Elle répondit d’une voix hachée et avec un accent qui même pour Macsteel sembla étranger.

Le chef troll prit la parole : « Je suis Malfrid, chef de guerre des trolls. Je sais qui vous êtes. »

Macsteel répondit : « Merci de nous avoir libérés du shaman. »

Malfrid reprit : « De rien. Vraiment. Je préfère vous tuer moi-même. C’est Yafon qui devrait me dire merci. La lumière de la grotte va décliner lentement. Son peuple ne va pas mourir. Elle si, mais les Colons pourront fuir la vallée. »

Yafon, d’une voix teintée de colère, intervint : « Les Colons sont ici chez eux, dans la terre que leur a donnée la Lumière, ils n’ont pas à fuir !

- Les trolls sont ici depuis des siècles ! » s’emporta Malfrid. « C’est devenu leur pays, leur histoire, leur terre ! Comment les Colons peuvent-il revenir ? Si longtemps après et s’imaginer chasser les habitants ? Qui, en Albion ou n’importe où ailleurs, accepterait de quitter sa terre ? Pour la laisser à quelqu’un disant c’était à moi il y a mille ans ! » Il se leva, tremblant de fureur, dominant de toute sa masse les deux humains.

Yafon, la voix marquée d’une colère froide, répondit : « Bien, vous avez vos raisons ! Au moins combattez avec honneur, pas lâchement ! Faites une guerre civilisée, attaquez des soldats, des lieux symboliques, des places fortes, au lieu de tuer des familles, de semer la terreur sur des innocents ! »

Malfrid reprit, d’une voix plus calme, comme s’il contait une histoire : « Quand les Colons sont revenus, il y a cent ans, la fonction de chef de guerre des trolls était symbolique. Mon arrière-arrière-grand-père était le chef. Il n’avait que douze guerriers. Cela faisait des siècles que les trolls, ici, s’étaient isolés du monde et de ses guerres.

Nous étions devenus un paisible peuple de fermiers, d’artisans. Nous avions oublié l’art de la guerre. Nous ne demandions rien à personne, on vivait en harmonie avec la nature.

Puis les Colons sont venus, avec leurs armes et leurs soldats. Ils n’eurent pas de mal à conquérir la vallée. Presque toute la vallée, aussi vaste soit-elle, elle devait être toute à eux. »

La voix de Malfrid se mit à monter : « Toi, paladine, as-tu conscience du nombre de familles trolls qui furent massacrées ? Des trolls qui pour survivre, durent fuir ? Abandonner leur terre, celle de leurs ancêtres ! Leur maison, leur travail, tout ce qui était leur vie ! Pour FUIR DEVANT LES COLONS ! As-tu conscience que s’il n’y avait pas ces endroits inexpugnables dans les montagnes, les trolls auraient été exterminés ?? »

Il prit une grande inspiration et fit un effort pour se calmer. D’une voix plus posée, il reprit : « Aujourd’hui les Colons sont plus nombreux, plus forts que nous. Mieux équipés. Oh oui, nous pouvons vous affronter conventionnellement, armée contre armée, et le peuple troll périrait. Non, Yafon, nous ne voulons pas nous suicider. Le peuple troll vivra et vaincra, même si le seul combat possible est de vous frapper où on peut. De vous décourager de rester ici, de décourager d’autres Colons de venir s’installer. »

Macsteel comprenait les trolls. Ils voulaient survivre et se sentaient chassés de chez eux. Un reste de paladin en lui désapprouvait leurs moyens. Lui préfèrerait mourir plutôt que d’attaquer des familles, quelle que soit la cause. Il faillit en faire la remarque, mais revint sur le sort des Colons, demandant pourquoi Malfrid les sauvaient. Il espérait ainsi calmer à la fois Yafon et le chef troll.

Malfrid se rassit, les laissant debout. « Le shaman et ses religieux sont des extrémistes. Une petite partie de la population. Je n’aime pas l’idée de tuer tous les humains. J’aurais préféré les faire fuir par notre force. Si la magie de la Grotte disparaît lentement et qu’ils partent, ça me va aussi. Pas la peine d’un bain de sang.»

Il s’arrêta un instant puis reprit : « Même comme cela je n’étais pas décidé à contrer ouvertement le shaman. C’est Gratcha qui m’a décidé. » dit-il avec un geste de la main vers la guerrière troll. « Une vraie sauvage, elle, arrivée depuis peu dans la vallée. Elle se bat tellement bien qu’on dirait de la magie. Elle n’a rien à faire des humains, mais elle pense que si dans Albion on apprend que des trolls ont massacré une colonie humaine, les Colons passeront du statut de parias à celui de martyrs. Rien que pour l’exemple Albion sera obligée de venir avec ses soldats et ses clercs. Pas la peine d’échanger un ennemi contre un plus puissant. »

Il regarda longuement Macsteel. Celui-ci ressentait une impression étrange, comme s’il comprenait ce troll, comme si au-delà de leurs différences, ils étaient frères d’armes. Le troll lui dit : « Je regrette que toi, étranger à nos histoires, sois pris par ce destin. Peut-être dans d’autres temps d’autres lieux, on aurait été amis. Mais c’est la guerre. J’attendrai la fin de la nuit la plus longue avant de vous tuer tous les deux. Le shaman fait cérémonies sur cérémonies et je ne veux pas prendre le risque de déclencher quelque chose. »

Il se tourna vers des gardes et ordonna : « Emmenez-les. »

Yafon et Macsteel allaient quitter la pièce, escortés par leurs gardiens, quand le maître d’armes se retourna et interpella Malfrid : « Qu’est-ce que ce cri étrange, quand on arrache les herbes dans vos temples ? »

Malfrid eut l’air sonné, abasourdi. « Vous voulez dire que vous ne savez pas ? » Il baissa la tête. Macsteel ignorait si les trolls pouvaient pleurer, mais il avait l’impression qu’oui. D’une voix basse, Malfrid reprit : « Les bébés trolls, à leur naissance, sont liés à l’énergie spirituelle de la vallée. Le temps que ce lien se crée, les herbes poussent sur le rocher. Après un mois, un bébé troll est en harmonie avec la nature, son brin d’herbe meurt ; il n’en a plus besoin. Quand on arrache un brin d’herbe, on arrache l’âme d’un bébé, qui meurt, et c’est son cri que vous entendez. » Il fit un signe et les gardes les emmenèrent.

Macsteel se sentait malade. Yafon, horrifiée, se rappelait les nombreux brins d’herbe qu’elle avait arrachés au cours de ses raids.
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Yafon, tout en marchant à côté de Mac, se posait des questions. Elle était insensible aux couleurs criardes des murs, aux nombreux soldats croisés dans les couloirs, perdue dans ses propres pensées. Elle avait l’impression qu’elle ne pourrait plus jamais arracher ces fameuses herbes, dans les temples trolls. Elle avait la pensée déprimante que sans doute les trolls avaient autant de raisons de haïr les Colons que les Colons de haïr les trolls.

Elle jeta un coup d’½il à Macsteel. Elle le trouvait beau, avec sa sensibilité si perceptible. Et elle avait peur. S’il ne s’en sortait pas, elle devrait réfléchir à un plan d’évacuation des Colons. Et s’il s’en sortait et refusait le sacrifice, ébranlé par ce qu’il avait appris sur les trolls… Que ferait-elle ? Puis elle revint à la situation présente, ils arrivaient dans une grande salle.

Macsteel était impressionné par la taille de cette salle, une vaste caverne naturelle que les trolls avaient agrandie. Un entrepôt, avec assez de nourriture pour soutenir un long siège. Tout à coup, en voyant deux petits tunnels partir au nord de la salle, il eut une illumination : c’est d’ici que c’était évadé le Colon ! Il regarda Yafon, qui lui fit un petit sourire, les yeux brillants. Elle aussi, visiblement, pensait qu’ils avaient une possibilité d’évasion.

Leur espoir s’évanouit quand les trolls les enfermèrent dans une cellule fermée par une grille et laissèrent un garde de faction devant un des tunnels. Ils avaient retenu la leçon.

La grille se referma avec un claquement définitif. Yafon soupira et dit : « C’est mal parti pour que tu tiennes tes engagements, Macsteel. Je crains que le peuple des Colons ne soit condamné à l’exode. » Elle avait le visage triste et fermé. Elle reprit : « Par curiosité, te sens-tu Albionnais, ennemis de ces Midgardiens de trolls ? »

Macsteel réfléchit un peu, le regard sur le tunnel gardé par le troll, chemin de la liberté. Il secoua la tête. « Non, peut-être est-ce l’amnésie. Je me suis peut-être battu pour Albion, avant, mais maintenant je ne ressens quasiment rien de nationaliste. Seul savoir ce que je suis, et essayer d’agir justement comptent, pour moi. » Il ajouta « D’ailleurs, je ne sais pas pour les trolls, mais il me semble clair que les Colons sont avant tout Colons, pas Albionnais. »

Yafon hocha la tête, d’un air absent. Elle répondit d’une vois atone : « Si tu t’en sors, pense aux Colons que tu as connus. » Macsteel hocha la tête, le regard glissant au loin. Il revoyait les Cirius et les McGregor. Il se dit que s’il y a un siècle on lui avait demandé si les Colons devaient retourner ici et prendre la vallée, par la force si besoin, il aurait répondu non, cette vallée est déjà habitée. Mais voilà, les Colons étaient là. Il jugeait que leur situation n’était pas vraiment justifiable, mais il s’était attaché à eux, et il s’était engagé. Macsteel se sentait vraiment mal à l’aise. Il avait l’impression de sentir obligé de sacrifier sa vie pour soutenir une cause que sa conscience désapprouvait.

« - Yafon, là aussi nous sommes obligés d’agir, on ne va pas attendre et se laisser tuer. On va se battre, je vais faire semblant de t’étrangler, avec un peu de chance le garde entrera pour nous séparer. On lui saute dessus et on fuit.
- Mais s’il va chercher ses amis, plutôt ?
- S’il voit que je t’étrangle, il se dira qu’il n’a pas le temps d’aller chercher des renforts, il fera face à l’urgence.
- Admettons que cela marche, Macsteel. La sortie du tunnel est au nord de la vallée. De là en quelques heures tu peux quitter la vallée, fuir à tout jamais. Ou alors on prend des chevaux et on fonce au sud, nous arriverons à temps pour la nuit la plus courte. Dans quelle direction veux-tu aller ? »

Elle avait le visage grave. Macsteel se sentait déchiré. Il en avait presque la nausée. S’il se défilait, serait-ce par lâcheté, peur de mourir, ou bien pensait-il sincèrement que se sacrifier conforterait des générations de Colons dans une attitude injuste envers les trolls ? Il se défila en répondant qu’il verrait bien à ce moment là, que pour l’instant ce n’était pas le problème. Il n’était pas fier de lui.

« Tu es prête ? » demanda Macsteel à Yafon.
« Oui, allons-y. »

Et ils se battirent, en s’insultant. Le troll hurla quelque chose, puis s’approcha. Il
arrivait près de la grille quand Yafon donna un coup de poing dans le ventre de Macsteel, qui se plia. Le troll applaudit. Macsteel esquiva le coup suivant, passa derrière la paladine, et la coinça, le cou prisonnier. Il l’étrangla.
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Chapitre 3 : Le Retour

Elle se débattit mais Macsteel l’étranglait, elle perdait ses forces. Irrité, le troll hurla quelque chose, sortit ses clés et ouvrit la grille. Macsteel laissa tomber le corps inconscient de la paladine, recula pour faire face au troll, qui avait sorti son arme. Quand le gardien fut proche de Yafon, d’un coup de pied vicieux elle lui faucha les jambes, il tomba. Ils se jetèrent sur lui, l’assommant rapidement.

Ils le bâillonnèrent, le ligotèrent et pour faire bonne mesure l’enfermèrent. Un rapide coup d’½il, l’entrepôt était vide. Après s’être équipés en armes dans l’entrepôt, ils se dirigèrent vers le tunnel qu’avait emprunté le sicaire lors de sa fuite. Il était vide, mais entretenu, les trolls avaient fait un impressionnant travail, la caverne naturelle avait laissé la place à un tunnel large et assez éclairé pour que leurs torches ne leur servent à rien.

Ils progressèrent ainsi de longues minutes, suivant les tours et détours du tunnel. Ils débouchèrent sur une grande salle éclairée par la lumière du jour, ils étaient arrivés ! La lumière venait de nombreuses meurtrières percées dans la paroi. A leur consternation, une grande porte métallique fermée à clé bloquait la sortie. Non seulement les trolls avaient pris toutes leurs précautions contre une évasion par cette voie, mais ils l’avaient aussi sécurisée contre une attaque extérieure.

Ils poussèrent un soupir, considérant la porte. Un cri d’alarme s’éleva. D’un autre tunnel venaient plusieurs guerriers trolls. Au moins une dizaine, armés jusqu’aux dents. Yafon et Macsteel se mirent à courir, repartant dans la seule direction disponible, le tunnel qui les ramenait vers l’entrepôt de la forteresse troll. Derrière eux la poursuite était lancée. En courrant, Macsteel demanda : « Qu’est-ce que l’on fait ? On rentre vite dans notre cellule ? » Yafon sourit à cette faible tentative d’humour et cria « Économise ton souffle ! »

Ils arrivèrent avec plusieurs secondes d’avances dans l’entrepôt. « Que fait-on ? » demanda Yafon. « Pas le choix ! » répondit Macsteel, se précipitant vers la seconde caverne. Tout en le suivant, Yafon dit : « Tu sais que l’on va être bloqués ! Entre nous et la sortie, on va trouver un précipice, c’est ce que nous a rapporté le sicaire ! »

Il allait répondre, quand il entendit les trolls se ruer à leurs trousses dans la caverne. Il économisa son souffle et courut. Là, leurs torches étaient utiles, car le tunnel avait immédiatement laissé la place à une caverne naturelle, avec des stalagmites et des stalactites, sombre, avec des parties éboulées. Leur course lançait des lueurs fantomatiques, des taches sans cesse changeantes de lumière et d’obscurité. Derrière eux les trolls avaient cessé leurs cris, et se concentraient eux aussi en silence sur le sol difficile.

Ils durent ralentir pour traverser un passage très étroit, pas plus grand qu’une faille à moitié pleine de rochers éboulés. Macsteel reprit sa course, Yafon l’appela, il s’arrêta et se retourna, inquiet. « Aide-moi ! » dit-elle. Elle essayait de faire basculer un gros rocher sur la faille. Il posa sa torche et son arme et se précipita à son aide. A deux, ils firent basculer le rocher juste au moment où les trolls allaient arriver. Plusieurs petits rochers tombèrent avec le gros, ils s’écartèrent pour ne pas être blessés. Ils entendaient les trolls jurer de l’autre coté.

Yafon, en regardant l’éboulement, dit : « Cela ne les retardera pas très longtemps. Puis nous sommes coincés, de toute façon. » Elle se tourna vers Macsteel, la lumière des torches accentuant les ombres de sa beauté froide, et ajouta : « Nous allons mourir, très probablement. Mais je suis heureuse d’avoir vécu cette aventure avec toi, Mac, même si mon c½ur saigne pour mon peuple. Je ne t’en veux plus pour le saint, je sais que tu n’y es pour rien. Tu n’es plus paladin, mais tu as le c½ur noble. » Macsteel, troublé, ne savait pas trop quoi répondre. Il remarqua un peu bêtement « C’est la première fois que tu m’appelles Mac… » Elle lui sourit, puis reprit la course dans la caverne. Il s’élança à sa suite.

Ils faillirent tomber dans le précipice, juste après un détour de la caverne. Il était suffisamment large et profond pour les empêcher de rejoindre la lumière du jour qu’ils voyaient, là-bas, au bout. Macsteel jura, Yafon regarda partout autour d’elle et poussa un cri : « Regarde ! » Tout à leur gauche, une corde était tendue au-dessus du gouffre. Ils s’approchèrent. Yafon reprit : « Qu’est-ce que cela peut être ? On dirait une corde en or ! »
Les larmes aux yeux, Macsteel répondit « C’est un cadeau. »

Yafon, dubitative, regarda la corde. « Je ne vois pas où elle est accrochée, on est pas sûrs qu’elle tienne. » Macsteel se sentait plus en paix avec lui-même, les choses étaient désormais claires pour lui. Il avança, saisit la corde, et tout en avançant à la force de ses bras, dit : « Elle tiendra. Aie foi. » Il traversa et Yafon le suivit.

Ils arrivèrent dehors, le soleil les éblouissant. Libres, ils étaient libres ! Ils crièrent de joie. Puis Yafon s’approcha tout près de Macsteel. « Maintenant, tu dois prendre ta décision, entre les trolls et les humains. » dit-elle.

Macsteel la regarda dans les yeux. « Je ne jugerai pas en termes de trolls et d’humains, Yafon, ni en termes de nationalités. Pour moi, humains, trolls, tous les êtres vivants qui sur cette terre partagent le désir de vivre en paix, tous sont égaux. »

Yafon, inquiète, sentit son ventre se contracter. Macsteel reprit : « J’aime les Colons, je me suis attaché à eux. Et peut-être pour cela, je refuse de leur donner un mauvais exemple et les entraîner dans l’erreur. Je crois que dans cette vallée les Colons se sont montrés profondément injustes envers les trolls. L’idéal serait de trouver un accord et de faire la paix. Nous savons tous les deux que c’est impossible. Aussi je vais partir, je ne vais pas me sacrifier. Je vais rétablir la justice, mais pour les trolls. Je regrette, Yafon, les Colons devront repartir. » Macsteel, sentant la peine qu’il infligeait à Yafon, et à travers elle au peuple des Colons, souffrait. Yafon le fixa dans les yeux. « Je m’en doutais. » dit-elle, « et je te comprends. Mais tu dois me comprendre aussi. » D’un geste brusque, elle se glissa à droite de Macsteel, une dague appuyée sur la gorge du guerrier.

« Tu dois m’accompagner à la Grotte, et là-bas prendre le temps de réfléchir. » Macsteel fit non de la tête, la secouant autant qu’il l’osait avec une dague sur le cou. « Je te tue tout de suite, si tu refuses. » insista Yafon.

Le moment de vérité, pensa Macsteel. Il répondit « Tue-moi. J’ai fait mon choix, Yafon. Je reste fidèle à ma foi, il y a du bon en tous. Chez les Colons mais aussi chez les trolls. Et je fais ce que je pense être juste. Je préfère mourir pour ce que je pense être juste que de vivre en me trahissant moi-même. » Une goutte de sang perla sur sa gorge. Yafon répondit : « Tu avais raison, on ne peut demander plus à un homme que de faire ce qu’il pense être juste. »

Elle s’écarta et rangea sa lame. Son visage était un masque de tristesse. « Je te comprends, Mac, même si j’aurais préféré que tu fasses l’autre choix. » Elle détourna son regard et ajouta à voix basse : « Un choix ou un autre, je serai malheureuse de toute manière. » Puis elle dit « Là-bas ! Regarde ! »
Macsteel regarda. En haut d’une colline, un homme habillé de jaune observait les alentours. « C’est un mercenaire du clan McKeen. » dit Yafon. « Ils ont retrouvé ta trace. Peut-être peux-tu les rejoindre, mais je ne sais pas si c’est une bonne idée. Ils pourraient t’aider, mais leurs ordres sont peut-être de t’amener à la Grotte, ou bien de te tuer, aucune idée. »

« Je vais les éviter. » répondit Macsteel. A ce moment là, ils entendirent une clameur, des trolls, au loin, arrivaient. Ils se séparèrent dans l’urgence, lui filant vers l’entrée de la vallée, elle retournant vers son peuple, au sud.

En marchant, Macsteel se trouva étrangement seul. Il se retourna pour essayer d’apercevoir Yafon. Il dut monter sur un rocher pour cela. Elle était tournée vers lui, au loin. Elle fit un baiser sur sa main et lui envoya, en soufflant dessus et en s’inclinant. Il fit de même et la regarda faire demi-tour et disparaître vers le sud. Il était à la fois triste et serein. Triste pour elle et pour les trolls, serein d’être capable de faire le choix qui lui semblait juste, même si c’était très dur.

Puis il vit que les trolls l’avaient repéré. Au lieu de lui envoyer un baiser, ils courraient vers lui, armes à la main. Il se mit à courir.
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Message roleplay
Macsteel courrait. Il était furieux contre lui-même, il avait l’impression de s’être perdu dans ces collines montagneuses et d’avoir tourné en rond. Résultat, les trolls l’avaient presque rattrapé. Ils s’étaient dispersés et patrouillaient un peu partout, tissant un filet aux mailles de plus en plus fines. À leurs tenues, il avait l’impression que c’étaient des trolls du shaman, s’il se faisait capturer, il serait sacrifié et tous les Colons seraient exterminés.

Il contourna un énorme rocher sur le chemin et se trouva nez à nez avec un énorme troll, bardé de cuir clouté de la tête aux pieds, une lance à la main. Il fut le plus rapide et lui enfonça son épée dans la poitrine. Le troll tomba sans un mot, au grand soulagement de Macsteel. Soulagement de courte durée, six trolls apparurent sur le chemin. Il allait faire demi-tour et courir, quand un homme avec une cape jaune sauta au milieu des trolls, les chargeant avec férocité et une extraordinaire rapidité. Un troll fut tué immédiatement et un autre mis hors de combat. Macsteel regardait fasciné ce mercenaire à l’impressionnante science du combat. Toutefois, face à quatre adversaires, il avait le dessous. Macsteel haussa les épaules et décida de laisser le téméraire guerrier se débrouiller seul, après tout il voulait échapper aux trolls et aux mercenaires.

Il croisa le regard de l’Albionnais et se détourna. Puis il entendit : « Mac ? Mac !! Mac, aide-moi ! » Il se retourna. Tout en défendant sérieusement sa vie, le mercenaire l’appelait : « MAC ! Mais qu’est-ce que tu fous bon sang, bouge-toi, arrive ! » Son visage, un mélange de férocité et de charisme, ne disait rien à Macsteel, qui ne bougeait pas. Une jeune fille portant également une cape jaune sauta au milieu des trolls. Sa taille frêle était trompeuse. Même si elle était moins efficace que le mercenaire, c’était une professionnelle de la guerre, cela se voyait. A eux deux il tuèrent deux trolls. « Merci Meriel mon amour ! » dit le mercenaire. Celle-ci, en plein combat, fit un pas glissé, passa près du mercenaire, lui vola un baisé éclair et abattit, dans le mouvement, son arme sur un troll ! « De rien Panda » dit-elle.

Meriel et Panda, songea-t-il, du clan McKeen. Deux parfaits inconnus. Derrière Panda un nouveau troll approcha discrètement. Il leva son arme pour frapper. Macsteel chargea en hurlant, le troll se tourna vers lui, chargeant aussi. Le choc fut terrible, Macsteel prit un coup de masse sur le coté de l’abdomen, pendant qu’il décapitait le troll, projetant du sang partout.
Il tomba à terre, à quatre pattes, luttant pour ne pas s’évanouir.

Il entendit d’autres voix humaines, des renforts, des incantations, de trolls et d’humains. Puis la bataille fut terminée. Panda se pencha près de lui : « Mac ! Mac, ça va ? » puis il cria « Diandra, vient ici, ton frère est vivant ! Enfin, il le restera si tu le soignes ! »

Il entendit une voix inconnue dire « Oh Mac… Mac ! Tu es vivant ! » La voix se brisa et se reprit « D’abord les soins. » Diandra appela la bénédiction de la Lumière, une chaude clarté entoura Macsteel, qui se sentit de suite mieux. Il se releva et regarda Diandra dans les yeux.

Quelque chose se brisa en lui. Comme une barrière retenant les flots qui tout à coup s’effondre et libère un torrent. D’abord des noms, des dizaines de noms, Diandra, Yzabeau, Yaelle, Panda, Soir, une liste sans fin de noms. Puis des milliers d’images, de mots, de sons, d’odeurs, de sensations, de lieux et de sentiments l’envahirent. Des souvenirs, une vie de souvenirs, la vie du paladin Mac Leod, frère de Diandra, ami de Soir et de Panda McKeen. Il s’évanouit.

Trois jours après, les McKeen l’avaient ramené dans leur clan. Leur mission, aller enquêter sur ce qui se passait dans la vallée des Colons, était terminée. Macsteel décida de garder son nouveau nom, le paladin Mac Leod n’était plus, place au maître d’armes Macsteel McKeen.
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Message roleplay
Loin de là, dans la Vallée Sacrée, à la tête d’un groupe de soldats Colons, Yafon surveillait la l’une des caravanes qui quittait le pays. À part les fanatiques du shaman, peu de trolls attaquaient les Colons, ces temps-ci. L’évacuation, planifiée, se passait bien. Façon de parler. Le peuple des Colons avait le c½ur brisé. Certains, les plus vieux surtout, avaient choisi de rester dans la vallée, pour y mourir quand la bénédiction de la Grotte serait trop faible.

La majorité des Colons retournait en Albion. Avec la ferme conviction qu’un jour le peuple élu retournerait ici, par la grâce de la Lumière. « Sans moi » pensa Yafon. Elle était lasse de cette guerre, de toutes ces souffrances de part et d’autres.

Devant ses yeux passait un peuple déraciné. Elle pleurait.



- FIN -
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Message hors-roleplay

bravo, très beau texte
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Irvain
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( /em reste sans voix

bravo a toi Soir )


(Kelisia : je rappelle que les signatures ne sont pas autorisées sur ce forum pour une meilleure lisibilité)
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(après avoir nettoyé le texte de ses petits carrés, je lis les commentaires et je dis merci à tous )
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Wahooo o début je pensais avoir jamais courage de lire tout ça puis finnalement on regrette la fin, sympa
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Thumbs up
superbe texte
bravo
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Très sympa.
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( merci )
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Muette
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éh bien ,pour le peu de fois que je parcour ce forum ,je peu dire que je suis épaté,bravo
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