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Forum jeux-vidéo>Neverwinter Nights
le Théâtre des Illusions
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15- Echappatoire

L’incendie s’étendit à d’autres tentes et provoqua une panique grandissante dans l’armée gobelinoïde. Désordonnés, les monstres courraient dans tous les sens sans savoir que faire. De ce fait, aucun ne pensa à organiser la poursuite des fuyards qui purent ainsi prendre une confortable avance en s’enfonçant plus profondément dans les bois avant de se tourner résolument vers l’Est et la sortie de la forêt.

Arinyä repris connaissance alors que Tarek et Torn sortaient à peine de l’éphémère protection des arbres pour se trouver confronter à la plaine et ses vastes étendue dégagées. L’humain la mena près de la rivière et la laissa se rafraîchir et laver ses plaies tandis que lui-même écartait tant bien que mal ses vêtements déchirés à l’endroit où le sorcier l’avait frappé. La brûlure n’était que superficielle, aussi ne prit-il pas la peine de la soigner. Lorsqu’Arinyä reparue, elle avait meilleure allure bien qu’une large brûlure aie entamé sa tunique sur tout le côté gauche, laissant paraître la peau dorée, maintenant noircie par endroits. Elle sourit en voyant Tarek grimacer et s’avança vers lui avec de larges feuilles tirés d’une plante aquatique qu’elle lui appliqua directement sur la blessure. Le soulagement fut instantané, et Tarek n’aurait su dire si cela était dû aux vertus thérapeutiques de la plante, à sa fraîcheur humide où à la douceur des doigts de l’elfe. Bien évidemment cette marque d’attention lui valu moult quolibets de la part de Torn qui se gaussa pendant de longues minutes avant de recevoir une motte de terre en pleine face… Les trois compagnons reprirent leur route en direction du château de HautMont, sans s’accorder le moindre répit.

A plusieurs reprises, alors que la fatigue menaçait de terrasser leurs membres engourdis par les efforts ils avaient failli être rattrapé par quelques gnolls tenaces. Ignorant la douleur émanant de leurs muscles, les trois compagnons durent dépasser leurs limites pour enfin semer leurs poursuivants.

Arinyä dévoila ses talents de rôdeuse en leur faisant prendre maints petits raccourcis et en leur procurant de quoi manger sans perdre de temps à chasser. Deux jours plus tard, après une course harassante, l’elfe, en accord avec Tarek accepta qu’ils fassent une courte halte. Torn, fourbu, s’allongea dans l’herbe haute et s’adossa à une souche avant de sombrer dans un profond sommeil réparateur. De nouveau sa barbe se mit à se soulever au gré de ses bruyantes expirations, amenant des sourires lumineux sur les visages de Tarek et d’Arinyä souillés de terre et de sueur.

Tarek, dans un élan de tendresse voulu prendre l’elfe dans ses bras, mais cette dernière, effarouchée et encore sous les coups successifs de la perte de son clan et des tortures qu’elle avait subi se défila et, prétextant la fatigue, s’adossa elle aussi à un arbre pour fermer les yeux.


- Il n’est pas dupe songea Arinyä. Tarek sait qu’une elfe est plus endurante qu’un humain en forêt et que je n’ai nul besoin de fermer les yeux et de dormir pour me reposer… Elle le remercia intérieurement pour sa délicatesse et se laissa aller à une petite rêverie…

De son côté, Tarek, refroidi par le refus de l’elfe d’être enlacée commença à bouder dans son coin mais ne tarda pas à comprendre les raisons d’Arinyä. Aussi la laissa-t-il tranquille. Pendant un instant il se concentra sur la route qu’il leur restait à parcourir pour rejoindre le Castel de HautMont, mais ne tarda pas à sombrer lui aussi dans un profond sommeil.
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16- Le siège

Arinyä n’avait senti leur présence qu’au tout dernier moment. Les six gnolls avaient, chose inhabituelle, approché leurs proies sous le vent, masquant ainsi leur présence. Ces monstres n’étaient pas coutumiers du fait et cette ruse ne pouvait leur avoir été inspirée que par une puissante magie, songea l’elfe qui était en train de terminer la fabrication d’un arc de fortune pendant que Tarek et Torn dormaient encore.

Lorsqu’ils sortirent des fourrés pour se lancer à l’assaut, l’elfe décocha sa première flèche, criant un avertissement à ses compagnons. Le trait se ficha dans l’œil d’un assaillant, le tuant sur le coup. Elle eut le temps de lancer encore un trait qui traversa directement la gorge d’un monstre qui s’écroula dans une gerbe de poussière et de sang. Une fois encore, la flèche avait transpercé une artère. N’ayant pas eu le temps de fabriquer plus de munitions, Aryniä dû se résoudre à abandonner son arme pour chercher refuge dans l’arbre le plus proche.

De son côté, Tarek, au cri de l’elfe, avait bondit sur ses pieds, l’épée à la main. Il feinta son premier adversaire et d’un coup de pied retourné, l’envoya bouler contre un tronc où il s’écrasa violemment, enfouissant Torn qui s’éveillait à peine sous une masse de poils et de cuir inerte ; puis, enchaîna sur un puissant coup d’épée sur la targe d’un autre gnoll tout en se baissant, faisant rebondir sa lame sur la petite protection pour donner plus d’élan à un coup de revers qui vint sectionner le bras du dernier gnoll sur sa gauche.

Torn lui, fut obligé de découper le monstre inconscient à l’aide de son épée courte d’emprunt pour se dégager et enfin se relever. Alors seulement, au cri de « Clanggedin ! » il s’élança pour prêter main forte à son camarade.

L’immonde créature avait vu son congénère blessé au bras fuir dans les fourrés en glapissant de douleur et de terreur et se retrouvait seul devant deux guerriers déchaînés. Peut-être aurait-il pu survivre plus longtemps s’il n’avait tourné le dos à ses adversaires… Mais lorsque la lame du nain se planta entre ce qui lui servait d’omoplates, la question s’évapora instantanément, engloutie par le voile noir de la mort.

Arinyä, avec l’agilité des elfes avait déjà gravit plusieurs mètres dans l’arbre afin d’échapper à son assaillant, mais le monstre était tenace et tentait lui aussi de s’aggriper aux branches basses afin de se hisser à la hauteur de l’elfe. Lorsque sa patte griffue se referma sur sa cheville, Arinyä poussa un cri. Le gnoll aussi. Celui du gnoll se perdit dans un borborygme inaudible, et un flot de sang s’échappa de sa gueule ouverte. Tarek, de là où il était, avait vu la scène et agit en conséquence. D’un puissant lancé il avait projeté son épée sur l’arbre, empalant le monstre d’un seul coup. Lorsqu’il vint prendre Arinyä dans ses bras pour l’aider à descendre, l’épée vibrait encore. Et quand il constata que l’elfe acceptait son étreinte, son cœur se mit à vibrer à l’unisson.

Ils n’eurent guère le temps de se féliciter de cette victoire, car pendant leur repos, la horde avait entamé la poursuite et se rapprochait à grande vitesse. La course reprit et ce n’est qu’en milieu de journée qu’ils aperçurent la colline sur laquelle trônait le Castel de Hautmont.

Ils avaient mit deux fois moins de temps que Lasper pour parcourir la distance, mais eux avaient une bonne raison. Près de deux cents monstres étaient lancés à leur poursuite ! Ils dévalèrent la légère pente qui menait à la plaine, et dans un sprint échevelé coururent à travers la vaste étendue d’herbe pour gagner le château.

Lorsqu’ils y parvinrent, les guetteurs avaient eu tout le loisir de repérer leurs poursuivants. Plusieurs gobelins, montés sur d’énormes loups s’étaient lancés à leur trousses et étaient sur leurs talons lorsqu’ils franchirent le pont-levis, à bout de souffle. Une volée de flèches fit reculer les monstres. Ils étaient sauvés pour un temps.

Tarek voulu remercier les archers, mais il fut bien surpris de constater que la plupart n’avait pas 15 ans. Tout autour d’eux une foule de vieillards, de femmes et d’enfants accourait pour apprendre les dernières nouvelles de l’Est. Un bruissement de murmures s’éleva dans la cour lorsqu’ils découvrirent une elfe, chose peu commune en ces temps troublés.

Torn repoussa les importuns et réclama à grands cris une hache pour aller massacrer les gobelins, mais la main de Tarek vint se poser sur son épaule pour calmer son ardeur. Second lieutenant de la garde du seigneur Ultar, Tarek prit immédiatement la défense du Castel en mains. Il envoya Aryniä sur les remparts avec l’ordre d’utiliser sa vue d’elfe pour le tenir informé de l’avancée de l’ennemi, puis il harangua la foule :


- Du calme ! Je veux que tous ceux et celles capables de tenir un arc se réunissent sur ma droite, tous ceux pouvant se servir d’une arme de corps à corps, épée, lance, fourche, gourdin ou rouleau à pâtisserie sur ma gauche ! Les autres reprenez votre activité comme si de rien n’était. Je vous remercie !

Tant bien que mal une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants se mirent en ordre devant lui, et un vieux sergent distribua les stocks d’armes disponibles en fonction du savoir de chacun. Aucun n’avait choisi de fuir ses responsabilités. Tous se battraient, du plus vieux au plus jeune. Ensuite Tarek, sans prendre le temps de se reposer de la course alla rejoindre Aryniä au poste de guet.

Alors que le crépuscule tombait sur le Cormyr, transformant la plaine et la forêt en une gigantesque mer de sang, la horde Tonnerre arriva. Une heure après, deux cents torches illuminaient la nuit devant la frêle colline où se trouvait le château, et aux cris de
MORT ! MORT ! MORT ! il était aisé de connaître le sort réservé aux défenseurs…
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17- L’assaut

Melkon Ilhaxar et Harad’Urk se tenaient cote à cote devant la tente de ce dernier et regardaient les torches qui brûlaient sur les remparts.

- Ils sont plus nombreux que tu ne me l’avais dit sorcier ! Cracha le demi-orque.

- Ce n’est qu’une ruse grand chef, en vérité ils doivent être deux fois moins nombreux qu’il n’y a de torches.

Harad hocha la tête pensivement. Il sentait au fond de lui-même que le sorcier le poussait inextricablement vers une situation dangereuse, le forçant à assouvir une vengeance qui n’était pas la sienne, mais plus proche de la surface de son inconscient, flottait le spectre des brimades et des humiliations subies pendant des années ; aussi, attaquer et massacrer les habitants d’un château ne rentrait-il pas en opposition avec son propre désir de revanche.

- Tu ne m’as pas raconté les raisons qui te poussent à te venger de HautMont…

- C’est vrai. Cela se passait à la cour de Suzail il y a 18 ans… à l’époque j’étais l’apprentis de Vangerdahast le mage royal. J’étais jeune et amoureux. Hélas pour moi, Ultar est arrivé, auréolé de gloire. Il venait de rentrer d’une campagne militaire victorieuse au côté du roi, et il gagnait tous les tournois de chevaliers. Ma mie se jeta dans ses bras et m’oublia ! Il appuya sa remarque d’un claquement de doigts. 9 mois plus tard naissait sa fille et toute la cour l’honora. Quant à moi, fou de peine et de chagrin je bâclais mes études et fut renvoyé par Vanguerdahast. Ma déchéance fut complète. Jusqu’à ce que le royaume de Thay m’ouvre les bras…

- Je peux comprendre cela. Nous avons plus de choses en commun que tu ne penses Melkon. Demain tu auras ta vengeance, nous attaquerons à l’aube, dis à la horde de prendre un peu de repos. Quant à toi sorcier, vas soigner ta main, j’aurais peut-être besoins de tes sortilèges pour en finir au plus vite !

Le puissant demi-orque entra sous la tente et observa un instant Belfalas, allongée sur sa couche, nue et inconsciente. La belle n’avait pas supporté leurs dernières étreintes au cours desquelles il avait voulu s’introduire entre ses reins. Elle s’était évanouie de douleur et il avait dû renoncer à prendre son plaisir comme autrefois. Lorsque l’on a goûté à de la chair vive, il est difficile de revenir à une vulgaire poupée désarticulée et inerte… Il grogna, se servit une grande chope de bière et s’endormit à ses côtés.

L’aube ce jour-là fut terne et morne pour les assiégés. Des vautours planaient dans un ciel de plomb, comme s’ils pouvaient prédire le massacre imminent qui ne faisait plus hélas aucun doute. L’ennemi était là, aligné au pied de la colline, arborant de longues échelles construites à la hâte et une multitude d’armes de mort.

Avec un hurlement déchirant les 200 guerriers de toutes les races les plus honnies des royaumes s’élancèrent à l’assaut du Castel. Faute d’entraînement, la plupart des flèches des défenseurs ratèrent leur cible, laissant les monstres prendre pied dès le premier assaut au bas des remparts. En haut, Tarek, l’épée à la main exhortait ses soldats d’un jour à repousser les échelles qui s’accrochaient aux créneaux, mais c’était peine perdue, en quelques minutes plusieurs gobelins légers avaient réussi à sauter sur le chemin de ronde et massacraient déjà les archers. Alors Tarek donna l’ordre de passer au corps à corps et tous les défenseurs lâchèrent leurs arcs pour repousser l’ennemi. Cette tentative désespérée donna quelques résultats et retarda la prise du château d’une bonne heure.

Mais les assauts se faisaient de plus en plus pressants et les combats sur les remparts faisaient rage à plusieurs endroits en même temps. Tarek utilisa alors sa ruse de la dernière chance. La nuit précédente, il avait passé plusieurs heures avec Torn et Arinyä pour mettre cette tactique au point. Il savait que l’ennemi, fort de ces 200 guerriers n’était pas assez nombreux pour scinder ses troupes en plusieurs forces d’assaut. Tous les monstres étaient engagés dans la bataille. Alors, lorsqu’il fut évident que les remparts ne tiendraient pas, il donna le signal :

Torn, avec 20 des plus courageux gaillards de leur maigre troupe s’élança par la porte et fit tomber le pont-levis puis, les yeux injectés de sang les secours sortirent en hurlant comme des fous, et prirent à revers les derniers monstres montés sur les échelles. Le carnage ne fut pas total, et Torn réussi à se tailler un chemin parmi les orques et à remonter sur les créneaux après que sa petite troupe ait massacré une quarantaine d’ennemis. Hélas il fut le seul survivant. Ce sacrifice suffit néanmoins à faire battre en retraite les assaillants qui se croyaient pris entre deux feux et à donner un répit supplémentaire aux assiégés, épuisés et démoralisés. Il restait à peine une vingtaine de défenseurs, et les monstres étaient encore près de 140. Ils ne pourraient tenir les murs lors du prochain assaut.

La fin était écrite, et, la rage au ventre Tarek observa les monstres se réunirent dans la plaine et commencer à dévorer les cadavres de quelques infortunés tombés à bas des remparts.

Harad’Urk s’avança à porté de tir et leva sa grande épée. Son gantelet noir sembla capturer la lumière du soleil et il salua Tarek à la manière d’un courtisan. Il serait de la prochaine bataille et s’en délectait à l’avance. Alors qu’il se retournait pour aller participer au macabre festin, Arinyä tira l’une de ses dernières flèches pour tuer l’immonde créature, mais le trait se brisa net à quelques centimètre de la nuque d’Harak qui ne se retourna même pas…

Oui, la fin était écrite…
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18- Nouvelle fuite

Lasper, humble paysan Cormyrien se présenta à Tarek alors que ce dernier semblait porter le poids du monde sur ses épaules. Le guerrier ne reconnu pas immédiatement l’homme prématurément vieillit par la mort de sa famille et l’interrogea du regard, pressé d’en finir.

- Monseigneur ?

- Fait vite mon ami, de lourdes tâches m’attendent encore avant le prochain assaut.

- Avant que le seigneur de HautMont ne m’octrois des terres plus à l’Est, j’ai servi comme charpentier ici même. Il y a à peu près 25 ans, j’ai aidé un maçon à confectionner un passage secret qui descend sous la colline et ressort à l’orée de la forêt. Nous avons profité d’un vaste réseau de grottes pour mener le gros œuvre à bien…

Une lueur d’espoir venait de naître dans les yeux de Tarek qui, prit d’un élan d’affection pour Lasper l’entoura de ses bras puissants et le souleva de terre comme un vulgaire fétu de paille. Torn et Arinyä qui arrivaient sur ces entre faits se regardèrent l’un l’autre, visiblement surpris par l’embrassade qui se déroulait sous leurs yeux.

- Beuhark ! cracha Torn visiblement dégoûté, tu as reçu un coup sur la tête pendant la bataille pour préférer le vieux Lasper à la belle ici présente ?

- Belle ? Maître Fumerol a-t-il lui aussi reçu une vilaine blessure pour faire un compliment à une elfe ? dit en souriant Arinyä, plus amusée qu’outragée par la situation de Tarek qui lâcha vivement Lasper et se passa une main dans les cheveux l’air embarrassé.

- Lasper me disait qu’il existait un vieux passage secret qui pourrait nous permettre de nous échapper avant la prochaine attaque…

Tarek n’avait pas terminé sa phrase que Torn s’était précipité sur le brave paysan et l’étreignait comme s’il était le sauveur… ce qu’il était effectivement à bien y réfléchir.

Dans l’heure qui suivit, Tarek avait fait monter des bottes de paille sur les remparts, habillées comme des soldats, elles donneraient pendant quelques minutes l’impression que les défenseurs étaient toujours à leur poste. Puis, dans un parfait ensemble, tous, femmes, enfants et combattants suivirent Lasper qui les mena au passage secret, dissimulé dans le fond de la grande cheminée de la salle de banquet. Après avoir actionné un interrupteur dissimulé dans la maçonnerie, la troupe s’engagea dans un étroit petit escalier qui s’enfonçait dans les entrailles de la terre.

Pendant ce temps là, dans le camps des gobelins, la ripaille allait bon train. Les monstres dévoraient les restes des cadavres tombés sur le champ de bataille avec force jurons et autres quolibets à l’encontre de ce qui n’était plus que de vulgaires bottes de paille. Harad’Urk, en bon chef se tenait auprès d’eux et participait avec entrain à la macabre fête.

Melkon s’avança furtivement vers la tente du demi-orque et entra sans se retourner. Belfalas se releva sur un coude, et contempla le visiteur d’un air interrogateur. Depuis qu’elle avait rejoint leurs rangs, elle n’avait eu que peu d’occasions de parler avec le sorcier, pourtant elle n’avait pas manqué de remarquer que ce dernier portait souvent son regard vers elle.


- Que voulez-vous ? Si Harad’Urk vous trouve ici il sera mécontent !

- Comme c’est charmant, vous vous inquiétez pour moi ?

- Pas le moins du monde, mais j’ai remarqué la façon dont vous me regardiez ces derniers jours et je ne crois pas que mon amant verrait d’un bon œil l’attention que vous me portez !

- L’attention que je vous porte n’est pas celle que vous croyez !

- Et que suis-je sensée croire sorcier ? demanda Belfalas en levant un sourcil.

- Que vous n’êtes pas la fille d’Ultard de HautMont, mais la mienne.

Cette soudaine déclaration tomba comme un couperet sur les épaules de Belfalas qui resta sans voix. Tout au fond d’elle-même, elle savait que c’était vrai, elle n’avait jamais rien eut en commun avec celui qu’elle avait toujours appelé « père ». Maintenant qu’elle regardait Melkon avec plus d’attention, elle comprenait pourquoi elle s’était destinée au mal… ou plutôt pourquoi le mal lui était destiné.

- Comment est-ce possible ?

- C’est la vérité jeune fille. Mais l’histoire, surgit d’un lointain passé n’a que peu d’importance. Ce qui compte, c’est qu’Harad nous aide à accomplir notre vengeance. J’ai longtemps patienté en attendant qu’une occasion telle que lui se présente. Et depuis qu’il a trouvé cet artefact, mes rêves ont prit corps. Grâce à la horde Tonnerre, HautMont sera détruit, et Melkon et Belfalas Ilhaxar seront enfin réunis !

Dans les yeux du sorcier et de sa fille, une lueur mauvaise s’était allumée. La malveillance sourdait littéralement de leurs corps, et une joie mauvaise se dessinait sur leurs visages par le biais d’un sinistre rictus…

Loin sous leurs pieds, la petite troupe menée par Lasper et Tarek avançait péniblement dans la pénombre des grottes qui courraient sous la colline et s’étendaient sous la plaine. Personne ne parlait, et seuls les bruits des pas et les gouttes d’humidités qui coulaient des stalagmites résonnaient dans le boyau qui devait les mener à la lumière. Torn étouffa un juron lorsque son bas-ventre entra en collision avec une stalactite qui sortait fièrement du sol, mais les doigts d’Aryniä eurent tôt fait de le bâillonner à l’aide de sa propre barbe et aucun son ne sortit de sa bouche.

De longues minutes s’écoulèrent encore avant que la troupe ne débouche sur une petite caverne munie d’une ouverture à l’air libre, et sans la présence de deux louves, de quelques louveteaux et surtout d’un énorme mâle, tous se seraient précipités à l’extérieur pour hurler silencieusement leur joie d’être encore vivant.

Tarek et Torn s’interposèrent afin que le loup n’attaque pas ceux de la troupe trop faibles pour courir, mais Arinyä s’avança prudemment du monstrueux animal et, en lui parlant doucement dans la langue des elfe, elle finit par l’amadouer. Elle termina de rassurer la bête et sa meute en lui posant une main sur l’échine et en commençant à le caresser.

Pendant ce temps, la petite troupe était sortie et s’égaillait dans les bois. Torn, la bouche grande ouverte regardait l’elfe avec des yeux ronds tandis que Tarek murmurait :


- Je t’avais bien dis qu’il ne fallait pas le tuer ce loup l’autre jour…

Finalement, la petite troupe se regroupa dans une clairière à l’orée du bois et, sans un regard sur la plaine où festoyait encore la horde de gobelins s’enfonça dans la forêt en direction d’Arabel, avec l’espoir de rattraper Ultar de HautMont pour venger l’affront qui leur avait été fait.
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19 – Confrontations

Hélas, les choses ne furent pas aussi faciles qu’ils l’avaient escompté. Les rangs de la horde avaient grossi à l’Est, à partir des Pics du Tonnerre, mais ici, plus à l’Ouest, les effets de l’artefact étaient identiques et les quelques monstres errants de la région se précipitaient tous vers la source du pouvoir, coupant ainsi la route d’Arabel à Tarek et sa petite troupe.

Après seulement une demi-journée de marche, les survivants du château étaient tombés sur une petite tribu d’orques qui cheminaient vers la position d’Harad’Urk. Les combats avaient été moins rudes que lors de l’assaut du Castel, mais il fallut hélas enterrer deux hommes et une femme tombés sous les coups de l’ennemi.

Ce fâcheux intermède avait considérablement retardé le petit groupe et leur avance avait fondu comme neige au soleil. Torn observa le ciel à travers les branchages éparts d’une petite clairière et maugréa dans sa barbe :


- A cette heure-ci ces maudits gobelins ont dû découvrir la supercherie et s’être lancé à notre poursuite. Si d’autres monstres nous ralentissent encore ils nous auront bientôt rejoint !

- Le nain a raison Déclara Arinyä Je peux déjà sentir leurs effluves nauséabondes qui se rapprochent.

- Alors ne traînons pas ici mes amis. Dit Tarek qui, fort de son autorité naturelle redonna courage et foi aux survivants.

L’humain, l’elfe et le nain regardèrent la petite colonne s’ébranler en direction de l’Ouest. Femmes, enfants, vieillards, soldats, tous avaient dans les yeux un étrange mélange de désespoir et d’abnégation. La mort aux trousses, ils avançaient, et c’était là l’essentiel.

Arinyä et Torn avaient raison. Le festin cannibale n’avait pas duré longtemps. A peine deux heures après leur départ, Harad’Urk avait de nouveau lancé ses troupes à l’assaut du Castel de HautMont. Les gobelins, orques et autres trolls s’étaient jetés contre les remparts telles une vague destructrice. La porte avait cédé rapidement et aucune échelle n’avait été mise à bas. La soif de sang des monstres n’avait pu être étanchée, et la froide colère d’Harad coûta la vie à plusieurs de ses fantassins.

Sans même prendre le temps de piller le château, la horde tonnerre se lança dans la plaine et s’engagea dans la forêt à la poursuite des fuyards. Les traces n’étaient pas difficiles à voir, et l’aide de plusieurs éclaireurs gnolls permirent à la horde de gagner du terrain à chaque heure qui passait.

Lorsque Tarek vit la fin des bois et la vaste lande qui s’étendait à perte de vue vers l’Ouest et Arabel il manqua de flancher. Sur cette terre, aucune échappatoire ne serait possible. Ils se feraient bientôt massacrer par ces ignobles monstres et lui, Tarek Palefroid n’y pouvait rien !
La rage fit place à l’abattement et il fit presser le pas à la troupe, prenant même une enfant des bras de sa mère pour lui permettre d’avancer plus vite.

Les heures se succédaient et, alors qu’ils se savaient suivis de près, un cri déchira l’air en tête de colonne.


- HautMont !

En effet, à quelques lieues, au sommet d’une petite colline, flottait l’étendard du seigneur de HautMont, et alors qu’ils s’en approchaient, un cavalier vint à leur rencontre. Guert Himvald chevaucha jusqu’à Tarek avec une multitude de questions aux lèvres quant à leur présence en ces lieux, mais du haut de son cheval, il distingua les premiers rangs ennemis et compris immédiatement le danger. Il détacha de sa ceinture un grand cor et le porta à ses lèvres. Lorsqu’il souffla dedans, un son clair et joyeux en sorti, redonnant espoir aux fuyards et faisant hésiter la horde monstrueuse.

Dès lors, ce fut deux véritables petites armés qui se firent face dans la plaine, se toisant et se jaugeant comme deux coqs ennemis, près à combattre.

Tarek, suivi d’Arinyä et de Torn se porta au côté d’Ultar de HautMont qui scrutait les rangs gobelins du haut de son destrier.


- Mon Seigneur, commença-t-il, la menace était plus importante que nous le pensions de prime abord. Leur chef possède un puissant artefact unificateur. Tous les êtres mauvais se joignent à lui et… Ultar leva son gantelet pour intimer le silence à Tarek. Il avait les yeux plissés et semblait fixer un point précis loin dans les rangs ennemis.

- Belfalas est parmi eux n’est-ce pas. Ma fille s’est jointe aux monstres.

- Oui Mon Seigneur. Dit Tarek dans un souffle en baissant les yeux.

- Elle a toujours eut un mauvais fond. J’ai su dès le début qu’elle n’était pas une HautMont. Elle avait la beauté et la finesse de sa mère, mais aussi l’esprit noir et tortueux de son père. Pourtant je l’ai élevé comme ma propre fille et n’ai jamais parlé de mes doutes à sa mère. Je l’ai aimé aussi, autant que ma tendre épouse. Et aujourd’hui je n’ai plus rien.

- C’est faut Seigneur, il vous reste vos gens. Tous comptent sur vous pour les sauver.

- Oui, vous avez raison Tarek, mais la bataille va être rude. Beaucoup mourront aujourd’hui.

- Ils mourront pour vous. Et pour la liberté des hommes ! Clama fièrement Tarek en bombant le torse.

- Et des Elfes ! Chanta la douce voix d’Arinyä.

- Et des Nains ! Gronda la voix caverneuse et excitée de Torn.

- Seigneur, comment se fait-il que vous soyez déjà de retour au lieu de combattre à Arabel ?

- Le messager d’Azoun transpirait beaucoup en délivrant sa missive. Et ce n’était pas dû à son voyage. Dans le doute j’ai fait envoyé des éclaireurs vers Arabel afin qu’ils me tiennent informé de la situation réelle. Lorsqu’ils nous ont rejoint en clamant que la ville était calme, j’ai su que nous étions tombé dans un piège et nous avons immédiatement fait demi-tour.

- Bon, ces bavardages me donnent la migraine, quand passons-nous à l’action ? Demanda Torn Fumerol qui devenait à chaque minute plus Fume Torgniole qu’il n’avait jamais été…

- Patience Maître Nain, lui répliqua Guert Himvald, l’occasion de tuer du gobelin ne va plus tarder maintenant, mais je suis certain d’en tuer plus que vous !

Une lueur de malice s’alluma dans le regard broussailleux du nain.

- Alors parions !

- Messieurs ! gronda la voix courroucée d’Ultar de HautMont, ceci est une affaire sérieuse !

Mais alors que les deux compères s’en aller mettre les troupes en ordre en devisant gaiement, un sourire se dessina sur les lèvres du vieux guerrier.

- Je suis heureux que vous soyez à mes côtés Tarek. Aujourd’hui j’ai perdu une fille, mais en vous j’ai gagné un fils et c’est là plus qu’il n’en faut à un vieil homme comme moi pour mourir heureux !

Mais alors que Tarek, le regard embué allait répondre au fier guerrier en armure qui venait de lui faire cette déclaration, un cri s'éleva au dessus des soldat :

- Ils attaquent !
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20 - Sur le champ

Comme un seul homme, la horde tonnerre s’était en effet lancée à l’attaque. Harad’Urk, tel un général machiavélique avait placé ses troupes dans un ordre bien précis. Alignés en fer de lance, les gobelins étaient menés par les trolls qui formaient la pointe, tandis que les ailes, sensées contourner les soldats d’Ultar de HautMont après l’impact pour les prendre en tenailles étaient elles formées d’un mélange hétéroclite d’orques, de gnolls et de gobelins.

La charge des monstres faisait trembler la terre sous les pieds des courageux humains. Ces derniers patientaient, l’arme à la main et la peur au ventre, mais dans tous les regards on pouvait lire la détermination et la volonté de vaincre.

Les lourds nuages noirs qui s’en étaient allés quelques jours auparavant étaient déjà de retour, chargé de pluie et de menaces. Alors que les monstres, hurlants et bavant s’avançaient toujours plus vite, une nuée de flèche assombrit encore plus le ciel et vinrent s’abattre, tel un essaim de guêpes, sur les premiers rangs gobelins, semant la mort et faisant gicler les premiers sangs. Dans son courroux, le ciel ne voulu pas être en reste et déversa sur la plaine de nouveaux torrents d’eau. Cette pluie purificatrice vint instantanément diluer le sang versé et pénétra rapidement dans la terre, transformant la lande en un immense champ de boue.

Puis le choc eut lieu.

A leur grande surprise, les trolls ne frappèrent pas les soldats qui, sous une suggestion de Torn s’étaient tous poussés sur les côtés pour reformer leur rang immédiatement après le passage des monstres et affronter des ennemis plus aisés à tuer. Torn, Ultar, Tarek, Guert et Arinyä affrontèrent seuls les immondes créatures.

Le véritable choc eut lieu lorsque les gobelins entrèrent enfin au contact des hommes. L’acier frappa l’acier, le cuir, le bois et la chair. Des membres furent sectionnés et des combattants tués sur le coup, mais la bataille faisait rage désormais, et seule la mort pouvait y mettre fin.

Comme prévu, la horde d’Harad encercla les humains et ce fut dans une semi-pénombre à peine éclairée par le scintillement des armes et de la foudre qui tombait par intermittence que les combats se déroulèrent. Les gobelins, en surnombre, repoussaient petit à petit les hommes vers le centre, là où les trolls donnaient du fil à retordre à Tarek et ses compagnons. Cinq spécimens des marais et un des cavernes semaient mort et destruction au cœur même de la bataille. Fume Torgniole était maintenant à pied d’œuvre, et sa hache chantait inlassablement, de droite puis de gauche, sectionnant une jambe, un bras ou une tête chaque fois que l’occasion se présentait. Tarek lui, affrontait le troll des cavernes et lui portait de vicieux coups avant d’esquiver promptement ceux plus lent du monstre. C’était celui-là qui, dès les premières minutes de la bataille avait assommé d’un violent revers Ultar de HautMont, défonçant son armure et l’envoyant voler à plusieurs mètres de là. Tarek n’avait pas eut le loisir de s’enquérir de l’état de son vieil ami car la créature s’était retournée contre lui. De son côté, Guert Himvald faisait montre d’une hargne telle que deux trolls gisaient déjà à ses pieds, tentant de se recomposer doucement pendant que le soldat affrontait un troisième adversaire. Torn vint à sa rescousse après avoir lui-même abattu deux créatures, et les deux combattants se sourirent mutuellement avant de se lancer à l’assaut du monstre.

Plus loin, Arinyä avait soigneusement planté devant elle plusieurs flèches, et chaque fois qu’un troll tombait elle enflammait un projectile et visait la cible en prenant tout son temps. Le feu seul pouvait détruire ces créatures, et c’est la tâche qui lui incombait. A chaque fois qu’un morceau de troll tombait à terre, elle faisait mouche, s’interrompant de temps à autre pour abattre quelque gobelin trop empressé à manger de l’elfe.

De nombreux morts jonchaient maintenant le champ de bataille, et pourtant les combats ne faiblissaient pas. C’est alors qu’Harad’Urk décida d’entrer en lice. Il se fraya un chemin parmi les combattants pour fondre sur Tarek qui venait d’abattre son troll des cavernes. Alerté par le soudain silence qui s’était fait autour de lui, l’humain se retourna vivement pour se retrouver nez à nez avec le puissant demi-orque qui brandissait une large épée à deux mains.

Et un nouveau combat s’engagea. Le premier choc des lames paralysa un instant le bras de Tarek qui parvint néanmoins à parer les coups suivants en utilisant la même technique que contre le troll. Hélas Harad’Urk n’était pas aussi lent que son troll. Il alliait magnifiquement puissance et vélocité. La force de ses coups déstabilisait Tarek qui ployait sous l’avalanche. Torn et Guert veillaient sur les arrières de leur ami, tuant tout gobelin qui aurait tenté de prendre l’humain à revers.

Plus loin, deux formes encapuchonnées se frayèrent un chemin parmi les cadavres pour venir s’agenouiller près du corps d’Ultar de HautMont. Le vieil homme ouvrit les yeux et découvrit le doux visage de sa fille, baigné par la pluie qui ruisselait sur ses joues comme l’aurait fait un torrent de larmes. Mais elle ne pleurait pas. Elle souriait !


- Bel… Belfalas ?

- Oui père, c’est moi. Vous souffrez ? J’en suis navrée. Mais laissez-moi vous présenter mon VRAI père !

- Melkon ? C’est toi vil serpent ?

- Ultar, tu n’as pas l’air en grande forme dis-moi. Peut-être est-ce là l’ultime revers de la médaille. Tu m’as volé ma fiancée et tu as pris ma fille, maintenant tu payes !

- Tu l’avais violé immonde sorcier, elle ne voulait plus de toi ! Comment aurais-je pu deviner qu’elle était enceinte ? Et même l’ayant su, je ne te l’aurais pas confiée… argggggh !

- Ne meure pas Ultar, car c’est de ma main que la mort viendra te prendre ! Melkon prépara alors un sortilège en murmurant une incantation qui allait crescendo, couvrant petit à petit les bruits de la bataille. Mais à l’ultime moment, alors que la boule de feu s’était matérialisé dans ses mains levées haut au-dessus de sa tête, les traits du magicien se figèrent et sa voix se tut. Une flèche s’était enfoncée dans sa cage thoracique, disparaissant jusqu’aux pennes. La boule de feu explosa dans ses mains, faisant se volatiliser toute la partie supérieure du corps du sorcier.

Les flammes ayant disparues, Belfalas se releva, abasourdie. Melkon n’était plus. Son vrai père avait disparu ! Elle tourna la tête pour trouver l’impudent qui avait osé tirer et aperçut, non loin de là, debout sur le sommet d’une petite colline, Arinyä, l’arc à la main, les cheveux au vent, droite et fière sous l’orage.

Une haine froide et implacable s’empara de l’humaine qui dégaina lentement son épée et s’avança parmi les combattants en regardant fixement Arinyä qui avait calmement posé son arc pour s’emparer d’une épée courte.

Les deux femmes se retrouvèrent isolée au sommet de la petite colline, et le ciel, pour souligner leur beauté sauvage, écarta les nuages pour ne laisser passer que quelques rayons d’un pâle soleil qui éclairaient leurs chevelures opposées. L’ange blonde et la brune démoniaque s’affrontèrent d’abord du regard, puis Belfalas passa soudain à l’attaque. Frappant de taille et d’estoc, l’humaine enchaînait les bottes et mettait toute sa rage dans le combat. L’elfe, plus habituée au maniement de l’arc long parait et évitait la lame meurtrière de son adversaire mais ne cédait pas un pouce de terrain.

En bas de la Butte, Tarek affrontait Harad’Urk dans un violent combat d’une toute autre envergure. Là, la finesse cédait le pas à la brutalité et à la sauvagerie. Les deux épées s’entrechoquaient à une vitesse hallucinante, créant à chaque impact un véritable feu d’artifice d’étincelles. L’humain compensait sa moindre force par son agilité hors pair qui lui permettait de faire jeu égal avec le monstre. Pourtant, dans ce combat singulier, Tarek n’avait que peu de chances de vaincre. L’artefact qui ceignait le poignet du demi-orque brillait d’une inquiétante lumière, et son porteur ne semblait pas atteint par la fatigue, alors que Tarek lui suait sang et eau.

La fin inéluctable sembla s’approcher à grands pas lorsque Harad’Urk abattit sa lourde lame sur l’épée de Tarek et brisa net cette dernière, laissant son porteur dans l’attente du coup fatal.

Mais le coup ne vint pas.

Torn, qui n’avait cessé de combattre près des duellistes pour protéger les flans de son ami fut averti par Guert Himvald qui ferraillait près de lui que Tarek était en mauvaise posture. La hache du nain vola dans les airs avec l’espoir de sectionner le bras qui portait l’épée meurtrière, mais elle s’écrasa contre l’étrange bracelet noir de l’orque. La pierre éclata sous l’impact, et une violente onde de choc parcourue le champ de bataille.

La magie de l’artefact n’était plus. Disparue en une seconde, la force et la cohésion de la horde tonnerre s’étaient envolées avec elle, laissant les gobelins désemparés et affolés. Tarek profita d’un instant d’hésitation d’Harad pour lui planter ce qu’il restait de son épée dans le cou, sectionnant une artère et mettant ainsi fin à la vie du demi-orque dans un horrible borborygme sanguinolent.

Voyant le chef de la horde abattu, les soldats de HautMont reprirent courage, et, reprenant un ancien chant Cormyrien, ils se lancèrent à l’attaque. Les gobelins, dépourvus de force et de cohésion ne résistèrent pas longtemps à l’ardeur nouvelle qui animait le bras de leurs ennemis, et en l’espace d’une heure, tous furent massacrés sans autre forme de procès.

La mort planait sur la lande, pourtant le silence d’après bataille était encore brisé par deux lames qui s’entrechoquaient toujours et encore au sommet d’une colline…
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21 - Dualités


Et une nouvelle gerbe d’étincelles vint souligner le soudain contact des lames l’une contre l’autre. Les deux femmes maniaient leurs épées avec maestria, feintant et se fendant chacune leur tour dans un majestueux balai d’acier. L’herbe sur la petite surface plane du sommet de la colline avait disparue tant le duel s’éternisait. Les deux combattantes arboraient maintenant plusieurs entailles à divers endroits du corps, mais aucune blessure n’était susceptible d’affaiblir suffisamment l’une ou l’autre pour mettre fin au combat.

Dès la fin de la bataille, Tarek avait voulu intervenir pour séparer les deux femmes, mais Torn l’en avait empêché. Il était évident que l’humain faisait parti de l’enjeux qui opposait Belfalas et Arinyä, aussi devait-il rester à l’écart pour le bien de tous. Qui plus est, comme le fit remarquer le nain, le spectacle en valait la chandelle…

Le guerrier s’était alors rendu au chevet d’Ultar de HautMont, entouré par ses soldats les plus fidèles. Tout avait été fait pour soulager le vieil homme, on lui avait retiré toutes les plaques de son armure qu’il était possible d’enlever sans le faire trop souffrir, puis, un page l’avait adossé à une souche et lui faisait de l’ombre tandis qu’un vétéran lui versait un peu de vin dans la bouche. Tarek vint prendre la place du guerrier et continua d’humecter les lèvres de celui qui avait été son mentor.

HautMont ouvrit les yeux et fixa son regard sur Tarek.


- Mon fils…

- Seigneur, du calme, épargnez vos forces.

- De forces je n’ai plus mon garçon. Il est temps pour moi de quitter Féérune.

- Ne dites pas de sotises voyons ! Vous êtes toujours fort. Et puis vos sujets ont besoin de vous. Vous avez un château et des terres à administrer. Et puis maintenant que Belf…

- Belfalas ne me succèdera pas Tarek. Elle a sombré dans la folie et la malignité qui caractérisaient son vrai père. Je n’ai pas su faire d’elle une HautMont.

- Elle a survécu à la bataille, je vais aller lui parler, lui expliquer…

- Non, il est trop tard.

De grosses larmes commençaient à embuer les yeux de Tarek et des hommes qui l’entouraient. Tous ces guerriers endurcis qui venaient de prendre part à une violente bataille où la peur se disputait avec le courage semblaient fondre comme neige au soleil devant ce vieux chef mourant.

Dans le lointain, le son clair de l’acier se faisait encore entendre, ponctué par des exclamations et des cris, preuves que le combat ne s’était pas encore arrêté.


- Qui se bat encore ? demanda Ultar dans un râle de douleur.

- Belfalas et Arinyä s’affrontent sur la colline. Lui souffla le page.

Ultar de HautMont serra alors la main de Tarek dans la sienne et tenta de se soulever sur les coudes pour parler à celui qu’il considérait dès lors comme son fils :


- Belfalas de doit pas gagner ce combat Tarek. Devant témoins, c’est toi que je désigne comme mon héritier. Fais en sorte que le domaine prospère. Fais en sorte que celle qui fut ma fille ne nuise plus à personne !

- Arinyä est en train de s’en charger seigneur. J’ai confiance en elle.

- Ne m’appelle plus seigneur, appelles moi pèr………….

- NONNNNNN !

La tête basse, tous les hommes rendirent un dernier hommage au vieux chevalier en portant la garde de leur épée vers leur front. Puis, Tarek se leva, et les poings serrés se dirigea vers l’endroit où combattaient les deux femmes.

Arrivé au pied de la colline, il écarta les soldats et Torn qui faisaient un large cercle autour du promontoire et s’avança près des combattantes :


- BELFALAS ! Ton père est mort. Rend-toi je t’en conjure !

Les deux guerrières s’écartèrent l’une de l’autre, reprenant leur souffle et se regardant avec haine et méfiance. Puis l’humaine prit la parole :

- De quel père parles-tu Tarek, celui qui m’a soustrait à mon sang, où celui que ta garce d’elfe a assassiné ?

- De quel père crois-tu que je parle femme ? Le sorcier maléfique qui avait vendu son âme au diable ou le brave guerrier qui s’est occupé de toi toute ta vie ?

- Tu m’a rejeté, il m’a rejeté, tous m’ont rejeté, alors non, je ne me rendrais pas !

Et sans que quiconque n’ai le temps d’intervenir, Belfalas retourna son épée contre sa gorge, et sans un cri, se laissa tomber dessus. Un hoquet de surprise parcouru les rangs des soldats tandis qu’une dernière âme s’élevait du champ de bataille…
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22 – Epilogue

Les corps de tous les soldats morts au combats, ainsi que du Seigneur de HautMont et de Belfalas furent ramenés au Castel où ils furent tous sans exception inhumés dans l’honneur.

Les cadavres des monstres qui jonchaient la lande ensanglantée furent entassés autour de la petite colline où avait eu lieu le dernier duel. Là ils furent brûler dans un immense brasier dont la fumée monta rejoindre les noires nuées qui n’en démordaient pas et continuaient d’obscurcir le ciel, menaçant le Cormyr de nouvelles inondations. Lorsque le corps d’Harad’Urk fut jeté dans les flammes, une violente explosion secoua le bûcher funéraire et comme si le ciel avait perçut l’ultime destruction de l’artefact maudit, il dispersa ses nuages pour laisser filtrer les rayons du soleil.

Tarek épousa Arinyä l’année suivante, et le couple disparut dans la forêt pendant de longs mois, savourant leurs sentiments et la liberté des amoureux. Guert Himvald et Torn administrèrent le domaine pendant ce temps-là, parsemant la monotonie de la vie de château par de violentes disputes d’où perçait une franche et virile amitié…

Lorsque Tarek revint avec son épouse, le Castel de HautMont redevint un endroit où il faisait bon vivre, et les Palefroid donnèrent plusieurs lignées de fidèles chevaliers aux souverains du Cormyr.

Alors que le soleil se couchait à l’horizon, trempant ses chauds rayons dans les eaux froides de la mer des Epées, Lasper, humble paysan Cormyrien s’en retourna à sa masure, dévalant la colline d’où, mélancolique, il avait repassé les terribles évènements qui avaient bouleversé sa vie…
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Toujours aussi bien Fröhnir. Continu

( PS : c'est Delroth avec mon nouveau personnage dont je vais faire la petite description bientôt )

Allez et que ça saute je veux un massacre en règle de Gobs


Edit Fröhnir : Chapitre 9, 10 et 11 postés !
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Allez, comme demain je pars en Pologne pour quelques jours, je vous poste ce soir les chapitres 12 et 13 pour vous faire patienter. Et oui, c'est ça un feuilleton, il faut attendre la suite ! (qui est déjà écrite...)

Donc si je reviens vivant des pays de l'Est je vous posterai la suite dans une semaine...

**************************

Edit : J'en suis revenu vivant, mais épuisé... ah ces polonaises...

Chapitre 14 posté.
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Merci Fröhnir pour cette merveilleuse histoire. C'est vraiment un feuilleton de l'été. Je viens juste d'arriver et j'ai tout lu d'une traite, mais je n'ai qu'une envie, c'est de connaître la suite.

Katsuko reconnaissante.
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Bravo Frohnir
Je le lirais quand je reviendrais de l'ile Maurice!
C'est à dire mi septembre!

@ Kat: Tu as enfin un nouveau pc?
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Non, toujours pas. J'ai les sous, mais je n'arrive pas à me décider si je dois prendre une grosse machine puissante mais qui prend de la place ou un portable limité qui se range dans un placard... En attendant lorsque je passe devant un cyber pas trop mal fréquenté je pense à vous...

Merci Fröhnir pour la suite. Tu ne peux pas écrire plus vite ?
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Citation:
Merci Fröhnir pour la suite. Tu ne peux pas écrire plus vite ?
Non mais ça va oui ? Et puis quoi encore ? Je suis pas payé à la pièce moi madame ! (je suis pas payé du tout en fait... )

PS : Sinon c'est quoi un cyber pas trop mal fréquenté pour toi ?
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Alors pour moi, un Cyber pas trop mal fréquenté, c'est un cyber où je peux entrer sans qu'une dizaine de gros lourds à lunettes ne viennent instantanément se coller à moi pour me draguer comme des nazes ! (et encore, là, je suis calme... )

Sinon j'aime bien la suite... il va y avoir une histoire d'amour entre Tarek et la jolie nelfe ?
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