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Forum jeux-vidéo>Neverwinter Nights
le Théâtre des Illusions
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Acidamere
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Votre Feuilleton de l'été

Me revoilou ! Après deux petites semaines passées au soleil de la Corse (pas loin de là où ils ont arrêté Colona ) et avant de partir en séminaires pour le boulot dans différents pays étrangers , je me suis dit qu'il serait bon de ne pas laisser mourir le forum.

Ben oui, c'est les vacances et il n'y a plus grand monde devant son PC (ce qui est plutôt normal me direz-vous, et vous aurez raison !)

Donc, je vais profiter de l'occasion pour vous conter une petite histoire sympa. Une vingtaine de chapitres dans le plus pur style Fröhnirien.

Prêt ?

Partez !
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La Horde Tonnerre

1- Escarmouche

Le ciel était noir. Cela faisait maintenant trois semaines qu’il pleuvait sans discontinuer sur le Cormyr, inondant les champs, ravageant les récoltes et menaçant de faire déborder le Lac Wyverne.

L’homme était désespéré. Toute une vie de travail acharné réduite à néant par les caprices du temps. Des années passées à défricher sa terre, labourer, semer, récolter. Tout ce travail anéanti par la pluie.

40 ans, le dos voûté, les cheveux déjà blanchis et la peau tannée par le soleil et les efforts, Lasper était un humble paysan Cormyrien dépendant du Seigneur de HautMont. Il avait œuvré toute sa vie pour acquérir quelques champs et construire sa ferme, et aujourd’hui il se tenait sur la petite colline qui surplombait la région et qui offrait une vue imprenable sur la forêt de Hallack et, plus loin, sur les Pics du Tonnerre. Lasper regardait le désastre, désespéré, la pluie dégoulinant sur son front prématurément ridé.

Bien que le déluge et la brume aient temporairement limité son champ de vision, un mouvement en direction du pont qui enjambait l’Immerine attira son attention. De l’autre côté, une fumée presque noire, plus sombre encore que les nuages s’élevait de la ferme de son cousin Yortt et, beaucoup plus proche : de la sienne ! Les volutes grisâtres montaient dans le ciel rejoindre les lourds nuages qui encombraient la voûte depuis de nombreux jours. Alarmé, Lasper dévala la pente pour rejoindre au plus vite sa famille. Sa promenade l’avait mené loin de son domaine, mais alors qu’il pénétra à la périphérie de sa propriété, tout essoufflé par sa course, les cris qui un instant plus tôt pouvaient s’entendre à travers toute la campagne commencèrent à s’amenuiser pour finalement laisser place à un inquiétant silence. Il se hâta tant bien que mal, mais ce qu’il redoutait fut hélas confirmé à son arrivée. Après ses champs, sa ferme venait d’être dévastée et pillée. Le visage décomposé, le corps secoué de spasmes, le paysan s’avança parmi les décombres encore fumants. La pluie avait éteint prématurément les différents foyers d’incendies, mais il était déjà trop tard. Tout était détruit. Sur le seuil de ce qui avait été sa demeure quelques heures auparavant, gisait les corps sans vie de sa femme et de son enfant. Le petit garçon, âgé d’à peine six printemps avait été proprement égorgé, tandis que les jupons relevés de son épouse ne laissaient aucun doute sur le sort qu’elle avait dû subir.

Surmontant son chagrin, Lasper le visage baigné de larmes mêlées de pluie offrit une sépulture descente à sa famille, puis à la nuit tombée se mit en quête d’indices sur les responsables de cet immonde massacre. Hélas, les traces laissées dans la boue ne faisaient aucun doute quant à l’identité des auteurs de ces meurtres. Des gobelins ! Deux douzaines au moins. Il savait qu’au-delà des Rocterres, plus au Nord, se trouvaient les marches gobelines, mais ce groupe-ci arrivait en droite ligne des Pics du Tonnerre, à l’Est. Cependant les gobelins ne violent pas les femmes, alors que ceux-ci pourtant l’avaient fait. Tout à son désespoir, Lasper ne remarqua pas les larges empreintes de botte cloutée qui marquaient l’entrée de sa maison…

Aucun de ses voisins ne vint lui prêter assistance. Comme il put s’en apercevoir le lendemain alors qu’il prenait la route pour le Castel de HautMont, aucun n’avait survécut. La dizaine de fermes de la petite vallée avaient étaient pillées et brûlées, les paysans tués et le bétail volé. De nombreuses lieues le séparaient encore du château Seigneurial, mais il fallait donner l’alerte. Le cœur lourd et l’âme en peine, Lasper, humble paysan Cormyrien repris son chemin…
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2- Corps à corps

Profondément endormi, le jeune soldat ronflait. Son torse musclé, encore luisant de sueur se soulevait régulièrement, provoquant à chaque expiration un bruit similaire à celui qu’aurait fait une forge naine en pleine activité.

Belfalas était satisfaite. Son amant s’était révélé très doué dans les joutes amoureuses, et, bien que ce rustre fasse beaucoup de bruit en dormant, il excitait encore les sens de la jeune femme.

A bientôt 18 ans, la belle était la fille unique du seigneur Hultar de HautMont. Grande, élancée, de petits seins fermes et ronds haut perchés, des hanches généreuses et une magnifique chevelure aile de corbeau, Belfalas passait ses journées à chercher le moindre prétexte lui permettant de défier l’autorité paternelle. Se battant aussi bien qu’un homme, elle défiait constamment les soldats de son père dans des duels à l’épée qui se terminaient beaucoup trop souvent dans le foin des écuries…

Cette fois-ci elle avait eu la décence d’entraîner la jeune recrue dans sa chambre, lui évitant ainsi de se faire surprendre « en pleine action » par un palefrenier ou une servante. A la pensée de ces « erreurs » passées, une bouffée de chaleur envahit soudainement son bas-ventre, et ne pouvant plus se contenir, la jeune femme commença à caresser savamment son nouvel amant, puis, de sa langue experte chercha les endroits les plus sensibles de ce corps jeune et musclé. Réagissant instantanément, le jeune soldat s’éveilla et cessa ses ronflement pour laisser place à des râles de plaisir tout aussi bruyant. Mais il était un guerrier, un combattant, aussi ne s’en laissa t’il pas conter longtemps ; il retourna la situation à son avantage en faisant basculer le corps de sa maîtresse sur le dos, puis entreprit de lui caresser les seins d’une main, tout en laissant l’autre vagabonder au gré de ses envies…

Alors que Belfalas, les joues en feu soupirait d’aise, la porte de sa chambre s’ouvrit en claquant. Le soldat, tout à son affaire, s’était enhardi à embrasser la douce et soyeuse toison de la jeune femme, et la tête entre les cuisses de la demoiselle n’avait pas entendu le vacarme. Il ne comprit pas immédiatement que le métal froid qui s’était posé sur sa gorge provenait d’une épée. Lorsque la lame commença à entailler son épiderme, il releva vivement la tête pour se retrouver nez à nez avec le Seigneur de HautMont, rouge de honte et de colère.

Bafouillant de vagues excuses, le jeune homme ramassa ses braies et sa chemise et courut jusqu’à la porte, nu comme un vers, du sang dégoulinant de sa coupure jusqu’au nombril…


- Père ! Comment osez-vous pénétrer ainsi dans mes appartements ?

- Et toi fille indigne, comment oses-tu te comporter ainsi dans ma demeure ? ton attitude est celle d’une catin de Port-Ponant, pas d’une fille de seigneur !

- Je suis en âge de faire ce qu’il me plais ! Si vous ne me gardiez pas prisonnière de ce château, peut-être aurais-je une attitude différente !

- Prisonnière ? Et bien si ce mot te déplais j’en suis fort contrit, mais tu garderas la chambre pendant toute une semaine ! Tu m’as bien entendu ? Une semaine complète d’isolement. Voilà peut-être un châtiment à ta mesure.

- Je préférerais encore être fouettée en public plutôt que de vieillir inutilement entre les murs de cette pièce !

- Ne me tente pas ! Un mot de plus, et tu regretteras ces paroles jeune effrontée !

- Mais père, je sais me battre ! Pourquoi ne me permettez-vous jamais de sortir patrouiller avec les soldats ? J’aurais mon utilité j’en suis persuadée !

- Je vois de quelle utilité tu peux être pour un soldat ! Si ce genre de corps à corps est celui qui te convient le plus, fais une croix dessus, car tu n’es pas prête de revoir un homme de sitôt !

Le seigneur rengaina son épée et sortit, prenant soin de verrouiller la porte derrière lui. Dire que ce genre de scène était monnaie courante au château ! Le vieux guerrier soupira et descendit aux cuisines en maugréant sur le mauvais sort qui lui avait donné une fille de petite vertu comme celle-là.

- Depuis que vous avez quitté Suzail pour venir vous enterrer dans vos terres ma vie est devenue un enfer ! Hurla Belfalas avant de lancer contre la lourde porte de chêne le premier objet qui lui tomba sous la main… Le hasard voulu que se soit le pot de chambre…

Grand, puissamment charpenté, de longs cheveux bouclés et blancs, Hultar de HautMont avait été l’un des nobles les plus en vue de Suzail pendant la jeunesse d’Azoun IV. Ses nombreux exploits, aussi bien en combat qu’en tournoi lui avaient valu une réputation de guerrier qu’enviaient bien des chevaliers. Vieilli prématurément par la mort de son épouse, Hultar s’était retiré dans son fief de HautMont, gérant les terres familiales d’une main de fer dans un gant de velours. Toujours à l’écoute de ses sujets, l’homme avait su rendre sûre et fertile une vallée autrefois gangrenée par les bandes de voleurs et les monstres errants. Ses campagnes militaires pour assainir ces terres situées à l’Est d’Arabel faisaient encore les beaux jours des conteurs et autres troubadours.

HautMont était un endroit sûr, paisible et prospère.
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3- La Déroute

Tarek, agenouillé sur le lit de feuilles mortes qui jonchait le bord du chemin inspectait les traces à peine visibles qui se devinaient dans l’humus du sous-bois. La meute n’était vraisemblablement pas très nombreuse, trois, peut-être quatre animaux. Le mâle dominant par contre devait être proprement monstrueux à en juger par la taille de ses empreintes. Ce loup devait être aussi gros qu’un poney !

A cette pensée, l’humain frissonna et, repoussant une mèche rebelle, tourna la tête vers son compagnon en lui lançant un regard noir, puis il grommela pour lui-même :


- Maudit nabot, toujours à mettre son gros nez là où il ne devrait pas !

L’aventurier n’aurait pas prêté attention aux traces si son grognon de camarade de voyage n’avait insisté pour les lui montrer. Torn Fumerol, dit « Fume Torgniole » était un nain. Petit, carré, musclé, barbu, grincheux et bagarreur, Torn était ce que l’on pouvait appeler « l’archétype du nain ». Tous les « on-dit » rapporté sur la race des mineurs se vérifiaient en lui.

Son appendis nasal surdéveloppé, à peine dissimulé par une abondante barbe rousse avait flairé l’odeur des loups depuis déjà plusieurs lieues, mais Tarek avait refusé d’arrêter le chariot, affirmant qu’ils étaient bientôt arrivés et qu’ils risquaient de se faire surprendre par la nuit s’ils s’arrêtaient ici. Prétextant un besoin pressant, Torn avait finalement convaincu son compagnon de stopper dans un sous-bois afin qu’il aille « fertiliser Mère Nature », et c’est en sortant d’un buisson d’aubépine, jurant et pestant contre la multitude d’épines qui s’étaient plantées dans son auguste postérieur que le nain avait, « comme par hasard», vu les traces.

Tarek, se releva, plissa les yeux et se gratta un menton recouvert d’une barbe naissante brune qui lui donnait l’allure d’un brigand ; puis il rejeta en arrière sa longue chevelure noire et darda vers les fourrés un regard intense où brillait deux grands saphirs nimbés d’une puissante aura d’intelligence. De taille moyenne, l’humain n’avait rien de prime abord qui puisse impressionner un adversaire, néanmoins, à trente deux ans, il était un guerrier accompli. Son menton et ses épaules carrés laissaient entrevoir une forte détermination que ne démentait pas sa puissante musculature. Sans être surdéveloppée, cette dernière était néanmoins sèche et déliée, preuve s’il en était que l’homme s’était durement entraîné. Malgré cela, la puissance n’était pas son arme favorite. Il compensait son léger manque de force physique par une adresse et une vitesse surpassant de loin celle des habituels combattants. Ne supportant pas les lourdes armures, il avait échoué à devenir paladin de Tyr quelques années auparavant, et s’était lancé à corps perdu dans l’aventure pour oublier sa désillusion. C’est au cour d’une bagarre d’ivrogne dans une taverne de Marsembre qu’il avait fait la connaissance de Torn Fumerol, et après avoir échangé quelques coups, les deux compères étaient devenus inséparables.

Réajustant un accroc dans sa cotte de maille, souvenir d’un mauvais coup récent dans une rue mal famée d’Arabel, Tarek fit signe à Torn de le suivre. La fourrure d’un loup comme ça ferait une merveilleuse cape pour l’hiver, il ne fallait pas rater l’occasion. L’humain dégaina son épée, puis se ravisa. Une lame n’était pas la meilleure arme pour la chasse au loup. Il s’empara de son arc et encocha une flèche. Plié en deux il avançait dans le sous-bois en suivant les traces, essayant d’être le plus discret possible. Peine perdue. Le nain qui était sur ses talons faisait tant de bruits qu’aucun animal n’aurait eu l’idée de rester sur leur chemin. Aucun animal, sauf la meute de loup qu’ils poursuivaient…

Débouchant sur une petite clairière éclairée par les rayons déclinants du soleil, les deux compagnons tombèrent face à face avec deux louves de belle taille qui protégeaient une portée de louveteaux à peine nés. L’un des animaux semblait blessé et se léchait une patte, tandis que l’autre, babines retroussées, fixait les importuns en grondant bruyamment.

Torn, la hache au poing poussa son cri de guerre favori et fonça vers les bêtes pour en découdre.


- Par les génitoires de Clanggedin, à l’ass…

Tarek l’agrippa par sa cape, ce qui eu pour effet de faire s’envoler le nain les pieds devant, avant de le faire s’écraser bruyamment sur le sol. Allongé sur le dos, il regarda son compagnon de sous ses épais sourcils roux et gronda :

- Par la malpeste Tarek, mais qu’est-ce qui te prends ? aurais-tu peur pleutre d’humain ?

- Espèce de nain sans cœur, ce spectacle ne t’émeut-il donc pas ? Serais-tu vraiment prêt à massacrer cette famille de loup pour le plaisir ? Relève-toi, il n’y a pas là de quoi se faire une couverture pour l’hiver, je me suis trompé.

Torn se gratta la tête, jeta un regard sur les louves qui n’avaient pas bougé d’un pouce, se releva, s’épousseta en grommelant quelque injure à l’encontre de ces femmelettes d’humains, puis se retourna pour regagner le chariot.

Il n’avait pas fait deux pas qu’il s’arrêta. Un mâle gigantesque, deux fois plus haut que lui se tenait à quelques pas d’eux, prêt à bondir. Ses muscles puissants saillaient de sous son épaisse fourrure grise et un long filet de bave dégoulinait de sa gueule entrouverte d’où dépassaient des crocs aussi grands que des poignards.


- Euh, Tarek, tu veux bien expliquer au gentil papa loup que tu trouves ses petits très mignons et que jamais tu ne leur feras le moindre mal ?

Tarek venait de ranger sa flèche dans son carquois et de passer son arc en bandoulière. Désarmé face au monstre il n’avait pas d’autre choix que de fuir. Détalant sans crier gare sur sa droite, il cria au nain :

- Au chariot ! et disparu dans les fourrés pendant que le nain partait en Courant sur la gauche. Dans l’intervalle, l’énorme bête avait bondit. Elle atterri à l’endroit précis où les deux compagnons se trouvaient une seconde plus tôt. Lançant un hurlement à glacer les sangs, il se jeta à la poursuite de Tarek pendant que la louve valide partait aux trousses de Fumerol.

Arrivé le premier au chariot, Tarek, blanc comme un linge et suant à grosses gouttes grimpa et s’empara des rênes. Courrant comme un dératé, Torn arriva quelques secondes après lui et sauta in extremis à l’arrière alors que son compagnon lançait le cheval au galop.

Les loups avaient cessé la poursuite depuis bien longtemps, mais les vaillants aventuriers continuèrent à pousser leur cheval pendant plusieurs lieues encore.


- Fuir devant un loup ! que la honte soit sur moi ! fulminait le nain, pendant que son ami s’esclaffait et se tordait de rire à l’avant.

- Maître nain, votre hache aurait pu servir de cure-dent à cet animal !

- Elle pourrait aussi servir à effacer ce sourire narquois que je vois sur ton visage ! Toi aussi tu as fuit je te le rappelle !

- C’était par charité, pas par couardise voyons !

Et le nain continua de grogner comme se devait de le faire tout nain qui se respecte jusqu’à ce que le chemin sorte de la forêt et qu’ils débouchent au crépuscule sur une vaste plaine verdoyante, avec, planté au sommet d’une grande colline escarpée, un château fort aux nombreuses tours crénelées, toutes surmontées d’un unique étendard représentant un bouclier pourpre transpercé de deux lances. Les hautes murailles semblaient bien gardées, et l’unique chemin d’accès serpentait autour de la colline, passant à de multiples reprises sous les murs bardés de défenses. Le pont-levis était relevé ce qui était naturel à la tombée de la nuit, et beaucoup de fenêtres étaient déjà illuminées.

- Le Castel de HautMont ! nous y voilà enfin ! dit Tarek dans un souffle.

- HautMont, c’est le seigneur dont tu m’as parlé, celui dont tu fus l’écuyer pendant un temps ?

- C’est bien lui. J’espère qu’il se souviendra de moi…

Et pendant que la lune faisait son apparition dans le ciel encore teinté de rose et que les premières étoiles commençaient à scintiller sous la voûte, les deux compagnons entamèrent la montée vers la demeure du seigneur Hultar de HautMont.
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4- Le repos du guerrier

Le chariot s’immobilisa au bord des douves alors que l’obscurité avait envahi Féérune pour quelques heures. Tarek se leva et héla la sentinelle de garde, anxieux à l’idée que le bougre puisse le prendre pour un mendiant ou un brigand.

- Holà du Castel ! nous demandons asile pour la nuitée ! Baissez le pont !

Une torche apparue au sommet des remparts, et le bruit caractéristique des cordes d’arc que l’on bande se fit entendre par les mâchicoulis situés de part et d’autre de la porte. Un frisson parcouru l’échine de Tarek et Torn se mit à grommeler de plus belle.

- Qui va là ? fit une voix menaçante.

- Tarek Palefroid pour vous servir, ancien écuyer de Sir Hultar de HautMont à Suzail, et mon ami le nain Torn Fumerol. Pouvons-nous encore espérer le gîte et le couvert et rencontrer le seigneur à cette heure tardive ?

Aucune réponse ne leur parvint, mais le lourd grincement des chaînes du pont-levis résonna comme une douce musique à leurs oreilles.

Un jeune garçon vint prendre les rênes du chariot et les conduisit à l’intérieur, puis il mena le cheval aux écuries pendant qu’un soldat, visiblement le chef de la garde venait à leur rencontre, un soldat entre deux âges, bien charpenté et visiblement aguerri, les tempes grisonnantes avec le maintien d’un guerrier. Il salua respectueusement Tarek, et toisa Torn avec une morgue affichée, puis il parla :


- Je suis le lieutenant Guert Himvald pour vous servir, suivez-moi je vais vous mener au seigneur de HautMont.

Les compagnons suivirent Guert à travers une enfilade de pièces, traversèrent les cuisines dont l’agitation tranchait singulièrement avec le calme régnant dans la cour, longèrent ce qui semblait être un petit temple dédié à Helm et entrèrent dans une vaste salle décorée, dont les tables agencées en U accueillaient une douzaine d’hommes et de femmes, la plupart en arme. Hultar de HautMont siégeait comme il se doit en bout de table, festoyant avec ses amis, et lançant quelques pilons aux énormes molosses qui étaient couchés à ses pieds. Reconnaissant Tarek, il se leva et couru à la rencontre de son ancien écuyer. L’accolade qu’ils se donnèrent, virile et franche, témoignait de l’amitié qui avait pu exister entre le vieux guerrier et le jeune homme.

- Tarek ! Sacripant ! quand es-tu arrivé ?

- A l’instant seigneur. Je vous présente mon ami Torn Fumerol, grand maître de la hache et pourfendeur de troll à ses heures.

- Maître nain, soyez le bienvenu. Ca me fais plaisir de vous voir ! mais qu’est-ce qui vous amène dans la région ? Il n’y a pas de troll par ici, je crains que votre hache ne rouille prématurément !

Suite à quoi Torn répondit en jetant un regard mauvais au lieutenant :

- Mouais, n’ayez crainte, ma hache aime tout autant le sang nauséabond des trolls que celui aviné de certains abrutis…

Tarek se vit dans l’obligation d’intervenir lorsqu’il aperçut le lieutenant Himvald poser la main sur le pommeau de son épée, l’air visiblement offensé…

- L’aventure, quoi d’autre ?

- Hélas mon garçon tu risque d’être déçu, la région est pacifiée et les monstres traînant dans les Rocterres n’osent plus s’aventurer par ici. Mais qu’importe, venez festoyer avec nous !

- Enfin des paroles réconfortantes ! grogna Torn dans sa barbe, ce qui, bien évidemment lui valu une tape sur la tête. Tarek, muet, le sermonna en faisant les gros yeux, puis ils suivirent Hultar et prirent place à sa table.

Pendant le repas, Hultar questionna Tarek sur ce qu’il avait fait pendant ces quelques années, et fut visiblement attristé d’apprendre que le jeune homme n’avait pu devenir paladin conformément à ses vœux de jeunesse.


- Un combattant comme toi, quel gâchis. Ces paladins ont vraiment des œillères devant les yeux pour ne pas voir le talent qui brûle en toi ! enfin, buvons mes amis !

La compagnie festoya pendant plusieurs heures, et, une fois repue de nourriture et gavée d’histoires, gagna les étages supérieurs où se trouvaient les chambres. Une petite servante bien en chair dont les attributs dépassaient plus que de raison de son bustier mena les deux amis à une chambre préparée à leur intention, mais Torn, l’esprit grivois poursuivi la grosse femme dans les escaliers, provoquant des petits cris et quelques gloussements qui se répercutèrent loin le long des corridors... Tarek sourit, entra, ôta sa cotte de mailles, sa cape et ses bottes, déposa son ceinturon, ses dagues et sa bourse sur une chaise et se déshabilla un peu, ne gardant que sa chemise et son pantalon, puis il tomba comme une masse sur son lit, étreignant avec délectation un gros oreiller empli de plumes d’oies. Puis il sombra dans le sommeil.
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5- Une ombre dans la nuit

Bien qu’il se senti en sécurité, Tarek ne dormait que d’un œil. Et lorsque la fenêtre de sa chambre grinça au beau milieu de la nuit, il avait déjà empoigné son épée et se tenait prêt à frapper l’intrus.

La silhouette qui se découpa dans l’encadrement n’était pas celle d’un guerrier ou d’un voleur, mais plutôt celle d’une demoiselle aux formes gracieuses et aguichantes. Faisant semblant de dormir, Tarek surveilla la jeune femme qui s’approchait de son lit. Grande, élancée, des courbes généreuses mais pas trop, la belle avait tout d’une courtisane, et il n’en fallut pas plus pour provoquer les idées les plus folles dans son esprit ; aussi, lorsque la belle se glissa dans ses draps, Tarek eu bien du mal à retenir ses mains. Réfrénant un mouvement de recul, il s’aperçut avec effarement qu’elle était nue ; mais lorsqu’une main, visiblement experte, se glissa dans ses culottes, Tarek bondit sur le lit, épée au clair en poussant un glapissement de surprise ; celle de la jeune fille fut telle qu’elle se mit aussitôt à hurler, et Tarek, pour la faire taire dû la bâillonner d’une main, la menaçant de son épée de l’autre.


- Shhhhhut, vous allez réveiller toute la maisonnée ! Taisez-vous par pitié !

- Mmmmhhhhhh ! Tarek ôta sa main de la bouche pulpeuse de la demoiselle, légèrement émoustillé par la douceur des lèvres de l’inconnue.

- Que je me taise ? Vous m’avez fait peur avec votre épée, cela vous arrive souvent de dormir armé ?

- Toujours. Pas vous ?

- Je n’utilise pas les mêmes armes que vous… fit-elle en esquissant un sourire coquin et en regardant son corps nu seulement éclairé par la lumière de la lune.

Rougissant dans le noir, Tarek rengaina son épée et réajusta son pantalon.


- Qui êtes-vous ? et pourquoi vous introduire dans ma chambre en pleine nuit, et par la fenêtre en plus !?

- Belfalas. La fille du seigneur de Haumont. Vous ne me reconnaissez donc pas jeune écuyer ?

- Be Be Bel Belfalas ? Comme vous avez grandi ! bégaya Tarek abasourdi.

- Et vous je vous ai connu moins prude… Vous souvenez-vous de nos jeux dans la paille lorsque mon père était encore à Suzail ?

- Je me souviens surtout de la correction que votre mère m’avait infligé pour avoir porté atteinte à l’honneur de sa fille… répondit Tarek en se frottant les fesses.

- Hi hi hi dire que tout était de ma faute ! Et vous, que faites-vous maintenant ?

- Je me suis reconverti en aventurier. Je passais dans la région à la recherche de quelque monstre à occire contre récompense, puis je me suis souvenu que votre père avait regagné ses terres, et je me suis risqué à venir le retrouver.

- Oui, je vous ai vu par la fenêtre de ma prison tout à l’heure.

- Prison ?

- Hélas, mon père, ce preux chevalier, refuse de me laisser arpenter la campagne ou vivre la moindre aventure exaltante. Il me cloître ici dans l’enceinte du château contre mon gré !

- Vous m’en voyez navré gente damoiselle… peut-être pense-t-il que ses hommes sont plus en sécurité loin de vous…

- Oh ! vous aussi alors ! Vous êtes un rustre ! fâchée, Belfalas regagna la fenêtre, toujours aussi nue et impudique, puis se retourna. Elle planta son regard dans celui de Tarek, et commença à promener ses mains de ses hanches à sa poitrine, lentement, langoureusement, puis sorti sa langue et s’humecta les lèvres.

- Regardez donc ce que vous avez manqué monsieur aventurier ! Regardez et regrettez !

Sur ces paroles, la belle grimpa sur le rebord et disparu sur la droite du mur. Son ombre se découpa encore un instant sur la fenêtre, puis disparue définitivement, happée par l’obscurité de la nuit.

Tarek eut du mal à se rendormir cette nuit là. Peut-être espérait-il secrètement que la belle reviendrait sur sa décision et le rejoindrait de nouveau, mais sa conscience lui dictait un message autrement différent que celui de son corps, et il ne pouvait l’ignorer.
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6- La Bagarre

Le réveil fut brutal. Torn, visiblement satisfait de sa nuit fit mine de lui verser un plein seau d’eau froide sur la figure en ricanant, mais s’abstint au dernier moment sachant combien son ami pouvait être irascible au levé…

- Alors paresseux ! Le soleil est déjà haut dans le ciel !

- Mmmmhhh… j’ai mal dormi, laisse-moi !

- Mal dormi ? Moi je peux dire que j’ai mal dormi ! C’est la première fois en trois semaines que monsieur dors dans un lit de plume et il n’est pas satisfait ? Bahhh, ces bougres d’humains, jamais content. Je t’attends aux cuisines si jamais tu trouves le courage de te lever un jour…

Deux heures après, Tarek se présenta aux cuisines où on lui servit un solide petit déjeuner, mais il n’y avait nulle part de trace du nain, chose curieuse si l’on en juge par l’excellence de la nourriture et la bonne bière fraîche qu’il venait de goûter... C’est alors que des clameurs s’élevèrent de la cour, parsemées d’injures et autres noms d’oiseaux. Par-dessus les cris il était aisé de reconnaître la voix de Torn Fumerol, haranguant son adversaire avant le combat.

Tarek soupira de désespoir et se leva péniblement, essayant vainement de se rappeler les excuses mille fois utilisées lors de leurs fréquentes haltes dans les auberges du Cormyr.


- Ce maudit nain a encore provoqué une bagarre ! dit Tarek en se précipitant dehors.

La scène était indescriptible. Plusieurs soldats et palefreniers entouraient Torn et le lieutenant Guert, faisant une arène humaine aux deux guerriers qui allaient visiblement s’affronter d’une minute à l’autre. Ils pariaient et s’agitaient dans tous les sens pendant que les deux combattants se haranguaient et s’insultaient copieusement. Lorsque les paris furent pris, le combat commença :

Le premier assaut fut pour le nain. La hache de Torn vint frapper violemment le bouclier du soldat qui répliqua par un coup d’épée en direction de la tête du nain. Ce dernier, relativement vif malgré un certain embonpoint évita facilement la lame et lança une nouvelle attaque sur le bouclier. S’en suivirent plusieurs coups d’estoc et de taille de part et d’autre, systématiquement appuyés par quelque remarque désobligeante à l’encontre de l’adversaire. Tarek connaissait la force et la vivacité du nain et se demandait pourquoi ce dernier n’en avait pas finit dès le premier coup. Alors que Guert levait son pavois pour se protéger d’une attaque haute, Torn appliqua une torsion du poignet à son mouvement et visa les jambes de son adversaire qui ne pu sauter à temps et fut fauché par le plat de la hache. Chutant lourdement, il poussa un étrange couinement lorsque le nain lui sauta sur le bas-ventre à pieds joints.


- Alors, fille d’orque, on se repose dans la fange ?

Le combat n’avait duré que quelques minutes et le nain avait facilement gagné. Cela provoqua le courroux d’une bonne partie des parieurs qui se jetèrent sur le vainqueur pour l’étriper. La cohue était telle que Tarek hésita à s’y plonger, mais Torn était son ami et il fallait le sortir de ce mauvais pas.

- Fume Torgniole ! Par les gén… de Clang… pustul… crev…

A ces mots, Tarek su qu’il était temps d’intervenir pour éviter que quelqu’un ne soit sérieusement blessé, et il plongea aussitôt dans le monticule humain. Trois minutes plus tard, il ressorti en tenant une barbe rousse, et laissa les soldats terminer de s’étriper dans la joie et l’allégresse.

Alors que Torn reprenait son souffle et que Tarek essayer d’endiguer le flot de sang qui s’écoulait de son nez malmené, la sentinelle en faction prévint la garde d’une arrivée. Un homme, à pieds, crasseux et en loques passa le pont-levis, et s’arrêta au milieu de la cour. Alors que Tarek s’avançait pour soutenir le pauvre hère visiblement harassé, ce dernier s’écroula dans ses bras. Inerte.
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7- Nouvelle naissance

Depuis six longs mois, Harad’Urk arpentait les chemins du Cormyr sans but ni projet. Partout où il passait la même histoire se répétait. Insultes, jets de pierres, coups de bâton, menaces… Le quotidien du demi-orque était parsemé de faits similaires. Chassé de Soirétoile après avoir failli être lynché par la foule, Harad n’avait rien trouvé de mieux pour étancher sa haine des hommes que de s’attaquer à une paisible famille de fermiers. Cette fois-ci, il avait de nouveau goûté au pouvoir. A Soirétoile, son seul plaisir était le chat. La saveur délicieuse de ses animaux lui mettait encore l’eau à la bouche. Dire qu’ils l’avaient traité de monstre. Qui avait-il de monstrueux à manger ces stupides animaux à fourrure ?
Un ancien roi les avait fait importer au Cormyr pour qu’ils chassent les rats porteurs de maladies. Cela les dispensaient-ils d’être dévoré à leur tour ? Tordre le cou de ces animaux lui procurait à chaque fois un vif soupçon de plaisir. Le plaisir que l’on ressent lorsque l’on tient la vie d’autrui en son pouvoir. Comme pour les fermiers. L’homme était déjà blessé, cela lui avait facilité la tâche. Il lui avait cogné la tête contre le mur jusqu’à ce qu’elle explose comme un melon trop mûr. Puis il avait violé la femme qui s’était évanouie sous l’horreur du spectacle. Elle n’avait pas bougée ni même gémit. Cela l’avait déçu. Il aimait quant elles le suppliaient et pleuraient. Dans ces situations aussi il avait l’impression d’être puissant…

Un jour viendra où tous me craindront pensait Harad. Ils auront peur de moi car je tiendrais leur vie entre mes mains. Je les exterminerais tous !

Ses pas l’avaient porté à travers le grand marécage jusqu’au bourg de Grondepierre. Une fois encore il avait dû fuir. Cette fois-ci ils avaient lancé des chiens à sa poursuite, et cela l’avait obligé à retourner sur ses pas pour distancer et tromper les animaux. De retour dans le bourbier nauséabond du marais, Harad s’enfonça plus avant pour éviter une nouvelle rencontre désagréable avec ces maudits clébards…

Ses pieds s’enfonçaient dans le sol spongieux et la marche devenait de plus en plus difficile. D’énormes bulles crevaient la surface par intermittence, exhalant par là même une odeur pestilentielle. Alors qu’il contournait une étendue de sables mouvants, le demi-orque se retrouva face à un nouveau problème : un troll des marais !

Le monstre, plus haut que lui, devait mesurer deux mètres cinquante au bas mot. Sa peau caoutchouteuse dans les tons gris vert était couverte de pustules, et ses deux longs bras se terminaient par d’énormes griffes menaçantes. Le monstre baragouina quelque chose dans un langage qu’Harad devina être du géant, mais quoi que cela fut, les intentions du monstre étaient claires. Le demi-orque constituait son repas pour la journée !

Maudissant sa malchance, Harad’Urk fit demi-tour et se rua vers les sables mouvants, le troll sur ses talons. D’un formidable bond, il s’envola par-dessus le piège mortel, et atterri de justesse de l’autre côté. Le monstre n’étant pas stupide commença à contourner l’obstacle, forçant Harad à reprendre sa course. Une petite éminence rocheuse entourée de buissons rabougris en point de mire lui permit d’espérer un salut temporaire, mais lorsque le sol se déroba sous ses pieds, il pensa sa dernière heure arrivée, pourtant, malgré sa chute de trois bons mètres dans une cavité souterraine, il ne mourut pas. Bien au contraire. Le destin venait de lui accorder une nouvelle naissance.

Les ruines dans lesquelles il venait d’entrer par inadvertance puaient l’elfe. Même après des siècles d’abandon, l’architecture du tombeau, car c’en était un, rappelait indéniablement le peuple honnit des oreilles pointues. Redoutant quelque maléfice, Harad’Urk se mouvait le plus silencieusement possible, évitant de toucher aux sarcophages disséminés dans la pièce. Le seul avantage qu’il trouva à être ainsi enfermé dans un cimetière elfique, c’était qu’aucun troll ne l’y aurait suivi. Ce cimetière devait dater d’avant la formation du marécage tant il avait l’air ancien. Sans doute qu’une ancienne civilisation d’elfes avait élu domicile dans le coin songea Harad tout à sa découverte.

Malgré l’obscurité qui régnait dans ce genre de tombeau, l’orque pouvait ici y voir presque comme en plein jour. Une abondante mousse phosphorescente couvrait les murs, dispensant une agréable lumière qui nimbait l’endroit d’une aura mystérieuse.

Harad fut attiré par un cercueil plus grand que les autres orné de feuilles d’or. Le couvercle de cristal était brisé, et un squelette pouvait s’apercevoir à l’intérieur. Son pensionnaire avait dû être quelqu’un d’importance, car les haillons qui recouvraient ses os avaient été d’une grande qualité, et cela pouvait se deviner malgré la poussière et les siècles passés.

Un objet attira son attention. Un gantelet noir, fait en métal vraisemblablement, et recouverts de runes qu’il ne pouvait déchiffrer. Une pierre rouge était encastrée à l’intérieur de la paume et semblait hypnotiser l’orque. Les Runes devaient sans doute être une ancienne malédiction… de toute façon, il ne savait pas lire, mais cette pièce avait quelque chose d’étrange. A bien y réfléchir, de tout ce qui se trouvait ici, c’était la seule chose que la poussière et le temps avaient épargné.

N’écoutant ni son instinct, ni sa raison, Harad arracha l’objet du bras de son propriétaire, jeta l’os qui y était resté accroché et enfila le gantelet.

La puissance de l’objet s’empara de lui instantanément. Il fut nimbé d’une vive lumière orangée qui s’estompa rapidement, mais Harad’Urk n’était déjà plus le même lorsqu’elle commença à disparaître.

Le corps presque chétif du demi-orque s’était métamorphosé. D’un coup d’un seul il avait gagné en force brute, en taille, en muscles, en puissance et en charisme. Sa face à moitié porcine d’autrefois s’était muée en un visage presque humain. Une sorte de beauté sauvage, attirante, enivrante et grisante l’avait définitivement changé. Seule sa peau, verdâtre et caoutchouteuse était resté la même.

Harad’Urk se sentait capable de tout. Ses rêves de vengeance et de pouvoir allaient enfin prendre corps !

Et cela commencerait par le troll…
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8- Alarme

Lasper, le visage émacié, les lèvres craquelées et les pieds en sang ouvrit doucement les yeux pour ne pas être blessé par la vive lumière qui régnait dans la pièce. Autour de la couche où on l’avait installé, se trouvaient Hultar de HautMont, Tarek, Torn, et le lieutenant Guert Himvald sérieusement contusionné, plus une petite femme prêtre qui venait de lui donner une légère potion de guérison.

Retrouvant soudain ses esprits, le paysan, les yeux fous se releva sur ses coudes et, l’air affolé s’aggripa au seigneur Hultar :


- Les gobelins ! une horde de gobelins ! Hurla-t-il.

- Calmez-vous mon brave, calmez-vous et racontez-moi tout ce qui s’est passé en commençant par le début.

Respirant péniblement, Lasper temporisa et se reprit.

- Il y a trois jours, une horde de gobelins, peut-être 20 ou 30 s’est attaquée aux fermes de l’Est. Ils ont tout brûlé, tout massacré, tout pillé. Mon fils a été tué, ma femme violée… ils… ils… Puis le reste de ses paroles se perdit dans le vide, l’homme ayant visiblement l’esprit dérangé par tant de malheurs.

- Violée ? par des gobelins ? Ces immondes petites créatures ne violent pas les humaines à ce que je sache… s’écria Torn, une lueur de colère dans les yeux.

Lasper le regarda sans comprendre puis recommença à délirer.

Les témoins de la scène sortirent et se réunirent dans la grande salle de banquet. L’inquiétude se lisait sur les visages et le silence était pesant, seul les craquements du grand feu qui brûlait dans la cheminée se faisaient entendre. Finalement, Hultar de HautMont prit la parole :


- Une incursion gobeline à l’Est est inhabituelle. Ces hideuses bêtes vivent au Nord dans les marches, au-delà des Rocterres. Cela ne me dit rien qui vaille.

- Seigneur, donnez-moi une douzaine d’hommes et je vous ramènerais les têtes de ces monstres dans une semaine ! s’écria Himvald.

- C’est ce que je ferais en temps normal lieutenant, hélas, pendant que vous vous battiez comme des moins que rien ce matin, j’ai reçu un messager d’Azoun qui m’annonçait une mauvaise nouvelle.

- Laquelle seigneur ?

- Une fois de plus Arabel s’est révoltée. Le roi et ses fidèles doivent cheminer vers la ville pour châtier les insurgés et remettre de l’ordre dans le royaume, je suis mandé au siège de la citée rebelle avec tous les hommes disponibles, et ce dans une semaine !

- Cela met un terme définitif à tout espoir de vengeance alors… soupira Guert Himvald, une lueur de colère toujours allumée au fond de ses prunelles noires.

- Seigneur ! s’écria Tarek :

- Torn et moi sommes venus ici en quête d’aventure, nous irons voir de quoi il en retourne. Une tribu de gobelins privée de chef ne restera pas longtemps très combative, je vous propose de nous laisser nous occuper de cette sombre histoire pendant que vous allez guerroyer à Arabel !

HautMont sourit et acquiesça :

- Et bien soit Tarek, je te nomme second lieutenant de ma garde. Mon premier ordre sera une mission d’infiltration et d’éradication dans les rangs gobelins de l’Est. Soit prudent. Nous nous reverrons à mon retour de campagne.

- Bien seigneur, à vos ordres.

Tarek était aux anges. Visiblement très content de servir de nouveau le seigneur de HautMont, il bombait fièrement le torse devant la mine renfrognée de Torn qui, comme à l’accoutumée grognait dans son coin.

- Pourquoi a-t-il fallu que tu lui prête allégeance ? Je ne suis pas un serviteur moi, mais un nain de haut lignage ! On ne me traite pas comme un laquais à qui l’on demande d’aller faire le ménage !

- De haut lignage ? Arff, sacré nain, je croyais que ta mère creusait encore la roche quelque part sous l’épine dorsale ! Et puis n’as-tu pas envie d’aller saigner quelques gobelins ?

Une lueur étrange, presque lubrique s’alluma alors dans les yeux de Torn, et sa barbe fut soudainement déformée par un large rictus malveillant :

- Siiiiiii ! Quand est-ce qu’on part ?

- Maintenant ! prépares-toi.
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9- Sur le Chemin

Tarek et Torn, assis cote à cote sur leur chariot devisaient gaiement et échafaudaient des plans pour trouver les gobelins, s’infiltrer dans leur camp et éliminer leur chef. Le chemin défilait agréablement, bordé d’un côté par de petites collines boisées parsemées de robustes petits sapins avec de ci de là un bosquet de bouleaux, et de l’autre par le lac Wyverne, scintillant au soleil de midi comme une vaste étendue de diamant.

Les lourds nuages noirs gorgés de pluie, une fois vides étaient repartis en direction des Pics du Tonnerre pour se réapprovisionner en eau vers la mer la plus proche, laissant le champ libre au soleil pour assécher les champs inondés et réchauffer la campagne transie par des semaines de pluie.

Quelques heures après leur départ, la faim commença à leur tirailler l’estomac, provoquant par là-même de sourds grondements dans le ventre du nain, identiques à un ronflement de dragon. Ils stoppèrent au bord d’une petite crique et Tarek se mit en devoir de pêcher deux ou trois truites, ou peut-être une perche ou un brochet pour le repas. Torn, qui avait allumé le feu et préparé de quoi faire cuire les poissons commençait à s’impatienter et à bouillir au soleil. Il décida de se faire un petit abris avec la bâche qui recouvrait leurs affaires dans le chariot dans le but de faire un petit somme. Alors qu’il grimpait péniblement sur l’attelage, un cri strident lui vrilla les oreilles, lui faisant perdre l’équilibre. Le nain chuta et s’étala les bras en croix dans les roseaux qui bordaient le lac.


- Vous m’avez marché sur la main espèce de brute !

La furie brune qui s’était soudainement levée dans le chariot n’était autre que Belfalas. Habillée de cuir brun, la belle avait également revêtu sous un gilet marron une cotte de maille argentée et portait au côté une épée courte à la garde ouvragée ainsi qu’une dague garnie d’une énorme émeraude en guise de pommeau.

Elle surplombait le nain de toute sa hauteur et semblait le narguer avec un sourire mi-enjôleur mi-moqueur qui découvrait sa parfaite dentition. Dans le même temps, Tarek était accouru et aidait Torn à se relever. Ce dernier jurait et pestait contre les femmes et leurs « maudits » attributs et regardait Belfalas d’un œil mauvais. Le souvenir de la servante du Castel de HautMont avait été plus fugace qu’une étoile filante, et seule l’idée d’effacer ce rictus de son visage occupait les présentes pensées du nain.


- M’en vais lui donner une correction à cette catin tu vas voir ! fit-il en retroussant ses manches.

Tarek l’arrêta en riant et adressa la parole à Belfalas, plus furieuse d’avoir été découverte que de s’être fait marcher sur les doigts.


- Par le diable, que faites-vous donc ici ?

- J’ai profité de l’occasion pour m’enfuir pardi, vous ne croyiez pas que j’allais rester cloîtrée dans ma chambre pendant toute ma jeunesse non ? Mon père parti guerroyer et vous vous lançant à l’aventure, c’était là l’occasion rêvée !

- Et s’il vous arrive quelque chose, que dirais-je à votre père hein ? demanda Tarek qui ne savait pas s’il devait faire demi-tour ou se réjouir de cette charmante mais dangereuse présence.

- Il ne m’arrivera rien, j’ai deux excellents gardes du corps pour me protéger, et de plus je sais parfaitement me défendre ! Et sur ces paroles, la jeune femme dégaina son épée, sauta du chariot et mit Tarek en joue.

- Voilà qui va être intéressant ! jubila le nain en reculant.

Tarek dégaina son épée à son tour, faisant briller la lame au soleil de midi et fit une révérence à la demoiselle qui le défiait. Laquelle se fendit immédiatement et entailla l’épaule du jeune homme qui bondit en arrière, visiblement surpris par l’attaque parfaitement exécutée.


- Ah, vous le prenez comme ça, très bien, nous allons voir ce que vous valez jeune jouvencelle présomptueuse ! Et le combat commença.

Tarek maniait parfaitement son épée longue et se mouvait avec une grâce et une agilité hors du commun. Mais alors qu’il pensait jouer un peu avec son adversaire, il constata, lorsque celle-ci lui infligea une nouvelle blessure au bras que cette dernière se battait également avec maestria. Les deux combattants enchaînaient bottes sur bottes, se fendaient, paraient et virevoltaient dans un extraordinaire ballet de lames.

Une bonne demi-heure plus tard, la sueur inondait les visages et la fatigue commençait à se faire sentir, alourdissant les membres et ralentissant les mouvements. Aucun des deux adversaires n’avait réussit à prendre le dessus sur l’autre, mais un œil averti aurait deviné que le guerrier était un cran au dessus de la jeune femme… enfin il arriva un moment ou tous deux, lors d’un dernier assaut, s’effondrèrent dans l’herbe, harassé par les nombreux efforts fournis.

Le seul bruit qui leur parvint fut celui des deux mains de Torn qui applaudissait à tout rompre le bel échange qui venait d’avoir lieu. A moins que ce ne fut un moyen d’ôter de ses mains les restes d’écailles des truites qu’il avait ingurgité pendant le combat…

Belfalas et Tarek, allongés dans l’herbe se regardèrent et éclatèrent de rire à l’unisson, contents de leur prestation et de la nouvelle complicité qui venait de naître entre eux. Torn quant à lui lança un clin d’œil appuyé à son ami, croyant deviner une tactique pour séduire la donzelle…

Aucun des trois compagnons n’avait senti la présence d’un espion, caché dans les branches d’un sapin à seulement quelques mètres du chariot…
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10- Mauvaise rencontre

Harad’Urk était mécontent. Les deux fermières qu’il avait faites prisonnières n’étaient pas très coopératives. Aucune n’avait accepté de son plein gré de se plier à ses petits jeux cruels. Une fois de plus il avait dû user de violence pour assouvir ses fantasmes. Son imagination, débridée grâce à l’artefact n’avait plus de limites. Toutes ces choses qui lui avaient été interdites à cause de sa condition de demi-orque allaient enfin pouvoir se réaliser.

Fatigué par les cris et les pleurs de l’une des femmes, il la frappa puis la traîna par les cheveux jusqu’au centre du campement où il la jeta en pâture aux gobelins.

La dévotion qu’il pouvait lire dans les yeux de ces immondes petites créatures l’intriguait toujours autant. Pourquoi les monstres, troll, gobelins, et autres se pliaient-ils à sa volonté alors que les humains et les elfes voyaient en lui un ennemi mortel ?

Les elfes… Cela l’avait bougrement amusé de décimer cette petite communauté rencontrée dans la forêt qu’ils avaient traversé après leur descente des Pics du Tonnerre. Leurs flèches avaient rebondies sur son torse comme autant de petits insectes inoffensifs, et leurs épées, réputées si solides et coupantes s’étaient brisées en mille petits morceaux d’acier, lui laissant le champ libre pour égorger, étriper et massacrer…

Alors qu’il allait s’attaquer à la deuxième fermière, l’un des éclaireurs gobelin qu’il avait envoyé en avant revint tout excité. Il piaillait des mots incompréhensibles tant il les mélangeait dans sa hâte d’expliquer à son maître ce qu’il avait vu. Un violent coup de poing sur sa face déjà passablement aplatie lui remit les idées en place :


- Maître ! maître ! là-bas, un humain, il veut vous rencontrer maître, il sait beaucoup de choses, il veut se ranger à nos côtés maître ! couina la créature en montrant le bois adjacent du doigt.

Etonné, Harad’Urk, sûr de sa nouvelle puissance, se dirigea vers l’endroit qu’avait désigné l’éclaireur, suivi par toute la petite horde de gobelins. Et, effectivement, dans une clairière, tranquillement assis près d’un feu de camp, un homme patientait.

Ce dernier, plutôt grand, une longue et fine barbe poivre et sel lui encadrant le visage se leva et le salua comme un vassal salue son roi. Flatté, l’orque ne comprit pas tout de suite que l’humain était un mage. Sa robe, noire et bleue, était semble-t-il en perpétuels mouvements. Des reflets semblaient la parcourir sans arrêt, des fois clairs, des fois plus sombres. Cela, ajouté au regard perçant du mage mettait tout interlocuteur profondément mal à l’aise.


- Assieds-toi grand chef, j’ai de nombreuses révélations à te faire.

Sans sourciller, Harad posa son séant à terre et fit signe aux gobelins de retourner au camp. Les petits monstres s’égaillèrent de toutes parts sans demander leurs restes.

- Je t’écoute sorcier. Parle !

- Tu seras bientôt confronté à des adversaires plus coriaces et plus tenaces que de simples fermiers. Ne néglige pas mon avertissement. Débarrasse t’en dès que l’occasion se présentera.

- Qui sont-ils ?

- Deux humains, un homme et une femme, ainsi qu’un nain. Une fois ces trois-là éliminés, tu pourras marcher tranquillement sur le Castel de HautMont.

- Le château ? tu es fou ma parole, comment pourrais-je venir à bout d’un château bien défendu hein ?

- Tout d’abord, je ne suis pas fou, ensuite il te faudra agrandir ton armée, et pour finir, pense au confort et au luxe qui t’attendent dans cette forteresse, pense aux femmes qui s’y trouvent et au butin que tu pourras récupérer. De plus, les remparts ne sont presque plus défendus, le seigneur et ses hommes sont partis au siège d’Arabel ; ce sera du gâteau mon ami !

- Comment sais-tu cela, peut-être est-ce un piège que tu me tends et qu’il y aura toute une armée pour m’accueillir hein ?

- Ai confiance en moi. J’ai tout prévu dans les moindres détails. Toi, tu n’as qu’à te concentrer sur l’attaque, le viol et le pillage. C’est tout !

Une lueur de concupiscence s’était allumée dans les yeux d’Harad ; ce sorcier lui avait fait entrevoir des merveilles, il fallait maintenant qu’elles se réalisent !

- Si tu le dis… au fait, tu ne m’as pas donné ton nom sorcier, comment t’appelles-tu ?

- Melkon Ilhaxar. Ancien sorcier rouge de Thay. Je te fournirais aide et conseils.

- Que demanderas-tu en échange ?

- Vengeance. Je veux la tête du Seigneur de HautMont ! AH AH AH AH AH ! et il parti d’un rire sardonique et sinistre…
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11 – Bonne rencontre

Tarek, Belfalas et Torn devisaient gaiement tout en cheminant dans ce qui était maintenant un paysage typiquement campagnard, avec ses champs, cultivés ou non, ses haies de petits taillis délimitant les propriétés, ses petits chemins bordés d’herbes folles et quelques abreuvoirs destinés aux bêtes. A aucun moment ils n’avaient rencontré âme qui vive. Pas un laboureur, pas un vacher, pas de bétail non plus.

Les fermes, généralement disséminées à travers la campagne n’étaient pas visibles, et aucune fumée ne laissait présager un quelconque pillage ; néanmoins, à mesure qu’ils progressaient, l’air s’emplissait d’une certaine tension. Une peur quasiment palpable semblait s’être emparée de la région.

Lorsque le chariot croisa les cadavres d’un fermier et de son chien, il n’y eu plus aucun doute possible. Des gobelins, et même des orques ainsi que des loups s’étaient attaqués à ce petit coin de paradis.


- Encore des loups ! soupira Torn en ronchonnant après qu’il eu identifié les empruntes.

- Et ici il y a même les traces d’un troll ! renchérit Tarek.

- C’est quoi un Troll ? demanda Belfalas.

- Je ne sais pas si c’est de l’innocence ou de la bêtise. Enfin, cela ne m’étonne pas vraiment de la part d’une humaine ! répondit une voix douce, mélodieuse et inconnue.

A ces mots, tous se retournèrent.

Sur le talus bordant la route, se tenait une elfe. De taille moyenne, le teint halé par le soleil, de longs cheveux blonds dorés comme les blés à maturation, encadrés par deux oreilles pointues, des formes généreuses engoncées dans une tunique de cuir dans les tons bruns verts, et surtout un arc avec deux flèches pointées dans leur direction dans les mains, la jeune femme semblait plus belle et dangereuse que n’importe quel bandit de grand chemin.


- Arf, une elfe ! je préfère encore les loups ! cracha Torn.

- Si vous le désirez maître nain, les deux flèches encochées dans mon arc peuvent vous percer les yeux d’un coup d’un seul, ainsi vous ne verrez plus cet odieux spectacle que je semble représenter pour vous.

- Je trouve ça plutôt joli moi… fit Tarek. Ce qui bien évidemment lui valu un regard noir de la part de Belfalas.

- Quant à vous humain, je puis tout aussi bien viser plus bas une autre partie de votre anatomie…

- bien parlé ! renchérit Belfalas un regard mauvais en direction de son compagnon.

L’elfe lui jeta un coup d’œil et dit :


- Vous devez être Belfalas de HautMont si je ne m’abuse ?

- Comment me connaissez-vous ?

- Vous n’avez pas les traits de votre père, mais votre manière de parler vous désigne d’emblée comme une noble. De plus, lorsque les soldats de HautMont patrouillent dans nos forêts, ils décrivent souvent une personne vous ressemblant…

Belfalas rougit jusqu’aux oreilles et baissa les yeux, faisant mine de s’intéresser aux bouts de ses bottes.

- Qu’est-ce qui vous amène si loin de votre forêt jeune elfe ? l’interrogea Tarek.

- Sachez avant toute chose que j’ai 329 ans JEUNE homme, et ensuite que je cherche vengeance. Celui qui mène cette horde monstrueuse a massacré mon clan. Il est hors de question de laisser ce crime impuni. Cela fais quelques lieues que je vous suis, puis-je me joindre à vous ? demanda-t-elle subitement en baissant son arme et en faisant un timide sourire.

- OUI ! fit Tarek.

- NON ! fit Torn.

- Pffff ! fit Belfalas.

Après une brève discussion légèrement houleuse, les trois amis tombèrent d’accord pour accepter l’elfe et ses talents au sein de leur groupe. Leur mission commençait à s’avérer plus périlleuse qu’ils ne l’avaient cru de prime abord et un peu d’aide pourrait leur être très précieuse…


- Quel est votre nom belle demoiselle ? demanda Tarek un sourire sur les lèvres.

- Vous pouvez m’appeler Arinyä Valinâ.

- Ce qui signifie ?

- Matin joyeux. Hélas je crains qu’il n’y en ai plus jamais pour moi depuis le massacre des miens…

Alors que la nuit commençait à tomber, les quatre compagnons choisirent de bivouaquer dans une ferme abandonnée, récemment pillée. Ils s’installèrent dans la masure et prirent le risque d’allumer un feu dans l’âtre. Après un frugal repas, Torn prit le premier tour de garde tandis que le reste de la compagnie s’endormait ou rêvait paisiblement, ignorant les combats qu’ils devraient mener dans les jours à venir.

La nuit était douce et plus aucun nuage ne venait entacher la pureté immaculée de la voûte céleste. Le croissant de lune brillait de mille feux, auréolé par l’éclat de la myriade d’étoiles qui parsemaient le ciel.

L’elfe dont c’était le tour de garde contemplait ce magnifique tableau, quelques larmes d’argent perlant à ses yeux.

Tarek n’arrivait pas à trouver le sommeil lui non plus. Il se leva et rejoignit silencieusement la jeune femme. Il s’assit auprès d’elle sans un bruit, et contempla le ciel en sa compagnie.

Arinyä tourna la tête et le regarda un instant, puis se replongea dans sa contemplation.

Après que de longues minutes se soient écoulées, elle lui dit enfin :


- J’ai échappé de justesse au massacre de mon peuple. J’ai pris la fuite. Je les ai abandonné.

- Vous voulez m’en dire plus ? L’encouragea le jeune homme.

- Cet ennemi, ce n’est pas un monstre comme on en a l’habitude. C’est un humain, ou un orque ; cela dépend des fois. Il commande aux gobelins et à d’autres monstres comme par magie. Tous lui obéissent au doigt et à l’œil alors qu’ils se déchireraient en temps normal. Et lui… Il est indestructible. Aucune de mes flèches n’a réussit à le transpercer alors que je suis certaine d’avoir fait mouche à chaque fois.

- Nous trouverons bien une faille, il y en a toujours une…

- Il a tué ma famille ! puis, son courage n’ayant plus la force d’endiguer son chagrin, un flot de larmes commença à inonder son beau visage. Instinctivement, Tarek entoura les frêles épaules de son bras, et l’elfe enfouit sa tête dans le creux du cou de l’aventurier, soudainement mal à l’aise.

Un bruit.

Se relevant tous deux, les sens aux aguets, l’elfe et l’humain gagnèrent ensembles l’abris d’un abreuvoir et attendirent que se présente l’auteur du bruit qu’ils venaient de surprendre.

Un gobelin arriva, puis un autre suivi d’un troisième. Les trois créatures s’immobilisèrent au centre de la cour, semblant discuter sur ce qu’ils devaient faire maintenant. Tarek ne comprenait pas leur langage, Arinyä si. Elle lui traduisit doucement ce qu’elle entendait :


- Ils ont senti la fumée de notre feu… ils pensent qu’un fermier a survécut à leur précédent passage… il y en a deux qui veulent attaquer, et un qui est pour aller prévenir le maître… Harad’Urk… Les deux ayant la majorité, ils vont attaquer. C’est la bicoque où Belfalas et Torn dorment.

- Enfin un peu d’action. souffla Tarek en dégainant doucement son épée.

- A trois : un, deux, …

- Yaaaaaahhhhhh ! Tarek se releva prestement et s’élança vers les trois gobelins, visiblement surpris. Le premier n’eut pas le temps de parer l’assaut de l’humain et sa tête roula dans la poussière, une expression de surprise figée sur sa face porcine. Le deuxième gobelin profita du déséquilibre qu’avait provoqué la décapitation pour attaquer Tarek. Il balança sa petite masse d’arme vers les genoux de son adversaire, mais ne termina jamais son mouvement, une flèche s’étant profondément enfoncée dans son crâne. Il s’écroula lentement, plus mort que mort. Le troisième gobelin avait immédiatement tourné les talons et s’était enfui derrière la maison. Tarek parti à sa poursuite et disparu à l’angle de la masure. Alors qu’Arinyä soupirait, maudissant le jeune homme pour son impatience, le petit monstre avait contourné le bâtiment et s’avançait maintenant silencieusement dans le dos de l’elfe, son épée courte prête à frapper.

Le cri de Tarek avait réveillé Belfalas. Elle regarda un instant Torn qui ronflait comme un sonneur, et sourit en constatant qu’à chaque expiration, la barbe du nain se soulevait légèrement. Elle se demanda aussi pourquoi Tarek criait alors que c’était le tour de garde de l’elfe. Puis elle comprit qu’ils étaient ensemble et en éprouva une vive jalousie. En entendant les bruits de la bataille, elle empoigna sa dague et sortit. Elle se trouva nez à nez avec la décidément trop jolie petite elfe, et d’instinct lança sa dague. La lame frôla la figure d’Arinyä et se planta dans la main levée du gobelin qui couina de douleur et lâcha son épée. L’elfe se retourna vivement, et planta l’une de ses flèches dans l’œil du monstre, le transperçant jusqu’au cerveau. La créature expira dans la seconde.

Tarek arriva immédiatement, et constata avec dépit que le gobelin était déjà mort.


- Trop tard… fit-il en s’excusant presque.

Arinyä lui répondit :


- c’est normal, vous n’êtes qu’un mâle… puis elle esquissa un sourire, se retourna et salua Belfalas d’un petit signe de tête. Cette dernière ne lui rendit pas son salut et, l’œil noir regagna sa couche.

- C’est Torn qui va râler demain en voyant qu’il a raté les gobelins… fit Tarek.
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12- Espionnage et embuscade

Bien évidemment, Torn ne se contenta pas de râler, mais il pesta, cracha, jura et menaça aussi ! Puis, lorsque les quatre compagnons reprirent la route de l’Est, à pied en abandonnant son chariot devenu trop visible, il bougonna encore plus fort, et ce pendant de très très très nombreuses lieues.

La route grimpait en serpentant entre un bois de pins et l’extrémité du lac Wyverne. Il leur fallait gravir la pente, et virage après virage longer un précipice de plus en plus haut. Tout en bas se distinguait la pointe du lac qui rejoignait l’Immer, la rivière paresseuse qui l’alimentait. Lorsqu’ils atteignirent le sommet, la végétation s’était faite de plus en plus rare, mais ils pouvaient maintenant observer toute la région, et ce dans n’importe quelle direction. Cette colline où s’était tenu quelques jours auparavant le vieux Lasper dominait toute la vallée, et presque tout l’Est du Cormyr, exception faite de Château-Roc au Nord et des Pics du Tonnerre à l’Est.

La descente s’avéra plus pénible que la montée, et le nain qui fermait la marche redoubla de mauvaise humeur. Devant lui, Belfalas semblait également broyer du noir. La mine sombre, elle observait Arinyä et Tarek qui devisaient ensembles à bonne distance. Bien qu’éloignée, la jeune humaine n’avait aucun mal à comprendre que des sentiments plus forts qu’une simple amitié étaient en train de naîtrent entre ces deux-là. Comment était-ce possible en l’espace d’une seule nuit ? Serrant plus fort la garde de son épée, elle s’abîma dans la contemplation du paysage pour essayer d’endiguer ce flot de jalousie qui l’avait si subitement étreinte. Tarek aurait dû être à elle ! comment pouvait-il la reléguer au second plan si rapidement ?

Arrivés dans la pleine, les jeunes aventuriers commencèrent à s’écarter du chemin, devenu trop risqué. Guidés par l’elfe, ils arpentaient maintenant des sous-bois constitués de petits chênes rabougris et de sapins de petites tailles, et courraient souvent, pliés en deux, sur de longues étendues de garrigue odorante avant de regagner l’abris relatif des arbres.

Les discussions avaient laissé place à de longues périodes de silence, et lorsqu’il fallait parler, les signes et les murmures avaient remplacé la parole. A deux reprises déjà, ils avaient croisé la route d’une patrouille de gobelins mélangée à des orques, et avaient failli être repéré par un troll des marais !


- On ne trouve pas de troll des marais à l’orée de la forêt de Hallack, ils y en a dans le grand marécage au Sud entre Wheloune et Daenlune, mais pas ici !
murmura Arinyä à ses compagnons.

- Oui, on dirait bien que ce Harad’Urk attire à lui tous les monstres malfaisants qui rôdent à des lieues à la ronde. J’espère que le tuer suffira à mettre fin à cette étrange coalition. renchérit Tarek.

Ils parcoururent encore quelques lieues, et à la tombée de la nuit arrivèrent à l’orée de la forêt. Les arbres, plus grands et plus touffus rendaient l’atmosphère lourde et oppressante, quant aux sous-bois, ils étaient sombres et inquiétants. Seule Arinyä semblait à l’aise dans cet environnement hostile. Après une bonne heure de marche, alors que l’obscurité rendait toute progression hasardeuse, une vive lueur éclaira les bois à une lieue devant eux. Les quatre aventuriers s’avancèrent prudemment et silencieusement vers ce qui semblait être une vaste clairière récemment déboisée, qui était hélas occupée par une petite armée de près de 200 monstres. Gobelins, Orques, Gnolls, Ogres, Trolls, Kobolds et Loups occupaient l’espace dans une organisation si cohérente qu’elle faisait indéniablement penser à une armée en campagne. Cela aussi n’avait pas de sens. Le chef de cette horde, cet Harad’Urk devait posséder une puissante magie pour unifier autant de monstres aussi hétéroclites que belliqueux.

Ils en étaient là de leur observation lorsqu’un puissant demi-orque vint se planter au milieu des troupes. Vêtu d’une armure des temps anciens et armé d’une épée à deux mains qu’il maniait avec aisance, Harad’Urk était suivi d’un humain, habillé d’une étrange robe de mage noire et bleue, et qui semblait inspirer la crainte de tous.


- Ce visage me rappelle vaguement quelqu’un, mais qui ? murmura Tarek pour lui-même alors que ses compagnons s’allongeaient à ses côtés dans les fougères pour observer l’ennemi.

Le monstre grimpa sur un chariot et domina ses guerriers du regard pendant un instant. Puis il parla. Torn, Belfalas, Arinyä et Tarek étaient trop loin pour entendre ce qu’il disait, mais à chaque fin de phrase, le semblant de soldats qui constituait son armée levait les bras au ciel et hurlait si fort que le sol en tremblait. Lorsqu’il eut terminé son discours, Harad’Urk descendit de son « parloir » et écouta le sorcier qui lui murmura quelque chose à l’oreille. Lorsqu’il se retourna et regarda fixement la position où se tenaient les quatre compagnons, ceux-ci surent qu’ils avaient été découverts.

Immédiatement, une horde de monstres se précipitèrent dans leur direction sur l’ordre d’Harad. Le martèlement de centaines de pieds et pattes imita le bruit du tonnerre tout en se rapprochant d’eux ; Tarek prit Arinyä par la main et se retourna pour courir, mais la dague que Belfalas pointait sur la gorge de Torn le stoppa net. L’humaine s’était levée, bien visible aux yeux du sorcier, et menaçait le nain avec suffisamment de conviction pour interdire à ce dernier le moindre mouvement. Le pauvre était rouge d’une colère contenue mais inutile…


- Belfalas ! mais par le diable que fais-tu ?

- Mon père me tient prisonnière à longueur d’année, et toi tu m’ignores et me méprises, alors je prends ma liberté par les armes !

- Ta liberté ? du côté de ces monstres ? Tu es folle !

- Tu ne sauras jamais à quel point !

La réplique de Tarek fut perdu dans le brouhaha de la bagarre qui s’ensuivie. Il fut séparé d’Arinyä et de Torn, et fut rapidement assommé par une gigantesque main d’ogre qui s’abatis sur son crâne.
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13- Trahison et mise en garde

Ce furent les picotements qui embrasaient ses doigts engourdis qui le réveillèrent. Il était attaché, les bras en croix sur deux poteaux croisés, plantés dans le sol et liés ensembles. Sur sa droite, Torn, baillonné, était attaché comme un cochon de lait prêt à être rôti. La branche sur laquelle il était ficelé reposait sur deux autres morceaux de bois qui se terminaient par des fourches, et du petit bois avait déjà été disposé sous le nain, rouge de fureur. Sur sa gauche, Tarek aperçut Arinyä, les mains liées au-dessus de sa tête, pendue à la branche d’un orme. Ses pieds ne touchaient pas le sol et elle semblait encore évanouie. Les Elfes étant une race honnit des monstres, elle avait certainement reçut de nombreux coups…

L’humain était tout étonné qu’ils soient encore vivants. C’est en s’interrogeant sur la disparition de Belfalas qu’il se remémora la scène où elle les avait trahis. Alors qu’il songeait avec amertume au funeste sort qui les attendait à cause d’elle, la belle sortit de la tente d’Harad’Urk avec le sorcier à ses côtés. Ce dernier la couvait des yeux avec un étrange sourire. Puis il avisa Arinyä et dit quelques mots à l’oreille de Belfalas qui approuva visiblement satisfaite de ce qu’elle venait d’entendre.

Melkon Ilhaxar se dirigea vers l’elfe tandis que Belfalas s’approchait de Tarek de sa démarche féline et provocante, un sourire mauvais sur les lèvres. Alors que Tarek lui jetait un regard dédaigneux puis détournait les yeux pour ne plus la voir, Belfalas lui pris le menton entre deux doigts et le força à la regarder. Cette même lueur de folie qu’il avait surpris tout à l’heure dans les bois dansait encore au fond de ses pupilles. Le bleu de ses yeux s’était fait acier. La douceur de ses joues s’était effacée pour laisser le carré de ses mâchoires prendre le dessus. Malgré la dureté de son visage, l’humaine était toujours aussi agréable à regarder. Belle mais dangereuse, terriblement dangereuse songea Tarek en plongeant son regard dans celui de Belfalas.


- Pourquoi ?

- Pourquoi pas ?

- Ce n’est pas seulement moi ou Torn et Arinyä que tu trahis, mais c’est également ton père, ses hommes, les paysans de la vallée, leurs femmes et leurs enfants, t’en rends-tu comptes ?

- Mon père ? Et moi, qui se préoccupe de moi dans tout ça ? Jamais personne n’a eu la moindre attention pour moi.

- Tu es la fille du seigneur de HautMont, tu as plus de devoirs que de droit Belfalas !

- Je n’ai jamais été sa fille ! j’étais son esclave, sa prisonnière ! Maintenant avec Harad et Melkon, je suis libre. Libre tu entends ?

- Libre et malfaisante !

Elle le gifla. Un petit filet de sang commença à poindre de la commissure de ses lèvres. Il cracha à terre.

- Ce geste me conforte dans mon opinion.

- Comme il te plaira Tarek. Sache seulement que bientôt tu entendras les cris de Torn lorsqu’ils le feront brûler comme le pourceau qu’il est, et ceux de ton elfe chérie, lorsque Melkon lui déchirera le corps avec ses sortilèges. Puis ce sera ton tour. Et là, c’est moi qui m’occuperais de toi.

- Fais de moi ce qu’il te plaira femme, mais laisse mes amis en dehors de ça.

- Bien sur que je ferais de toi ce que je voudrais, mais ne crois pas que je vais faire épargner Arinyä. Tu m’as trahi Tarek. Je croyais qu’il y avait quelque chose entre nous depuis l’autre nuit. Mais non, monsieur a voulu jouer les jolis cœur avec une elfe. Qu’il en soit ainsi. Il y a là-bas dans cette tente un vrai mâle prêt à faire de moi une reine.

- C’est un orque et un assassin ! Et toi tu ne seras jamais une reine, juste une catin vulgaire et pleine de fiel !

Belfalas se détourna de Tarek, et rejoignit la tente du demi-orque qui patientait devant, les bras croisés, un rictus de haine planté sur sa face à moitié humaine.
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14- Suplices

- Tu en as mis du temps ! grogna Harad’Urk en enlaçant Belfalas, visiblement consentante.

- Il fallait que je lui parle. Mais ne t’inquiètes pas mon beau et grand guerrier, comme je te l’ai promis, je suis toute à toi.

- Tu feras ce que je te demande sans rechigner ? Demanda l’orque, une lueur lubrique dansant au fond de ses yeux porcins. - Et sans crier ?

- Sans rechigner, c’est promis. Sans crier, je n’en sais trop rien, tu m’as l’air si… puissant ! fit-elle en caressant l’entrejambe du monstre qui esquissa un sourire de fierté.

L’enlaçant de ses bras musculeux avec l’avidité d’un dragon protégeant son trésor, Harad mena Belfalas au fond de sa tente et la coucha sur un monceau de coussins. N’étant pas d’un naturel patient, le demi-orque lui arracha sa tunique et ses dessous, dévoilant ses petits seins fermes et doux, son ventre plat et musclé, son pubis à la fine toison soyeuse puis ses longues jambes au galbe parfait. La belle, ainsi nue, frémit en voyant le monstre ôter ses habits à son tour. Harad n’avait plus rien d’un adolescent chétif. Sa moitié d’homme, confondue avec sa moitié d’orque étaient dorénavant puissamment bâties. Ses muscles luisaient de sueur et semblaient jouer sous sa peau couleur d’olive. Son visage, parfois doux et humain, parfois dur et coléreux était illuminé par une joie sauvage. S’accoupler sauvagement avec une humaine consentante était une première pour lui. Il s’allongea sur elle sans la moindre délicatesse, et elle l’accueillie avec un cri de joie et de stupéfaction…

Dehors, le spectacle était tout autre. La horde de gobelins avait formé un large cercle autour de Torn, et des brindilles commençaient à brûler sous l’infortuné nain qui gigotait comme un sauvage, empalé qu’il était sur sa branche. Bientôt de plus grandes flammes commenceraient à lui lécher le ventre et la barbe, puis il rôtirait comme un vulgaire sanglier avant d’être dévorer par les petits monstres impatients qui salivaient déjà sur leur futur repas au nain.

Plus loin, Melkon allait entreprendre les essais de différents sortilèges sur Arinyä sous les cris d’approbation d’une vingtaine d’orques tous frétillants à l’idée de faire souffrir une elfe. Une fois sa concentration terminée, le sorcier admira un instant la beauté de l’elfe. Il ne pouvait s’empêcher de s’extasier sur les formes parfaites de la jeune femme. Mais tout humain qu’il était, il n’en restait pas moins dévoué au mal, et, par un mot de pouvoir, il fit apparaître dans sa main droite un petit projectile magique.

Lorsque les premiers sortilèges touchèrent l’elfe, suivis par ses premiers gémissements, Tarek hurla tant qu’il pu et maudit Melkon avec tant de force et de conviction que le sorcier vint lui lancer un petit éclair à son tour histoire de le faire taire.

Dans la tente, les gémissements étaient d’une toute autre nature. Harad chevauchait maintenant Belfalas, allongée sur le ventre, le corps en sueur et les cheveux en bataille. La frénésie du monstre était telle que la jeune femme, écrasée sous son poids ne pouvait que subir. Les mâchoires serrées, les yeux embués de larmes, elle endurait son supplice avec un mélange de plaisir et d’amertume.

La rage du nain avait maintenant atteint un point critique. Jamais de toute son existence Torn n’avait était si humilié. Alors que les poils de sa barbe commençaient à roussir et qu’il suait plus qu’il ne s’en serait cru capable, ses liens, à force de mouvements finirent par céder. D’un mouvement de hanche, il se propulsa sur le côté du feu, évitant ainsi de tomber au milieu des flammes. Se rétablissant d’un bond, il évita la charge d’un premier gobelin inquiet pour son repas, et au passage du petit monstre, s’empara de son épée courte et d’un mouvement tournant lui trancha la tête. Alors que la horde de ses congénères se précipitait sur lui, Fume Torniole entra en action. Poussant un cri de guerre assourdissant, le nain bondit dans la masse grouillante d’ennemis et frappa si fort et si vite qu’une large brèche se forma dans les rangs gobelins. Le nain fit demi-tour et vint affronter quelques orques qui s’interposaient entre lui et les poteaux où était attaché Tarek. Se baissant pour éviter un coup de hache, il coupa les pieds d’un adversaire, et esquiva un autre coup avant de fracasser un crâne supplémentaire. Etant maintenant à seulement un mètre de Tarek, Torn bondit sur la poitrine d’un dernier ennemi, l’étourdissant pour le coup, et coupa les liens de son ami d’un coup d’épée bien placé, faisant choir l’humain qui se releva prestement pour plaquer au sol un orque armé d’une massue à pointe qui venait en renfort. Ecrasant la trachée du monstre, Tarek s’empara de la massue et la projeta vers Melkon, toujours appliqué à lancer des petites boules de feu sur Arinyä, vraisemblablement inerte et évanouie. L’arme vint frapper la main du sorcier de plein fouet, lui brisant plusieurs phalanges. Poussant un cri de rage, Melkon se retourna et parti en courant vers sa tente en tenant sa main ensanglantée et en poussant quelques glapissements. Pendant que Torn, dans une transe proche de celle d’un berseker faisait des ravages dans les rangs ennemis, Tarek vola au secours de l’elfe, la détacha et la positionna sur son dos, puis, s’emparant d’une épée qui dépassait d’un chariot rempli d’armes et de diverses prises de guerre, il s’enfonça dans les bois en portant Arinyä. Torn s’empara d’une torche et la lança sur la tente la plus proche pour faire une diversion et couru à la poursuite de son ami aussi vite que le lui permettaient ses courtes jambes.
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