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Loengrin Ismelüng
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Les romans d'Eco...

Cruel dilemme, faut il ouvrir un autre fil ou continuer sur celui-ci si l'on veut parler de ce brave Umberto ?

La réponse est contenue dans la question puisque j'ai tapé celle-ci dans le début de ce nouveau fil même. J’ai donc décidé que tout cela méritait un nouveau fil, tout en continuant tout de même à m'interroger sur la possibilité que j’avais de continuer sur ce fil là .

Ca va être long comme poste, JoL me laisse du temps en fermant ses forums. Tant pis pour vous.

Pour ce premier poste de ce fil je ne parlerais que des romans d’Umberto, ce sera déjà bien assez long.

Commençons donc par la fin, j'adore commencer par la fin, c'est si délicieusement antinomique et à la limite stylistique de l'oxymore, on pourrai presque en faire un paradoxe, et en plus ça me permet de placer trois jolis mots gratuitement.

La fin donc, son dernier roman… du moins la fin pour l’instant, j’espère bien que ce ne sera pas réellement le dernier et que dans quelques temps ce ne sera plus le dernier mais le pénultième, voir encore un peu plus tard l’antépénultième, comme cela je n’aurai pas placer deux autres jolis mots pour rien.

Baudolino… Que dire de ce magnifique roman… mais… mais… je viens déjà de le dire non ? Ce roman est magnifique… mais bon, il est certainement plus que cela je pense… voyons voir au dos du livre la première phrase du résumé que j’en ai :
« Charmeur, coquin, roublard et fieffé menteur, Baudolino grandit dans la campagne du bas Piémont pendant que l’empereur Frédéric Barberousse y guerroie, quelque part entre Milan et Pavie. […]»
Hum… un peu long, contentons nous des premiers mots alors :
« Charmeur, coquin, roublard et fieffé menteur […] »
Ah et bien parfait… Acta est fabula, tout est dit, en plus grâce à ce résumé j’ai même pu placer une jolie phrase latine…
Car oui, pour moi, ce roman est bien simplement tout cela.
Un roman « charmeur, coquin, roublard et fieffé menteur » ? Voilà qui est étrange me direz-vous.
Et c’est vrai, elle est vraiment très étrange cette manière que Baudolino a de nous promener d’un bout a l’autre des pages qui le compose, comme on se laisse emporter par la verve de son héros et comme on s’immerge si facilement dans son histoire quasi-fantastique. Il y a la quelque chose de presque magique, de merveilleux comme est merveilleuse la vie de Baudolino, et, du coup, on finirait presque par le croire et on commence à s’interroger.
Mais je vais arrêter la, de peur de révéler trop de chose sur un roman qu’il faut lire et non se faire raconter.
Disons simplement que ce roman devrait satisfaire pas mal de monde, les plus fervents adorateurs de ce cher Umberto, dont je suis, comme ceux qui trouvent que ses romans sont trop élitiste. C’est un « vrai » roman cette fois, quelque chose de léger et qui surprend beaucoup. Cette fois la trame du roman n’est pas une excuse pour faire part au plus grand nombre de ses idées sur la sémiotique, ni une pseudo autobiographie déguisée, c’est un roman, peut-être même un roman philosophique par certains côté, enfin moi je vois des romans philosophique partout, donc je ne suis pas une référence la dessus…

Ensuite vient, puisque j’ai décidé d’aller dans l’ordre « déchronologique » (oui c’est bien un mot que j’ai inventé, je le trouve joli pas vous ?), L’île du jour d’avant.
Comme beaucoup je l’ai trouvé assez lourd, il faut dire que l’étrange parti pris voulu par Umberto de s’en tenir au vocabulaire existant à cet époque (le XVIIIème) et d’utiliser le sens qu’on prêtait aux mots composant ce vocabulaire à cet époque, sans parler d’une magnifique recherche dans l’originalité stylistique rend les « amateurs » de romans rétifs à sa lecture et le condamne à ne trouver qu’un lectorat de « spécialiste » du style et de l’ancien françois.
J’ai étudié les deux matières et je trouve quand même qu’il en fait trop. Et c’est bien dommage, comme toujours chez lui, de mon point de vue, la trame de fond est intéressante.

En remontant encore le cours du temps nous arrivons à ce qui fut le point de départ initial de ce fil. Le roman qui à fait tant couler de pixels sur le poste mis en lien au début de ce poste : Le pendule de Foucault.
Un roman si dense que les idées qu’il contient en serait presque solide, ce qui a, hélas, pour fâcheuse conséquence, de le rendre parfois difficile à intégrer, notre minuscule cerveau étant habitué à une nourriture bien plus liquide. En effet, il est si rempli d’érudition qu’il en devient parfois difficilement supportable tant on a tendance à se dire qu’on passe à coté d’une multitudes de « clins d’œil » fait par l’auteur à cause de notre manque de culture.
Et dire que tout cela n’est que la trame de fond et que toute cette prose si érudite n’est qu’un moyen pour parler d’un sujet qui n’intéresse qu’un publique restreint : la sémiotique.
L ‘idée du roman, la grande question qu’il pose est, en fait : « Peut-on arriver à la Vérité en partant de prémisses que l’on sait fausses ? »
Mais au niveau du roman il reste vraiment intéressant, cela peut-être une manière divertissante d’en apprendre un minimum sur les « sociétés secrètes et de leur évolution au cours des siècles avec la renaissance du syncrétisme ponctuel » (dixit Urobore-Melest)
Enfin je ne vais pas me fatiguer pour expliquer le vrai fond du livre puisque Cæpolla l’a fait avant moi. Je vais donc me contenter, en rusé feignant que je suis, de reprendre ce qu’elle à dit, j’aurais bien poussé le vice jusqu’à dire que c’était de moi mais bon, de une c’est trop tard j’ai déjà dit que c’était d’elle, et de deux elle n’aurait sans doute pas été très contente.
Voici donc ce qu’elle à déjà dit : « Le coeur du roman c'est le bout de texte mystérieux auquel il manque des éléments et qui doit être interprété. Avant d'être romancier, Eco est sémiologue, et un de ses centres d'intérêts est le rôle créatif de l'interprète et du lecteur. Et la plupart de ses romans reprennent de manière récréative le thème d'ouvrages plus sérieux (pour le Pendule : Lector in fabula, Interprétation et surinterprétation, Les limites de l'interprétation, L'oeuvre ouverte). Et sur ce texte à trous, deux interprétations sont échafaudées : l'une méthodique et rigoureuse par la femme d'un des personnages principaux suivant les principes de la raison méthodique, l'autre plus farfelue qui voit un complot Templier à travers les âges et échafaudée suivant les principes de l'association symbolique qu'Eco pense trouver à la base de la plupart des ésotérismes. »
Voilà, je suis sur que je n’aurais su mieux faire, d’ailleurs rien que le fait de ne pas avoir à le faire moins bien est une consolation. Merci donc Cæpolla.

Nous en arrivons donc au dernier roman, qui tout comme dans la bible est en fait le premier écrit par Umberto, et qui, certainement grâce au film qui à été fait dessus, est aussi le plus connu : Le nom de la rose.
Etrange roman, dons la trame de fond à elle seule vaut le coup de se fatiguer à le lire. J’ai bien dit étrange car ce livre fait presque l’unanimité alors qu’il n’est pas si facile à lire que cela, le latin et l’ancien français étant très présent aussi dans cet ouvrage.
La encore, tout comme pour Le pendule de Foucault, la trame n’est qu’un prétexte pour parler de sémiologie. Mais l’histoire n’en reste pas moins haletante, c’est un suspens terriblement réussi de bout en bout, à lire absolument pour tomber amoureux d’Eco.

Voilà, c’est tout pour l’instant…
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Vinyle
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Je vais juste parler de Baudolino et le Pendule de Foucault:

- Baudolino: Contrairement à toi je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Eco n'a jamais été connu pour son style d'écriture très attachant, son style est pratique, souvent concis, en tout cas jamais très très bien écris. Ses phrases sont compréhensibles, sans avoir cette petite touche qui différencie les auteurs ayant un talent "d'écriture" et ceux comme Eco ayant juste des idées (et une culture hallucinante). J'en prend pour preuve son livre "comment voyager avec un saumon" qui bien qu'assez comique est loin des références du genre. Mais autant ce style ne gène pas dans le pendule de Foucault qui fourmille d'information accrochant le lecteur, ou dans son essai sur la langue parfaite qui par définition reste très académique, autant je trouve que dans Baudolino, qui sommes toute est très vide comparé à ses oeuvres habituelles, c'est un réel handicap à la lecture.
Comme tu l'as si bien dit Baudolino est une sorte de "délire", d'histoire inventée (très différente de celle du pendule de Foucault), qui aurait nécessité pour un lecteur tel que moi un style retravaillé beaucoup plus accrocheur pour réellement m'intéresser et me captiver au fil des pages.

-Le Pendule de Foucault: Celui-ci est un vrai plaisir, il fourmillent d'informations toutes plus diverses les unes que les autres et pourtant s'emboîtant parfaitement dans une trame confuse mais concise. Je trouve que c'est dans cet ouvrage (mais je n'ai pas lu tout Eco) que Eco nous montre l'étendue de son talent de créateur/compositeur d'histoires basées sur une culture phénoménale. Comme je l'ai dit il ne faut pas attendre le style (bien que n'oublions pas qu'il s'agit d'oeuvres traduites, qui perdent souvent beaucoup à la traduction), mais ce livre est absolument captivant.
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Drechuin
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Pour parler des quelques oeuvres d'Eoc que j'ai eu la joie de lire

Lector In Fabula : Gniiii !! ( note pour plus tard : penser a me faire une culture en semiotique avant de rouvrir ce bouquin)

Comment voyager avec un saumon : un recueil de petits textes ( quelques pages) a vocation humoristique. Tres inegal, mais y a des passages tres bon. Neanmoins dans le meme genre, je lui prefere l'ouvrage suivant

Pastiches et postiches : Encore un recueil de petits textes, plus variés que 'Comment voyager....'. On trouve un peu de tout, de la critique litteraire d'un billet de banque a l'interview d'un ange rebelle (ce qui m'a evoqué une foultitude d'idées pour Magna Veritas ^^)
Comme toujours, c'est du Eco, un style erudit, qui en fait parfois un peu trop, mais dans l'ensemble tres amusant

L'ile du jour d'avant : Son troisieme roman.
Je n'ai pas du tout accroché, il est a mon gout nettement un cran en dessous du Pendule de Foucaut ou du Nom de la Rose...
Pour cause d'arret avant la fin (!!) je n'en ferais pas une critique complete

Le Pendule de Foucaut : Hummm... Il faut se forcer pour lire les 50-100 premieres pages pour reussir a vraiment rentrer dans l'histoire (La premiere page suffirait a faire fuir 90% de la population, les 10% restant etant principalement constitués de masochistes refoulés o_O)
Une fois dans l'actin, j'ai trouvé cela excellent, meme si ca possede des longueurs.

Le Nom de la Rose : A mon gout le meilleur des romans d'Eco. Un policier medieval, une ecriture cultivée et néanmoins comprehensible, une intrigue bien ficelée...
Je n'y vois pas vraiment de defaut
Et en plus y a le film a coté, qui est loin d'etre raté
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Greumlins
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Personnellement, j'ai beaucoup aimé le Pendule de Foucault, par contre, je n'ai tenu que 20 pages pour l'Île du Jour d'Avant ... Faut être intéressé un minimum par les thèmes abordés, et ne pas se laisser refouler par le style.

L'avantage d'Ecco à cette période, c'est que ça occupe facilement un été
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