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Darth Corwin
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Le snobisme de culture.

Suite à une discussion avec Vous-savez-qui (mais non, pas Voldemort, bande d'intoxiqués) et étant à la fois resté sur ma faim et avide d'avis diversifiés, je me décide à prendre le clavier pour vous faire part de mes oignons.

Qu'est-ce que le snobisme ?

Vaste sujet. Commençons simplement.
Larousse : admiration pour tout ce qui est en vogue, dans les milieux qui passent pour distingués.
Le snobisme, au sens populaire du terme, ce sont ces petits bourgeois, voire ces restes de nobliaus, qui se la pètent grave avec leur façon de parler, de se comporter, ou leur façon dédaigneuse de retourner une bouteille à mille euros à la cave grillagée de la Tour d'argent pour une odeur bouchonnée fictive.
On admet couramment que snober quelqu'un, c'est l'ignorer de manière assez méprisante dans une situation donnée.

Mais ce qui nous concerne tout particulièrement, c'est ce que je qualifierais de snobisme littéraire ou, partant, philosophique. Comprendre : assortir une conversation, une intervention ou un texte de références érudites en tous genres (j'aurais pu ajouter les sciences mais ce serait diverger quelque peu), abuser des "syntagmes", des figures de rhétoriques, des "vulgates" ; mentionner Kant au coin du feu, Leibniz, Héraklite ou Hegel.
Précédemment, nous avons eu droit déjà à un débat dirigé sur la légitimité à employer un langage plus que relevé sur la Taverne. Pour mémoire, on y trouvait tant les partisans d'une accessibilité méritée pour tous, et donc par là un langage commun, que les défenseurs de la belle langue qui ne rechignent pas à choisir le mot juste pour la situation idoine, faisant même montre de velléités éducatives. Si je rappelle les faits, c'est parce que les idées se rejoignent, peut-être.

La fin du moyen.

Pourquoi cette attitude ?

Ce qui est beau dans les dictionnaires, c'est de voir comment les définitions qu'ils renferment retrouvent parfois au moment le plus inattendu le sens plus populo qu'aura pu prendre un mot quelconque.
Au même titre que l'ésotérisme - dont je ne m'étendrai pas à définir les causes du besoin se généralisant de façon ou d'autre -, la philosophie est à la mode. Pour faire œuvre de citation, les cafés philo n'ont jamais été aussi remplis, les étudiants ou les penseurs sur le retour dépensant pleinement leurs forces à refaire le monde et l'avenir, à défaut du passé, autour d'une tasse ou, soyons fous, d'une petit chopine bien fraîche, dans ces synagogues de la pensée libérale - ou pas, d'ailleurs, il n'y a pas de raison. Tout le monde est philosophe de nos jours, de Raffarin à la concierge de l'Aldi (c'est ce qu'on appelle la philosophie de comptoir) en passant par les contributeurs de JOL.

La philosophie, ça peut être se poser "les grandes questions" (d'où venons-nous ? où allons-nous ? est-ce que j'ai éteint le percolateur en sortant ?), comme étudier les philosophes les plus illustres, comme encore s'appuyer sur la philosophie pour se construire un schéma de pensée, des règles de vie, une manière d'approcher des problèmes, un livre, la vie, ou enfin une saleté de carte qui vous coûte 240 points à Civilisation.

Dans le tas, il y a certainement de vrais passionnés. On en connaît. Ils aiment autant philosopher que décortiquer les méandres des conceptions tierces, pour la beauté de la chose comme pour leur enrichissement personnel, quel que soit le plan auquel il se situe.
Il y en a d'autres. Pour m'auto-citer (histoire qu'on j'apporte quand même au moins un petit quelque chose personnel à cette exposition), n'oublions pas la part qui ne poursuit d'autre plan que de pouvoir ici ou là briller en société par l'étalage d'un peu de confiture sur une tartine trop large, pouvoir placer opinément la référence correspondant à l'auteur cité (quand bien même elle n'aurait rien à voir avec le sujet premier, une référence placée est une référence rentabilisée).

Le snobisme, c'est mal ?

Oui, après tout, qu'est-ce que ça peut bien faire ?

D'aucuns diraient que le problème du snobisme philosophique ou littéraire dans une contribution (vocale ou écrite), c'est qu'il peut devenir hasardeux pour le lecteur de différencier la partie pertinente d'une référence de ce que le locuteur a pu effectivement intégrer de sa réflexion. En d'autres termes, il peut être fatigant de devoir faire la part des choses entre le fond correct d'un message, celui auquel on peut accorder du crédit et le seul qui mérite une réponse et une contre-réflexion, et le snobisme plus ou moins dissimulé qui n'a d'autre but que "de faire bien", de briller ou, au mieux, aucun but du tout.
Pis, le snobisme peut finir par devenir davantage une fin en soi que le contenu du message : la forme plutôt que le fond, l'emballage plutôt que le cadeau, la boîte plutôt que les chocolats, le Kinder plutôt que la surprise ( ), les mots plutôt que le sens.

Comme corollaire, est-ce que le fait de prétendre s'instruire des théories philosophiques ou des auteurs classiques dans le but de pouvoir suivre une conversation qui les référenceraient serait s'apparenter à du snobisme littéraire ou bien est-ce juste faire montre de curiosité ou du désir de ne pas se retrouver bêtement largué quand quelqu'un évoque quelque chose ?

Dénouement.

Bref, histoire d'y voir plus clair (pour vous si je suis obscur, pour moi puisque je veux des éclaircissements sur le sujet), mettons un peu de cire d'abeille pour recoller les morceaux de ce dédale épars.
Le snobisme littéraire, au vu et su des explications sus-mentionnées, un bien, un mal ou une chose insignifiante ? Les références littéraires à outrance, snobisme ou utilité systématique ? Se cultiver avec les classiques littéraires et les grands auteurs philosophiques, snobisme ou volonté de compréhension désintéressée (sinon par la culture, précisément) ?

Que le lecteur ne se laisse pas aiguiller par ces quelques pistes, la parole lui appartient !
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Darkmore
Alpha & Oméga
 
Re: Le snobisme de culture.
Citation:
Provient du message de Corwin Elentári
Le snobisme littéraire, au vu et su des explications sus-mentionnées....
[ ] un bien
[ ] un mal
[X] une chose insignifiante

Les références littéraires à outrance...
[ ] snobisme
[X] utilité systématique

Se cultiver avec les classiques littéraires et les grands auteurs philosophiques...
[ ] snobisme
[X] volonté de compréhension désintéressée
Alaaaaa

Tu vas rire (si) mais justement ton post me rappel une pièce de Shakespeare : "Beaucoup de bruit pour rien"
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Avatar de Rhivin
Rhivin
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Le mot "snob" sonne mal à mes oreilles.
Je suppose que c'est pareil pour les autres.
Que ce soit pour son fric ou son savoir ou autre chose.
Le snobisme c'est l'arme des arrogants, sans elle, ce sont des abrutis!
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Perle Rose
Reine
 
Certaines paroles peuvent sonner bien différemment selon la personne qui les prononce. Selon la façon dont c'est dit .. Quelque chose pouvant paraître snob chez un autre peut ne pas le paraître chez une personne ..


Les références littéraires peuvent être "snobante", si utilisée à outrance, de manière " moijesaistout " .. Mais utilisée comme il le faut, au bon moment, sans aucune prétention .. non, il ne s'agit pas là de snobisme, il n'y a pas de mal à ça.

Se cultiver avec les classiques littéraires ? Si c'est juste pour pouvoir le ressortir dans la moindre petite discussion, à chaque sujet, à propos du chat de la concierge du voisin, oui c'est du snobisme. C'est de la volonté de montrer que l'on est "supérieur", et qu'on veut entretenir cette "supériorité"..
Mais si c'est pour sa culture, si ce n'est pas pour le ressortir à tout bout de champs, si c'est car on est intéressé par d'autres points de vue, alors où est le mal ?



Tout dépends des personnes, tout dépend du pourquoi ..

Loune .
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Avatar de Pelern / Velior
Pelern / Velior
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Avis personnel,qui implique justement de faire l'effort de trouver en soi et en son expérience "vécue" une réponse sincère,et non faussée par une réflexion étranglerai à soi,je dirais que le problème du snobisme est de ne pouvoir (ou vouloir) faire fi de ce que peuvent penser les autres,reconnus (par leurs réflexions,recherches,résultats souvent légitimes de dure introspection).Ainsi il est souvent plus facile de citer et analyser plutôt que de vivre et analyser.J'aime à me savoir inculte par ma connaissance de la réflexion des "grands" et de donner mon avis,venant d'une réflexion et analyse du vécu,après interrogation personnelle .Même si je me trompe,et oh combien souvent est-ce le cas,je me lance,poursuit mon idée,jusqu'à être suivi ou me ramasser face à mon erreur,en remerciant l'auteur de l'abject procès envers mon intelligence (oui comme tout être humain j'ai une fierté,mal placée ou non) et assimilant le tout pour évoluer.
Bref,il est bon de connaitre ce que pense l'autre,mais encore meilleur de connaitre ce que l'on pense soi.
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Ulgrim
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Dans un sujet récent sur l'économie, un professeur de l'université de la Sorbonne rappelait que la première richesse d'une Nation, ce sont les Hommes qui la composent.

Dans le même sens, et dans la continuité de cette idée, la vraie richesse n'est pas celle de l'argent, ni celle du pouvoir, mais celle qui réside dans le cortex de tout à chacun.

Si je peux dire " merde " à quelqu'un de plus " riche " que moi, qui se croit supérieur, en lui citant du Rimbaud par exemple, je me sentirai bien plus supérieur à lui, que si je lui montrais la couleur de ma carte bancaire.

Comme me le disait mes parents, et pas mal de gens que j'ai eu l'occasion de croiser, la culture, les livres, le savoir ( peut-être le pouvoir ? ), est la dernière chose qui nous reste une fois à poil, sans le sous. Ca ne donne pas à manger, mais ça aide à mourir moins con.
La vraie richesse est celle que nous possédons dans nos cellules nerveuses.

Alors quoi ? Snobisme de la part de celui qui tente de s'intéresser ? De celui qui tente de faire bonne figure en société en plaçant quelques " bons mots ", comme l'on dit ? De la part de celui qui pauvre, dépasse de façon indiscutable le riche acculturé ? De la part des riches qui tentent de se donner une conscience en lisant les classiques et les philosophes ?
Si à la place de dire " merde ", l'on pouvait dire " Merde à Dieu ", alors le pouvoir se déplacerait d'une case. L'humanité ne s'en porterait pas plus mal.
Eduquez vous, éduquez nous, soyez " snobs ", plombez moi de citations que je ne connais pas, je n'irai pas pleurer, mais me réjouir de l'immense savoir qui me reste à assimiler.
Les snobs au sens premier du terme méprisent " celui qui ne sait pas , ou celui qui ne peut pas" . Certes, et sûrement ils ont tort. Mais charge à celui qui ne sait pas d'aller savoir. Et de revenir encore plus fort et ..... riche.
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FautVoir
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Je n'ai vraiment été exposé à du snobisme littéraire qu'à l'époque où je travaillais en librairie. Sur la quantité de clients, forcément, il est inévitable qu'une partie au moins rentre dans la catégorie trou-du-cul pédant (et ce sont évidemment ceux-là qui veulent à toute force lancer une discussion avec le libraire afin de lui montrer qu'ils sont bien à leur place en ce temple du signe imprimé). Globalement, et hors milieu professionnel, je trouve ça très rare, puisque ça demande au moins un peu d'érudition littéraire, ce qui se rencontre de moins en moins.

Sur JOL, comme sur la plupart des forums, le snobisme littéraire se manifeste tout au plus par l'emploi d'une poignée de phrases célèbres, toujours les mêmes, censées remplacer un discours qui s'il tentait d'être exposé révélerait vite ses limites. Cela peut être une citation devenue au fil des siècles proverbe inconséquent et presque bonhomme ("du pain et des jeux", c'est ce qu'ils veulent, les gens de maintenant, c'était mieux avant mais les parents sont trop laxistes). Ou une phrase de grand maudit, souvent mal recopiée, qui vient apporter sa caution en fin de post ou dans la signature et tenter de déstabiliser l'impudent qui oserait répliquer (grand succès de Nietzsche et son type qui à force de regarder l'abîme finit par tomber dedans, plouf). Bref, rien de bien méchant...

La forme de snobisme littéraire que je vois encore fréquemment autour de moi ressort plutôt de l'achat symbolique et saisonnier de certains livres (plus achetés que lus) qui permettent de se rassurer collectivement à peu de frais. On quête l'approbation du collègue ("Il est génial, hein ? Quel style !") ou l'on embringue le résistant qui prétendrait échapper à l'auto-célébration ("Oh il faut absolument que tu le lises ! Tu vas adorer !"). Car c'est bien une auto-célébration, et avec d'autant plus de ferveur que le chiffre après le BAC+ est élevé, le quasi-illettrisme bien réel devenant d'autant moins compatible avec l'image fantasmée de soi.

Chez les ados, le snobisme littéraire me semble rarissime. On pourrait en poussant le bouchon remarquer un snobisme culturel qui s'exprime à travers les innombrables sujets sur la nazitude de telle ou telle émission ou chanteur, et qui permettent à la fois d'affirmer son détachement des choses non artistiques (ce qui présuppose une culture parallèle, évidemment tue puisque virtuelle) tout en continuant à passer ses soirées devant la boîte à idiots. Mais je dévie, là, non ?
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Loengrin Ismelüng
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Très bien, pour éviter, pour une fois, de faire du "snobisme littéraire" (erf moi c'est ce genre d'expression qui me parait snob étrangement ) je vais faire quelque chose de "personnel"...

Je lis beaucoup, et de tout... ma bibliothèque est aussi remplies d'ouvrage de SF ou de fantastique que de bouquins de philo ou de littérature, voir de livres sur les religions... et il n'y a aucuns des livres qui sont dans ma bibliothèque que je n'ai pas lu au moins une fois (avec du mal pour certains, par exemple le Père Goriot vous ne me le ferez pas ouvrir deux fois, c'est et ce sera mon seul livre de Balzac, je déteste le style de cet auteur et si je n'avais pas du le lire en cours de seconde je ne l'aurais sans doute jamais acheté, les premières page suffisent généralement à savoir si "j'accroche ou pas" et pour un roman il faut être "accrocher" sinon je ne voit pas l'intérêt de le lire... citer Balzac je ne voit pas ou on pourrait le faire... )
Je ne voit pas en quoi le fait que j'aime lire Cioran, Kant, l'encyclopédie des religions, Zelazny, Tolkien, Eco, Kundera, Platon etc. ferait de moi un "snob"...

Ayant un DEUG de philo et de lettre moderne j'ai tendances, chaque fois que je fait un texte écrit, à reproduire l'aspect "scolaire" que j'ai connu dans mes études au niveau de la forme, comme de la méthode d'approche...
Il s'ensuit que j'utilise à outrance les "formules" que j'ai pu apprendre afin de rendre mes textes lisibles et plus agréable à lire...
Que ce soit l'utilisation des "En revanche", "Bien que", "Enfin" etc. ou le simple fait de revenir régulièrement à la ligne cela aide à la lisibilité et à la continuité du texte...
Et aussi que j'ai tendance à analyser les textes d'un point de vue philosophique afin de pouvoir répondre...

Mais utiliser des citations afin de "faire joli" je ne voit pas l'utilité, si elles sont mise au service d'une argumentation bancale elle n'aideront pas vraiment... c'est, bien sur, un procédé rhétorique comme un autre, mais il est risqué, il suffit d'une personne ayant accès au fond de connaissance pour que la démonstration appuyé par cette citation vole en éclat simplement en remettant la phrase dans son contexte ou en utilisant la réfutation de l'argument déjà faite par un autre philosophe "connu"...
Par exemple, imaginons que quelqu'un décide de démontrer l'existence de dieu en utilisant, pour se justifier, l'argument ontologique de Descartes (j'ai en moi l'Idée d'infini, hors l'infini n'existe pas dans le monde autour de nous, donc il faut que quelqu'un ai placé cette Idée en moi, ce quelqu'un ne peut être qu'infini pour pouvoir connaitre l'idée, le seul être infini est Dieu, puisque j'ai l'Idée d'infini c'est que l'infini existe, et donc Dieu existe et c'est de lui que me vient l'Idée d'infini, en gros voila l'argument ontologique), c'est un procédé rhétorique acceptable, mais il suffit de connaitre la réfutation faite par Kant (j'ai en moi l'Idée de Pégase, le Pegase n'existe pas pour autant, puis une longue démonstration assommante que je ne ressortirai pas là )pour que toute l'argumentation tombe...

En bref, le snobisme culturel ne vaut que si l'on ne tombe pas sur un vrai érudit... essayez de discuter comme ça avec quelqu'un comme Umberto Eco que je considère comme la personne la plus cultivé que j'ai jamais connu et vous verrez vite qu'autour d'individu comme lui, réellement rempli de connaissance, les "snob" font vite profil bas...

Mais surtout, une chose qu'il est absolument vitale de bien savoir, c'est qu'être plus cultivé qu'un autre ne nous rend absolument pas supérieur à cet autre, ni meilleur, cela donne juste la chance de pouvoir s'exprimer plus clairement...
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Labour d'humus
Bagnard
 
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Citation:
Provient du message de Ulgrim
Dans un sujet récent sur l'économie, un professeur de l'université de la Sorbonne rappelait que la première richesse d'une Nation, ce sont les Hommes qui la composent.
Ouais, c'est même une citation de Jean BODIN
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baai
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Avatar de baai
 
Re: Le snobisme de culture.
Merde, la tortue verte a piraté le compte de Corwin et j'avais pas vu.

Je vais être très concis pour le moment vu que ça fait 15 minutes que je me bats avec le forum "trop occupé" et que ça m'a légèrement épuisé :

Y a le mauvais snobisme.

Et y a le bon.

Le mauvais est identifiable à sa ringardise et au fait qu'il ne sert à rien, même malgré lui, il ne sert à rien. C'est le terreau des impostures.
Exemple type : l'intellectuel reconnu comme tel (avec bien sûr toute la notion de rébellion et d'underground que cela suppose), qui s'avère d'une culture bien pointue (et passe sa vie à le montrer parce que ça vie, c'est ça et seulement ça, ce que je ne critique pas), et qui, à l'occasion d'une pause café, va être capable de s'exalter pour vanter les mérites/encenser, au pif... Johnny H.
Ca ne gêne pas qu'en soi. Ca gêne parce que ce qui ressemble à du courage n'en est pas : le combat est gagné d'avance, le bagage, les références du discoureur lui permettant d'avance de parer à toute objection. De toute manière, impossible d'en placer une.

Le bon, forcément plus rare car mois archétypé, tient à une forme de fantaisie dont le dédain serait absent (mais c'est à l'interlocuteur de s'en convaincre, et les réflexes font que ça ne va pas toujours de soi). Ca ressemble à un petit grain de folie, en réalité c'est une forme d'audace. Ca marche un peu sur le principe "je vais le faire puisque je viens d'y penser - sous-entendu fallait y penser !" On peut aussi évoquer le dialogue des frères Marx :
"Il ya un trésor sous cette maison !
- Mais il n'y a pas de maison !
- On va en construire une."

Bien sûr, en acte ou en parole, il peut y avoir, il y a une forme de gratuité qui peut rigidifier. Mais pourquoi s'en rigidifier ? Et c'est là que je revois une partie du rappel sur le sujet à propos du vocabulaire sur jol : un mot peut semblé gratuit et l'être, que m'importe si je le découvre et qu'il me grandit ?

Pourquoi être snob ? Parce que comme disait Friederich-je-sais-plus-lécrire nietzsche-ça-je-sais, (oui FV, c'est une dédicace pour toi ), "il faut toujours défendre les forts contre les faibles."


Citation:
Provient du message de Corwin Elentári
ou leur façon dédaigneuse de retourner une bouteille à mille euros à la cave grillagée de la Tour d'argent pour une odeur bouchonnée fictive.
Hum. Je vois plutôt ça comme de la ringardise. Comme dis dans la chanson de Vian, les snobs boivent du coca avec une paille, même s'ils détestent ça

En vrai, je crois que le vrai snobisme tient quand même beaucoup d'un mélange volontaire (petite provocation) des genres : manger du camembert à la petite cuiller et la seconde d'après s'allonger dans un suaire de chez Dior, c'est à peu près ça.
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Re: Re: Le snobisme de culture.
Citation:
Provient du message de baai
Hum. Je vois plutôt ça comme de la ringardise. Comme dis dans la chanson de Vian, les snobs boivent du coca avec une paille, même s'ils détestent ça

En vrai, je crois que le vrai snobisme tient quand même beaucoup d'un mélange volontaire (petite provocation) des genres : manger du camembert à la petite cuiller et la seconde d'après s'allonger dans un suaire de chez Dior, c'est à peu près ça.
Personellement je trouve le "vrai" snob admirable d'une certaine manière...
Oscar Wilde est pour moi l'archétype même du "vrai" snob, et sa personnalité me fascine, je ne peux m'empêcher d'envier la manière d'être, de vivre de cet homme...

Bon, par contre, il faudra que je me munisse d'un dictionnaire des citations pour faire "bien" à l'avenir...
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Snobisme littéraire... Il y a pour moi dans la notion de snobisme un aspect de vanité, donc d'inutilité. Donc, lire des livres sans les comprendre (où se contenter de les acheter sans les lires), faire des citations qui n'apportent rien à la démonstration, bref "gâcher" des ressources littéraires par pure désir de se montrer sous un aspect favorable, c'est du snobisme, et saitrémal.

En ce qui concerne le vocabulaire, même chose : le snob emploiera un jargon infâme et pédant, généralement incorrect, plein "d'opportunité" sans même parler du célèbre "référentiel bondissant" et autres "compétences transversales". Le snob est souvent un cuistre.
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Euh, en attendant d'apporter une contribution plus pertinente -chose que je remets à demain, lorsque j'aurai les idées plus claires- je tenais à signaler que j'aimais bien Monsieur Dusnob, dans L'Ile aux Enfants.
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Grenouillebleue
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Le snobisme, comme toute expression de l'individu, est extrêmement subjectif.

Pour moi, le snob est quelqu'un qui feint d'aimer quelque chose parce qu'il estime que le fait de l'aimer renvoie une image positive de lui-même.

Les grands auteurs, la grande littérature, le vocabulaire riche, peuvent tous faire partie de ce type de démarche. Le snob considérera que la citation des auteurs classiques donne plus de poids à ses arguments, et que l'emploi d'un vocabulaire pédant lui permettra de s'attirer l'admiration de ses pairs.

On peut donc en déduire que le snobisme est une démarche volontaire. On n'est snob que si on fait l'effort de l'être.

Les gens qui parlent systématiquement avec un vocabulaire riche, et appellent instinctivement de grands auteurs à l'appui de leurs arguments, ne peuvent selon moi être qualifiés de snob. Leur comportement sur ce forum n'est que le prolongement de la culture dans laquelle ils ont baigné, et de leur personnalité dans la vie de tous les jours.

La personne qui, d'un autre côté, cherche à frapper l'imaginaire des lecteurs en employant un langage bien plus soutenu que ce qu'elle utilise d'habitude, et fait consciemment cette démarche dans le but de briller et de se faire admirer, celle-là est snob.

My 2€
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Citation:
Provient du message de Loengrin Ismelüng
avec du mal pour certains, par exemple le Père Goriot vous ne me le ferez pas ouvrir deux fois, c'est et ce sera mon seul livre de Balzac
Khronos & Loengrin 2 - Baai 1

Loengrin faut lire le lys dans la vallée c'est vachement mieux

Et bien je vous trouve bien indulgents envers le snobisme de culture, et j'y vois une illustration d'une sorte de mécanisme de protection d'un groupe cherchant à minimiser l'influence de son propre snobisme. D'aucuns diraient que je vois le mal partout et je ne pourrai pas leur en vouloir ^-^

Mais à propos de snobisme j'ai sinon une autre définition du moins d'autres éléments caractérisant ce trait. A la rigueur le plus sévère serait Aloisius, mais c'est sans compter la charge des crevettes de Brianos le procrastinateur (1/2 point snob pour l'emploi d'un mot inusité). Quant à ma position, elle est voutée sur un siège inconfortable et serait plus proche de celle de Loegrin, qui est avec Caepolla à peu près le seul à pouvoir ligaturer un thread à coup de Platon et d'étymologies sorties du Bailly (1 point snob pour private joke sur ce célèbre dictionnaire de grec) qui sert de repose poignet (en même temps vous verriez l'épaisseur du truc )

Compléments sur le snobisme

Le snobisme...tout d'abord il n'est pas que philosophique ou littéraire, le cinéma, la peinture, tout ce qui relève de la culture doit être inclus, parce que la culture concerne tout le monde ([Edit: ah ben tiens c'est justement le titre du fil ). On exclut donc du champ ceux qui ne connaissent pas la résistance calorifuge de l'axe B22 pour caravanes de PTAC de moins de 2 tonnes, parce qu'il n'y a guère que chez les adeptes du camping qu'un tel snobisme peut faire mouche. Je me concentrerai sur le snobisme littéraire parce qu'il me touche de près, mais on peut sans aucun doute étendre les principes aux autres domaines (je pense notamment au snobisme du cinéma pour avoir un peu fréquenté des personnes qui avaient maxé cette compétence )

Le snobisme est donc différent selon le niveau de culture des groupes sociaux, un peu à la manière des borgnes et des aveugles. Sur les forums de www.jeuxvideo.com, l'évocation de Coelho peut convenir. Sur JOL, 10 lignes recopiées de Nietzsche suffisent. En Khâgne, il faut être en mesure de critiquer un peu le style de Joyce.

Mais attention, comme le dit très justement Loengrin, le snobisme est aussi un danger à prendre...et se livrer à quelques exhibitions pathétiques devant un érudit sur le sujet peut être douloureux...si tant est que l'érudit veuille se donner la peine de corriger le rustre...car souvent, à la manière du sage qui ne montre pas sa sagesse, il haussera les épaules et partira vers un horizon plus silencieux. Il y a en effet toujours un aspect très ostentatoire de la culture chez le snob. Si j'ai tout à l'heure dit "évoquer, recopier et critiquer" sans préciser avoir réellement lu ou compris, c'est qu'une des caractéristiques du snob est souvent de considérer le fait de parler d'une oeuvre comme une fin en soi, au dépend de l'assimilation de ce que cette oeuvre avait à livrer.


Passer entre les gouttes

ça a été bien précisé dans le thread, le snobisme sur ce forum peut prendre différentes formes: la citation, le paragraphe abstrus sur un auteur inconnu, le vocabulaire, et le dénigrement de certaines oeuvres non reconnues par le milieu snob (exemple: l'heroic fantasy). Maintenant est il possible de ne pas être snob quand un post contient un ou plusieurs de ces éléments ? Possible. Mais très difficile.


- La citation arrive généralement dans un post comme un cheveux dans la soupe. Une phrase hors contexte placée dans un autre contexte c'est un peu comme un enfant déraciné: ça s'adapte mais au mieux il manquera toujours quelque chose. Avec le web et sites offrant un moteur de recherche par mot clés pour avoir toujours une citation sous la main, la citation est toujours le piège du snob le plus grossier. D'ailleurs dans tous les posts des personnes ici présentes ainsi que 2/3 qui manquent à l'appel, je note qu'elles sont généralement peu nombreuses. Ici le snob est plus rusé...il a déjà réfléchi sur le snobisme


- Le vocabulaire. Le snob est celui qui compose un post avec un dictionnaire des synonymes, pas celui qui utilise ce même dictionnaire pour s'assurer du sens exacts des mots qui lui sont venus. Indépendamment de tout dictionnaire, le snob est aussi celui qui utilise un mot très compliqué pour exprimer un concept qui peut s'expliquer avec des mots plus simples. Bien sur, c'est moins fréquent car 2 synonymes n'ont jamais totalement le même sens, et qu'il est bon de sortir périodiquement des mots d'un emploi peu fréquent, ça fait partie de la richesse de la langue. Mais franchement, un post n'est pas une thèse de linguistique, qu'est ce qui m'a pris d'utiliser le mot "syntagme" alors que "locution" aurait suffit ? (2 points snob rétroactifs). Un petit clin d'oeil à notre gongoriste national, Baai, qui, pour l'avoir vu en action, devrait plutôt être considéré comme un dictionnaire vivant que comme un snob. Déjà dans la salle certains commencent à souffrir, mais un peu de recul (je pense par exemple au dico de Schiffres avec lequel j'ai bassiné tout le monde suite à ma conversion par LooSHA et TMQT) ça devrait aller.

- Le dénigrement d'oeuvres: Pas grand chose à dire là dessus, à la rigueur éprouver de la honte à aimer une oeuvre reconnues comme mauvaise par le consensus snob c'est du snobisme, mais ça ne fait de mal à personne à part à soi même et encore (de manière générale le snobisme ce n'est pas bien méchant). Et pis c'est vrai que beaucoup d'oeuvres populaires sont vraiment bien merdiques

Pour qui croit échapper au snobisme je demande ce qui l'a amené à lire de grandes oeuvres, ou ce qui l'a amené à boire jusqu'à la lie un roman chiantissime. Parce que ça a résisté à l'épreuve du temps, parce qu'un de nos auteurs favoris nous y a habilement amené ou parce qu'un ami a adoré. Mais tout ceci n'est il pas finalement une désignation d'un ouvrage par notre entourage ? Et si l'entourage est snob, n'est ce pas un peu par snobisme qu'on y vient finalement ? Gageons pour notre salut, qu'on y trouvera au moins son compte, ce qui permettra de remettre l'oeuvre au premier plan, et pas ce qu'on en dit et qu'y nous y a forcément mené.


- Le paragraphe abstrus: Là ça devient plus difficile. Difficile de distinguer le snob du pas snob, parce que les deux peuvent s'exprimer avec la même forme. C'est là où l'érudit devient bien pratique, parce que sans efforts il décanille le snob et surtout, il sait (en anglais ça rendrait mieux: he nose )(1 point de snobisme pour référénce à une langue exotique)
L'objectif quand on s'appuie des idées d'autres personnes c'est d'être sur de les comprendre, et pour ceci il faut avoir lu plus qu'un chapitre du Reader's Digest, parangon du snobisme du pauvre (2 points snob, 1 pour le mépris d'un outil de snobisme cheap, un autre pour utilisation de parangon alors que "le plus mieux" était disponible). Quand je vois untel (j'ai malheureusement des personnes précises en tête)(n'ayant pas posté ici par contre) dire "mais vous n'avez rien compris à Nietzsche" je me demande ce que lui même en a compris. 3 cours de philo et l'intro du bien et du mal ça suffit pour se sentir en Osmose avec Nietzsche ? Ou alors peut on parler de manière précise de la pensée Freudienne quand on sait que lui même a pu produire des idées antithétiques ? Peut on légitimement ramener n'importe quel flot amer et brisé à de la petite musique Célinienne sous prétexte que l'expression est consacrée, et ce après avoir lu seulement "voyage au bout de la nuit" qui est justement à part? Tout plaisir Amélie Poulainesque doit il nécessairement appeler la madeleine de Proust sans qu'on ai lu l'essentiel du temps perdu ? Si la dose vitale qu'il faut lire et la compréhension minimale d'un auteur qui font qu'on peut légitimement s'en resservir est très difficile à définir et probablement variable selon la richesse de l'oeuvre d'un auteur, on sent bien que le paragraphe abstrus n'est qu'une version élaborée de la citation, dont elle est le degré zéro. Je coupe ici pour faire court mais vous aurez compris le soucis...

Si le mal est complexe le remède est en revanche simple, surtout pour les rolistes que nous sommes. A chaque fois qu'un auteur est invoqué il faut imaginer qu'il apparait auréolé et pétaradant au milieu d'effets spéciaux. Dès lors la reprise d'idée devient plus délicate, mais on évite le syndrome des "testaments trahis" (Kundera). D'ailleurs, si Kundera était là, apprécierait il que je cite son oeuvre dans ce contexte ? Honnêtement, j'en doute, et comme il est toujours vivant libre à lui de se défendre. 1/2 point snob par principe.


Le snobisme augmente il avec la culture ?

Je pense que oui, jusqu'à un certain point. Au départ, il y a l'inculte, qui ne peut rien dire. Puis le légèrement cultivé, qui s'aperçoit qu'il peut soudainement régner sur le royaume des incultes. Dès lors commence une lutte constante pour ne pas basculer du côté obscur de la force. Se retrouver entouré d'autres personnes cultivées favorise le sentiment de compétition, le show-off, et la compétition et la culture ça fait 2. Encore en phase avec Loengrin, être plus cultivé qu'une personne n'a jamais fait de soi quelqu'un de meilleur. Par contre, de plus désagréable car pédant, oui. Heureusement, le "bon sens paysan" (avec la connotation péjorative malheureusement) est là, et j'ai souvent été ravi de voir des personnes très cultivées arriver, après maintes péregrinations, au même point qu'un bon vieux truisme des familles. Bien sur, on arguera que le chemin parcouru ne compte pas pour du beurre, mais au final, la personne cultivée s'en porte t'elle vraiment mieux pour autant ?

Ensuite, quand la culture continue à restreindre le cercle des personnes, le snobisme augmente. La Khâgne, la critique*, les cafés-philo, tous ces milieux sont imbibés de snobisme. Léger parfois, pesant souvent, difficile d'y échapper, il est sans doute partie intégrant de leurs structures.

Et puis la culture continue à monter, et vlan, c'est le Nirvãna (1 point snob pour l'accent sur Nirvana alors que je l'oublie la plupart du temps, et 1 autre s'il est mal placé). Plus besoin de prouver ce qu'on a lu, la culture sert désormais à jauger une oeuvre pour ce qu'elle est en faisant abstraction de tout ce qui n'y est pas attenant. Mais de même que l'inné et l'acquis sont inextricables, comment être sûr des origines de notre désir pour une oeuvre ? Si je le savais malheureusement...

*j'ai la faiblesse de penser qu'un critique d'art est un artiste frustré, et que c'est un milieu dans lequel on trouve beaucoup de snobs. Les critiques des inrocks rentrent pour moi typiquement dans ce cadre, entre autres à cause des marottes et souffre-douleurs désignés d'avance. Pas de point snob nan mais oh j'ai encore le droit de dire des trucs sans justifier hein


Le rapport des grands auteurs au snobisme ?

Oublions un instant le snobisme made in jeuxvideo.com. Attardons nous sur le snobisme, le vrai, à la rigueur celui qui est revenu de lui même pour y replonger de plus belle. On constate que le snobisme est une préoccupation de beaucoup d'auteurs. Il y a très souvent dans une galerie de personnage un snob, souvent tourné en ridicule. Ce snob, c'est sinon une facette de l'auteur, du moins un trait qui l'a marqué, et pour cause, un auteur est rarement inculte et le snobisme augmente avec le niveau de culture d'un groupe social. C'est donc une marque de recul de l'auteur par rapport au snobisme. Le snobisme fait partie des dadas de Proust qui a dépeint à coup de pavés le milieu bourgeois-noble gravitant autour de la princesse de Guermantes, ses moeurs (bcp d'homosexualité), sa dynamique (fabrication déconstruction des groupes), ses foyers d'attraction (Swann, Charlus, l'auteur). Une telle connaissance du milieu, une telle amertume aussi, et l'emploi de la première personne montrent qu'il a été un temps submergé par ce désir de paraître. Le snobisme, ou cette vanité haie par Girard ou Stendhal (2 points snob car je ne peux peut développer plus avant leurs raisons, ça remonte à trop loin )(et 1 point pour transformer ma méconnaissance de leurs idées à ce propos en le prétexte comme quoi "j'ai oublié"), bref: le snobisme, tout auteur a du y faire face, et c'est évident qu'une caractéristique commune des grands auteurs, ceux qui ont su apporter une pierre à leur art, est d'avoir surmonté ce snobisme sans lequel il est impossible de construire une base stable pour prendre son élan. C'est évidemment une tâche très difficile, mais c'est à ce prix que l'on acquiert la grâce.

Je conclus en clamant que le snobisme n'est pas vraiment grave, il s'exprime à la rigueur par une pédanterie et un mépris aggravés, mais ça n'a jamais tué d'autres personnes que des snobs frustrés par des snobs encore plus snobs. L'égotisme, la vantardise (peuvent être liés au snobisme mais pas systématiquement) sont aussi pénibles voire plus à supporter. Je pense aussi les seuls qui finalement y échappent, ce sont les artistes, le fer de lance de la culture, et les indécrottables incultes, qu'ils soient bénis. Si je voulais métaphorer (1/2 point pour le néologisme, et 1/2 point pour l'emploi du mot "néologisme") la culture par l'argent, je dirai qu'entre les deux, chacun gère son petit capital culturel, avec la mesquinerie, la peur mais aussi parfois l'insouciance du bourgeois, désireux de se rapprocher du haut, de se distinguer du bas, et à qui il manque parfois juste le recul pour se rendre compte qu'au seuil de l'au-delà ceci n'aura eu finalement que peu d'importance.

Aux personnes cultivées qui me lisent et qui pourtant se sentent parfaitement détachées de tout snobisme je demande: pourquoi parler de Nietzsche, de Bergann (1 point rétroactif pour bibi), ou d'Hegel sur un forum de jeu vidéo où au mieux 1 personne peut vaguement vous comprendre ?

13 points. J'ai fait pire.


Extraits du journal d'un snob
3 juillet 2003
Lien direct vers le message - Vieux
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