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Le Bar de la Taverne
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l'Ecrivain


L'homme écrit , penché sur son bureau .
Il songe , il songe très fort et finit par poser sa plume , tant il sent intimement qu'il n'a plus besoin d'elle pour expulser les émotions violentes qui jaillissent invisiblement de lui . Les murs de son bureau se tintent et il peut sentir , alors qu'en lui monte l'énergie particulière des instants de grâce , sa peau se détendre , ses mâchoires se desserrer , l'amère goût d'une vie où l'on traverse chaque jour comme un naufragé dans la tempête disparaître , il ne sait plus vraiment s'il doit fermer les yeux ou les ouvrir grand , mais il est conscient d'une chose . Il est conscient d'exister très fort , à cet instant .

Son visage ridé , il l'aurait voulu balayé par de fins cheveux blancs , témoins des âges nombreux qu'il a traversé , il se voudrait semblable à l'Alchimiste où à n'importe quel autre vieux sage , blasé d'ivresse , rempli d'équanimité . Mes ses tempes sont dégarnies , désertées et son front légèrement décharné s'étire , l'homme est à moitié chauve et d'ordinaire ne s'en amuse pas .

Il se rappelle , dans cet instant unique , de ses voyages à travers le monde , de l'Afrique , immuable , immense et magnifique dans ses plus petits détails , il se rappelle de la majesté des lauriers-rose , il se rappelle surtout de Biskra la merveilleuse , du goût des oranges que l'on y trouvait après une journée baignée de langueur , il aurait voulu tendre la main pour toucher leur chair si tendre , s'étendre dans le sable où , parait-il , on trouve la dernière fraîcheur , lorsque , perdus dans le désert , l'idée même de la mort nous parait absurde . Quand la majesté est tout aussi vie que danger . Lorsqu'elle passe au dessus de nous . Transfigurer , dirait-il , s'il ne souhaitait point parler dans un style épuré . Jeter des mots semblables au vent qui agite les rues des grandes villes du Nord : doux , sereins , incroyablement dénués , mais empreints d'une étrange beauté . D'une étrange volupté .

Son front se pose contre ses deux mains jointes , il connait sa peau , il en a étudié chaque centimètre , chaque parcelle , tout au cours de sa vie . Il l'a vue se former , grandir , arriver à maturation puis lentement vieillir , décrépir . Il a beaucoup crié puis il a appris à voir ça comme quelque chose de beau .

Se disant ça , il remarque d'un air faussement amusé qu'il n'est pas loin de pleurer . Il sait où est le cynisme dans ses mots , dans ses intonations .

Il pense que son esprit pourrait être une prison pour lui avec tout ce qui vit , perdure , se cache , éclate , rôde en son intérieur , mais qu'il n'en est rien .

Il songe à ce que Franco Ferucchi disait , puis superpose ses propres pensées à celles de l'écrivain .

"Je ne saurai jamais quelle est la vérité , je ne saurai jamais même s'il y a une vérité , mais avec ce constat qui m'est cher , je préfère , plutôt que de me laisser aller au quiétisme , au désespoir ou au malheur , exalter cette relativité qui fait de moi un univers , un organisme pourvu d'une part de divinité unique .
S'oublier dans un grand tout où nous ne sommes ni plus ni moins qu'une part essentielle"

Ayant dit cela , il se demanda si cette dernière phrase avait vraiment un sens , où s'il avait voulu lui en donner un et avait pris aléatoirement des mots qui auraient pu convenir pour les aligner et leur prêter , d'une manière un peu mystérieuse , une signification que lui seul comprendrait .

Puis il s'amusa de cette maladresse d'être humain .

"Ce qui est sûr , c'est que si je dois choisir ma vision du monde et ma vie , je veux penser .. à ce qui m'avait apporté tellement de joie , de plaisir , ce jour où je m'étais reposé , à l'orée des Îles Maudites , revenant d'Ecosse . J'avais avec moi le Journal d'André Gide , et , bercé par les soubresauts de la lande "pas si déchirée que ça , finalement" , j'écoutais ce qui voulait bien venir à moi .
Allongé dans l'herbe , dans toute la pleinitude d'une jeunesse . Toute la pleinitude qu'on lui voit , une fois devenu vieux . Sous un ciel empli de beauté qui semblait descendre jusqu'à nous , entre jeux de lumière et inquiétants grondement , je me dissolvait à merveille , sous un sycomore , entre exstase et hésitation .

Si Ferruchi n'avait pas tort , tout autour de moi vivait . Mais bien plus fort que ce que je pouvais imaginer . Tous ces organismes , nombreux , variés , parfois variant du tout au tout , convergeaient tous vers la conscience d'une entité globale .. la Nature .
Elle n'a ni forme physique , ni parole , ni autre existence que celle qu'elle se donne , n' "existe pas" à proprement parler , mais crée .
Elle crée car elle veut survivre et comprendre . Elle crée d'abord des plantes , puis étudie , arrange , prévoit , et crée des animaux , des milliers d'espèces , l'une après l'autre , avec un souci esthétique autant que pratique incroyable , il harmonise , répartit , choisit , rappelle à elle , s'abandonne quelques fois à contempler ces êtres qui vivent détachés d'elle , intéragissent , parfois avec tendresse , parfois avec violence , mais en la perpétuant , puis , sentant le besoin de comprendre toujours plus vif , retourne à son oeuvre originelle .
Puis , après plusieurs coups d'essai , elle crée l'Homme .
"

L'être qui se soit , depuis le début des temps , le plus émancipé d'elle .

Tant de fois décrié , et à juste titre , pour son attitude envers celle de qui il provient . Il perpétue néanmoins l'objectif secret de la Nature . Celui qui est inscrit dans chaque pétale , dans chaque tronc , dans chaque esprit , caché , en filigrane . Il apprend à la Nature ce qu'il découvre lui même des rapports et de la vie .

En créant l'Homme , elle se réalise elle même . Elle vit , après avoir longtemps existé .

Car l'Homme naît nu , seul et , paradoxalement , encore absorbé par là d'où il vient . Il ne sait pas vraiment qui il est , s'il est autre chose que sa mère , il ne sait pas vraiment d'où vient cette lumière et ce qu'il va endurer à présent . Il ne sait plus vraiment s'il doit pleurer , et souvent il le fait .

Cet être , petit à petit , va apprendre à vivre d'une manière déterminée , et va devoir se "façonner" . Evoluant (en bien ou en mal , ce n'est pas à moi de le dire) dans une direction donnée , celle de la vie en société , au sens très large du terme , aussi large que possible .

Il va créer en lui une multitude de personnalités , d'autres lui-même , de relais , de barrières , de réseaux , de havres calmes , de bourbiers où l'échec l'attendra à chaque pas , de souvenirs volcaniques , de conditionnements , de recherches , d'objectifs , d'idéaux , de censures , dans le seul but , d'abord , de s'attirer les grâces de ses géniteurs , ce qui poursuit néanmoins une lumière plus générale , plus universelle : être heureux , c'est à dire perdurer , mais , plus encore , se comprendre .

Car il serait bien possible qu'être heureux revienne en partie à savoir qui on est , et à saisir ce qu'il y a de magnifique à être ce que l'on est , même si cela suggère beaucoup plus que ce que l'on pourrait en voir au premier abord . (Quelle série de renoncements !)

Il crée en lui un univers , un monde , et arrive à former des entités de plus en plus complexes , de plus en plus élaborés afin de se protéger , puis de se libérer (ce qui parfois est étonnamment proche . On peut chercher à se protéger en se libérant du malheur , lorsque l'on prend conscience du fait que "c'est possible")

A sa table , l'écrivain pense à présent , avec une joie intense , que l'homme n'est qu'une infime infinité de la Nature . Il possède en lui tout ce qu'elle a cherché inlassablement depuis le début des temps . Il ne possède pas la réponse mais la quête .

Il possède la volonté de la Nature , ses mécanismes , ses espoirs , sa fragilité , aussi .

Il crée , car il veut comprendre .
Un immense bonheur emplir le coeur , puis le corps entier de l'écrivain . Il réalise , passant ses mains sur ses joues , qu'il se sent vieux et qu'il aperçoit un état où il ne pourrait pas en avoir honte .
Il comprend beaucoup de choses , mais soupçonne qu'elles sont variables , qu'elles ne sont pas définitives , absolues , mais mouvantes , belles , choisies par lui et par lui seul . Il s'est crée et ne peut plus ne pas en être fier . Il voit le monde comme un ballet perpétuel . Il en sourit et se demande ce qu'il adviendrait de nous si tout le monde adoptait son point de vue .

Il repense un peu aux orangers , aux après-midis ensoleilles qui s'étalaient de la dissolution du matin à l'éveil de la nuit . Il repense à beaucoup de choses , aimerait saisir une image mais n'y parvient pas . Il repense à ses amours et à sa jeunesse .
Il sent cette douleur , et s'y abandonne , presque avec confiance .
Il sent qu'il n'y a plus rien à faire .

Il pense à ses frères , soudain sa tête se relève et ses mains , à présent posées à plat sur son bureau , semblent faîtes pour traduire la tranquille résolution de son esprit .
Il a le sentiment étrange de vivre à travers tout ce qui respire autour de lui .

Lorsque j'arrive dans la pièce , je suis encore jeune . Je m'accoude contre l'ouverture de la porte , je le regarde avec un air amusé , des yeux emplis d'une tendre malice qui semblent lui lancer "vieux fou !" d'une manière plus douce que réprobatrice .
Il ne me voit pas .
...

A son bureau , il verse une larme qui tombe et roule sur ses lèvres , réunies en un sourire hésitant .
L'écrivain se dit que tout ça est très beau , mais que ça ne le rendra peut-être pas heureux .

Puis il s'endort .


Du moins je pense qu'il dort .
Mais peut-être aussi qu'il rêve ..
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Ataraxie :

L'Architecte lit . Il est adossé contre le rebord d'une fontaine .
Strasbourg , le soleil inhabituel caresse son échine .
Il veut se rappeler un chant joyeux .

Soudain , quelques sentueurs oubliés embaument son esprit .
Il déclame :


"Ecrire sur un Lundi après midi , plein d'images , d'airs et d'envies , avec cette impression légère de vivre , d'exister enfin après des semaines de sommeil ... Avec cette tristesse qui brûle dans le soleil pour ensuite rependre ses cendres sur le paysage uniformément magnifique d'un printemps tout neuf , fraîchement éclos des bourgeons laissés ça et là par l'hiver ... Anticiper pour se retrouver projeté dans un éventuel été ... Une chanson ...

Un paysage qui brûle , las des caprices du temps , un soleil à l'agonie qui projette des ombres rouges-flammes , des murs ternis par les regards ... Renaître.

Malgré toutes les armures éventuelles , malgré tout , le seul moyen pour se joindre au feu de joie ambiant , c'est de suivre son coeur , de laisser voguer son âme dans la ville comme une luciole dans la nuit .. Au moment ou les violons des chutes lasses du souvenirs redoublent de langueur , de tristesse , cette pointe toujours braquée sur mon coeur me donne l'impression de vivre , d'exister , où cette planète n'est qu'un morceau de mon univers , de l'univers que chacun de nous constitue , de celui , comme disait un sage anonyme , qui nait avec toi , et qui meurt dans ton dernier soupir ... Un paysage presque ibérique , à force de soleil, égayé de pompons multicolores , de fleurs , d'arbres , tranquilles , qui dorment sur le bord de la route , bercés par les airs du vent , les airs d'ici , ou se mêlent villes et campagnes , parce que plus rien n'a d'importance ...

Ce Lundi à l'ombre de mes carreaux , à tenter , pour la énième fois , de rapiécer ce pantalon , ce Lundi à decoder l'avenir dans mon verre d'eau , à écouter des mélodies planantes , puisque quand j'étais petit , j'étais un Jedi..

A vous souhaiter , tous , le bonheur , de manière nettement plus franche , à jeter par dessus l'épaule les carapaces inutiles , trop de bruits , trop de fracas , la mélancolie de temps pourtant peu heureux , la force et la pureté de certaines choses filtre tout de même pour parvenir du soleil de ces années jusqu'a ma fenêtre ... Dans le ciel , j'entends Cabrel chantonner des complaintes , et c'est jusqu'aux confins de mon univers personnel que mes yeux plongent ... Pour quelques secondes hors du monde , ne penser à rien , puisque tout me vient à l'esprit ...

C'n'est pas moi qui trouve le chemin , c'est l'chemin qui me vient à moi , en espérant être digne de la joie que j'éprouve aujourd'hui , à arborer cet éternel Peace and Love , puisqu'encore une fois , étant petit , j'étais un Jedi ...

Tourne et valse la douceur colorée d'un jour banal de printemps ... "
"


Puis il se relève et peut continuer sa marche .
Une dose de beauté suffisante pour payer un sanglot .
Ses os s'entrechoquent , son esprit fiévreux s'alanguit . Il sent cette douloureuse mélancolie .

Il aimerait sentir quelque chose de fort , il aimerait l'état de grâce , il aimerait la force qui l'aurait poussé vers le haut .
Plus de doute .
Son rêve placide , plus de mouvement , d'inquiétude , le repos dans une source chaude et tendre .

Oh , son rêve le plus cher est de prendre l'air ..
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Ligeia Zenox
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Alors là
J'ai vraiment eu un coup de coeur pour le premier texte. J'admire l'élégance des phrases, j'adore l'esprit panthéiste qu'il évoque et je suis touchée par la sensibilité et la poésie qu'il dégage.
Merci pour ce moment de bonheur
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Merci du fond du coeur Ligeia .. vraiment


Sachel s'étire . A ses pieds s'étendent les dernières terres andalouses , l'extrême sud de l'Espagne , un monde dur , solitaire , brûlant , qui vide les hommes de leurs fraîcheur , qui se nourrit de nous à chaque instant . Et tout le monde l'accepte . Ici , le pays Vit , il est partout , dans tous les esprits . Sachiel s'y plaît .

Puis il se lève et lentement , bien que résolument , se met à marcher vers le sud , vers la mer , vers ce détroit inquiétant .

L'Avocat Sachiel songe :

Toutes les phrases que j'ai lu dans ma vie
Tout ce que j'ai pu voir , tout ce qui a été écrit
Tout ce qui encore m'arrachera des cris
Tout ce qui me montrera comment il faut vivre
Tout ce qu'encore je trouverai dans des livres

Jamais le bonheur n'en a jailli .

Toutes les théories magnifiques de quelque système que ce soit ne peuvent rien contre l'implacable marche de la réalité , contre le déroulement simple du temps , voire simplement contre l'évolution de notre existence .

Car si l'on contrôle notre conscience , c'est à des facteurs bien plus nombreux que notre simple libre-arbitre que le corps obéit . Il est constamment sous l'effet de forces , de tiraillements , de pressions , de dilemmes , à une fréquence incalculable , et ce noeud complexe , vu de loin , ressemble vaguement à un être humain .

Sachiel songe que pendant sa vie d'aventure , sa vie de route , de soirées d'ivresse , de masques fendus , de regards , d'apprentissage , sa vie trépidante , sanguine , il a beaucoup appris , mais que jamais il n'avait prévu ce qui lui était arrivé .

Comme si les facteurs qui régissaient nos existences étaient si disparates et si complexes qu'en fin de compte nous n'avions qu'une légère influence sur elle .

Le visage maure de l'Avocat se durcit . Sur ses traits , on pouvait lire toute la fatigue de l'Andalousie .

Il songea à ce que peut être un homme bon .

Que de fois sur les rives de la Loire , lorsqu'il était revenu en France , étudier théologie , sociologie , rhétorique et arts de l'épée n'avait-il pas senti un étrange frisson : celui de Faust .
Le sentiment de ne rien savoir , en fin de compte .
De ne pas savoir assez pour maîtriser . Car voilà , se dit-il , le fin mot de la volonté humaine : maîtriser .

Faire ce que l'on veut de soi-même . A première vue c'est naturel , à y réfléchir , ça parait plus un luxe qu'autre chose .

Que de fois , dans les bars de Seville , plus tard , n'avait il pas entendu de régler se vie sur les théories , élaborées par d'autres ou par lui-même . Combien de fois n'avait-il pas prêché la paix de l'esprit , de l'âme . Il avait , avec ses quelques disciples , crée un sanctuaire d'aide aux mécréants de la ville , aux petites gens en quête d'autre chose que de pouvoir . Ils avaient remis à neuf l'insalubre bâtiment et avaient gravé à l'entrée de se dernier , en lettres de bronze que le soleil rougeoyant faisaient souvent luire de manière irréelle "Pax Anima"

Combien de nuit avait-il passé à presser son front contre la fraîche humidité des grandes croisées de sa chambre , cherchant en vain une oasis à la suite d'un rêve presque blasphématoire , combien de fois , agenouillé sur ces grands tapis circulaires et multicolores , n'avait-il pas hurlé , à la mort où à autre chose , son désespoir , son incompréhension . Combien de fois s'était-il tût , par la suite , alors que toute son âme réclamait de l'aide .

Combien de fois n'avait-il pas rêvé qu'il tuait , lacerait , torturait ses ennemis ou même des inconnus , dans une explosion de violence , de sadisme , alors que son âme entière tendait vers un idéal de sérénité intra et extra personnelle .
Il voyait leurs corps décharnés , rougis , aux expressions horrifiés , par la douleur et la surprise , ces corps , oui , tomber au sol dans un râle qui , une fois réveille , lui retournait le coeur , faisaient frémir ses tempes et se clore dans le désespoir ses yeux d'ordinaire si grand ouverts .

L'Avocat eut une amère impression d'échec . Le soleil impérieux lui brûlait la gorge .

Puis , ce même Sachiel se rendit en ville .

Là , il regarda avec insistance ses frères humains , puis , d'une voix qui se perdit avec le vent jusqu'à la consomation des siècles , comme disait l'autre , déclama ce qui allait rester comme sa Clameur :

Dans un homme , sommeille
Ebahi toujours , entre les fers
Dans le coeur , doux et vermeil
L'enfant de l'astre solaire

Le nouveau-né , destiné
A renaître , venir au monde
Une deuxième fois
Et par ainsi retrouver
Ce que jamais on ne peut perdre
Ce que l'on peut toujours cacher
Mais que l'exil jamais n'altère .

Dans un enfant il y a des rêves
Et l'homme doit marcher dans le monde
Il doit apprendre et s'adoucir
Ecarlate en ses veines
Deviendra la sève

Mais en un homme est un enfant
Chez le soldat comme le commerçant

En mon coeur il y a l'orage
Mais jamais je n'ai dit
Qu'il fallait la placidité
Pour le sage .

En mon coeur il y a le calme
Mais jamais je n'ai écrit
Qu'il fallait voir tout le monde
Pour entrer dans sa ronde .

En un homme s'établissent
Des batailles puis des trêves
En un mot comme en un homme
En un homme reste la place
Pour un rêve .

Les rêves sont ainsi faits , ils nous guident puis nous oppressent , nous délivrent de notre paresse .
Le ciel entier est en moi ,
A travers la douleur
A travers la recherche
Je sens que je l'éffleure
Une subite carresse .

Je ne trouverai jamais rien de plus beau
Que ce qui vient à moi .
Que la plaine qui m'appelle ,
Lorsque de travailler je suis las
Que de l'incrouyable merveille
Qui en ce moment même
Se perpétue en moi .
Si je dois trouver ,
Ma vie à un sens dès à présent
Si je ne dois pas trouver
Je continuerai à chercher le présent .

Puis le soleil disparut dans l'ombre , derrière un sycomore .
Quelques éclats carmins , puis la tiédeur calme de la nuit .
Sachiel ramassa son sac .
Il leva les yeux au ciel , puis s'en fut .
Ebahi
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Bagnard
 
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T'a rien perdu de ta plume toi depuis que Feyd-Ehlan a fermé...

Mais puis-je te conseiller de mettre tes prochains écrits au BAr de la Taverne, qui elle dispose d'une bibliothèque pour garder un index des textes et poèmes?
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Seele
Roi
 
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Merci beaucoup beaucoup Darksoul ..
Dis .. comme je compte continuer un peu ce fil , il serait sage alors , comme je ne savais pas trop pour la bibliothèque , de demander à un modérateur de l'y déplacer , non ?

L'Amant allait faire simple
Il s'assit , sur le bord d'un pont
Pleura quelques temps
Dans la nuit chaude
Il aimait offrir ses larmes
Il se sentait presque ..
Le symbole de l'amour
Le symbole triste .
Dans ces instants seulement
Il s'identifiait à lui-même .

Il parla sans réfléchir et le ciel entier en frémit :


"
Je voulais t'écrire des vers mais écoute j'ai bien pensé et je me trouve incapable de versifier cet amour , tu comprends bien ? Hein ? Oh , je suis sûr que tu me comprendras ... Je ne sais même pas pourquoi je dis ça , tu sais ... (il s'interrompit) tu n'es pas là et je ne pense pas que tu pourras entendre ses mots , écoute , tu as été précieuse , dans ma vie , tu as été comme le vent qui vient soulever les feuilles roussies , j'aimerais dire "mordorées" , comme lorsqu'en automne je descendais à Rouen avec mes amis et que nous nous étonnions de ce prodige , de la force de ce vent qui nous était pourtant très doux , berçant , maternel , je dirais si je n'avais pas peur de te parler autrement qu'avec mon coeur donc avec des mots naturels , francs , le vocabulaire de l'âme , qui n'a pas besoin de grands mots pour se faire entendre , tu me comprends , je le sais , ô .. Ô blessure à mon coeur , Ô incarnation terrestre de la lutte , de la ferveur , même .. La ferveur est plus belle que toutes les luttes qu'elle engendre . Oh comme je t'aime ... Je souffre que tu ne sois pas là . Mon coeur devient gauche et maladroit , sans j'erre dans les quartiers de ma ville , je m'étiole , je m'effeuille lentement . Mais enfin ce n'est pas de ta faute , c'est l'amour .. c'est une douleur qui se suffit à elle- même .
Je repense surtout .. à tes longs cheveux noirs comme l'oubli .
Je pense à ton désespoir et je le trouve beau , réuni avec la force qui animait ton visage ..
Je rêve de tout , pour toi , je rêve de tout , pour nous .
Tu as mon espoir sur tes épaules fragiles , si tu mènes la lutte je donnerai ma vie pour la ferveur , si tu abandonnes je me recroquevillerai jusqu'à en mourir .
Tu as tous les symboles en ton coeur .
Je t'aime et je t'en prie , vis .
Ton âme altérée se cache , je sens ta respiration haletante ,
Parfois elle devient si forte que certains soir j'ai peur de perdre l'équilibre , de tomber de ce pont et d'y mourir , puis je réfléchis et je me dis que finalement , je n'aurai pas perdu l'équilibre par accident . Puis je prends peur et je m'en vais .
Ici , j'ai joué toute ma vie .
Je crois qu'il est si doux de revoir l'image de ton visage s'incruster telle une opale dans le ciel d'habitude tellement obscur que je ne regrette pas d'être le fantôme que je suis .

Courage .
Que jamais les cicatrices n'aient raison de ta quête .
N'abandonnes jamais .
A présent que tu disparais des brumes du combat dans lequel je te lance , je vais m'agenouiller et prier .
Je dérive ...
Dans les flots
A quelques mètres de moi ..
Mon dieu ..
"Est-ce cela la vie ?"


L'Amant parlait avec passion mais sa voix ne put en endurer plus . Elle se brisa . On aurait attendu qu'elle aille se fracasser au sol .
Mais le silence s'installa .


Et moi-même , penché derrière son épaule et qui écrit tous ces textes , je n'ai pu m'empêcher de verser une larme .
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Kry
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J'adore, j'ai pas tous lu mais je vais le faire.
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Bagnard
 
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Citation:
Provient du message de Rainn
Merci beaucoup beaucoup Darksoul ..
Dis .. comme je compte continuer un peu ce fil , il serait sage alors , comme je ne savais pas trop pour la bibliothèque , de demander à un modérateur de l'y déplacer , non ?
C'est ton choix

Mais oui, je te le conseillerais...c'est sur, tu n'aura pas le même "public" (bien que beaucoup de gens lisent les deux forum), mais tu aurais une place de choix dans la bibliothèque sur le bar

MP un modo pour qu'il le déplace si tu en a l'envie


PS : Excellent
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M.a.X
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Tjrs ossi bien écrit.

Même p-e mieux qu'avant


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Seele
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Merci infiniment à vous C'est bon de retrouver ces quelques pseudos de Feyd ..

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Darth Corwin
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En provenance de la Taverne.
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Avatar de Bardiel Wyld
JOL Bardiel Wyld
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Rainn boudiou!
T'sais qu'tu m'as manqué avec tes textes toi?
C'est toujours un plaisir que de te lire l'ami
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Avatar de Iko
Iko
Empereur / Impératrice
 
Avatar de Iko
 
Je suis content car je viens de trouver quelqu'un qui a un style encore plus lourd que le mien.

Tiens, ça me fait penser à une vieille publicité de la "Société Générale".

Et du même coup à la parodie des Nuls : Société Géniale.

Je suis trop con des fois...
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