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Le Bar de la Taverne
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Provient du message de Myvain
Je pense que c'est justement le but recherché.
Ué en fait ...
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Foerdom-ex Demiosien
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Bon maintenant, tu finis les 600 autres pages du bouquin, tu trouves un éditeur, tu vas en écouler plein.

Je serai le premier à aller l'acheter !
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Indis Aredhel
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........
Ca me fait vraiment beaucoup beaucoup penser à du Dantec

[Edit pour dessous]
Citation:
C'est lecôté cyber glauque, je pense, le fait que la "morale" est écrasée par la peur et l'exhaltation guerrière.
Oui tout à fait
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Aloïsius
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Re: ........
Citation:
Provient du message de Indis Aredhel
Ca me fait vraiment beaucoup beaucoup penser à du Dantec
C'est lecôté cyber glauque, je pense, le fait que la "morale" est écrasée par la peur et l'exhaltation guerrière.
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Xeen
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La petite mort

Citation:
Je suis le nez dans la boue. C’est une mauvaise façon de commencer une journée. Pas la pire, mais j’en ai connu des meilleures. Quand en plus, on a deux balles dans le corps, on s’approche du fond. La pluie me fouette l’arrière du crâne, j’essaye de me tourner, mais tout mon corps est une masse de douleur. A travers le rideau de pluie, j’aperçois au loin les lueurs du QG 6, ses projecteurs fendent l’eau, en petites iridescences. J’apprécierais plus si je n’étais pas en train de crever. Mon communicateur grésille « Retraite, retraite ! on se remet en position ! » Je grimace un sourire. Il y a des messages qui ont le chic pour arriver trop tard. Je n’ai même pas vu qui m’a tiré dessus. Il n’a pas pris la peine de m’achever. Pourquoi faire ? je vais crever ici, les médecins sont trop loin. Un spasme dans la poitrine, mon cœur a raté un battement. Cette maudite machine est en train de me lâcher. Je prie que pour ça se termine enfin. Pour que ma misérable vie arrive à son terme. Je crèverais ainsi, le nez dans la merde, dans un assaut dérisoire contre un ennemi invincible. Je tente de bouger les doigts, mais ils sont trop loin de moi, je ne les sens plus. Je me décontracte et je pousse un dernier soupir. J’aimerais tant que ce soit le dernier…
Mais je sais que ce n’est que le début. La suite est comme un cauchemar épouvantable, un mauvais rêve, un trip avec un acide particulièrement dégueulasse. Je sais ce qui m’arrive mais je refuse d’y croire. Les programmes de secours prennent le relais de mon système nerveux, la batterie auxiliaire en bas de ma colonne se met en route. Mes muscles se contractent contre mon gré, je suis un zombie, mon corps titube jusqu’au QG. Je suis mort mais je marche. Je vois et j’entends, mais je ne peux plus rien faire, les implants me téléguident jusqu’à la maison. J’en ai déjà croisé sur le champ de bataille, ces fraichement morts, animés par la déesse science, ramper, cavaler jusqu’à la plus proche ligne de front pour se faire ramener à la vie. Pourquoi on nous laisse pas crever ? pourquoi on nous laisse pas pourrir ? tu redeviendras poussière… promesses, promesses. Au moins celle là je pensais qu’on pourrait s’y tenir. Tu parles, on ne nous laissera rien. Cette guerre nous a privé du droit de vivre, et maintenant du droit de crever.
Je vois mes frères d’armes qui s’approchent de moi, une moue horrifiée sur leurs visages, ils prennent le relais, me portent, mon corps se fige, mais l’inconscience m'échappe. La petite batterie continue son travail, m’interdit la fuite. J’ai les yeux ouverts quand on m’enferme dans un sac, qu’on me ramène au camp.
Au bout de quelques heures, le bourdonnement en bas de mon dos cesse. Et je peux sombrer dans le néant. Combien ? une heure ? une journée ? ça aurait aussi bien pu être une seconde.
Je me réveille en hurlant, je sors de ce cauchemar, tous mes sens actifs, mon corps bien vivant. Je me cogne et j’étouffe. Tout brûle, je veux gueuler mais ma bouche est pleine de cables et de tuyaux. Je sens mon cœur qui lâche à nouveau, mes organes qui défaillent. Une voix déformée me parvient : « on le perd, préparez une nouvelle décharge. » Je meurs à nouveau dans un grand crissement. La vie me bouscule avec la délicatesse d’un coup de pied dans les couilles. Je me tords de douleur, mais partout je me cogne. Je suis dans un tube de verre, une saleté d’éprouvette géante, ou alors j’ai salement rapetissé. Je suis revenu. Ils m'ont ramené. Ils auraient mieux fait de me laisser, la souffrance est insupportable. Je baigne dans un fluide puant et gluant, où se mêle mon sang et ma merde, mon corps est perforé de cables. Mon cri se perd dans le plastique enfourné dans ma gorge. Je tousse, mais un goût de sang m’en dissuade.Le verre est épais, j’aperçois à peine ce qui se passe à l’extérieur. J’essaye de me calmer, j’y arrive pendant au moins une minute, je me débats, mais chaque mouvement est une agonie. Je finis par attirer l’attention, un médecin s’approche et me gueule dessus. Je réunis assez de force pour lui tendre mon majeur. A travers le verre, j’aperçois son sourire narquois. Il me tend le sien, touche une manette et je sombre lentement dans l’inconscience.
Quand j’ouvre les yeux à nouveau, je suis nu sur une table en métal encore poisseuse de sang et de viscères. Il doit y avoir le mien au milieu. Un chirurgien sifflote un truc, il a les mains rouges, du sang jusqu’au coude. J’ai mal partout, je suis attaché par des sangles très serrées. Une seconde je suis content de voir que ma réputation me suit. Je gueule sur ces batards, des trucs sur leurs mères et des gros cochons noirs. Je ne comprends pas ce que je dis, ma langue est encore lourde. J’essaye de me débattre avec les vestiges de l’anesthésique. Le chirurgien me regarde en se marrant. Il sort un morceau de barbaque d’une cuve et me l’agite sous le nez l’air tout content. « Ton nouveau foie, soldat, fraichement cloné ! » Il plonge ses mains dans mon bide et je hurle. Ce connard me demande de la fermer. Je lui promets que je vais le tuer dès que je serais sorti de là. Il a un sourire méchant et attrape un nerf dans mon ventre. La douleur me fait tourner de l’œil. Je résiste quelques secondes, il se remet à siffloter, voyant que je bouge encore, il fait un signe et un infirmier m’injecte une dose pour me faire tenir tranquille.
J’ouvre les yeux, la puanteur me saisit à la gorge. Je suis toujours dans les quartiers médicaux. Ca sent la mort, ça sent l’Enfer, ça sent Bucarest. Je voudrais me lever, mais je suis toujours attaché. Je ne suis qu’une grosse masse de douleurs, mais je me sens étrangement en forme. J’ai toujours l’image de cet enculé de chirurgien dans ma tête, et je sais qu’il paiera. Mon œil me fait atrocement mal, je sens toutes les jonctions entre le métal et la chair comme si elles étaient chauffées au rouge. Dès que toute cette merde est finie, dès que la paix est là, je me fais enlever cette saloperie, je le fais moi même au cutter si il le faut. Le jour où je reverrais une jolie fille, je n’ai pas envie de voir s’afficher une cible sur son cœur et sur sa tête. Pas envie de voir défiler sur ma rétine, les dix meilleurs angles de tir pour la tuer. Partout en moi, leur maudite tuyauterie bouillonne et s’agite, ils ont rechargé la batterie à zombie, je suis prêt à me faire tuer à nouveau, tous mes organes remis à neuf.
Une quelconque huile entre dans la pièce, je le connais pas, et je veux pas le connaître. Il me parle et sa voix me fait penser au ronronnement d’un moteur, elle est régulière et monocorde :
- Soldat, vous êtes mort au QG 6, mais notre technologie a permis que votre expérience du terrain et vos implants ne soient pas perdus. Vous pourrez ainsi continuer à servir notre idéal de paix comme vous l’avez déjà fait, avec courage et dévotion.
La colère et la haine montent en moi :
- Chef, pourquoi vous prendriez pas votre idéal, votre courage et votre dévotion et vous vous les enfonceriez pas bien profond dans votre cul ?
Il me fait un sourire crispé, et s'approche de moi en me demandant :
- Je n'ai pas bien compris soldat.
- Tu as très bien compris connard !
Je me mets à beugler, je tire sur mes liens, mais ces sangles ne veulent pas lacher. Je voudrais l'étrangler, lui et son regard mielleux, son uniforme immaculé, je lui crache à la gueule. Bon dieu ce que j'ai mal ! Il me chope les couilles à pleine main et se met à serrer, me prouvant, contre toute attente, que je pouvais aller encore un peu plus loin dans la douleur.
- Tu as un bon esprit soldat, mais garde ta haine pour l'ennemi. Tu repars au front demain, tu as assez glandé.
Il me lache et me laisse suffoquant.

Un docteur vient me voir quelques heures plus tard. Je l'insulte autant que je peux. Les mots les plus orduriers que je connaisse glissent sur lui d'un air blasé. Il a le crâne rasé des médecins militaires, mais sa barbe est blanche et ses traits sont usés. Il me tapote le bras pendant que je décris tout ce que je ferais à sa mère dès que je serais sorti. Il a l'air rigolard et m'annonce d'une voix joviale :
- Y a deux sortes de gars après les clonages : les gueulards et les chialeurs, je vois que tu as choisi ton camp.
Je me calme un peu. Je lui demande :
- C'est toujours aussi douloureux ?
- Non, tu t'en tires bien, tes blessures étaient propres, tu n'est pas tombé loin de la ligne de front. On en a ramené un qui s'était fait passer au lance flammes et que les implants avaient ramené à travers cinquante kilomètres de marais. Il est arrivé jusqu'à nous truffé de larves et à moitié bouffé par les poissons. Jamais vu quelqu'un chialer autant.
Je grince des dents. La douleur est encore présente, pale écho de ce que je ressentais dans le caisson. Je me calme lentement. Il sort une feuille et me fait la liste de tout ce qu'on m'a cloné, des implants qu'on a rajoutés. Cette litanie surréaliste a un effet étrangement relaxant. J'ai l'impression que mes organes répondent présent à chaque fois qu'il les appelle. Je prends lentement conscience que je suis encore en vie. J'ai pris deux balles de M4A2 en pleine poitrine, je me suis vidé de mon sang dans la boue du champ de bataille et je suis encore en vie. Le vieux médecin interrompt son inventaire et me lance en souriant :
- Ca y est, tu réalises ?
La douleur est toujours là, mais je ne peux pas m'empêcher de sourire à mon tour. Il défait les sangles. J'essaye de me lever, je manque tomber de la table. Il vient à mon secours et avec son aide je pose les pieds par terre. Le sol est immonde, poisseux de souffrances. Peu importe. Je laisse aller mon poids, je me redresse. Mes jambes ne cèdent pas.
Je suis debout, je suis vivant.
hop hop
pas de morale dans celle ci ?
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Ulgrim
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Avatar de Ulgrim
 
Belle description d'action. On ressent vraiment quelque chose. Il nous emmène dans la "fuite".
Le ton est le bon, c'est celui du soldat. Rien à redire. C'est carré, c'est léché.


Je parie une flagellation aux orties fraîches que ton ami joue à Shadowrun. ............. Et j'adore Shadowrun.

Bravo et bonne continuation.

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Xeen
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Citation:
Provient du message de Ulgrim
Belle description d'action. On ressent vraiment quelque chose. Il nous emmène dans la "fuite".
Le ton est le bon, c'est celui du soldat. Rien à redire. C'est carré, c'est léché.


Je parie une flagellation aux orties fraîches que ton ami joue à Shadowrun. ............. Et j'adore Shadowrun.

Bravo et bonne continuation.


tu es sûr ?
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Kry
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Citation:
Provient du message de Xeen

tu es sûr ?

erf rien que l'image me fait gratter partout
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Myvain
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Ton ami maîtrise les descriptions dis-moi! J'ai mal pour le gars là.
Comme pour l'autre j'aime beaucoup.

Une autre?
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Avatar de Ulgrim
Ulgrim
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Citation:
Provient du message de Xeen

tu es sûr ?
Les mots "interface d'arme" ne trompent pas, ou peu. Très peu de jeux l'utilisent, sauf Shadowrun.............. Mais oui, je suis sûr ......

Juste une chose. C'est très sombre apparemment. Si ça ne parle que de guerre, pourquoi pas. Ceci dit, je le déconseille aux dépressifs
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Xeen
Invité
 
Citation:
Provient du message de Ulgrim
Les mots "interface d'arme" ne trompent pas, ou peu. Très peu de jeux l'utilisent, sauf Shadowrun.............. Mais oui, je suis sûr ......

Juste une chose. C'est très sombre apparemment. Si ça ne parle que de guerre, pourquoi pas. Ceci dit, je le déconseille aux dépressifs
Bah finalement il a renié ses anciennes parties de Shadowrun
Il me dit qu'il y a déjà joué dans une autre vie pff un bon point pour toi Ulgrim. (et un coup de fouet à l'ortie pour l'auteur)
Comment ça c'est déprimant ? Vous en voulez une autre ?
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Ulgrim
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Citation:
Provient du message de Xeen
Bah finalement il a renié ses anciennes parties de Shadowrun
Il me dit qu'il y a déjà joué dans une autre vie pff un bon point pour toi Ulgrim. (et un coup de fouet à l'ortie pour l'auteur)
Comment ça c'est déprimant ?
Faut combien de bons points pour espérer une bribe de récompense ??

Citation:
Vous en voulez une autre ?
De quoi ? Une baffe aux orties fraîches ?
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Avatar de Aloïsius
Aloïsius
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J'aime encore plus ce deuxième extrait. Mais j'ai un peu peur de ne pas pouvoir avaler tout un livre comme ça d'un coup. Un ou deux passage, oui, mais 300 pages, à la première personne..., dans ce style, ce doit pas être bon pour mon coeur fragile
y-a t'il des passages plus euh, enfin moins dures ?
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Avatar de Kry
Kry
Alpha & Oméga
 
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Pas mal le 2ème même très

Ca me rappel mon séjour à l'hôpital marrant. Oui j'en souris vaut mieux non.
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Avatar de Shad Wild
Shad Wild
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Avatar de Shad Wild
 
Excellent.
Prenant.

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