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La quète du bonheur

Bonjour à tous.
Voila, pensez vous que pensez vous que la recherche du bonheur dans notre société est une fin en soi?
Est ce que cet idéal est réalisable? Qu'est-ce que cela veut dire être heureux?
(cf. l'euphorie perpétuelle de Pascal Bruckner)
A priori cette quète du bonheur est quelque chose d'assez récent dans nos société, avant ce genre de question ne se posait pas.
Est ce que cette mise en avant du bonheur comme devenant une priorité absolue est une bonne chose pour l'homme?

Voila, méditons un peu la dessus
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pour ceux que ca intéresse:

Citation:
Y a-t-il du Pascal dans Bruckner?

par Christian Makarian

Et si l'hédonisme et la quête du bonheur qui nous animent n'étaient que griserie ou grisaille? Avec L'Euphorie perpétuelle, le nouvel ordre moral en prend un sacré coup


Avoir eu 20 ans en Mai 68 n'est pas forcément un cadeau. Au tournant du siècle, la génération qui pensait «jouir sans entraves» n'échappe pas au bilan. Celui que dresse Pascal Bruckner dans son nouvel essai, L'Euphorie perpétuelle, est du genre sévère. Il traite directement du bonheur. «Une idée neuve», a osé dire Saint-Just, grand ami de la guillotine. Ce contre quoi Bruckner s'insurge en dénonçant la volonté de bonheur, dernière dictature de l'Occident surdéveloppé. «Par devoir de bonheur, explique-t-il, j'entends cette idéologie propre à la deuxième moitié du XXe siècle et qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans la honte ou le malaise tous ceux qui n'y souscrivent pas.»

Toutes les modes ou névroses de l'époque sont passées au crible: la vogue du corps, l'hédonisme triomphant, la méditation transcendantale, le bouddhisme et le dalaï-lama, le refus de la souffrance et la peur de la mort, les idéologies gauchisantes, Internet... même la météo! Ne vous battez pas, il y en aura pour tout le monde... «Le bonheur, s'emporte le séducteur, ne constitue pas seulement, avec le marché de la spiritualité, la plus grande industrie de notre époque, il est aussi et très exactement le nouvel ordre moral. Rien d'étonnant si la dépression s'installe dès que cet hédonisme est un tant soit peu malmené par les réalités de la vie.»

Et de s'en prendre aux marchands de plaisir ainsi qu'aux grands prêtres du devoir de banalité. Après un brillant développement consacré au vide laissé tant par l'effacement du paradis chrétien que par la sécheresse normative des Lumières, la démonstration s'empare de notre époque. «Bonne et mauvaise nouvelle du retrait divin, écrit l'auteur. Chance pour l'indépendance humaine de se déployer sans tutelle mais aussi poids du quotidien qu'il faut porter à bout de bras... Au sublime médiéval succède le trivial moderne, au grand absolu, le petit relatif. Terrible vertige d'un homme soudain délesté de ses entraves et qui subit moins un désenchantement qu'une désorientation; il se retrouve libre mais pygmée... Avec cet affranchissement naît aussi la banalité, c'est-à-dire l'immanence totale de l'humanité à elle-même.» Le résultat en est l'émergence d'une transcendance «horizontale», qui se traduit par une recherche perpétuelle du plaisir. Ce fameux plaisir, qui emprunte deux voies principales: «La griserie, quête éperdue de l'intensité, ou la grisaille, jouissance paradoxale du fade sous les mille formes qu'il peut prendre.» Nous voici au cœur du livre.

Pour ce qui est de la griserie, sus à Gide, qui lance le sensualisme militant, futur credo de 1968, dès la publication des Nouvelles Nourritures terrestres, en 1935! «Une somme de bonheur est due à chaque créature, écrit le grand André, selon que son cœur et ses sens en supportent. Si peu que l'on m'en prive, je suis volé.» Voilà le drame qui se noue, selon Bruckner. Il suffit que je ne jouisse pas tout mon saoul pour que je rate ma vie. Ce qui a deux conséquences tragiques. Premièrement, le malheur commence à l'instant même où cesse le bien-être. Deuxièmement, puisque l'enchantement dépend de notre seule jouissance, nous nous estimons coupables de nos revers. Puis vient la grisaille. «Je connais un Anglais, disait Goethe, qui avait déjà tout compris à ce qui se tramait, qui s'est pendu pour ne pas avoir à renouer sa cravate chaque matin.» Bruckner, avec une sincérité déchirante, qui trahit l'expérience vécue, décortique nos cortex. «Le quotidien compose un néant agité: il nous épuise par ses contrariétés, nous dégoûte par sa monotonie. Il ne m'arrive rien mais ce rien est encore trop: je m'éparpille en mille tâches inutiles, formalités stériles, vains bavardages qui ne font pas une vie mais suffisent à m'exténuer. C'est cela qu'on baptise le stress, cette corrosion continue à l'intérieur de la léthargie qui nous grignote jour après jour.» Rosolino Coella nous avait déjà prévenus: «La vie s'en va par le cerveau et les nerfs...» Pour combattre cette vacuité, on recourt à mille expédients. C'est là que Bruckner se montre le plus cruel. S'inquiéter de la météo - «pédagogie de la diversité minuscule» (s'il ne nous arrive rien, il arrive au moins qu'il pleuve ou qu'il vente) - tomber malade - avoir quelque chose à dire sur soi qui sorte de l'ordinaire, «qui nous pourvoie d'une histoire» - céder à l'envie ou à la jalousie sociale - pour se convaincre qu'il y a des ennemis et, donc, un enjeu - tels sont les revers de notre civilisation d'abondance. Mais l'essayiste réserve ses meilleures flèches aux souffleurs de fadaises, ceux qui vantent les sucreries spiritualisantes dont tant d'esprits faibles sont friands. «La thérapie par le sourire, ricane Bruckner, c'est l'avantage incontestable, en termes de marché, des bouddhistes sur les chrétiens.»

Voilà pourquoi le Bouddha séduit désormais les riches de l'hémisphère Nord, tandis que le Christ console encore les pauvres des tropiques. Dure vérité, qui fera mal à nombre d'intellos parisiens fascinés par les vapeurs d'encens, les coups de cymbale et le zen tibétain. Il y a plus vache encore. A destination des gentils philosophes qui distillent de la sagesse sous forme de best-sellers. «Ce qui rend les traités du bonheur en général si plats, fouette le pamphlétaire, c'est qu'ils délivrent un seul et même message: contentez-vous de votre sort, modérez vos envies, désirez ce que vous avez et vous aurez ainsi ce que vous désirez. Sagesse aussi résignée qu'insipide...» Nul n'est cité, mais, à propos de «consolateurs officiels», le lecteur paraît invité à refermer le Petit Traité des grandes vertus, d'André Comte-Sponville, ou bien La Sagesse des Modernes, dû au même auteur associé à Luc Ferry.

Conclusion? «On rate le bonheur à force de croire qu'il n'est pas le bon.» Qu'on nous laisse donc être nous-mêmes, drôles ou tristes selon les jours et les humeurs, car «il n'y a rien de pire que ces gens éternellement gais, en toutes circonstances, qui ont accroché une grimace radieuse à leur face». Il y a peut-être bien du Pascal dans ce Bruckner...
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ce n'est pas tellement une question de société, mais de nature : la recherche du bonheur est une consequence d'un besoin : le besoin de survie, l'instinct de conservation.

Le simple fait de te poser la question en est la preuve : tu te pose la question pour améliorer ton existence, ton rapport avec toi, et par la même ton rapport avec les autres...

Savoir pourquoi tu vie, pour vivre mieux, en quelque sorte...
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Ben en fait il semblerait que cette poursuite du bonheur soit qqchose d'assez récent, ca ne se posait pas vraiment auparavent en ces termes..
Ce qui est intéressant c'est de voir si ce bonheur apres lequel nous courons est atteignable ou est ce qu'il est impossible de combler ce désir flou ce qui signifierait courir sans fin ...
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Citation:
Ben en fait il semblerait que cette poursuite du bonheur soit qqchose d'assez récent, ca ne se posait pas vraiment auparavent en ces termes..
euh...



en fait, les philosophe grecs sont les premiers a avoir parlé du bonheur (epicure, ca te dit qqchose ?), mais comme je te le disait, etant de nature lié a l'homme, on peut estimer cette recherche du bonheur a l'arrivée de la prise de conscience de soi.

Apres, effectivement, avec le temps, et les connaissances aidant, la recherche du bonheur s'est sophistiquée (pas forcement renforcée, juste sophistiquée...), mais l'un des 3 principes même de la religion (par opposition au shamanisme, que je place plutot dans les principes de religions...), c'est une recherche du bonheur (par extrapolation)., on peut donc estimer la recherche du bonheur datant au moins du debut de toute religion non-shamanique. ce fait un paquet de temps, autrement dit...
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La notion de bonheur variant quand même énormément d'un individu à l'autre je trouve toujours bizarre ce genre de généralité.

Enfin ça veut peut-être dire que l'on a trop de temps à perdre alors on essaye de le combler (et c'est en général avec des choses plaisantes).
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oui mais je ne suis pas sur que ce bonheur était a ce moment la une "quète" comme ca l'est aujourd'hui...
Aujourd'hui il faut être heureux, la réussite de notre vie passe par la.
Je me demande juste si cette quète "forcée" n'est pas vaine.
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non, ce qui a changé, c'est juste que les reflexions ont fait leur chemin, et que dorenavent, la communication actuelle permet a tous de se referer a un modèle unique.

Ce modèle, qui plus est, n'est pas forcement l'exmple type du bonheur, mais seulement l'exemple du bonheur materiel, exempt de soucis d'ordre financier.

Toutefois, cela ne saurait être, d'une part, le model unique de bonheur, d'autre part, être réaliste : l'homme contient en lui son malheur et son bonheur : un être pauvre et ayant vécu toutes les catastrophes possible pourra avoir vecu toute sa vie dans le bonheur et un être richissime n'ayant jamais eu de souci pourra tres bien mourrir sans avoir eu ce sentiment.

D'un point de vue purement physio-biologique, tu devrait pouvoir arriver au bonheur avec 2 ou 3 plaquette de chocolat. mais cela n'empechera pas ta psyche, elle, de rechercher toujours plus : comme je le disais precedement, tu possède un instinct (génétiquement induit, donc) qui te pousse a toujours chercher plus, ou mieux.

Apres, il y a plusieur facon de voir les choses, mais dans l'ensemble, c'est une caractéristique intrinsèque à l'être humain, donc le decoreller pour le placer à un moment dans son histoire me semble difficile, voire improbable, si l'on considère l'homme comme unité consciente.

Le véritable débat serait plutot de savoir ce qu'est cette recherche du bonheur... mais toutefois, il n'existe pas de reponse universelle à cette question...
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Provient du message de Dwahim
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Y a-t-il du Pascal dans Bruckner?

par Christian Makarian

Et si l'hédonisme et la quête du bonheur qui nous animent n'étaient que griserie ou grisaille? Avec L'Euphorie perpétuelle, le nouvel ordre moral en prend un sacré coup
Je hais les journalistes / philosophes qui utilisent cette expression ô combien nullissime.... Le "nouvel ordre moral" .... ?? Il y a un nouvel ordre moral actuellement ? Je n'étais pas au courant.

Citation:
Avoir eu 20 ans en Mai 68 n'est pas forcément un cadeau.
Avoir 20 ans de nos jours ne l'est pas forcément non plus....

Citation:
Au tournant du siècle, la génération qui pensait «jouir sans entraves» n'échappe pas au bilan.
Mais alors ! Comme si tout le baby boom était descendu dans les rues en 68, arf arf arf ........ "LA génération" qui gnagnagna ..... Bon le cliché, bon ....

Citation:
Celui que dresse Pascal Bruckner dans son nouvel essai, L'Euphorie perpétuelle, est du genre sévère.
'Tention ça va chier .......

Citation:
Il traite directement du bonheur. «Une idée neuve», a osé dire Saint-Just, grand ami de la guillotine. Ce contre quoi Bruckner s'insurge en dénonçant la volonté de bonheur, dernière dictature de l'Occident surdéveloppé. «Par devoir de bonheur, explique-t-il, j'entends cette idéologie propre à la deuxième moitié du XXe siècle et qui pousse à tout évaluer sous l'angle du plaisir et du désagrément, cette assignation à l'euphorie qui rejette dans la honte ou le malaise tous ceux qui n'y souscrivent pas.»
Pourquoi, est-on censé souscrire au bonheur ? Ah non, il a fallu attendre M. Bruckner, pour dénoncer la "dictature" du bonheur ( ..... désolé, j'en ris encore ) .... De nos jours, il est mal vu de dire qu'on est pas heureux ? Mais on ne doit pas vivre dans le même monde, Bruckner et moi .......... A part les abrutis du Loft et de la villa et de la Star Ac', pour qui l'émission, "c'est que du bonheur", je ne vois pas qui d'autres peut se sentir concerner par une "dictature du bonheur" ...... Non mais vraiment ....

Citation:
Toutes les modes ou névroses de l'époque sont passées au crible: la vogue du corps,
C'est vrai que le prix d'une intervention de chirurgie esthétique a baissé.

Citation:
l'hédonisme triomphant,
Faudra me dire où et pourquoi.

Citation:
la méditation transcendantale, le bouddhisme et le dalaï-lama,
Oui, des pratiques très répandues en France, et pratiqués par des millions et des millions de personnes .... Mais quel étalage de clichés !!!!

Citation:
le refus de la souffrance et la peur de la mort,
Depuis que l'Homme existe, il refuse la souffrance et la mort, à part les stoïciens et les épicuriens peut-être ... Je ne vois pas en quoi cette idée est "à la mode" ....

Citation:
les idéologies gauchisantes, Internet... même la météo!
C'est vrai : les gens de gauche regarde la météo sur le net. Quelle bande de geeks.

Citation:
Ne vous battez pas, il y en aura pour tout le monde...
Ah ben zut, le déballage de Lapalissade n'est pas terminé.

Citation:
«Le bonheur, s'emporte le séducteur, ne constitue pas seulement, avec le marché de la spiritualité, la plus grande industrie de notre époque, il est aussi et très exactement le nouvel ordre moral. Rien d'étonnant si la dépression s'installe dès que cet hédonisme est un tant soit peu malmené par les réalités de la vie.»
Donc d'après Bruckner, si je me lève du pied gauche, que le petit fait caca au lit, si je rate mon train et mon métro, si ma femme a décidé de rien foutre le même jour ( ou mon homme ), si je me fais engueuler au boulot, si je n'arrive pas à poser les jours de vacances que je veux, si la baraque brûle, si ..... etc ..... Dans la même journée, ma quête de "l'hédonisme" sera foutue à jamais ?? Quel malheur de se laisser emporter par un quotidien de dépressif ..... N'importe quoi.

Citation:
Et de s'en prendre aux marchands de plaisir ainsi qu'aux grands prêtres du devoir de banalité.
Qui sont-ils ?

Citation:
Après un brillant développement consacré au vide laissé tant par l'effacement du paradis chrétien que par la sécheresse normative des Lumières, la démonstration s'empare de notre époque. «Bonne et mauvaise nouvelle du retrait divin, écrit l'auteur. Chance pour l'indépendance humaine de se déployer sans tutelle mais aussi poids du quotidien qu'il faut porter à bout de bras... Au sublime médiéval succède le trivial moderne, au grand absolu, le petit relatif. Terrible vertige d'un homme soudain délesté de ses entraves et qui subit moins un désenchantement qu'une désorientation; il se retrouve libre mais pygmée... Avec cet affranchissement naît aussi la banalité, c'est-à-dire l'immanence totale de l'humanité à elle-même.»
Auteur occidental, qui écrit pour des occidentaux ( et encore, pas les italiens ou les espagnols, ou encore même les portugais ). Bruckner a tendance à oublier que la France n'est pas le monde, et que des milliards de gens sont croyants.

Citation:
Le résultat en est l'émergence d'une transcendance «horizontale», qui se traduit par une recherche perpétuelle du plaisir. Ce fameux plaisir, qui emprunte deux voies principales: «La griserie, quête éperdue de l'intensité, ou la grisaille, jouissance paradoxale du fade sous les mille formes qu'il peut prendre.» Nous voici au cœur du livre.
Pour faire plus simple, il aurait pu dire que l'Homme devient un Dieu pour l'Homme. Au delà du fait que les Lumière nous avait déjà mises sur cette voie, ce thème de réflexion a été déjà abordé, notamment par Luc Ferry dans son livre " l'Homme Dieu "( éd. du Seuil je crois ).

Citation:
Pour ce qui est de la griserie, sus à Gide, qui lance le sensualisme militant, futur credo de 1968, dès la publication des Nouvelles Nourritures terrestres, en 1935! «Une somme de bonheur est due à chaque créature, écrit le grand André, selon que son cœur et ses sens en supportent. Si peu que l'on m'en prive, je suis volé.» Voilà le drame qui se noue, selon Bruckner. Il suffit que je ne jouisse pas tout mon saoul pour que je rate ma vie. Ce qui a deux conséquences tragiques. Premièrement, le malheur commence à l'instant même où cesse le bien-être.
Si l'on n'a pas le bien-être, qu'a-t-on alors ? Le neutre-être ? Entre bonheur et Bruckner ?

Citation:
Deuxièmement, puisque l'enchantement dépend de notre seule jouissance, nous nous estimons coupables de nos revers. Puis vient la grisaille. «Je connais un Anglais, disait Goethe, qui avait déjà tout compris à ce qui se tramait, qui s'est pendu pour ne pas avoir à renouer sa cravate chaque matin.» Bruckner, avec une sincérité déchirante, qui trahit l'expérience vécue, décortique nos cortex. «Le quotidien compose un néant agité: il nous épuise par ses contrariétés, nous dégoûte par sa monotonie. Il ne m'arrive rien mais ce rien est encore trop: je m'éparpille en mille tâches inutiles, formalités stériles, vains bavardages qui ne font pas une vie mais suffisent à m'exténuer. C'est cela qu'on baptise le stress, cette corrosion continue à l'intérieur de la léthargie qui nous grignote jour après jour.» Rosolino Coella nous avait déjà prévenus: «La vie s'en va par le cerveau et les nerfs...» Pour combattre cette vacuité, on recourt à mille expédients. C'est là que Bruckner se montre le plus cruel. S'inquiéter de la météo - «pédagogie de la diversité minuscule» (s'il ne nous arrive rien, il arrive au moins qu'il pleuve ou qu'il vente) - tomber malade - avoir quelque chose à dire sur soi qui sorte de l'ordinaire, «qui nous pourvoie d'une histoire» - céder à l'envie ou à la jalousie sociale - pour se convaincre qu'il y a des ennemis et, donc, un enjeu - tels sont les revers de notre civilisation d'abondance.
Ca c'est pas mal, et un peu vrai ...... Tu vois Bruckner, quand tu commences à dire du mal des gens, tu deviens intéressant ....

Citation:
Mais l'essayiste réserve ses meilleures flèches aux souffleurs de fadaises, ceux qui vantent les sucreries spiritualisantes dont tant d'esprits faibles sont friands. «La thérapie par le sourire, ricane Bruckner, c'est l'avantage incontestable, en termes de marché, des bouddhistes sur les chrétiens.»
Belle boutade.

Citation:
Voilà pourquoi le Bouddha séduit désormais les riches de l'hémisphère Nord, tandis que le Christ console encore les pauvres des tropiques. Dure vérité, qui fera mal à nombre d'intellos parisiens fascinés par les vapeurs d'encens, les coups de cymbale et le zen tibétain.
Mais on va devenir potes si ça continue !!!!! Excellent

Citation:
Il y a plus vache encore. A destination des gentils philosophes qui distillent de la sagesse sous forme de best-sellers. «Ce qui rend les traités du bonheur en général si plats, fouette le pamphlétaire, c'est qu'ils délivrent un seul et même message: contentez-vous de votre sort, modérez vos envies, désirez ce que vous avez et vous aurez ainsi ce que vous désirez. Sagesse aussi résignée qu'insipide...» Nul n'est cité, mais, à propos de «consolateurs officiels», le lecteur paraît invité à refermer le Petit Traité des grandes vertus, d'André Comte-Sponville, ou bien La Sagesse des Modernes, dû au même auteur associé à Luc Ferry.
Ah non ! Pas Luc !!! On avait dit qu'on l'aimait bien lui ! :bouffon:

Citation:
Conclusion? «On rate le bonheur à force de croire qu'il n'est pas le bon.» Qu'on nous laisse donc être nous-mêmes, drôles ou tristes selon les jours et les humeurs, car «il n'y a rien de pire que ces gens éternellement gais, en toutes circonstances, qui ont accroché une grimace radieuse à leur face». Il y a peut-être bien du Pascal dans ce Bruckner...
Bon la conclusion est aussi plate que le début. Le Bruckner pamphlétaire est bon, le philosophe, on oublie, hein ....

En ce qui concerne le bonheur, il y a quelques temps j'ai trouvé ce lien qui regroupe quelques grandes tendances philosophiques du bonheur , et est donc assez pratique pour avoir une fiche complète sur ce sujet.
L'avantage de cette fiche (de 17 pages, tout de même ), c'est que les jours où je ne suis pas heureux, je cherche une théorie à la hauteur de mon désespoir .......
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Le bonheur c'est quand on est bien dans sa vie et dans sa peau.

moi je suis au paradis:
j'ai deux superbes filles un garçon (en préparation), une femme super sympa, des copains de jeux géniaux, des frères et soeur sympa une belle famille sympa aussi et des amis IRL fantastique.
l'enfer:
j'ai un patron un peu c.. mais sa me dérange pas, j'ai des grosse dettes, des emmerdement divers et plein d'autres petites choses qui m'enquiquine la vie.
mais quand je pèses le pour et le contre j'adore ma vie.

pour finir je nage dans le bonheur.
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Provient du message de Stefenn
Le bonheur c'est quand on est bien dans sa vie et dans sa peau.

moi je suis au paradis:
j'ai deux superbes filles un garçon (en préparation), une femme super sympa, des copains de jeux géniaux, des frères et soeur sympa une belle famille sympa aussi et des amis IRL fantastique.
l'enfer:
j'ai un patron un peu c.. mais sa me dérange pas, j'ai des grosse dettes, des emmerdement divers et plein d'autres petites choses qui m'enquiquine la vie.
mais quand je pèses le pour et le contre j'adore ma vie.

pour finir je nage dans le bonheur.
Tssssss, tssssssss, tssssssss .... Steffen, quand tu dis ça, tu tombes sous la dictature du bonheur, jeune ignorant .... Va donc lire Bruckner, et pleurer sur notre société !




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Rna
 
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Provient du message de eMRaistlin
Toutefois, cela ne saurait être, d'une part, le model unique de bonheur ( ... )

D'un point de vue purement physio-biologique, tu devrait pouvoir arriver au bonheur avec 2 ou 3 plaquette de chocolat. mais cela n'empechera pas ta psyche, elle, de rechercher toujours plus : comme je le disais precedement, tu possède un instinct (génétiquement induit, donc) qui te pousse a toujours chercher plus, ou mieux.
Est-tu bien sûr qu'il y a un "instinct" qui te pousse à chercher plus et mieux ?

Dire que l'on cherche plus et mieux pourquoi pas . Mais en quoi cela relèverait-il de l'instinct ? Pourquoi pas d'autre chose comme le modèle , les symboles que les membres d'une même société partagent inconsciemment ? Ce qui pourrais donc être de l'acquis , et pas forcément de l'inné comme tu sembles l'affirmer .

Ensuite comme tu le dit toi-même , il y a divers modes de "bonheur" dont l'énumération serait enrichissante mais fastidieuse .

Je pense que la recherche du plus et du mieux n'est pas présente dans chaque être humain ( ex : le berger sur le Haut Atlas marocain qui accompagne/conduit la transhumance de son troupeau ) . Je pencherais plus en faveur du côté "acquis" de la recherche du plus et du mieux .
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En ce qui concerne le bonheur, il y a quelques temps j'ai trouvé ce lien qui regroupe quelques grandes tendances philosophiques du bonheur , et est donc assez pratique pour avoir une fiche complète sur ce sujet.
L'avantage de cette fiche (de 17 pages, tout de même ), c'est que les jours où je ne suis pas heureux, je cherche une théorie à la hauteur de mon désespoir ....... [/i]
ca a l'air intéressant, je potasse dessus, merci pour le lien
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Re: La quète du bonheur
Citation:
Provient du message de Dwahim
Bonjour à tous.
Voila, pensez vous que pensez vous que la recherche du bonheur dans notre société est une fin en soi?
Est ce que cet idéal est réalisable? Qu'est-ce que cela veut dire être heureux?
(cf. l'euphorie perpétuelle de Pascal Bruckner)
A priori cette quète du bonheur est quelque chose d'assez récent dans nos société, avant ce genre de question ne se posait pas.
Est ce que cette mise en avant du bonheur comme devenant une priorité absolue est une bonne chose pour l'homme?

Voila, méditons un peu la dessus
C'est évident que la recherche du bonheur est un idéal, qui ne souhaite pas être heureux dans sa vie ?

La seule chose c'est que le bonheur n'a pas la même définition pour tout le monde, certains sont plus heureux au milieu d'une forêt en ermite alors que d'autres avec une femme et plein d'enfants
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Citation:
Je pense que la recherche du plus et du mieux n'est pas présente dans chaque être humain ( ex : le berger sur le Haut Atlas marocain qui accompagne/conduit la transhumance de son troupeau ) . Je pencherais plus en faveur du côté "acquis" de la recherche du plus et du mieux .
Oui et non : bien evidement, j'ai utilisé un raccourci, pour ne pas m'etendre dans de fastidieuses explications (comme tu l'as si bien souligné). Toutefois, l'instinc de survie pousse l'homme a repondre a ses besoins physiques, ainsi qu'a la procréation. Il le pousse à éviter ce qui lui est nefaste, et a rechercher ce qui lui fait du bien. Il provoque l'aspiration au bonheur, que l'on pourrait definir comme un etat de grace ou toutes les aspirations de l'individu sont comblées. C'est toutefois un non-sens, puisque l'autre contrepartie de l'instinct de survie, c'est de pousser l'individu a évoluer.

Apres, evidement, ton berger peut tout a fait avoir trouvé une certaine forme de bonheur, et son surmoi lui permet de controler cet envie qu'il juge comme non-necessaire.

Tout les être vivants sont soumis a la lassitude : elle est le corollaire de cet instinct de survie (et de son besoin d'évolution) : en l'occurence, pretendre que ce berger n'a plus de désir, dans l'absolu, me semble vain. Tutefois, son surmoi lui dicte une conduite ou il appreciera ce qu'il a plus que ce qui lui reste a obtenir, rapporté a ce qu'il faudrait sacrifer pour l'obtenir.

De la même facon, le bonheur que l'on peut obtenir par la méditation Zen (la vrai, pas le "zen" dont on use dans le langage courant) n'est qu'une forme d'accomplissement par le surmoi : l'instinct n'y est plus present : seule la comprehension du monde qui l'entoure de facn consciente emmene le maitre-zen vers son accomplissement, et par la même, vers le bonheur auquel il aspire...

Ainsi, a travers ces 2 exemple, on peut effectivement affirmer que le bonheur ne tient pas qu'a l'inné.


Ceci etant, je ne l'avais d'ailleurs pas pré-supposé, je voulais simplement dire que la recherche du bonheur est un besoin chez l'homme : mais la facon d'y parvenir n'est pas forcement decorrelable du surmoi... je te l'accorde tres volontier...
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