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Dark Age of Camelot
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Grenouillebleue
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Chapitre 31: Rekk, avocat au barreau de Musheim

Rekk, un bourrin ?
Peut-être... pourtant, derrière cette enveloppe meurtrière, se cache l'âme d'un poète.

Sisi

Introduction
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Chapitre XVII
Chapitre XVII
Chapitre XVIII
Chapitre XIX
Chapitre XX
Chapitre XXI
Chapitre XXII
Chapitre XXIII
Chapitre XXIV
Chapitre XXV
Chapitre XXVI
Chapitre XXVII
Chapitre XXVIII
Chapitre XXIX
Chapitre XXX

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Rekk resta un instant les bras ballants, comme frappé par la foudre. La pointe de la lance le titillait maintenant sur le ventre, effleurant délicatement les bandelettes qui enserraient sa blessure. Il eut un mouvement machinal pour s'emparer de son épée, mais ses gestes étaient hébétés. Une pression plus forte sur sa poitrine le fit renoncer. Il eut un regard pour les autres. Shareen restait elle aussi tétanisée, le sourire toujours à moitié sur son visage. Laath se préparait à mettre pied à terre, et le bruit des arbalètes le figea avec une botte sur le sol, une autre dans l'étrier. Le vent se prit dans son manteau, et le fit onduler doucement.
"Bok ?" murmura le Banni, incrédule. "Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?"

Le capitaine des gardes soupira, et retira son arme. Une goutte de sang perlait au bout. Il n'avait pas l'air particulièrement heureux.
"Je suis désolé, Rekk. Je n'ai rien contre toi, mais les ordres sont les ordres." Il haussa les épaules. "Veux-tu bien déboucler ton ceinturon et me faire la promesse que tu ne vas pas tenter de t'échapper ? Ou préfères-tu que tout cela dégénère ?"
"Quel ordre, Bok ? De quel ordre est-ce que tu parles ? Tu dépends de moi, tu te souviens ?"
"Jette ton arme, Rekk. Je t'en prie"
"Réponds-moi d'abord. De quel ordre parles-tu ?"
Bok soupira de nouveau. Il le regarda droit dans les yeux, et baissa voix.
"Je t'en supplie, Rekk, ne m'oblige pas à te tuer" murmura-t-il. "Fais ce que je te dis. Nous parlerons plus tranquillement plus tard"

Le Banni soutint son regard un long moment. Lentement, il hocha la tête. Il approcha sa main de son épée, conscient des dizaines de carreaux pointés sur lui. Ses sourcils se froncèrent imperceptiblement. Si jamais il avait été en parfaite condition, il y aurait probablement eu des choses à faire. Il cilla. Reculer d'un pas pour que le corps de Bok gêne les arbalétriers, puis bondir en avant, sortir son épée, le poser sur la gorge du capitaine et le faire reculer avec lui jusqu'à la petite poterne. Ensuite…
Mais il était blessé – et il n'était pas seul. Supprimant une grimace de dépit, il déboucla son ceinturon avec obéissance, et le laissa glisser au sol. Le métal émit un bruit mat en heurtant les dalles.
"C'est bon, comme ça ?"
Bok se détendit imperceptiblement. Il baissa sa lance, et alla jusqu'à lâcher une main pour s'essuyer le front.
"Parfait. Tes compagnons, maintenant".
Son regard glissa sur Shareen et l'écarta comme si elle était insignifiante. Mais ses yeux étaient durs alors qu'ils observaient Laath. La lance se releva.
"Très bien, très bien" fit le voleur avant même que Bok ouvre la bouche. "Je ne suis pas stupide au point de me battre."
Lui aussi se débarrassa de sa ceinture et la lança négligemment sur le sol.
"Les dagues, aussi" grogna Bok, menaçant.
Laath hésita, puis il haussa les épaules. Avec des gestes mesurés, il entreprit de sortir deux dagues de ses manches, et les jeta sur le sol. Sentant le regard insistant du capitaine sur lui, il se pencha et retira un dernier poignard de sa botte gauche.
"C'est bon, comme ça ?" fit-il. "Je n'ai plus aucune arme sur moi"
"C'est même parfait" Bok hocha la tête. "Enchaînez-les !"
"Quoi ?"

Rekk grinça des dents de fureur, mais il ne bougea pas alors qu'on lui passait de lourds bracelets aux bras et qu'on les lui immobilisait dans son dos. Shareen et Laath subirent le même traitement, sans plus de douceur.
"Ma parole ne te suffit pas, Bok ?" gronda le Banni, l'œil étincelant. "Peux-tu enfin me dire ce qu'il se passe ?"
Le capitaine n'était visiblement pas à son aise du tout. Il passa de nouveau ses mains sur son front, puis les essuya sur sa tunique.
"On ne prend jamais trop de précautions, avec toi, Rekk. Tu sais comment tu es. Violent, et rancunier, et tout ça" Il se retourna, et leva sa main. "C'est bon ! Vous pouvez baisser vos armes !"
Laath poussa un soupir de soulagement alors que vingt arbalètes se détendaient autour de lui. Un muscle se contracta dans sa joue. Il jeta un coup d'œil à Shareen, mais la jeune fille ne le regardait pas. Les yeux dans le vague, comme si les bracelets de métal autour de ses poignets ne la gênaient pas, elle ressemblait à une impératrice recevant des courtisans.
Une dizaine de guerriers se pressèrent autour d'eux. Ils avaient l'épée au fourreau, mais leur regard restait méfiant. Certains arboraient des bandages au front ou aux bras, et du sang maculait leurs habits. Ils baissèrent les yeux lorsque Rekk les regarda.
"Suivez-moi" fit Bok, tournant les talons. "Nous discuterons plus à notre aise de la suite dans la grande salle. Tous les hommes voudront y assister"
"Tu as des façons étranges d'inciter à la discussion, Bok" grommela le Banni en lui emboîtant le pas. Shareen et Laath le suivirent presque machinalement.
L'homme eut un rire bref.
"Ce sont les méthodes que tu emploierais toi-même, dans une situation identique. Je suis surpris qu'elles ne te plaisent pas." Il baissa la voix. "Ca ne me fait pas plaisir de te traiter comme ça, mais c'est nécessaire. Tu comprendras lorsque nous arriverons"
"Oh, je crois que je comprends déjà. C'est l'Empire, n'est-ce pas ?"
Bok serra les dents, et ne répondit pas.

Ils avancèrent dans un brouillard d'hommes en armes. Le château bruissait d'activité, alors que les guerriers se pressaient tous pour les accompagner dans la grande salle. Bien qu'ils soient entourés par quatre épaisseurs de murailles et à l'abri des agressions, la plupart portaient comme par habitude leur cotte de mailles habituelle, usée jusqu'à la trame. Shareen observa même un homme qui avait rapiécé la sienne avec du fil, une aiguille, et un peu de cuir tanné. Le résultat aurait été grotesque sur n'importe quelle personne, mais l'homme avait un regard hanté et cruel qui n'incitait pas au rire.
Alors qu'ils marchaient, elle vit Rekk tenter de discuter avec plusieurs hommes mais, toujours, les visages se fermaient et les guerriers s'éloignaient – à regrets, semblait-il. L'un d'eux alla jusqu'à baisser la tête et chuchoter quelques mots d'un air de comploteur, mais Bok agita la main, furieux. L'autre s'écarta de mauvaise grâce.
"Moi qui croyais qu'on en avait enfin fini avec les aventures" murmura Laath à l'oreille de la jeune fille. Il avait l'air terrifié. On pouvait difficilement l'en blâmer.

Elle haussa les épaules, tentant de contrôler sa propre angoisse. Lorsqu'elle parla, elle fut surprise de la fermeté de sa voix.
"C'est vrai que tu ne connais pas Rekk depuis aussi longtemps que moi… Dani avait raison, cet homme attire les malheurs comme le miel les abeilles. C'est incroyable à voir." Elle fronça les sourcils. "Et pourtant, d'une manière ou d'une autre, il s'en sort toujours. Je suis convaincu que, quel que soit le problème, il parviendra à y survivre d'une manière ou d'une autre"
"Permets-moi de penser à ma propre vie, d'abord" grimaça Laath.
"Ca… Il n'a jamais été très bon pour garder les autres vivants, par contre"
"Merci pour ces mots de réconfort" soupira-t-il. "J'avais besoin de ça"
"Avec plaisir" persifla-t-elle.

Elle dut baisser la tête pour passer sous une arche, puis une lourde porte s'ouvrit devant elle. Rekk s'introduisit dans la salle de réunion sans un regard pour ceux qui le retenaient captifs. Shareen aurait aimé avoir autant d'assurance, mais les regards nerveux et les visages patibulaires des guerriers lui firent baisser les yeux. Seule la volonté de rester brave devant Laath pour ne pas qu'il panique complètement lui permit de passer la porte sans tituber. Mais, malgré toute sa volonté, elle ne put s'empêcher un mouvement de surprise en relevant les yeux et en embrassant la salle dans son ensemble.

Le Grand Hall du château méritait son nom. Colossal était le premier adjectif qui lui venait à l'esprit pour qualifier cette salle aux proportions titanesques. Peuplé fut le second.
C'était une salle de près de cent pieds de long sur quatre-vingt de large, meublée avec un goût tout relatif. Des dizaines de peau d'ours étaient étendues sur le sol, des peaux de caribou, d'élan, de loup ou de phoque. Il y en avait sur les murs, également, étalées comme autant de macabres portraits. Dans un coin, un énorme feu ronflait dans une cheminée assez large pour accepter un tronc d'arbre. Le bois qui brûlait ressemblait d'ailleurs suspicieusement à un vieux tronc rugueux.

Mais, malgré les dimensions de la salle, ce n'était pas cela qui fit manquer un pas à Shareen.
Le Hall était rempli de guerriers, assez nombreux pour laisser à penser que tant d'espace n'était pas de trop, finalement. Ils étaient près de deux cent, certains debout, d'autres accroupis, d'autres enfin assis en tailleur. Ils portaient tous leurs armes à la ceinture, et leur armure sur le dos. C'étaient des hommes rudes et rugueux, couturés de cicatrices, façonnés par la guerre permanente contre les barbares. Il y avait en chacun d'eux comme un peu de Rekk, dans la grâce avec laquelle ils bougeaient, dans la menace qu'ils exhalaient, dans le feu brûlant qu'ils arboraient dans les yeux. Ces hommes étaient les vétérans de centaines de combat. Plus rien ne pouvait les surprendre ou les déstabiliser.

Pourtant, lorsque le petit groupe fit son entrée, tous les yeux se tournèrent vers eux dans un bel ensemble, et plusieurs pupilles s'écarquillèrent d'étonnement. Ce fut un concert de frottement de pieds et de raclement de gorge, alors que Rekk suivait Bok avec obéissance jusqu'au centre de la pièce. La foule se sépara pour le laisser passer.
"Quel plaisir de se retrouver enfin chez soi" lança-t-il d'une voix forte, un sourire amusé sur le visage. "Depuis le temps que j'attendais de voir des visages amicaux !" Il fit cliqueter ses bracelets d'acier, et dévisagea l'un des guerriers les plus proches. "Comment vas-tu, depuis le temps, Meolf ? Les engelures, ça s'est calmé ?"
"Un peu de pommade" grommela le dénommé Meolf, avant de baisser les yeux. "Ca va mieux, maintenant"
"Et toi, Lersh ? Tu as fini par tuer ton premier barbare, ou bien ils continuent à s'enfuir devant toi ?"
Le jeune homme aux cheveux pâles à qui il s'adressait sourit brièvement.
"Ils ont bien trop peur de ma hache"
"Ou de ton odeur !" cria quelqu'un dans la foule. Il y eut de nombreux rires, alors que certains se détendaient.
"Tu nous as manqué, Rekk" grimaça un troisième, avançant pour montrer le bandage qui couvrait ce qu'il restait de son bras gauche. "Pendant que tu n'étais pas là, ces bâtards m'ont eu jusqu'au moignon"
"Tu le leur a fait payer cher, j'espère" fit Rekk, fronçant les sourcils.
"Pour sûr ! Ils ont pas vécu pour s'en réjouir. Leurs bras sont dans le ventre des corbeaux, maintenant"
"Ou des loups" ajouta un autre.
"Un loup ne voudrait pas de leur sale carcasse" ricana un autre.

Il suffit d'un instant pour que la salle s'emplisse de cris et de rires. Shareen les regarda avec incrédulité. Ils avaient eu l'air si accusateur, lorsqu'ils étaient rentrés, et voilà qu'ils plaisantaient avec bonhomie.
"Silence !" s'exclama Bok, levant les bras au-dessus de sa tête. "Silence, tous !" Progressivement, le brouhaha se calma. "Vous savez tous pourquoi nous sommes ici !"
"Non" fit tranquillement Rekk. Bok l'ignora avec affectation.
"Qu'on fasse venir l'envoyé !"

Il y eut une commotion au fond de la salle, alors que les guerriers s'écartaient de mauvaise grâce pour laisser le passage à quelqu'un.
"Laissez-le passer ! Allons !" grogna Bok. "Ne soyez pas ridicules, arrêtez de lui bloquer le chemin !"
Poussé par les guerriers qui se refermaient en un bloc compact derrière lui, l'intrus traversa les dernières coudées en courant à moitié. Il était escorté d'une dizaine d'hommes en armes habillé de sa livrée, qui lançaient des regards nerveux autour d'eux.
"Marquis de Lutin… Quelle bonne surprise" fit Rekk, froidement.

Shareen plissa les yeux. Marquis, cet homme ? Il en avait peut-être les habits, mais certainement pas l'apparence. On ne pouvait faire aucune remontrance sur sa livrée, pourpre et azur et or, avec le lutin stylisé au centre de son blason. Mais c'était un vieil homme d'une soixante d'années, sec et ridé comme une branche morte, au visage d'une pâleur de cendre. Des veines bleuâtres étaient visibles sur ses mains parcheminées, et l'une d'entre elles battait fortement sur son front.
"Je ne pourrais pas en dire autant, Démon Cornu" cracha le noble avant d'être pris d'une forte quinte de toux. Il se plia un instant en deux, puis releva la tête avec colère. "Ta simple présence ici insulte ces vaillants guerriers et porte préjudice à l'Empire ! Ce sera un plaisir de ramener ta tête en offrande à Sa Grâce" Il eut un sourire discret. "N'ayez crainte, courageux soldats. Je mentionnerai votre coopération à l'Empereur, et il se chargera de subvenir à vos besoins"
Rekk ignora complètement le marquis et se tourna pour toiser froidement son capitaine. Malgré les chaînes qu'il portait au poignet, son regard suffit à faire reculer Bok de quelques pas, et à se lécher nerveusement les lèvres.
"Bok. Qu'est-ce que cela signifie ? Tu me vends à l'Empire ?"
"Ce n'est pas exactement comme ça" fit Bok, embarrassé. "Mais il faut nous comprendre"
"Comprendre quoi ? Que tu es un traître ? Que tu es prêt à ramper aux pieds de l'empire pour trente pièces d'or ?" Il se tourna vers les guerriers qui l'observaient. "Une belle somme, si vous devez la partager entre trois cent personnes."
"Nous ne sommes guère plus de deux cent, maintenant" marmonna Bok en baissant les yeux.
"La situation est plus compliquée que cela" fit le marquis d'un ton cauteleux. "Ce n'est pas tellement une question d'argent. Pourquoi voudriez-vous tout réduire à cela ? Non, ces braves gens semblent soudain éprouver une loyauté accrue pour l'Empire et pour la personne de Sa Grâce Theorocle. Sachons leur en rendre grâce"
"Nous ne pouvons pas tenir, Rekk" interrompit soudain Bok, sans relever la tête. "Nous ne pouvons pas tenir, sans le soutien de l'Empire"

Un sourire se fit lentement jour sur les lèvres du Banni. C'était une grimace fort déplaisante. Avec tous les yeux de l'assistance sur lui, il se dressa de toute sa taille.
"Tiens donc ? Qu'est-ce que tu veux dire par là, Bok, mon très cher ami ?"
"Tu le sais très bien ! Château Bertholdton n'existe qu'avec l'accord de l'Empire"
"J'ai pourtant souvenir que nous n'en avons pas eu besoin pendant plus de vingt ans que j'ai été ici"
Bok secoua la tête avec exaspération.
"Pas besoin ? Qui nous amène les wagons de nourriture ? Qui nous fournit des hommes pour tenir les remparts ?"
"Ca fait près d'un an que je n'ai pas vu la moindre nouvelle recrue venir nous renforcer" protesta Rekk.
"Précisément. Et le résultat, le voilà. Nous sommes de moins en moins, et les combats sont de plus en plus meurtriers pour tenter de repousser les barbares. Tu ne te rends pas compte des difficultés que nous avons eues, pendant que tu abandonnais tes fonctions pour des raisons qui te sont propres" Il soupira. "Je sais ce que c'est que de perdre une fille, Rekk, mais c'est toi qui nous a trahis, en nous laissant ainsi. D'autant plus que les barbares ont redoublé d'effort depuis que le temps s'est adouci"
"Helmek Brise-nuques est tombé" fit une voix rauque, dans l'assistance.
"Jolash Croc-de-loup aussi"
"Et Mersh la Verrue !"
"Et Perdneh Oreille-barbare !"

La salle se remplit de grondements alors que les noms des morts étaient énoncés. Rekk fronça les sourcils, interdits. Il y eut un grincement métallique alors qu'il secouait ses menottes. Profitant de son trouble, le marquis de Lutin leva les mains en l'air pour capter l'attention de l'audience.
"Vous avez raison ! Vous avez raison ! Ces morts sont entièrement la faute de ce maudit démon, et il est de mon devoir de l'amener à la justice ! Grâce à votre coopération, Bertholdton sera de nouveau florissant. L'empereur enverra des hommes et des vivres pour lui rendre la grandeur d'antan." Il baissa le ton comme pour murmurer à l'oreille de Bok, mais sa voix portait encore dans la salle entière. "Après tout, quelle importance a ce Rekk pour vous ? Il vous a abandonné dès qu'un problème s'est fait jour. Il vous a tous laissé tomber pour poursuivre ses chimères. Il ne mérite pas votre compassion"
"Marquis…" murmura Bok, hésitant. Mais déjà, le noble lui serrait la main avec force.
"Laissez-le croupir dans vos geôles cette nuit. Nous reprendrons notre route demain, pour revenir à Musheim. Je prendrai soin d'annoncer à l'Empereur à quel point vous avez été compréhensifs et obéissants. Il en sera certainement ravi. Et, comme convenu, il vous enverra des troupes dans l'heure"
"J'en doute fort" fit le Banni avec un sourire paresseux. "Vous jouez avec des cartes biseautées, Marquis. L'empereur n'enverra aucune troupe. Il ne peut se permettre d'envoyer aucune troupe, et il le sait"

Il y eut des remous dans l'assistance.
"Qu'est-ce que tu veux dire ? Explique-toi, Rekk" ordonna Bok avec une fermeté qu'il était loin de ressentir.
Comme s'il n'était pas enchaîné, le Banni eut un sourire suffisant. Il se mit à déambuler dans la pièce tel un professeur face à ses élèves, et les guerriers firent place pour qu'ils puissent passer.
"C'est bien simple. L'empereur vient, avec l'habileté et l'intelligence qui le caractérise, de déclarer la guerre à Koush. Il va devoir envoyer ses légions affronter l'ennemi sur son flanc sud. De plus, il a à faire face actuellement à la révolte d'un certain nombre de ses Maisons – dont, semble-t-il, vous ne faites pas partie, cher Lutin. Lorsque je suis parti, il y avait des combats dans le palais. Visiblement, les choses se sont calmées d'elles-mêmes, mais je ne serais pas surpris que l'empereur ne surveille avec attention les frontières de ses provinces, dans l'inquiétude d'un soulèvement. Je ne pense pas que, dans ces circonstances, il pourra faire le moindre geste pour vous aider… si même il le désirait"
"Et, pourquoi ne le voudrait-il pas ?" protesta un homme dans l'assistance, levant son marteau de guerre en un geste menaçant. "Ca fait des années qu'on protège son empire pour lui."
"Justement !" fit Rekk, se retournant avec brutalité. "Et durant ses années, qu'est-ce que l'empereur vous a apporté ? Est-ce qu'il vous a aidés ? Est-ce qu'il a même reconnu votre existence ? Est-ce que les bardes chantent vos exploits ?"
"Non" grommelèrent une partie des guerriers réunis, hésitants.
"Felehn, je t'ai vu repousser à toi seul sept barbares qui cherchaient à prendre de force la poterne du château. Tu les a retenus le temps que l'alarme soit donnée et qu'on puisse les abattre bien proprement. Est-ce que tu crois que quelqu'un se rappelle de ce fait d'armes ?"
"Moi, je m'en souviens !" gronda quelqu'un dans l'assistance.
"Et moi !" rugit un autre.

"Moi aussi" fit gravement Rekk, reprenant la parole. "Je m'en souviens comme si c'était hier. Je sais que tu es un héros. Je sais que vous êtes tous des héros. Mais l'Empire ne le sait pas, et il est temps qu'il l'apprenne"
Bok se grattait le crâne avec énergie, cherchant à rassembler ses pensées. Il ouvrit la bouche pour commenter ce que venait de dire le Banni, mais le Marquis s'inséra avec habileté dans les quelques secondes de silence.
"Ne l'écoutez pas !" glapit-il, la voix tendue par la fureur. "C'est un meurtrier et un assassin !"
"Comme nous tous, ici !" fit une voix dans la foule. Des rires lui répondirent.
"Ne soyez pas ridicules !" continua le marquis, comme s'il n'avait pas entendu l'intervention. "Rekk affabule. L'Empire n'a jamais été aussi bien portant, et Theorocle est un homme qui tient ses promesses"
"Theorocle ? Un homme ? C'est bien la première fois que je vois ces deux mots ensemble" ricana le Banni. "Des poils lui ont poussé autour de l'engin depuis la dernière fois que je l'ai vu ?"
De nouveau, les rires lui firent écho. Le discours gouailleur du Faiseur de Veuves passait beaucoup plus facilement que les manières empruntes d'arrogance du nobliau.
"Blasphème !" cracha ce dernier. "Vous parlez contre l'empereur"
"Et qu'est-ce qui m'en empêche, crapaud visqueux ?" siffla Rekk. "Depuis des années, nous nous battons pour son bon vouloir, et nous mourons pour lui. Mais c'est fini, maintenant. J'ai bien l'intention de cesser cette guerre inutile. Nous méritons mieux qu'une poignée de neige et une tombe anonyme. La richesse et la gloire nous tendent les bras !"
Ses poignets étaient toujours immobilisés dans son dos, et les chaînes y brillaient avec fermeté, pourtant il parlait comme s'il dirigeait encore le château, et si le marquis n'était qu'un courtisan qui outrepassait ses droits.
Shareen et Laath, serrés l'un contre l'autre, étaient désormais totalement oubliés. Les guerriers étaient tous tournés vers le duel de mots qui se déroulait devant eux. Car il s'agissait bien d'un duel. Et Rekk n'en avait jamais perdu un seul.
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Le marquis n'était pas stupide. Il sentit le vent tourner, et sa voix se raffermit.
"Silence, chien" gronda-t-il. "Ne gaspille pas ainsi ta salive sur moi." Il se tourna vers ses gardes. "Otez-le de ma vue tout de suite. Nous partirons demain à l'aube"
Il se détourna comme si la conversation était finie. Lorsqu'une main se posa sur son épaule, il se retourna avec colère. Puis, son visage changea de couleur. La main appartenait à Rekk.
"J'ai pris l'initiative de le libérer" fit Bok, innocemment. "Je pense que nous avons encore beaucoup à discuter, et la nuit est encore jeune. Rekk n'est peut-être plus Baron, mais il reste notre chef. Pour qu'il soit déchu, il faut que nous nous réunissions avec le conseil des guerriers. C'est une coutume ancestrale de Bertholdton"
"Une coutume ancest… quoi ?" Le marquis s'étranglait à moitié. "J'ai derrière moi l'autorité de l'Empereur ! Je n'ai que faire de vos coutumes"
"L'autorité impériale est faible, aussi loin de Musheim" murmura Rekk, presque tendrement. "Et je crois que mes hommes aimeraient m'entendre avant qu'un quelconque jugement soit rendu"
"Lâche-moi !" glapit le marquis, tentant en vain de retirer la main sur son épaule. "A moi, la garde !"

Les soldats ne bougèrent pas. Deux cent hommes en armes les regardaient avec un air mauvais, caressant doucement qui le fer d'une hache, qui la hampe d'une lance, qui le pommeau d'une épée. Sagement, ils s'abstinrent de tout mouvement, et regardèrent ailleurs. Le noble poussa un gémissement pathétique.
"Eh bien, eh bien" fit Rekk avec bonne humeur, "vous ne voulez pas écouter ce que j'ai à dire, marquis ? C'est pourtant simple" Sa main libre se serra en un poing vengeur. "Depuis des années, l'empereur nous ignore. Je n'ai pas l'intention de mourir pour lui plus longtemps. Si jamais nous avons été des criminels autrefois, j'estime notre dette cent fois payée. Je vous propose de continuer à vous battre. Mais cette fois-ci, vous vous battrez pour vous, pas pour un obscur empereur caché dans ses draps de soie dans une ville à plus de quinze jours de cheval. Je vous propose de quitter la neige, le froid et les engelures pour retrouver des terres plus agréables. Je vous propose d'avoir toujours une bourse et un ventre pleins. Je propose de vous rendre riche, et de vous couvrir de gloire"
Bok haussa ses épaules massives.
"Ca me paraît intéressant, tout ça, mais comment est-ce que tu veux qu'on fasse ça ? Parce que, si on ne te livre pas, l'empire ne va pas beaucoup nous aimer"
"Oh, si on suit ma proposition, l'Empire ne va en effet pas nous apprécier. Mais je pense qu'on n'en aura pas grand chose à faire." Il ricana. "Ce que je propose, c'est tout simplement d'attaquer l'Empire"

La salle explosa sous les cris et les sifflets, alors que des hurlements enthousiastes ou antagonistes se faisaient entendre de tous les côtés. Le marquis était blanc comme un linge dans la poigne du Banni, et ses yeux étaient remplis d'incrédulité. Il porta sa main à ses oreilles pour épargner à son ouïe sensible le vacarme ambiant.
Il fallut cette fois-ci plus qu'un simple mouvement de main pour ramener le silence. Les hommes s'approchaient pour mieux entendre, et les bruits de pied raclant le carrelage noyèrent toute tentative de parler.
"Explique-toi" proposa finalement Bok, lorsqu'un semblant de discipline fut revenu.
"Stupidité ! Stupidité !" siffla le Marquis, avant de se taire devant la menace d'une main levée.

Rekk prit tout son temps pour parler. Un sourire froid jouait sur ses lèvres.
"Que sommes-nous, ici ? Quel est notre avenir ?" fit-il tranquillement, sans élever la voix. Par réaction, tous tendirent l'oreille. "Nous sommes tous condamnés par la justice de l'Empire. Vous avez entendu le marquis. Il ne vous propose pas l'absolution pour vos fautes, il ne vous offre pas le pardon impérial. Non, tout ce qu'il vous donne, c'est la promesse que vous ne serez pas seuls à mourir – et que vous le ferez le ventre plein. Ce qu'il vous donne, c'est l'assurance que vous resterez ici, dans cette forteresse battue par les vents, à défendre ces murs avec bien plus de courage que tous ceux qui vous ont condamné. Est-ce que vous trouvez ça juste ?"
Les cris de "Non !", "Pas du tout !" se firent entendre, ainsi que plusieurs sifflets. Un homme hurla même "A bas l'empereur", avant de se taire et de regarder nerveusement autour de lui, sa lance raclant sur le sol.
"Continue" fit Bok, les yeux rivés dans ceux du Banni.
"Moi, je ne trouve pas ça juste" gronda Rekk. "Moi, je trouve ça lamentable. Je pense que nous avons mieux à faire avec nos vies que de les sacrifier pour le bon vouloir de quelqu'un d'autre. Je pense que, quitte à les sacrifier, il y a de meilleures causes, et de meilleurs endroits pour mourir." Il leva le poing. "Quitte à être des hors-la-loi, autant l'être jusque au bout !"
"Oui !" hurla Meolf, frappant sa hache contre son bouclier. "Bien dit !" cria un autre. "Il a raison !" lança un troisième. "Comment ?" gronda un autre. De nouveau, les cris enveloppèrent toute la salle, puis retombèrent progressivement alors que Rekk levait sa main libre.

"Nous sommes nombreux, et bien entraînés !" cria-t-il. "Nous avons combattu les barbares des années durant ! Il est temps de quitter Bertholdton. Il est temps d'abandonner cet empire aux pillards et aux barbares. Que nous importe, après tout ? Nous sommes tous des sans-caste, des sans-famille, l'empereur y a veillé. Abandonnons le château, et marchons sur l'Empire !" Il fit une pause. "Nos armures sont en loques, nous manquons de nourriture, et nous n'avons pas un sou en poche. Mais les greniers de l'Empire sont pleins à craquer, et l'or y coule à flots. Pourquoi le protéger, quand on peut le piller ? Pourquoi être le bouclier, quand on peut être l'épée ?"
Des vivats commencèrent à faire trembler la salle, alors que Shareen regardait Rekk terminer sa diatribe, la lèvre tremblante. Ce n'était pas l'homme qu'elle connaissait. Le Banni était trop épris de justice, de sa justice, pour envisager ne serait-ce qu'une seule seconde se changer en un brigand et un pillard. Pourtant, ses yeux brillaient alors qu'il décrivait aux hommes autour de lui les combats qui les attendait. Il y avait dans son regard quelque chose de beaucoup plus puissant que son désir de justice: sa soif de vengeance.

Shareen frissonna. Etait-elle prête à continuer cette aventure ? Etait-elle prête à accompagner des brigands dans leurs exactions, juste pour accomplire sa vengeance à elle ? Le visage de Malek flotta devant ses yeux. Elle avait encore sur ses lèvres le goût de ses derniers baisers, et une marque sur son sein gauche, là où il l'avait mordillée en se moquant gentiment de son manque de poitrine. Son estomac se serra, et la fureur monta en elle comme une lame de fond, emportant ses derniers restes de conscience. Elle regarda autour d'elle à travers un filtre de sang. Ils étaient tous debout, maintenant, à acclamer Rekk. C'étaient des voleurs de chèvre, des tire-laines, des cambrioleurs, des spadassins, des ivrognes, des mendiants. C'était la lie de l'empire, dont on avait cherché à se débarrasser. Mais ils avaient fière allure, alors qu'ils levaient leur poing droit en hurlant des chants de guerre. Sans qu'elle en aie conscience, et malgré ses poignets attachés, elle les imita du mieux qu'elle put.
"Ne faites pas ça !" glapit le marquis alors que les applaudissements crépitaient. Il tenta de se dégager de la poigne de fer qui lui serrait l'épaule. "Vous pouvez encore avoir le pardon impérial. Vous le pouvez !"
D'un geste trop rapide pour que le capitaine puisse intervenir, Rekk posa sa main libre sur la tête du noble, et tourna avec force. Le craquement de la nuque résonna avec force dans le silence revenu. Le faiseur de veuves venait de faire une veuve de plus.

"Maintenant, nous n'avons plus le choix" fit-il tranquillement, lâchant le corps sur le sol. "L'empereur ne pardonnera pas cet assassinat. Si nous restons à nous terrer ici, tôt ou tard, nous mourrons. Par les barbares, ou par l'Empire.
Seul le silence lui répondit. Tous les regards étaient posés sur le cadavre étendu sur le sol. Les gardes du marquis avaient l'air éperdu, alors que les guerriers se resserraient autour d'eux.
"Rekk" fit Bok, coupant les murmures de la salle de sa voix de stentor. "Tu comptes vraiment nous faire attaquer l'Empire ? C'est de la folie furieuse. Les villes importantes sont fortifiées, et l'empereur peut aligner plusieurs légions. Nous serons obligés de nous cacher, et de piller des villages et des fermes. Je ne vois pas la gloire ni la richesse, là dedans"
Le Banni poussa le corps du noble du pied avec mépris.
"Qui te parle de village ? Qui te parle de ferme ? C'est Musheim que nous allons prendre."
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~1st

<part lire>

...

<vient de terminer>

Toujours aussi bien, vite la suite
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Myclas
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vraiment excellent
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grandiose... j'espère que ça finira mal
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Ahlmael
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Baastooooooooooooooooooooooon !
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Excellent celui là

< file se coucher >
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Trois chapitre d'un coup ! Sa assouvit ma soif de suspense à la fin de chaque chapitres

Dommage pour Malek, je trouvais qu'il aurait pu encore bien évoluer.
Et Laath n'arrive décidément pas à capter mon attention.

Par contre Reek !


Bibi, mon crapaud
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GreGre prix Goncours !!
GreGre prix Goncours !!!
GreGre prix Goncours !!!!
GreGre prix Goncours !!!!!
__________________
Sur GW2 : Gannon Darmon

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ha ben celui la je le trouve bien mieux que les deux précédant au niveau du contenu. Au niveau du style toujours rien a dire.

LA phrase du chapitre de mon point de vue c'est celle la :
Citation:
"Et qu'est-ce qui m'en empêche, crapaud visqueux ?" siffla Rekk.
Tu as quelque chose contre les crapauds, grenouille?
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Shanya/Shanaryv
Reine
 
C'est pour quand l'adaptation au cinéma ?
Je réserve mes billets dès maintenant
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Nepher
Roi
 

super



Citation:
Pourquoi protéger, quand on peut piller ? Pourquoi être le bouclier, quand on peut être l'épée ?
j'adore ça


-----------
Nepher
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Citation:
Provient du message de Arganak
grandiose... j'espère que ça finira mal

Si seulement tu savais
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Opossum // Leel
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ouahouuu !
Ca c'est du tout bon !

BraBra Grenouille !
euhhh..

Bravo GreGre !
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Citation:
Provient du message de Grenouillebleue
Si seulement tu savais
He oh !! messant crapo !! tu joues avec nos nerfs et notre impatience suffisament ainsi alors didioux !!! insiste pas plus !!! Greugreugreugreu 1!!

( Que dire, sinon tres bon et LA SUITE BOUDIOUX !! )
__________________

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->Mon Joyeux Bordel !! France - Liban/Moyen Orient - politique/religion & geek attitud ... !
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