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Forum jeux-vidéo>Neverwinter Nights
le Théâtre des Illusions
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Le 28 juin, année de la Chope

Après des jours et des jours à cheval et de nombreuses haltes, la vue de Suzail, capitale royale du Cormyr, m’éblouit. Dominée par le château fortifié du Roi Azoun IV, de nombreuses tours s’élevaient au dessus des grands murs d’enceinte blancs. Les affaires risquent d’être bonnes dans une si riche cité.

Je m’approchai alors de l’entrée Nord de la cité. Quel spectacle. Tant de gens, une ville florissante, un bonheur apparent sur tous les visages. Une taille dépassant de loin celle de la Porte de Baldur. J’étais tellement étonné qu’une telle cité humaine existait que je ne remarquai presque pas le garde qui s’approchait de moi. Il m’interpella, me sourit et me posa quelques questions de routine concernant les raisons de ma présence ici, d’où je venais et combien de temps j’allai rester. Il faisait partie de la Garde des Dragons Pourpres, l’armée puissante et redoutée du Cormyr. A ma grande surprise, il n’était pas armé et était fort sympathique. Je lui répondis que je venais de la Côte des Epées, que je venais en ville pour commercer et que je comptai rester deux ou trois jours. Il comprit que j’étais un aventurier et m’invita à venir conter mes aventures dans la caserne en fin de soirée. Flatté, j’acceptai. Il prit mon cheval et le plaça dans les écuries de la garde.

Nous discutâmes quelques bonnes minutes de la ville en elle-même. Il m’indiqua les endroits les plus importants et intéressants de la ville. Puis, il me fit part de toutes les coutumes cormyriennes, notamment celle concernant le port d’arme. Toute arme devait être rangée dans son fourreau et liée à ce dernier par des liens de paix. En bref, ces liens symbolisaient le fait qu’en tant qu’aventuriers, nous venions en paix dans cette contrée. Coutume intéressante. Il noua donc ces liens à mon épée courte rangée dans son fourreau contre mon flanc gauche. Bien entendu, je ne mentionnai pas les quelques dagues, couteaux et stylets dissimulés dans mes bottes et dans mes vêtements en général. Après avoir réglé ce genre de formalités, je le remerciai pour ses conseils et le quittai en lui assurant que je serai ravi de conter mes exploits à ses collègues ce soir.

J’éprouvai presque de la sympathie pour cette homme. Pourtant, c’était un garde. Je ne pensai pas que de telles personnes pouvaient être spontanément et gratuitement agréable ainsi. Cette ville me plait. Pas au niveau de l’argent que je pourrais facilement gagner mais… je me sentais bien ici. C’est un sentiment très étrange, je ne m’étais jamais senti bien quelque part…

Je me promenai alors dans cette ville. Je dois avouer avoir été émerveillé par les sublimes bâtisses et par tous l’ensemble de la ville en réalité. Je suis également allé dans les quartiers « pauvres » de la ville. Grand étonnement : ils ne ressemblaient en rien à ceux de la Porte de Baldur où on pouvait lire la pauvreté des gens sur leurs visages. Ici, le quartier pauvre devrait correspondre à celui de la caste moyenne dans la cité baldurienne.

Ayant quelques objets dont je devais m’assurer de la nature magique, j’allai au temple de Tymora, déesse de la chance que le garde m’avait indiqué. Je m’arrêtai devant la bâtisse, ébahi. Le temple était composé d’une structure principale de grande taille qui se séparait en deux tours quelques mètres plus haut. Les tours, d’un blanc écarlate et d’une pureté irréprochable rivalisaient presque avec celles du château d’Azoun. J’entrai et tombai en plein milieu d’un office religieux. Plus de cinq cents personnes étaient là, attendant la bénédiction de la déesse par l’intermédiaire du grand prêtre. La procession dura environ vingt minutes. Les gens commencèrent à sortir et à se disperser dans la rue. Je m’approchai alors d’un des assistants du grand prêtre. Il me salua amicalement et me demanda les raisons de ma présence dans le temple. Je lui répondis que je devait faire identifier les propriétés magiques de certains objets par le temple. Il me proposa de me bénir au nom de Tymora. Par politesse, j’acceptai bien que mes croyances soient tournées vers Brandobaris. Il me bénit avec l’eau d’un bénitier, lança quelques paroles dans un langage que je no connaissait pas. Il posa ses mains sur ma tête et me dit qu’il avait terminé. Je ne le réalisai pas tout de suite mais un bien-être m’inondait et c’est une sensation très rare dans nos contrées. Je lui confiait alors mon stylet magique et ma robe d’apprenti. Il refusa poliment de prendre la robe, étant d’origine purement profane. Il me dit de revenir le lendemain. Je sortis du temple, cette sensation bizarre mais agréable était toujours présente.

J’allai alors à la taverne des Mâchoires du Dragon, connue des aventuriers pour son rapport qualité-prix irréprochable. Le bâtiment en lui même n’avait rien de spécial ; la décoration extérieure elle, l’était. La partie supérieure d’une mâchoire de dragon en pierre sortait du bâtiment à deux mètres du sol, juste au dessus de la porte d’entrée. La mâchoire inférieure était symbolisée par deux crocs assez conséquents sortant du sol à proximité de la porte. J’entrai et demandai à une serveuse une chambre pour quelques jours. Apparemment, ils possédaient une chambre semblant être identique aux habitats traditionnels halfelings. Je pris bien entendu cette chambre afin de voir à quoi ressemblait ce genre d’habitat que je n’ai jamais pu connaître, ayant été élevé dans une cité humaine. Je payai d’avance, posa quelques affaires dans mon chambre fort confortable et repartis.

Je voulais visiter l’armurerie principale de Suzail, réputée pour ses armes magiques de très grandes qualités. Je m’arrêtai devant le bâtiment, de très grande taille et recouvert de plaques métalliques qui reflétaient les rayons du soleil couchant. Trois gardes armés étaient en faction devant la porte principale. Il me posèrent les questions de routine dont je commençai à connaître les réponses par cœur. Il me laissèrent entrer. J’ouvris la porte massive avec un peu de mal et tombai dans une salle immense. Quelle merveille. Des armes, armures, heaumes rangés par taille et par type à profusion. Une armure de plates complètes était exposée devant moi sur un mannequin. Déjà impressionnante par sa taille, en s’approchant on pouvait se rendre compte du travail fourni pour cette armure : le moindre centimètre carré était orné très finement. J’étais déjà admiratifs envers les armuriers rien qu’en ayant regardé la première chose qui se présentait à moi. Je balayai la salle des yeux ; pas de gardes. En me promenant dans les rayons, un émerveillement immense m’envahissait. Des épées courtes d’une beauté incroyable, d’une finesse elfique, d’un tranchant parfait étaient exposées par dizaine dans le rayon dédié aux épées de ce type. Malgré mon émerveillement, un sentiment bizarre, désagréable se faisait ressentir. Une atmosphère lourde, oppressante. Je compris rapidement que de puissants sorts de protections assuraient la sécurité de tous ces objets.

Je perçus alors un bruit feutré dans mon dos. Je me retournai et vis un demi-elfe qui faisait office de vendeur. Nous discutâmes de prix, de qualité de tous ces objets. Je ressentais la fierté cormyrienne dans ces paroles. Après de longues minutes, je compris que rien n’était abordable pour moi, au niveau prix comme au niveau illégal auquel je songeai sérieusement. La moindre épée courte faiblement enchantée était vendu pour une centaine de milliers de dragons d’or. Je quittai donc ce bâtiment émerveillé mais tout de même déçu de ne rien pouvoir acheter et surtout d’être totalement impuissant devant tant de protections magiques.

Me souvenant de ma promesse envers le garde concernant le récit de mes aventures, j’allai acheter un tonnelet de vin fort goutteux et entrait dans la caserne. Une ambiance inhabituelle était présente dans le baraquement : les gardes semblaient joyeux, buvaient, riaient, dansaient, tout le contraire de ce que je m’attendais à voir dans une cité à la puissance militaire si prononcée. Je passai le reste de la soirée et une bonne partie de la nuit avec eux, leur contant les faits d’armes de mes compagnons et de moi même, modifiant bien sûr la chose afin de ne pas éveiller les soupçons quand à ma nature pas vraiment proche de la loi. Je les quittai pour aller me coucher, ravi d’avoir passé une bonne soirée ; je dois dire que je suis fier de mes capacités de conteur et je crois en avoir ébahi plus d’un.
Sur le chemin reliant la caserne à la taverne, je ne croisait pas moins de quatre patrouilles armées et composées de cinq ou de six hommes. La cité et bien protégée. Le défi semble à la hauteur.

A l’heure du diner, je rentrai à l’auberge pour manger et m’assis à table avec un halfeling fort sympathique qui allait retourner dans on village aux abords de Valplume. Il portait le nom de Narfell. Je lui proposai donc de faire la route avec moi. Il accepta avec joie. Il n’était pas du métier mais restait fort sympathique à mes yeux. J’allai me coucher.

Dans ma chambre, je pensai à cette journée riche en émotions. Les habitants du Cormyr sont pourtant présentés comme des personnes hautaines et je dois avouer ne pas avoir rencontré de personnes hautaines aujourd'hui. La cité est fort agréable pour une vie paisible et saine. Peut être que je reviendrai vivre à Suzail si je décide un jour de prendre ma retraite.
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Le 29 juin, année de la Chope


Debout de bonne heure, je continuai à explorer la ville, puis allai récupérer mon stylet magique au temple de Tymora. Le prêtre m’expliqua que ce stylet était puissamment enchanté et qu’il ralentissait les réactions adverses (en termes AD&D, c’est un stylet +2 qui oblige à faire retirer le jet d’initiative d’une personne blessée par ce stylet à chaque fois qu’elle fait 1 ou 2 sur le d10 d’initiative). Je le remerciai et recommençai à repérer les lieux intéressants.

En passant par le marché, je tombai sur un vendeur ou plutôt un acheteur qui s’occupait des objets rapportés par les aventuriers. Peut-être y avait-il une chance qu’un de ses objets soit magique. Mon intuition était bonne puisqu’une des ceintures possédait quelques propriétés magiques assez caractéristiques. J’achetai la ceinture pour quelques pièces et repartis, heureux de ma trouvaille. C’était une ceinture à poche tout à fait banale, sinon que la poche arrière était en fait une poche sans fond avec une contenant approximative de vingt litres. Cette poche conduisait vers un plan de petite taille. Je pouvais donc cacher aisément des objets plus que gênants en cas de problèmes.

Je continuai alors ma route. J’arrivai aux quartiers résidentiels nobles. La beauté et la richesse des demeure dépassait tout ce que j’avais vu à la Porte de Baldur. J’en profitai pour retenir le parcours et la fréquence des tours de gardes. Je cherchai alors la demeure des Argelame, une famille de nobles du Cormyr dont le fils avait participé aux épreuves de Talanthyr et que je soupçonnai d’avoir torturé Sombre 3. Par principe, je devais me venger et venger par la même occasion Sombre 3. Une sublime résidence leur servait de demeure. Par chance, les patrouilles de gardes ne passaient pas devant la résidence, leur trajet se situant à quelques maisons plus loin. Je m’approchai pour repérer l’éventuelle présence de gardes, de chiens ou d’autres choses peu agréables. Un grand portail semblait servir d’entrée principale. A partir du portail, j’observai les déplacements internes. Je repérai plusieurs gardes mais peu de mouvements. J’écartai immédiatement la possibilité d’escalader le mur, ce dernier faisant environ 2 mètres et demi de haut. Je trouvai alors un petit portillon réservé aux domestiques de la maison.

Je patientai alors jusqu’à la nuit avant d’agir. Je remarquai également que la fréquence des tours de gardes augmentait la nuit, à raison d’une patrouille toutes les dix minutes. Je devais donc être très attentif et me mettre au travail dès que la patrouille soit hors de portée. Au milieu de la nuit, je commençai mon travail. Après le passage de la patrouille, je me jetai sur le portillon, crocheta la serrure avec une facilité déconcertante. Avant de l’ouvrir, je le poussai légèrement. Un petit grincement se fit entendre. Je sortis un peu de graisse d’un récipient de mon sac et enduis les gonds afin d’éviter tout bruit inutile. Aucun couinement ne se fit entendre quand j’entrai dans le jardin. Je me dirigeai alors vers la porte d’entrée de la demeure. Aucun serrure n’était visible. La porte était faite d’un bois rare et le symbole de la famille se dessinait au milieu de la porte. Je tâtonnai un peu partout et en appuyant sur le symbole, dix serrures de très petite taille apparurent sur le côté de la porte. Je commençai à les crocheter. Aucune difficulté ne se fit sentir malgré la bonne qualité et la taille réduite des serrures jusqu’à l’ouverture de la cinquième. Je me jetai rapidement dans les fourrées, un bruit se dirigeant vers moi.

Au coin de la maison, je vis un garde armé et son chien. Je hais les chiens. Cet abruti de garde s’arrêta juste devant moi alors que j’étais caché dans un buisson. Le chien commença à renifler partout et sembla remarquer quelque chose d’anormal. Il renifla encore et encore, se rapprochant de plus en plus de moi. Et là, je sentis sa truffe humide contre mon nez.

Je gardai mon calme avec beaucoup de mal. Une seconde après, le garde continua sa ronde et tira la laisse de son chien qui laissai mon nez tranquille. Ils s’éloignèrent. Je poussai un grand soupir de soulagement, me relevai et recommençai mon travail.

Je vins à bout de dix serrures. Elles re-disparurent et la porte s’entrouvrit. J’entrai alors et tombai dans un vestibule richement décoré. En face de moi, un mur de verre reflétait légèrement mon reflet. Sa seule ouverture était une porte également de verre. Je m’approchai et examinait cette porte. Je remarquai quelque chose d’anormal au dessus de la porte : une genre d’éponge magique. Je sentis une présence magique émanant de cette éponge et plus précisément une aura d’invocation. Cela ne présageait rien de bon. Je décidai alors de ne pas toucher à la porte. La seule solution restante était de passer autre part qu’à travers la porte, c’est à dire par l’épaisseur de verre. Avec ma dague magique, je commençai à rayer le verre en demi-cercle.

Au bout de quelques minutes, une tranchée était visible. La tranchée devint une percée dans le verre. J’avais donc découpé dans la vitre de plusieurs centimètres d’épaisseur un demi-cercle qui me permettrait de passer après avoir poussé le gros morceau de verre. Je donnai un coup de pied dans ce dernier pour le faire reculer et je plaçai mes mains contre lui pour la ralentir. Malheureusement, le verre était trop bien poli et mes mains glissèrent. Le bloc tomba au sol avec un bruit sourd. Je rampai alors très rapidement pour passer et courut me cacher derrière un pot de fleur. J’attendis là une petite minute.

Une des cinq portes de cette salle s’ouvrit et je vis un homme de taille moyenne, peut être un veilleur, en chemise de nuit, une chandelle à la main. Il fit le tour de la salle et vit le bloc de verre au sol. Il se retourna, presque paniqué et balaya la salle du regard. Il représentait une menace. Je lançai alors un sort de sommeil. Il commença à vaciller. Je courus alors pour le rattraper, afin qu’il ne se réveille pas en tombant. J’amortis sa chute, rattrapai la chandelle et la soufflai. Je le traînai alors dans sa chambre. Je me doutais que le sort de durerait pas éternellement. Je lui tranchai alors la gorge, je n’avais pas d’autres solutions. Je sortis de la chambre, refermai la porte et observa alors la salle, chose que je n’avais pas pu faire dans la précipitation. C’était une salle dallée de marbre blanc, possédant cinq portes, dont celle de verre et deux escaliers se rejoignant à l’étage.

J’explorai alors les salles que je n’avais pas encore visitées. La première porte conduisait à la cuisine, la seconde à une petite salle de séjour, la troisième au salon et la dernière à une chambre apparemment réservée aux domestiques. Je me servais donc joyeusement dans la salle de séjour et dans le salon, tous les deux encombrés par un nombre impressionnant de bibelots. Je pris quelques statuettes et une collection de pipes fort jolie. Je mis le tout dans la poche sans-fond de ma ceinture. Je montai ensuite les escaliers. D’autres escaliers et un couloir s’offraient à moi. J’empruntai le couloir et tombai sur deux chambres.

A gauche, la chambre des parents. J’ouvris la porte avec le plus de discrétion possible, les propriétaires de la demeure étant bien dans leur lit. Je rampai alors jusqu’aux deux coffres au pied du lit. J’enlevai les quelques pièges pitoyables qui étaient censés protéger les coffres et crochetai les serrures le plus silencieusement possible. Le premier coffre était celui de madame. Des vêtements, une bourse mais surtout des bijoux. Je pris le tout. Le second coffre était celui de monsieur. Encore des vêtements, des livres de comptes et une grosse bourse. Je le délestai donc de ce sac de pièces qui était sûrement un poids inutile pour lui.

L’autre chambre était celle du fils prodigue. Quand je revis son visage endormi, une rage intérieure me brûlait les viscères. Je serrai les dents de toutes mes forces pour ne pas me jeter sur lui et le mutiler jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le boulot avant tout. Je lui tranchai la gorge proprement et observai son regard affolé et ses derniers moments de vie avec une satisfaction immense. Je lui avais donné une mort paisible et sans souffrances. Je regrettai presque de ne pas l’avoir torturé et de ne pas lui avoir fait avaler ses tripes mais il ne méritait pas que je me fasse repérer. Je sais que de toute façon, il sera suffisamment puni par les dieux eux même en arrivant au royaume des morts. Merde à son âme. Son coffre personnel contenait quatre gemmes fort jolies que je pris avec moi, n’étant plus d’aucune utilité pour son propriétaire.

Je montai alors au dernier étage. Il était uniquement pour les bonnes et les serviteurs. Je ressortis donc de cette demeure, bien heureux de cette vengeance et de m’être rempli les poches par la même occasion. Le butin s’élevait à 1080 dragons d’or, 80 pièces de platines, un collier de perles fines, un collier à pendentif, trois bracelets, deux paires de boucles d’oreilles, trois bagues, quatre gemmes et quatre statuettes.

Je retournai donc à l’auberge et me couchai, bercé par la terreur qui s’était échappée de ce sale fils de noble lorsque son cerveau a cessé d’être irrigué.



Le 29 juin, année de la Chope


Tôt dans la matinée, j’allai réveiller mon collègue halfeling que je n’avais pas vu la veille, ma journée ayant été très remplie. Nous achetâmes quelques provisions pour la route, je récupérai mon cheval et nous nous mîmes en route.
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Le 3 juillet, année de la Chope


Après être passé par Wheloune, Daerlune, contourné Mulhessen et avoir fait une halte à la ville portuaire de Selgonte, Valplume était en vue.

Une grande plaine, constellée de fermes, de champs aux couleurs diverses s’étendait à perte de vue. Aucun batiment principal n’était visible. Il n’y avait pas de ville à proprement dit. Mon collègue halfeling me dit qu’il continuerait la route seule, son village se trouvant à l’Est de Valplume. Il me remercia pour le voyage et pour ma compagnie. Il partit en direction de son village et disparut derrière une colline.

J’avançai alors dans les chemins séparant les grands champs de blé. J’interpellai un paysan et lui demandai la demeure de Séraphin Krynn. Il m’indiqua la demeure du clan Krynn. Je fus surpris par le terme « clan ». Je n’avais jamais entendu parler Séraphin de cela.
Après quelques dizaines de minutes de trot, je vis la demeure recherchée. Cela me fit chaud au c½ur de voir une demeure halfeling si traditionnelle. Je n’avais jamais eu l’occasion d’en voir une vraie. Semi-creusée dans une colline et recouverte d’herbe, c’était un réel plaisir pour les yeux. Une petite haie soigneusement taillée délimitait le jardin (qui était plutôt un potager d’ailleurs). J’attachai mon cheval à un piquet et poussai le petit portillon rose pour entrer dans la propriété.

Arrivé devant la porte ronde de la maison, je martelai la clochette à ma droite. Une petite minute plus tard, une halfeling âgée et de grande corpulence ouvrit la porte. Je la saluai et lui expliquai les raisons de ma venue ici. Je demandai alors à voir Séraphin. Elle sourit et dit qu’il y avait déjà quelques temps que Séraphin ne vivait plus avec sa tante. Elle sortit et m’indiqua une ferme au loin. Je la remerciai, repris mon cheval et repartis au galop.

Arrivé devant la petite maison construite selon le même modèle, je vis deux enfants en bas âge jouer dans le jardin. Sur la porte d’entrée on pouvait lire : « Séraphin et Isabella Krynn ». Je souris en voyant cette inscription. Cela me faisait vraiment plaisir que Séraphin ait pu obtenir la vie tranquille à laquelle il aspirait. Je tapai à la porte.

Une charmante halfeling aux cheveux roux et aux formes généreuses ouvrit la porte. Je me présentai. Elle sourit et me dit que son mari lui avait déjà parlé de moi. Elle prit ses deux rejetons dans les bras et me dit d’entrer. Elle me proposa de me débarrasser de mon sac, puis me montra le champ situé derrière la maison à travers une fenetre. Une silhouette était au milieu du champ. Elle me confirma ce que je pensai : il s’agissait bien de Séraphin. Je sortis et allai vers lui. Il fauchai le blé tandis que je m’approchai. Il se retourna, posa sa faux et vint à ma rencontre. J’eus du mal à cacher ma joie de revoir sa tête.

La fin de soirée passa très vite : Séraphin et moi discutâmes de sa nouvelle vie, de mes études de magie puis dînâmes. Sa femme était un vrai cordon bleu. Quel veinard. Elle nous laissa seuls pour aller border ses enfants. La vie de père semblait combler Séraphin. Il me proposa de rester la semaine à Valplume afin d’assister à la fête de la fin de la mousson. J’acceptai avec joie. Il me dit que je devrai dormir chez sa tante, la situation le gênant vis-à-vis de sa femme. Je lui répondis qu’il n’y avait aucun problème. Je repris mes affaires et nous allâmes à la demeure familiale. Nous passâmes par la porte de derrière, fermée à clé afin de ne réveiller personne. La serrure symbolique ne posa aucun problème. Il m’indiqua a chambre et plaça un mot pour sa tante afin qu’elle ne prenne pas peur de la présence d’un nouveau venu dans son foyer. Je lui souhaitai bonne nuit et allai me coucher.


Le 4 juillet, année de la Chope


Réveillé par un rayon de soleil traversant le rideau de la fenêtre, je me levai après une nuit excellente. Je descendais au rez-de-chaussée dans la salle principale. Je vis un petit-déjeuner monstrueux entreposé sur la grande table, entouré par une petite vingtaine d’halfelings dont l’âge variait grandement. La tante fit les présentations et nous commençâmes à manger. Je quittai cette demeure après m’être rassasié.

Après un peu de marche, j’arrivai dans le champs où Séraphin travaillait. Je me proposai de l’aider dans son labeur quotidien.
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Le 10 juillet, année de la Chope


Après une semaine consacrée aux travaux de la ferme, éreintants et plutôt pénibles, je dois l’avouer, le jour tant attendu de la fête était là. La population de Valplume était multipliée par dix en cette période festive. De grands chapiteaux étaient montés tandis que de nombreuses caravanes remplis de victuailles arrivaient des différentes villes des Vaux, de Sembie et du Cormyr.

Séraphin accompagné de sa famille et de moi-même me montra les nombreux divertissements présents. La nuit arrivé à grands pas. Un grand banquet fut alors servi. Des victuailles de tous les horizons étaient sur la grand table. Quel ravissement pour les papilles.

Puis vint le feu d’artifice. Je n’en avais jamais vu et fus réellement étonné pare cette merveille. Un déluge de couleurs et de motifs inonda le ciel durant de nombreuses minutes, représentant des divinités, racontant implicitement des hauts faits d’armes, des aventures épiques. Mais quelque chose attira mon attention : un autre feu d’artifice était tiré du côté de la forêt elfique du Cormanthor. Il semblait différent, moins ordonné, moins coloré. Je trouvais cela très bizarre. Séraphin semblait aussi avoir remarqué cela. Nous étions les seuls dans la foule à avoir remarqué cela. Nous attendîmes la fin du feu d’artifice de la fête. Le bouquet final, d’une beauté indescriptible, représentant tout le panthéon humain clôtura le feu d’artifice.

Séraphin s’inquiétait comme moi de ces étranges lumières provenant du Cormanthor. Il me demanda ce que j’en pensai. Cela ne présageait rien de bon. Il me dit qu’il allait prévenir la milice de Valplume. Je le suivis, curieux de connaître la force de frappe de Valplume. Après quelques minutes, il me dit avoir réuni toute la milice sauf un. Deux humains, un elfe et un halfeling étaient présents. Etonné, je lui demandai si c’était bien ce que je croyais. Il acquiesça : la milice de Valplume était composée de sept membres, lui même en faisant partie.

Nous discutâmes à l’écart. Il pensait qu’il n’était pas nécessaire d’envoyer quelqu’un chercher des renforts à Valbalafre pour de simples suppositions quand à ce feu d’artifice étrange et par la même occasion de gâcher la fête. Nous « empruntâmes » tous les sept un cheval de l’écurie du clan Arkanas et allâmes vers l’orée de la forêt.

Après quelques heures de triple galop, nous stoppâmes. Une partie forêt du Cormanthor étant en flammes. Nous pouvions apercevoir de la petite colline où nous étions que des clairières étaient parsemées dans la forêt : sur certaines zones on pouvait distinguer des arbres couchés. Rien de bien rassurant. Nous continuâmes.

Au bout d’un moment, je perçus comme un mouvement au dessus des arbres. Quelque chose de très rapide. Une masse assez important venait d’avoir une trajectoire en cloche un mètres au dessus de la cime des arbres. Un rocher. J’en était sûr : c’étai un rocher. Une seconde après avoir vu cela, un choc sourd se fit entendre suivi par le craquement si caractéristique des troncs d’arbres se trouvant sur la trajectoire du roc. Nous vîmes quelques arbres se coucher de là où nous étions. Seuls Séraphin, l’elfe et moi même semblions avoir perçu ce déplacement. Aucun n’avait remarqué qu’il s’agissait d’un rocher. Nous nous concertâmes. J’émettais l’hypothèses de géants, ayant déjà entendu bien des histoires de lancer de rochers par ces derniers. Mais la latitude de Valplume ne semblait pas confirmer cette possibilité.

Nous poursuivîmes en direction de la forêt. L’inquiétude rongeait cependant tout le monde. Durant le trajet, nous entendîmes encore quelques bruits sourds ; sûrement d’autres rochers. Arrivés à la lisière de la forêt, nous descendîmes de cheval. Séraphin proposa que quelqu’un se dévoue pour les ramener au clan Arkanas afin que celui-ci ne signale pas la disparition de ses chevaux et ne mette pas en danger la bonne humeur ambiante de la fête. L’halfeling nous accompagnant se désigna pour ramener les chevaux, avouant n’être pas suffisamment courageux pour nous suivre. Cette idée de ramener les chevaux de m’enchantait pas du tout : nous perdions tout moyen de retraite rapide. Il partit tout de même, emmenant les chevaux avec lui.

Mes nouveaux compagnons étant désarmés, je leur fournissait quelques armes : je donnai mon arc à l’elfe, deux épées pour les humains ainsi que mon couteau et ma dague magiques à Séraphin.

Nous commençâmes à nous enfoncer dans la foret. De nombreux autres bruits sourds nous accompagnaient dans notre avancée au milieu du Cormanthor. Nous marchâmes peut être une heure quand d’autres bruits commencèrent à se faire entendre. Peut être un bruit de bataille. C’était extrêmement difficile à dire : les feuillages de la forêt amortissaient tous les bruits. Plus tard, un grand flash lumineux d’une intensité formidable nous aveugla tous. Je ressentis à ce moment précis une flux magique très élevé. La lumière cessa une seconde plus tard. Nous entendîmes immédiatement des bruits métalliques, des hurlement au loin. Les deux humains commençaient à trembler et à pâlir. Nous nous enfonçâmes encore. Je me retournai et là, stupeur. Nous n’étions plus que quatre. Un des humains avait disparu.

Séraphin inquiet, me regarda, sans trop savoir quoi faire. L’autre humain devint blanc et tomba à genoux. L’elfe commença à avancer en direction de l’endroit où était censé être le disparu. Il marcha à pas d’elfe : chacun de ses mouvements était calculé, assuré. Il avançait à une lenteur et avec une discrétion impressionnantes. Après avoir parcouru une dizaine de mètre ainsi, un phénomène anormal se passa : le pied droit de l’elfe s’enfonça dans le sol : son pied disparut. Il remonta son pied, le re-baissa. Son pied disparu à nouveau. Séraphin et moi nous approchâmes aussi lentement et avec autant de précautions que l’elfe. Je me baissai alors au niveau de cette zone anormale. Je passai la main au niveau de ce qui devait être normalement le sol. Puis je baissai la main : elle traversa le sol comme le pied de l’elfe le fit avant.

Une forte aura magique fit trembler ma main. Une grand puissance mais extrêmement ciblée : elle n’apparaissait que lorsque je traversai la zone avec ma main. Je pensai immédiatement à une illusion. Je pris ma barre-flind et longeai les bords de ce qui semblait être une fosse dissimulée par l’illusion. Elle formait un carré de quinze mètres sur quinze. Je marquai les sommets du carré avec des pierre. Je me couchai sur le sol, à proximité de la fosse. Je demandai à Séraphin et à l’elfe de m’assurer. Je passai alors la tête à travers cette illusion. Une fosse de huit ou neuf mètres de profondeurs s’enfonçait dans le sol. Le fond était couvert d’une sorte de boue marron avec des reflets violacés. Au milieu de cette boue se trouvait l’humain disparu, face contre boue. Il ne bougeait plus. Je pris alors mon lasso afin de tenter de la remonter. Mais nous perçûmes des bruits de pas se dirigeant vers nous.

Probablement deux personnes lourdes ou chargées. Je ressortis de la fosse et je vis deux humanoïdes courbés à la peau verte. Séraphin hurla le mot « Orque ». Je roulai sur le côté et armai mon arbalète. Le premier orque tomba directement dans la fosse, abusé par l’illusion comme nous le fûmes. Le second se jeta sur l’elfe qui tenait Séraphin avec son bras gauche, lui même au bord de la fosse. Désarmé, l’elfe tenta d’intercepter la charge avec son poing. L’épée de l’orque s’abattit sur le bras droit de l’elfe, lui rentrant dans la chair, faisant ruisseler le sang elfique sur le sol. Sur le coup de la douleur, l’elfe tenta tout de même de donner un coup de poing à l’orque mais le rata de peu et se retrouva face au sol, exposant son dos à l’orque. Ce dernier arma son coup. Séraphin se jette sur lui, lui lacérant le dos avec les armes magiques que je lui avait confié. J’eus le temps de viser l’orque mais il n’était plus vraiment nécessaire de tirer : il avait le dos ouvert des omoplates au bassin. L’orque tomba dans un râle d’agonie, baignant dans son sang.

Je donnai alors un baume guérisseur à l’elfe afin qu’il ne perde pas trop de sang et que sa blessure ne s’infecte pas. Je me penchai à nouveau dans la fosse, Séraphin et l’elfe m’assurant de la même manière : Séraphin sur mes jambes et l’elfe tenant Séraphin d’un bras et un tronc d’arbre de l’autre. Je pus apercevoir l’orque fraîchement tombé dans la boue violacée. La moitié de sa face était visible car il était tombé de flanc. Ses yeux révulsés, injectés de sang et les veines de sa face gonflées, au bord de l’explosion, me firent comprendre qu’il n’y avait vraiment plus d’espoir pour l’humain. Je plongeai alors une partie de ma corde dans le boue, mis le bout souillé dans un bocal et trancha la corde à cet endroit afin de pouvoir conserver ce produit et l’étudier par la suite.

Je demandai à l’elfe comment la présence d’orques pouvait être possible dans ce bois, censé être protégé par les elfes. Il me répondit, un brin gêné, que ces congénères s’étaient réunis à Myth Drannor pour une grande réunion. Il ajouta par la suite que si une attaque maléfique devait avoir lieu, c’était le meilleur endroit et surtout le meilleur moment pour la mener. Les révélations de l’elfe jeta un froid parmi nous. Nous ne pouvions vraiment plus compter que sur nous même.

Séraphin ne savait pas vraiment quoi faire : l’humain restant était au bord de la syncope et le pouvait plus bouger. Il proposa à l’elfe de rester avec lui tandis que nous continuerons à deux.
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Au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans la forêt, l’atmosphère devenait de plus en plus troublante. L’humidité ambiante nous donnait l’impression de suffoquer. Les bruits de combats étaient de plus en plus proches.

Nous entendîmes un cri roque, presque un hurlement animal et la bataille sembla cesser : plus un bruit ne nous parvint. Le hurlement me glaça le sang tant son intensité était forte. Plus tard, nous arrivâmes au premier arbre en feu. Les arbres autour avaient leur écorce calcinée mais le feu semblait avoir été maîtrisé puis éteint. Nous passâmes un buisson. Vision d’horreur.

Des orques morts à perte de vue. Tous les mètres, nous pouvions compter deux à trois orques. Le sol était rougi par leur sang. J’examinai rapidement les corps afin de pouvoir déterminé la cause de tous ces morts. Les blessures étaient de natures très différentes. Certains orques étaient écrasés, d’autres percés de part en part, certains décapités, amputés voire coupés en deux. Le plus impressionnant fut la découverte de quelques orques calcinés. Une seule personne ne pouvait être à l’origine de tous ces morts. La plupart de ces orques avaient été tués peut être trois ou quatre heures avant notre arrivé, le sang étant encore frais et les orques encore chauds. Nous commençâmes à être de plus en plus méfiants. Armes au poing, nous continuâmes. Au fur et à mesure que nous avancions, le nombre d’orques au sol augmentait. Au bout d’une certain temps, nous marchions presque sur un tapis de chair. Certains orques étaient pendus dans les arbres, s’étant fait piéger par des collets.

Un flash lumineux assez lointain nous parvint. Les cris de bataille et les chocs métalliques recommençèrent. Nous ne devions plus être très loin. En avançant de plus en plus prudemment, nous arrivâmes devant une fosse jonchée de pics où étaient empalés des dizaines et des dizaines d’orques. Nous commençâmes à ramper pour plus de sécurité. Le sol boueux et ingurgité de sang rendait notre progression particulièrement éprouvante pour nos muscles. Les cadavres d’orques mutilés, le crâne ouvert, les viscères à l’air, la bile sur le sol étaient des éléments particulièrement répugnants bien que je me réjouissais de les voir morts dans de si atroces souffrances. Un bruit très étrange nous parvint, comme un déplacement très rapide dans les airs. Nous stoppâmes.

Et là, nous vîmes quelque chose percuter l’arbre juste devant nous. L’arbre s’ébranla, commença à pencher d’un côté, puis de l’autre. Un craquement sourd se fit entendre. L’arbre nous tombait dessus. Séraphin roula de son côté à droite. Je fis de même du mien, à gauche. L’arbre percuta le sol juste entre nous deux, nous faisant décoller à quelques centimètres du sol par l’onde de choc. Nous retombâmes dans le boue, le sang et les viscères, en sueur, relativement rassurés d’avoir évité ce tronc. Mis à part quelques branches sur les bras, les jambes et le visage, il n’y avait eu aucune blessures pour Séraphin comme pour moi.

Nous nous dirigeâmes vers cette chose non identifié qui avait fait tomber l’arbre tandis que les sons de la bataille nous parvenaient toujours. Dans une mare de sang, un amas de chair abominable, je distinguais une silhouette vaguement humanoïde, de moins d’un mètre, recroquevillée sur elle même, les os broyés, le crâne éclaté (empêchant de pouvoir distinguer son visage) et la moelle épinière répandue aux alentours. L’impact dut être d’une incroyable violence pour qu’une si petite chose ait pu faire chuter un tronc de cette taille et pour avoir arrosé de son sang une zone de plusieurs mètres carrés. Je commençai vraiment à me faire du soucis. Nous continuâmes.

La quantité d’orques augmentait encore et encore. Semi-couvert par deux orques tranchés en deux, je distinguai un corps différents de ces choses vertes ignobles. Je poussai les quelques orques afin de mieux pouvoir le distinguer. Sa morphologie semblait correspondre à celle du cadavre humanoïde qui avait défoncé l’arbre. Quatre-vingt centimètres, un gros nez, des habits verts et noirs et une ceinture en travers de la poitrine contenant divers ingrédients servant d’après moi à lancer des sorts. Je pensai alors à un gnome mais pas aux types de gnomes connus par tous. J’avais déjà entendu parler de gnomes des forêts, plus petit que leurs congénères, vivant dans des souches et des arbres creusés, en parfaite symbiose avec la nature. Je fis part de mes suppositions à Séraphin.

Nous recommençâmes à évoluer dans les buissons, teintés du sang des orques. Tandis que nous avancions, je me posai des questions quand à ces êtres qui semblaient combattre les orques. Nous n’avons trouvé que deux de leurs cadavres alors qu’il y avait plusieurs centaines d’orques. Etaient-ils si forts que les pertes étaient minimes ou cachaient-ils les corps pour diverses raisons ? J’optai plutôt pour la seconde solution : je ne connais personne capable d’occire plusieurs centaines d’orques en subissant si peu de pertes. Après une légère montée, nous vîmes une catapulte au milieu d’une clairière parsemée de cadavres orques. Plusieurs rochers de bonne taille étaient disposés autour de l’engin. A la manufacture pitoyable de la catapulte et aux étendards plus que morbides, il était facile de déduire la nature orque de cet engin de siège. Le mystère des rochers volants était élucidé. La catapulte semblait cependant avoir été saboté : tous les cordages étaient coupés proprement, probablement avec des lames ou des projectiles. Nous traversâmes rapidement la clairière, à découvert.

A nouveau protégés par les buissons et l’obscurité régnante, nous entendîmes à nouveau le hurlement animal roque mais cette fois-ci, son intensité était vraiment énorme. Les bruits de combat cessèrent. Nous devions être vraiment très proches.
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Nous rampâmes encore quelques minutes puis nous arrivâmes sur une bute. Nous pouvions voir la clairière en contre-bas, cachés par quelques buissons. Une petite centaine d’orques étaient regroupés en cercle au milieu de la clairière. Derrière eux se trouvait la rivière elfique : Duassampre. Je ne pensais pas que nous nous étions tant enfoncé dans le Cormanthor.

Quelques arbres commencèrent à craquer de l’autre coté de la clairière et un géant en sortit. Il devait mesurer dans les quatre mètres de haut. La chose la plus étonnante était qu’il possédait deux têtes. Sa peau rose-brun et ses cheveux noirs étaient recouverts de crasse et de sang. Revêtu d’une fourrure, nous pouvions facilement déduire qu’il ne s’agissait que d’un être primitif, d’une intelligence relativement faible. Il commença à hurler des ordres (ou ce qui semblait être des ordres) aux orques tout en remuant les deux troncs d’arbres qui devaient lui servir de gourdins. Séraphin me dit qu’il s’agissait d’un ettin, il en avait déjà probablement rencontré ou entendu parler. Il me demandait quelle conduite nous devions adopter lorsqu’un lumière naquit entre nous deux et nous aveugla.

J’eus juste le temps de fermer les yeux et d’éviter plus ou moins cette lumière intense. Séraphin ne parlait plus. Quand ma vue fut totalement revenu, je le voyais immobile, la bouche ouverte, totalement raide. Je commençai à le remuer. On aurait dit une planche. Penché sur lui, j’eus le temps de voir un éclat métallique au dessus de Séraphin. C’était une lame qui allait s’abattre sur mon ami, peut être pour l’achever. Je plaçai alors mon bras gauche sur la tête de Séraphin, en espérant que ma targe, équipée sur ce bras, pourrait dévier le coup.

Avec mon bras droit, j’attrapai mon arbalète et commençai à la ramener afin de mettre en joue l’agresseur. La lame heurta ma targe émettant un bruit métallique très aigu tandis que j’avais presque la chose en ligne de mire. L’agresseur ne semblait plus bouger. De coin de l’½il, je vis un autre éclat métallique, situé quasiment derrière moi.

Je lâchai mon arbalète, dégainai ma dague longue-dent et la plaçai dans la direction du second agresseur en espérant parer son coup en cas d’attaque, tout en protégeant Séraphin de mon bras gauche. En position plus que désagréable, je le vis cependant baisser son arme. Et là, à mon grand étonnement, je vis une grosse dizaine de silhouette sortir de toutes parts : des arbres, des buissons, du sol. Il n’était pas possible que je n’aie pu les détecter. Ils devaient sûrement posséder des camouflages magiques. Je vis plusieurs mages que je reconnus grâce à leur posture offensive à l’arrière. Je lâchai alors ma dague et levai le bras droit en l’air.

Je me rendis compte qu’ils appartenaient tous à la race des gnomes, du même type que les deux cadavres croisés avant. Le premier que je vis pris les jambes de Séraphin et commença à le traîner en arrière. Il me fit un mouvement de tête. Je pris donc les bras de mon compagnon paralysé et le suivis. La plupart des autres gnomes en firent de même.
Suivi de très près par quelques gnomes magiciens, je compris que la confiance ne régnait pas en maître, d’un coté comme de l’autre. Nous arrivâmes devant un superbe chêne, probablement centenaire vu ses racines énormes et son tronc robuste. Une porte dont je ne soupçonnai même pas la présence s’ouvrit de la base du chêne et deux gnomes en sortirent. Un mâle et une femelle.

Le gnome mâle semblait être le chef de ce « clan ». Une aura magique s’échappait de lui. La femelle était sa femme, en armure et armée d’une fronde. Le chef parla dans un langage qui m’était totalement inconnu. Séraphin commença à remuer. Après une petite minute d’attente, il avait retrouvé toute sa mobilité. Il comprit rapidement notre situation quelque peu gênante et ne dit pas mot. Le chef termina son discours, les gnomes se dispersèrent et disparurent très rapidement dans les buissons. Puis il nous parla en elfique. Fort heureusement, c’était une langue que Séraphin et moi même maîtrisions. Il nous demanda de quel côté nous étions.

Je lui répondis franchement que je ne connaissais pas leurs intentions mais que notre haine envers les orques devait être au même niveau que la leur. Il sourit et nous considéra dès lors comme des alliés. Je pouvais cependant sentir la présence d’autres gnomes autour de nous même si je ne pouvais pas les voir. Le chef me dit alors simplement que l’assaut final aurait lieu dans cinq minutes. Nous retournâmes à proximité de la clairière où étaient regroupés les survivants orques. Le chef s’approcha de nous. Il nous murmura que l’attaque était imminente. Il ajouta qu’une diversion allait avoir lieu et qu’à ce moment là nous devions attaquer.

Je passais alors quelques couteaux de lancer à Séraphin, le sachant compétent dans ce domaine. J’ajustai alors mon arbalète en direction d’une des têtes de l’ettin. Une longue minute qui sembla durer une éternité se passa et là, nous entendîmes une armée arriver de l’autre côté de la rivière. D’après les cris et les bruits des armures, c’était une armée humaine lourdement équipée avec un corps de cavalerie. A ce moment précis, les orques se retournèrent vers la rivière et une pluie de projectiles sortit des bois pour s’abattre sur ces créatures. Cet habile subterfuge n’était autre qu’une illusion sonore fort réaliste et opportune. D’autres gnomes en armures métalliques et bien armés se ruèrent sur les orques. Ils devaient être les gnomes de choc, connus de réputation pour être aussi suicidaires que les berserkers nains au combat. Les premiers rangs d’orques, bien que déjà suffisamment décimés se préparaient à intercepter la charge des gnomes de choc. Je tirai alors sur l’ettin avec mon arbalète. Le carreau siffla, la trajectoire était bonne. Je souris et je vis mon carreau frapper le cou de l’ettin et retomber sur le sol. La sale bête avait la peau dure.

Je me levai immédiatement après cet échec, lançai un sort de sommeil sur les premiers rangs d’orque. Réussite totale. Les orques censés arrêter la charge des gnomes de choc sombrèrent dans un profond sommeil tandis que leurs assaillants se firent un plaisir de trancher les autres rangs d’orques, totalement déconcertés et non-préparés à être chargés. Séraphin tua deux orques avec mes couteaux. A proximité de la rivière elfique, deux arbres immenses s’animèrent. Les orques en retrait prirent peur et se jetèrent dans la mêlée avec leurs collègues. Une seconde volée de projectile s’abattit sur la clairière. Je ressentis une puissante énergie magique émerger de plusieurs endroits des bois.

Trois boules de feu partirent des arbres en direction de la mêlée. Elles touchèrent toutes les trois le sol en arrière de la bataille afin d’épargner les gnomes de choc. Une gigantesque vague de flammes balaya, engloutit et calcina la quasi-totalité des orques. Quel délice de lire la terreur dans leurs yeux d’animaux. Quel plaisir de les voir rôtir et souffrir. Les gnomes de choc firent bien leur travail, c’est-à-dire retenir l’ennemi mais malheureusement le prix fut très élevé. Sur la dizaine, il n’en restait plus que deux qui finirent par tomber, assaillit par les quelques orques restants et l’ettin. Les orques se firent transpercer par de nombreuses billes et flèches. L’ettin, lui, ne semblait presque pas être affecté. Il longeait l’orée de la forêt, aplatissant les gnomes cachés dans les buissons, écrasant ceux qui étaient cachés dans les arbres.

Séraphin sortit mes deux armes magiques que je lui avais confié, me fit un mouvement de la tête. Je le compris immédiatement. Nous courûmes alors à découvert en direction de l’ettin. Nous partîmes dans deux directions différentes. Je fis le tour tandis qu’il attaquerait de front. Cela ne me ravissait pas vraiment comme technique mais disons qu’elle a déjà fait ses preuves contre la chimère. Séraphin arriva le premier face à l’ettin. Il lui trancha un peu de chair au niveau des mollets. L’ettin baissa ses deux têtes, hurla et leva le gourdin immense qu’il tenait dans sa main droite. Il abbatit lourdement cet immense tronc d’arbre sur le pauvre Séraphin d’un coup horizontal puissant. Mon ami fut touché sur le flanc droit, ayant évité de justesse de coup à la tête qui l’aurait immédiatement pulvérisé. Séraphin fut écrasé contre terrer, rebondit suite au choc et retomba au sol. L’ettin arma son bras gauche. Séraphin eut juste le temps de rouler sur le côté pour éviter le coup fatal. Le gourdin frappa le sol, déplaçant une motte énorme de terre et faisant s’abattre l’arbre à proximité.

Je vis alors une mare de sang à côté de Séraphin. Ivre de haine et de vengeance, je me baissai au maximum et courut aussi vite que possible. Je devais frapper vite et faire mal, faire très mal. J’aspirai à la vengeance plus que tout. Tant pis si mon coup ne serait pas mortel mais il devait souffrir, mon coup devait le laisser estropier à vie si nous ne gagnions pas le combat. J’écartai alors les bras en accélérant encore plus. Arrivé à quelques mètres de l’ettin, je plaçai ma dague longue dent en avant. Je pris alors appui sur mon pied droit, donnai une impulsion violente sur ma jambe. Je fis alors un mouvement diagonal avec ma lame tout en sautant et tranchai le tendon d’achille droit de l’ettin avec un sourire sadique tout en vociférant des injures abominables. Puis je plantai dans le même mouvement mon stylet dans le tendon d’achille gauche et en profitai pour l’arracher violemment avec toute la force que je possedai.

L’ettin hurla de douleur, ses deux tendons se promenant à l’air libre tandis que des litres et des litres de sang pissaient de ces mutilations. Il se retourna comme il put, leva son gourdin pour l’abattre sur moi. Je passai alors entre ses jambes, séparées alors par une immense flaque de sang. Les gnomes commencèrent à sortir des bois et décochèrent une volée de billes et d’autres projectiles qui mutilèrent le dos du monstre. Amputé de ses tendons d’achille, il tomba inexorablement, incapable de garder un équilibre. Je plongeai sur le coté pour ne pas me faire écraser.

Il s’aplatit contre le sol, la face la première. Je me plaçai alors devant ses têtes. Je pus lire la peur, la détresse et la haine dans ses yeux primitifs. Je ricanai et lui plantai ma dague dans le crâne gauche et mon stylet dans l’autre. Une grosse giclée de sang sortit de ces nouvelles cavités menant directement à ses cerveaux, recouvrant mes vêtements et ma tête de ce sang. Toujours le sourire aux lèvres, je le regardai se vider de son sang. Je repris mes esprits et pensai immédiatement à Séraphin.

Je me jetai dans le buisson où il avait échoué après le terrible coup de gourdin. Que Brandobaris soit loué, il était encore en vie. Une ecchymose énorme recouvrait tout son flanc droit, de l’épaule au pied. Je lui appliquai alors des onguents afin de lui faire recouvrir quelques forces. Je lui prêtai mon épaule, il ne pouvait pas pauser la jambe droite au sol. Les gnomes s’étaient réunis au milieu de la clairière. Leur chef prononça un discours. Je compris qu’il s’agissait d’une tirade épique, probablement au sujet de ce combat, se félicitant que les gnomes aient repoussés les assauts orques. Son discours fut interrompu par un hurlement de loup.

Tout le monde se retourna et nous vîmes un orque sur un loup derrière la rivière. Il sauta le cours d’eau. Le loup hurla mais une trentaine de billes s’abattit sur lui. Le loup et son cavalier tombèrent dans la rivière aussi rapidement qu’ils étaient arrivés. Le sol commença à trembler. Je compris ce qui se passait. Je fus paralysé par cette pensée. Je repris mes esprits et hurlai. C’était l’avant-garde. Il fallait fuir. Je commençai à m’éloigner avec Séraphin lorsque je vis une cinquantaine de chevaucheurs de loup franchir la rivière, tous équipés d’armes d’hast. D’autres orques étaient visibles. Il devait y en avoir des centaines. Eux ne pouvaient traverser la rivière, attendant probablement la construction d’un pont de fortune par d’autres orques, probablement un poil plus intelligents. Les chevaucheurs chargèrent.

La vision était insupportable. Les gnomes tentèrent de fuir mais finirent empalés, transpercés, croqués, piétinés ou bien pire encore par cette avant-garde. Le chef des gnomes vit sa femme se faire mâcher la tête par un des loups. Sur la cinquantaine de gnomes, seuls cinq avaient réussi à s’éloigner un minimum. Une seconde après, il ne restait plus que deux gnomes, les trois autres s’étant fait transpercer par des javelots.

Quatre chevaucheurs de loups se jetèrent sur le chef et l’encerclèrent. Au moment même où un des chevaucheurs allait planter sa lance dans sa tête, le gnome disparut. Le gnome restant était à peu près à notre niveau. Je semai alors mes chausse-trappes afin de ralentir les agresseurs. De nombreux loups se blessèrent aux coussinets et tombèrent, se faisant lacérer les flancs par ces fantastiques petites lames qu’étaient les chausse-trappes.

A peut être un mètre de la forêt, un javelot toucha le gnome dans le dos. Je lui arrachai rapidement ce bout de bois, lui prêtai mon épaule restante et plaçai ma main gauche sur la plaie dans son dos. Nous franchîmes quelques buissons et le gnome me montra un tronc d’arbre sur ma gauche. Il s’approcha, tira une racine et une trappe s’ouvrit. Il se jette dedans. Je fis passer Séraphin par là et y passai à mon tour en prenant soin de bien refermer la trappe après mon passage.

Nous atterrîmes dans une minuscule salle qui semblait servir de maison à ce gnome. Il ouvrit une armoire, jeta au sol tout ce qu’elle contenait et sortit des bandages. Je les plaçai alors sur son dos, les serrant au maximum afin d’éviter toute perte de sang superflue. Il s’allongea. Nous attendîmes.
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Le 11 juillet, année de la Chope


Je commence à perdre espoir. Cela fait un jour que nous sommes cachés dans cet espace confiné. Nous entendons beaucoup bruits de pas à la surface, comme s’ils cherchaient quelque chose. Les orques semblent avoir établi un campement non loin de là.
Séraphin s’est remis de ses blessures, le gnome apparemment aussi.




Le 12 juillet, année de la Chope


Je fus réveillé dans la matinée par une odeur très désagréable. Un odeur de fumée. Les orques mettaient le feu à la forêt et restaient là pour voir les arbres se calciner. Nous attendîmes que ceux-ci se dispersent pour pouvoir tenter une sortie. Au bout d’une heure de suffocation, la chaleur devenait insupportable, les racines commençaient à rougir. Je n’entendais plus aucun bruits orques en haut. Nous sortîmes alors très rapidement, prêts à casser de l’orque si c’était nécessaire. Le décor n’était plus qu’un immense champs de cendre. Je me demandai si nous étions toujours au même endroit que la veille.

Aucun orque dans les environs. Cependant une bataille semblait avoir lieu non loin de là. Nous nous approchâmes du lieu présumé de ce combat. Je vis alors peut être trois cents orques entassés dans une même zone. Ils semblaient entourer cinq personnes disposées en carré, une à chaque sommet et la dernière au centre. Le campement orque était derrière eux, au beau milieu de la clairière où le combat contre l’ettin s’était déroulé.
L’occasion était rêvée pour déguerpir de là mais je ne sais pour quelle raison, je m’approchai du combat. Séraphin en fit de même, simultanément. Le gnome nous suivit. Je devais savoir qui pouvait tenir en respect une armée d’orques comme celle là. Arrivés à une distance nous permettant de les apercevoir, tout en gardant une certaine distance de sécurité avec les orques, je fus subjugué par le spectacle.

Il devait s’agir de cinq elfes, leur morphologie maigrichonne étant assez typique. Tous équipés d’armures dorés ou argentées, ils étaient au milieu des orques. Au centre du carré était assis un elfe, une harpe de sa taille entre les mains. Une mélopée envoûtante et fantastique s’échappait de son instrument. Ses congénères semblaient se déplacer et trancher de l’orque en rythme, sans mouvements brusques. Le tout était d’une fluidité étonnante. Ils semblaient découper les orques comme du beurre et ce, sans se faire toucher. J’observai ce combat qui était plutôt un massacre à sens unique qu’autre chose durant plusieurs minutes. Les orques attendaient réellement leur tour pour se faire trancher. Les cadavres s’amassaient encore et encore. Le nombre d’orques avait diminué de moitié au bout de quelques minutes. La petite centaine d’orques restants prit ses jambes à son cou et fuit sans demander son reste.

Les elfes sortirent des chiffons dorés de leurs poches et essuyèrent les lames de leurs épées. Le joueur de harpe fit disparaître son instrument d’un claquement de doigt. Puis il marchèrent dans notre direction. C’était une impression très bizarre, je n’arrivai pas à déterminer leur sexe. Ils nous passèrent devant, je ne peux rien dire. Séraphin était également bouche bée. Le gnome leur adressa quelques paroles dans son dialecte. Un des elfes se retourna et lui répondit dans le même langage.
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J'en veux encore


vivement la suite
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[HRP]Après une absence d'un peu moins d'un an, Renal revient, à ma grande satisfaction[/HRP]

Au bout de quelques répliques, le gnome sembla nous désigner d’un mouvement de tête. L’elfe nous regarda rapidement et, malgré son impassibilité quasi-parfaite, je compris que nous n’avions rien à faire ici.

Deux minutes plus tard, la conversation se termina. L’elfe rejoignit son groupe et continua dans la direction qu’il avait pris avant d’être interpellé par le gnome. Rapidement, le gnome nous adressa la parole en elfique et nous expliqua qu’il était de notre intérêt de suivre ce groupe d’elfes, du moins pour un certain temps. Nous les suivîmes donc.

Ils se déplaçaient à un pas accéléré, sans le moindre mouvement superflu. Ils gardaient toujours la même position les uns par rapport aux autres : un formation en carré, avec celui qui semblait être le harpiste au centre de cette formation. Ce n’est que simple supposition : ils se ressemblaient tellement que je ne saurais les différencier si je les perdais de vue ne serait-ce qu’une seconde. Ce n’étaient pas des elfes comme je les connaissais. Peut être était-ce une « sous-race » d’elfe ? De nombreuses questions se bousculaient dans mon esprit.

Alors que j’étais en pleine réflexion, le gnome nous adressa la parole, apportant quelques pseudo-réponses à mes questions. Il nous expliqua que ces elfes étaient tombés par hasard sur les orques, ils n’étaient absolument pas là pour exterminer cette menace. Il continua en nous affirmant qu’ils étaient venus pour éradiquer une menace bien plus grave que celle-ci. Séraphin me regarda, aussi sinon plus étonné que je l’étais. Quelle menace plus grave que les orques nécessitait un déploiement de guerriers aussi puissants que ces cinq elfes ?

Je compris que nous n’étions absolument plus dans le coup et que tout cela ne nous concernait plus. Je fis part de mes pensées à Séraphin, il acquiesça. Cette affaire ne nous regardait plus : elle était du ressort des elfes. Nous étions suffisamment loin de Valplume pour espérer qu’il n’y aurait pas de conséquences pour la région. Dès que nous étions en sécurité partielle, nous devrions nous faire la belle dès que possible. Nous marchâmes toute la nuit. Les elfes, toujours impassibles, infatigables, ne desserraient pas les mâchoires.
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Le 13 juillet, année de la Chope


Le soleil se lève et nous marchons toujours. L’humidité se montrait de plus en plus étouffante au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans la forêt. Le soleil peinait à traverser l’épais feuillage des grands arbres centenaires de cette zone de forêt. Un bourdonnement inhabituel parvint à mes oreilles au fur et à mesure que nous avancions. Ce dernier s’intensifiait avec le temps. Je compris quelques minutes plus tard qu’il s’agissait du bruit d’une cascade ou d’une chute d’eau. Nous quittâmes la forêt pour arriver dans un petit bosquet. Un amas de rochers ravinés et constellés d’aspérités se trouvait au centre de cette zone où les arbres étaient absents. La rivière elfique se jetait dans un immense gouffre juste derrière ce tas de rocs.

Les elfes parlèrent au gnome, se dispersèrent en une fraction de seconde pour disparaître dans la forêt. Le gnome nous expliqua qu’il fallait attendre le retour des elfes. Ne connaissant absolument pas la faune et la flore présente dans ces zones les plus reculées de cette forêt, il était clair qu’il ne fallait pas s’aventurer sans nos pseudo gardiens. Nous nous reposâmes dans une aspérité, ou plutôt une grotte, suffisamment profonde pour que nous nous y engouffrions tous les 3 et suffisamment haute pour que je puisse me tenir debout. Le gnome alla se chercher de la mousse pour se confectionner un lit de fortune et ramena quelques plantes qu’il éplucha tandis que je m’endormais.

Quelques heures plus tard, dans un demi-sommeil, je vis une ombre passer très rapidement devant notre refuge et ce, sans le moindre bruit. Je me levai alors, le plus discrètement possible et sortis mes armes. Dans d’infinies précautions, je m’approchai de la sortie de la grotte. Sans sortir de l’ombre régnante, j’observai l’extérieur. Rien… pas un bruit, pas une ombre, pas un animal. Seuls le bruit du vent à travers les feuilles et le grondement du torrent de la rivière elfique se faisaient entendre.

Soudainement, quelque chose d’incroyablement rapide vint se planter dans l’arbre en face de notre grotte. Malgré la dizaine de mètres entre l’arbre et moi-même, je reconnus une flèche de forme inhabituelle enfoncée assez profondément dans l’écorce. Et pourtant, encore une fois, aucun bruit de vint perturber mes sens. J’allai réveiller Séraphin et le gnome. J’expliquai rapidement à mes compagnons ce qui motivait mon inquiétude. Séraphin prit les armes que je lui avais prêtées et se plaça contre un des bords de la grotte et observa l’extérieur de son côté. J’en fis de même de mon côté. Au moment où je me penchais une ombre cacha mon visage.

Je fis un bon en arrière et vis une grande personne, une très grande personne se tenant à côté de la grotte. Le haut de la grotte arrivait à ses hanches. De puissantes jambes sombres cachaient l’entrée. Ces dernières étaient recouvertes de lanières de cuir multi colorées d’un goût très douteux, mêlant du rose, du rouge, du jaune… Ces puissantes jambes s’arquèrent, mouvement caractéristique d’un archer. Je sortais alors rapidement la tête de la grotte pour voir cette personne. Un arc de grande taille était en effet dans ses bras. Il décocha une flèche et se mit à courir. C’était une très grande personne, vêtue d’une armure étrange semblant être taillée pour la guerre possédant des couleurs encore plus atroces que sa « jupe » à lanières de cuir colorées.

Le plus étrange dans tout ça, hormis le goût atroce dont faisait part cette créature pour porter des frasques aussi moches, était encore une fois l’absence totale de bruit. Ce silence n’était pas l’effet d’un sort généraliste car les bruits naturels tels que l’écoulement de l’eau ou l’engouffrement du vent dans les aspérités rocheuses étaient bels et bien présents. Nous nagions en pleine confusion, sans connaître les réelles intentions de nos gardiens elfes, absents jusqu’à présent, sans connaître la nature de ce semi géant de plus de 2 mètres et demi, ni ses intentions et encore moins s’il était seul ou non.

Il nous fallait sortir de là. Je ne savais pas si notre repaire était encore sûr. Si d’autres personnes comme lui venaient à passer ou pire, à patrouiller, ne serions pris au piège comme des rats. La forêt dense me semblait être la meilleure solution à nos problèmes. Je fis part de mes idées à mes compagnons. Tout deux acquiescèrent. Le gnome était devenu blanc depuis qu’il avait vu les jambes de ce « géant ». Il ne pu dire mot. Il défit ça ceinture, me la donna et sortit de la grotte pour rejoindre la forêt, une dizaine de mètres plus loin. Notre tour était venu. Nous nous mîmes à courir en direction du buisson dans lequel avait disparu le gnome.

Dès que nous sortîmes de la grotte, une ombre menaçante plongea sur Séraphin. Du coin de l’œil, je vis une silhouette de grande taille, très colorée. J’assimilai tout de suite cette vision à la créature de tout à l’heure. Je sautai sur cette créature dès que je pus et me heurtai à son bouclier. Le temps de me remettre du choc, je vis Séraphin faire une roulade au sol pour se dépêtrer de l’emprise de notre agresseur. Il s’était tout de même pris un coup dans l’épaule, celle-ci étant ensanglantée.

La créature se dressa du haut de ses deux mètres bien dépassés et je reconnus bien le style du pseudo géant de tout à l’heure. Un casque masquait son visage mais ses yeux rouges brillaient comme motivés d’une rage viscérale. Son corps était recouvert d’une armure étrange, plus proche de l’armure feuilletée qu’autre chose mais laissant les cuisses à l’air, légèrement recouvertes de quelques bandes de cuir raccrochées à la ceinture. Son bras gauche portait un bouclier d’assez grande taille, lourdement métallique et infranchissable pour mes armes. Il brandissait une hache (ou du moins ce qui ressemblait à une hache) d’une facture qui me paraissait totalement inconnue, ornée de plumes, de dentelures, d’extrémités crochues. Nous nous retrouvions face à un guerrier aguerri, comme l’attestaient les nombreuses cicatrices qui ornaient le peu de peau non protégée par son armure. Notre adversaire était également de très grande taille et la situation était plutôt à notre avantage, ce géant n’étant sûrement pas habitué à affronter des êtres de si petite taille.

Suite à cela, le semi-géant réagit très vite, bien plus qu’on ne pouvait le prévoir pour sa grande taille. Il continua d’attaquer Séraphin, sûrement parce qu’il avait remarqué que mon ami ne portait pas d’armure ; il était encore en costume pour la fête de Valplume. Notre opposant arma sa hache et, passant à travers le garde de Séraphin, lui amocha sérieusement le torse d’une coupure diagonale. A ce moment là, plusieurs choses me vinrent à l’esprit. La première était la force supérieure de notre adversaire : ses coups étaient puissants et nets. La seconde concernait son arme : bien que ne faisait pas de blessures « propres », il s’agissait d’une arme de qualité, rapide et équilibrée. La dernière et la plus inquiétante était à propos de l’issue du combat.

Nous étions face à un adversaire très puissant et la situation devenait catastrophique pour Séraphin. Tout en pensant furtivement à tout ça, je me jetai sur l’adversaire. Ma dague perça tant bien que mal son armure dans le bas du ventre tandis que mon stylet stoppa net à son contact. Séraphin me suivit immédiatement et blessa le monstre à la cuisse puis tenta de lui perforer le ventre. Malheureusement pour lui, la vitesse de réaction du guerrier et le manque d’entraînement au combat de Séraphin le mirent dans une situation des plus critiques : le géant esquiva son attaque et Séraphin se retrouva le flanc gauche exposé. Le géant ne se fit pas attendre, il leva sa puissante hache et l’abattit sur mon ami. Je réalisai alors c’était peut être la dernière fois que je verrai la bouille souriante de Séraphin. Le temps se ralentit. La hache s’approchait peu à peu du crâne de Séraphin. Elle frappa le haut de son crâne, une gerbe de sang nous éclaboussa.

Mon ami était tombé…
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Dans la rage, le désespoir, je me jetai corps et âme sur cette ordure qui me repoussa encore avec son lourd bouclier. Je retombai un mètre plus loin, sur les fesses. Mon ami, mon frère gisait à quelques mètres de moi. Tout bascula. Les pupilles qui se dilatent, le rythme cardiaque qui s’accélère, les muscles qui se crispent, le sourire mauvais qui se dessine sur mon visage, ce désir meurtrier qui renaissait, encore et encore. La mort. La mort était la seul issue possible pour ce misérable qui venait de mettre fin à tout ce qui était important. La souffrance, il devait payer. Sa souffrance, son déshonneur, son désespoir me permettraient peut être de soulager cette douleur dans la poitrine. Fini le petit combat dans les règles, fini l’espoir d’une issue propre.

Je l’aurai à l’usure, le saignant encore et encore avant de l’achever. Mes compétences magiques étant bien trop faibles pour espérer fait quelque chose, seuls mon stylet et ma dague m’aideraient dans ce combat et cela ne fera que prolonger son agonie évidente. Le temps ne comptait plus. Je n’avais plus besoin de me presser, je n’avais plus espoir de voir mon ami se relever. Je viserai ses jambes, pour le priver de mobilité, pour voir la lueur de peur dans ses yeux, cette lueur qui te demande d’abréger ses souffrances.

Ma technique allait privilégier l’efficacité et miser sur la durée. Avec ma dague, je tranchai les lanières de cuir qui protégeaient ses cuisses et mon stylet empoisonné ira se loger dans ses muscles, infligeant une blessure nette et profonde tout en le rongeant de l’intérieur. Le géant leva sa hache. Je fis une roulade sur le côté et elle vint s’écraser sur le sol. Je me relevai d’un bond et refis une roulade, cette fois-ci en avant pour éviter le bouclier. Plus rien ne le protégeait à présent.

Je m’occupai des lanières avec ma dague, en tranchant quelques unes, en amochant d’autres et en poussant le reste. Une ouverture parfaite pour mon stylet que je plantai dans sa cuisse droite. Je fis plusieurs bonds en arrière afin de m’éloigner de mon opposant, un filet de sang ambré sortit de cette blessure profonde. Le géant, visiblement insensible à mon attaque, tenta une attaque au ras du sol avec sa hache. Au moment de porter son attaque, il sentit sa jambe raidie, amoindrie. Le poison faisait son effet. Il hésita. Je pus aisément éviter cette attaque pitoyable et recommencer mes attaques. Il réussit tout de même à me porter un coup à la poitrine, malgré le poison et mes déplacements fulgurants.

Sa hache m’entailla le torse assez profondément. Je ne ressentais même plus la douleur physique. Seul mon cœur me brûlait encore et toujours. L’odeur de sang, le sien comme le mien m’enivrait. Je recommençai encore et encore. Au bout de quelques assauts, sa jambe droite était réduite à un morceau de chair sanguinolent. Le poison paralysait totalement sa jambe, l’handicapant énormément dans ses mouvements. Ses yeux rougeoyaient de haine et je perçus ce que je voulais ressentir dans ces yeux : la peur. Il allait mourir et le savait.

Je m’acharnai à présent sur sa jambe gauche. J’eus juste le temps de finir mon attaque quand je vis un couteau de lancer, du même type que ceux que j’avais prêtés à Séraphin, se planter dans le torse du géant. Il fit un pas en arrière, ses jambes ne le portaient presque plus. Cela venait de derrière moi. Il était le seul à avoir pu faire ça. Je n’osai me retourner, de peur de perdre ma concentration. Il était encore en vie. Je devais finir vite pour aller l’aider. Je me lançai alors sur le géant, qui tenait difficilement sur ses jambes. Il plaça son bouclier pour m’empêcher de passer. Cette fois-ci, je ne l’éviterai pas. De tout mon poids, de toute ma force, je me heurtai à ce bouclier. Sans ses jambes en pitoyable état, il m’aurait repoussé comme un rien mais là, c’était différent. Il tomba en arrière, sans moyen de se rattraper. Il chuta sur l’amas de rocher qui nous avait servi de refuge avant qu’il ne nous attaque. Je sautai sur lui et plantai ma dague et mon stylet dans sa poitrine.

Il s’accrochait à la vie, il ne voulait pas mourir. La mort le guettait et il voulait encore lutter. Mes deux bras étant pris, il ne restait qu’une arme : ma tête, protégée par un solide casque métallique. Je balançai mon cou en arrière et lui assénait un coup de tête qui enfonça son heaume et le fit tomber dans l’inconscience. Il glissa le long de la paroi rocheuse et tomba sur sa hache. La flaque de sang qui s’ensuivit me fit comprendre qu’il était mort. Une ultime précaution me poussa à lui planter ma dague dans les vertèbres.
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Le combat était fini. Je n’arrivais pas à détacher mon regard de cet ennemi, de la flaque de sang ambré qui s’agrandissait. Qu’avais-je peur de trouver en me retournant ? Peut être avait-il lancé ce couteau dans un ultime soubresaut de vie ? Peut être que quelqu’un d’autre avait lancé ce couteau ? La soif de sang me quitta rapidement, elle n’avait plus de raison d’être. Je pris une bouffée d’air et me retournai. Il gisait là, la face en sang, se tenant sur le bras gauche, à demi-allongé au sol. Il esquissa tant bien que mal un sourire. Je courrai dans sa direction, l’allongeai et lui appliquai les baumes guérisseurs qui me restaient. Un sur son torse et les autres pour son crâne.

La blessure au torse cicatrisa assez rapidement. Sa tête était en plus piteux état : le coup de hache lui avait presque décollé le cuir chevelu. La plaie s’étendait du haut du crâne à son sourcil. Les baumes limitèrent la perte de sang mais je me doutais que cela ne suffirait pas. Je le portais alors dans notre abri rocheux, avec d’infinies précautions.

Je lui tendis alors mon gant. Il comprit. Il le mit dans sa bouche et le serra aussi fort que possible. Je lui aspergeai le visage d’un peu d’alcool afin de minimiser les risques d’infection. Je n’ose même pas penser à la souffrance qu’il a subi mais lui comme moi le savions : il ne faut pas prendre de risques, ni la propreté de la hache ni la forêt ne nous laissaient le choix. Il fallait que je me débarrasse du corps du géant et que j’efface une partie des traces de lutte. Je disposai quelques chausse-trappes à l’entrée de la caverne afin d’éviter toute intrusion inutile. Je le laissai là, allongé, en espérant que rien de grave n’arrivera durant ma courte absence.

Je m’attelai donc à traîner le corps du géant dans la rivière elfique. Il pesait son poids le bougre. Avant de jeter ce tas de chair inanimé à l’eau, j’ôtai son casque pour voir à quoi ressemblait son visage. Un visage noir, boursouflé, sans trait humain s’offrait à mon regard. Seuls ces yeux rouges continuaient de me défier, même dans la mort. Je le fouillai rapidement, à la rechercher d’indices quant à sa vraie nature. Rien ne pouvait m’aider. Sa hache, de facture inconnue, irradiait de magie. Je la mis de côté, bien que un peu trop grande pour mes petites mains. Je mis alors le cadavre à l’eau, sans autre forme de cérémonie. Le courant de la rivière le fit flotter jusqu’au grand gouffre dans lequel se jetait la rivière. Il me restait à présent à camoufler tant bien que mal les traces de combat.

En aspergeant les zones d’eau, en retournant la terre, en disposant astucieusement quelques brins de verdure, les traces évidentes du combat s’amoindrirent. Il est clair qu’une étude approfondie découvrirait la supercherie mais un regard rapide ou distrait ne trouverait rien. Mon travail étant fini, je remplis les gourdes d’eau fraîche et retournait à notre refuge. Séraphin était encore éveillé. Je lui tendis les gourdes et lui expliqua que je devais aller reconnaître les alentours de cette aspérité rocheuse. Il acquiesça.

Tout d’abord, j’aillai examiner la flèche qui s’était plantée dans l’arbre en face de la grotte. Une facture très étrange : la tige en bois était en spirale et les ailettes en plume étaient remplacées par des petits plaques métalliques. Une odeur immonde s’échappait de cette flèche. Je l’enveloppais dans un chiffon et la plaçais dans mon sac. Je continuais ma ronde.

En observant les traces au sol, bien que n’étant pas expert, je pouvais affirmer que sept ou huit personnes de taille supérieure à la normale étaient passées dans le coin. Les traces semblaient marquer une certaine hésitation, les pas revenaient sur eux même. Peut être était-ce dû à l’absence de chef ? Ou peut être à la présence d’un ennemi plus puissant qu’eux ? Je suivis alors ces traces qui s’enfonçaient dans la forêt. J’atterris dans une zone totalement calcinée et ce, de manière parfaitement circulaire. Au centre de cette étendue circulaire morte se trouvait un cadavre, nu, recroquevillé sur lui-même. Je m’approchai, sur mes gardes.

Le corps semblait avoir été marqué d’un nombre phénoménal de minuscules entailles et étrangement, son corps ne semblait pas marqué de brûlures. Une aura de respect, de grandeur mais aussi de crainte s’échappait de ce cadavre ensanglanté. Je vis alors son visage. J’étais atterré. Il s’agissait d’un des elfes qui nous avait accompagné jusqu’à l’aspérité rocheuse où gît Séraphin. Comment avait-il pu se faire tuer alors que lui et ses frères d’armes avaient tenu en respect des centaines d’orques ? Par qui ou quoi avait-il été tué ? Pourquoi ? Comment ? A quoi rimaient toutes ces petites entailles ? Etait-ce dû à l’armure de l’elfe ? A son style de combat ? Aux armes utilisées contre lui ? Ou était-ce post mortem ?

Toutes ses questions me remplissaient le crâne. Aucun autre indice dans le coin ne venait compléter ce puzzle. Je laissai alors le corps là, ses congénères s’occuperont de lui.
Je retournai alors à notre abri, obnubilé par toutes ses questions sans réponses. Séraphin se reposait, limitant ses mouvements afin de ne pas rouvrir ses plaies. Je lui décris ce que je vis. Sa réaction fut la même que la mienne : il était abasourdi. Nous étions plus que jamais d’accord : il nous fallait déguerpir d’ici le plus vite possible. Mais il fallait avant que Séraphin se repose. Ne disposant plus de rien pour améliorer son état, il ne restait que le repos naturel. Tandis que Séraphin s’endormait, je ressassais encore toutes ces questions.

J’examinais également la ceinture que le gnome nous avait laissé avant de s’enfuir dans la forêt : mis à part quelques plantes inconnues, elle renfermait trois potions de nature magique et deux parchemins de sort. Ces parchemins m’aideront à m’occuper durant la fin de journée. Elles contenaient les sorts de Connaissance des Alignements et d’Irritation. Rien de fantastique mais le désir d’apprendre est toujours le plus fort.

Je me couchai alors, en espérant que la journée de demain m’apporte des réponses.
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Le réveil fut plutôt brutal et pris la forme de baffes d’un main gantée de mailles. J’ouvris les yeux rapidement et je vis un des elfes de notre escouade devant moi. Il me fit signe de me lever. Je réveillai Séraphin. Il faisait toujours nuit. Nous n’avions dormi que quelques petites heures.

Nous sortîmes de l’aspérité rocheuse. Il n’y avait que deux elfes. Séraphin, étonné, fis le signe deux avec ses mains. Un des elfes haussa les épaules de dédain, impassible. Ils partirent vers le Nord, d’un pas rapide. Nous les suivîmes.
La marche fut longue, pénible et éprouvante pour nos muscles : suivre un elfe qui trottine n’est pas très facile pour les halfelings que nous sommes.

Les deux elfes s’arrêtèrent, sans aucune raison apparente. Ils se plaquèrent contre un arbre. Dans des mouvements réguliers, calculés, presque naturels, ils se confondirent avec la nature. Leur peau, leurs cheveux changèrent de couleur, leur corps épousa parfaitement les formes du tronc. Je clignai les yeux un instant, ils avaient tout bonnement disparus. Je sentais leur présence par ce que je savais qu’ils étaient là mais je doute qu’une personne puisse les détecter en passant par là.

Sans la moindre information, Séraphin et moi-même en fîmes de même. Je me calfeutrai dans un buisson, rabaissai ma capuche, m’accroupis au maximum pour laisser le moins de surface visible possible. Je plaçai mes mains le long de mes cuisses, pour éviter qu’un reflet malheureux de la pleine lune ne trahisse notre camouflage. Séraphin, lui, opta pour une position un peu incongrue : il se roula en boule dans en buisson. Je ne voyais même plus son visage.

Nous attendîmes, encore et encore. Dans de tels instants, une seconde paraît être une éternité. Tous les sens s’amenuisent au profit de l’ouïe. Je pouvais entendre le moindre bruissement de feuilles dans un rayon impressionnant.

Après une heure d’attente environ, - j’estime ce temps à une heure mais en réalité, il est bien dur de savoir combien de temps nous restâmes dans cette position désagréable – un bruit vint chatouiller mes tympans. Une sensation étrange… Des personnes qui marchent. Le bruit était infime. Ces personnes se déplaçaient à une vitesse soutenue mais leur déplacement était quasi-silencieux. Ce n’est pas comme si ils faisaient attention à leurs déplacements, c’était plutôt une marche rapide, assurée, comme si ils connaissaient exactement la position du moindre branchage qui craquerait. Je me concentrais d’avantage. C’était un groupe de quatre ou cinq personnes.

Face à moi, mais toujours le visage enfoncé dans ses bras, Séraphin bougea très légèrement. Il me fit le signe quatre avec ses mains. Je ne pouvais pas lui répondre par la gestuelle, il ne me voyait pas. Je grattai la terre très légèrement à cinq reprises. Il me fit un signe approximatif ; je compris que lui comme moi n’étions pas sûr de ce chiffre.
Ces êtres se rapprochaient de plus en plus de nous. J’estimais leur distance à une cinquantaine de mètres de nous. Je ne savais absolument pas que faire lorsqu’ils passeraient à proximité de notre position (car c’est bien là qu’ils se dirigeaient). Les attaquer ? Rester à couvert ? Quelle réaction avoir si ils nous découvraient ? La fuite ? Le combat ? Dans ces instants là, un raisonnement censé est très difficile à être échafaudé. Le danger de mort est omniprésent. Il faudra réagir vite et bien.

Je commençai à crisper mes muscles pour éviter qu’ils ne s’engourdissent trop. Je les préparai à un effort violent. Et là, je vis un pied dans une botte en mailles se glisser dans mon buisson. Ne pas bouger, ne pas bouger. Contrôler le rythme cardiaque, ralentir sa respiration. Rapidement, je reconnus le style vestimentaire du possesseur de cette jambe. Un collant rose bardé de plumes et de perles ne pouvait être porté que par les créatures semi géantes que nous vîmes auparavant. L’absence de bruit était oppressante : mêmes les anneaux des bottes en mailles ne tintaient pas. A peine ai-je eu le temps de me calmer qu’un autre pied allait rentrer dans mon buisson. Mais la jambe de la créature se figea, et, au dépit du lourd poids de ses bottes, ne fit plus aucun mouvement.

La tension est à son comble. Il faut agir ou rester immobile ? Je me préparai mentalement à bondir sur une de ses créatures : coordonner ses mouvements après une heure d’immobilité totale n’est pas chose aisée.
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Soudainement, la lueur lunaire disparut brutalement. Tout se passa très vite, trop vite. Je perçus un léger sifflement, comme celui d’un flèche mais plus grave ; il dura peut être un dixième de seconde et là, je vis une lame traverser le corps d’un des créatures, sans le moindre bruit, sans la moindre trace de sang. Les elfes étaient passés à l’attaque. Le premier avait presque empalé son adversaire de sa lame tandis que le second se jeta sur l’autre créature. Séraphin bondit hors de son buisson pour ne pas rester dans les pattes des combattants. Il se heurta, à sa grande surprise, à une troisième créature. Un échange de coups rapide blessa légèrement les deux adversaires.

Je sortis alors de mon buisson, relevai la tête, reconnus ces yeux rouges agressifs, teintés de soif de sang. Je courus dans le dos de la créature, fis un mouvement de hanche pour me redresser et tentai de planter mes armes dans le bas de son dos. L’adversaire possédait une armure feuilletée, parsemée de trous où seul du cuir était disposé. Ma dague se heurta durement contre le recoin d’une plaque d’armure et tomba au sol. Je misais alors le tout pour le tout avec mon stylet : viser une zone de quelques centimètres carrés uniquement protégée par du cuir. Mon coup fit mouche. Mon stylet rentra de toute sa longueur dans le dos du géant. Celui-ci crispa son dos de douleur.

Tendis que je commençai à me retourner pour me préparer à récupérer ma dague au sol, je vis quatre yeux rouges supplémentaires du coin de l’œil. Une forte énergie magique se dégageait d’eux. Je reconnus rapidement aux mouvements de leurs mains, ainsi qu’à leurs paroles, qu’il s’agissait de lanceurs de sorts profanes. La situation devenait de plus en plus critique. Je ramassai ma dague, tentai de porter un coup dans le dos de notre adversaire, qui rata malheureusement.

Mon regard fut immédiatement attiré par un cylindre blanc argenté qui se déplaçait très vite dans ma direction. Un éclair, un sort d’éclair, cela ne pouvait être que ça. Là, la situation était vraiment critique. Je courbais mon dos au maximum pour limiter voire éviter les effets du sort. La vitesse incroyable de l’éclair ne me laissa pas totalement le temps de m’allonger. Il me brûla le devant des cuisses et du ventre. J’avais réussi à limiter les dégâts mais la douleur était tout bonnement atroce. .
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En terminant ma chute, je vis que le prolongement du trajet de l’éclair partait en direction d’un des elfes. Voyant cette menace s’approcher, il se jeta ventre contre terre. L’éclair lui faucha tout de même la jambe gauche, celle-ci ayant été plus lente pour se rabattre. L’elfe fut pris de convulsions : l’éclair parcourut toute son armure puis continua sa route. Je le vis au loin rebondir sur quelques arbres, immédiatement carbonisés puis il disparut au loin. L’elfe se releva tout de même, comme si de rien n’était mais sa jambe gauche restait immobile.

Le second lanceur de sort fit sortir de ses mains une substance goudronneuse qui se dirigea sur une des créatures en combat. La substance l’enveloppa puis, dans un éclat lumineux, s’infiltra dans son corps.

Les deux elfes achevèrent leur adversaire et aussi tôt, chacun d’entre eux fut pris d’assaut par deux autres créatures. Peu de temps après, une volée de flèche vint s’abattre sur le champ de bataille. Je repérai huit yeux rouges supplémentaires dans les hauteurs. Le regard de Séraphin croisa le mien et il hurla la seule phrase en commun que j’avais entendu depuis un bon bout de temps : « On sort de là ! ». Il asséna un coup de pied monstrueux au semi géant devant lui. Peut être l’énergie du désespoir, je ne sais pas ; son adversaire lâcha son cimeterre, perdit son équilibre et roula en arrière pour finir sa course contre un arbre. Nous nous mîmes à courir pour fuir se combat. Je ramassai le cimeterre au passage.

Un des elfes hurla des paroles incompréhensibles et je n’arrivais pas à savoir si c’était de la colère, de désespoir ou un encouragement à notre fuite.

Un sifflement nous suivit dans notre fuite. Une explosion naquit quelques mètres derrière nous. Un véritable souffle de feu rasait le sol tandis qu’une pluie de feu nous atteignait. Les arbres se couchaient, s’enflammaient. Il n’y avait rien à faire pour éviter cela. Le souffle nous projeta en avant. Nos vêtements prirent feu. Il fallait plaquer ses cheveux pour que ceux-ci ne prennent pas feu, fermer les yeux et espérer.

Nous nous relevâmes et repartîmes aussi vite que possible. Je pris ma gourde, m’aspergeai d’eau pour éteindre le feu naissant dans mes cheveux et pour protéger mon sac à dos. Je la jetai à Séraphin qui en fit autant. Je courus jusqu’à ce que mon sang devienne de l’acide dans mes veines, jusqu’à ce que mes poumons s’enflamment. Puis je courus encore et encore. Peut être une demi heure plus tard, Séraphin s’effondra de fatigue et de douleur. Je le tirai dans des buissons dans un ultime effort. Je m’effondrai ensuite.
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