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le Théâtre des Illusions
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Lótë-o-Ithil (fleur de lune) pour Beowulf Cromwell


Aujourd’hui je me sens perdue et triste, triste de ne pouvoir partager ce monde merveilleux que je puis contempler tout autours de moi…
Ce paysage qui s’offre à mes yeux me redonne l’espoir en la vie, la sensation de retrouver la force de survivre et de poursuivre au-delà de toutes les blessures que j’ai éprouvée dans le passé.
Par notre volonté de survivre, nous avons accomplis un exploit, celui de défier toute cette souffrance et ce mal qui nous a tourmenté au cours de ces longues années, grâce à vous mes amis, j’ai pu percevoir une lueur d’espoir dans les ténèbres.
Grâce à vous, j’ai pu leur échapper… mais le destin n’a trouvé d’autre solution que de nous diviser dans la fatalité, vous abandonnant tous à un bien triste sort.
A toi « Gaelik », toi qui a été à la fois mon père adoptif, mon mentor, mon héros… je ne cesserai de pleurer ta mort et me remémorer tes louanges a travers les siècles.
A toi « Del-Antar », toi qui m’a libérée de l’esclavage et de la torture de mes oppresseurs, ta force et ton courage n’ont d’égal que ta bienveillance.
Et enfin à toi « Sendril » toi qui m’a permis de découvrir qui j’étais réellement et qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur les valeurs qui ont fait de nous des êtres libres, mon amour pour toi à éveillé ma volonté de me battre contre la tourmente au profit de la tolérance et de la liberté.
A vous tous mes amis, je garderai à jamais le souvenirs de chaque moment que nous avons partagé.
Je ne cesse de porter le poids de votre disparition et même si toute blessure se cicatrise au fil des ages, la tristesse et la douleur demeurera à jamais dans mon esprit.
Je revois sans cesse toutes ces sombres images de meurtres, d’actes odieux et innommables, le mariage du sang et des pleurs. Je ne peux m’empêcher de constamment rêver des « Razzieurs des Sables Noirs » je ne cesse de me remémorer toutes les sévices qu’ils m’ont fait subir.
Mais tout cela semble si lointain, je peine encore plus à me souvenir de ce qu’était mon existence avant de devenir membre de la tribu des « Sabres Ensablés ».
Lorsque j’y repense, j’ai tout le temps ces premières images qui me reviennes à l’esprit; celles d’une grotte, une grotte chaude, humide et très faiblement éclairée.
Une amoncellement de tuyaux métalliques rouillés entremêlés les uns dans les autres en occupait le sommet formant une étrange toile mécanique.
Ces conduits sortaient des parois de la salle pour se déverser parmi trois sarcophages de verre se tenant debout au centre de celle-ci.
Je me souviens que je me trouvais dans un de ces sarcophages lorsqu’il explosa en mille morceaux.
En se brisant, ma prison de verre me libéra d’un long et profond sommeil, répandant tout son fluide sur le sol et m’offrant la chance de pouvoir voir le jour. Mon éveil s’accompagnait de bourdonnements sourds et de la terre tremblant tout autours de moi, c’est comme si je ressentait les échos de lointaines explosions.
Je ne comprenais pas, mon esprit et mes pensées était dénués de tout souvenir : je ne savais ni qui j’étais, ni ce que je faisais en ce lieu étrange. Les murs et le sol tremblaient de plus en plus fort, comme si une catastrophe approchait, j’étais étendue, désorientée.
En observant la disposition des lieux, je vis que la pièce présentait une issue fermée par une grande porte métallique dépourvue de poignée. J’essaya de me lever pour m’en approcher mais je perdis l’équilibre, c’était comme si j’apprenais à marcher pour la première fois. Tant bien que mal j’atteignis la porte et la poussa de toute mes forces. Après plusieurs essais infructueux, il fallait que je me mette à l’évidence ; j’étais condamnée. C’est alors que la terre se mit de nouveau à trembler, les deux sarcophages encore intacts jusqu’alors se mirent à se fissurer, prêts à se briser à leur tour. J’entrevoyais à l’intérieur deux formes humanoïdes mais ne pouvait en discerner les traits à cause du liquide opaque dans lequel elles étaient plongées.
Ma peur redoubla, lorsque plusieurs blocs de rochers s’effondrèrent pour venir s’écraser sur un des sarcophages, brisant celui-ci et la créature qui se trouvait à l’intérieur. A ce moment, je pris conscience que je devais quitter l’endroit au plus vite.
En observant une nouvelle fois la pièce plus attentivement, je remarquai une bouche d’aération recouverte d’une grille. Je me dirigea rapidement jusqu’à elle et la tira de toutes mes forces. Au bout de la quatrième tentative, les attaches rouillées de la grille finirent par céder. J’emprunta alors l’étroit passage sur une vingtaine de mètre pour finalement aboutir a une autre grille se balançant sur ses gonds.
Je n’eus simplement qu’à la pousser pour atteindre la seconde pièce.
Cette salle était plus grande que la précédente, en son centre se trouvait un autel taillé dans un verre aussi étincelant que du cristal et devant lequel plusieurs marches conduisaient à un large piédestal où se tenait debout deux grands cercles de pierre noirs. Il y avait aussi dans cette pièce une large porte métallique mais comme la précédente, elle semblait dépourvue de poignée.
En m’approchant lentement de l’autel, je vis que le corps d’une jeune femme y reposait, son corps était blême mais il en dégageait une beauté presque surnaturelle, elle paraissait comme plongée dans un profond sommeil. Un fin drap transparent la recouvrait et près de son corps, agenouillé contre l’autel, se trouvait la dépouille squelettique d’un homme. Son attitude laissait supposer qu’il s’était recueilli une dernière fois sur la corps de sa bien aimée avant de mourir. Cet endroit dégageait une telle tristesse, que je pouvais en ressentir les échos au plus profond de mon être.
Alors que j’observais la scène, mon attention fut portée par mon reflet dans le cristal, l’image qu’il me renvoyait était celle d’une jeune fille d’une douzaine d’années aux longs cheveux dorés. D’étranges petites cornes dépassaient du haut de ma tête et mes oreilles étaient longues et effilées comme celle des elfes.
Soudain, une nouvelle explosion ébranla le sol, celle-ci était encore plus violente que les précédentes, le corps squelettiques culbuta et un objet scintillant glissa de sa main. En tombant, je vis que l’objet en question était une pierre rouge accrochée au bout de la chaîne et émettant un léger rayonnement phosphorescent. Inconsciemment je m’en saisis et sentis alors qu’il en émanait une douce chaleur, j’avais l’impression que son contact me procurait une sensation de bien-être.
Je tentai une nouvelle fois de me tenir sur mes jambes et celles-ci commençaient lentement à s’habituer à la station debout, j’étais cependant toujours incapable de courir. En m’appuyant contre les parois de la grotte, je me dirigeai vers les cercles de pierre.
En m’approchant, je posai par inadvertance le pied sur une grande dalle recouverte d’étranges symboles runiques. A cet instant, la pierre rouge se mit à étinceler et au même moment un voile de lumière se mit à recouvrir la surface des deux cercles de pierre. Il en émanait un ronronnement sourd accompagné d’une légère ondulation faisant penser à un mouvement d’eau sur sa surface. Je pouvais percevoir à travers ces deux lumières de vastes paysages et des mouvements de personnes mais tout était flou, brouillé.
J’étais partagée entra la peur de rester dans la caverne sur le point de s’effondrer et celle de traverser un de ces étranges portails.
C’est à ce moment que ma peur redoubla, la terre se remit de nouveau à trembler et au même moment, j’entendis un hurlement provenant de la pièce des sarcophages.
Sans attendre je m’engageai dans un des portails laissant tout ce chaos derrière moi… mais c’était pour sombrer dans un chaos bien plus terrible encore…
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J’eus soudain l’impression de tomber dans un énorme précipice, ma chute ne dura que quelques secondes mais elle me sembla une éternité tellement la douleur et le froid qui me tiraillait était insupportable.
Une fois le portail passé, j’étais à nouveau désorientée et de plus aveuglée par la lumière du soleil, un soleil de couleur pourpre. Le temps d’un souffle et je vis une créature de la forme d’un insecte passer juste à mes côtés, cette créature de la taille d’un grand humain se tenait sur deux pattes, elle combattait une autre créature mi-homme mi-géant.
Je tourna la tête et tout autours de moi une centaine d’humains et des créatures semblables à l’insecte et au géant se livraient bataille dans une vaste étendue désertique parsemée de ruines. Au loin, on pouvait discerner la forme d’une ancienne tour et derrière moi se trouvait un cercle de pierre semblable à celui que je venais de traverser mais il n’en émanait aucune lueur.
Le sol était recouvert par tout les corps des malheureux morts au combat et par l’odeur du sang chaud.
J’étais tétanisée par la scène et ne pouvais bouger, j’hurlai de toutes mes forces mais cela n’était qu’un faible murmure dans le vacarme de la bataille.
Tout autours de moi, le bruit des lames qui s’entrechoque se mêlait aux hurlements de douleurs et de rages. Je vis un humain se faire écraser par le marteau du semi-géant et un autre quand à lui, fut sauvagement décapité alors qu’il tentait de fuir le combat, je vis aussi une pluie de flèches s’abattre sur les hommes des deux camps et un de ceux-ci s’écroula sur moi.
Je perçus dans son regard la terreur lorsqu’une masse vint l’achever en lui arrachant le haut du crâne. Le sang de l’humain se répandait sur moi à flot et je ne pouvais bouger, retenue par le poids de la dépouille.
Je ne cessais de hurler et pleurer tout en fermant les yeux pour ne plus assister à la scène.
Après un instant qui me sembla une éternité, les combats cessèrent, on ne pouvait plus percevoir que le souffle du désert et les plaintes d’agonie des mourants. La bataille était terminée et des charognard étaient déjà en train de se repaître du corps des morts et de certains blessés.
Un des humains victorieux fut attiré par mes sanglots, d’une main il repoussa le corps qui me retenait et me souleva, il appela ensuite ces compagnons et pointa du doigt le portail, ceux ci commencèrent à s’esclaffer. Ils parlaient tous une langue qui m’était inconnue et ils m’apparaissaient tous comme des ogres prêt a me dévorer.
Je fut enchaînées avec des prisonniers humains et l’on m’installa à bord d’une charrette tirée par d‘étranges scarabées géant; les « kanks ».
Le garde qui m’avait trouvé et qui accompagnait notre convoi était fortement intrigué par mon aspect général, qui ne ressemblait à aucun des êtres qu’il y avait autours de nous.
Le garde s’empressa rapidement de faire part de ma présence à son chef et m’amena ensuite à lui.
Celui-ci se prénommait Gaelik c’était un grand humain fort, d’apparence sévère mais juste, il était très influent et de plus, fin stratège, ses homme avaient pour lui une dévotion sans limite, allant presque jusqu’à se sacrifier aveuglément pour lui.
J’appris plus tard que Gaelik était un ancien esclave originaire de la Cité-Etat de Draj. Il avait suivis la voie des gladiateurs et s‘était fait remarquer par ses exploits dans les arènes.
Après moult victoires et rudes combats, Gaelik avait gagné sont titre d’affranchis, il a ensuite aidé un groupe d’esclave à fuir leurs maîtres. Ensemble, ils ont rejoins la tribu esclave des «Sabres ensablés» et très vite il s’est distingué des autres tribaux par son esprit tactique et sa maîtrise des armes.
En quelques années il avait succédé au différents leaders de la tribus pour finalement occuper le rang de chef des « sabres ensablés ».
La bataille qui s’était déroulée devant mes yeux était le fruit d’une ancienne querelle de clans entre les « sabres ensablés » et les « tranche-gorges des dunes». Gaelik avait permis aux « Sabres ensablés » de remporter la victoire mais il en avait payé un lourd tribut en hommes. Cela l’avait affaiblis moralement et il avait besoin de s’adonner à une autre activité que la guerre entre tribus.
En me voyant, il me porta un intérêt tout particulier, il savait qu’il y avait quelque chose de différent en moi et il voulait en découvrir le sens.
Il me baptisa « fleur de lune » en raison du lieu de ma découverte. En effet, la « fleur de lune » est la seule fleur capable de pousser et survivre dans l’environnement hostile des terres brûlantes. Un peu comme elle, j’avais miraculeusement survécu au milieu de cet immense champ de bataille.
Il se chargea de me prendre sous sa tutelle et me proclama membre à part entière de la tribu.
En m’écoutant parler les premières fois, Gaelik pris rapidement conscience que la langue dans laquelle je m’exprimais était issu de l’elfique : le parler des elfes. Ce que je trouve encore étrange aujourd’hui, c’est que je n’ai aucun souvenir que l’on m’ai enseigné ce langage avant cela. C’est comme si mon existence avait seulement commencé le jour où j’étais sortie du tombeau de verre.
Quoi qu’il en soit, plusieurs saisons passèrent et au fil du temps, Gaelik entrepris de m’apprendre le langage commun ainsi que la survie dans le désert.
Cinq années s’écoulèrent et il compris, en me voyant grandir, qu’il pouvait m’enseigner l’art de combattre pour que je devienne son élève, son héritière. Il voulait faire de moi une combattante hors pair, spécialisée dans le combat à l’épée, comme il l’avait été autrefois.
Il m’appris à me battre aussi bien qu’un homme mais au plus profond de moi, je savais que ce n’était pas la voie que je voulais suivre.
C’est lors de ma sixième année de vie dans la tribu que tout bascula. Une puissante tribu portant le nom de « razzieurs des sables noirs » vint à prendre contact avec nous.
Ils envoyèrent un messager proclamant l’appartenance de notre tribu à leur autorité, nous devions leur prêter allégeance et nous soumettre à leur volonté ou mourir.
Les « razzieurs des sables noirs » étaient des brutes sanguinaires sans foi ni morale, ils se complaisaient dans le meurtre d’innocents et tuaient par simple plaisir. Ils pillaient et volaient tout comme nous, mais eux ne laissaient aucun survivant, ils assassinaient femmes, enfants et les rares prisonniers leurs servaient quand à eux d’esclaves et même parfois de repas lors des grandes sécheresses.
Gaelik refusa tout commerce ou alliance quelle qu’elle soit avec eux, il chargea de renvoyer le messager et nous dûmes tous quitter le désert de Draj pour la région de Tyr.
Leur armée était bien trop puissante pour notre tribu déjà affaiblie par les précédentes batailles et la famine, nous n’aurions pu opposer la moindre résistance face à un tel adversaire.
Le voyage pour Tyr dura plusieurs semaines, pendant le trajet nous fûmes accablés par la soif, la fatigue mais aussi par des créatures que je ne puis nommer.
Je pensaient que de tels monstres ne vivaient que dans les pires cauchemars mais ils étaient réels. Seule la moitié d’entre nous parvint a traverser les vaste étendues arides qui mènent à la région de Tyr.
Notre voyage s’arrêta dans une vaste région rocheuse à proximité d’un oasis, c’est là que les survivants de notre tribu s’installèrent.
Cette région inexplorée était bien située car elle était suffisamment éloignée de Tyr pour ne pas attirer l’attention des Arkhontes et du Roi-Sorcier.
Pendant toute une saison la tribu prospéra et nous vécûmes d’échanges avec les marchands des caravanes, les pillages avaient cessés, nous voulions vivre en paix, coupés du reste du monde…
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Ce rêve fut de courte durée, un soir, le son du cor retentit, c’était la panique dans tout le village, une horde de guerriers surgirent à l’horizon chargeant droit vers nous, ce fut un véritable massacre, femmes, enfants, tous furent tués par ces horribles barbares.
Je voulus me battre pour protéger les gens de ma tribu mais Gaelik refusa que je me joigne à la bataille, il voulait que je prenne un crodlu (monture reptilienne) et il m’ordonna de fuir dans les montagnes.
Je ne pouvais me résigner à abandonner ma seule famille à la mort, je préférais encore mourir à leurs côtés.
C’est au moment où je décida de prendre les armes que je vis la lance de Sargal : chef des barbares traverser le corps de mon père adoptif.
Son dernier regard fut porté dans ma direction et je puis lire dans ses yeux qu’il me disait de fuir et de partir au plus vite, le plus loin possible de ce massacre.
J’étais à la fois abattue et terrorisée mais ma colère était plus forte, peu à peu je sentis la haine jaillir en moi, je fus soudainement poussée par une force indomptable qui me fit m’emparer du sabre de Gaelik et charger l’assassin de mon père, sans même me préoccuper du reste.
Trois barbares se jetèrent alors sur moi pour me bloquer la route et je les mis tous trois hors d’état de nuire sans même réaliser que je n’étais plus moi même.
S’ensuivit alors un long et rude combat contre Sargal, l’étendue de ma rage me permis de le blesser en brisant le masque qu’il portait et celui-ci tomba au sol, je vis alors que son faciès n’avait plus rien d’humain. C’est comme si toute la surface de son visage avait été donnée en pâture à une horde de charognards affamés.
Le chef barbare profita de mon saisissement pour se relever et me planter sa lance dans l’épaule ce qui me fis perdre l’équilibre ainsi que le sabre que je tenais, lentement il tourna la pointe de sa lance dans ma plaie me faisant hurler de douleur.
Dans l’instant, je sentis une étrange énergie jaillir en moi comme si toutes les forces qui gravitent autours des rochers, de la terre, des étoiles influaient en moi. Une sphère d’énergie jaillit de ma main propulsant mon assaillant contre un rocher à plusieurs mètres de moi.
Le corps fumant il se releva de nouveau ébahis par ma prouesse, j’en était pas moins étonnée moi même.
Mais tout cela ne dura qu’un bref moment, très vite je sentis toute mes forces disparaître et un des barbares vint me saisir et m’immobilisa sans difficulté, c’était un mûl un être mi-nain mi-humain créé magiquement pour servir d’esclave.
Sargal s’approcha de moi en boitant et me décocha un coup qui me fis perdre connaissance.
Quand je repris mes esprits, je me trouvait dans une cage enchaînée comme une bête et dévêtue, tous ces barbares m’observait comme si ils voulaient tous me posséder. C’est alors que le mûl qui m’avait immobilisé, dispersa la foule et me tira par les chaînes qui me retenaient.
Je fut amenée en face de Sargal lui-même, celui-ci arbora alors un large sourire en me voyant, son odieux faciès me répugnait au point que je n’éprouvait la force de le regarder en face. Il s’approcha alors de moi et tenta de m’enlacer, je me débattis de toute mes force mais l’étreinte du mûl était trop forte pour que je puisse m’y opposer totalement.
Sargal me saisis alors le visage et vociféra que je finirais un jour ou l’autre par l’accepter. Il ordonna au mûl de m’emmener à la salle des supplices « mais sans trop me l’abîmer » disait-il.
En sortant de la hutte de Sargal, je vis leur étendard, celui des « razzieurs des sables noirs », ils avaient finalement réussis à nous retrouver et à nous faire payer notre refus d’allégeance.
Plusieurs semaines passèrent et chaque soir, c’était le même cauchemar qui recommençait, j’étais amenée devant Sargal et si je m’opposais à ses avances, il m’envoyait tout droit aux supplices, c’était un jeu pour lui, il voulait voir combien de temps mon esprit allait survivre à tout ces souffrances.
A la fin, je ne ressentais même plus la douleur, je me laissait mourir à petit feu dans ma cage, j’étais devenue comme une coquille vide et dénuée de toute volonté.
Alors que tout semblait se terminer pour moi, une faible lueur d’espoir m’apparut dans les ténèbres.
Cela venait de Del-Antar, le mûl serviteur de Sargal , en effet, cet être curieux semblait dépourvu de fond mauvais, c’était comme si une force mystique le forçait à obéir aveuglément aux ordres de son maître. Je trouvais étrange qu’en son absence, Del-Antar faisait tout pour atténuer mes souffrances, il tentait de me réconforter par de douces paroles et venait constamment m’apporter de la nourriture ou de l’eau qu’il avait volé. Il pansait mes blessures à chaque fois que je fus fouettée par mes bourreaux.
Je savais que la magie avait été proclamée hors-la-loi mais je savais aussi qu’un individu comme Sargal n’avait aucunement à se soucier des lois.
La magie était donc la seule explication derrière le lien qu’il y avait entre lui et le mûl.
J’étais persuadée que le seul moyen de fuir cet enfer était de le faire accompagnée de Del-Antar et le seul moyen de briser le sort qui le liait a Sargal était de tuer Sargal lui-même.
Pour cela, nous mîmes tous deux au point une manœuvre pour se débarrasser de lui, Del-Antar ne pouvant directement s’attaquer à son maître à cause du sortilège, c’était à moi qu’incombait la tâche de mettre fin à son règne de terreur, mais je ne pouvait me débrouiller seule.
Je demandai au mûl de dissimuler une lame sous la couche de son maître et je devais arriver à l’y amener afin de me saisir de la lame et de le terrasser, après nous pourrions tout deux nous enfuir du campement et profiter de notre liberté.
Le lendemain soir, la lame fut déposée sous l’oreiller de Sargal et son serviteur comme chaque nuit m’amena à son maître.
Je lui déclara que je ne pouvait plus résister à la torture et que j’était prête à m’offrir définitivement à lui.
Comme je l’avais prévu Sargal s’empressa de m’amener dans sa couche avec toute l’agressivité dont il savait faire preuve, c’est lorsqu’il fut contre moi que je me saisis de la dague en os pour lui planter droit dans le cœur, il poussa un cris rauque et s’affala à mes côtés noyé dans son propre sang.
Je me libéra de son étreinte et m’empressa de récupérer le sabre de mon père et mon pendentif que Sargal avait précieusement conservé dans son coffre, je rejoignit ensuite Del-Antar, qui m’attendait près de l’entrée de la hutte.
C’est là que le mûl réalisa que son maître n’était pas mort, ce dernier venait de se saisir de son arbalète et il décocha un carreau dans ma direction.
Sans que je ne puisse réaliser ce qui venait de se passer Del-Antar me poussa et se retrouva dans la trajectoire de l’arme prenant le carreau qui m’était destiné.
Sargal tenta de crier à l’aide mais seul un crachat de sang sortit de sa bouche, il eut encore juste le temps de décocher un second carreau et celui-ci vint à nouveau heurter Del-Antar qui ne bougea pas. C’est là que je vis dans ses yeux le même regard que Gaelik qui me disait de fuir… de fuir le plus loin possible…
Je voulais que Del-Antar m’accompagne mais il refusa de venir, il savait que si il ne restait pas là pour retenir les gardes de son maître, ces derniers me rattraperaient. Je ne pouvais m’empêcher de pleurer en abandonnant le camp et en même temps la seule personne à qui je devais la vie et la liberté.
Pendant ma fuite, j’entendis le son d’un combat derrière moi, c’était la fin pour Del-Antar, il ne pourrait jamais survivre aux hommes de main de Sargal…
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Après deux jours et deux nuits de voyage dans le désert, la monture que j’avais « empruntée » aux barbares mourut d’épuisement.
Il ne me restait plus une goutte d’eau pour poursuivre et j’errai une journée entière parmi les dunes sous le brûlant soleil pourpre. J’abouti en fin de course devant une sombre forêt d’arbres morts.
C’était la première fois que je voyais des arbres, j’étais fascinée par leur aspect robuste et intimidant au fur et à mesure que je m’en approchais.
Une petite voix me disait de ne pas pénétrer dans la forêt mais mon désir de découverte était plus fort encore.
Après une heure de recherche à l’orée du bois je finis par enfin trouver un petit point d’eau.
Alors que je me désaltérais, je pouvais sentir le souffle du vent chaud me caresser délicieusement le visage, il s’accompagnait du murmure des arbres, comme si la forêt m’appelait à elle.
En m’y engouffrant j’avais plus de chance que l’on perde ma trace que dans les vastes étendues désertiques de Tyr.
Je parcouru de nombreux kilomètres pour finalement me retrouver devant une scène des plus macabre. A l’emplacement d’une petite clairière se trouvait des dizaines de crânes humains et elfes empilés les un sur les autres formant deux structures de forme conique, ces deux « piliers » semblaient marquer les limites d’un territoire.
Je me trouvais devant un nouveau dilemme, soit je rebroussais chemin pour prendre la direction des montagnes, avec le risque de retomber sur mes poursuivants ou alors je m’engouffrais dans ce territoire sans savoir ce qui m’y attendait.
Malgré l’avertissement j’optai pour la deuxième solution, je ne pouvais imaginer de me refaire capturer par les barbares, surtout après toutes les peines qu’ils m’avaient faites endurer.
Mon attention fut soudainement portée par un cri en provenance d’une vallée située en contrebas de la forêt, je crus reconnaître la voix d’un homme hurlant à la mort mais je ne pouvais en être certaine.
Quoi qu’il en soit, je ne pouvais rester là sans bouger, je m’approcha avec précaution de l’endroit d’où émanait les hurlements.
Après une centaines de mètres les cris cessèrent, je vit alors une nouvelle clairière dans laquelle une dizaine de petites huttes en bois avait été aménagées, la structure en bois ronde des habitations ne me rappelait rien de ce que j’avais vus auparavant, elle semblait accueillir des êtres de petite taille.
En observant de plus près je réalisa qu’il y avait une activité dans ce village, je voyais de petits-hommes ressemblant à des enfants humains vaquant à leurs occupations et déambulant dans le village.
Tout semblait calme, trop calme, je longea l’espace boisé autours du village pour avoir un meilleur point de vue et la scène qui s’offrit à moi me glaça le sang.
A une dizaine de mètres de ma position, se trouvaient quatre petits-hommes en train de dévorer le corps de ce qui semblait être un humain, derrière eux se trouvait une femme elfe ligotée horizontalement à la branche d’un arbre, elle vivait toujours mais un de ses avants bras avait été tranché. Les deux petits hommes qui se trouvaient à côté d’elle étaient en train de se délecter du bras arraché de la jeune elfe sous ses yeux.
Un autre elfe était ligoté de la même façon quelques mètres plus loin, lui était intact mais la terreur ne s’en lisait pas moins sur son visage.
Gaelik m’avait un jour parlé de ces créatures, ces halflings comme il les appelait étaient un peuple d’anthropophage, ils avaient été à une époque les maîtres de toutes les races connues mais après les grands cataclysmes qui à frappé notre monde, ils sont retournés à l’état sauvage, obligés de se nourrir des hommes pour subsister.
Je ne pouvais risquer de me montrer tant qu’il faisait encore jour, je me cacha en haut d’un arbre et attendis donc la tombée de la nuit pour aller porter secours à ces malheureux.
La nuit, le village halfling semblait s’être dénué de toute vie, un seul garde était resté près des prisonniers, tous les autres avaient regagnés leurs huttes. J’attendis que le petit-homme s’assoupisse pour m’approcher des deux elfes. En me voyant, approcher, l’elfe poussa un cris étouffé de soulagement, le petit-homme sursauta mais ne se réveilla pas.
Je fit alors un signe de la main en direction de l’elfe pour lui indiquer de ne pas faire de bruit et dégaina silencieusement mon sabre pour commencer à trancher ses liens, je lui expliqua que j’étais là pour le libérer lui et sa compagne. Il fit alors mine de regarder dans une autre direction et en suivant son regard, je vis que l’elfe était morte, tout le bas de son corps avait été dévoré. J’eu seulement espéré qu’elle était morte lorsque ce fut arrivé.
Une fois l’elfe libéré, je lui demandai si il y avait d’autres prisonniers dans le village, il semblait encore sous le choc mais il parvint à m’expliquer que tous ses autres compagnons avaient été dévorés par les semi-hommes.
Alors que nous tentions silencieusement de regagner les bois, mon compagnon elfe percuta avec son pied le bord d’une des tables qui se trouvait sur notre passage.
Un des crânes humains posé sur celle-ci dégringola et roula quelques mètres sur le sol pour terminer sa course dans un groupe de lance reposant debout contre une des huttes.
Une des lances fut déséquilibrée et heurta en entraînant dans sa chute ; une torche accrochée à un des piquets de soutien de la cahute.
La torche atterrit aux pieds du petit-homme commençant à consumer lentement le bout de ses gros orteils poilus.
Le semi-homme mis quelque seconde à comprendre ce qu’il se passait et c’est lorsqu’il renifla l’odeur de poils brûlés qu’il compris et se réveilla en hurlant.
Mon sang ne fit qu’un tour, très vite je pris mes jambes à mon cou et avec grand étonnement je vis que l’elfe était déjà presque en haut de la colline.
Très vite, tout le village fut ameuté par les cris du garde en train de brûler.
Alors que j’atteignais les bois, j’entendais des bruits de tambours derrière moi ; l’alarme était donnée. L’elfe, voyant que j’éprouvais peine à le suivre me pris la main et m’entraîna avec lui dans une course effrénée à travers les bois.
Au fur et à mesure que nous avancions dans la forêt je fatiguait au point de ne plus pouvoir coordonner le mouvement de mes jambes, je chuta.
L’elfe me fit alors signe de grimper sur son dos, ce que je fit et il poursuivi sa course sans se fatiguer et avec une étonnante vitesse, une vitesse presque surnaturelle.
Les tambours continuaient de retentir derrière nous mais leur son se faisait de plus en plus éloignés, nous étions sauvé, du moins pour cette nuit là.
Quant le son des tambours ne se fit plus entendre, l’elfe fît une halte afin de reprendre son souffle, je mis pied à terre et fut soudainement prise d’un fou rire, je ne pouvais m’imaginer que quelqu’un soit aussi maladroit que cet elfe, il fut d’abord étonné que je puisse rire dans pareille situation et finalement il se mit à rire avec moi.
Cela me faisait bizarre, je n’avais plus ris depuis très longtemps… a vrai dire je n’en avais même plus le souvenir…
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A l’aube, je fus soulagée d’apercevoir la fin de ces maudits bois. En voyageant, l’elfe m’expliqua qu’il s’appelait Falguim Then-athil, il faisait partie de l’escorte d’un convoi commercial transportant une grosse cargaison de minerais de fer pour la ville de Tyr . En route, le convoi fut attaqué par une armées de pillards guidée par Sortar : le seigneur de guerre.
Les troupes protégeant la caravane furent très rapidement mises en déroute malgré leur nombre important et Falguim parvint à s’enfuir avec l’aide de quatre autres elfes en direction des bois.
En traversant la vaste étendue boisée de la forêt morte, ils tombèrent sur une embuscade d’halflings qui s’emparèrent d’eux et les amenèrent dans leur village. Là il vit ses quatre compagnons se faire dévorer vivants. Leur agonie fut lente et douloureuse me dit il.
Alors qu’il me racontait comment ses amis furent tués, je vis des larmes couler sur son visage asséché par le soleil. Pendant un long moment, notre marche se fit en silence, Falguim était en train de réaliser qu’il était, comme moi, devenu orphelin de sa tribu.
Notre escapade à travers les hauts plateaux rocheux dura trois jours et trois nuits, nous chassions de petits lézards pour nous nourrir et buvions les dernières réserves d’eau dont Falguim disposait.
Le quatrième jour nous venions à bout de toute notre réserve, au loin s’élevait sous des rafales de vent, un nuage de poussière signe annonciateur d’une tempête. A la tombée de la nuit, la tempête s’abattit sur nous comme une pluie de lames tranchantes, il nous était impossible de poursuivre.
La tempête nous obligea à nous aménager un abri de fortune au pied d’un gros rocher.
En pleines nuit, Falguim me réveilla brusquement, le vent avait cessé de souffler mais j’entendis un autre son, celui d’un cor à plusieurs centaines de mètres de notre position.
Furtivement, je grimpa en haut du rocher et vis au loin un groupe de trois humains à dos de crodlus, Falguim vint me rejoindre et me souffla que nous pourrions marchander un peu d’eau avec eux contre les derniers objets de valeurs qu’il nous restaient. Même si c’était peut être la seule solution possible pour ne pas servir de nourriture aux charognard, cela ne m’enchantait guère de tenter de marchander avec des inconnus en plein désert, qui plus est armé et en surnombre.
Mes expériences précédentes m’avaient faites perdre confiance aux humains et ma conscience me dictait que ceux-ci n’étaient pas différents de ceux auxquels j’avais eu affaire auparavant.
Alors que je les observais plus attentivement, Falguim avec sa maladresse habituelle voulu descendre mais il glissa et dégringola en bas du rocher dans un vacarme à réveiller les morts.
En entendant le cri de Falguim, les trois inconnus se tournèrent dans notre direction et à bord de leur montures se séparèrent chacun dans une direction différente.
Je félicita Falguim pour ses nouvelles prouesses et me dirigea vers un groupe de larges buissons et rochers pour me dissimuler.
Falguim se releva et en boitant tenta de venir me rejoindre, un des cavaliers surgit alors dans mon champs de vision et fonça à vive allure vers le pauvre elfe en le frappant avec un long bâton.
Falguim chuta sous l’effet du choc et très vite, les deux autres cavaliers vinrent les rejoindre. L’elfe était encerclé, l’un des cavaliers s’exprima alors en langage commun, il menaçait de tuer Falguim si je ne me montrait pas et ne lâchai pas les armes.
Je ne pouvais tenter quoi que se soit, ils étaient trois et de plus semblaient assez expérimentés dans l’art du combat, j’étais seulement sûre d’une chose c’est qu’ils ne ressemblaient pas à des pilleurs des sables. Leurs façons de monter et de se battre étaient différentes de celles des pilleurs.
Je me mis à découvert les mains levées et en me voyant je pu percevoir sur leur visage un vif étonnement. Ils virent que j’étais différente des êtres qu’ils croisaient habituellement, il n’avait sûrement jamais vus d’elfes comme moi.
L’un des trois, probablement le chef, chuchota quelques mots à l’oreille des deux autres. Le plus menaçant continuait à pointer Falguim avec son arbalète et les deux autres s’avancèrent à ma hauteur exhibant leurs armes dans ma direction.
Il me prirent mon sabre et me ligotèrent, le chef m’examina de plus près comme pour m’analyser ou tenter de trouver chez moi d’autres « anomalies ». Ensuite, ils nous attachèrent à leurs montures et ils reprirent la route en direction de la cité-état de Tyr.
Après une heure de route, j’aperçu au loin la grande cité qui s’étendait sur plusieurs kilomètres avec ses grandes portes et au-delà ses dédales de ruelles avec leur amoncellement d’habitations, le haut palais de Kalak le roi-sorcier surplombait tout le paysage.
Des centaines de petites habitations de fortune et des tentes avaient été érigées aux abords de la cité car seul les nobles et certaines familles marchandes avaient le droit de s’installer à l’intérieur des enceintes et de bénéficier de la protection de la ville.
On nous fit descendre à proximité d’une série de cage où étaient enchaînés une trentaine d’esclaves, toutes races confondues : elfes, humains, nains, mûls, thri-kreens et même halflings. En nous voyant arriver, un nain très élégamment vêtu s’approcha de nous pour nous examiner. Il se tourna ensuite vers le chef des gardes et ils partirent tous deux à l’arrière d’une tente pour marchander.
Quand ils revinrent, le nain affichait un large sourire de satisfaction, le garde quand à lui fit un signe à ces deux autres compagnons et ils prirent tous trois la direction des portes de la cité.
Après quelques heures passée dans une des cages, un semi-géant sous ordre du nain nous amena ligotés sur une large plate forme en pierre. Sur celle-ci se tenait debout et alignés six autres esclaves vêtus de haillons. En face de nous se trouvaient une importante foule d’humains, pour la plupart des commerçants et parmi eux quelques mendiants et vagabonds, ils étaient en train de marchander le prix des esclaves. Nous étions sur un marché aux esclaves et nous allions être vendus à un de ces humains comme du bétail. C’est là, qu’à ma plus grande stupéfaction, je vis Del-Antar , il était comme nous attachés aux autres prisonniers, il portait les cicatrices de son combat contre les gardes de Sargal mais il semblait avoir récupéré de ses blessures.
Je tentai de m’approcher de lui mais très vite, la poigne du semi-géant me rappela à l’ordre. Malgré le fait que je sois à nouveau ligotée et emprisonnée, j’étais heureuse de voir Del-Antar à nouveau vivant. En me voyant, il me retourna un sourire mais je pus voir qu’une lueur de tristesse émanait dans son regard, il devait être déçu de me retrouver dans une pareille situation et je l’étais aussi.
J’avais tellement besoin de lui parler…
Soudain le nain qui nous avait acheté aux gardes s’avança devant la foule et m’exposa face à elle, il m’obligea à me tourner pour leur exhiber les moindres parties de mon corps. Il mis les enchères à quinze pièces de céramique, très vite un acheteur se proposa, c’était un humain gras et bedonnant, il avait l’air presque aussi répugnant et vicieux que Sargal.
Heureusement, un autre humain monta la barre à vingt pièces de céramique c’était un vieil homme d’apparence noble, il était grand et portait une courte barbe grisonnante. L’humain bedonnant poursuivit et éleva les enchères à vingt cinq pièces de céramique, à peine eut il finit sa phrase que le vieil homme en proposa cinquante. Le bedonnant jura et cracha avant de se retourner pour quitter la foule. Le vieil homme s’approcha de la plate-forme pour remettre la somme au nain, lorsqu’une mystérieuse voix surgie du fond de la foule proposa cent pièces de céramiques. Le vieil homme se retourna pour voir d’ou venait la voix et elle émanait d‘un étrange homme portant un long manteau capuchonné foncé dont l’ombre recouvrait la totalité du visage.
L’homme lança alors une bourse qui atterrit juste au pied du nain, celui-ci se précipita pour récolter son gain et s’empressa de me tirer jusqu’au mystérieux acheteur…
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Le vieil homme étonné mais pour le moins furieux repris son argent et quitta à son tour la scène. La silhouette capuchonnée s’empressa de me faire sortir de la foule, en partant, je lança un dernier regard en direction de Del-Antar et Falguim qui se trouvaient toujours sur la plate-forme…
L’homme me fit entrer dans une tente dissimulée à l’arrière d’un groupe d’habitation. Il retira son manteau capuchonné et me le tendis ainsi que des vêtements somptueusement tissés, qu’il avait dissimulés dans un sac en peau. Alors que je m’attendais à voir un monstre sous ce déguisement, je vis un humain au regard chaud et envoûtant, de longs cheveux châtains retombait à hauteur de ses épaules, les traits de son visage était fins et symétriques, il avait l’apparence d’un brigand mais il émanait de lui quelque chose de noble. Il m’expliqua qu’il s’appelait Sendril et qu’il ne me voulait aucun mal, on l’avait envoyé venir me chercher et il avait pour mission de m’amener à l’intérieur de la cité en secret afin de me présenter à son maître. Il enfila d’autres vêtements et trancha mes liens, son regard croisa le miens, il me dit alors que je serais libre mais seulement après avoir accepté de m’entretenir avec son commanditaire.
Je devais à tout prix dissimuler mon apparence sous ce manteau et en aucun cas ouvrir la bouche en présence des gardes. Sendril m’accompagna jusqu’aux grandes portes de la cité, là les gardes s’avancèrent vers lui et ils parlèrent un long moment ensemble, je le vis alors remettre discrètement une pièce d’or à leur chef. Ce dernier ordonna d’abord que l’on me fouille et après cela, nous pûmes tous deux nous rendre à l’intérieur des murs de la grande cité.
Après avoir déambulé dans les ruelles de Tyr sur un kilomètre, Sendril me fit pénétrer dans une grande bâtisse, en y entrant je fut stupéfaite par la taille des tapisseries et le riche mobilier qui décorait le hall d’entrée, le propriétaire des lieux devait être une personne très influente pour se permettre un tel luxe. Dès notre arrivée, un domestique accourus vers nous comme si notre venue avait été longuement préparée.
Il nous débarrassa et nous amena tout deux dans une grande pièce circulaire éclairée par une dizaine de cierge, le haut du toit formait une grande coupole de verre donnant sur la voûte céleste. Il faisait jour mais l’on pouvait voir distinctement les croissants des lunes Ral et Guthay reposer de part et d’autre du soleil pourpre. Au centre de la grande pièce se trouvait une étrange structure, c’était un long cylindre de la longueur d’un gros chariot, elle allait en grossissant de bas en haut et à chacune de ses extrémité se trouvait un œilleton en verre.
Toute la structure reposait sur une armature en bois composées d’une multitudes d’engrenages et occupant les trois quarts de la pièce.
Je voulais m’approcher de l’œilleton pour regarder dans le cylindre mais notre commanditaire entra dans la pièce à cet instant.
C’était un humain, d’un age avancé, il avait de longs cheveux grisonnants et portait une longue robe blanche brodée de fil d’or.
L’un de ses yeux était recouvert par un petit monocle en verre lui donnant un aspect disproportionné. Il semblait à la fois stupéfait et soucieux de me rencontrer, il s’approcha de ma personne d’un pas décidé et se mit à me saisir la tête pour constater mes particularités physiques.
Il m’examina des pieds à la tête pendant un long moment et finis par apercevoir le talisman que je portais autours cou.
Il se tourna ensuite vers Sendril affichant un sourire de satisfaction en lui disant que leur travail allait enfin aboutir.
Le vieil homme me demanda ensuite de le suivre. Il me fit entrer dans une grande pièce au centre de laquelle se trouvait une grande table en verre ovale reposant sur un socle en marbre et six chaises disposée méticuleusement tout autours.
Sur le mur face à moi, était dessiné un symbole représentant le soleil pourpre et les deux lunes Ral et Guthay, il y avait aussi une grande bibliothèque remplie de manuscrits. Cette salle était étrangement dépourvue d’ouvertures, cela faisait penser à une lieu de réunion secret.
Il m’expliqua qu’il s’appelait Casius et qu’il était membre d’un groupe de révolutionnaires se faisant appeler l’Alliance Voilée. C’était une organisation secrète luttant contre les idéaux des Rois-Sorciers et l’esclavage. Elle avait pour objectif de protéger les « préservateurs » et de lutter contre leurs ennemis les « profanateurs ».
Alors que les « profanateurs » puisent toute l’énergie magique en affaiblissant notre monde et en le rendant stérile, les « préservateurs » eux, utilisent la magie de façon à restaurer l’écosystème de la planète.
Casius avait pris connaissance de mon existence par Gaelik quelques jours avant l’attaque des « razzieurs des sables noirs». En effet, c’est Casius qui avait remis à mon père adoptif son titre d’affranchis alors qu’il combattait dans les arènes de Draj, comme lui, il voulait combattre l’esclavage et la politique d’intolérance régnant dans les Cités-Etats.
Il avait vu en Gaelik un allié potentiel dans la lutte contre les Rois-Sorciers, il était très bon combattant et disposait de plus d’une importante notoriété auprès des peuples et des tribus esclaves, tout cela, il pouvait le mettre au profit de l’Alliance Voilée.
Gaelik savait qu’en reprenant contact avec Casius, il pourrait quand à lui obtenir une protection et de nouveaux belligérants, mais les nouvelles arrivèrent trop tard.
Le messager que mon père avait envoyé raconta à Casius comment j’avais été découverte et recueillie par la tribu des « Sabres Ensablés », il lui expliqua aussi notre long périple de Draj à Tyr et l’endroit ou nous nous étions installés. Après cela, Casius entreprit d’envoyer son fidèle serviteur Sendril pour prendre des nouvelles de la tribu mais celui-ci se heurta aux hommes de Sargal. Quand il arriva au village, tout le monde avait été tué, les « razzieurs de sables noirs » avaient tout brûlé après leur raid, le corps de mon père n’avait pu être retrouvé.
C’est lorsque Sendril surprit une conversation entre les patrouilleurs des sables, qu’il compris que l’étrange elfe qu’ils avaient capturés n’était autre que la fille adoptive de Gaelik. Il prévint alors son maître et celui-ci lui demanda d’aller me chercher sur le marché aux esclaves afin de m’amener à l’intérieur de la cité.
Ce qui intéressait surtout Casius, ce n’était pas vraiment ma personne mais l’endroit d’où je venais, il me raconta qu’il y à bien longtemps, bien avant que la terre ne devint stérile et que les océans disparurent, il existait des portails reliant d’autres mondes au monde d’Athas.
Après les grands cataclysmes et les grandes guerres, ces portails sombrèrent longtemps dans l’oublis, jusqu’au jour où les rois-sorciers apprirent leur existence.
Ils mirent alors en œuvre tout les moyens dont ils disposaient pour les retrouver et les garder à l’abris du regard des hommes, bien dissimulé de tous.
En effet, les Rois-Sorciers savaient que si le peuple d’Athas apprenaient l’existence des portails, leur règne de terreur toucherait à sa fin.
Tout le monde fuirait cette terre ravagée par la magie et les Rois-Sorciers ne règneraient plus que sur un vaste caillou désertique et dénué de toute vie.
Seulement, malgré leur volonté de retrouver tout les portails, les Roi-Sorciers ne parvinrent pas à se les approprier tous, certains furent détruits par les affres du temps et d’autres demeurèrent dans l’oublis. C’est par un de ces portails que je fus transportée sur Athas et que la tribu me récupéra.
Gaelik en mourrant, avait emporté dans sa tombe le secret de l’emplacement exact du portail, ce qui ne laissait plus qu’une seule personne sur la liste de Casius.
Il voulait que je lui dévoile cet emplacement mais il savait que j’étais trop jeune et trop perturbée à l’époque pour pouvoir m’en souvenir avec exactitude.
Le vieil homme entreprit alors de m’amener dans une autre salle secrète, il se saisit d’une des torches qui se trouvait sur le mur et approcha la flamme du symbole dessiné sur le mur, une partie du mur se mit alors lentement à disparaître comme si il s’agissait d’un mirage. Il laissa apparaître un étroit passage en colimaçon descendant dans les entrailles de la terre…
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L’escalier nous amena dans une grande crypte et vers un dédale de couloirs et de pièces enchevêtrées les unes sur les autres. C’était un véritable labyrinthe souterrain. Casius s’arrêta devant une énorme double porte sculptée de crânes sur toute sa surface. De part et d’autre de l’arche se tenait deux grandes statues représentant les corps debout de deux créatures momifiées. En approchant les yeux des gardiens de pierre s’illuminèrent d’une lueur verte scintillante, Casius prononça alors une série d’incantations et les statues reprirent leur aspect normal. La double porte en pierre s’ouvrit devant nous, laissant percevoir un gigantesque mausolée. Au centre du mausolée reposait une structure noire de forme lenticulaire, cela ressemblait étrangement à un grand miroir fabriqué dans un autre matériau que le verre peut être de l’obsidienne.
Casius m’expliqua que cet objet était le miroir de l’aube, cet ancien artefact était capable de faire ressurgir les souvenirs des personnes qui s’y contemplaient. Il voulait se servir de ce miroir pour pénétrer mon esprit et repérer l’endroit où se trouvait le portail mais pour cela je devais laisser le miroir s’imprégner de mes souvenirs en me concentrant sur l’événement.
J’étais prête à le faire mais à la seule condition que Casius veuille bien m’aider à libérer Del-Antar et Falguim de leur condition d’esclave.
Je m’attendais à ce qu’il refuse où me dise tout simplement qu’il n’avait pas besoin de mon autorisation pour me forcer à regarder dans le miroir mais après un instant de réflexion il accepta.
Il me donna sa parole qu’il ferait tout pour les sauver mais seulement après que le miroir lui ai révélé l’emplacement du portail.
Je me tournai vers celui-ci en essayant de me remémorer mes plus anciens souvenirs, Casius prononça une nouvelle formule incantatoire et le miroir se mit à s’illuminer.
Les premières images de ma vie défilaient rapidement ; de ma sortie du sarcophage à mon passage dans l’un des portails tout apparaissait clairement.
Je revis alors la bataille qui s’était livrée face à moi dès mon arrivée sur Athas, à cet instant, le sorcier prononça une nouvelle incantation et les images se figèrent en nous laissant contempler l’étendue désertique et toutes les ruines environnantes. D’un geste de sa main l’image bascula comme si nous prenions un envol. L’ensemble du paysage nous apparu alors clairement, l’amas de ruines se trouvait aux abords d’une large dépression fermée formant une sorte de cratère. L’endroit se trouvait a plusieurs kilomètres au nord d’un canyon donnant une vue sur les lointaines Terres Mortes, un immense nuage de poussières noire en recouvrait toute la surface.
Parmi les ruines, les seules structures encore debout étaient une grande tour, certains hauts bâtiments faisant penser à des temples et le portail par lequel j’étais venue. A quelques kilomètres au nord des ruines, on pouvait discerner une longue chaîne montagneuse s’étalant sur toute la superficie d’est en ouest. L’endroit semblait assez isolé et difficilement praticable.
Casius s’empara ensuite de son bâton et toucha le miroir avec le globe qui se trouvait à son extrémité. L’image du miroir disparût pour prendre place à l’intérieur du globe. Au moment où l’image du miroir se volatilisa, je me sentis très affaiblie, vidée de toute mon énergie, le monde bascula et je sombrai dans l’inconscience.
En me réveillant, je fut stupéfaite de voire que j’étais entourée de mes deux amis, Del-Antar et Falguim, ils avaient attendus patiemment mon réveil pour m’accueillir. Cela faisait deux jours que j’avais perdu conscience, Sendril m’avait administré un remède à base de plantes et je me sentais reposée, revitalisée même. Del-Antar et Falguim me remercièrent d’avoir demandé leur libération à Casius. Del-Antar en profita pour me raconter comment il avait échappé aux griffes des gardes de Sargal et comment au seuil de la mort il était parvenu à atteindre la cité de Tyr. La garde de Tyr le captura alors qu’il tentait désespérément de s’approprier de l’eau auprès d’un marchand peu scrupuleux, ce dernier avait remarqué qu’il portait la marque des esclaves et avait été le dénoncer aux esclavagistes.
Au fur et à mesure que nous parlions, je réalisais que nous étions dans une grande caravane en mouvement, je voulu sortir de la tente et tomba nez à nez avec Sendril, nos regards se croisèrent un long moment, mon cœur battais la chamade. De toute évidence, il dégageait un charisme qui ne me laissait pas indifférente. Il me félicita pour mon rétablissement et me tendis un petit sac en toile remplis de provisions séchées accompagné d’une outre d’eau bien remplie.
Il m’expliqua brièvement que nous étions en route pour la Bordure des Terres Mortes, notre caravane étais partie le lendemain que j’eus perdu connaissance dans les catacombes. Alors que nous discutions je m’aperçu que mon pendentif avait disparu, Sendril m’expliqua que Casius s’en était emparé afin de l’étudier. Il était maintenant dans la caravane de tête, dirigeant le convoi vers le portail à l’aide de son globe magique.
En me voyant entrer dans sa tente dans une colère folle, Casius compris immédiatement la raison qui m’amenait. Je lui demandai ou se trouvait mon pendentif et il me rétorqua qu’il en avait besoin pour une expérience.
Selon lui, le talisman que je portais avait le pouvoir de conférer à son unique détenteur la capacité de passer à travers le portail, sans cette clé, nul autre ne pourrait quitter Athas. Son intention était de solutionner ce problème en créant une seconde clé permettant l’activation permanente du portail.
Il garderait le pendentif jusqu’à ce qu’il ait finis d’en comprendre le mécanisme et ensuite il me le restituerait dès notre arrivée sur les lieux. Je n’avais de toute façon d’autre choix que de me contenter de ses explications et suivre ces directives, il me rappela que mes compagnons et moi lui étions toujours redevables de notre liberté...
Le voyage dura encore sept jours, pendant tous ce temps, je resta au côtés de Del-Adar, Falguim et Sendril.
En route, Sendril m’avoua qu’il avait ressenti en moi un très grand potentiel, il m’expliqua que depuis la nuit des temps, certains êtres étaient capables d’invoquer les énergie profanes afin de modeler le monde à l’image des hommes, ces êtres pouvait maîtriser la magie sans devoir passer des années à en étudier les rudiments. Ils avaient ce don à la naissance et pouvait l’exploiter dès le plus jeune age, le plus difficile pour eux était de survivre suffisamment longtemps pour apprendre à le maîtriser car les rois-sorciers voyaient en eux une menaces non-négligeable. Ces êtres étaient alors considérés et déclaré comme étant des hors-la-loi.
Sans hésiter, Sendril s’engagea à essayer de m’apprendre à développer ma maîtrise et à m’inculquer ce qu’il savait de la magie des « Préservateurs ».
En sept jours, je fis d’énormes progrès, Sendril m’appris à concentrer les énergies qui gravitaient tout autours de moi et à les transformer en flux magique. Grâce à sa technique d’apprentissage, je parvins rapidement à lancer mon premier sort de lumière. Il n’eut malheureusement pas suffisamment de temps de m’en apprendre d’avantage, en effet, au cours du sixième jour de voyage, le convoi arriva à proximité des ruines.
Le paysage qui s’offrit à mes yeux m’était familier, je me rappelais de chaque instant ayant suivis mon passage à travers le portail, tous mes souvenirs refaisaient surface comme si je revoyais les images à travers le miroir de l’aube. Tout le monde mit immédiatement le pied à terre pour prendre place en face du portail. Il était toujours identique à la dernière fois, sombre et froid. Sa présence dominait sur l’ensemble de notre groupe et il s’en dégageait une étrange sensation de malaise, c’était comme si cet objet avait une conscience propre et qu’il tentait de nous dissuader de nous approcher. Casius fut le premier à être descendu, il portait mon pendentif au cou et restait en contemplation devant la structure du portail, il était complètement absorbé dans ses pensées et son regard avait totalement changé. Il semblait presque avoir oublié notre présence, on pouvait dès lors percevoir dans l’expression de son visage la convoitise et le désir de s’approprier l’unique accès au portail.
A cet instant, je su que je ne récupèrerais plus le pendentif. Il se tourna ensuite vers nous et se lança dans un discours, au cours duquel il avoua son intention de ne plus combattre pour l’Alliance Voilée. Casius avait dès lors l’intention de se servir du portail comme ultime monnaie d’échange avec les Rois-Sorciers. Il voulait échanger l’accès au portail contre le secret de l’immortalité et l’accès à leurs pouvoirs. C’était sous-estimer les Rois-Sorciers que de penser qu’il pourrait marchander avec eux…
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Tourmenté par cette nouvelle, Sendril sombra dans une rage folle, il rappela à Casius les idéaux pour lesquels ils s’étaient tous deux battus et l’espoir que pourrait apporter la découverte du portail à tous les peuples opprimés d’Athas.
Casius répliqua qu’il n’avait jamais eu la moindre intention de partager ses connaissances avec le peuple d’Athas et qu’il avait rejoint l’Alliance Voilée dans l’unique but de s’approprier un allié dans sa propre lutte contre les Rois-Sorciers. Maintenant grâce au portail, il voulait exercer une pression sur les Rois-Sorciers et acquérir un pouvoir équivalent.
Sendril savait que le plan de Casius serait voué à l’échec, les Rois-Sorciers n’étaient pas dupe, son chantage n’aurait pour unique résultat que d’attiser leur courroux et entraîner sa propre destruction.
Casius s’obstina dans son idée et il ordonna aux gardes de s’emparer de Sendril, au même moment, son attention fut portée vers les montagnes au nord. Nous suivîmes tous son regard et je fus horrifiée en voyant qu’une armée d’humanoïdes était apparue au pied de la montagne et elle se dirigeait droit sur nous. Il était évident que nous avions tous été trahis, mais par qui et surtout pour quelle motif ?
Casius, qui n’avait pas prévu que les événements prendraient une telle tournure, s’empressa de s’avancer vers le portail pour l’activer. L’armée quand à elle se rapprochait de plus en plus et au fur et à mesure de sa progression, je pus distinguer rapidement qu’il ne s’agissaient nullement d’êtres humains, c’était une horde de non-vivants ayant à leur tête un énorme cavalier en armure. Même avec l’aide de la garde personnelle de Casius, nous n’avions aucune chance de survie. Pendant ce temps, le mage avait activé le portail et se préparait à le traverser. Sendril profita de la panique générale pour foncer sur son maître et l’empêcher de passer de l’autre côté. Une partie des gardes se précipitèrent vers Sendril mais Del-Antar se mit en travers de leur chemin pour le protéger. Falguim quand a lui était absent, c’était comme si il s’était tout à coup volatilisé. Alors que Casius et Sendril se livrait combat, l’armée des non-vivants s’approchaient dangereusement, de nombreux gardes prirent la fuite et les autres restaient cloués sur place, complètement terrorisés. En observant la bataille, je vis que Casius avait pris un net avantage sur Sendril, celui-ci était retenu au sol comme paralysé par une force invisible. Je ne pouvais pas le laisser se faire tuer, je me saisit rapidement d’un glaive qu’un des gardes avait abandonné dans sa fuite et chargeai Casius. Mon intervention le stoppa net dans son attaque, le blessant grièvement à la gorge et sectionnant la chaîne qui retenait mon pendentif. Celui-ci s’effondra au sol en même temps que le Mage. Pendant ce temps, l’armée de non-vivants étaient arrivés à une centaine de mètres de la garde de Casius, ils stoppèrent soudainement leur progression laissant le cavalier se poster à leur tête. Le sorcier squelette se mit alors à jeter un sort sur les gardes qui n’avaient pas encore tenté de fuir, il furent tous instantanément transformés en amas de sables. D’une geste de la main le sorcier invoqua une bourrasque qui les souffla comme de simples brindilles.
A cet instant, je me saisis de la pierre en entraînant Sendril avec moi vers le portail. En me tournant vers Del-Antar, je vis qu’il était toujours en train de combattre les gardes de Casius. Je lui hurlai d’abandonner le combat et de passer le portail mais au moment ou je lui parlais, je vis que le sorcier squelette était en train de préparer une nouvelle incantation, je n’étais plus qu’à un mètre du portail. Soudain, une sphère d’énergie incandescente jaillit de ses mains squelettiques en se dirigeant vers nous et ce qu’ils restaient des gardes.
Del-Antar était en train de courir dans notre direction au moment ou la boule de feu frappa les gardes. Ils furent tous frappés par l’explosion et en un instant, le souffle se propageait dans notre direction balayant tout sur son passage. Je ne pouvais rester une seule seconde là, je traversa le portail avec Sendril et à cet instant je vis Del-Antar se jeter vers nous avec l’énorme rideau de flammes aux trousses.
Je ressentis exactement les mêmes sensations que lorsque je l’avais traversé pour la première fois, c’était comme si une pluie de pics glacés me transperçaient le corps. Arrivée de l’autre côté, je bascula en emportant Sendril dans ma chute, s’ensuivit Del-Antar. Quelques secondes après notre passage, je vis le cercle lumineux s’atténuer pour finalement disparaître dans le néant, le portail s’était refermé sur nos ennemis, nous étions sauvés.
Il n’y avait plus aucune lumière dans la grotte et l’air était suffoquant, presque irrespirable, j’eus l’idée de lancer le seul sort que j’avais appris pour nous guider dans les ténèbres.
Quand tout s’éclaira, je ne fus pas étonnée de constater que la moitié de la grotte s’était effondrée sur elle même. Toutes les issues avaient été obstruées mais aucun éboulement n’avait frappé l’autel de cristal. A ma grande stupéfaction, la dame était toujours présente, inchangée par rapport à la dernière fois. Sendril n’avait plus assez de force pour se tenir debout, il s’assit contre une des parois de la grotte. Del-Antar quand a lui avait une grosse blessure à la jambe mais il savait marcher. Je ne pu résister à l’envie de m’approcher de l’autel pour revoir l’apparence de la jeune femme. En la voyant, je ressentis un étrange malaise, la personne qui se trouvait allongée sur l’autel était l’image que me renvoyait le miroir à chaque fois que je m’y contemplais.
Tout se mélangeait dans ma tête, je ne savais que croire, des tas de questions me tourmentaient l’esprit et je n’avais aucun élément de réponse.
Pour quelle raison étais-je venu au monde dans un sarcophage de verre ? Qui était cette personne me ressemblant et pourtant morte depuis une éternité ? Et pour quelle raison restait elle perpétuellement inchangée ? Qu’était il arrivé à cet homme mort dans ses bras et qui était-ce? En observant le corps de la femme de plus près, je remarqua que le voile transparent qui la recouvrait avait été retiré. Le haut de son col avait été ouvert et on pouvait voire des traces de boues sur le haut de ses vêtements, c’était comme si on l’avait fouillée après mon départ à travers le portail.
Les souvenirs que j’avais revus à travers le miroir de l’aube était encore frais dans mon esprit, il n’était pas impossible que la dame aie porté un pendentif autours du cou la première fois que je l’avais trouvée mais je ne pouvais en être certaine.
Il était cependant évident que quelqu’un était passé après moi et si cette personne n’était plus là, il n’y avait qu’une seule explication ; elle avait elle aussi empruntée l’un des portails à l’aide d’une seconde pierre.
Tout cela devait avoir un sens caché mais lequel ?
Désormais, il n’y avait plus qu’une seule issue possible, nous devions traverser l’autre portail et espérer qu’il ne nous ramènerais pas sur Athas.
Je me préparais à activer les portails lorsque Sendril m’interrompit. Sa voix était rauque et je réalisa alors la gravité de son état. Il me fit comprendre que le sort que lui avait lancé Casius le rongeait de l’intérieur et qu’il était dès lors impossible de stopper le processus, il ne pourrait pas traverser le portail avec nous.
Je savais qu’il allait mourir et j’étais là, à nouveau impuissante face à la mort. Je n’avais jamais ressenti un sentiment comme cela pour quelqu’un auparavant… Je ne pu m’empêcher de pleurer et de le serrer contre moi. Il sourit et je n’oublierai jamais les paroles qu’il prononça à cet instant: « Il n’y a pire châtiment que de mourir alors que je demeure dans vos bras Lótë-o-Ithil et pourtant je me sent apaisé… Apaisé car je sais que je n’aurai pas été tué en vain…
Je ne pourrai jamais assez maudire le destin de m’avoir séparé de vous mais vous devez fuir cet enfer et ne jamais oublier pourquoi nous sommes tombés… Non pas pour la gloire, la fortune ou encore le pouvoir… mais bien pour que notre peuple garde l’espoir d’être un jour libéré de la tyrannie et de l’esclavage… C’est ce que votre père désirait le plus et c’est ce qu’il voulait vous transmettre comme héritage… Quelque soit l’endroit où mène ce portail Fleur de lune, je sais que vous allez trouver le moyen de ramener une étincelle d’espérance sur Athas… Je serai et resterai à vos côtés au-delà de la mort car j’ai foi en ce pourquoi je me suis battu… j’ai foi en vous… » Ce fût les dernières paroles de Sendril...
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Je me sentais abattue, je n’avais plus la force de me libérer de son étreinte, mon cœur venait à nouveau de se briser et j’étais complètement désemparée. Del-Antar mis sa main sur mon épaule pour me réconforter, il devait lui-aussi souffrir énormément mais cela ne se traduisait pas par de la tristesse, plutôt par un profond sentiment de colère. Il avait vu tellement de personnes mourrir autours de lui qu’il avait finis par banaliser la mort mais cela n’affectait pas pour autant son désir de vengeance et sa haine envers ce qui en était la cause.
« Tout n’est peut-être pas perdu » me dit-il, « Je sais que la magie peut être très puissante en ce monde, mon ancien maître m’avait expliqué qu’il avait vu un sorcier redonner la vie à un fiers guerrier mort au cours d’une bataille. Peut-être que nous trouveront de l’autre côté de ce portail un moyen de ramener Sendril parmi nous ». Il s’approcha de l’autel où se trouvait le corps de la jeune fille et il la souleva, dès l’instant où le corps cessa d’être en contact avec le cristal il se désagrégea pour ne devenir qu’un amas de poussière entre les mains du Mûl. « La magie qui émane de cet autel est très puissante, si nous déposons le corps de Sendril, je suis convaincu qu’il ne souffrira pas des ravages du temps ». J’étais étonnée par l’étendue du savoir de Del-Antar et j’avais confiance en lui, après avoir déposé le corps de Sendril sur l’autel, je le recouvris du voile en espérant de tout cœur que le mûl avait raison. Maintenant nous ne pouvions plus revenir en arrière il fallait prendre la décision de traverser le second portail avant que l’air ne finisse par nous manquer totalement.
Je m’avança vers le portail en le brandissant devant moi, plus je m’approchait et plus il étincelait. Del-Antar me précédait je sentait de légères vibrations au sol et le ronronnement des portails. Au moment ou mon pied foula la rune, les deux portails se réactivèrent illuminant la grotte d’un flux turquoise. Nous devions faire vite, si jamais la horde de morts-vivants se trouvaient toujours de l’autre côté du premier portail ils en profiteraient probablement pour le traverser et je ne voulait pas leur en laisser l’occasion. Je me précipita vers le cercle de lumière et je me sentis à nouveau tomber dans le néant, la sensation était très différente de mon précédent voyage, une douce chaleur me parcourait tout le corps et j’avais l’impression que chacun de mes membres était engourdi.
Quand je me réveilla j’eus l’impression d’être en train de rêver, j’étais au milieu d’une clairière. C’était merveilleux, les arbres regorgeaient de vie, leur feuillage multicolore s’étendait le longs de leurs branches comme une merveilleuse chevelure. L’air était frais et il s’en dégageait un parfum enivrant. Tout était beau et sauvage, on pouvait entendre la vie s’épanouir tout autours de soi et savourer son chant mélodieux. Si ce monde n’avait pas de nom je l’aurais appelé Eden car tout semblait parfait, tout sauf l’absence de Del-Antar. Ce dernier n’était pas à mes côtés et il n’y avait aucune structure ou portail à proximité.
Maintenant me voilà à nouveau seule mais je garde espoir pour Del-Antar, je sais qu’il est encore en vie et je dois absolument le retrouver ainsi que le portail. Pour atteindre les objectifs que je me suis fixés il y aura probablement un long chemin à parcourir mais j’ai la force de poursuivre. Je retrouverai Del-Antar et ensemble nous honorerons la mort de Sendril ainsi que les souffrances de chaque innocent en train de souffrir sur Athas…
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