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La Cantina de Mos Eisley
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Tractations sur Kamino

Voila, il y a quelques temps, une histoire à fait fureur sur l'ancien forum de l'Ubiqtorat, et pour le plaisir de certains, l'agent de l'Ubiqtorat Drek Svar et moi même l'avons continué

Je vous fait un rapide résumé de l'ancienne histoire (le récit complet est dans le poste suivant) :
Drek est en mission sur Kamino pour le compte de l’Empereur et de l’Ubiqtorat. La science des Kaminiens est à nouveau indispensable pour un objectif impérial d’une importance capitale : un programme de clonage pour les hauts officiers impériaux morts dans l’explosion de la première étoile noire. Drek tombe sous le charme de Tao Nui, assistante du premier ministre de Kamino, mais… peut-être est-ce voulu ? En fin de mission, il est capturé par le pilote de sa navette, acquis à la cause rebelle.

Ceci lu, vous pouvez passer à la suite. Elle se décompose en plusieurs parties, pour que ce soit plus lisible. Chaque partie est postée par le personnage principal du chapitre. Certains sont imaginaires, d’autres non, mais vous le découvrirez vite. Je vous demande juste de ne poster que quand tout sera fini et achevé. Merci. Bonne lecture !

Je vous invite à visiter, par ailleurs la partie Holoshow de notre forum où vous pourrez trouver moult nouvelles.

Si vous ne pouvez plus attendre, vous pouvez toujours voir la suite sur notre forum
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Tractations sur Kamino, Ancienne Partie I
L’oiseau métallique émergea du néant, déchirant le mince voile qui séparait l’univers réel de l’univers parallèle. Ses trois ailes déployées, la navette impériale de classe Lambda achevait son dernier bond dans l’hyperespace.

Appareillant de Coruscant pour Corellia, elle avait emprunté la célèbre voie commerciale Corellienne qui desservait les planètes de Neimodia, Talus et Tralus. La navette avait ensuite navigué sur la Passe Corellienne, route fréquentée et relativement sûre en raison des nombreuses bornes hyper spatiales jalonnant son parcours, en direction de Kamino. Cette route avait grandement aidé les lointaines planètes de Druckenwell, Tatooine ou Génonosis à maintenir un semblant d’économie. Cependant, la durée du trajet des mondes du noyau vers ces planètes, une vingtaine de jours pour un vaisseau équipé d’un hyper propulseur de classe I, garantissait une grande autonomie dont profitait de grands seigneurs du crime tel Jabba le Hutt, main dans la main avec les autorités locales impériales.

Tous feux de position allumés, la navette entamait sa lente descente atmosphérique vers la surface de Kamino. Malgré son puissant éclairage, la lourde chape de nuages qui ceinturait la planète réduisait la visibilité à zéro. Les pilotes manœuvraient à l’aveuglette et avaient activé leur détecteur de collision. Toutefois le trafic Kaminien était pratiquement inexistant et les risques minimes. Les particularités physiques de la planète exigeaient qu’il régnât en permanence des conditions détestables : pluies, brouillards et nuages. Une autre particularité voulût que la surface de Kamino soit entièrement recouverte d’eau.

Une étendue immense, démesurée, ondulée par le vent et irisée par les éclairs. Une mer infinie, éternelle, pailletée par les gouttes de pluie et parcourue d’étranges arabesques. Les Kaminiens avaient vu le jour dans cette eau bleue et profonde, protégés des tempêtes et des caprices météorologiques. Leur culture avait grandi, prospéré et dominé la planète. Leur technologie était devenue presque sans limites. Au cours des millénaires, leurs branchies muèrent et devinrent capable d’assimiler l’oxygène contenu dans l’air : la voie pour la conquête de la surface était ouverte. Ce peuple fier et libéré de ses attaches aquatiques construisit d’immenses cités sur les eaux, bravant les conditions climatiques et domptant la nature. Mais il y a un pas qu’il ne franchit jamais. Nanti de sa technologie avancée, la conquête de l’univers s’offrait à lui. Soit par manque d’ambition, soit parce que la gestion de leur planète leur suffisait amplement, le peuple Kaminien ne fut jamais un peuple conquérant et laissa aux autres races les avantages et les inconvénients d’une expansion rapide et incontrôlée. Ailleurs, loin, très loin de cette planète, la race des Calamariens pensaient la même chose…

La navette arriva en vue de la principale citée de Kamino. L’architecture typique sauta aux yeux de l’officier Drek : les lignes étaient courbes, les traits épurés, les surfaces lisses. De grands dômes métalliques couvraient les bâtiments, surmontés d'un enchevêtrement de tubules et d'antennes. Ce que les Kaminiens avaient construit sur la mer ressemblait en tout point à ce qu’ils avaient bâti sous la surface des eaux. En s’approchant plus près de la cité, Drek aperçut une créature étrange jaillir des flots, montée par une sorte d’humanoïde à la peau bleuté. Cet animal représentait aux yeux des habitants tout le contraste de la culture Kaminienne. Hybride entre un animal marin et un oiseau, il était dompté et utilisé depuis des millénaires comme moyen de transport. La plupart des Kaminiens préféraient ce mode de déplacement aux transports mécaniques et le va-et-vient incessant de ces surprenantes bestioles étaient fréquents entre les cités sous-marines et la surface, ainsi que dans le ciel orageux.

Les ailes de la navette se replièrent majestueusement alors que le cockpit se verrouillait en position horizontale, comme un oiseau relève sa tête. Lentement, les trains d’atterrissage sortirent de leurs emplacements et entrèrent en contact avec la plate-forme, amortissant le poids imposant de la navette grâce à des pistons hydrauliques dernière génération. Pendant quelques secondes, le décor s’immobilisa sous la pluie battante. Un cliquetis métallique se fit entendre et la passerelle située sous le cockpit se déplia vers le sol. Deux silhouettes en descendirent et se mirent à discuter.
- Kamino, fit Drek.
- Oui, officier. Une bien étrange planète.
- Voici mes consignes, pilote. Dégourdissez-vous les jambes si besoin est mais restez à proximité du vaisseau. Il devra être prêt pour un décollage d’urgence.
Le pilote acquiesça.
- Vous craignez quelque chose, officier ?
- Non, pas particulièrement…
Drek sourit légèrement avant de continuer.
- … mais je préfère rester prudent, au cas ou nous aurions un besoin urgent de quitter la planète. Les Kaminiens ne sont pas nos ennemis, mais nous nous trouvons tellement loin de la juridiction Impériale !
- La prudence est une grande qualité pour un officier.
- Autant que le courage, l’audace, la confiance en soi, répondit Drek. Combien de fois ais-je vu des hommes payer de leur vie une simple négligence ? Quelque chose qui leur semblait tellement futile qu’elle leur est tout simplement sortie de l’esprit. La vie n’est qu’une question de discipline personnelle.
Le pilote ne trouva rien à redire. Comme il pleuvait à bâtons rompus, il salua Drek en le quittant et remonta hâtivement à bord de la navette impériale. L’officier resta quelques secondes au bas de la passerelle, semblant méditer. Puis il entreprit de gagner le sas d’accès de la plate-forme d’un pas soutenu. Il ne s’était pas protégé avec un quelconque imperméable, trouvant que cela aurait déshonoré son uniforme. Les gouttes de pluie s’écrasaient sur son uniforme mais il restait stoïque. Ce n’était que de l’eau après tout. Avec un certain soulagement, il atteignit la porte vitrée, qui coulissa sans un bruit à son approche.

- Bienvenue, officier. Nous vous attendions avec impatience.
Drek sourit.
- Je n’en doute pas un instant, Taonui.
La Kaminienne était grande, à l’instar de toute la population. Du haut de ses deux mètres et quelque, elle dominait entièrement l’officier. Sa peau était bleue, pâle et luisante. Ses yeux brillaient d’un noir doux et avenant. Son long cou était drapé dans une broderie jaune et sang qui lui descendait le long du dos. Taonui arborait un ensemble diplomatique de couleur nuit et or, une longue robe étroite et fendue enserrait ses fines jambes, formant une courte traîne quand elle se déplaçait.
- Suivez-moi, je vais vous conduire devant le Premier ministre de Kamino.
- Je vous suis.
Ce que les Kaminiens ne pouvaient concevoir au-dehors, le soleil, ils le reconstituaient à l’intérieur : les couloirs étaient immenses et puissamment éclairés. La luminosité était si forte et contrastait tellement avec l’ambiance sombre de l’extérieur qu’elle obligeait Drek à ciller des yeux.
- C’est la première fois que vous visitez notre planète, Drek.
- Oui, avoua-t-il. Je n’ai guère de temps à consacrer aux voyages.
- Je comprends. Que pensez-vous de ce que vous voyez ?
Drek réfléchit un court instant.
- Tout est contraste sur Kamino. L’eau et l’air, la lumière et l’obscurité, la technologie et les traditions. Votre planète est fascinante, Taonui.
- Merci, officier.
Taonui marchait avec grâce et souplesse. A coté, Drek passait pour un Gamorréen à la démarche lourdaude. Ils arrivèrent devant une vaste porte aux armoiries Kaminiennes qui coulissa lentement sur son rail magnétique. Une vaste pièce se dévoila aux yeux de Drek. Elle allait de concert avec l’architecture : éclairée, épurée et vide. A son approche, le ministre se leva du seul siège qui semblait présent dans la pièce et le salua.
- Honoré de votre visite, officier. Je suis Lamassu, ministre de Kamino.
Drek le salua en retour, même si son grade d’officier pouvait bien le dispenser d’une telle formule d’obligeance et d’affabilité.
- Prenez place, je vous en prie.
Un siège descendit du plafond et Taonui l’invita à s’y asseoir.
- Nous avons appris pour votre défaite près de Yavin. Nous avons été plus que surpris par la destruction de votre station de combat, annonça le ministre.
Une première attaque, pensa Drek. Dans le cadre de futures négociations, Lamassu mettait presque en garde l’Empire qu’il n’était plus tout aussi puissant qu’il voulait bien le faire croire. Un jeu dangereux… pour le Kaminien.
- Comme le dit si bien le dicton, nous avons perdu une bataille, pas la guerre. Vous constaterez d’ailleurs la toute puissance de notre armée si, un jour, l’Empire décidait de s’emparer de vos richesses technologiques.
Drek ne se laisserait pas faire dans ce duel de sous-entendus. Maintenant, Lamassu était prévenu : qu’il arrête de jouer à ce petit jeu avec lui.
- Hum… oui, bien sûr.
Le Kaminien se racla la gorge et reprit.
- Cependant, nous allons tout faire pour ne pas en arriver là, n’est-ce pas ?
- Je suis ici dans ce seul et unique but, Lamassu.
Kamino était bien trop éloignée des mondes du noyau pour générer une quelconque attirance. Même ses trésors de connaissance génétique ne suffisaient pas à intéresser l’Empire. De plus, les Kaminiens veillaient à maintenir une neutralité teintée d'obédience pour ne pas s’attirer de problèmes.
- Bien, bien… je crois me rappeler que dans le passé, nous avions eu affaire à l’Ancienne République pour lui procurer une armée. Armée qui s’est peu à peu portée garante de l’Ordre Nouveau et nous en sommes fiers. L’empereur voudrait-il que nous lui procurions une nouvelle armée ?
Lamassu était aussi grand que son assistante Taonui. Chez les Kaminiens, la taille n'était plus un sujet de différence depuis qu'elle était contrôlée et imposée génétiquement. Comme tous ses pairs, le Premier ministre avait un teint de peau bleuté qui tirait vers le clair, un long cou gracieux et de grands yeux noirs et profonds qui mettaient mal à l'aise les visiteurs peu habitués.
- Il a de plus grands projets pour vos ingénieurs en génétique, Lamassu.
- De… plus grands projets ? fit le ministre, soudain intéressé.
- Par le passé, votre… notre armée de clones était volontairement “ bridée ” pour la rendre docile et obéissante. Chaque clone était cependant doué de créativité et d’initiative, ai-je raison ?
- Oui.
- Les clones disposaient-ils des mêmes capacités mentales que leur original ? questionna Drek.
- Oui et non, souffla le ministre.
- Soyez plus clair, Lamassu.
- La prédisposition génétique est une chose complexe, officier.
- Ne jouez pas avec moi, Lamassu et expliquez-moi !
- En ce qui concerne l’armée de clones, nos ingénieurs n’ont pas jugé nécessaires de traquer les longues et fastidieuses séquences génétiques de prédisposition de l’individu original. En revanche, nous avons amplifié certaines aptitudes naturelles pour rendre chaque clone apte à l’emploi de soldat, comme exigé par le commanditaire. Les clones n’ont donc pas été dotés à l’identique des mêmes capacités mentales.
- Mais je crois comprendre que c’est possible, insista Drek.
- Théoriquement, c’est possible. Rien n’empêche notre technologie de concevoir une reproduction à l’identique. Dans le passé, nous avons crée pour le chasseur de primes Jango Fett un clone quasi fidèle. Mais le travail de nos ordinateurs s’en trouve multiplié. Les délais de séquençages et de repérages des prédispositions génétiques sont énormes, je crains…
- L’Empire vous octroiera une prime supplémentaire, Lamassu. Il mettra à votre disposition les meilleurs supercalculateurs de la galaxie.
Les yeux du Premier ministre brillèrent de convoitise.
- En effet. Dans ce cas là, tout devient possible, officier.
- Parlez-moi de la période de gestation et de développement.
- Hum… la gestation accélérée est de deux mois. Mais le développement dure plusieurs années, c’est la plus longue période, pendant laquelle il faut surveiller les clones, les dresser mentalement, physiquement et tout faire pour qu’ils atteignent rapidement leur maturité psychologique.
- Combien, Lamassu ?
- Une dizaine d’année, tout au plus, hésita le ministre.
- Trop long pour l’Empereur, rétorqua Drek.
- Je vous assure qu’il nous est impossible de faire autrement et…
- Dans ce cas là, je vous ai dérangé pour rien, Lamassu.
L’officier se leva, faisant mine de rassembler ses affaires.
- Non, attendez !
Il regarda de droite à gauche, embarrassé. Il essaya de chercher un encouragement dans le regard de Taonui mais n'y trouva qu'une froideur polie.
- Il est possible d’écourter ce délai, mais là encore, rien n’est vérifié.
- Vous m’intéressez.
- Suite à la commande concernant l’armée de clones, nos ingénieurs les plus prestigieux se sont penchés sur le moyen d’optimiser la production et les délais de disponibilité.
- Et ?
- Et ils ont mis au point un fragment de code génétique qui accélère la croissance des cellules. En quelques mois, nous pouvions théoriquement obtenir des clones adultes et viables. Mais comprenez-moi bien, c’est très dangereux.
- Pourquoi ?
- Nous ne sommes pas certains de pouvoir veiller à la bonne maturité du clone. A cette vitesse, toutes les subtilités de conditionnement mental sont mises à l’épreuve. Enfin, une croissance accélérée induit un vieillissement prématuré du clone. Vous saisissez ?
- Aucune importance.
Drek réfléchit quelques secondes. L’empereur voulait rapidement des résultats, il n’y avait pas à tergiverser. C’était une bonne chose que les Kaminiens se soient penchés sur le développement accéléré des clones. L’officier reconnu bien là leurs pratiques commerciales : toujours satisfaire le client. Devant lui, le Premier ministre se sentait mal à l’aise et s’agitait sur son siège, nerveusement.
- Je comprends vos hésitations, Lamassu. En temps normal, nous vous aurions laissé du temps. La perte de l’Etoile noire vient de priver l’empire de centaines d’officiers talentueux. Les Académies impériales sont en phase de recrutement intensive, mais nous ne pouvons forcer le destin. Des officiers exceptionnels, par leur aptitude à commander, leur intelligence sur aiguisée et leur dévouement sans bornes, sont perdus pour l’empire… perdus sans votre aide.
- Excusez-moi, officier. Puis-je vous poser une question indiscrète ?
- J’attends, déclara Drek.
- J’aurais aimé savoir si Bevel est mort sur sa station de combat.
- Bevel… Lemelisk ?
- Oui, lui-même. J’ai eu l’honneur de le rencontrer à plusieurs reprises et j’ai cru déceler en lui un grand talent, une grande honnêteté.
- Bevel n’était pas sur l’étoile noire quand elle a explosé.
- C’est une bonne chose. Bevel est pour vous un atout précieux.
Drek hocha la tête, conscient que la conversation prenait une tournure nettement amicale.
- L’empire le sait. Nous l’utilisons à sa juste valeur.
- C'est parfait.
- Pendant que nous y sommes, Lamassu, j'aimerais avoir vos lumières sur un autre détail concernant les clones.
- Je vous écoute, officier.
- Existe-t-il une possibilité scientifique, même infime, pour qu'un clone récupère la mémoire résiduelle de l'original ? Ce qui en ferait un double parfait… Des rumeurs courent et l'Empereur exige une réponse de spécialiste.
Les yeux du Premier ministre Kaminien se froncèrent. Ce qu'avait dit Drek ne lui plaisait visiblement pas et c'est avec une voix froide qu'il répondit.
- Nous sommes des généticiens, officier. Brillants, mais généticiens avant tout. Notre ambition n'est pas de supplanter le créateur, comprenez-le bien. La mort est quelque chose d'irréversible et nous ne prendrons jamais le risque de jouer avec. Pour répondre à votre question, les Kaminiens sont convaincus qu'une telle chose est impossible. Un être est unique, par sa mentalité, sa mémoire, sa façon d'être. Ces spécificités sont issues de son phénotype et ne sont en aucune façon inscrites dans son génotype. Penser qu'une sorte de mémoire résiduelle se transmet par les gênes représente une aberration mentale pour chaque Kaminien qui se respecte.
- Je ne voulais pas vous offenser, ministre. Comprenez que l'Empire a besoin de ces renseignements dans le cadre d'une future collaboration. L'intérêt de l'Empire n'est pas seul en jeu, ne le perdez pas de vue… le vôtre aussi.
- Je comprends.
- Abordons un dernier problème, Lamassu, qui n'en est peut être pas un pour votre technologie, n'est ce pas ?
- Je suis tout ouïe.
- Avez vous déjà tenté de modifier la structure génétique d'un individu vivant ? Je veux dire… quelle formidable bravade nous ferions à la nature si nous pouvions transformer les êtres qu'elle a fait naître emprunts de défauts ! Imaginez…
Le ministre Kaminien esquissa un sourire.
- Aussi avancées que sont nos connaissances, officier, elles ne nous permettent pas de réaliser un projet aussi ambitieux… pas encore.
- Fossé technologique ? fit Drek, déçu.
- Oui et non, répondit le ministre, pensif. La nature a crée de puissants garde-fous pour empêcher que des êtres évolués ne puissent jouer avec.
- C'est à dire ?
Lamassu chercha ses mots. Il ne fallait pas commencer à vexer un officier de l'Empire… qui plus est un officier de l'Ubiqtorat.
- Nous avions pourtant réuni toutes les connaissances de notre race en matière de génétique. C'est rempli d'enthousiasme que notre projet vit le jour. Nos meilleurs scientifiques s'attelèrent à la tâche et nous ne doutions plus de notre réussite. Mais c'était sans compter la terrible résistance de la nature. De nombreux animaux furent modifiés puis moururent dans d'atroces souffrances. Mais leur structure génétique ne nous permettait pas de conclure définitivement. Dans notre arrogance, nous avons décidé de modifier des Kaminiens. Il y a des nuits, officier, où je peux encore entendre leurs hurlements de souffrance.
- Pourquoi cet échec ?
- Techniquement, la modification génétique d'une cellule adulte engendre un virus, soit mortel soit mutagène, qui la détruit ou la transforme, avant de se propager dans l'organisme entier. Nous pensions contourner le problème en créant une enzyme qui bloquerait le virus à sa source, mais dans ce cas, c'est l'enzyme même qui mutait et perforait le cytoplasme de la cellule, avant de se multiplier et d'attaquer tout l'organisme. Nous avons pensé que c'est dans nos lignes de codes génétiques que se nichait l'erreur, mais nous nous trompions. Après un dernier essai en transformant le codage pour qu'il aide l'organisme à créer de lui-même un contre poison, force fut de constater que la nature trouvait toujours un moyen pour lutter contre le changement. Les monstruosités génétiques que nous avons obtenues en témoignent.
- Qu'en avait vous fait ? interrogea Drek, mût par une curiosité morbide.
- Nous ne pouvions les tuer, même pour abréger leur souffrance… c'était… ce sont toujours nos frères, officier. Nous avons isolé une section pour qu'ils puissent achever leur terrible vie en paix. La société Kaminienne leur est reconnaissante. Le dossier est désormais clos, nos connaissances scientifiques sont insuffisantes. Il faudra des dizaines d'années, voir des centaines, pour que nous triomphions une fois pour toutes de la nature. A la seule condition que notre peuple réussisse à surmonter son traumatisme…
- Vous les avez parqués comme des pestiférés, ne pût s'empêcher de remarquer Drek.
- Que vouliez-vous que nous fassions, officier ? s'emporta Lamassu. Leur permettre de déambuler dans les cités comme n'importe quel quidam pour qu'ils contribuent au traumatisme de la population ? Cette décision à été prise en conseil restreint et c'est la seule décision qui nous semblait et nous semble toujours la meilleure !
- Calmez-vous, Lamassu. Je respecte votre choix.
Une agitation se fit derrière Drek : Taonui éclata en sanglots. L'officier fut surpris, il ne pouvait imaginer une seule seconde que les Kaminiens étaient capables de pleurer. Le Premier ministre se leva brusquement de son siège, les bras tendus vers son assistante.
- Taonui ! Je suis désolé… mais l'officier avait abordé le sujet !
Taonui s'écroula sur le sol, ses longs bras fins lui protégeant la tête. Elle sanglotait comme si son cœur venait de se déchirer. Drek eut de la peine pour elle, sans comprendre le pourquoi de sa souffrance. Il observa la scène avec intérêt.
- Taonui ! souffla Lamassu en s'approchant.
- Ne vous approchez pas de moi, Lamassu ! hurla l'assistante.
Le premier ministre hésita quelques secondes sur la conduite à tenir.
- Ce n'est pas notre faute, Taonui, je vous en supplie, calmez-vous !
- Vous n'êtes que des monstres, tous ! Je vous hais !
Lamassu s'avança, dans le but évident de la prendre dans ses bras pour la consoler. Mais la Kaminienne fut plus prompte. Elle se releva, le visage souillé et humide. L'officier remarqua alors que ses larmes ressemblaient étrangement aux larmes humaines. Taonui le dévisagea. Ses grands yeux étaient emprunts d'une douleur infinie et Drek sentit son cœur battre violemment.
- Ne faites plus un seul pas vers moi !
Elle avait prononcé ces mots d'une voix calme et glaciale. Nul doute que si Lamassu s'était approché à ce moment, Taonui lui aurait sauté dessus toutes griffes dehors, comme le dit l'expression. Mais le ministre n'esquissa aucun geste. Son assistante détourna la tête, essuya les larmes qui perlaient encore sous ses yeux, et s'enfuit de la salle en courant. Drek fut encore une fois surpris, les Kaminiens étaient tellement calmes, leurs démarches si gracieuses, il ne pouvait les imaginer en train de courir. La preuve était : il se trompait sur toute la ligne…


Lamassu avait le visage décomposé. La scène se figea pendant de longues minutes et Drek respecta le silence du Premier ministre. En fin de compte, celui-ci se rassit et invita l'officier à en faire autant, fermant les yeux et joignant ses doigts en signe de méditation. Drek n'eut pas à attendre longtemps.
- Le frère de Taonui était l'un des Kaminiens à s'être porté volontaire pour cette expérience de modification génétique…
- Je peux comprendre sa réaction et je suis désolé d'avoir amorcé le sujet, vraiment.
- Vous n'avez rien à vous reprocher, officier.
- Son frère…
- C'est plus un monstre qu'un Kaminien, maintenant.
La voix du ministre était emprunt d'une grande tristesse.
- Nous nous sommes toujours opposés à ce que Taonui revoie son frère. Le choc serait trop grand pour elle. Ce n'est plus le même, physiquement et mentalement. Le virus mutagène l'a littéralement transformé. C'est… horrible.
Drek ferma les yeux, essayant de s'imaginer l'horreur d'un tel échec. Stupides et arrogants Kaminiens… mais ce n'était pas son problème.
- Je vais prendre congé, fit Drek. Il est inutile de continuer la conversation dans l'état actuel des choses. Je vous laisse à vos tourments.
- Un de mes hommes vous conduira dans vos quartiers. Votre voyage était long et fatigant. Nous nous reverrons demain. Au revoir, officier.
Drek exécuta le même signe de tête, alors qu'il rencontrait le Premier ministre pour la première fois et prit congé.
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Tractations sur Kamino, Ancienne Partie II
Quelques minutes plus tard, il se trouvait dans sa chambre ou plutôt sa suite, située dans une tour qui dominait la cité. Les Kaminiens avaient une belle idée de l'accueil. Le lit était grand, conçu pour un humain et drapé d'un tissu fin et soyeux de couleur bleu. Une table faite dans un matériau qui ressemblait à du verre et du plastique à la fois, ornait le centre de la suite. Plusieurs chaises du même matériau l'entouraient. En plusieurs endroits, des fauteuils du plus grand confort attendaient qu'on veuille bien les essayer. Le sol beige était moquetté et les murs capitonnés absorbaient tous les bruits. Mais Drek n'y prêtait aucune attention, toutes ses pensées se tournaient vers Taonui. Il marcha de long en large dans la pièce, comme un fauve en cage. Taonui… que ressentirait-il au plus profond de lui si un membre de sa famille partageait le même sort que l'infortuné frère de Taonui ? Une haine immense, mêlée d'un désespoir sans bornes, une douleur sourde et profonde qui ne s'éteindrait jamais. Soudain, l'officier sût ce qu'il voulait : retrouver Taonui. Il enclencha un intercom et se renseigna pour savoir ou il pouvait trouver l'assistante du Premier ministre. Pour son malheur, elle n'était pas dans sa chambre. L'officier quitta sa suite et déambula dans la cité, cherchant les endroits discrets et calmes ou un être débordant de douleur pouvait déverser son trop plein de larmes sans remords. C'est quand il aperçut des enfants Kaminiens jouer sous la pluie battante qu'il eut l'intuition de chercher à l'extérieur. Heureusement pour lui, les coursives extérieures étaient rares, outre les plates formes d'atterrissage. Il retrouva vite Taonui, sur une sorte de promontoire qui dominait la navette avec laquelle il était venu sur Kamino.
- Taonui…
Elle ne se retourna même pas, ayant reconnu le timbre de voix de Drek.
- Je n'ai besoin de personne, officier.
- Je le sais, vous êtes courageuse. Appelez-moi Drek…
- Je n'ai pas besoin de votre pitié, Drek. Gardez-la pour vous et pour ceux qui en ont besoin. C'est Lamassu qui vous a demandé de venir ?
- Personne ne me dicte ma propre conduite, Taonui. J'espérais être d'un quelconque soutien. Votre douleur me touche, Taonui.
- C'est gentil, Drek.
- Traduction : je peux rester ?
- Oui… si vous voulez.
- Alors je reste avec vous.
- Dites-moi, je m'imaginais les officiers de l'Empire froids et dénués de sentiments. Vous êtes différents des autres, Drek.
L'officier sourit.
- Je ne suis pas un monstre sans pitié, voulez-vous dire ?
- Je ne voulais pas dire ça !
Drek s'assit à coté de Taonui. La pluie tombante salissait son bel uniforme et ses cheveux dégoulinaient d'eau. Il n'avait plus fière allure, mais il s'en moquait. Ce qui l'importunait n'importunait pas les Kaminiens, visiblement. Drek pensa que c'était tout à fait normal pour un peuple qui venait du fond des mers et pour qui l'eau représentait la vie. Masquant sa gêne, l'officier continua de parler.
- Vous aimiez votre frère…
Elle mit quelques secondes à répondre.
- Bien sur. C'était plus qu'un frère pour moi. Avec le temps, nous étions devenus plus que des amis. Nous étions l'un pour l'autre le confident idéal…
- Je suis tellement désolé.
- Ne le soyez pas, Drek. La faute repose sur les quelques scientifiques responsables de cette horreur… et sur Lamassu.
- Il a entériné la poursuite de l'expérience sur les Kaminiens, je suppose.
- Oui.
- Votre frère est mort, Taonui. Ce virus mutagène l'a tué et l'a transformé en quelque chose d'autre qui n'est plus votre frère. C'est dur à accepter, je sais, mais il faut que vous fassiez le deuil de votre frère… maintenant.
La plaie était encore vive, il le savait. Avec le temps, elle se refermerait comme toutes les blessures. Touchée par le souvenir de son frère, Taonui éclata encore une fois en sanglots. Mais cette fois, Drek comptait bien la réconforter. Assis, la Kaminienne était légèrement plus grande que l'officier, mais sans démesure. Celui-ci la prit dans ses bras et, sous la pluie quasi éternelle de Kamino, il tenta d'atténuer sa terrible douleur…

Taonui était une jolie fille, non seulement pour les critères Kaminiens mais pour l’officier Drek aussi. Malgré la grande différence entre les deux races, il se sentait étrangement attiré par l’assistante du ministre. Il avait passé la nuit suivante à penser à elle. Le lendemain, très tôt, il quitta ses quartiers pour espérer rencontrer la Kaminienne à nouveau. Il n'eut même pas à chercher et la retrouva au même endroit que la veille. Il pleuvait encore, ce qui n’était pas chose rare sur cette planète au climat déplorable. Taonui avait la peau douce, étrangement brillante sous la pluie. Le bleu de sa peau s’irisait sous la lumière des éclairs. Drek était hypnotisé par les grands yeux noirs et expressifs de la Kaminienne. Ils étaient si vivants, si profonds… si beaux aussi, il était forcé de le constater. Les yeux de Taonui reflétaient son âme. Il restèrent quelque temps à contempler les immenses vagues qui se jetaient aux pieds de la cité, comme d’innombrables monstres qui rugissaient de ne pouvoir l’engloutir sous leur fureur. Sans qu’il fut nécessaire à Drek de faire autre chose, elle se sentit très vite en confiance. Taonui se confia à lui et ils parlèrent longtemps.
- Vous êtes très jolie, Taonui.
L’officier était sincère.
- C’est gentil, dit-elle en riant. Vous n’êtes pas exigeant, je suis tellement différente de vous, Drek !
- L’apparence ne signifie rien. Nous le savons tous les deux.
- Je croyais que l’Empire considérait tous les non humains comme des êtres inférieurs, officier. Je me trompe, peut-être ?
Drek se tut un moment, ne sachant à l’évidence quoi répondre.
- Vous marquez un point, avoua Drek.
- Vous n’êtes pas comme ça, je le sais. Vous êtes différent.
Il soupira et détourna son regard des yeux de la Kaminienne. Elle disait vrai. Apparemment, elle en savait plus sur l’Empire que lui sur Kamino. Drek pensa avec regret qu’elle aurait fait un très bon agent de l’Ubiqtorat. Mieux connaître ses ennemis pour mieux les combattre, la doctrine éternelle. Quelques minutes passèrent sans que l’un ou l’autre ne brise le silence magique qui s’était installé. Il était temps pour l’officier de prendre congé. Lamassu lui avait donné rendez-vous dans la matinée pour finaliser les tractations entre l’Empire et Kamino. Drek se força mentalement à laisser ses sentiment personnels de coté pour se concentrer sur la réussite de sa mission. L'Empereur avait les yeux sur lui. Il se leva.
- Drek…
Etirant son bras long et fin, elle n’eut aucun mal pour saisir la main de l’officier qui commençait à s’éloigner.
- Merci, souffla-t-elle.
Drek fut ému. Sa main trembla un fugitif instant dans celle de Taonui. Puis il se ressaisit et gagna l’intérieur de la cité, sans se retourner. Sur son passage, quelques Kaminiens se retournèrent, trouvant incongru qu’un officier de l’Empire puisse se promener dans une tenue si sale. Mais Drek n’avait que du mépris pour eux. Avant de rejoindre Lamassu, il fit un détour par la navette de classe Lambda et prit des nouvelles de son pilote. Il fut heureux d’avoir prévu des uniformes de rechange et quitta ses vêtements sales et humides. Quand il déambula à nouveau dans les couloirs de la cité, ses habitants se retournèrent encore, mais plus pour la même raison : Drek resplendissait.

- Voilà notre offre et ce que nous en demandons.
L’officier tendit au Premier ministre un dossier au sceau de l’Empereur, qui avait la décence d’être rédigé en Basic et dans la langue maternelle du Kaminien. Celui-ci sourit.
- Vous ne faites pas les choses à moitié. Laissez-moi quelques minutes pour analyser votre offre, demanda-t-il. Cependant, soyez déjà certain que le coût d’une telle opération dépassera vos prévisions les plus ambitieuses.
- Vous serez surpris de constater à quel point l’Empire peut être riche et prospère.
De ses longs doigts, Lamassu feuilleta les quelques pages du dossier pendant que Drek finissait d’inspecter l’architecture de la pièce. Quelques minutes après, il observa attentivement le visage de son interlocuteur et ne fut pas surpris d’y lire de la surprise.
- Alors, ministre ?
- Je… et bien… apparemment je m’étais trompé, constata-t-il. L’Empire est bien plus riche qu’il ne l’était à la mort de l’ancienne République.
- La réponse financière vous convient-elle ?
- Amplement. Il y a de quoi rajeunir notre parc informatique et génétique, motiver nos ingénieurs les plus prestigieux et fédérer notre peuple derrière votre projet.
- J’en suis ravi.
- Je lis avec surprise dans votre dossier des noms comme Tarquin, Bast ou Vador… Je me doute de l’utilisation que vous ferez de ces clones, officier. Ce n’est pas une mauvaise idée que de miser sur la qualité de vos officiers. Très judicieux. Très judicieux aussi le fait d'avoir à leur insu prélevé quelques-unes de leurs cellules.
- Ceci ne vous regarde pas, Lamassu. Poursuivons : nous sommes donc d’accord sur la vitesse de maturation des clones ?
- Nous ferons de notre mieux pour respecter le nouveau délai. Mais vous porterez la responsabilité de l’éventuelle instabilité et du rapide vieillissement de vos clones, officiers. Ceci est donc réglé pour moi.
- Ne vous inquiétez pas, Lamassu, nous sommes confiants dans les prouesses techniques de votre peuple.
- Merci, répondit-il en abaissant sa tête.
- Une dernière chose, ne tentez plus d’expériences sur votre peuple comme vous l’avez fait par le passé. Par égard pour votre assistante et pour votre propre fierté.
- Ne nous donnez pas d’ordres, officier. Nous savons ce qui est bon et ce qui ne l’est pas ! Et nous ferons toujours selon notre volonté.
Drek remit une dernière fois les choses en place. Il se leva brusquement et pointa un doigt vers le ministre en guise d'avertissement. Sa voix devint aussi dure que le plus dur des aciers et aussi froide que la plus froide des banquises gelées de Hoth.
- Je crains que vous n’ayez pas bien appréhendé la situation, Lamassu. Il me suffit d’un seul claquement de doigt, un seul petit rapport de quelques lignes vers ma hiérarchie, pour que l’Empire s'intéresse à votre planète et à vos connaissances génétiques. Même à l’autre bout de la galaxie, Kamino est loin d'être inaccessible pour une flotte entière équipée d'hyper propulseurs de classe I et de super lasers capables de réduire en cendre vos misérables défenses. Vous serez le témoin de la déchéance de votre peuple car il sera brisé, anéanti, soumis, torturé et réduit en esclavage. Enfin, l'Empire s'emparera de vos connaissances. Vous êtes assez sage pour éviter tout ceci, j'en suis convaincu, Lamassu, alors montrez-vous plus prudent à l'avenir.
Drek mentait. Kamino était bien trop loin pour une si grande opération. L'armée aurait été obligée de prévoir un plan de soutien, de ravitaillement et de logistique qu'elle n'était plus en mesure d'assumer. De plus, l'Empereur n’aurait jamais accepté d’envoyer si loin ne serait-ce qu’un petit détachement de ses forces. Les temps se montraient trop incertains et l’empire disposait de biens d’autres ressources. Mais tout cela, Lamassu n’avait pas besoin de le savoir, pensa Drek.
- Je m’excuse de mon comportement, officier.
- La suite seulement nous le prouvera, Lamassu.
- Dois-je lancer le programme génétique dès aujourd'hui ?
- Ce serait pour le mieux, en effet.
Le Premier ministre appuya sur un bouton situé sur l'accoudoir gauche de son siège.
- Convoquez immédiatement dans mon cabinet les chefs généticiens de toutes les sections.
Une voix grésillante osa émettre un jugement.
- Beaucoup de responsables généticiens sont répartis sur toute la planète. Faut-il tous les convoquer ? Ils mettront plusieurs heures à venir et n'apprécieront pas…
- Cela suffit ! Restez au poste qui est le votre et obéissez maintenant !
Drek regarda le ministre, une flamme d'amusement dans les yeux.
- Le respect aveugle de la hiérarchie n'est pas le point fort de votre peuple, n'est-ce pas, Lamassu ? Faites attention, c'est dangereux.
- Dangereux pour votre Empire, qui s'étend sur toute la galaxie et a pour ambition de la dominer. Pas pour les Kaminiens. Il y a longtemps que la conquête de l'univers n'est plus une priorité pour nous. C'est pourquoi notre peuple s'est spécialisé dans la génétique… et y a excellé, ce qui explique votre présence aujourd'hui.
- Vos paroles sont empruntes de bon sens.
Drek consulta le bracelet métallique qu'il portait sur son poignet gauche.
- L'argent sera donc viré sur vos comptes une fois mon rapport transmis. Je reviendrais dans le temps imparti pour récupérer les premiers clones. Personne ne doit être au courant de notre tractation commerciale. Si cela devait s'ébruiter, nos soupçons se porteraient très vite sur vous, Lamassu, avez-vous compris ?
- Très bien. Si c'est pour les rebelles que vous vous inquiétez, soyez assuré de la discrétion de notre peuple, comme le passé vous l'a déjà montré.
- Parfait.

Il pleuvait… était-il encore la peine de le préciser ? sur Kamino. Les feux de balises de la navette de transport Lambda venaient de s'allumer, suivis de peu par le doux ronflement des moteurs subluminiques. Personne n'assistait au départ de l'officier, comme personne n'avait assisté à son arrivée, d'ailleurs. A part une ravissante Kaminienne à la peau douce et aux grands yeux noirs.
- J'espère vous revoir très bientôt, Taonui.
- Dans quelques mois, Drek.
- Quelque chose me dit que vous allez me manquer.
- Vous m'oublierez, à mon avis.
- Vous avez encore beaucoup de choses à apprendre sur le cœur humain.
- Je ne demande qu'à apprendre.
Drek lui souria.
- Comment se dit-on au revoir sur Kamino ?
- Faisons plutôt ça à la manière humaine, vous risqueriez d'être déçu.
- Approchez-vous, Taonui.
Celle-ci s'approcha avec grâce et Drek lui fit un baiser sur la joue.
- Au revoir, officier.
- A bientôt, charmante Kaminienne.
Il rejoignit la navette et ne se retourna pas. La passerelle se rétracta et rejoignit sa position initiale. Les feux de position clignotèrent et la navette s'éleva lentement vers le ciel ombragé. Ses deux ailes latérales se déplièrent pour lui permettre d'atteindre sa vitesse de croisière. Taonui se trouvait encore sur la baie d'atterrissage, seule, quand la navette s'arracha de l'orbite de Kamino. Les pensées de Drek se tournèrent vers l'Empereur et l'Ubiqtorat. Mentalement, il tenta de mettre au point l'ébauche du rapport qu'il allait transmettre à sa hiérarchie. Rapport très important pour l'empire et pour sa propre carrière. L’officier avait trouvé en Taonui un excellent moyen de surveiller le Premier ministre de Kamino. Au cas ou il aurait la mauvaise idée de jouer un tour aux impériaux, où même de jouer double jeu en offrant aux rebelles les mêmes services. Il fallait toujours se méfier, la terreur ne suffisait pas toujours. Taonui jouerait une excellente et involontaire espionne. La navette n'était toujours pas passée en hyperespace. Après quelques minutes de réflexion, Drek s'en aperçut et décida d'aller aux nouvelles. Peut être qu'une avarie soudaine posait problème au pilote. La navette devrait peut-être retourner sur Kamino pour être vérifiée. L'officier sourit devant cette éventualité.
La porte du cockpit était verrouillée de l'intérieur.
- Pilote, que se passe-t-il ?
Devant l'absence d'une quelconque réponse, Drek tambourina sur la porte.
- Nom de… pilote ! Répondez !
- Restez calme, officier, et tout ira bien.
La voix était bien celle de son pilote, mais son intonation avait changé. Elle était devenue plus agressive et plus assurée.
- Pourquoi ne sommes-nous pas en route pour Coruscant ?
- Coruscant est le dernier de vos soucis à présent, ironisa l'autre.
Drek comprit aussitôt.
- Traître ! Vous êtes à la solde de la Rébellion ! Vous allez me livrer à eux !
- Vous avez toujours été perspicace, officier. Asseyez-vous et attendez l'abordage du vaisseau rebelle, cela vaudrait mieux pour vous…
- Pourriture de Républicain !
Drek sentit une vague de panique l'envahir et son rythme cardiaque s'emballa. Il se trouvait en bien mauvaise posture
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Tractations sur Kamino, Nouvelle Partie I
Rapidement et sans perdre de temps, Drek se dirigea vers la soute où il avait déposé son bagage. Après l’avoir fouillé avec un début de fébrilité, il attrapa le mystérieux bracelet. Il était un peu lourd et l’officier n’avait pas jugé utile de le mettre à son poignet. Il se remémora cette fameuse discussion avec son ami scientifique, quelques jours avant de partir en mission…


Marlek l’avait mandé dans son laboratoire et attentait avec impatience son arrivée. Il avait conçu un tout nouvel instrument spécialement pour la mission de son ami officier. Son laboratoire était situé dans les sous-sol de l’Ubiqtorat, évidemment. C’est là qu’il pouvait disposer de l’espace comme il l’entendait car il y en avait à foison. Il avait agencé plusieurs salles annexes et une grande, immense salle centrale ou il menait ses expériences les plus importantes pour l’Empire. Il y régnait en permanence une odeur indéfinissable, celle de produits chimique mélangés avec des odeurs d’huiles. L’antre de Marlek recelait autant de trouvailles biochimiques que de mécaniques en tout genre : robots, engins, accessoires divers…

Plusieurs minutes plus tard, Marlek montrait à Drek le curieux appareil.

- A quoi sert cet objet étrange ? demanda-t-il.

Marlek lui sourit, hochant la tête avec un air de condescendance. Décidément, pensa-t-il, tout ce qui ne touchait pas à l’art des belles paroles le laissait indifférent.

- Attends, laisse-moi deviner… un indicateur de mûrissement pour le Don Calamarion ?

- Tss… c’est un émetteur d’urgence, assez spécial, je l’avoue.

- En quoi est-il différent des autres ?

- Il fonctionne dans l’espace.

Marlek avait dit cela comme s’il s’agissait d’une évidence. Pour lui, c’était l’enfance même de l’art et il acceptait difficilement que les autres comprennent moins facilement. Il lui arrivait souvent de devoir répéter les choses, voir de les rendre plus simple, ce qui lui était insupportable car la science ne devait pas être simplifiée. Plus simple, moins efficace, c’était presque un blasphème. Les scientifiques étaient des incompris !

- Dans l’espace ? Allons-donc, Marlek, tu veux me faire croire que cette petite chose dispose de la puissance nécessaire pour envoyer des ondes à travers l’espace ?

- Non, en plein espace, à part les moyens de communication traditionnels, on ne peut rien faire.

- Alors ?

- Alors cette petite chose s’utilise près d’une planète.

- Pour attirer tous les Impériaux du secteur et dévoiler les plans de l’Empereur au grand jour ?

- Sceptique, Drek, comme toujours, attends que je t’explique.

L’officier afficha une moue interrogative pendant qu’il tripotait l’objet en question.

- Tu n’imagines pas les heures que j’ai passé sur la conception de ce bidule. Au début, c’était relativement amusant. Mais le plus complexe fut de réduire un transducteur à annulation de masse. Imagine ! J’ai réussi grâce à un nouveau composé que j’ai mis dans la bobine de supraconducteurs…

Drek ferma les yeux et ouvrit la bouche pour faire remarquer quelque chose.

- Je sais, tu ne comprends rien. Je vais faire plus simple, ca te va ?

L’officier hocha la tête, coupé dans son élan.

- Comme je te disais, cet émetteur s’utilise aux environs d’une planète ou, note bien, d’une quelconque installation disposant d’une balise de communications faisant partie de la matrice à liaisons hyper spatiale de type S , en bref de l’ancien holoréseau de l’ancienne république.

- Tu veux dire… ?

- … que cet émetteur envoie son signal de détresse directement au centre Ubiqtorateur le plus proche, en utilisant un code prioritaire et crypté et se servant des relais de communication les plus proches. Tu vois, il fallait y penser ! s’exclama Marlek.

- Très ingénieux, ton bidule… c’est un concept purement Ubiqtorien ! Je ne pense pas avoir à m’en servir, cependant, mais je te remercie de penser à ma sécurité… avant de penser à une certaine cave !

- J’espère aussi, mais je préfère être prudent. En ce qui concerne la cave, je poursuis mes expériences sur la synthèse de notre vin, mais c’est complexe. Il va me falloir des crédits supplémentaires pour quelques équipements dont je te passe la description, si tu peux t’en occuper.

- Je contacterais les services financier dès que je rentrerais de mission.

- Fais attention à toi.

- Hé… fit-il en souriant. C’est moi !

Drek contempla longuement le gadget de son ami et le mit négligemment dans sa poche.
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Jamais il n’aurait pensé s’en servir, pas dans ces circonstances. L’officier alluma le transmetteur et y tapa une série de chiffres incompréhensible. Une petite diode rouge se mit à clignoter tandis que l’indicateur de transmission se remplissait. Tout d'un coup, Drek sentit une monté de puissance dans les moteurs de la navette : ils n’allaient pas tarder à passer en hyper espace. Et ce maudit émetteur qui n’émettait pas. Drek pesta tout haut. Soudain, les parois métalliques tremblèrent autour de lui de façon imperceptible. L’hyper propulsion venait d’être activée au grand dam de l’officier. Rempli d’espoir, il jeta un regard sur le bracelet : la diode était passée verte.

L’instant d’avant, la navette de classe Lambda dérivait dans le vide de l’espace, à quelques milles de l’énigmatique Kamino. L’instant d’après, elle s’était évanouie, comme absorbée par un vortex invisible et affamé, vers une destination inconnue. Tout aussi invisible, une infime déformation moléculaire, le signal d’urgence émit par Drek, se propagea en quelques micro-secondes vers la planète océan, où il fut capté par un récepteur Kaminien de grande puissance. Sans que l’opérateur s’en rende compte, c’était après tout le but cherché, l’onde coda un envoi de priorité principale et un émetteur quelque part sur la planète se déplaça de quelques millimètres, à l’insu de tous, pointant son dard électronique vers la planète des planètes, le Centre Impérial. Aussitôt, un flux invisible de tachions en sortit et se projeta à travers l’espace à une vitesse subliminale. Le courageux petit flux, inqualifiable et inquantifiable, traversa bien des périples, bravant des tempêtes électromagnétiques, transperçant des novas, des pulsars et autres joyeusetés avec la même efficacité. Un instant, il douta même de pouvoir accomplir sa mission car un puissant trou noir se dressait sur sa route. Il resta de marbre, malgré le chant des sirènes qui provenait du cœur du puit noir et sans fond. La matière, l’antimatière et même la lumière tombaient sous son charme destructeur, plongeant dans l’abysse ultime, vers une destinée sombre et inconnue. Mais il ne réussit pas à perturber notre rapide petit flux qui le traversa sans même s’en apercevoir. Quelques heures standards plus tard, fatigué, il atteignait le récepteur principal de l’Ubiqtorat sur Coruscant, une énorme parabole d’acier qui dressait sa masse au-dessus de la circulation dense des véhicules en tout genre. Le message transmis, notre petit flux s’éteignit, goûtant à un repos mérité et éternel…

Un bip retentit dans la petite pièce. L’agent préposée aux transmissions s'activa tout d'un coup. Elle se leva énergiquement de son petit bureau glacé pour se diriger à travers les immenses couloirs de l'Ubiqtorat, vers le bureau de l'acharnée et travailleuse Superviseur. L’agent, qui était une agent et dont les courbes étaient magnifiquement mises en valeur par son uniforme, tapa discrètement à la porte du bureau. Une voix féminine mais très autoritaire lui demanda de rentrer, ce qu'elle fit sans plus attendre. Malgré l’heure tardive, la vue de Coruscant était toujours aussi surprenante, belle et grandiose. Elle laissa la porte ouverte et transmis, toujours aussi efficacement, le message au Superviseur Ven. Au fur et à mesure que la série de code se déchiffrait sous son regard, le visage du superviseur se métamorphosait. Il devint triste et soucieux, prenant d’un coup plusieurs années. Jasba regardait dans le vide, perdue dans ses pensées.
Après plusieurs minutes de silence la préposée aux transmissions se permit d'intervenir.
- Voulez-vous autre chose ?
- Non… merci… vous pouvez disposer.
Elle salua réglementairement et sortit de la pièce. Le superviseur ne répondit même pas, trop préoccupée par l'événement. Tout d'un coup, elle décrocha le visiophone, d'une étrange couleur violette et composa plusieurs numéros. Il ne fallait plus perdre de temps.
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Ben Yardis était un tout jeune produit de l'Académie, où il avait obtenu une très bonne mention, ainsi que son grade tant convoité d'Officier. Ce qu’il avait fait, il l’avait fait pour Helena, sa défunte fiancée, morte il y a quelques années dans un terrible accident. Au fil du temps, Ben avait réussi à chasser de son esprit torturé les images de son bonheur disparu. Il se concentrait plus facilement sur son travail, ce qui avait pour effet de le rendre plus sérieux et plus efficace sur les champs de bataille. Sorti de l'Académie, le jeune Ben Yardis avait incorporé le prestigieux Escadron Ender, suite à ses états de service. Formation d'élite utilisée dans le dénouement de situations critiques, bien équipée et recrutant la crème des officiers, l'Escadron Ender était connu à travers toute la galaxie, mais bien peu de gens avaient eu l'occasion d'apercevoir la couleur de leurs uniformes, tellement ses interventions restaient discrètes et efficaces. Ben y avait rapidement fait ses preuves et du jeune officier sortit de l'école, il était devenu un maillon important de l'Escadron. Ses conseils étaient reconnus et écoutés.
Leur locaux se trouvaient sur Coruscant, du moins leur quartier général. Mais pour préserver l'anonymat de ses membres et la discrétion de ses opérations, leur QG arborait la façade d'une entreprise relativement peu connue et qui n'intéressait personne. Quiconque aurait fouillé un tant soit peu dans les dossiers et les comptes de l'entreprise se serait aperçut que quelque chose clochait. Pas d'activité visible, pas de transactions, pas de listing du personnel, jamais aucune lumière de l'extérieur, des recettes et des dépenses inexistantes… mais personne ne se souciait d'une entreprise comme celle-ci et c'était exactement l'effet escompté. De plus, aucun des soldats de l'Escadron ne devait être reconnu. Dès l'incorporation, les dossiers des candidats étaient tous effacés et remplacés par d'autres. Leurs vies étaient maintenant confidentielles et l'Empire pouvait en disposer comme bon lui semblait. Quand Ben pénétra la première fois dans les locaux, il fut agréablement surpris. Malgré les apparences, les locaux du QG étaient flambant neuf et techniquement très à la pointe du progrès.

Au milieu d'une matinée comme tant d'autres, Ben se trouvait en train de faire du sport dans la salle de musculation. Une condition physique rigoureuse leur était demandé pour mener à bien les missions parfois éprouvantes qu'ils avaient à accomplir. La journée était régulièrement divisée en trois parties : entraînement physique, cours et théorie, pratique et simulations. Les recrues n'avaient que peu de temps libre et même quand ils en disposaient, ils le mettaient à profit pour réviser et s'entraîner. Au bout de quelques mois d'un pareil rythme, il était courant que les jeunes recrues ne se reconnaissent plus dans un miroir ! Ben était en train de travailler sa vitesse de frappe sur une cible mobile quand une alarme discrète retentit dans le bâtiment. Il ne l'entendit pas de suite. C'est une petite lumière rouge clignotante qui attira son attention. La porte de la salle d'entraînement s'ouvrit brutalement, laissant apparaître son ami Berek.
- C'est l'alarme, Ben ! claironna-t-il.
Ben acquiesça. Il désactiva le dispositif et essuya rapidement la sueur de son visage. Il enfila à la hâte son uniforme, un treillis facile à mettre et se lança en courant dans les couloirs. Il arriva en même temps que les autres en salle de briefing. La pièce était grande et confortable et une table imposante trônait en son milieu. Quand le besoin s'en faisait sentir, un émetteur holographique projetait en son centre les informations importantes. Quelques minutes plus tard, le Général Merlouif arriva. Le briefing put alors commencer.
- Bonjour à tous, entama-t-il.
Sa voix était grave, bourrue et sa moustache frémissait quand il parlait.
- Voici les faits. A dix heures et trente-trois minutes, heure locale, l'Ubiqtorat recevait un appel de secours de l'un de ses agents en mission. Le signal provenait de Kamino, dans la bordure extérieure. Selon toutes vraisemblances, l'Agent Drek Svar vient d'être capturé par les forces rebelles. Les agents de cet organisme sont remarquablement bien formés pour résister aux interrogatoires, mais ils ne peuvent pas éternellement cacher ce qu’ils savent. C’est là que nous intervenons. Des questions ?
- L'Ubiqtorat ne possède-t-il pas sa propre force d'intervention ? remarqua une recrue.
- C'est vrai. Ils sont aussi capables que nous pour le sauver des griffes ennemies. Mais Drek Svar possède une trop grande valeur aux yeux de l'alliance rebelle. En ce moment même, les bâtiments de l'Ubiqtorat sont espionnés, peut-être pas de l'intérieur mais certainement de l'extérieur. Dès que l'Oméga Force se mettra en branle, ces maudits mouchards avertiront leur contact et il sera certainement impossible de retrouver l'agent. Ils le changeront de planète et de système autant de fois qu'il le faudra, jusqu'à ce que nous perdions sa trace. L'Ubiqtorat jouera le mort pour tromper la vigilance ennemie, pendant que nous préparerons notre intervention.
- Comment avons-nous localiser sa trace ?
- Nous avons donc contacté Kamino. Et nous avons obtenu une entière coopération de leur part. Ils nous ont fourni les renseignements de leurs radars. Nous avons ainsi obtenu l'heure de passage en hyperespace de la navette, et quelques indices quant aux destinations possibles.
Le général reprit son souffle et aiguisa sa moustache.
- Les ordinateurs viennent de calculer les trajectoires possibles et leur durée. Ils les ont comparé aux registres d'arrivées des différentes planètes et il y a de fortes présomptions pour que l'agent soit détenu sur Tatooine. C'est une planète trop éloignée de la juridiction impériale pour que les rebelles se sentent inquiétés. Mais à la moindre alerte, ils n'hésiteront pas à se déplacer autant de fois que nécessaire. Il y a d'autres présomptions sur d'autres planètes, mais les ordinateurs ne leur ont accordé qu'un pourcentage de chance minime. Cependant, certains d'entre vous iront sur ces planètes pour préparer une éventuelle intervention. Le gros de l'Escadron Ender se rendra sur Tatooine, nous n'avons pas alerté la garnison locale pour ne pas alerter les rebelles. Certains de nos agents sont déjà en place sur la planète et entament les premières investigations dans la plus extrême discrétion. Nous allons mettre à profit notre avantage, soldats !
La porte s'ouvrit et une silhouette se détacha, sortant de l'obscurité.
- Prenez place parmi nous, Lieutenant Emon Kalem.
Le général se tourna vers les membres de l'Escadron Ender.
- Je vous présente le directeur de la célèbre force Oméga, de l'Ubiqtorat. Sur demande de leur part, nous avons accepté qu'il participe activement à la préparation et au déroulement de notre intervention. Je suis certain que ses conseils nous serons utiles dans notre recherche de perfection.
- C'est trop d'honneur, Général. Je suis désolé de vous interrompre.
Emon était un fin et grand gaillard, mais on distinguait sous sa combinaison treillis une musculature développée. Son visage tirait vers l'ovale et ses yeux brillaient de confiance et de sagesse.
- J'avais fini de leur expliquer ce que nous savons déjà tout deux.
Il regarda le bracelet à son poignet et reprit la parole.
- P'tits gars, préparez votre barda, embarquement dans 17 minutes pour les navettes en partance pour l'Errinic. Nous achèverons le briefing pendant le voyage. Exécution.

Quinze minutes plus tard, tous les soldats se trouvaient rangés devant l'embarcadère n°18, où plusieurs navettes Lambda les attendaient. Quand la voûte nuageuse de Coruscant s'effaça, remplacée par la voûte céleste, un spectacle magnifique s'offrit à leurs yeux : le resplendissant et énorme Errinic .Ce dernier orbitait avec une grâce imposante autour du Centre Impérial, symbole vivant de la force inébranlable de l'Empire. Il en avait connu des batailles, dont une majorité de victoires écrasantes. Tous avaient hâte de voir de l'intérieur cette splendeur qui, de nombreuses fois, avait fait briller l'honneur de l'Empire en remportant des batailles perdues d'avance. Leurs navettes furent lentement tractées et entraînées dans un des nombreux hangars du star destroyer. La procédure dura quelques minutes, que Ben utilisa pour connaître un peu plus le membre de l'Ubiqtorat.
- Directeur de l'Oméga Force, c'est ça ? interrogea-t-il.
Emon était assis à coté de lui et il tourna la tête.
- C'est ça… mais je trouve le terme un peu pompeux. Appelez-moi Emon, simplement.
- Ca me va. Je suis Ben Yardis, enchanté.
- J'ai lu votre dossier… brillante carrière, Ben.
- Je pensais que mon dossier était de ces dossiers que peu de gens peuvent espérer lire ?
- Il l'est. Disons que j'ai un haut niveau d'habilitation dans l'Ubiqtorat. Ceci explique cela.
- En tout cas, merci.
- De rien, répondit Emon sérieusement. Vous êtes un officier prometteur et j'ai hâte de vous voir, votre escadron et vous, à l'œuvre. Ca ne saurait tarder, je pense.
- Les rebelles sont d'ores et déjà cuits, et ce ne sera pas à cause du soleil de Tatooine.
Ben rit de bon cœur, Emon hocha la tête et d'autres qui suivaient leur conversation sourirent.

Quand la navette se fut immobilisée, la cloison s'effaça, libérant les hommes et leur matériel sur la baie d'embarquement. L'intérieur du vaisseau ressemblait à une vaste fourmilière. Tout y était organisé jusqu'au plus petit détail, et pourtant le premier sentiment qu'on en avait était celui d'une cohue générale. Des uniformes de toutes les teintes, des armures brillantes, des combinaisons fières et sombres, des robots de toutes les formes, tout n'était que mouvement et disparité. Une silhouette familière s'approcha : le général Merlouif les attendait déjà.
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Drek reprit connaissance.
Tout ce dont il se souvenait était l’irruption brutale des soldats rebelles dans la navette. Puis son esprit avait sombré dans un puits noir et profond. Des rayons paralysants, à n’en pas douter. Quand ses yeux se réouvrirent, l’officier se trouvait dans une petite pièce aux parois métalliques. Un néon diffusait une pâle clarté sur les murs sans âmes. Il se trouvait assis sur une chaise, les mains ligotés derrière le dos de son dossier. On ne l’avait pas encore touché, ni maltraité. Pas encore, du moins. Il ne chercha même pas à se défaire de ses liens, se doutant que le nœud avait été fait avec efficacité. De toute façon, cela ne lui aurait servi à rien. Il se décontracta donc et attendit patiemment une visite prochaine. Quand il fut certain que la trotteuse dans sa tête venait d’effectuer son soixantième tour, il se prit à rire. Le petit jeu et la petite mise en scène était fort bien connu de l’agent Drek, qui l’avait appliqué à quelques reprises. C’était tellement prévisible. Classique. Faire mijoter le prisonnier à petit feu en lui faisant ressasser et ressasser sa situation. Situation qui n’était pas très plaisante pour l’officier, mais il n’allait pas leur donner ce plaisir. Certainement pas. Il s’étira et décida, contre toute attente, d’essayer de dormir. Sa tête pendait en arrière et ses jambes étaient allongées, ce n’était pas confortable mais il avait connu pire. Il chercha mais ne trouva pas le sommeil dans les premières minutes… par contre c’est le sommeil qui le prit à l’improviste. Drek avait peu dormi ces dernières nuits et son corps avait décidé de profiter de l’occasion pour récupérer.

Il rêva. Combien d’heures Drek avait passé à dormir, il ne le saurait jamais. Mais il se rappelait très bien du personnage récurent qui était revenu dans chacun de ses rêves, comme un leitmotiv. Tao Nui. Cette… charmante ? Kaminienne dont il s’était rapproché au cours de sa mission. Au cours de ses rêves, elle arborait toujours la même tenue, magnifique et lumineuse. Son long cou penché sur lui, la conseillère lui chuchotait des mots de réconfort, de courage. A chaque fois qu’il voulait parler, elle lui intimait le silence en posant un doigt délicat sur les lèvres de l’officier. Elle lui caressa même les cheveux pendant un temps, apaisant ses craintes et ses doutes.

Après avoir été réveillé de la manière la plus brutale qui soit, une paire de gifles, Drek pouvait encore apercevoir la jolie Kaminienne qui lui susurrait que tout se passerait bien, qu’il devait avoir confiance. Il leva les yeux et détailla son interlocuteur… ou plutôt, son interlocutrice, car il s’agissait bien d’une rebelle de la gente féminine. Il fut terriblement surpris et cela dut se lire sur son visage.
- Je vous étonne ? commença-t-elle d’une voix qui était loin d’être froide. Vous n’avez pas l’habitude de voir une femme diriger un interrogatoire, avouez-le. L’empire que vous servez reste un indécrottable misogyne, en plus de ses nombreux défauts.
Drek se cantonna au mutisme.
- Vous ne voulez pas me répondre ? Ce n’est pas galant de votre part, officier.
- J’ai tendance à oublier la galanterie quand je suis réveillé d’une si charmante façon.
Elle sourit et Drek l’observa avec minutie. Elle était très mignonne, et là encore, il fut surpris. Il ne s’attendait pas à trouver devant lui une femme, et encore moins une femme au physique si agréable. Elle avait de magnifiques cheveux roux qui lui descendaient sur les épaules. Plusieurs mèches rebelles encadraient un visage doux et fin, tandis que deux petits yeux aux reflets émeraudes l’épiaient et le jaugeaient. Si on ajoutait à cette description que la jeune femme possédait des courbes à rendre jalouse la miss Coruscant, Drek aurait put se croire au paradis. Une mallette disposée à coté d’elle, à moitié ouverte, laissait apparaître une gamme d’outils de tailles et de formes diverses destinées à la pratique séculaire de la torture raffinée. L’officier revint vite sur terre.
- Oh ! pouffa-t-elle. Je suis certaine que vous avez aimé ça.
- Il va sans dire que je préfère être giflé par une créature aussi charmante que vous.
Cette discussion commençait à l’amuser, finalement.
- Merci pour le compliment, officier. Vous voyez, vous redevenez galant.
- Ne pas l’être serait un affront pour mon ego, même dans la situation actuelle.
Elle lui envoya une dose non négligeable de phéromones sexuels à travers le regard.
- Je connais pratiquement votre vie par cœur, souffla-t-elle.
- Je n’en doute pas. Allez, faites-vous plaisir et récitez-moi tout ça.
Sa voix était ironique et cassante.
- Drek… ne le prenez pas comme çà, tout avait si bien commencé entre nous ! Vous venez de me vexer, vraiment. J’avais tellement envie de vous raconter ce que je savais… mais vous m’avez coupé dans mon élan. Vilain garçon. Pour la peine, je crois bien que je vais vous punir.
Elle farfouilla sa mallette et en sortit un bandeau d’une teinte violemment rougeâtre. D’une main experte, elle banda les yeux de l’officier, sans oublier de déposer un furtif baiser sur sa joue alors qu’elle se rasseyait. Drek en connaissait un bout sur l’art de déstabiliser. Mettre le prisonnier en situation d'anxiété en le privant du sens de la vue. Encore un classique des manuels sur la torture douce. Par contre le baiser n’était mentionné nulle part !
- Vous connaissez mon nom mais je ne connais même pas le vôtre…
- Pour vous, ce sera Elna, bel officier.
Drek perçut le son d’outils qui s’entrechoquaient. La punition ?
- J’ai choisi un outil particulièrement classique que vous connaissez bien, officier. Mais je vous laisse la surprise de le découvrir, et aussi de découvrir sur quelle partie de votre corps j’en jouerais.
- Enna, s’il vous plait, vous savez bien que c’est inutile, constata Drek. Je suis pratiquement conditionné pour subir ce genre de traitement tout en gardant le sourire ! Ce n’est pas…
Une vive douleur sur sa cuisse gauche. Un jaillissement de souffrance puis plus rien. Pendant une fraction de seconde, Drek douta de son conditionnement. Mais la douleur s’effaça comme par enchantement. Il n’eut même pas le temps d’hurler. La douce voix d’Elna lui parvint.
- Je sais, ça fait mal. Vous m’en voyez désolée.
- J’en doute… mais ce n’est pas la question, lui répondit une voix affaiblie.
- Effectivement, officier. Je vous sais extrêmement intelligent. Mettez-vous un instant à ma place… que feriez-vous pour obtenir ces précieux renseignements ?
- Et bien, puisque nous parlons d’égal à égal, en ce qui concerne ce domaine tout du moins, j’emploierais en premier lieu le levier psychique car je ne suis pas un adepte des tortures physiques. Avec moins de douceur que vous, je dois bien l’admettre, je ne suis qu’un mâle.
- Vous l’avez dit vous-même. Parlons donc de votre femme et de votre fils.
Drek s’en voulut de l’avoir mit sur la voie. Mais de toute façon, elle en serait venu là d’une manière ou d’une autre alors autant ne pas retarder une discussion qui devait inévitablement arriver.
- Elles n’ont rien à voir avec notre affaire, lâcha l’officier sans le vouloir.
- Vous me décevez un peu. Combien de fois ais-je entendu cette phrase et combien de fois l’avez-vous entendu également ? Je vous le demande…
- Trop souvent, c’est vrai, souffla Drek.
- Les formalités étant échangées, à présent il est temps d’en venir au cœur même du sujet qui nous intéresse. N’est-ce pas, officier ? Je sais que vous ne pouvez pas me voir, aussi je vous ai lancé un clin d’œil aguicheur. Et je peux vous dire qu’il est loin de laisser les hommes… et les femmes ! indifférents. J’aurais presque envie de vous retirer ce bandeau pour que vous en profitiez.
- Nous sommes au moins d’accord sur ce point.
Comme un souffle, Elna détacha le morceau de tissu qui tomba sur les épaules de l’officier. Celui-ci tomba sur deux yeux de braises qui le fixaient. Il détourna le regard sur sa cuisse meurtrie. Le tissu était encore intact et rien n’indiquait l’origine de la douleur. Brûlure par induction, peut-être. Ses pensées dérivèrent vers les êtres qu’il aimait et qui l’attendaient sur Coruscant…
- Puis-je vous demander une faveur ? questionna-t-il.
- Qui est ?
- De connaître par quels moyens vous êtes parvenus à apprendre que j’avais une femme et une fille. J’ai passé des années à cultiver le mystère qui les entoure et je voudrais bien savoir ce qui a faillit.
Elle lui sourit presque avec tendresse.
- C’est vous qui me surprenez, officier. J’ai rencontré un tas d’hommes, je ne vous parlerais pas des femmes, célibataires ou mariés, jeunes ou vieux, vierges ou non, tendres ou machos… mais aucun ne possédait cette sensibilité qui affleure en vous dès que vous parlez de votre petite famille. Vous êtes l’archétype même du père de famille, amoureux et fidèle, et vous me plaisez. Si je n’étais pas si volage et frivole…
Drek sentit la main d’Elna lui caresser la cuisse. A travers le tissu rugueux de son uniforme, il pouvait sentir combien elle était douce. Il essaya de chasser de son esprit l’image de cette créature, en face de lui, mais sans y parvenir complètement. La main hésita quelques secondes puis s’approcha de son entrejambe. L’officier sursauta et ses cuisses tremblèrent. C’était loin d’être désagréable… c’était pire et il essaya tant bien que mal de se focaliser sur l’image de sa douce Anney.
- Voyons, officier… détendez-vous. Que vous importe de penser à votre femme en cet instant ? Elle est loin et moi, je suis là, tout près de vous. Sentez-vous la chaleur qui brûle en moi ? Libérez celle qui brûle au fond de vous, laissez-vous aller !
Drek ferma les yeux mais ne put effacer l’horrible et indécente vision d’Elna. Il ne fallait pas qu’il se laisse aller, Enna était désirable mais c’était tout. Il n’allait pas laisser ses bas instincts primaires prendre le dessus. C’était un officier Impérial et il devait garder la dignité qui sied à tout officier.
- Laissez-moi ! eut-il le courage de crier.
La main se retira et en même temps, le sourire sur le visage de la jolie rebelle.
- Vous n’êtes pas un homme !
- Je suis l’Officier Drek Svar, Agent de l’Ubiqtorat en mission pour le compte de l’Empereur.
- Si vous le prenez ainsi…
Sa voix s’était achevée sur une note des plus malsaines. Elle remit le bandeau sur les yeux de l’officier qui n’eut pas droit cette fois-ci au petit baiser. Le même bruit que tout à l’heure… Elna cherchait apparemment l’outil qui stimulerait le mieux ses pulsions sadiques.
- Je vais prendre du plaisir à jouer avec vous, Drek. Et dans quelques heures, vous me supplierez de faire de vous ce que je désirerais, pourvu que la souffrance se taise. Mais il sera trop tard. Je ne sais pas si je suis aussi experte que vous dans le raffinement sur la torture, mais je vous promets de faire de mon mieux. Dans quelques heures, vous ne serez plus le fier et pédant officier impérial, vous serez un morceau de chair sanguinolent et souffrant… vous serez ma chose à moi. Quand enfin, vous serez anéanti physiquement, je ferais en sorte de vous anéantir moralement en m’occupant de ce qu’il y a de plus sacré pour vous : Anney et… la petite Daphnée, c’est ça ? Vous n’imaginez pas à quel point mon imagination perfide est constructive, quand j’ai devant moi un si bel étalon, prêt à assouvir mes petits fantasmes. Au travail, officier, au travail, nous avons des choses à faire !

Drek ne se rappelait plus quand la douleur avait commencé, ni même quand elle avait fini. Si même elle avait fini car il avait toujours profondément mal. Elna avait débuté les choses en douceur, si on peut dire. Des micro-souffrances distribuées ça et là sur son corps nu. Car elle avait prit soin de le déshabiller complètement, lui enlevant toute dignité et profitant par la même occasion du spectacle de son corps. Drek n’avait rien dit. Qu’aurait-il put dire de toute façon ? Les supplications et les prières n’auraient rien donné, il le savait d’expérience. Et il était déterminé - avait-il jamais eu le moindre doute ? - à ne rien révéler de sa mission. Il était l’agent de l’Ubiqtorat et par la-même, le bras de l’Empereur : il ne devait pas faillir. Plutôt couper le bras que de le voir corrompre, pourrir jusqu’à la moelle, infecté par cette vermine rebelle.
Il avait toujours terriblement mal, il n’était même pas en état de dire si Elna était toujours dans la pièce, s’il était allongé ou encore attaché sur sa chaise. Il ne sentait de son corps que les milliards d’informations de douleur transmis par ses nerfs. Combien de temps la séance avait-elle duré ? Une heure, deux heures, dix heures ? Il ne pouvait le dire. Tout n’avait été qu’un déferlement de souffrance, une montée en puissance progressive de la torture jusqu’à ce qu’il hurle à la mort. Oui, il avait hurlé. Son corps avait hurler. Mais son âme, bien trempée par des années d’éducation, n’était toujours pas prête à se livrer aux rebelles. Après les micro-souffrances, Elna était passée aux coupures insidieuses, aux endroits où celles-ci irradiaient le plus de douleur, les muqueuses n’étant pas en reste, ainsi que les parties génitales. Le pire était bien de ne pas savoir sur quelle partie du corps la prochaine plaie naîtrait. Mais le fait d’avoir déjà administré ce genre de douleur le rendait plus fort pour la supporter. Ce qui le différenciait des autres prisonniers. La bouche emplie de sang et sa langue hurlant son tourment, Drek eut droit à un court répit.
- Vous êtes un bel homme et c’est plaisir à vous voir souffrir, officier. Je tenais à vous le dire.
- Je… ne dirais rien… c’est inutile, articula-t-il la bouche en feu.
- Je le sais bien. Je n’essaye même pas de soutirer les informations que vous détenez. Ce serait pure perte pour le moment. Vous êtes au-dessus de la souffrance physique, mais peut-être pas au-dessus de la souffrance morale. Et je compte bien tout savoir tôt ou tard.
- Alors… pourquoi ?
- Je vous avoue que ce n’est pas professionnel. Cette perte de temps n’est pas digne de moi, mais j’y prends un tel plaisir. C’est malheureux que vous n’en preniez pas, vous, mais soyez assurée que je m’amuse.
- J’aime assez ce que vous faites, Elna, ironisa-t-il. Non, vraiment…. Je n’y mets pas moi-même un tel art de la sophistication, mais j’admire votre façon de procéder, votre mise en scène, vos gestes sensuels et si… douloureux. Nous pourrions un jour mettre en commun nos connaissances, nous y gagnerons certainement tous les deux. Qu’en dites vous ?
Elna ria de bon cœur.
- Je vois que vous avez toujours le sens de l’humour. Vous me plaisez de plus en plus.
- A votre service, ma jolie rebelle.
- Bien, ne perdons plus de temps et passons au degré supérieur, alors !
Le degré supérieur était le préféré d’Elna. Sans la voir, il pouvait distinguer les petits cris jouissifs qu’elle poussait à chacun de ses hurlements. L’arrachage d’ongle était un jeu qu’elle maniait avec merveille. Rapide et précise, elle les faisait sauter avec dextérité, comme si elle pratiquait depuis sa naissance. Mais la souffrance qui l’accompagnait était tout sauf rapide. Une espèce de douleur sourde mais tellement forte que Drek en versait des larmes. Il ne bougeait même pas ses doigts, sachant qu’il ne faisait que retarder la douleur et qu’il valait mieux l’affronter plutôt que la fuir. Quand Elna passa à la souffrance par induction nerveuse, au niveau de son mâle attribut, il voulut s’évanouir mais son mental était si fort qu’il encaissa la douleur plutôt que de l’éviter. Il avait versé tant de larmes qu’il se demandait comment il pouvait encore en avoir. Cette douleur était multipliée par cette sensation de déshonneur, d’avilissement qu’il ressentait alors que son organe bondissait sous les inductions nerveuses. Et la nature étant ce qu’elle était et par un bizarre mécanisme chimique, celui-ci se durcissait au fur et à mesure que l’officier rugissait. Il y eut une seconde pause mais il ne sembla même pas s’en apercevoir.
- Un peu humilié, quand même ? s’interrogea Elna.
Il mit de longues minutes à récupérer ses esprits, avant qu’il ne perçoive à nouveau la voix de la rebelle.
- Un vrai régal… cracha-t-il avec dédain.
- Je savais que vous aimeriez.
Il sentit une poigne enserrer son « instrument » tout droit dressé. La main chaude d’Elna commença à serrer, comprimant veines et artères jusqu’à ce que le membre se mette à violacer. Ses ongles s’enfonçaient dans sa chair jusqu’au sang, lentement et tendrement. Cette situation lui était plus qu’insupportable mais pour une fois, il se taisait, conscient que gâcher le plaisir de la rebelle ne lui causerait que des problèmes supplémentaires.
- Je n’ai pas voulu lui causer trop de dommages, entama-t-elle. Je suis certain que tôt où tard, de votre plein gré, vous vous en servirez pour assouvir mon désir. Quand je posséderais enfin votre âme et votre corps, complètement et sans rémission. Nous passerons du bon temps, Drek, je m’en réjouis déjà.
La pression sur son appendice se relâcha et les sensations commencèrent à revenir comme la marée recouvre son territoire. La sale petite garce, pensa-t-il. Ses lèvres étaient sèches mais il continua de parler.
- J’ai hâte… d’y être. Ne peut-on pas… accélérer les choses ?
Sa voix était hachée par ses halètements tourmentés.
- Vous ne savourez pas assez l’instant présent, officier. Moi si.
- Désolé de montrer… autant d’empressement, Elna… mais je suis assez pressé, une mission de la plus haute importance m’attend… pour le compte de l’Empereur… je ne voudrais pas me mettre en retard !
- Je ne vois pas le temps passer avec vous, Drek. Vous êtes un amour. M’en direz vous plus sur votre mission ou resterez-vous borné comme un Bantha ? Notez que cela ne me gêne pas, car je finirais par le savoir. C’était simplement histoire de pimenter notre conversation.
- Vous êtes bien… rapide, jolie rebelle. Nous en sommes… à peine aux préliminaires.
Elle fit une petite moue de mépris.
- Excusez-moi, Drek. Continuons donc !
Il sentit des électrodes se poser sur ses tempes. Le matériel lourd. Si elles étaient aussi perfectionnées que celle conçues par l’Empire, l’officier savait qu’il avait du mouron à se faire. Mais dans l’état second dans lequel il se trouvait, plus rien ne lui importait, ni la vie, ni la mort, ni rien du tout. Sauf une seule et unique chose : ne rien révéler. Qu’était sa vie ? Rien. Qu’était l’Empire ? Tout. Il ne fallait pas sacrifier l’Empire pour un individu, aussi précieux soit-il. Il aurait bien tenté le grand plongeon dans le gouffre dont on ne revient pas, mais les rebelles avaient prit soin de retirer sa fausse dent remplie de cyanure. Pourtant, Marlek l’avait assemblé avec le plus grand soin, à partir de matériaux indétectables de la plus haute technologie. Elle devait passer inaperçue sur tout les types de scans et de filtres, et assurait aux membres de l’Ubiqtorat de pouvoir choisir la fin de leur choix en cas de capture. Il fallait croire que la technologie rebelle était bien avancée. Drek ne cessait de dire qu’il ne fallait jamais sous-estimer la menace terroriste. Il avait maintenant la preuve flagrante de son raisonnement, et ce depuis toujours. L’Empire avait sans doute du matériel de pointe, mais cette gangrène réussissait toujours à s’en procurer une partie, par quelque moyen détourné que ce soit. Il fallait compter avec ça maintenant.
Un déclic coupa le fil de sa pensée et quelques secondes après, son cerveau sembla exploser. Une douleur aiguë et inhumaine, pire que si une lame traversait et retraversait son cerveau sans s’arrêter. Il poussa un hurlement si fort qu’Elna en fut presque effrayée. Presque. Elle sourit et entreprit de monter le niveau d’intensité de l’appareil. Cette fois-ci, Drek put différencier avec une précision inouïe l’explosion de chacune des cellules de son cerveau. Elles ne semblaient pas exploser toutes ensemble, non, toutes crevaient comme des bulles qui remontent à la surface d’un verre de champagne (Corellien, cela dit), les unes après les autres et cet effet démultipliait la torture par un million. Quand ses poumons se furent vider de tout leur oxygène, l’officier se surprit à hurler encore. Son mental était à bout, mais le temps était loin encore ou il révélerait les sombres complots de l’Empereur. Le petit manège de la rebelle dura un temps indéterminé mais dans sa souffrance proche de la folie, Drek constata qu’il durait bien plus longtemps que les précédents jeux. Son corps lui faisait hurler des mots qu’il n’aurait pas prononcer en temps normal : des supplications implorant la pitié. La pitié était un sentiment qui avait disparu depuis bien longtemps à travers l’univers. Et il savait en son âme et conscience que cela ne servait à rien et ne faisait qu’accroître le sadisme du tortionnaire. Elna avait encore monter l’appareil d’un cran et cette fois ci, le corps de l’officier jugea que trop, c’était trop, et il sombra dans un profond coma…

Il était allongé, semble-t-il. A même sur le sol, ou alors dans un lit très dur, et froid comme la mort. Le bandeau était toujours sur ses yeux. Ses coupures lui faisaient souffrir le martyr, mais au moins elles restaient supportables. Il ne sentait rien sur sa peau, soit qu’elle était devenue totalement insensible, soit qu’on l’avait entre temps revêtu d’habits ou d’une couverture. Il tendit ce qui lui restait d’oreilles et analysa la pièce. Il n’eut aucune difficulté à localiser la respiration d’une seconde personne, non loin de lui. Selon toute probabilité, c’était Elna. C’était elle qui s’occupait de son cas… mais il n’aurait pas été surpris de découvrir une autre personne, plus compréhensive, plus amicale, prête à l’écouter et à l’aider, selon la vieille méthode de la dualité de personnalité. Un bourreau cruel et sadique et son opposé, dont le but était de soutirer la confiance du prisonnier. Mais ce ne fut pas le cas.
- Bonjour, officier.
Elna. Ils avaient bien fait de ne pas changer son interlocutrice. D’un coté parce que l’officier aimait bien la jolie rebelle, de l’autre parce que de toute façon, il connaissait bien le procédé et n’aurait pas craqué pour autant. Il se releva tout doucement et ne fut pas surpris de constater qu’Elna accourre pour lui apporter son aide.
- Attendez, Drek, je vais vous aider.
- Non… souffla-t-il.
- Comme vous voulez… répondit Elna, pour le moins vexée.
- Ce serait contraire aux règles de la galanterie et du savoir-vivre.
L’officier se força à sourire alors qu’il faisait des efforts désespérés pour se mettre d'aplomb. Ses jambes étaient faibles et refusaient d’exécuter correctement les ordres de son cerveau. Il se reprit à plusieurs fois, d’autant plus gauchement que ses yeux ne pouvaient rien voir. Une fois debout, ses jambes tremblèrent de plus belle et son corps oscilla vers l’avant de façon dangereuse. Un afflux trop rapide de sang dans le crâne lui fit soudain tourner la tête et ses yeux se révulsèrent. Son corps s’effondra comme une masse devenue soudain inerte et sans vie. Il bascula de tout son poids en avant… et fut rattrapé de justesse par la rebelle. Elle encaissa le choc sans broncher et enserra le torse de l’officier dans ses petits bras.
Une porte s’ouvrit et plusieurs soldats rebelles pénétrèrent dans la pièce, l’arme au poing.
- Un problème, mademoiselle ? s’enquit l’un d’eux.
- Aucun, retournez à votre poste.
- Voulez-vous que nous vous aidions à…
- Je vous ai donné un ordre ! aboya-t-elle.
Ils ne demandèrent pas leur reste et quelques secondes plus tard, la pièce était à nouveau redevenu le terrain de chasse d’Enna. Son terrain favori et elle compter bientôt agrémenter son tableau de chasse avec la tête de l’officier Drek. Ce n’était plus qu’une question d’heures.
- Ne vous inquiétez pas, vous êtes dans mes bras.
L’officier avait repris connaissance mais il était encore trop faible pour parler, encore moins pour bouger et tenter de se défaire de l’étreinte féminine. Son esprit n’était que chaos et à travers ce chaos, il percevait la douce voix de la rebelle. Cette dernière supportait toujours le poids de Drek sans ciller. Sa main droite glissa le long de son dos et vint caresser les cheveux de l’officier, tendrement.
- La… la… ne dites rien.
Ses pupilles étaient closes et pourtant, il semblait deviner la silhouette de celle qui le tenait dans ses bras. Une charmante extra-terrestre à la peau bleuté et douce, au regard transperçant et généreux. Elle lui caressait les cheveux, comme dans son rêve. C’était bon de se laisser aller, de se sentir en sécurité. Sa voix était douce et ses gestes si tendres. Drek aurait voulu que ce moment dure éternellement.
- Tao Nui… souffla-t-il.
Elna enregistra mentalement le nom pour de plus amples recherches, avant de répondre.
- Il n’y a pas de Tao Nui dans cette pièce. Il n’y a que votre amie et confidente, Elna.
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L’officier reçut une décharge en plein cœur. Si même son esprit commençait à le tromper… il voulut se dégager de l’étreinte mais ses muscles ne lui répondirent pas, cette fois-ci. Il voulut pleurer.
- Ne faites pas l’enfant, si je vous lâche, vous aller tomber.
- Lâchez-moi, implora-t-il.
Arrivant au terme de ses forces, Elna l’accompagna doucement au sol et l’adossa contre une des parois métalliques. Elle l’embrassa dans le cou et s’assit à coté de lui, posant sa main délicate sur sa jambe gauche. Même là, elle était encore trop près de lui à son goût. Mais il n’avait plus la force de rien faire, juste de se laisser aller, sa tête appuyée contre le métal froid, dodelinant de gauche à droite d’un air las. Ses yeux étaient encore fermés, mais il ne sentait plus le bandeau. Elna avait dut le lui enlever en l’amenant par terre.
- Votre fille est vraiment charmante, officier.
- Nooon… accusa-t-il d’une voix flétrie.
- Elle est plutôt intelligente pour son âge.
Les lèvres de Drek tremblèrent.
- C’est votre femme qui l’habille ? Anney a de bons goûts, votre fille ressemble à une princesse !
Il se mura dans le silence.
- Je n’ai pas encore d’enfants, mais si je devais avoir une fille, j’aimerais qu’elle lui ressemble, vraiment.
Toujours rien.
- Votre fille danse divinement bien, en tout cas. C’est une bonne idée que de l’avoir inscrite à ces cours.
Le menton s’abaissa tristement.
- Je suis certaine qu’en grandissant, elle développera une profonde aversion pour votre exécrable empire. Qui sait si elle ne deviendra pas une grande rebelle, un jour. Je ferais tout pour que ça arrive, en tout cas. Elle le mérite. Quand son père et sa mère auront disparu, la pauvre petite aura besoin de nouveaux repères. Je veillerais à ce qu’elle obtienne le meilleur des enseignements, basé sur la justice et l’amour de la liberté.
C’en était trop pour le cœur gonflé de l’officier.
- Un beau jour… nous nous reverrons… que ce soit dans ce monde… ou dans l’autre, en enfer… je jure sur la tête de ceux qui me sont le plus cher … de vous faire payer…
- Des menaces… c’est si bas. Je ne vous ais encore rien fait ! lança Elna d’une voix innocente. Je suis certain qu’il y a moyen de s’arranger. Je vous propose un choix… votre famille et son bonheur ou l’empire que vous servez aveuglément. Regardez, Drek… dans ma main.
Il ouvrit difficilement les yeux et la lumière l’aveugla quelques secondes. Mais il distingua ce que la rebelle agitait devant ses yeux : une photo de sa petite famille. Elle avait été prise par un badaud sur la demande de l’officier, un beau jour de permission sur Coruscant. Drek tenait sa fille entre les bras et sa femme lui enlaçait le buste amoureusement. Ils souriaient car c’était un jour spécial pour Daphné. Elle avait obtenu un A+ à son examen de fin d’année pour les jeunesses impériales. Elle agitait le diplôme du bout de son petit bras. Elle irradiait la joie.
- Vous avez fouillé chez moi !
- Un tout petit peu. Nous n’avons rien dérangé, c’est promis. Tenez, prenez-la.
Elle manipula les bracelets qui entravaient ses mains. Ils s’ouvrèrent comme par enchantement, quelques secondes plus tard. Drek aurait-il eu la force, à ce moment, de sauter sur la rebelle pour tenter de la tuer ? Peut-être, peut-être pas. Mais cela n’aurait rien changé à son sort, ni à la donne du problème. La rébellion ferait toujours pression sur lui et sa famille pour qu’il trahisse. Il prit la photo de la main d’Elna et la serra contre son cœur, en ce lieu sinistre, c’est tout ce qui lui restait d’eux. Anney, Daphné…
- Regardez bien cette photo, officier et répondez à ma question quand vous vous sentirez prêt. Votre allégeance pour l’Empire vaut-il plus à vos yeux que l’amour que vous portez à votre petite famille ?
La voix était calme et posée, la rebelle savait ce qu’elle faisait. Elle continua.
- Je sais que votre première réponse, bornée, sera celle que je n'attends pas. Vous êtes conditionné pour me répondre ainsi. On vous a inculqué de force les préceptes de l'Ordre Nouveau et vous les recrachez par tous les pores de votre peau. Tout suinte l'Empire en vous. Mais je sais qu'au fond de vous, si je réussis à décrasser cette couche de stupidité et d'aveuglement qui caractérise tout bon officier, je trouverais l'homme qui placera sa famille avant la cause qu'il sert.
Elle regarda l'officier dans les yeux, des yeux affaiblis mais toujours vivaces. Elle lui sourit avec une tendresse non dissimulée. Toute provocation, toute sexualité avait quitté sa voix.
- Prenez votre temps, Drek. Pour l'amour de Dieu, prenez votre temps. Laissez décanter ce que je viens de vous dire. Je vais vous faire transférer dans une cellule plus confortable et je reviendrais dans la soirée.
Elle fit un signe devant la caméra située tout en haut de la pièce. La porte s'ouvrit et les deux gardes de tout à l'heure vinrent prendre les ordres.
- Direction bloc de détention 3-A, soldats.
Ils précédèrent l'officier rebelle et son prisonnier à travers un dédale de couloirs qui formaient un inextricable labyrinthe, dont la majeur partie baignait dans l'obscurité. Il faisait froid et humide et Drek se douta qu'ils devaient se trouver dans les sous-sols… mais de quelle planète ? Il regarda de droite à gauche, comme méditant sur une folle entreprise mais son attitude n'échappa pas à la rebelle.
- N'y pensez même pas. Ces couloirs ne mènent nulle part, et toutes les intersections sont codées. Dans la perspective où je ne réussirais pas à vous arrêter avant, ce dont je doute. Affaibli comme vous l'êtes, ce ne serait même pas drôle, vraiment.
- On peut toujours essayer, Elna. Maintenant que mes deux mains sont libres, je ressens une nouvelle vigueur.
- Même avec les mains libres, vous n'êtes pas une menace pour moi. Je suis désolée de douter de vôtre machisme viril et poilu, mais… vous n'avez aucune chance.
- Si vous le prenez ainsi…
D'un geste rapide, mais moins rapide qu'il n'aurait voulu, il s'empara de l'arme du rebelle devant lui. Elle était encore à son étui et n'était pas maintenue par l'attache réglementaire. Drek l'avait remarqué depuis un bon bout de chemin. Le soldat paierait cher cette négligence. Il appuya sur la gâchette.
L'arme resta muette, au grand désarroi de l'officier.
- Voyons, Drek… me croyez-vous vraiment si naïve ? lui dit-elle en secouant la tête d'un air de reproche.
Il lâcha l'arme qui tomba sur le sol avec un bruit métallique.
- Tout était prévu et je voulais me rendre compte quelle velléité il vous restait. Apparemment, j'ai légèrement sous-estimé votre capacité physique. Je ne referais plus cette erreur dorénavant.
L'officier serra ses poings et les leva à la hauteur de son visage.
- Il va falloir me passer sur le corps, maintenant.
Elna soupira bruyamment en levant ses yeux au ciel.
- Vous voulez jouer ? Et bien nous jouerons… tous les deux.
Elle fit signe aux deux soldats de s'écarter, ce qu'ils firent en maugréant quelque peu. Puis, fixant Drek droit dans les yeux, elle entreprit d'attacher ses cheveux.
- Laissez-moi quelques secondes, Drek… je suis toute à vous, mon chou.
- La galanterie aura raison de nous, les hommes.
- Je n'en connais pas beaucoup qui auraient attendu pour m'attaquer, comme vous faites.
- Vous êtes prêtes ?
Elna fit signe que oui. Si l'officier n'était pas trop sûr de venir à bout des deux soldats, il était au moins certain de se venger sur la jeune rebelle, un peu trop présomptueuse à son goût. Il se concentra sur chacun de ses muscles, les échauffant par de petites contractions.
- Honneur à vous, commença Drek.
Elna ne tarda pas, elle envoya de la jambe avant un coup de pied frontal avec une violence et une rapidité inouïe. Il eut beaucoup de mal à l'esquiver et cette attaque parfaite le décontenança. Il profita de l'élan de son coup de pied pour lui décocher une droite au niveau de la tête. Dans quelques secondes, ce serait au tour des soldats, avec un peu de chance. Son poing ne rencontra que du vide. La tête d'Elna avait disparue de son champs de vision. Mettant justement à profit son élan, elle avait enchaîné sur un coup de pied retourné avec une surprenante désinvolture. Celui-ci atteint son but : le ventre de l'officier.
Il y eut un bruit sec suivi d'un cri. Drek encaissa du mieux qu'il pût, c'est à dire mal car il ne s'y attendait pas. La rebelle aurait largement eut le temps de le finir, mais elle prit un malin plaisir à le laisser espérer. Quand la douleur se fut dissipée, il ne put s'empêcher d'envoyer un sourire amusé à Enna.
- Vous êtes rapide pour une rebelle !
- Allez, ne soyez pas macho, vous savez que je suis plus forte que vous.
- Vous êtes forte, mais je doute que vous preniez le dessus sur moi.
Il envoya à son adversaire un coup de pied latéral puissant et rapide, qu'Elna vit arriver longtemps à l'avance. Elle absorba le choc de l'impact en se déplaçant sur le coté et saisit sa jambe, avant de le balayer au sol et de lui faire une clef de jambe. Les os grincèrent un peu et Drek frappa au sol de douleur.
- C'est tout ce qu'on vous enseigne à l'Académie ?
Honteux, l'officier se tut. D'ailleurs il ne pouvait rien dire car il gémissait de douleur. Elna lâcha sa prise et se remit en garde. Enervé, Drek se remit d'aplomb aussi vite qu'il le put. Son corps commençait à lui obéir comme par le passé : avec perfection. Il enchaîna une série de rapides coups de poing et de pieds pour déborder la rebelle. Cette dernière para avec une précision remarquable chacun de ses coups. A la fin, elle contre-attaqua et Drek n'eut même pas le loisir de réagir. Elle le neutralisa au niveau des parties, comme elle aimait à le faire et enchaîna sur un coup de poing doublé au niveau du visage. L'officier vacilla sous les impacts et Elna le prit violemment à la gorge, avant de le plaquer avec une violence folle contre la paroi métallique. Elle enserra sa prise jusqu'à ce qu'elle entende les gargouillements affolés de sa victime.
- Echec et mat, Drek, fini de jouer maintenant.
Elna relâcha son étreinte et l'officier s'affala au sol. Elle fit signe aux soldats qui s'étaient écartés. L'un d'eux sortit une paire de bracelets métalliques et enserra ses poignets. Ils le relevèrent avec une délicatesse toute bourrue et le petit groupe se dirigea vers les quartiers de haute sécurité. Drek avait perdu, et ce sentiment d'échec lui était insupportable. Sa sortie d'école remontait à loin, et il était encore faible de l'interrogatoire, mais il aurait dû vaincre la rebelle. Comment était-ce possible ? Peut-être que le temps était venu de se remettre en question.
Sans qu'il s'en soit aperçu, il avait été conduit dans une petite pièce plus confortable que la précédente : une couche sommaire l'attendait et la luminosité était moins agressive. Les gardes et leur officier avaient disparus et il se retrouvait seul face à ses pensées. Mais celles-ci attendraient un peu. Il fit quelques pas en direction du lit et s'effondra, l'obscurité bienfaisante ne tarda pas à recouvrir son âme fatiguée...
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Le Général était dans son élément et ses yeux s'animaient quand il parlait.
- Vous avez sur cet écran la carte physique de Tatooine. Imprégnez-vous en. Comme vous le constatez, il n'y a que deux choses à la surface de cette maudite planète : du sable et… encore du sable. Le désert recouvre une grande partie de la planète, et les montagnes rocailleuses le reste. Si une intervention doit avoir lieu, il faut vous mettre en tête que les conditions ne seront pas optimums.
Un petit point rouge clignota sur la carte et le général effectua un zoom dessus.
- Voilà Mos Esley, l'une des principales villes de cette planète de sauvages. Nous avons joué de chance sur ce coup-ci : une cellule rebelle a été mise sous surveillance il y a quelques semaines par des espions de l'Empire. Et il s'avère que cette cellule s'est "excitée" justement dans le créneau horaire où l'officier Drek pourrait avoir atterrit sur Tatooine. C'est une chance, ça nous fait gagner du temps et des investigations. Les agents de l'Ubiqtorat ont filé certains des terroristes, avec succès. Un avant-poste rebelle vient d'être découvert, quelque part au milieu du désert, bien dissimulé par la rocaille environnante. Il ne doit pas être le seul, évidemment, mais il y a de fortes chances que l'officier soit retenu la-bas… momentanément, du moins. L’avant-poste se situe en plein territoire Hutt et je présume que les rebelles doivent payer une taxe exorbitante pour profiter d’une couverture comme celle du seigneur du crime local. Tatooine est une planète aux mœurs assez libres, éloignée du joug impérial, mais elle n'en reste pas moins territoire de l’Empire. Nos ennemis ne prendront pas le risque d'y rester indéfiniment, avec leur précieuse capture. Je pense que d'ici quelques jours, tout au plus, il sera transféré en toute sécurité vers une destination inconnue mais sûre, et nous aurons bien du mal à localiser et extraire l'officier, alors. Nous devons jouer la carte de la discrétion, absolument. C'est pour cela que les forces impériales locales n'ont pas été contactées. Je mettrais ma main au feu qu'elle est infestée d'autant de rebelles que d'espions à la solde du crime organisé. L'Errinic est en simple mission de protection de convoi de ravitaillement, nous nous poserons sur Tatooine en toute discrétion. Les agents de l'Ubiqtorat ont déjà tout préparé pour notre arrivée.
Il fit une pause, regardant ses soldats, avant de continuer.
- Nous arriverons de nuit. Nous lancerons l'assaut à l'aube. C'est le meilleur moment pour surprendre totalement l'ennemi. Ceux qui ont veillé seront physiquement épuisés. Les autres, réveillés dans leur sommeil, seront mentalement inaptes à faire face à notre assaut efficace et impitoyable. N'ayez aucune pitié car eux n'en auront aucune. Ne pensez pas à faire de prisonniers, les mines de sel aux confins de l'Empire en regorgent déjà. Ne vous inquiétez pas, il y a toujours un ou deux rebelles qui jouent les morts. Nous pourrons toujours en retirer quelque chose… enfin par nous j'entends les services spécialisés de l'Ubiqtorat. D'ailleurs, j'attends en ce moment l'arrivée des clichés pris par leurs efficaces agents. Ca ne devrait plus tarder.
Un appareil à la droite du général émit un bip long et plusieurs courts. Il s'empressa d'appuyer sur plusieurs touches de la console et la ville de Mos Esley s'effaça pour laisser apparaître une série de clichés. La base ennemie était moyennement grande, enclavée dans une passe montagneuse qui donnait sur un des plus grands déserts de la planète. Les photos étaient prises de très loin et, malgré un zoom maximum, on ne distinguait les formes qu'avec peine. Cependant, il faudrait bien s'en contenter. Le général resta pensif quelques instants avant de désigner une sorte de passe qui jaillissait d'un plateau, légèrement en hauteur des premiers toits de la base ennemie.
- Si j'en juge par ce cliché, le meilleur moyen d'investir la base en toute efficacité est de passer par les hauteurs. Nous ne pouvons pas descendre en rappel, et cette petite corniche semble à première vue… impraticable. Les rebelles doivent le savoir, ils n'auraient pas installé leur base à cet endroit sinon. Elle ne semble pas garder. Nous aurons de grandes difficultés à la parcourir sans déclencher l'alerte. Je crains par-dessus tout les écroulements de pierres qui peuvent nous trahir. De plus, nous serons à découvert et visibles durant le temps que prendra notre descente, en espérant qu'elle soit rapide. Par contre, si nous arrivons à faire comme je dis, la victoire est assurée d'avance. Nous débarquerons par les toits et prendrons rapidement le contrôle de la base, en exterminant rapidement les moyens de communication et les ennemis qui se dresseront devant nous. Les agents de l'Ubiqtorat estiment leur nombre autour de la cinquantaine. L'agent que nous recherchons devrait être facile à localiser une fois à l'intérieur.
Il stoppa et fit un tour de table, notant quelques expressions de réprobation.
- Je sais que nous en sommes capables… nos entraînements quotidiens ne laisse plus aucune place au doute. Nous réussirons là ou les autres échouerons. Et même s'il n'y avait aucun moyen de descendre une fois sur place, nous en trouverions un. N'oubliez pas qui nous sommes ! Je ne suis pas idéaliste, ni même optimiste. Juste réaliste. J'ai vu les prouesses que chacun d'entre vous était capable. Il n'y a aucun doute dans mon esprit, l'Agent Drek Svar est déjà libéré et je vois déjà les belles médailles qui brilleront sur vos uniformes.
Les expressions de désaveu disparurent très vite.
- Bien, je veux que, durant le trajet vers Tatooine, vous preniez le maximum de repos possible. Nous aurons besoin de toutes nos forces pour cette mission. Plus d'entraînement, donc, jusqu'à ce que nous en ayons terminé avec cette mission de routine. Nous ferons un autre briefing avant de quitter le destroyer, quand nous serons proches de notre destination et avec de plus amples renseignements. A bientôt, soldats.

Ben déambulait à travers les coursives du super destroyer, désœuvré. Il avait depuis longtemps perdu l’habitude de ne rien faire, et cela l’irritait. Les entraînements et les révisions lui prenaient tout son temps libre, c’est pour cela que tous les soldats du groupe d’élite faisaient preuve d’une efficacité totale. Toute leur vie, touts leurs actes, toute leur volonté étaient tournés vers l’accomplissement ultime, pour l’Empereur et pour l’Empire. Comme convenu, Ben retrouva son ami Berek dans une des salles de repos du vaisseau. La salle de repos en question tenait plus du bar de quartier que de la salle de repos, néanmoins. Dans une ambiance feutré, gradés et moins gradés s’accordaient un temps de repos, autour d’un verre ou entres connaissances. Berek se trouvait dans un coin de la salle, très bien entouré. Deux jeunes cadettes buvaient ses paroles comme sorties de la bouche de l’Empereur. Il était en train de leur conter une de ses périlleuses missions sur une planète lointaine et hostile. Berek possédait un bel organe vocal qui charmait son entourage. En plus de ca, il fallait avouer qu’il était solidement charpenté. Un menton carré, des épaules si épaisses qu’elles pourraient chacune porter un Bantha, des pectoraux à peine contenus par sa combinaison, des bras… mon dieu ce n’était plus des bras, et des jambes puissantes qui semblaient s’accrocher au sol comme les racines d’un arbre. Bref, Berek était aux anges et sa petite compagnie aussi. Son ami Ben hésita à le déranger, mais après tout…
- … à ce moment, je saisis le cou de mon agresseur et je le lance dans la cuve de produits chimiques, et…
- Salut Berek !
- … une compagnie entière de rebelles me fonce dessus et…
- Hum… Berek ?
- … j’appuie sur la détente et… ah, pardon Ben, excuse-moi, j’étais pris dans mon histoire !
- Oui je vois ca. Tu oublies de leur dire que tu n’étais pas seul. J’étais à tes cotés quand cette escouade de rebelles nous est tombé dessus ! Je ne me trompe pas ?
Berek le foudroya du regard.
- Ah oui, en effet… grogna-t-il.
Il marqua une petite pause avant de sourire.
- Les filles, je vous présente mon grand ami Ben, ensemble, on en a vécu des vertes et des pas mûres ! Viens te joindre à nous, l’ami. Les filles, faites-lui un petite place.
De toute évidence, la présence de Ben ne les laissa pas non plus indifférentes et elles se pressèrent de lui laisser une place. La rencontre de soldats d’élite comme eux ne devait pas se faire souvent à bord de l’Errenic. Berek avait une théorie qui s’avérait souvent juste : les jeunes cadettes, si sérieuses en temps de travail, étaient tout l’opposé quand elles étaient en repos, c’est à dire indisciplinées et légères. Enfin c’était sa théorie.

Ils passèrent un agréable moment en compagnie des deux jeunes filles, avant qu’elles ne soient obligés de reprendre leur poste. Elles convinrent d’un autre rendez-vous avec les deux membres de l’Escadron Ender et prirent congés d’eux. Berek et Ben discutèrent encore quelques temps de leur mission, avant de constater qu’Emon était aussi dans la pièce, et de l’inviter à leur table. Ben fit les présentations.
- Ah oui, fit Berek. Je vous ai vu dans la salle de briefing.
- Je vous reconnaît aussi, rétorqua Emon. Votre silhouette ne m’a pas laissé indifférent, mais prenez cela dans le bon sens. Vous êtes assez… unique !
- Oui, je sais, j’ai une intelligence assez aiguisée et mes conseils sont…
- Heu, Berek… je crois qu’il voulait parler de ta musculature, coupa Ben.
Ce dernier jeta un coup d’œil sur ses propres biceps, puis sur ceux de son ami et constata avec regrets qu’il avait encore des efforts à faire. Emon aussi d’ailleurs.
- Vous accepterez bien un verre, Emon.
- Merci, avec grand plaisir, Berek.
Il se leva et partit commander au bar, d’un pas lourd et massif.
- Un gars génial, commenta Ben… et mon grand ami.
- J’espère ne pas m’imposer dans votre petit groupe.
- Ne vous en faites pas.
- Parce que je sais pertinemment que si la situation était inversée, je verrais d’un œil méfiant un étranger s’immiscer au sein de mon groupe.
- Nous ne sommes pas à l’Ubiqtorat, ici. Nous sommes plus… cool. Détendez-vous, officier, je vous présenterais dans la journée au reste du groupe. Vous verrez...
-Merci, Ben.
-De plus, vous n’êtes pas un bureaucrate, vous êtes de l’Oméga Force. Votre réputation vous a précédé ici, et tous mes camarades n’attendent plus que de vous connaître.
Emon lui adressa son premier sourire.
-Enfin ! Il en faut du temps pour vous arracher un sourire, vous, de l’Ubiqtorat !
Berek revint avec quelques verres remplis d’un liquide ambré qui exhalait des relents d’alcool. Ils parlèrent longuement de leurs expériences, débattirent sur plusieurs techniques d’intervention en poupe dans leur escadron respectif, puis les breuvages aidant, se confièrent un peu plus intimement. Puis ils emmenèrent le nouvel arrivant rencontrer les autres membres de l’Escadron Ender. Tout se passa bien, malgré les appréhensions d’Emon et il fut vite intégré. Les hommes de l’Ender ressemblaient étrangement à ceux de l’Oméga Force. La fatigue s’installant au cours des heures, ils se séparèrent et s’en allèrent trouver un peu de repos dans leur chambre respective. Le grand jour était pour le lendemain soir…
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Le Général était dans son élément et ses yeux s'animaient quand il parlait.
- Vous avez sur cet écran la carte physique de Tatooine. Imprégnez-vous en. Comme vous le constatez, il n'y a que deux choses à la surface de cette maudite planète : du sable et… encore du sable. Le désert recouvre une grande partie de la planète, et les montagnes rocailleuses le reste. Si une intervention doit avoir lieu, il faut vous mettre en tête que les conditions ne seront pas optimums.
Un petit point rouge clignota sur la carte et le général effectua un zoom dessus.
- Voilà Mos Esley, l'une des principales villes de cette planète de sauvages. Nous avons joué de chance sur ce coup-ci : une cellule rebelle a été mise sous surveillance il y a quelques semaines par des espions de l'Empire. Et il s'avère que cette cellule s'est "excitée" justement dans le créneau horaire où l'officier Drek pourrait avoir atterrit sur Tatooine. C'est une chance, ça nous fait gagner du temps et des investigations. Les agents de l'Ubiqtorat ont filé certains des terroristes, avec succès. Un avant-poste rebelle vient d'être découvert, quelque part au milieu du désert, bien dissimulé par la rocaille environnante. Il ne doit pas être le seul, évidemment, mais il y a de fortes chances que l'officier soit retenu la-bas… momentanément, du moins. L’avant-poste se situe en plein territoire Hutt et je présume que les rebelles doivent payer une taxe exorbitante pour profiter d’une couverture comme celle du seigneur du crime local. Tatooine est une planète aux mœurs assez libres, éloignée du joug impérial, mais elle n'en reste pas moins territoire de l’Empire. Nos ennemis ne prendront pas le risque d'y rester indéfiniment, avec leur précieuse capture. Je pense que d'ici quelques jours, tout au plus, il sera transféré en toute sécurité vers une destination inconnue mais sûre, et nous aurons bien du mal à localiser et extraire l'officier, alors. Nous devons jouer la carte de la discrétion, absolument. C'est pour cela que les forces impériales locales n'ont pas été contactées. Je mettrais ma main au feu qu'elle est infestée d'autant de rebelles que d'espions à la solde du crime organisé. L'Errinic est en simple mission de protection de convoi de ravitaillement, nous nous poserons sur Tatooine en toute discrétion. Les agents de l'Ubiqtorat ont déjà tout préparé pour notre arrivée.
Il fit une pause, regardant ses soldats, avant de continuer.
- Nous arriverons de nuit. Nous lancerons l'assaut à l'aube. C'est le meilleur moment pour surprendre totalement l'ennemi. Ceux qui ont veillé seront physiquement épuisés. Les autres, réveillés dans leur sommeil, seront mentalement inaptes à faire face à notre assaut efficace et impitoyable. N'ayez aucune pitié car eux n'en auront aucune. Ne pensez pas à faire de prisonniers, les mines de sel aux confins de l'Empire en regorgent déjà. Ne vous inquiétez pas, il y a toujours un ou deux rebelles qui jouent les morts. Nous pourrons toujours en retirer quelque chose… enfin par nous j'entends les services spécialisés de l'Ubiqtorat. D'ailleurs, j'attends en ce moment l'arrivée des clichés pris par leurs efficaces agents. Ca ne devrait plus tarder.
Un appareil à la droite du général émit un bip long et plusieurs courts. Il s'empressa d'appuyer sur plusieurs touches de la console et la ville de Mos Esley s'effaça pour laisser apparaître une série de clichés. La base ennemie était moyennement grande, enclavée dans une passe montagneuse qui donnait sur un des plus grands déserts de la planète. Les photos étaient prises de très loin et, malgré un zoom maximum, on ne distinguait les formes qu'avec peine. Cependant, il faudrait bien s'en contenter. Le général resta pensif quelques instants avant de désigner une sorte de passe qui jaillissait d'un plateau, légèrement en hauteur des premiers toits de la base ennemie.
- Si j'en juge par ce cliché, le meilleur moyen d'investir la base en toute efficacité est de passer par les hauteurs. Nous ne pouvons pas descendre en rappel, et cette petite corniche semble à première vue… impraticable. Les rebelles doivent le savoir, ils n'auraient pas installé leur base à cet endroit sinon. Elle ne semble pas garder. Nous aurons de grandes difficultés à la parcourir sans déclencher l'alerte. Je crains par-dessus tout les écroulements de pierres qui peuvent nous trahir. De plus, nous serons à découvert et visibles durant le temps que prendra notre descente, en espérant qu'elle soit rapide. Par contre, si nous arrivons à faire comme je dis, la victoire est assurée d'avance. Nous débarquerons par les toits et prendrons rapidement le contrôle de la base, en exterminant rapidement les moyens de communication et les ennemis qui se dresseront devant nous. Les agents de l'Ubiqtorat estiment leur nombre autour de la cinquantaine. L'agent que nous recherchons devrait être facile à localiser une fois à l'intérieur.
Il stoppa et fit un tour de table, notant quelques expressions de réprobation.
- Je sais que nous en sommes capables… nos entraînements quotidiens ne laisse plus aucune place au doute. Nous réussirons là ou les autres échouerons. Et même s'il n'y avait aucun moyen de descendre une fois sur place, nous en trouverions un. N'oubliez pas qui nous sommes ! Je ne suis pas idéaliste, ni même optimiste. Juste réaliste. J'ai vu les prouesses que chacun d'entre vous était capable. Il n'y a aucun doute dans mon esprit, l'Agent Drek Svar est déjà libéré et je vois déjà les belles médailles qui brilleront sur vos uniformes.
Les expressions de désaveu disparurent très vite.
- Bien, je veux que, durant le trajet vers Tatooine, vous preniez le maximum de repos possible. Nous aurons besoin de toutes nos forces pour cette mission. Plus d'entraînement, donc, jusqu'à ce que nous en ayons terminé avec cette mission de routine. Nous ferons un autre briefing avant de quitter le destroyer, quand nous serons proches de notre destination et avec de plus amples renseignements. A bientôt, soldats.

Ben déambulait à travers les coursives du super destroyer, désœuvré. Il avait depuis longtemps perdu l’habitude de ne rien faire, et cela l’irritait. Les entraînements et les révisions lui prenaient tout son temps libre, c’est pour cela que tous les soldats du groupe d’élite faisaient preuve d’une efficacité totale. Toute leur vie, touts leurs actes, toute leur volonté étaient tournés vers l’accomplissement ultime, pour l’Empereur et pour l’Empire. Comme convenu, Ben retrouva son ami Berek dans une des salles de repos du vaisseau. La salle de repos en question tenait plus du bar de quartier que de la salle de repos, néanmoins. Dans une ambiance feutré, gradés et moins gradés s’accordaient un temps de repos, autour d’un verre ou entres connaissances. Berek se trouvait dans un coin de la salle, très bien entouré. Deux jeunes cadettes buvaient ses paroles comme sorties de la bouche de l’Empereur. Il était en train de leur conter une de ses périlleuses missions sur une planète lointaine et hostile. Berek possédait un bel organe vocal qui charmait son entourage. En plus de ca, il fallait avouer qu’il était solidement charpenté. Un menton carré, des épaules si épaisses qu’elles pourraient chacune porter un Bantha, des pectoraux à peine contenus par sa combinaison, des bras… mon dieu ce n’était plus des bras, et des jambes puissantes qui semblaient s’accrocher au sol comme les racines d’un arbre. Bref, Berek était aux anges et sa petite compagnie aussi. Son ami Ben hésita à le déranger, mais après tout…
- … à ce moment, je saisis le cou de mon agresseur et je le lance dans la cuve de produits chimiques, et…
- Salut Berek !
- … une compagnie entière de rebelles me fonce dessus et…
- Hum… Berek ?
- … j’appuie sur la détente et… ah, pardon Ben, excuse-moi, j’étais pris dans mon histoire !
- Oui je vois ca. Tu oublies de leur dire que tu n’étais pas seul. J’étais à tes cotés quand cette escouade de rebelles nous est tombé dessus ! Je ne me trompe pas ?
Berek le foudroya du regard.
- Ah oui, en effet… grogna-t-il.
Il marqua une petite pause avant de sourire.
- Les filles, je vous présente mon grand ami Ben, ensemble, on en a vécu des vertes et des pas mûres ! Viens te joindre à nous, l’ami. Les filles, faites-lui un petite place.
De toute évidence, la présence de Ben ne les laissa pas non plus indifférentes et elles se pressèrent de lui laisser une place. La rencontre de soldats d’élite comme eux ne devait pas se faire souvent à bord de l’Errenic. Berek avait une théorie qui s’avérait souvent juste : les jeunes cadettes, si sérieuses en temps de travail, étaient tout l’opposé quand elles étaient en repos, c’est à dire indisciplinées et légères. Enfin c’était sa théorie.

Ils passèrent un agréable moment en compagnie des deux jeunes filles, avant qu’elles ne soient obligés de reprendre leur poste. Elles convinrent d’un autre rendez-vous avec les deux membres de l’Escadron Ender et prirent congés d’eux. Berek et Ben discutèrent encore quelques temps de leur mission, avant de constater qu’Emon était aussi dans la pièce, et de l’inviter à leur table. Ben fit les présentations.
- Ah oui, fit Berek. Je vous ai vu dans la salle de briefing.
- Je vous reconnaît aussi, rétorqua Emon. Votre silhouette ne m’a pas laissé indifférent, mais prenez cela dans le bon sens. Vous êtes assez… unique !
- Oui, je sais, j’ai une intelligence assez aiguisée et mes conseils sont…
- Heu, Berek… je crois qu’il voulait parler de ta musculature, coupa Ben.
Ce dernier jeta un coup d’œil sur ses propres biceps, puis sur ceux de son ami et constata avec regrets qu’il avait encore des efforts à faire. Emon aussi d’ailleurs.
- Vous accepterez bien un verre, Emon.
- Merci, avec grand plaisir, Berek.
Il se leva et partit commander au bar, d’un pas lourd et massif.
- Un gars génial, commenta Ben… et mon grand ami.
- J’espère ne pas m’imposer dans votre petit groupe.
- Ne vous en faites pas.
- Parce que je sais pertinemment que si la situation était inversée, je verrais d’un œil méfiant un étranger s’immiscer au sein de mon groupe.
- Nous ne sommes pas à l’Ubiqtorat, ici. Nous sommes plus… cool. Détendez-vous, officier, je vous présenterais dans la journée au reste du groupe. Vous verrez...
-Merci, Ben.
-De plus, vous n’êtes pas un bureaucrate, vous êtes de l’Oméga Force. Votre réputation vous a précédé ici, et tous mes camarades n’attendent plus que de vous connaître.
Emon lui adressa son premier sourire.
-Enfin ! Il en faut du temps pour vous arracher un sourire, vous, de l’Ubiqtorat !
Berek revint avec quelques verres remplis d’un liquide ambré qui exhalait des relents d’alcool. Ils parlèrent longuement de leurs expériences, débattirent sur plusieurs techniques d’intervention en poupe dans leur escadron respectif, puis les breuvages aidant, se confièrent un peu plus intimement. Puis ils emmenèrent le nouvel arrivant rencontrer les autres membres de l’Escadron Ender. Tout se passa bien, malgré les appréhensions d’Emon et il fut vite intégré. Les hommes de l’Ender ressemblaient étrangement à ceux de l’Oméga Force. La fatigue s’installant au cours des heures, ils se séparèrent et s’en allèrent trouver un peu de repos dans leur chambre respective. Le grand jour était pour le lendemain soir…
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Darek le Svéar
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Il se trouvait dans une belle et grande prairie. Le vent soufflait légèrement, faisant onduler la végétation. Un soleil fier dardait ses rayons chaleureux sur Drek. Les senteurs et les parfums lui montaient aux narines, l'enivrant de leur suave douceur. Devant lui, Tao Nui le fixait de ses grands yeux noirs.
- C'est un… rêve, hésita-t-il.
Un frémissement dans la robe de la Kaminienne.
- Je suis toujours dans ma cellule, et vous, toujours sur Kamino…
Elle secoua la tête d'un air négatif.
- Quelle différence entre le rêve et la réalité, officier ? Ce n'est que votre cerveau qui interprète les données différemment, le rêve n'est que la continuité d'une forme de pensée. Un état second pendant lequel votre psyché est totalement libéré… et totalement réceptif.
Sa voix était toujours aussi douce que le jour où il l'avait quitté.
- Alors je ne rêve pas ?
- Vous rêvez, mais en ce moment, ce n'est qu'une apparence. Votre cerveau a répondu à mon… appel. Mais il l'interprète à sa façon. J'aimerais tellement être avec vous en ce moment, Drek.
Celui-ci secoua la tête d'un air étonné. Un rêve ? Cela semblait si réel.
- Il n'était écrit nulle part dans les archives que votre peuple possédait ce… pouvoir.
- Vous avez encore bien des choses à apprendre, officier. Et ce que vous appelez "pouvoir" n'est qu'une des nombreuses capacités de nos cerveaux. Vous la possédez aussi, mais elle n'est pas active, malheureusement.
- Où êtes-vous, Tao Nui ?
- Quelle importance, je sais moi, où vous êtes. Je sais ce qu'on vous a fait enduré. Vous êtes courageux, officier. Si je pouvais être à vos cotés pour vous apporter mon réconfort…
- Mais vous l'êtes… et ça m'apporte beaucoup de bonheur.
Elle approcha sa main et caressa la joue de l'officier, comme avec regrets. Ses yeux brillèrent de tristesse.
- Je vous quitte officier, votre psyché s'affaiblit, vous allez vous réveiller. Ne m'oubliez pas.
- Non… attendez, Tao Nui… vous… non !
L'image de la jolie extra-terrestre se dissipa dans la plaine. Celle-ci commença à fondre dans le néant et c'est à ce moment que Drek se réveilla. Il était baigné de sueur, allongé en travers de son lit de fortune. Il se mit en tailleur dessus et souffla pensivement le nom de sa kaminienne.
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Il ne perçut que bien tard la présence de la rebelle, qui l'épiait depuis un coin de la pièce.
- Vos rêves sont édifiants, officier. Je me suis renseigné sur votre… Tao Nui, c'est ça ?
Drek serra les dents de colère.
- Aux dernières nouvelles, l'assistante du premier ministre de la lointaine planète Kamino, je me trompe ?
Il ne répondit rien.
- D'après nos espions, elle n'est plus sur sa planète natale. Vous faites chavirer bien des cœurs, Drek. Elle court, votre Kaminienne, elle court vous délivrer des griffes des bourreaux ! Si ce n'est pas touchant…
- Tao Nui…
- Si vous étiez n'importe quel officier, j'aurais affirmé que cette relation… si charmante… n'était nouée que parce que votre mission l'exigeait. Une superbe informatrice, assistante du premier ministre, en plus ! Mais je sens quelque chose dans votre voix. Je jurerais qu'elle ne vous laisse pas indifférente.
- Vous vous trompez, Elna.
- Qui croyez-vous tromper ? Certainement pas moi, officier. Je vois que vous n'êtes pas si insensible aux charmes féminins. Ca me donne mes chances
- A ce stade, ce n'est même plus un rêve, c'est une… chimère.
- N'oubliez pas, Drek… je n'en ai pas fini avec vous.
Elle marqua une pause.
- Alors, officier ? Je suis ici pour votre réponse…

Il ferma les yeux, oubliant pendant quelques secondes la présence de la rebelle. Un souvenir remonta en lui et explosa comme une bulle de champagne (Corellien, mais je me répète). Il prenait place dans les bâtiments de l'Ubiqtorat, quelques mois auparavant. Aenelia et Drek se trouvaient face à face, dans une petite salle de repos aménagée tout spécialement pour les officiers des Renseignements Impériaux. Il faisait bon venir s'y détendre et cela arrivait fréquemment que plusieurs hauts membres se rencontrent, malgré l'immensité des lieux et la diversité des horaires. Un bar avait été aménagé avec un grand raffinement même si, au grand regret de tous, il n'était autorisé à servir que des boissons faiblement alcoolisées (dont le célèbre champagne Correllien, troisième et dernière apparition) En cette heure tardive, donc, alors que le soleil d'été léchait la surface de Coruscant de ses derniers rayons, la jeune recrue et son ami de toujours avaient entamé une conversation des plus sérieuses.
- Je peux vous poser une question indiscrète, Drek ?
- Et comme toujours je vous répondrais oui, Aenelia.
Elle chercha la meilleure façon de tourner la chose.
- Je sais que vous aimez votre famille par-dessus tout.
- Venez-en au fait.
- Si vous étiez obligé de sacrifier votre famille pour que l'Ordre Nouveau puisse prospérer… seriez-vous capable de le faire, officier ? En auriez-vous le courage ?
Drek réfléchit un long moment.
- Je vous demande quelque chose de terrible, je le sais.
- Vous me connaissez bien, maintenant. Réfléchissez un peu à la réponse que je vous donnerais.
- Et bien… vous me répondriez avec tout le sérieux du monde que chacun en cette terre est destiné à la mort, qu'elle vienne tôt où qu'elle vienne tard. Que rien n'est au-dessus de l'idéologie impériale, pas même les êtres vivants, qui ne sont que de chair et de sang. Que votre famille et vous-même peuvent être sacrifiés pour une cause supérieure, qui transcende de loin la volonté humaine. Oui, je crois que vous me répondriez ainsi.
Elle laissa passer un peu de temps avant d'insister, avec sa moue coquine.
- Alors ?
- Vous avez votre réponse, Aenelia.
- Je le savais, officier. Je commence à bien vous connaître, à présent.
Sur le coup, il doutait bien de sa motivation à sacrifier ce qu'il avait de plus cher au monde. La jeune fille n'avait pas remarqué le léger tremblement de sa voix alors qu'il lui répondait. C'est un dilemme que Drek ne voulait pas se poser. S'il y avait un dieu pour les êtres qui chérissent leur famille, alors un tel choix ne se présenterait jamais à lui. Cela n'arriverait jamais, il ne fallait pas que ça arrive.

Mais c'était arrivé.
Sa famille ou son amour pour l'Ordre Nouveau.
Il ne lui restait aucune carte à jouer, cette fois-ci. Pas le plus petit atout caché au fond de sa manche. L'histoire aller mal se terminer et Drek le redoutait. Il pensa une dernière fois à Aenelia et fixa la rebelle d'un regard haineux.
- Ma réponse ? Celle que vous n'attendez certainement pas : je choisis la paix et l'ordre dans la galaxie et je vous maudit tous autant que vous êtes. Si vous touchez à un seul cheveu de ma femme ou de ma fille, je vous poursuivrais jusque dans l'autre vie s'il le faut. Je vous ferais payer. Et si je suis obligé d'attendre que vous passiez dans l'autre monde, je jure que ce sera de la main de mes camarades. Ils vous traqueront bien après ma mort et sauront me venger. Comme vous le plaisez à dire, ce ne sont que des machines froides et sans âmes, aussi, soyez assurée que la galaxie entière ne sera pas assez grande pour que vous puissiez vous y terrer. Et quand vous basculerez dans le néant, je mettrais tout en œuvre pour transformer votre au-delà en enfer. Vous n'aurez plus jamais de répit, plus jamais. Je vous crache à la figure, Elna, je n'ai pas peur de vous ni de vos petits instruments de torture. Vous n'êtes qu'un pion véreux sur un échiquier pourri et je vous hais comme je n'ai jamais haï personne. Regardez dans mon regard et plongez votre âme dans mon âme, si vous n'avez pas peur. Espèce de charogne refoulée qui se complet dans sa fiente et ses défouloir sadiques, vous êtes l'image même de la rébellion pour moi. Rien ne saurait me faire plus plaisir que de vous voir dans la situation inverse, en train d'expier vos fautes de la pire manière qui soit. Vous n'êtes plus un être humain, Elna, vous êtes un détritus de la société et l'uniforme que vous portez n'arrive même pas à cacher la souillure de votre âme. Touchez donc à ma famille, c'est tout ce que votre intelligence chaotique a trouvé de mieux à faire. Vous n'êtes bonne qu'à ça de toute façon, vos jeux cruels n'ont aucun effet sur moi, car je vous suis supérieur en tout et vous ne l'avez pas encore compris. Misérable vermine, je vous méprise, je vous abhorre, je vous vomis par tous les orifices, je vous exècre, soyez damnée !
L'officier reprit son souffle, haletant devant une Elna impassible.
- Et vous croyez avoir le choix, Drek ? Je vais en finir avec vous avant de toucher à votre famille. Je vous réduirais en loque humaine, de sorte que vous n'aurez plus que les yeux pour pleurer quand je vous montrerais le spectacle de votre femme et de votre fille torturées. Et j'y prendrais du plaisir, beaucoup de plaisir. Je serais curieuse de savoir comment vous réagirez face aux hurlements de souffrance de vos proches. Si même vous serez encore en état de réagir, car vous n'aurez plus de l'être humain que le nom. Et ces images et ces hurlements vous poursuivront toute votre vie, si je décide de ne pas y mettre un terme. Vous serez hanté à jamais, jusque dans cet au-delà que vous me promettez infernal. Nous verrons qui de nous deux gagnera à ce petit jeu.
- Allez-y ! hurla l'officier dans un hurlement féroce. Je n'ai pas peur !
Elna leva une main en l'air et plusieurs garde pénétrèrent dans la pièce. Ils passèrent à tabac l'agent des renseignements jusqu'à ce qu'il tombe dans une profonde inconscience.
- Ca suffit. Attachez-le et amenez TOUT mes outils. J'ai bien dit TOUT. Lancez la procédure de capture et ramenez-moi sa femme et sa fille dans les plus brefs délais. Exécution.
Ils s'exécutèrent rapidement puis quittèrent la pièce. Elna fixa l'officier inanimé.

- C'est exactement ce à quoi je m'attendais, trésor. Votre réputation n'est plus à refaire. Mais la mienne non plus et je jure que vous finirez par céder. Dormez bien… le pire est devant vous…
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Ben Yardis [UBI]
Roi
 
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Le matériel était fin près. Les paquetages avaient été vérifiés et revérifiés de nombreuses fois. Les armes avaient été démontées, graissées et remontées avec minutie, puis réglées avec patience. Les armures, légères et souples, avait été ajustées avec précision. Les moyens de communication avaient été contrôlées, puis cryptées. Le briefing avait été complété et précisé, les ordres étaient clairs. Tout était près, jusqu’à l’antique tradition du motif peinturluré sur l’épaulette gauche des armures. Pour certains, c’était des têtes de mort, pour d’autre des corps de femmes nues. Tout ces signes étaient un peu leur porte-bonheur, et la hiérarchie tolérait ce petit manquement à la discipline impériale.
A l’heure prévue, ils s’embarquèrent dans des petites capsules de sauvetage qui s’éjectèrent vers la surface de la grande planète jaune, selon un angle et une courbure précis. Aucun dispositif de surveillance ne détecta ses petites sphères qui fonçaient vers Tatooine. Elles ne survolèrent aucune grande ville et furent à peine aperçues par des troupeaux de Banthas indolents. Elles se posèrent, le mot est trop doux, même si les capsules étaient équipées de rétro propulseurs, en plein désert, à quelques kilomètres des montagnes qu’ils devraient escalader pour surprendre l’ennemi dans son sommeil.
Après s’être extraits sans grande difficulté des capsules, ils se dirigèrent vers la rocaille. Ils s’espacèrent chacun par rapport aux autres d’une dizaine de mètres et respectèrent le silence radio jusqu’en contrebas de la pente. Une vingtaine de petits points noirs entreprirent ensuite l’ascension du talus rocheux, vers le plateau qui dominait la base rebelle. Ce ne fut pas sans difficultés. Malgré leur expérience et les précautions prises, ils ne purent empêcher quelques cailloux de se détacher et de rouler avec fracas le long de la pente. Ben faillit même basculer à un moment, ce qui aurait infiniment compliqué les choses, mais heureusement le bras puissant de son ami Berek le retint. Il fallait espérer que les rebelles n’aient pas installé de capteurs de ce coté de la montagne. Après quarante minutes d’une pénible ascension, la petite troupe extenuée s’accordait quelques minutes de repos, au bord du plateau. N’aurait été leur condition physique, ils ne seraient pas allés bien loin. Seul une escouade d’élite aurait pu affronter ce talus rocailleux sans abandonner en cours de route. Ben était essoufflé, mais pas tant que son ami Berek. Au même niveau d’entraînement, son ami devait en plus se trimbaler les cents et quelques kilos de sa masse corporelle. Ben était plus léger et plus rapide que son compagnon. Dans l’ensemble, les hommes de l’escadron Ender étaient polyvalents, mais chacun au sein de cet escadron avait sa spécialité. Les tireurs d’élite côtoyaient les combattants au corps à corps, les spécialistes en informatique, les experts en minage et démolition et toutes les spécialités qui faisaient qu’en fin de compte, l’escadron Ender s’en sortait toujours quoiqu’il advienne.
Le signal du départ fut donné par Berek, le plus gradé et le plus ancien des forces spéciales. Ils parcoururent rapidement le plateau et se retrouvèrent presque nez à nez avec les premiers toits de l’installation rebelle. La corniche était bien plus terrible que ce qu’ils n’avaient cru jusqu’alors. En plus de descendre par endroits de plusieurs mètres à pic, elle ne mesurait pas plus de trente centimètres de largeur. Tout en bas, la base ennemie dormait tranquillement. Quelques lumières vacillaient par endroits, mais l’installation était plongée dans l’obscurité. Quelques soldats montaient la garde en haut d’un mirador qui surplombait l’entrée principale. Une petite navette attendait, solitaire, au milieu de la cour centrale…
- Il faudra neutraliser la navette dans les plus brefs délais, ordonna Berek. Je ne tiens pas à voir notre objectif s’envoler dès que nous aurons les yeux tournés.
Plusieurs têtes acquiescèrent.
- Bon, les snipers, en place, continua-t-il. D’ici, vous aurez un angle de vue parfait. Messieurs, de la précision et du sang-froid, comme d’habitude. Bonne chance. Les autres avec moi.
Quatre silhouettes se détachèrent du groupe. Les snipers, deux, étalèrent sur le sol des matelas avant de s’allonger dessus, tout en paramétrant leurs armes en fonction de la distance et du vent. Les deux autres se positionnèrent chacun à coté de leur tireur, les macro jumelles à la main. Ils avaient pour mission de renseigner leur sniper sur les moindres détails de la scène. Les snipers étaient souvent amenés à subir « l’effet tunnel », c’est à dire que leur attention se focalisait sur ce qu’ils voyaient dans leur lunette et rien d’autre. Pour leur indiquer les cibles et les protéger en cas de danger, ils avaient besoins de leur moitié. L’un n’allait jamais sans l’autre.
Pendant ce temps, le reste de l’escadron peinait pour dévaler l’étroite corniche.
- Ne regardez pas en bas ! conseilla Emon.
Ben avala sa salive et continua d’avancer. Ils étaient les uns derrière les autres et progressaient de profil. Tous avaient prit la peine d’accrocher un lien de survie entre eux. Quand ils arrivèrent en haut du décrochement, la colonne stoppa. Berek observa le dénivelé avec attention.
- C’est bon, ca passera.
Il sortit de son sac une corde et un piolet automatique qu’il ficha dans la rocaille, sans un bruit. Il attacha l’extrémité de la corde et la fit descendre le long du dénivelé.
- En rappel, un pas un, en silence et rapidement. Et faites attention !
Il passa en premier pour donner l’exemple et glissa furtivement vers le bas. Les autres emboîtèrent le pas dès qu’il eut atteint le sol de la seconde corniche. Ce fut au tour de Ben, il s’approcha du rebord et se prépara à descendre. Il prit un peu d’élan et…
- Stop ! cria Emon. Il se passe quelque chose !
- Quoi ? lança Ben, irrité d’avoir été stoppé.
L’officier de l’Oméga Force lui désigna des points sombres, au loin, devant la base, qui progressaient non sans attirer l’attention sur eux. Soudain, des traits de laser jaillirent des miradors de la base rebelle. Qui qu’il fussent, la petite troupe avait été repérée. Ils répliquèrent aussitôt en visant les tourelles.
- Bordel de merde, que se passe-t-il en bas ! hurla Berek.
Emon fronça des sourcils et regarda attentivement les assaillants. Sous la lueur d’une lune mourante et d’un soleil naissant, plusieurs éclairs blancs lui arrivèrent dans les yeux. Des éclairs blanc reflétés par des armures qui ne lui étaient pas indifférents. Des armures de…
- Des Stormtroopers ! Ce sont des Impériaux !
- Mais putain de dieu, à quoi jouent-ils ?
- Ils sont une centaine, précisa Emon. Armés jusqu’aux dents.
- Ils vont tout faire foirer, ces salopards !
- Si ce n’est déjà fait, constata Ben.
- Dépêchons-nous de descendre, vite ! ordonna Berek.
Sur le bord du plateau qui dominait la base, les tireurs d’élite, passés leur surprise, ouvrirent un feu méthodique et efficace sur les silhouettes rebelles. Apparemment, du coté des Impériaux standards, la surprise de découvrir qu’ils n’étaient plus seuls à vouloir investir la base les laissa de marbre…
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Lieutenant Nyaris
Roi / Reine
 
Le lieutenant Nyaris observait sans surprise les traits de lumière qui jaillissaient du plateau. Une légère moue se dessina cependant sur son visage… les forces spéciales avaient été plus rapide que prévu : Nyaris les avait sous-estimé. Mais quoi qu'il arrive, il serait le premier à pénétrer dans la base ennemie, ravissant la victoire au nez et à la barbe de ces présomptueux impériaux, qu'ils soient de l'Ubiqtorat ou de n'importe quelle force soi-disant "d'élite". Les hommes du lieutenant n’étaient plus qu’à une dizaine de mètres du portique principal. Les pertes avaient été légères, un mort et deux blessés qui avaient été laissés en arrière.
- Parfait… souffla-t-il à son aide de camp.

Le lieutenant avait payé très cher cette information. Les Hutt n’avaient pas la réputation de vendre leurs renseignements, et surtout pas à l’Empire, aussi s’estimait-il heureux. Un agent mandaté par l’infâme Jabba the Hutt était venu le rencontrer la veille même, dans son bureau sur Mos Esley. Il prétendait avoir des informations de la plus haute importance à communiquer aux forces de l’Empire. Pendant une pleine heure, Nyaris tenta de négocier le prix exorbitant que l’agent réclamait. En fin de compte, il estima que le renseignement valait bien qu’il puise dans sa réserve personnelle, celle qu’il se constituait petit à petit en prélevant un pourcentage sur chaque transaction contrebandière dans l’astroport. En échange, il fermait les yeux, les siens et ceux de ses soldats dont il avait le commandement. Sans que le commandant en charge de la garnison de Mos Esley s’en rende compte. Evidemment, il aurait été très étonnant que le dit commandant ne reçoive pas lui-même de subsides, au vu de son grade et des liens qu’il aurait pu tisser avec un certain milieu…
Nyaris avait eu une petite conversation avec lui.
- Confiez-moi une centaine d’hommes pour une mission extraterritoriale en secteur Hutt.
- Pour faire… quoi ? s’enquit le commandant.
- Détruire un avant-poste rebelle en secteur Y-21, près de la passe montagneuse.
- Je comprends enfin tout…
- Pardon, commandant ?
Ce dernier tapota quelques touches sur le clavier de son ordinateur et tourna l’écran vers son lieutenant.

« A l’attention du Commandant en charge de la garnison Impériale de Mos Esley
SEGP10-02-2003 ; ICON ; 02:53BMUT ; 00.30RMUT
Ordre formel et absolu de cantonner vos hommes sur l’astroport. Aucune initiative personnelle en-dehors de votre juridiction jusqu’à nouvel ordre. Priorité code rouge. Envoyeur : Ubiqtorat. »


- Ils savent aussi pour la base ennemie, et comme d’habitude, ils veulent s’en occuper eux-mêmes. Ils récolteront toute la gloire de cette opération et encore une fois, nous n’aurons été que des pantins qu’on manipule.
Le lieutenant avait prononcé ces mots d’une voix amer. Son supérieur hocha la tête.
- Pourquoi devrais-je vous envoyer, lieutenant ?
- Parce que mon contact m’a fourni tout un tas de renseignements qui font que je réussirais cette mission aussi facilement que n’importe qu’elle escouade d’élite… si vous m’en donnez les moyens.
- Je présume que vous avez la une occasion unique de franchir quelques échelons.
- Et vous aussi, commandant, ne dites pas le contraire. Une base ennemie anéantie par vos hommes, des prisonniers que vous remettrez avec fierté aux services compétents… et la fierté d’avoir cloué le bec à ces maudits de l’Ubiqtorat. Quelque chose me dit que vous ne resterez pas indéfiniment en charge de ce trou pourri, commandant.
- J’attends autre chose de vous, cependant.
- Je sais. S’il s’avérait que cette mission tourne mal, je prends sur moi la responsabilité de cette initiative.
Il sortit un petit dictaphone de sa poche et le posa sur le bureau de son supérieur.
- Tout est là.
- Parfait. Vous partez sur le champ. Vous arriverez sur les lieux au plus tard dans la matinée. Je fais équiper une centaine de mes hommes immédiatement. Vous disposerez de tout le matériel dont vous aurez besoin. Réussissez cette mission, lieutenant. Rompez…


Tout autour de lui, les tirs de laser fusaient mais ne semblaient vouloir toucher aucun de ses hommes. Il avait joué gros sur cette mission, il fallait non seulement qu’il la réussisse, mais qu’il fasse des prisonniers et qu’il limite aussi le nombre de ses pertes. A ces conditions seulement, il pourrait goûter à une carrière accélérée.
- Plastiquez cette maudite porte ! ordonna Nyaris.
- A vos ordres !
Plusieurs secondes plus tard, la lourde porte d’acier basculait sous le souffle de puissants explosifs. La voie était libre pour les troupes de l’Empire.
- Rappelez-vous les consignes : les officiers ennemis doivent êtres capturés vivants ! Pour la gloire de l’Empereur, en avant !
Une sourde rumeur naquit alors que la centaine de Stormtroopers investissait la base. Partout, le combat faisait rage, des corps tombaient, certains rebelles, d’autres impériaux. Des batailles rangées eurent lieux, durant lesquelles le nombre de tirs laser touchait la centaine à la seconde. Du coté ennemi, c’était la panique, la déroute, la confusion. Ils ne pouvaient aligner en si peu de temps un front uni qui aurait permit de retarder les troupes impériales. Aussi peu préparée que l’attaque avait pu être, elle prenait la forme d’une grande réussite pour le lieutenant Nyaris. Réussite qui allait lui permettre de caresser les plus doux espoirs…
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Elna
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- Réveillez-vous, Drek !
La peur et la tension se lisait sur son visage et dans sa voix. L’officier émergea lentement du néant dans lequel le tabassage en règle l’avait fait tomber. Trop lentement au goût d'Elna, qui ponctua son réveil de plusieurs paires de gifles, assez violentes.
- Plus vite que ca, allez !
- Que… que se passe-t-il ?
Son œil s’ouvrait difficilement tandis que l’autre, rouge et boursouflé, ne lui permettait plus de voir.
- Ne posez pas de question et obéissez !
Il essaya de se lever mais son corps endolori le faisait trop souffrir. Chaque parcelle de son corps tirait vers le violacé et le moindre de ses muscles lançait dans son cerveau des ondes de pure souffrance.
- Je ne… peux pas… je suis… trop faible…
Il essaya de se lever mais ses jambes le trahirent et il s’affaissa. Enna le rattrapa encore une fois.
- Soyez maudit, Drek ! s’exclama-t-elle.
Elna jeta un coup d’œil circulaire et guetta le moindre bruit dans le couloir. Non, personne ne viendrait l’aider, maintenant. Elle ne devrait compter que sur elle-même, comme elle avait toujours fait. Seule. Seule depuis que son père les avait quitté, il y a bien longtemps... si longtemps qu’elle ne se souvenait même plus de son visage. Seule depuis que sa mère l’avait abandonné, rejoignant les anges dans un dernier sourire, quelques années plus tard. Toujours seule…
Dans son affaiblissement et pendant qu’Elna le traînait à travers les couloirs, Drek crut percevoir les bribes d’une bataille qui se livrait en surface. Des cris lointains, des détonations sourdes. L’officier n’osait espérer que c’était son salut qui s'y jouait, quelques étages plus haut. Elna transpirait sang et eau pour soutenir l’officier mais elle ne ménagerait pas ses efforts avant d’atteindre le but qu’elle s’était fixée. Son attention se focalisa sur la petite navette qui les attendait, quelques centaines de mètres plus loin. La navette qui les conduirait hors de la menace impériale, Drek et elle. Le salut...
L’officier sentait bien que quelque chose n’allait pas dans l’attitude de sa geôlière. Elle était stressée, paniquée et les efforts qu’elle fournissait pour le traîner trahissaient son angoisse. Drek se fit un peu plus lourd, dans l’espoir qu’Elna finisse par ne plus pouvoir le porter. Celle-ci s’en rendit compte.
- Vous voulez me compliquer la tâche, bien sûr…
- Hé hé… souffla l’officier.
- Vous pouvez faire ce que vous voulez, vous ne m’empêcherez pas d’atteindre mon but… jamais.
Elle redoubla d’efforts et pendant un instant, Drek se demanda d’où elle pouvait bien tirer ses forces. Le fait est qu’elle progressait plus vite, maintenant. Les couloirs éclairés succédèrent aux couloirs sombres, jusqu’à ce que l’officier sentisse sur ses joues un courant d’air frais. Ils débouchèrent dans un petit hangar où les attendait une petite navette biplace. Le toit du hangar était ouvert et on pouvait apercevoir les étoiles dans la voûte céleste, qui commençait à se teindre en rose. Le jour était proche, pensa Drek.
- Un dernier effort… hurla Elna. J’y suis !
Elle jeta le corps de l’officier sur la carlingue de la navette et jugea qu’elle aurait peut-être deux minutes pour reprendre son souffle. Elle ne les avait pas.
- Halte, rebelle ! Pas un geste !
Un stormtrooper isolé venait de débarquer dans le hangar par une autre porte. Il pointait son arme vers Elna et comptait bien en faire sa première prisonnière. Son armure blanchâtre reflétait la lueur des étoiles dans le ciel.
- Et si je bouge, vous allez me tirer dessus ?
- Ne jouez surtout pas avec moi, salope de rebelle.
- Peut-être que ca vous intéresserait de savoir qui c’est ?
Elle désigna Drek de son menton.
- Officier Drek, agent de l’Ubiqtorat. C’est bien pour ca que vous êtes venus, non ?
- De… l’Ubiqtorat ? fit le stormtrooper, interloqué.
A l’évidence, ils n’étaient pas venu pour lui… mais alors pour quoi ou pour qui ? Elna répondrait à cette question plus tard, si elle en avait le temps. Profitant que l’attention du soldat impérial était focalisé sur le corps sans forces de Drek, elle dégaina son petit blaster et n’eut aucun mal à toucher le stormtrooper en pleine tête… du premier coup. Celui-ci s’effondra au sol comme une masse informe. Drek cria.
- Non !
Elna se mit à sourire lentement. C’était trop facile, décidément. Elle rengaina son blaster et fit monter l’officier dans la petite navette. D’une pression sur une touche, elle enclencha le préchauffage des moteurs. Dans quelques minutes, elle serait enfin en sécurité avec son prisonnier.
- Vous n’avez… aucune… chance, souffla Drek.
- Il est trop tard, mon chou. En route !
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