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Dark Age of Camelot
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Chapitre VII: Du sang, du combat, de la violeeeence !

Et voilà !
Avec un jour de retard, indépendant de ma volonté et nécessaire au bon maintien des relations diplomatiques Quebec-France, voici le chapitre VII !

Chapitres précédents :


Introduction
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI



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Shareen se réveilla avec une délicieuse odeur d’œufs grillés dans les narines. Elle sourit rêveusement, cillant alors qu’un rayon de soleil venait lui chatouiller l’œil gauche. Puis elle se redressa, et son sourire disparut alors que les souvenirs lui revenaient. Le Démon Cornu ! Malek ! Déesse Vierge, je me suis endormie ?

Malek lui accorda à peine un regard, occupé qu’il était à faire frire des œufs sur une plaque de bois mouillée qui reposait sur les braises. Il s’était débarassé de son épée pour être plus libre de ses mouvements. Elle reposait sur le sol, assez proche pour qu’il pût s’en emparer si un danger survenait. Il avait l’air aussi frais et dispos que s’il avait eu une bonne nuit de sommeil. Pourtant, le soleil n’était pas très haut dans le ciel. Les nuages le cachaient partiellement, et il était difficile de deviner où il se situait exactement mais, à vue de nez, il devait être neuf heures du matin. Elle avait dormi cinq heures, peut-être six ; certainement pas plus. Elle se sentait aussi fatiguée qu’avant. Ses muscles lui faisaient mal de partout, ses épaules souffraient d’avoir dû porter aussi longtemps les courroies de sa cotte de mailles, ses cuisses étaient perclues de courbature après un si long trajet à cheval. Elle se sentait misérable. Son estomac gronda, se rappelant à elle brusquement. J’ai faim, aussi.

« Tu es réveillée ? » sourit enfin Malek, relevant la tête. « Tu ronfles, tu sais »
« Ce n’est pas vrai » protesta-t-elle.

Shareen embrassa leur petit camp du regard. Les couvertures dont s’était enveloppé gisaient dans un coin, auprès de ses paquetages et d’une gourde d’eau à moitié vidée sur le sol. Le cheval du Banni était sanglé près des autres, broutant paisiblement l’herbe entre les mottes de terre. Son armure de cuir, visiblement lavée à la rivière, séchait sur un tronc voisin. Ses vêtements étaient pliés avec soin et posés sur le tas de couverture.. Mais de l’homme en lui-même, il n’y avait aucune trace.

« Où est Rekk ? »
« Parti nager dans la rivière. Pour chasser la fatigue, il a dit. Il doit être fou. Je suis frigorifié, rien que d’y penser. Tu as faim ? »

Malek attrapa habilement un des œufs qu’il faisait cuire avec son couteau, et tendit ce dernier à la jeune fille, accompagné d’un morceau de pain. L’œuf frémissait, et l’odeur était décidément très appétissante. Elle s’en empara, et mordit à belles dents dedans.
« Merci ! » articula-t-elle entre deux bouchées. « Mais tu aurais dû me réveiller, tu sais ? Nous pourrions partir maintenant, pendant qu’il n’est pas là. Et bon débarras ! » Malek ne répondit pas, baissant la tête. « Qu’est-ce que tu as ? » Le jeune homme n’avait pas l’air très à l’aise, se frottant machinalement les mains sur son pourpoint comme s’il essayait de le défroisser. Il a le droit de se sentir mal à l’aise, après tout. Il y a le croque-mitaine de notre enfance qui se baigne tranquillement à quelques pas de nous…Raison de plus pour ne pas traîner. « C’est ce fou furieux qui t’inquiète ? Je ne pense pas qu’il nous fera de mal, maintenant. » Elle prit un ton rassurant. « Il ne veut que venger sa fille, et je peux arriver à le comprendre. Ramassons nos affaires, et retournons à l’Académie. Nous avons fait ce qu’il fallait »
« Shareen… » murmura le jeune homme, visiblement torturé.
« Eh bien, quoi ? Remue-toi ! » Ayant englouti son œuf, elle entreprit de rassembler les couvertures dans un coin. Elle attrapa sa cotte de mailles sur le sol, et commençait à l’enfiler, lorsqu’elle vit que l’autre n’avait pas bougé. Elle fronça les sourcils. « Qu’est-ce que tu as, enfin, Malek ? »
Au prix d’un effort de volonté visible, Malek finit par lui faire face. Il ne parvenait toujours pas à la regarder dans les yeux, et ses mains tremblaient.
« Je ne veux pas partir, Shareen. » Elle ouvrit des yeux grands comme des soucoupes, mais il continua comme s’il ne l’avait pas remarqué. « J’ai envie de venir avec lui, et de l’aider. J’ai envie de venger Deria »
« Que… que… quoi ? » Elle resta un instant bouche bée, tentant de retrouver sa voix, tirant machinalement sur la manche de sa cotte de mailles à moitié enfilée. « Qu’est-ce que tu racontes ? Qu’est-ce que tu veux faire ? »
« Tu m’as très bien entendue, Shareen. Je veux accompagner Rekk jusqu’à Musheim, et je veux l’aider à retrouver le coupable. Je dois cela à Deria. »
En un éclair, la jeune fille était devant lui, plantant son index osseux dans les côtes du jeune homme, juste là où Rekk l’avait frappé la vieille. Il grimaça de douleur.
« Maintenant écoute, Malek, je ne veux plus entendre tes sornettes ! Tu n’es pas Rekk, pour te prendre pour un démon de la vengeance. Tu es un gamin, et tu n’as rien à faire dans cette histoire ! »
« Toi aussi, tu es une gamine » protesta Malek sans se démonter.
« Justement ! » hurla-t-elle. « Justement, nous ne sommes pas comme lui, là, comme ce fou sanguinaire qui pense qu’il suffit de brûler une ville pour trouver la réponse à ses problèmes existenciels ! Arrête de croire comme cela que tu dois cela à Deria ! Elle ne voudrait certainement pas que tu risques ta vie dans des choses aussi stupides, elle. »
Malek garda le silence un instant, et la jeune fille se prit à espérer. Je l’ai convaincu. Déesse Vierge, dites-moi que je l’ai convaincu ! Mais il releva la tête, et son regard était triste.
« Personne ne s’est soucié de sa mort, Shareen. Personne. Lorsqu’on a retrouvé son corps, j’étais convaincu que la justice allait retrouver le coupable, que la garde de la ville allait fouiller les Quartiers Déchus, que le meurtrier serait retrouvé, et qu’il serait pendu. Mais ils n’ont fait aucun effort, Shareen. Ils n’ont même pas essayé. » Il hocha la tête tristement. « Je ne peux pas supporter ça. Deria méritait mieux que ça, et j’ai bien l’intention de le lui apporter, par delà la tombe »

Déesse, mais il est morbide, ces derniers temps ! Shareen tremblait de colère et de rage impuissante. Parfois, les hommes pouvaient se montrer si ridicules et si incompréhensibles. Quand ce n’était pas leur bas-ventre qui pensait pour eux, c’étaient leurs muscles.
« Et tu te vois voyager durant plusieurs jours avec ce… ce… ce monstre cruel, qui pourrait te tuer simplement parce que tu l’as regardé de travers ? »
« Il n’est pas si méchant que ça, Shareen »
« Si je ne l’avais pas arrêté hier, il t’aurait tué sans même une arrière-pensée, et tu trouves qu’il n’est pas méchant ? »
« Impitoyable, certainement. Méchant ? Je ne sais pas. Je te rappelle que j’étais tout de même en train d’essayer de le tuer dans son sommeil. Tout bien réfléchi, j’aurais probablement fait la même chose que lui »
« Déesse Vierge ! Tu es sûr que tu as toute ta raison, Malek ? »
Le jeune homme hocha la tête, l’air sombre.
« Je ne suis pas du tout d’accord avec cet homme sur bien des points, mais une chose est sûre : il a l’intention de venger sa fille coûte que coûte. Ca me plaît »
« Tu ne m’en voudras pas si je te laisse seul, alors » cracha Shareen, terminant enfin d’enfiler son armure. « Parce que moi, je… je… » Elle s’arrêta brusquement de parler.

Rekk revenait de la rivière en sifflotant joyeusement. Il était nu comme au premier jour, et l’eau ruisselait de ses cheveux et de l’ensemble de son corps alors qu’il avançait d’un pas souple, évitant avec un instinct sûr les pierres qui auraient pu blesser ses pieds nus. Il tenait son épée à la main. Telle que Shareen le connaissait, il avait dû la garder sur la berge pendant qu’il nageait. Sa peau était tendue sur ses muscles, sans un seul gramme de graisse. Ce n’étaient pas des beaux muscles, comme elle avait pu en voir sur ces esclaves enduits de graisse d’ours que l’on vendait parfois aux enchères à de hautes dames de la cour, mais des muscles noueux, que la pratique quotidienne de l’épée avait forgé au fil des années. Mais le plus étonnant, c’étaient les cicatrices.
Il portait des dizaines, non, des centaines de cicatrices, qui lui couturaient le corps du cou jusqu’aux jambes. Seul son visage semblait avoir été épargné, mais le reste de sa peau brillait de ces lignes sanglantes qui s’entrecroisaient en mille endroits. Il y en avait des petites, de la largeur d’un pouce, et quelques grandes, qui auraient décemment dû entraîner la mort tant elles s’étendaient. On voyait parfois l’amorce d’un fil arraché, témoignant du savoir d’un guérisseur quelconque qui avait tenté de recoudre la plaie, mais la plupart avaient été suturées et cautérisées avec le feu, et la chair était brûlée à tout jamais en de nombreux endroits.

« Eh bien, eh bien. Je ne pensais pas que les gamines de Musheim manquaient autant de pudeur » fit Rekk en s’approchant de ses habits.

Shareen réalisa qu’elle le regardait depuis près d’une minute, la bouche ouverte. Le rouge envahit ses joues alors qu’elle se détournait. Malek eut un petit rire. Elle lui lança un regard furieux. Qu’est-ce qui t’amuse, face de cochon ? Pourquoi est-ce que je me sens honteuse, d’abord ? C’est lui qui est impudique, à se promener comme ça, pas moi ! Mais la rougeur ne disparut pas pour autant de ses joues. Elle entendait le froissement du tissu derrière elle alors que Rekk s’habillait. Tant de cicatrices… Toute une vie résumée par des lignes sur un corps…

Elle se retourna lorsqu’elle fut vraiment certaine qu’il était habillé. Il avait changé de vêtements pour en mettre des propres, mais dont l’aspect froissé n’avait rien à envier à ceux qu’il venait de quitter. Il avait enfilé son armure de cuir, et était en train de boucler son ceinturon.

« Si tu veux vraiment partir avec moi, Malek, il serait temps de te préparer » fit l’homme. « Je veux bien croire que ton aide me sera précieuse pour découvrir le meurtrier, mais ne t’avise pas de me mettre en retard pour autant » Il fit jouer son épée dans son fourreau plusieurs fois pour vérifier qu’elle glissait bien, puis parut enfin satisfait et croisa les bras. « Je ne vais pas t’attendre toute la matinée »
« J’arrive, j’arrive. Vous ne voulez pas manger un morceau avant ? »
Rekk lança un regard dubitatif aux œufs en train de se consumer et secoua la tête.
« Non, nous partons tout de suite. Et la fille, qu’est-ce qu’elle fait ? »

Shareen releva la tête.
« Vous parlez de moi ? »
« Je ne vois pas beaucoup d’autres filles dans les environs » grimaça Rekk. « Tu étais l’amie de Deriale, et tu m’as prévenu. C’est grâce à toi que je suis ici. Alors, je te propose de venir avec nous. Malek avait l’air de dire que ça te ferait plaisir et, tant que tu n’es pas dans mes jambes, ça ne me dérange pas particulièrement. »
« C’est hors de question ! » hurla Shareen, furieuse. Elle lança un regard meurtrier à Malek. Les hommes ! Toujours convaincus d’avoir raison ! « Je n’ai aucunement l’intention de participer à la… la boucherie que vous préparez. C’est hors de question, je vous dis ! »
Un regard passa entre Rekk et Malek, et Shareen frémit de colère.
« C’est bon, c’est bon » tempéra l’homme, montant à cheval. « Nous allons de toute façon nous arrêter ce soir dans un village pour acheter quelques provisions et dormir dans un vrai lit. Accompagne-nous jusque là-bas. » Il haussa les épaules. « J’aimerais que tu me parles encore un peu de ma fille, pendant le voyage. Après, libre à toi de nous abandonner. Alors ? »
Shareen resta un instant indécise, puis soupira en s’approchant de sa monture.
« Vous savez toujours ce que vous devez dire pour inciter les gens à vous obéir, eh ? »
« La plupart du temps » opina Rekk, avec un sourire en biais. « La plupart du temps. »

Il fallut un moment à Shareen pour monter en selle, courbaturée comme elle l’était. C’était encore plus frustrant de voir les deux autres l’attendre patiemment, Malek avec un demi-sourire amusé, Rekk avec un agacement manifeste. Eux aussi avaient beaucoup chevauché, mais ils ne semblaient pas en subir les conséquences. La vie n’est pas juste.

Le voyage se déroula sans anicroche. Shareen se sentait encore très fatiguée, mais la chevauchée était agréable, et le paysage devenait de moins en moins lugubre alors qu’ils avançaient. Comme la neige avait laissé la place à la boue, la boue s’effaça devant l’herbe. On quittait le Nord, inconnu, invaincu, indomptable, pour rejoindre les terres plus accueillantes de l’Empire. La piste s’élargit en un chemin de terre, et le chemin finit par se changer en une route cabossée. Ils s’arrêtèrent un instant pour manger, terminèrent les quelques provisions qui leur restait, et poussèrent plus avant.

Durant le voyage, Shareen raconta les souvenirs qu’elle avait de Deria. Les fous rires qu’elles avaient eu ensemble, leurs discussions sur l’avenir, leurs projets et leurs rêves. Deria n’avait pas été très bavarde sur son passé et sa famille, mais elle avait eu les yeux qui brillaient à chaque fois qu’elle envisageait son futur. C’était une perpétuelle optimiste, et ses rêves avaient toujours été roses. Shareen mit du temps à se rendre compte qu’elle avait les yeux humides.

« Je… suis désolée » balbutia-t-elle.
« Tu n’as pas à t’excuser » fit Rekk, parlant plus gentiment qu’il ne l’avait jamais fait. Il soupira. « Je te remercie de m’avoir parlé de ça. Maintenant, c’est à moi d’agir. Nous nous séparerons au village. »
Elle hocha la tête, moins farouchement qu’avant.

Ils n’avaient pas poussé les chevaux trop fort ce jour-ci, les ménageant après le galop d’hier. Mais ils avaient bien avancé tout de même ; à la grande surprise de Shareen, le village était en vue alors que le ciel s’obscurcissait à peine. C’était un misérable petit village, qui ne devait pas dépasser les quarante habitants. Ce n’était rien que quelques cahutes serrées les unes contre les autres au milieu de quelques champs difficilement cultivés. Mais c’était surtout une des trois seules bourgades autour de la Route Royale, un des trois seuls endroits où ils pouvaient s’arrêter pour acheter à boire et à manger.

« C’est ici que l’on va se quitter » murmura-t-elle. « Et vous allez partir accomplir votre vengeance, vous allez encore verser le sang. Vous croyez que Deria voudrait vous voir vous lancer dans une telle aventure ? »
Malek lui rendit son regard.
« Oui, je crois qu’elle le voudrait »
« Silence, tous les deux »
La voix de Rekk était impérieuse, coupant net la protestation que voulait formuler Shareen. Il tirasur les rènes et stoppa brutalement son cheval à quelques pas de l’entrée du village.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Rekk fronça les sourcils. Il avait semblé détendu, aussi détendu qu’un tel homme puisse paraître, durant le voyage. Mais, maintenant, il émettait un sourd grondement de gorge, comme un loup devant le danger. Il était tendu sur sa selle, et sa main glissa vers le pommeau de son épée.
« Des ennuis »
« Des ennuis ? » fit Malek, incrédule. « Dans ce village ? Mais on ne voit personne ? »
Rekk ne tourna pas la tête.
« Justement. Il n’y avait personne dans les champs, et il n’y a personne dans les rues non plus. Aucune lumière n’est allumée aux fenêtres. On dirait qu’il n’y a personne »
« Les paysans vont se coucher tôt » observa Shareen. « Il le faut, s’ils veulent se lever avec les poules »
« Peut-être » fit Rekk, dubitatif. « Mais je n’aime pas ça du tout. » Il haussa les épaules, mais ne lâcha pas la garde de son épée. « Avançons, nous verrons bien. »

Maintenant que le Banni avait exprimé ces doutes, Shareen ne se sentait pas vraiment rassurée. Le soleil disparaissait à moitié derrière les montagnes à l’ouest, et les ombres dansaient de manière inquiétante sur les murs en bois des habitations. Elle sursauta en voyant une forme bouger, avant de réaliser qu’il ne s’agissait que d’un tour que jouait la lumière en se réverbérant sur le puits du village. Stupide. Tu es stupide, ma fille, prends-toi en main. Ce n’est pas parce que ce fou furieux voit le mal partout que tu dois faire pareil. Mais elle ne pouvait s’empêcher de trembler. La moindre pelle appuyée contre un mur prenait la forme d’un assassin dissimulé. Elle se sentait désespérément mal à l’aise.

« On ne devrait pas rester ici » murmura-t-elle. « On devrait partir tout de suite »
« Quoi ? Et les provisions ? » protesta Malek. « Nous n’avons plus de pain, plus d’œufs ni de viande, il ne reste plus que… »
« Attention ! » hurla Rekk, basculant de son cheval. Et l’enfer se déchaîna.

Shareen poussa un cri alors qu’un trait lui frôlait le visage et que sa jument s’emballait. Une grêle de flèches s’abattait sur eux, sifflant des toits environnants. Hurlant, elle talonna sa monture pour la lancer au galop dans les rues. Malek jura alors que son propre cheval henissait, une flèche plantée dans le flanc gauche. Rekk avait roulé sur le sol, au milieu d’un cercle de flèches. Il avait du sang sur l’avant-bras, mais il était difficile de savoir si la blessure était grave ou non. Il tira son épée
« Encochez… » hurla une voix venue des toits, puis : « Lâchez ! »
De nouveau, les flèches s’abattirent sur le petit groupe, mais Rekk n’était déjà plus là. Bondissant de côté, il donna un violent coup d’épaule à la porte la plus proche, et s’effondra dans la maison au milieu des débris de bois. Il y avait une famille à l’intérieur, un homme, une femme, et deux enfants, et ils poussèrent des cris d’épouvante en voyant son visage livide.
« Par ici ! » hurla-t-il, se retournant une seconde pour faire signe à Shareen et Malek. « Par ici ! »

Shareen sauta à bas de son cheval pour s’engouffrer dans l’ouverture, et Malek la suivit presque aussitôt. Le visage de Rekk était un masque de fureur, ses yeux deux gouffres vers la mort et le néant.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? » balbutia Shareen, choquée.
« Vous restez ici et vous ne bougez pas » gronda Rekk. Il leva son épée, et attendit. Il n’accorda pas un regard aux villageois, terrés dans un coin sans oser dire un mot. L’ordre s’appliquait clairement à eux, égalemetn.

Le silence avait remplacé le sifflement des flèches. Le village était de nouveau calme, à l’exception des hennissements des chevaux blessés. Le vent battait la rue principale du village, faisant doucement onduler l’empennage des flèches qui étaient plantées sur le sol.

« Qui aurait cru cela ? Le Démon Cornu n’est qu’une souris, finalement, à se terrer dans son trou comme ça ! » La voix était railleuse. « Vie de rat, mort de rat comme on dit ! » Il y eut quelques bruits sur les toits, alors que les assaillants abandonnaient leurs arcs pour descendre dans la rue. Shareen risqua un coup d’œil au-dehors.

Ils étaient dix, pas un de moins. C’étaient des hommes rudes, au visage brutal. Une bande de va-nu-pieds, de brigands dépenaillés, dans les yeux desquels brillait la fièvre de l’or. Ils portaient l’un une épée, l’autre une hache, l’autre encore une lance, et leurs armures étaient tout aussi dépareillées. C’étaient des prédateurs, de véritables loups au rictus sauvage. Leur chef, celui du moins qui semblait coordonner cette petite bande, semblait plus richement vêtu que les autres. Il avait le privilège de porter une cotte de mailles, un bouclier à la main, et une épée qui semblait de fort bon acier. Quelle importance ? Même une épée ébréchée peut se révéler mortelle…

Bizarrement, Shareen n’avait pas peur. Les événements de ces derniers jours avaient été tellement surprenants que plus rien soudain ne semblait avoir de sens. Calmement, elle tira son épée. Les leçons d’escrime de Deria résonnaient dans sa tête alors qu’elle se préparait à vendre chèrement sa vie. Malek, à ses côtés, tira doucement son épée et lui lança un sourire contrit.
« Je suis désolé » murmura-t-il.
Qu’est-ce qu’il a à être désolé ? Comme si c’était sa faute ? Les hommes, toujours à vouloir se culpabiliser…
« Je vous ai dit de rester ici, les gamins ! » gronda Rekk, poussant abruptement les deux jeunes gens vers le fond de la pièce de sa main gauche. Puis il sourit, un rictus où toute la méchanceté du monde aurait pu trouver sa place. Il leva son avant-bras à la hauteur de sa bouche, et lécha le sang qui en coulait. « Depuis le temps que je voulais me calmer les nerfs… »
Il tira une dague dans sa main gauche, assura sa prise sur son épée de la droite, cracha sur le sol, et sortit de la maison pour faire face aux brigands. Leur chef avança d’un pas.

« Rekk ! Maudit cafard, fils de catin ! Cette nuit, nous te couperons la tête, et la récompense sera à nous. Nous allons te… »
« Sais-tu chanter ? » interrompit Rekk, un étrange sourire aux lèvres.
« Chanter ? Qu’est-ce que tu racontes ? »
« Chante avec moi, petit homme. Chante le sang et l’acier ! »

Et il bondit en avant.
L’homme leva son arme, bloquant la lame alors qu’elle cherchait sa gorge, mais la dague trouva son flanc avant qu’il puisse bouger, et perça les anneaux de la maille, entre la deuxième et la troisième côte. Le chef des brigands poussa un hurlement, la vie s’échappant de lui. Rekk ne lui accorda pas un regard. Avant même que la dague ait fini de fouiller la chair, il la lâchait pour prendre son épée à deux mains et bondir sur les autres brigands. Abattant sa lame en un violent arc de cercle, il retint sa lame alors qu’elle allait heurter la hampe de la lance de son ennemi, et changea de trajectoire pour aller trancher la gorge d’un autre. Puis, se ramassant sur lui-même, il se détendit comme un chat et son épée s’enfonça de plusieurs pouces dans la poitrine du lancier. Les autres reculèrent. Les trois cadavres s’affaissèrent lentement sur le sol, comme des marionettes dont on aurait coupé les cordes.
« Démon ! » cracha l’un des bandits.

Rekk fouetta l'air de sa lame.
« On ne vous a pas prévenus ? » Il eut un sourire mauvais. « Moi, je suis dangereux »
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« Ne dis pas n’importe quoi ! » hurla l’un des brigands, rassemblant son courage. « Tu es seul, et nous sommes dix ! Tuons le ! »
« Sept » corrigea Rekk, alors que tous se jetaient sur lui, armes en avant. « Et vous pensez vraiment que ça suffit ? »

Shareen observa la scène, à travers la fenêtre de la maison. C’était incompréhensible. Rekk l’avait dit mieux que personne : c’était un chant. Un chant de fureur et d’acier, de sang et de lames, une symphonie de violence et de douleur. Rekk semblait partout et nulle part à la fois. Ses adversaires étaient trop nombreux et peu coordonnés, ils se gênaient mutuellement. Leurs armes s’abattaient là où Rekk était, là où Rekk aurait dû être, mais jamais il n’y était, et toujours il ripostait, son épée trouvant le défaut des armures, tranchant le cuir et perçant la maille. Le sang éclaboussait son visage, coulait dans ses cheveux, trempait ses vêtements, mais ce n’était pas le sien. Ce n’était jamais le sien. Il esquiva un furieux coup de lance, s’empara de la hampe de la main gauche et, tirant l’homme à lui, lui planta son épée dans le cœur. Se servant du corps comme bouclier, il para quelques coups, lança l’homme sur ses compagnons, et profita de l’ouverture pour placer un nouveau coup de taille, qui sectionna une main au niveau du poignet. L’homme hurla, un cri déchirant d’angoisse et de douleur, mais l’épée revint et mit un terme à son agonie en lui tranchant la gorge.

Et puis ce fut fini. Aussi vite que le combat avait commencé, il était terminé. Des corps jonchaient la rue, dans des positions invraisemblables. Une rivière de sang s’était formée et coulait doucement dans la rigole, sur la gauche, alors que les râles des mourants envahissaient le crépuscule. Rekk s’immobilisa. Il avait une expression extatique sur le visage alors qu’il léchait le sang sur ses lèvres. A ses pieds, neuf corps. Le dixième bandit était à genoux, prostré. Il avait lâché la hache qu’il portait et tremblait de tous ses membres.
« Ne me tuez pas ! » gémit-il, lorsque Rekk posa doucement son épée sur son cou.
« Supplie-moi ! »
« Ne me tuez pas ! » pleura l’homme de plus belle, tendant ses mains vides. « Je vous supplie de m’épargner »
« Implore-moi ! »
« Ne me tuez pas ! Ne me tuez pas ! » répéta le brigand, les joues mouillées de larmes.
« Tu n’était pas au courant ? » grimaça Rekk. « Le Démon Cornu n’a pas de pitié » L’homme leva des yeux épouvantés vers le Banni, mais déjà l’épée s’abattait sur lui. Sa tête roula sur le sol.
Et ce fut le silence.

Shareen prit une grande inspiration, regardant Rekk fouiller les cadavres. Ce ne fut qu’alors qu’elle se rendit compte qu’elle retenait son souffle depuis longtemps. Depuis le début du combat, peut-être ? Deesse Vierge, c’est vraiment un monstre, c’est un démon ! Mais il nous a sauvés…
Malek rengaina lentement son épée. Il avait l’air hagard, lui aussi, et son regard était perplexe.
« Je n’aurais jamais cru… » murmura-t-il. « Je ne pensais pas… je ne croyais pas qu’on puisse se battre comme ça… cet homme est un Dieu du Combat »
« Un démon, plutôt » grimaça Shareen. « Tu as vu comme il a massacré celui qui voulait se rendre ? »

Une ombre lui couvrit le visage, et elle se rendit compte que Rekk venait d’entrer dans la pièce, et se tenait entre elle et la lumière des torches. Il n’avait pas pu ne pas entendre ce qu’elle venait de dire.
« Qui croyez-vous que je sois ? » fit-il avec un rictus amer. « Un chevalier en armure blanche qui vous accompagne par plaisir ? Un foutu noble en tenue de bal, prêt pour aller danser ? » Il cracha sur l’égratignure que la flèche lui avait faite à l’avant-bras. C’était sa seule blessure. « Je suis le foutu Boucher, et la bataille est une boucherie. La pitié n’a pas de place dans mon monde » Il ricana. « Et puis, je me sens mieux maintenant. Il fallait vraiment que je passe ma colère sur quelqu’un »
Shani le regarda avec écoeurement.
« Boucher ou pas, je ne resterai pas une seconde de plus avec vous. Malek peut vous accompagner s’il en a encore envie, mais je pars tout de suite, et j’espère ne jamais vous revoir ! »
« Voilà bien de la gratitude pour celui qui vous a sauvés » gronda Rekk. « Vous critiquez mes méthodes, mais sans moi, vous seriez aussi morts que ces dix brigands. » Il désigna Shareen. « Pour toi, la mort aurait probablement été enviable, comparé à ce qu’ils auraient pu te faire. Je n’attends pas de remerciements, mais j’aimerais que tu cesses de te comporter comme une enfant gâtée »
Une enfant gâtée ? C’est vraiment ce que je suis ? Il m’a sauvée, c’est vrai, mais…
« Si nous n’étions pas avec vous, ca ne nous serait pas arrivé ! Ce n’étaient pas des brigands ordinaires, vous le savez très bien, ils ont dit votre nom ! C’est vous qu’ils cherchaient ! » Elle croisa les bras. « Dès que nous avons pris quelques provisions, je pars d’ici, et je ne veux plus vous voir dans ma vie ! »

Rekk ne cilla pas.
« Je pense que ça non plus ne va pas être possible… » Il lui tendit un parchemin taché de sang. « Tu ne feras pas trois pas sans être tuée »
Le cœur battant, Shareen déplia le parchemin. C’était un portrait d’elle-même, grossièrement dessiné au charbon de bois. A ses côtés figurait le dessin d’un homme de taille moyenne, au visage étonnamment réaliste et affublé d’une barbe bien fournie.
« Qu’est-ce que c’est que… »
« C’est nous. Enfin, toi et moi. Je ne comprenais pas comment ces brigands ont pu me reconnaître. J’ai beaucoup changé, en quinze ans. Je n’ai plus de barbe, aussi. Mais… » Il fronça les sourcils. « C’est toi qu’ils ont reconnu. D’où que viennent ces brigands – ces chasseurs de primes, devrais-je dire – ils sont autant à tes trousses qu’aux miennes. C’est moi qui devrais te laisser partir de ton côté, si je voulais ne plus avoir d’ennui. Mais… » Il haussa les épaules. « Si je fais ça, tu ne survivras pas une seule journée. Je ne sais pas combien on propose pour ma tête – pour notre tête – mais la somme doit être élevée, pour inciter autant de brigands à se déplacer. »
« Je n’y suis pas » observa Malek. « On dirait que personne ne sait que je suis avec vous »
Rekk hocha la tête.
« Si tu veux partir, alors pars. Tu risques beaucoup moins seul qu’en notre compagnie »
Malek le regarda un instant, hésitant.
« Je viens. Je veux venger Deria, je vous l’ai dit » Il se mordilla la lèvre inférieure. « Et puis, je veux apprendre à me battre comme vous »
« Tu n’y arriveras pas, petit. Jamais » Rekk parlait sans émotion, mais ses yeux semblaient percer le jeune homme, le juger, le peser.
« Je peux toujours essayer »
Rekk hocha la tête.
« Tu peux toujours essayer »



« Alors, qu’en penses-tu ? »
Ainsi apostrophé, Comeral releva la tête. Les trois cavaliers venaient de quitter le village, et le nuage de poussière avait disparu à l’horizon. Les habitants étaient terrés dans leurs maisons, trop effrayés pour en sortir. Il ne restait plus que les dix corps, entassés sur le sol, pour témoigner du combat terrifiant qui venait d’avoir lieu. Le chasseur de primes frissonna.
« Il est fort » admit-il. « Très fort, même »
« Plus que toi ? »
Comeral leva les yeux. Eleon arborait ce rictus sarcastique, mi-amusé mi sérieux, qui avait fait sa réputation, mais cela ne le trompait pas. Son compagnon était aussi impressionné que lui-même l’avait été.« Disons simplement que j’ai bien fait de ne pas me mêler au combat » fit lentement Comeral. « Il est vraiment incroyable. Je n’aurais jamais cru voir des mouvements d’une telle perfection, un jour »
« Mais tu peux le battre, ou non ? »
« Un contre un, les yeux dans les yeux, épée contre épée ? » Comeral haussa les épaules. « Je ne pense pas. Je ne sais pas. Probablement pas. Mais c’est pour ça que nous travaillons en équipe »
Eleon hocha la tête.
« Nous savons ce que nous voulions savoir. Rentrons à Musheim »
« Pour ? Le tuer là-bas ? »
Le tueur éclata de rire, sa bonne humeur revenue.
« Oui. Mais aussi pour demander une récompense plus forte à cet empoté de Semos. »
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La Grenouille frappe encore
J'aime toujours autant


edit : refais peut être le lien pour ton mini sommaire
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Tu as eu le temps de lire en deux minutes ?
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Gratz!!!!

je trouve qu'il n'y a pas assez de RP autour de ce jeu.

Des que rp apparait dans le titre il es zappé( je vien d'en ecrire un et juste une personne la lu)

Bravo encore a toi grenouille
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/clap !


La suite non mais quoi
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Je n'écris pas le week-end
Donc la suite, c'est lundi prochain, pas avant
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merci GreGre

vraiment ton style est maintenant bien rodé , et tu nous régale l'esprit de ton histoire !

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Joli Grenouillette

Ca vient vite l' inspiration hein ?

Bon pas de remarques, ça vient tout seul ce roman
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Pitin vivement Lundi

Suiiiite PLIZZZZZZZZZZZZZZZ (ha ca enerve ca le plizz heiiin )
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Bleh, ma copine trouve que ce chapitre et le précédent sont beaucoup moins bon que le début. Je n'avais rien remarqué, mais forcément, maintenant, je doute beaucoup.

Ne m'épargnez pas, je préfère des critiques constructives à des remarques gentilles qui cherchent à ménager ma sensibilité.

Vous ne trouvez pas que la qualité baisse ? Vous les lisez encore avec plaisir ? Ca ne vous ennuie pas trop ? :doute
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Mheriniak
Roi
 
Maintenant que tu le dis... ( )
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Citation:
Provient du message de Grenouillebleue
Bleh, ma copine trouve que ce chapitre et le précédent sont beaucoup moins bon que le début. Je n'avais rien remarqué, mais forcément, maintenant, je doute beaucoup.

Ne m'épargnez pas, je préfère des critiques constructives à des remarques gentilles qui cherchent à ménager ma sensibilité.

Vous ne trouvez pas que la qualité baisse ? Vous les lisez encore avec plaisir ? Ca ne vous ennuie pas trop ? :doute
Accentue le coter MechantMaisgentilqdmeme de Rekk Le coté petasseKiconnaitRienDlaVie de la 'tite, et le coté gamin du jeunot

Par contre les scenes avec le futur roi (le tit c... avec son arc la) cuila me le ressorts plus jai lu en diagonale juska skon convoque le personnage central du moment

C'est pas constructif, encore moi objectif, c'est du Ekios quoi

Paske je le vaux bien.
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^^ lol

change rien moi j'adore ! ca se dévore littéralement !!
crois en un gros lecteur comme moi (environ 2 bouquins par mois .. et pas le club des 5 !!! )
__________________
Sur GW2 : Gannon Darmon

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