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Licorne

Je me promenais dans la forêt
Entre les arbres je déambulais
Leur rude écorce je caressais
Sous leur feuillage je m'arrêtai
A l'ombre, je composais
Puis ils sont arrivés,
Je les entendais hurler,
Des chiens, des hommes, ils aboyaient
Alors je me suis caché
Dans un épais fourré
Les hurlements se rapprochaient
Les animaux devant eux fuyaient
J'ai vu un ours puis un sanglier
Devant moi, se mettre à détaler

Et puis elle est arrivé
Majestueuse, malgré le danger
Hélas pour elle, elle saignait
A quelques pas de moi elle s'est écroulée

Les chasseurs sont arrivés,
D'arcs et d'épée armés,
Et des chiens à leurs côtés,
Alors je suis resté caché,
La tête dans les bras, je n'ai pas bougé

Trop nombreux ils étaient,
Féroces et dangereux ils paraissaient,
D'une unique plume j'étais armé,
La rage au ventre j'ai patienté,
Et ils se sont enfin en allés

Sur le corps je me suis penché,
La tête complètement ensanglanté,
Exprimait la paisibilité,
Dans un dernier frisson la vie la quitté,
Et sur une licorne, je me suis mis à pleurer...
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Le culte de RisWààq"

Chapitre I - La création du monde
Au commencement était le néant. Le vide. Eternel, immuable. Après un temps
infini, se créèrent dans le néant des entités intelligentes dotées de
capacités étonnantes. Elles se nommèrent Dieux et adoptèrent chacune un nom
et une forme particulière.
La majorité des Dieux choisirent des formes de créatures vivantes, des êtres
à membres, à tête...
Mais l'un des Dieux rejeta cette forme-là et se transforma en un soleil,
étincelant. Il prit le nom de RisWààq". Les Dieux vécurent longuement dans
le néant mais un jour, l'un d'entre eux décida de tester ses pouvoirs et
créa la première planète. Nul ne sait où se trouve cette planète et quel fut
le Dieu qui la créa, tout ce que l'on sait c'est que les autres Dieux firent
de même.

Un petit groupe de Dieux s'allièrent pour créer une magnifique planète
et c'est ainsi que Norrath apparu. RisWààq", voyant que c'était beau, tenta
lui aussi de créer une planète. Celle-ci était verte et orbitait autour du
Dieu. RisWààq" y créa alors les océans et leur donnèrent vie.

Certains Dieux inventèrent les animaux et RisWààq" les imita sur sa propre
planète. Il créa ainsi les animaux maritimes, les animaux terrestres et les
animaux aériens. Pendant plusieurs millénaires il admira le vol des oiseaux,
la nage des poissons, la course des mammifères, allant même parfois jusqu'à
prendre une forme animale pour goutter au plaisir de l'eau autour de soit,
du vent qui souffle et vous porte, de la terre ferme sous vos pieds... Il
créa la différence entre le male et la femelle pour permettre aux animaux de
se reproduire sans son aide.

Enfin, il dota certains de ces animaux d'une intelligence plus élevée et les
admira tandis qu'ils tentaient d'évoluer. Ainsi naquirent les humains de
RisWààq", grand, la peau clair ou foncée selon l'exposition aux rayons
divins.

Chapitre II - L'humanisation de RisWààq"

Les humains, livrés à eux-mêmes, se regroupèrent en groupes, formant des
clans. Ces clans grandirent et formèrent des peuples puis des nations. Les
humains inventèrent l'organisation, d'abord en désignant des chasseurs, des
cueilleurs, des pêcheurs dans le clan, puis, lorsque les peuples furent plus
grands, en choisissant des chefs, capables de prendre des décisions sages et
justes.... Ces chefs furent appelés Rois.

Hélas, les humains inventèrent la guerre et la haine et voyant cela, pour la
première fois depuis son apparition dans l'univers, RisWààq" pleura. Ses
larmes se déversèrent sur le monde et transformèrent les océans, qui étaient
autrefois composés d'eau douce, en océans salés.
Aucun homme ne sait quelle fut la raison de la première guerre mais après
celle-ci, il n'y eut pas une année dans le monde sans qu'il n'y ait une
guerre entre deux rois.

L'un de ces Rois était un homme noble et bon, empreint de sagesse... Il
vivait sur un territoire riche où la terre était fertile. Il n'avait aucun
ennemi et ses voisins étaient heureux d'avoir des frontières avec un homme
si pacifiste. Son peuple l'aimait, son royaume prospérait, tout allait pour
le mieux.
Mais la richesse que son royaume accumulait attira les pillards et les
voleurs. Au début, il ne fut guère difficile de les repousser tant ceux-ci
étaient désordonnés. Pourtant au fil du temps ces pillards se réunirent sous
une seule bannière et parvinrent à mettre le royaume à feu et à sang avec
l'aide de l'un des voisins du Roi, jaloux de la richesse de celui-ci. Le
Palais Royal, que le peuple avait offert au Roi pour ses bons services, fut
détruit et ses occupants furent tous tués. Le peuple était au bord du
gouffre et de longues années de famine s'annonçaient sans que quiconque ne
dirige le royaume.

Pourtant un homme, ami de l'ancien Roi et grand voyageur revint peu de temps
après la destruction du royaume au Palais Royal. Voyant les ruines de ce qui
était le plus beau bâtiment du royaume, il pleura longuement, songeant à son
ami et son Roi qu'il venait de perdre. Il fit le tour des villages
environnants, afin de voir les dégâts occasionnés par les pillards, et dans
chaque village où il passait, les habitants l'accueillaient comme un
sauveur, comme celui qui remettrait de l'ordre dans le royaume maintenant
qu'il n'y avait plus personne vers qui se tourner.

Le Voyageur n'eut pas d'autre recours que d'accepter ce poste qu'on lui
confiait et il devint le Roi de ce pauvre royaume désolé. La situation
n'était guère enviable : son peuple avait faim et avait placé toute sa
confiance en lui, pourtant il était impuissant face à cela. Ses voisins
refusèrent de lui offrir de quoi nourrir son peuple...
Alors il monta au sommet du Mont Soleiel, la plus haute montagne du royaume.
Une fois arrivé au sommet, il s'assit et médita. RisWààq", dardant ses
rayons à travers les nuages, admira ce jeune homme dont la tache était
ardue et impossible. Sachant qu'il ne réussirait jamais à sortir son peuple
de la famine, il lui teint ces propos :
"Humain, écoute-moi ! Je suis RisWààq", ton Dieu et soleil. Je suis prêt à
t'aider à relever ton peuple si tu sers la lumière."
Le Voyageur, apeuré par ce Dieu qui se présentait à lui, se jeta à genoux,
le nez dans la poussière... Il accepta pourtant le marché de RisWààq" et
redescendit tout content au palais royal qu'il avait reconstruit et qui se
composait pour l'instant d'une hutte en bois. Les champs s'épanouirent peu
de temps après, en plein automne ! Le peuple adora son nouveau Roi qui
venait de les sortir de la misère tandis que celui-ci adorait son nouveau
Dieu pour son service.

En quelques années, le royaume reprit son rythme d'antan, prospérant et
s'enrichissant petit à petit. Le Roi, conscient de son marché avec RisWààq",
savait qu'il serait bientôt temps de partir en guerre pour repousser
l'obscurité et le chaos et cela commençait par la destruction des armées de
pillards et des royaumes aux rois cupides et perfides.

Le Roi monta une armée colossale et parti à l'assaut des forteresses du roi
qui avait trahi son ami, quelques années auparavant. Guidé par RisWààq" qui
ajoutait à son bras la force d'un Dieu, il mena ses troupes à la victoire.
Pendant des décennies, le Roi combattit à chacune de ses frontières pour
unifier les peuples. RisWààq", content de voir que ses créatures seraient
bientôt réunifiées, donna une longévité accrue afin qu'il ait le temps
d'accomplir sa tâche avant de mourir. En 100 ans, le Roi conquit toutes
les terres du monde et fut nommé Empereur par ses fidèles.

Hélas sa fin approchait et sentant sa dernière heure venir, il monta au
sommet du Mont Soleiel tel qu'il l'avait fait jadis. Une fois au sommet, il
appela RisWààq" et l'implora de le prendre près de lui. RisWààq", en gage de
remerciement pour avoir réunifier les humains, accepta et l'Empereur et le
Dieu ne firent plus qu'un.

Le fils de l'Empereur reprit les rennes du pouvoir et fit lui aussi
prospérer le royaume. Pourtant le mal et le chaos n'avaient pas été balayés
à jamais et il savait qu'un jour, un de ses descendant devrait à son tour
guerroyer pour rependre la lumière et repousser la nuit...

Chapitre III - La naissance du Culte de RisWààq"

Lorsque le Roi redescendit du Mont Soleiel, il ne confia pas à ses amis son
dialogue avec RisWààq". Il leur dit simplement que le soleil et le temps
soigneraient les blessures du peuple. Pourtant, au fil des années, ses amis
remarquèrent la vénération que portait le Roi envers le soleil, lui offrant
sanctuaires et temples, prières et offrandes. Lorsqu'ils lui demandaient
pourquoi il vénérait un astre, il leur répondait que c'était lui qui avait
fait ce qu'il était...
Le Roi transmit le culte de RisWààq" à son fils, qui le perpétua lui même à
sa descendance.
Le culte de RisWààq" consiste à prêter allégeance à la lumière et à tout
faire pour repousser le chaos. Un jour, le Roi, à la tête de son armée,
perché sur son cheval, s'apprêtait à lancer l'assaut sur un campement de
pillards lorsque RisWààq" l'arrêta et lui dit :
"Ces hommes que tu vas tuer n'ont rien fait, ils ont été bernés par leurs
chef. Ils ne faut point les punir pour cette erreur, ce sont leur chefs
qu'il faut punir pour avoir fait un pacte avec le mal. Ces hommes n'ont fait
qu'un pacte avec un autre homme et ne peuvent être punis pour cela. Ne
l'oublie jamais, jeune mortel, la guerre n'est pas une bonne chose et
repousser le chaos ne veut pas dire faire des génocides." Ce jour là et les
jours suivant, le Roi fut plus clément envers ses prisonniers, leur
proposant même de rentrer dans son armée. Le peuple ne lui en fut que plus
reconnaissant.
Le culte de RisWààq" prone la tolérance avec toutes les créatures car un
jour le Roi, alors qu'il était déjà âgé, du attaquer un Roi de l'autre côté
du monde. Les hommes de ces contrés lointaines étaient noirs comme l'ébène.
Le Roi appela RisWààq" et lui dit : "Ces hommes sont noirs, c'est bien la
preuve qu'ils sont imprégnés de mal. Tu m'as appris à être clément envers
mes ennemis, mais pourtant nous ne pouvons laisser en vie des hommes pleins
de haine..." RisWààq" lui expliqua alors que les différence entre les
créatures n'avaient rien à voir avec le fait qu'ils adore la lumière ou le
chaos... Le Roi ce jour là découvrit à être tolérant envers toutes les
créatures, quelques soient leurs différences avec lui. On dit d'ailleurs que
son épouse était une de ces femmes de ces lointaines contrées...


Il est dit qu'un jour un descendant du premier empereur devra affronter le
chaos et le mal, de l'autre côté de l'univers. Ce jour là RisWààq" lui
conférera sa puissance et son pouvoir afin qu'il accomplisse sa tache
dignement. Mais nul ne sait quand apparaîtra ce descendant...
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Chasse avec Xaldelare

J'étais dans les Karanas, cherchant un compagnon pour partir à la chasse...
Je courais, allègrement, cherchant une quelconque présence connue... Puis,
alors que j'allais m'en retourner au campement des nomades afin de me
restaurer, je croisais la piste toute fraiche d'un Erudit, passé ici
quelques minutes auparavant. Comment savais-je que c'était un érudit ? ça,
ce sont des secrets de rangers et on découvre mille et une petites choses
lorsqu'on examine les traces de pas d'une créature. Quoiqu'il en soit, je
savais que c'était un érudit et un male de surcroît. De plus, il me semblait
que je connaissais cette piste et que j'avais déjà croisé cet homme. Je me
mis donc en piste, afin de rencontrer ce futur potentiel compagnon.
Je courais quelques instants en direction de l'Est des Karanas, lorsque je
vis enfin l'érudit. Il gambadait joyeusement entre les collines, riant,
insouciant des gigantesques araignées qui le poursuivaient férocement.
Serait-il fou, me dis-je. Mais non, après avoir couru sur une centaine de
mètres, je le vis se retourner et lever les bras. Un halo bleuté irradia
autour des araignées mais celle-ci ne s'arrêtèrent pas pour autant.
L'érudit, quand à lui, reparti en courant, toujours riant... Piètre magie,
me dis-je. Et soudain tout se passa très vite : en une fraction de seconde,
les araignées se retrouvèrent raides étendues, les pattes en l'air. Le mage
se pencha sur elle et prit la précieuse toile couvrant leur ventre. Avec
cette toile on confectionnait de magnifiques robes dignes des plus belles
princesses. Une fois la récolte terminée, le mage s'approcha de moi, jovial.
C'est alors que je le reconnu, c'était un des Seigneurs de la cour du Roi et
je l'avais croisé plus d'une fois à plusieurs cérémonies. Un puissant mage
que le Roi contait parmi ses conseillers.
"Bonjour Seigneur Baeandor ! Vous aussi vous venez faire la récolte de soie
? Pour ma part, la récolte est excellente..."
"Que nenni Sire, ma magie est bien médiocre et je n'ai pas votre puissance,
la chasse à l'araignée est bien trop risquée pour ma part. Elle se termine
souvent par un duel d'homme à araignée ou je frôle la mort et
l'empoisonnement à maintes reprises. En tout cas, votre technique est fort
efficace, au vu de tous ces cadavres jonchant la plaine."
"Certe oui, les araignées sont très stupides... Il suffit de se promener en
faisant du bruit et elles vous courent après en bande. Il ne reste qu'à
lancer un sort leur infligeant des dégâts petit à petit. Elles ne voient pas
la vie qu'elles perdent et finissent par mourir d'épuisement. Je procède de
la même sorte avec les géants, bien que les poils de barbe de géants soient
plus utilisées dans les potions que dans la confection de robes."
En effet, on pouvait admirer aussi des cadavres de géants, certes plus
imposants que les colossales araignées, mais néanmoins aussi nombreux.
"Mais dites-moi, ajouta-t-il, n'êtes vous pas ranger mon ami ?"
"Euh, oui, répondis-je modestement."
"Donc c'est votre spécialité de pister les proies... Voyez-vous le plus dur
de ma chasse consiste à trouver les araignées et les géants car comme vous
pouvez le constater, je décime assez rapidement une région et les araignées
sont de plus en plus difficiles à trouver... Pourriez-vous m'aider à les
chasser ?"
"J'en serai ravi sire mage..."
Et nous voilà parti, le puissant mage et le jeune ranger, à la recherche
d'araignées... Je me contentais à le guider afin qu'il tombe sur les
araignées et lui se chargeait de les exciter pour qu'elles le suivent... Il
riait de voir ces créatures se jeter sur lui. Bien que sa peau soit lisse et
parfait, on voyait dans ses yeux une étincelle de vieillesse, une marque
qu'a posé le temps et les événements de la vie. Mais lorsqu'il chassait,
cette étincelle disparaissait et seule subsistait la joie de la chasse.
Hélas toute chose a une fin et alors que je courais non loin de lui,
contemplant les araignées qui commençaient déjà à faiblir, je ne vis pas
arriver le danger. Lorsque j'entendis un grondement sourd derrière moi, je
me retournais rapidement. Un géant se dressais devant moi, immense, semblant
monter jusqu'au ciel. Sa barbe rousse était aussi grande que moi et je me
ratatinais devant lui, devant ces force de la nature. Tétanisé je ne réussi
même pas à fuir. Le géant leva son poing et la dernière chose que je vis fut
ce poing qui fonçait vers moi. Je sombrais alors dans le néant.
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Seigneur Malork

Je me promenais dans les Karanas, comme à mon habitude, ne sachant que
faire... Partir à la pêche ? Trouver un compagnon ? Chasser le félin,
l'araignée ? Non, tout ceci ne me disait rien qui vaille. Je laissais mon
esprit vagabonder, librement... Mes pensées me ramenèrent à ma jeunesse,
passée dans le désert. Le désert... Qu'il était loin maintenant et pourtant
si proche... Cela faisait une éternité que je n'étais pas allé à Ro et un
désir soudain de sentir le sable sous mes pieds me pris à la gorge. C'est
dit, je retourne dans le désert.
La route n'était pas tellement longue et j'y serai dans quelques heures, il
suffisait juste de prendre garde à ne pas se laisser rattraper par la nuit
dans la forêt de Kithicor mais sinon le trajet serait paisible.
Bientôt je fut en vue des montagnes encerclant les Karanas. Allez, au boulot
mon petit, tu dois passer le col et aborder la descente avant qu'il fasse
nuit, sinon tu es bon pour un somme High Keep.
Je montais, montais, montais et enfin je fut au sommet, il ne restait plus
qu'à redescendre. Hélas, le soleil tombait et il ne servait plus à rien de
courir maintenant, je ne traverserai pas Kithicor aujourd'hui... Qu'importe,
je m'arrêterai au camp des Orcs au sommet histoire de leur passer un petit
bonjour.
Alors que j'arrivais près de leur campement, je vis un homme en robe noire,
qui me tournait le dos et qui faisait face à trois orcs. Si ce mage est un
tant soit peu maladroit, il sera mort dans quelques secondes. Je ne bougeais
pourtant pas, s'il montrait quelque signe de faiblesse j'irai l'aider.
Il leva les bras, ses manches révélant des muscles noueux et fermes pour un
mage...
Le ciel qui était encore bleu malgré le déclin du soleil, s'obscurcit d'un
coup. On se cru un instant en pleine nuit. Les nuages qui s'étaient
amoncelés au-dessus de notre tête se zébrèrent d'éclairs. L'un deux,
s'abattit sur les bras du mage tandis que celui-ci psalmodiait une litanie
de combat. Ses bras devinrent blancs, presque translucides, chargés de
courant. Il les abattit d'un geste vif et un éclair sortit de ses doigts
pour se ruer sur les trois orcs, apeurés. Les trois créatures moururent sur
le coup, les bras du mage redevinrent normaux et le ciel retrouva sa couleur
d'avant.
Je ne put m'empêcher d'applaudir malgré moi... Je ne connaissais que peu de
mages mais celui-ci avait un style particulier qui me plaisait. M'entendant,
il sursauta et se retourna prestement. Malgré son pouvoir, il semblait
exténué par ce récent combat. Sous son front sur lequel perlait des
gouttelettes de sueur, ses yeux s'éclairèrent en me reconnaissant.
"Bonsoir Seigneur Baeandor ! s'écria-t-il.
- Bonsoir Seigneur Malork", lui répondis-je.
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Lame Mortelle

Le combat n'était pas fort difficile, les gnolls ne s'attendant pas à une
attaque si soudaine en fin d'après-midi... Il se battaient donc de façon
désordonnée, tombant les uns après les autres sous les coups du groupe
d'aventuriers. Après quelques heures de combat, le Roi des Gnolls fit
irruption hors de son trou pour punir les malheureux qui le dérangeaient...
Hélas pour lui, comme ses hommes il ne ferait pas le poids. Il était
accompagné de deux solides guerriers, des gardes d'élite apparemment, qui se
ruèrent sur le petit groupe en hurlant sauvagement. Ils tombèrent en
quelques minutes, tandis que le Roi contemplait ses gardes se faisant tuer
sous ses yeux, se demandant s'il ne ferait pas mieux de fuir plutôt
qu'affronter un groupe de guerriers à l'air féroce. L'un des guerriers
croisa soudain le regard du roi, un regard plein de haine et de colère. Le
Roi se rua sur lui à une vitesse stupéfiante et le guerrier para les
premiers coups avec dextérité. Mais le Roi des Gnolls, dans sa perfidie,
sortit une courte dague qui prit le guerrier au dépourvu et ne pu parer tous
les coups en même temps. Il vit la lame mortelle se rapprocher de lui, trop
rapidement, chargée de souffrance et de mal. Il ne put éviter la lame qui le
transperça.
Alors le temps se figea pour le guerrier. Il n'entendait plus le fracas des
armes du combat, mais seulement le bruit de son coeur transpercé qui
frappait dans sa poitrine et le sang qui battait à ses tempes. Il
n'entendait pas le rugissement du Roi qui tombait sous les coups des autres
guerriers. Il ne sentait que cette lame, en lui, les mains serrées sur le
pommeau, incapable de la dégager, incapable de bouger. Pourtant il tituba,
faisant quelques pas maladroits. Il s'écroula sur le dos, toujours avec
cette lame fichée en lui. Il entendait au loin des voix qui parlaient, mais
les voix étaient indistinctes et il ne voyait pas les visages penchés sur
lui. Il sentait la vie se rependre hors de lui mais il ne sentait plus ses
jambes, ses bras et même la main qui serrait la lame à s'en faire blanchir
les articulations.
Il ne sentait pas le vent qui caressait doucement son visage, faisant danser
ses cheveux. Il ne voyait plus que le ciel qui s'obscurcissait tandis que le
soleil déclinait vers l'horizon. Et, tandis qu'il admirait ce bleu éclatant
remplissant son champ de vision, sa main glissa de la lame mortelle, ses
jambes arrêtèrent de trembler, sa poitrine de se soulever, son coeur de
battre.
Il continua à admirer le ciel, incapable de bouger, insensible aux pleurs de
ses amis autour de lui.
Il continua à admirer le ciel tandis qu'au loin, un loup se mit à hurler.
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Rencontre avec les Dieux

Le noir, rien que le noir autour de moi...
Une affreuse douleur au ventre mais je ne peux pas bouger...
Dieux, vous qui êtes bons avec vos fidèles, donnez-moi la force, juste un
peu de force...
Ouvrir les yeux, il faut que j'ouvre les yeux, mais je suis si las, si
fatigué...
Ca y est, mes yeux sont ouverts mais le noir reste omniprésent. Suis-je
devenu aveugle ? ou bien suis-je entré dans les Terres des Dieux... Enfer ou
Paradis ? Je voyais le Paradis comme un havre de lumière blanche et pure, je
dois donc être en enfer... Les Dieux m'ont abandonné aux griffes du mal, me
voici dans un lieu de tourmente jusqu'à la fin de l'éternité...
Non, ce n'est point du noir, seulement un bleu sombre... Je rassemble mes
souvenirs, dans un effort surhumain. Ca y est, je me rappelle, c'est le ciel
que je vois... Et s'il est sombre c'est qu'il doit faire nuit.
Deux mots me viennent à l'esprit : Lune et Etoiles. Ha oui, la lune et les
étoiles, elles sont visibles la nuit, pourquoi ne les vois-je pas... Je
comprend, nuage, voilà la réponse à tout... Et cette douleur atroce en mon
ventre, mais je n'arrive pas à bouger les bras...

Qu'est-ce que cela ? On dirait une lumière qui vient de ma droite, une
lumière blanche mais je n'ai pas assez de force pour tourner la tête.
Pourtant je sens cette lumière se rapprocher, je sens une chaleur
m'environner. Je veux crier pour que celui qui apporte cette lumière vienne
m'aider mais les mots ne peuvent sortir de ma gorge.
La lumière est toute proche, je le sais, elle ne doit être qu'à quelques
mètres de moi et j'entends faiblement le bruit léger de pas sur l'herbe où je
suis allongé...

Soudain un visage apparaît dans mon champs de vision... Je m’étais trompé.
Je suis bien mort, et je me trouve au Paradis. Un visage de femme me
surplombe, à quelques centimètres de moi. Ses traits fin ne peuvent
appartenir qu'à un ange ou même à une Déesse. De son visage semble irradier
la lumière blanche que j'avais aperçu.

Elle se penche et je vois sa main, elle aussi luisant dans la nuit, toucher
mon front. Une vague d'énergie me submerge et je parviens à croasser d'une
voix rauque :
"Belle Dame, suis-je mort ?
- Que nenni, mon enfant". Sa voix est une cascade de notes mélodieuses,
chargée de mille délices incomparables. "Ton temps n'est point encore venu."
Ajoute-t-elle.
"Qui êtes-vous ? demandais-je, me rendant compte après coup que ma question
était un brin directe...
- Je suis ta mère et la mère de tous tes semblables, jeune guerrier..."
Enfin, je comprend et je ne peux empêcher les larmes couler lentement sur
mes joues, des larmes de bonheur et de joie.
Ma blessure me tiraille et je fais une grimace. La femme pose alors sa main
sur mon ventre. Je sens sa main devenir brûlante sur la plaie ouverte, la
chaleur me fais mal, me transperce. Enfin elle enlève sa main et je ne sens
plus aucune blessure en moi... Je regarde mes chairs et constate qu'il n'y a
aucune marque... Je relève alors la tête et murmure :
"Madame, ordonne et j'obéirai.
- Je ne désire rien de plus que ce que tu as fait jusqu'à maintenant.
Repousse le chaos et la nuit, repend la lumière, c'est tout ce que nous
désirons.
- Alors je servirai la lumière avec encore plus d'ardeur qu'auparavant...
- Adieu, mon Enfant...
- Adieu, Dame Karana..." et je la vis s'éloigner doucement, répandant une
lumière blanche autour d'elle, telle la lune dans la nuit noire... Après
quelques instants, elle disparaît de mon champ de vision. Je me relève
alors, saisissant mes armes, et me dirige vers l'Est.
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Guerre à Qeynos

Je me réveillais en sursaut, tremblant et frissonnant. Que se passai-il ?
Etait-ce le froid ? J'enfilais rapidement mes bottes et ma cotte de maille
et sortais de la tente, encore plongée dans la nuit noire. Je contemplais le
ciel... Au vu des étoiles, le soleil ne tarderai pas à pointer son nez...
Une étoile semblait briller plus que les autres et je reconnu instantanément
RisWààq", qui veillait sur moi. Pourtant, malgré mon gardien céleste, une
sensation étrange me submergeait et je ne parvenais point à m'en
débarrasser... Je me dirigeais vers le mince ruisseau coulant à quelques
mètres de ma tente et, après m'être passé de l'eau sur la figure pour
m'éveiller, je constatai que la sensation ne disparaissait pas.
Le mal, je le sens... Il approche. Je me tournais vers l'Ouest, mu par une
impulsion soudaine. Mais je ne voyais rien, rien de rien... C'est alors que
la douleur me submergea, me faisant tomber à genoux. Un flot d'images
passait en moi, des images de guerre, de villes pillées, de vertes vallées
détruites, d'animaux chassés. Je ne pouvais stopper le flux d'image qui
continuait, inlassablement, à une vitesse vertigineuse. Et j'entendais les
cris des guerriers, les hurlements des créatures de la forêt, le bruit du
fer contre le fer et le crépitement de la magie. Je me saisi la tête à deux
mains, me bouchant les oreilles et fermant les yeux pour ne plus voir et ne
plus entendre mais cela ne cesser pas, allais-je devenir fou ?
Soudain tout s'arrêta, excepté un hurlement de douleur qui, je m'en rendis
compte après plusieurs secondes, provenait de ma gorge.
Epuisé, pleurant toutes les larmes de mon corps, je me relevais chancelant.
La guerre était là, à notre porte. J'avais vu des villes en feu. Je n'en
avais reconnu qu'une : Qeynos. Je ne pouvais laisser l'obscurité prendre
possession des villes de la lumière alors je pliais rapidement mon campement
et me mis en route vers l'Ouest...
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Donjon Funeste

Enfin, le groupe d'aventuriers était au fond du donjon. Ils avaient eut du
mal à descendre à de telles profondeurs sans perdre aucun membre de leur
équipe mais ils y étaient arrivés.
Maintenant, ils attendaient dans une antique bibliothèque tombée en ruine et
où on trouvait plus de mort-vivants que de parchemins anciens. Le barde, de
sa voie chantante, annonçait les monstres qui s'approchaient et lorsque
ceux-ci comprirent que les aventuriers étaient une sérieuse menace pour eux,
le barde alla jusqu'à les provoquer, les repoussant dans leurs derniers
retranchements afin de les mettre dans une colère épouvantable. Il courait
alors vers le reste des aventuriers qui attendait au pied de la statue de la
bibliothèque. L'ennemi ne comprenait que trop tard qu'il était tombait dans
un piège et s'effondrait rapidement sous les coups puissants des guerriers.
A la fin de chaque combat, le clerc qui méditait se relevait et soignait les
blessures au moyen de puissantes prières, puis se replongeait dans l'étude
des parchemins qu'il trouvait dans la bibliothèque.
Tout allait pour le mieux, le groupe était uni, rien ne pouvait l'atteindre,
lorsque soudain, des hurlements nous parvinrent, résonnant dans le donjon.
"Il y a un autre groupe d'aventuriers dans une salle non loin de là, je les
ai vus tout a l'heure. Ils ont du tomber sous les coups de l'ennemi. Clerc,
ne peux-tu les guérir si je te ramène les blessés et les morts ?
- Mon Dieu est bon et amour. Si je lui demande, il daignera ramener à la vie
ceux qui sont tombés au combat en repoussant les forces du mal. Vas donc,
barde."
Sur ce le barde partit, toujours chantant pour donner du courage à tous et
faire fuir l'ennemi, vers le lieu du carnage où l'autre groupe d'aventuriers
était tombé.
"Surtout ne bougez pas d'ici et évitez d'attirer trop d'ennemis !"
s'écria-t-il avant de disparaître au détour d'un couloir.
Les aventuriers attendirent quelques instants, sachant que ramener les corps
ne serait pas une chose rapide pour le barde, aussi, rompant le silence, la
grande guerrière barbare dit de sa voix grave :
"Compagnon moine, peux-tu nous ramener quelques ennemis ? Ma lame se languit
du goût du sang. De plus mon bras subit des élancements lorsqu'il ne fait
rien pendant un trop long moment, rajouta-t-elle après coup en faisant un
grand sourire charmeur déformant partiellement les tatouages sur sa figure.
- Entendu, Belle Dame, je ferai tout pour vous plaisir, lui répondit le
moine."
Il s'engagea alors dans les couloirs sombres, armé d'un bâton et de ses
poings, sa robe claquant autour de lui tandis qu'il partait en courant.
Après quelques minutes, la guerrière, qui s'était assise et méditait, les
yeux clos, se leva brusquement, le visage marqué par l'inquiétude.
"Il a des ennuis, je le sens, il est tombé dans une salle remplie d'ennemis.
Ils sont nombreux autour de lui, heureusement il fait le mort et les
squelettes ne s'en aperçoivent pas. Notre compagnon va tacher de revenir une
fois qu'il aura semé ces immondes créatures. Il se rapproche, ça y est, les
squelettes s'éloignent de lui, il revient."
Sur ce, nous vîmes apparaître le moine, qui nous expliqua rapidement qu'il
n'y avait plus de danger. Mais quelques secondes plus tard, la horde de
squelette nous apparut.
"Horreur ! s'écria le moine, j'ai été suivi !"
Le combat s'engagea alors, sanglant et mortel. Les ennemis étaient nombreux,
trop nombreux. La guerrière frappait avec force, faisant tournoyer sa lourde
épée au-dessus de sa tête, coupant les cranes des assaillants. Le moine
assenait son bâton de toute ses forces sur les squelettes, brisant les
membres au moyen de coups de poing et de pied redoutables, tandis que le
ranger, armé de deux longue épées tranchantes, pratiquait une danse mortelle
avec les serviteurs du chaos, lacérant les chairs en putréfaction, tranchant
et découpant tout ce qui ne ressemblait pas à ses compagnons. Le paladin,
quant à lui, étincelant dans son armure de métal, brandissait son épée à la
lame ornée de runes et faisait de nombreux dégâts dans les rangs ennemis,
psalmodiant une litanie à l'intention de son dieu guerrier.
Derrière eux, l'air crépitait sous la magie du clerc qui soignait à tour de
rôle les quatre guerriers, remplissant la bibliothèque de reflets bleus et
d'éclairs fulgurants.
"Nous ne tiendrons pas, pensa le ranger, nous ne tiendrons pas... Ils sont
beaucoup trop nombreux et nos forces s'affaiblissent."
Les squelettes tombaient un par un mais ils revenaient sans cesse, plus
nombreux, tandis que la sueur perlait aux fronts des aventuriers.
"Je n'ai plus de force, s'écria le clerc, je suis épuisé et vais bientôt
m'écrouler !!!
- Non, cela ne doit pas être, cria la guerrière, enfuies-toi par tes propres
moyens et si nous tombons au combat, tu tacheras de nous ramener à la vie.
Si tu meurs, nous sommes perdus. Fuis !"
Alors le clerc, rassemblant ses dernières parcelles de force, lança un sort
de portail et s'y engouffra, se retrouvant dans l'autre-monde. Pour en
sortir, il n'avait qu'une solution : recréer un portail qui le ramènerait au
fond du donjon. Mais il ne pouvait faire cela tant que la bataille durerait,
il attendrait donc un signe de son dieu avant de retourner sur les lieux du
carnage.
Pendant ce temps, sur ces lieux-dits, la situation empirait pour nos
compagnons. Le Paladin, enfonça sa lame dans le thorax d'un mort-vivant mais
ne put éviter les coups des autres l'entourant. Dans un dernier cri, il
tomba au sol. Le moine aux poings puissants tenait ses ennemis en respect
mais sa robe ne lui conférait qu'une piètre armure et il ne pouvait éviter
tous les coups. Pourtant les assaillants hésitaient à se mettre à portée de
son bâton. Le ranger, tourbillonnait, entouré d'ennemis, faisant danser ses
lames devenues rouges de sang autour de lui. Les ennemis parvenaient
pourtant à lui infliger de lourdes blessures qui l'affaiblissaient de plus
en plus. Tandis que la barbare, levait sa lourde épée avait plus de mal, et
parait de plus en plus difficilement les coups répétés des ennemis. L'un
deux lui planta sa lame dans le côté mais les blessures étaient si
importantes qu'elle ne s'en rendit pas compte et continuait à se battre. Un
squelettes armé d'une grosse massue l'abattait sur l'épaisse armure de la
guerrières, provoquant d'assourdissants bruits de métal dans le donjon.
Terrassée, la guerrière finit par tomber à genoux, épuisée mais continuant à
se battre. Hélas elle ne tint pas longtemps et finit par s'écrouler. Le
moine, qui avait vu la scène à quelques mètres de là, hurla :
"NOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!"
Il tenta de se précipiter vers le corps de la belle guerrière, donnant coups
de poings et coups de pieds pour se trouver un chemin. Derrière lui le
ranger finit par tomber sous les assauts répétés de ses ennemis, serrant
toujours fortement ses épées dans ses mains.
Le moine combattit longuement au-dessus du cadavre de son amie, des larmes
aux yeux mais la rage au ventre. Les squelettes arrivaient par vagues mais
toujours il les repoussait, faisant tournoyer son bâton autour de lui pour
les faire reculer. Pourtant ils arrivaient toujours de plus en plus nombreux
et le moine faiblissait. Sachant qu'il ne pourrait lutter, il arrêta de
s'agiter, et, s'agenouillant auprès de la barbare, lui enlaça la tête, lui
caressant doucement les cheveux tandis que coulaient abondamment ses larmes.
Nul n'a un poing plus solide qu'un moine, pourtant nul n'a un coeur plus
fragile qu'un moine amoureux.
Les ennemis se ruèrent sur lui, lui assenant de nombreux coups qui eurent
raison de lui. Alors le moine, sentant ses dernières force s'en aller, se
pencha un peu plus sur la défunte pour la protéger de son corps, et ferma
les yeux à jamais.
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Histoire de Baeanwor

"Seigneur, nous sommes arrivés." La voix du capitaine fit sortir le ranger
de sa torpeur. Il s'était enroulé dans sa cape, recouvrant sa tête du
capuchon pour éviter la pluie qui tombait drue en cette soirée. Il se releva
alors, les muscles douloureux d'être resté assis en tailleur pendant toute
la traversée. Que ces voyages étaient longgs ! Et cette damnée pluie qui ne
voulait point cesser !
Tout en grommelant, le ranger sauta du navire, pataugeant dans la boue
proche des quais... Il revenait du Lac aux Mauvais Présages, loin au Sud, et
il avait décidé de découvrir les terres des Elfes des Bois, qu'il ne
connaissait que peu. Mais avec ce temps, il regrettait un peu de n'avoir pas
tout simplement fait voile sur le désert de Ro. Enfin bon, maintenant qu'il
était arrivé, autant découvrir ces contrées, et puis la pluie ne durerait
pas perpétuellement...
Il sortit du petit village, puis se mit à courir pour se réchauffer. Le sol
était trempé et il manqua plus d'une fois de glisser sur un souche qu'il
n'avait pas vu, dans l'obscurité tombante. Il suivit un chemin sillonnant à
travers les bois, lorsqu'il arriva à un croisement de route où se dressait
une petite cabane abandonnée. Il hésitait encore entre se poser dans la
piètre bâtisse pour faire du feu et se réchauffer ou bien continuer son
chemin vers la cité des Elfes des Bois lorsqu'il entendit un cri provenant
de la cabane. Un animal blessé ? Non, on aurait plutôt dit les pleurs d'un
bébé. Il entra alors dans la cabane et vit, posé à même le sol, un paquet de
linges blanc. Au milieu de ces linges se trouvait une petite boule rose, un
adorable bébé agitant ses petits poings et pleurant de faim. Comment
était-il arrivé là ? Le ranger sortit de la cabane, cherchant des traces de
pas pour retrouver celui qui l'avait abandonné. Mais pas une trace ne se
trouvait autour de la cabane. Il était encore penché à scruter le sol
lorsque les cris du bébé le sortirent de sa tâche.
Mon Dieu, qu'il était idiot ! Qu'importait qui que fut ses parents ou celui
qui l'avait abandonné là, ce bébé avait besoin d'être nourri et réchauffé
sans quoi il mourrait. Le ranger retourna alors dans la cabane, se saisit du
paquet de linge et le tenant sous son manteau, serré contre lui-même, reprit
le chemin pour la cité des Elfes. Le bébé, réchauffé par la chaleur du
guerrier, cessa de s'agiter mais continua à pleurer de faim, le ranger
accéléra alors son pas et finit par arriver en vue d'une estrade de bois, au
côté de laquelle se trouvait un homme armé.
"Holà l'Ami, cria-t-il, où se trouve Kelethin, la Cité des Elfes des Bois,
je te prie ?"
Le soldat partit d'un petit rire et lui répondit :
"Vous êtes en-dessous, puissant seigneur, il suffit juste de lever les
yeux..."
Le ranger leva la tête et vit d'immenses plates-formes accrochées aux chênes
plusieurs fois centenaires. C'était étonnant ! Jamais il n'avait vu une
chose pareille. C'est vrai qu'en écoutant bien il écoutait les bruits de la
cité, camouflés par la pluie. Le cri du bébé le sortit de sa contemplation.
"Comment monte-t-on là-haut ?
- Rien de plus simple", dit le guerrier en tirant sur une corde pendant à
ses côtés que le ranger n'avait pas vu. Une plate-forme descendit alors, à
l'aide de treuils et de poulies dissimulés dans les frondaisons de l'arbre.
Le ranger monta sur la plate-forme qui s'éleva doucement. Il mit alors pied
dans Kelethin. Et comme la petite créature se mit à rugir dans ses bras, il
s'empressa de trouver un lieu pour se poser et le nourrir. Une taverne ?
Non, à part de la bière frelatée, il ne servait pas grand chose. Même
obtenir de l'eau dans une taverne nécessitait de batailler ferme, les armes
à la main. Les bébés ne boivent pas de bière, ça, le ranger en était
certain. Que buvaient-ils ? de l'eau ? Ca y est, ça lui revenait, du lait,
tous les bébés boivent du lait... Mais aucune vache ne vit sur des
plates-formes dans les arbres alors où trouver du lait ?
Après avoir retourné son cerveau une dizaine de fois, le regard du ranger
tomba sur une pancarte "Guilde des Bardes de Kelethin". Sans savoir
pourquoi, le guerrier poussa la porte et entra. A l'entrée était postés deux
gardes armés... de lyres ! Ceux-ci, le voyant, entamèrent un chant de
bienvenue. Comme les bardes étaient amicaux avec les étrangers.
"Où puis-je rencontrer votre Maître ? demanda le ranger aux gardes.
- Passe cette porte et tu le trouveras, répondit l'un d'eux en pointant son
doigt lon et fin sur une porte sculptée non loin."
Le ranger entra alors dans cette nouvelle pièce et découvrit Taliesin ap
Elpphin, le Maître Barde de Kelethin.
"Salut à Toi, Ranger. Tu es loin de chez Toi, il me semble mais sois le
bienvenue ici.
- Merci, Maître, répondis le ranger. J'arrive chez toi tel un rôdeur,
faisant entrer le froid et la pluie dans ta demeure, mais j'ai besoin de ton
aide.
- Mon aide ? mais tu n'es pas barde et il existe une guilde de rangers à
Kelethin.
- Je viens de loin et ne connais point la ville. En venant ici, j'ai trouvé
un jeune bébé pleurant de faim et de froid. Je me suis alors empressé de
venir à Kelethin pour lui offrir un abris et de quoi survivre, de plus...
- De plus ? le Maître des Bardes se redressa sur son siège.
- De plus je désirerai que tu éduques cet enfant dans l'esprit et le talent
des bardes.
- Tu es ranger et tu veux que cet enfant devienne barde ? Comme tu es
étrange, Seigneur... Ce bébé pourrait recevoir l'éducation du maître de ta
guilde et devenir ainsi un membre de ta fraternité, pourtant tu désires
qu'il soit barde, pourquoi ?
- Je... je... je ne sais pas. J'ai toujours été attiré par l'art de la
poésie et des chants, et aimerait que cet enfant bénéficie de ce que je n'ai
pas eut : des maîtres lui apprenant ces arts. Je ne suis qu'un guerrier, bon
à se battre pour la lumière sans réfléchir. J'aimerai que cet enfant ait une
autre vie, une vie meilleur.
- Les bardes sont des guerriers aussi, même s'ils le font avec plus de
réticences et qu'ils sont plus enclins à la pitié. Bien, j'éduquerai cet
enfant, si tu lu souhaites.
- Maître, puis-je te demander une autre faveur ?
- Demandes toujours, ranger, nous verrons ensuite, soupira le Maître des
Bardes.
- Pourrais-je revenir voir cet enfant, régulièrement ?
- Pourquoi ?
- Je suis jeune et n'ai jamais eut d'enfant, même si un jour cela viendra,
pourtant depuis que j'ai trouvé cet enfant, je me considère comme son
protecteur, comme... son père.
- D'accord, ranger. J'accepte. Puisque tu es son père, tu dois lui trouver
un nom.
- Un... un nom ? bafouilla le ranger. Mais... mais, je n'y ai pas pensé.
- Comment te nommes-tu ?
- Baeandor.
- Il me semble qu'il est coutume chez les humains de trouver un nom à un
enfant qui ressemble au nom de son père. Il suffit donc de trouver un nom
ressemblant à Baeandor. Il faut un nom qui sonne bien, pour que la renommée
du barde soit grande.
- Gaeandor ?
- Hum... Je voyais plus un nom comme Baeannor ou Baeanwor.
- Baeanwor ! s'écria le ranger. J'aime ce nom. Baeanwor il se nommera.
- Très bien. Alors j'accueille aujourd'hui Baeanwor dans ma guilde et le
traiterai comme mon fils.
- Merci, Maître, maintenant je m'en vais voir mes frères, dit le ranger.
- Bonne route, guerrier."
Et le ranger, se retournant, ressortit sur la plate-forme. La nuit était
partie et le soleil levant réchauffait le bois autour de lui. Il se sentait
bien, fier et content de ce qu'il venait d'accomplir. Son coeur bondissait
dans sa poitrine. Baeanwor. Son fils.
Tout heureux, il se dirigea vers une autre plate-forme, à la recherche de la
guilde des rangers.
Voilà mon histoire, telle que me la conta, il y a quelques années, mon père,
Baeandor.

Baeanwor ap Baeandor.
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Mariage

Le soleil haut et brûlant,
Le sable et le vent soufflant,
Au plus profond de moi font resurgir,
Un flot de lointains souvenirs...
Une autre époque, mais ici-même,
Le même sable, le même soleil,
Assis en tailleur, je méditait,
L'esprit en feu, tourmenté...

Lorsqu'une belle Elfe, on m'a présenté,
Fille de Felwithe, blonde comme le blé,
Reflétant la splendeur et la pureté,
Grande magicienne, j'étais charmé...

Des yeux immenses, bleu comme les cieux,
Les regarder signifie tomber amoureux,
Des cils longs, papillonnants et enjôleurs,
De véritables appels à l'amour et au bonheur....

Un petit nez charmant et digne d'une reine,
Teinté de rose, lorsque le froid le malmène,
Pointant en avant, tel la proue d'un navire,
Fier comme un roi et pur comme un saphir...

Des lèvres exquises, rouge comme le sang,
Alternant moue de déception et sourire charmant,
Des lèvres de déesse, cachant des dents parfaites,
Et une langue que la Dame tire lorsqu'elle fait la tête...

Ajoutez un menton fripon, dénué de pudeur,
Des joues roses, de joie ou bien de bonheur,
Une belle peau blanche, douce et parfaite,
Vous obtenez le visage à rendre fou un poète...

De longs cheveux, une fontaine aux eaux dorées,
Sentant le parfum, les fleurs, les fruits et l'été,
Une mer blonde, où il doit faire bon se noyer,
Une mer magnifique, par le souffle du vent agitée...

Une silhouette de rêve, tout juste dissimulée,
Par une robe moulante bleue à profond décolleté,
Un corps à faire damner un homme plein de piété,
A enflammer le coeur d'un ranger charmé...

Des mains gracieuses, dignes d'un joueur de musique,
De longs doigts fins enserrant une baguette magique,
De petits pieds divins, cloîtrés dans des sandales dorées,
Bref l'ensemble était d'une incomparables beauté...

La Belle me regardait, avec un sourire enjôleur,
Et c'est ce jour-là, que disparu un petit ranger,
Pour donner naissance à un poète enfiévré,
Un amoureux fou, prêt à tout pour cette beauté...

Mais les souvenirs s’effacent et font place au présent,
Non loin de là, la belle Enchanteresse Elfe m'attend,
Dans une ravissante robe, d'un blanc immaculé,
Plus de futile nostalgie ! Faites place à la mariée !

Le même soleil au-dessus de ma tête casquée,
Le même sable brûlant sous mes pieds bottés,
Aujourd'hui ma vie est comblée de bonheur,
Je suis sans conteste le plus heureux des rangers...
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Départ

Le ranger se tenait debout, au bord de l'océan, contemplant les eaux
infinies s'étalant devant lui. Beaucoup de choses avaient changé
dernièrement, trop de choses... Un doux vent frais lui caresse le visage,
lui rappelant les différences entre le désert et cette contrée de verdure où
il s'est installé.
Il se penche, ramasse un caillou et le lance à la surface de l'eau, tentant
de faire des ricochets. Loupé.
La nuit commence à tomber mais il ne s'en soucie pas, et continue à
contempler ce paysage qui s'offre à lui. Il longe la plage, marchant
doucement, le crissement du sable à peine couvert par le ressac de la mer le
berce et lui font rapidement perdre le fil de ses pensées... Il se revoit
tout jeune, des années plus tôt, alors qu'il ne connaissait pas même
l'existence de Norrath. Il se revoit dans une forêt, un peu comme celle-ci,
aux côtés de son père, celui-ci lui enseignant les règles de la chasse.
Des larmes ? oui, mais il ne peut les éviter, tout ceci est si loin... Comme
ses parents seraient fiers s'ils savaient ce que leur fils est devenu. Mais
il trop tard maintenant, ses parents ne sont plus...
Il revoit des combats, sur ce monde où il est apparu tandis qu'il était
plongé dans le plus profond désespoir. Enfin il revoit les combattants de
lumière qui l'ont recueilli alors qu'il sombrait dans le chaos, ces
combattants qui l'ont nourri, logé et accepté parmi eux. Et maintenant il
était l'un de ses guerriers.
Ca y est, la nuit est tombé et déjà la lune est haute dans le ciel. Sortant
de sa torpeur, le ranger se retourne et s'engage sur le petit sentier menant
à Kelethin, la ville des Elfes des Bois.
Ils s'étaient installé là, lui et sa ravissante nouvelle femme, car elle
voulait être proche des vastes forêts de Felwith et lui du désert. A
Kelethin, il y avait des forêts, et le désert n'était pas très loin...
Il arriva en vu de la ville pourtant il sortit du chemin et s'engagea à
travers bois, pour déboucher sur une clairière, après quelques minutes de
marche. Au centre de la clairière, près d'un petit lac, se trouvait leur
maison, qui ne leur servait que lorsqu'ils n'étaient pas en voyage à l'autre
bout du monde...
Il ouvrit la porte en bois et savoura la chaleur qui l'enveloppa,
contrastant avec le froid de dehors. Le feu dans l'âtre crépitait
bruyamment.
Sa femme, la tête posée sur un épais manuscrit, dormait paisiblement. Niché
au creux de son cou, le petit dragon, offert par une amie durant le mariage,
dormait lui aussi d'un sommeil tranquille. Pourtant, lorsque le ranger
déposa ses deux épées près de la porte, le dragon ouvrit un oeil, puis se
rendormit.
Elle s'était encore endormi en lisant.
Il la contempla, admirant ses longs cheveux blonds cascadant sur son dos et
ses courbes délicieuses.
En faisant un minimum de bruit et de mouvements, il se saisit d'un parchemin
sur la table, d'une plume et d'un peu d'encre, puis s'asseyant dans un
fauteuil près du feu, se mit à écrire.
"Ma douce,
Si tu savais comme il m'est difficile d'écrire cela, pourtant cela est
nécessaire. Beaucoup de faits récents se sont présentés à moi et je ne sais
plus bien où j'en suis... Des faits préoccupants, angoissants. J'ai besoin
de méditer à toutes ces choses, seul. La méditation me permettra de trouver
les réponses à certaines questions qui me préoccupent.
Ne crois en rien que notre amour est l'un de ces sujets, notre amour est
aussi fort que jamais et si je t'écris ceci aujourd'hui, c'est justement par
amour.
Je m'en vais dans le désert, méditer à toutes ces choses et reviendrai une
fois mon esprit éclairci. Je ne puis revenir avant d'avoir assimilé ces
événements préoccupants. Ne cherche pas à me retrouver, le désert est
immense.
Je t'aime.
Bae"
Puis, posant doucement la lettre près de la tête de la belle Elfe, il
récupéra ses armes et sortit sans bruit de la maison.
A ce moment là, seule la lune contempla les larmes ruisselant de ses joues.
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Lechaat la guerrière

Le ranger se trouvait sur les quais de Freeport, et pêchait en attendant un
bateau. Il était assis sur le ponton, les pieds au-dessus du vide, et tenait
sa cane négligemment dans la main, laissant son esprit vagabonder à droite à
gauche. Son air morose n'engageait pas à la conversation si bien qu'il
était seul, tentant vainement d'attraper un poisson avant que son bateau
n'arrive. Il ne vit arriver qu'au dernier moment la créature, qui se
promenait sur les quais en inspectant les caisses de poisson entreposées
de-ci delà. Puis, apercevant le ranger, elle se dirigea vers celui-ci.
Lorsque le chat lui monta sur les genoux, le ranger ne fit rien pour
l'arrêter, et se mit à le caresser distraitement.
"Salut boule-de-poils, dit-il seulement au chat.
Celui-ci se roula en boule et ferma les yeux, bercé par les caresses. Le
ranger, qui avait définitivement abandonné la perspective d'attraper ne
serait-ce qu'une sardine, engagea la conversation avec le chat, à la grande
stupéfaction des quelques pêcheurs qui passaient à côté de lui sur les
quais.
- Tu me rappelles quelqu'un, boule-de-poils. Elle était beaucoup moins
poilue que toi, mais aussi beaucoup plus baraquée. Elle maniait l'épée comme
une déesse et à la cour du Roi, c'était une des seule qui pouvait rivaliser
avec moi à l'arc...
Le ranger soupira, revoyant le visage tatoué de la guerrière du nord.
- Elle avait les mêmes yeux que toi, de grands yeux perçants qui t'évitaient
de l'embêter lorsqu'elle était de mauvais poil... Mais elle est partie,
comme tous les plus grands guerriers de la cour. Elle est partie pour des
terres lointaines. Pourquoi partent-ils tous ?
Les yeux du ranger s'embuaient de larmes. Le chat, toujours blotti sur ses
jambes, continuait à ronronner paisiblement.
- Pourquoi ? Pourquoi ?
Les larmes ruisselaient maintenant sur ses joues, souillant la fourrure du
chat sur ses genoux.
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Je danse

Depuis l'aube, je danse et jusqu'à la nuit je danserai...
Je danse depuis l'aube des temps et jusqu'à la nuit éternelle je le ferai...
Je danse avec la mort, redoutable mais si belle...
Je danse et ne fait rien d'autre, seul, avec elle...
Une danse macabre et effrayante,
Une danse sous les éclairs de la tourmente,
Une danse sans fin, qui ne conduira qu'à ma perte,
Une danse ressemblant à la fureur de la tempête...

La danse des épées,
La danse des guerriers,
La danse désespérée,
Une danse qui ne peut s'arrêter...

Et la mort danse avec moi, ici et ailleurs,
Dans sa grande robe noir, représentant le malheur,
Tout Norath nous a vu danser,
Sur tous les océans avec elle j'ai valsé...

Et je danse, je danse, sous le regard courroucé des dieux,
Je danse, inconscient des remarques des plus vieux,
Je danse, inconscient de la fatigue et de la douleur,
Je danse, seulement sensible à ce ballet et sa splendeur...

La mort abandonne, elle est fatiguée,
Ce sera tout pour aujourd'hui, elle doit aller se reposer,
Alors seulement, je sens le poids des épées,
Et mes muscles douloureux, de sueur perlés...

Je lâche mes épées, c'est la fin du combat,
Une fois de plus, elle n'a pas eut raison de moi,
Epuisé, je tombe au sol à genoux,
Et rit doucement, serais-je fou ?

Autour de moi, les clercs s'affèrent et soignent mes blessures,
Les druides invoquent sur moi, les soins de Dame Nature,
Mais je ne les vois pas, je ne vois que mes deux épées,
Qui à la nuit tombante, diffuse une pâle lueur bleuté...

Je me relève et me saisis de mes armes enchantées,
J'aurai le temps de me reposer, une fois ma vie terminée,
Madame la mort, où êtes-vous passée ?
Madame la mort, voulez-vous encore danser ?
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Les Trois Sages

Et non, pour une fois je ne me trouvais pas dans le désert au sommet d'une
dune. Je n'étais pas non plus au coeur d'une forêt ni en haut d'une montagne
enneigée. Pas même au coeur d'un combat, non, j'étais dans une cité.
Baeandor, dans une cité ? hé oui, que voulez-vous, je dois aussi m'y rendre
parfois, bien que je préfère l'odeur de l'herbe humide à celle des bas-fonds
d'une cité.
J'étais donc à Port Libre, ville que tout le monde connaît, carrefour du
monde connu... J'avais collecté, en éradiquant quelques gnolls, je dois
l'avouer, une petite somme d'argent et j'avais décidé de le mettre en
banque, seule véritable invention utile que les hommes ont de plus sur les
loups. J'étais donc face au banquier, un vieux moustachu qui n'avait
certainement jamais pris une épée et encore moins tenu un arc. Je lui
donnais mon argent et alors que je me retournais pour me diriger vers la
sortie, je l'aperçu. C'était un guerrier, comme tant d'autres, pourtant il
attira mon attention. Il ne portait pas d'armure rutilante, d'épée enflammée
et magique ni même un arc serti de pierres précieuses. Non, il ne portait
aucun objet montrant sa puissance, pourtant il était entouré d'une aura de
bonté et de puissance, mais la chose qui me troubla le plus fut son visage.
Ce visage, je le connaissais depuis toujours, des cheveux bruns tirant
légèrement sur le roux, un grand front plissé, des sourcils épais surmontant
un regard sévère. Un nez droit, des lèvres gercées par le froid et la
chaleur et une courte barbe. Ce visage, c'était le miens, j'étais en face de
mon sosie.
De stupéfaction, je tombais à genoux devant lui en pensant que je me
trouvais devant RisWààq" lui-même, ayant pris une apparence humaine pour me
punir de mes actes.
"Salut à toi, Baeandor Piedrapide, je t'attendais."
prenant mon courage à deux mains, je parvint à prononcer :
"Je suis votre serviteur, Maître.
- Je ne suis pas ton maître, jeune ranger, dit-il en esquissant un sourire,
je ne suis que l'un de tes guides. Prends ceci, tu en auras besoin."
Il me tendit des gants de cuir et des brassières de métal forgées.
"Merci maître, je les porterai avec honneur.
- Ces objets recèlent la sagesse du monde, prends-en bien soin. Deux autres
sages viendront après moi, tu les reconnaîtra comme tu m'as reconnu, il te
conféreront eux-aussi la sagesse mais maintenant je dois partir. Bonne route
à toi Baeandor.
- Adieu, Grand Sage."
Et alors que je disait ces mots, il disparut. J'étais encore tout retourné
par ces discussion et je tenais les gants et les brassières contre moi,
quand soudain je vis le second sage. Comment aurais-je pu savoir que c'était
lui ? je ne sais pas, mais je savais que c'était lui. C'était un grand
guerrier, un barbare du nord, armé d'une puissante hache et portant des
tatouages compliqués sur le visage ainsi que sur ses muscles puissants de
ses avant bras. Il me regardait, un sourire se dessinant sur son visage.
"Salut à toi, compagnon guerrier ! rugit-il au milieu de la banque. je
t'attendais !"
Je m'approchais de lui et j'esquissais une courbette qui me sembla très
maladroite sur le moment.
"Je suis l'un des Trois Sages, même si j'ai plutôt l'apparence d'un féroce
guerrier dénué d'intelligence, mais tout combat exige de la sagesse. Tout
guerrier dénué de sagesse ne dure jamais plus de deux ou trois combats,
d'ailleurs. Tiens, voici les objets de la sagesse, porte-les avec honneur."
Et il me posa dans les bras un casque orné de gravures et une cape grises
sur laquelle était tracé un symbole représentant un homme assis en tailleur.
"Maintenant je dois partir mais un autre après moi viendra et comme moi tu
le reconnaîtras, rugit-il, que la force guide ton bras et que la sagesse
contrôle ta force", rugit-il avant de disparaître lui-aussi, sans que je
n'ai eut le temps de dire un mot. Je contemplais le casque dans mes mains...
Il était argenté et les gravures encadraient le front en dessinant deux
traits se croisant et s'enlaçant mutuellement dans un ballet sans fin.
J'étais encore en train de contempler cet objet sacré lorsque mon regard se
releva subitement. A quelques mètres de moi se trouvait une jeune femme,
elle aussi imprégnée de l'aura bleuté de la sagesse. Je m'approchais d'elle
et fit une courbette, tout aussi maladroite que la précédente.
"Salut à toi, enfant de RisWààq". Je suis la dernière des Trois Sages.
Prends ces objets et porte les avec honneur, ils te conféreront la sagesse."
Elle déposa au creux du casque deux bagues et un collier. Celui-ci était
fait de pierres vertes enchâssées dans une armature d'argent. Pourtant le
collier pouvait se plier et se tordre comme un bout de ficelle. Les bagues
quand à elles, étaient faites de platine et dans chacune d'elle se trouvait
une pierre blanche qui étincelait au fond du casque.
"Mais je dois partir, maintenant, ajouta-t-elle de sa voix cristalline.
Longue Vie à toi, Baeandor, tu as la bénédiction des Trois Sages.
- Attends, ne pars pas ! m'écriais-je. Pourquoi m'offrez-vous tout ceci ? Je
ne mérite pas tout ces présents et nombreux sont ceux qui mériteraient
chacun de ces objets. Pourquoi moi ?
- Ta destiné est tracée, jeune guerrier, il ne tient qu'à toi de la
découvrir, quant à moi, je ne peux rien te dire de plus, tu dois laisser
faire le temps. Maintenant, adieu..."
Et elle disparut.
Tout estomaqué, je me dirigeais d'un pas chancelant vers la sortie, à la
recherche d'un bol d'air frais.
Une fois dehors, les bras chargés des objets des Trois Sages, je réfléchis.
Les Dieux voulaient que je mette ces objets, je les mettrait donc, pourtant
de pareil chef d'oeuvres ne peuvent pas être souillés par le sang, je ne les
mettrai donc pas lors des combats. Je détacha mes brassières et accrocha les
nouvelles. J'agrafa la cape à mon épaule et sertis le collier et les bagues.
Une fois ceci fait, j'enfilais les gants. Je posais alors le casque sur ma
tête.
Une décharge de courant me traversa alors et d'un seul coup, je vis, ouvrant
la première fois les yeux sur un monde que je croyais connaître. Mais je ne
savais rien, je ne connaissais rien alors que maintenant je savais. Je
compris le comment et le pourquoi du monde, je compris la guerre et la
haine, je compris mille et une choses que j'aurai voulu ignorer. Un son
guttural surgit à mes oreilles et je mis plusieurs secondes avant de
comprendre qu'il sortait de ma gorge. Alors, dans le flot tourbillonnant de
connaissance, je me débarrassais du casque, des gants, de la cape et des
brassières ainsi que des bijoux. Puis tremblant, je m'assis près de
l'attirail, et me mit à pleurer... Ho RisWààq", pourquoi ne m'as-tu pas
laissé dans l'ignorance ?
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Timbrés les rangers ?

Au beau milieu, d'une plaine désertique et abandonnée,
Gis un pauvre ranger, sur son sort apitoyé,
Le long de ses joues, on pourrait contempler,
De nombreuses larmes qui au sol s'écrasaient...
A-t-il perdu son épouse, tant adorée ?
Le soleil de ses nuits, belle comme un ciel étoilé,
Est-elle morte ce soir, en combattant à ses côtés ?
Pleure-t-il de désespoir, d'avoir été abandonné ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

A-t-il perdu un fier compagnon de combat ?
Un ami très cher, qu'il respectait comme son roi,
Un frère d'arme, valeureux mais mort ce jour là,
Pleure-t-il la mort d'un guerrier fier et droit ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

A-t-il perdu son Roi, fier et conquérant ?
Un Roi haut comme trois pommes mais grand comme un géant,
Un Seigneur toujours juste, bon et riant,
Pleure-t-il d'avoir vu son Roi mourant ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Pleure-t-il d'avoir été profondément blessé ?
Une lame ennemie, l'a peut-être poignardé,
Et il git sur cette plaine, tremblant, tétanisé,
Attend-il que la mort vienne l'emporter ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Pleure-t-il car son Dieu s'est fait tuer ?
De vils ennemis dans sont royaume sont entrés,
Cachant leur vilenie, sur le Dieu se sont jetés,
Pleure-t-il de n'avoir pas su le protéger ?

Mais sur ses joues rugueuses, doucement roulent,
De grosses larmes, froides et amères,
Et à ses genoux, lentement elles s'écoulent,
Des larmes de désespoir mêlées à de la colère...

Mais non, rien de tout cela n'est vrai,
Toutes ces choses ne sont point arrivées,
Si le ranger pleure, comme un enfant abandonné,
La raison est tout autre, de celles évoquées...

Sur ses genoux repose, un arc brisé,
La belle corde blanche a été coupée,
Sa chasse est finie, le ranger peut rentrer,
Et son arc finira accroché à la cheminée...

Des cheveux d'une Déesse, la corde était tressée,
De l'épée d'un diable, la corde fut tranchée,
Nul ne pourra maintenant la remplacer,
L'arc est inutile, bon à être jeté...

Et le ranger pleure, pleure sans s'arrêter,
Nul ne pourra jamais parvenir à le consoler,
Cette mort, dans son coeur sera à jamais gravée,
Et même si les années passent, elles ne parviendront à l'effacer...

Que faut-il comprendre à cette courte épopée ?
Tout simplement, que si un jour vous apercevez
Un ranger pleurant, comme un enfant abandonné,
Ne songez pas à la mort, quelle affreuse pensée,
Dites-vous seulement, que le valeureux guerrier,
Pleure plus facilement sur la mort de son arme préférée,
Plutôt que sur la mort d'une personne fortement aimée,
Et bien oui, qu'est-ce que vous voulez,
Les ranger sont fous, on ne pourra les changer,
Et que derrière leurs propres éloges de super-guerriers,
Il n'y a, je pense, pas grand chose à tirer.
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