[Orcanie] Prise de conscience

 
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Que l'histoire commence
La liberté ne nourrit pas
Conseils d'un aubergiste

Au bout d'une vingtaine de jours de voyage, j'arrivais enfin dans la ville de Costwold, au pied des remparts de Camelot. Jusqu'à présent, je n'avais eu aucun problème pour trouver le gîte et le couvert dans les différents villages que j'avais traversés, moyennant quelques contes et poèmes. Je m'étais d'ailleurs décidée à acheter du matériel pour écrire mes propres compositions, travail que j'estimais plus enrichissant que de raconter les œuvres des autres.

Cependant, mon humeur s'était assombrie un peu plus à chacune de mes étapes. Tout d'abord, on m'avait conseillé d'emprunter les routes principales les plus fréquentées et de ne pas chevaucher seule de peur des brigands de grands chemins. Je m'étais exécutée d'autant plus volontiers que je m'estimais une bien piètre combattante. On m'avait également parlé d'étranges créatures errant dans la lande… Au début, je pensais à des légendes pour effrayer les enfants et les étrangers, mais on me tenait le même discours dans chaque auberge où je me produisais. Je commençais donc à écouter plus attentivement les conversations des gens du pays.

C'est là que je pris conscience de la cruauté du monde… Depuis mon enfance, j'avais vécu en dehors de la réalité, me plongeant dans les livres et me créant une image idyllique de l'extérieur. J'imaginais découvrir des contrées calmes, paisible dans lesquelles les habitants vivaient tranquillement, dans la joie et la sérénité, comme durant l'Age d'Or du règne d'Arthur. Quelle erreur ! Le roi était mort sans désigner de successeur légitime et les prétendants au trône s'entre-déchiraient pour l'accession au pouvoir, affaiblissant ainsi le royaume d'Albion. Hibernia et Midgard, profitant de la situation et malgré les accords de paix signés du vivant du roi, tentaient de passer nos frontières pour conquérir la capitale.

A la fin de mes prestations, au lieu de monter directement dans ma chambre, je m'asseyais donc à une table, devant une assiette bien garnie et un pichet de Clairet. Souvent, des villageois venaient me féliciter et j'en profitais pour leur proposer de partager mon repas. J'entendis ainsi de nombreux témoignages : un jeune homme dont le père avait péri en protégeant un fort d'une attaque Midgarienne, laissant une veuve et six enfants sans ressources ; un soldat ayant perdu sa jambe droite et avec elle, tous ses rêves de gloire ; et tant d'autres encore que je ne pourrais les citer tous. Mais dans chaque conversation, les mêmes mots revenaient comme une litanie, la guerre, le sang, la peur, la mort… et dans chaque regard, je lisais la haine et le désespoir.

Comment avais-je pu être aveugle à ce point ? Je m'étais tellement axée sur ma propre souffrance que je ne remarquais pas celle des autres. Comment oser seulement me comparer à ces gens ? Au fond, je ne connaissais ni la faim, ni le froid, ni l'horreur et la violence des champs de bataille. Mon malheur me paraissait, avec le recul, bien supportable…

Une nuit, je restais allongée sur mon lit les yeux grands ouverts, sans trouver le sommeil. La conversation que j'avais eue quelques heures plus tôt m'avait particulièrement bouleversée. Il s'agissait d'un mercenaire dans la force de l'âge, dont le front était barré d'une large cicatrice. Il me raconta que le printemps précédent, son frère jumeau et lui avaient été embauchés dans une petite compagnie afin d'organiser un raid près de la frontière Hibernienne. L'éclaireur chargé de les renseigner sur les troupes adverses s'était avéré être un espion à la solde d'Hibernia. Il leur avait communiqué de fausses informations et les ennemis, beaucoup plus nombreux que prévu, les attendaient de pieds fermes. Le combat avait été sanglant et les Albionnais survivants avaient dû rapidement se replier. La voix de l'homme se brisa et ses yeux s'embuèrent. Je fus particulièrement troublée par une telle réaction de la part d'un combattant aussi aguerri, mais je restais silencieuse pour ne pas l'embarrasser.

Reprenant ses esprits, le guerrier se racla la gorge et continua, une lueur agressive illuminant soudain son regard. Quand le commandant avait donné l'ordre de reculer, il s'était naturellement tourné vers son frère pour l'apercevoir allongé à terre, les mains rouges de sang crispées sur le ventre. Il s'était précipité vers lui pour l'aider à se relever, mais s'était immédiatement rendu compte que la gravité de la blessure le rendait intransportable. Son jumeau s'était alors agrippé à son armure, le suppliant de l'achever pour ne pas le laisser tomber vivant aux mains de l'ennemi.
"Je ne peux pas" s'était écrié l'homme. "Nous mourrons ensemble, frères jusque dans la mort !"
"Non !" avait haleté le mourant en grimaçant de douleur. "Tues-moi maintenant et vas-t'en avant qu'il ne soit trop tard. Survis et combat pour nous deux, je t'en prie ! Sinon ma mort n'aura servi à rien.".
Un de ses compagnons s'était alors approché pour tirer le mercenaire par le bras et l'enjoindre de partir. Ses pensées s'étaient comme anesthésiées ; il avait alors dégainé son poignard et l'avait enfoncé dans le cœur de son frère d'un geste précis et rapide. Il avait juste eu le temps de l'entendre le remercier dans un dernier murmure avant que la mort ne lui ouvre les bras. Puis il s'était mis à courir pour quitter ce lieu maudit, sans jeter un regard en arrière. Après une courte pause, l'homme m'avoua d'un ton amer "J'ai tué la personne à laquelle je tenais le plus au monde, ma seule famille. Une partie de moi a disparu ce jour là !"

Je ressassais cette histoire, encore et encore, la gorge nouée et les larmes roulant sur mes joues. Et enfin, je compris pourquoi les dieux m'avaient accordé le talent de conteuse. Je fis le serment que je consacrerai mon existence à faire renaître l'Espoir dans le cœur des Albionnais. Oui ! Je combattrai le mal pour qu'un jour, le soleil se lève sur un royaume plein de promesses !

J'avais passé le reste de la nuit à noircir fébrilement des pages et des pages de parchemin. Ce n'est qu'au petit jour qu'épuisée mais satisfaite, je me couchais et m'endormais enfin. Les habitants de Costwold seraient les premiers à entendre le résultat des mes écrits. Je ne savais pas que je rencontrerais à cette occasion la personne qui changerait le cours de mon destin…

Espérancia
Message hors-roleplay


tssst et le tag RP on va avoir encore les HCG qui vont râler

Tu as raison dehors tout n'est que haine et destruction, reste chez toi si tu ne veut pas perdre ton âme et ton innocence
Beau recit.
Belle utopie cependant que de vouloir effacer la guerre du coeur de personne qui ne vivent que pour elle...
Mais si tu a besoin d'aide...pourquoi pas


(je sent qu'il va y avoir du monde sur le serveur coop ^^)
Dommage que ton coeur soit souillé par la haine aveugle que se vouent nos peuples. Devrons nous un jour en arriver à se battre l'un contre l'autre ? Si cela devait arriver, je préfèrerai rentrer dans ma forêt pour y rester à jamais. Les coeurs pures doivent s'unir pour que nos royaumes deviennent ce qu'ils étaient.

[HRP] trés beau texte encore une fois, ça vallait le coup d'attendre
Et dire que ce n'est pas moi la rencontre qui changera ton destin

Vivement un serveur coop, je suis pas pret de dormir si il se mets en place
 

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